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Full text of "Bulletin de la Societe botanique de France."

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SOCIETY 



BOTANIQUE 



DE FRANCE 



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BULLETIN 



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DE LA 



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SOCIETE 



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BOTANIQUE 



DE FRANCE 



FONDfiE LE 23 AVRIL \85k 



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TOME HUITIEME 



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PARIS 



AU BUREAU DE LA SOCIETE 



;E DE CnENELLE-SAlKT-CnjlAIN , 84 



1861 



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LISTE DES MEMBRGS 



ADMIS DANS LA 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE 



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rENDANT l'annee 1860 



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ALLEIZETTE (CHARLES d'), diiecieur des posies 



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BESGIIERELLE {tmht), attach*; au ministere des travaux publics , avenue du 



Maine, 32, h Paris. 



Society 



la Tour-d'Auvergne, 31, h Paris. ' -^ 

BRIOSO (Miguel), docieur en droit, & San-Miguel, ilat de San-Salvador {hxni- 

riqriecenlrale). — Cwresp. 5 Paris: Al. le docieur Humbert, rue Saint- 
Martin, 5. . 



- 1 



CHABOISSEAU 



CHERON (LoDis), docieur en m^decine, medecin-adjoint de rfilablissemenl de 



Bordeaux 



CUUART, rue Carnol, 6, h Paris. 

CLAVSOIM (Th.), insiiiuleur, h Beni-MeretT (Algeric). 



\ 



VI 



SOCIETE BOTAiMQUE DE FRANCE, 



DAILLE, pluirmacien, h P^rigiieiix (Dordogne). 

DRO€SSAE^T, boulevard du Temple, Six, h Paris. 

DUilAMEL, proprieiaire, a Camembcrl prfes VimouUcrs (Orne). 



/, 



GERMA (Joseph), ^ludianl, rue Barralerie, 1, a Monlpellier. 
tiUEPIIV (Ange-Victor), docieur en medecine, cours de Tournon , 17, a Bor- 
deaux. 
GUERLAIIV (Maxime), interne des h6pUaux, rue des Francs-Bourgeois, Z|, 

ft Paris. 



I 



IIUET, professt'ui' au college, rue Lafayette, 57, a Toulon -sur-Mer (Var): 



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LATERRADE (CHARLES), prol'esseur de botanique, de lill^ralure ct d'blsloire , 

■ 

All^es-Damour, 27, k Bordeaux. 

LEJOURDAN, dlrccleur du Jardin^des-planles, h Marseille. 

LE SOLRD-DVSSIPLES (Ernesx), tSlfeve des hdpitaux de Paris, rue Bona- 

parte, 31, 5 Paris. 
LEVEQUE DE VILMORIN (MADAME Veuve), rue Saint- Germalu-PAuxerrois, 

65, a Paris. ^ 

LEVEQUE DE VILMORIIV (Henri), mfime adresse. 



M/EDER (Albert), n*5gociant, a Kingershoini prfes Mulhouse (Haul-Uliin). 
MAGEVAIV (.lACQiTEs), ancien pasieur, a Monlauban (Tarn-el-Garonne), 
IMARCIlAr\iD (Leon), licencie 6s sciences nalurelles, ruedcBuci, 10, a Paris. 
MORliRE , professeur h la Faculty des sciences de Caen (Calvados). 



»-ii 



ODIER (Louis), Si GonJive (Suisse), 



PIflAN-DVFElLLAY, interne des hdpitaux, rue du Chaieau-d'Eau, 38, i Paris- 
PIN, dlrecieur de I'ficole normale priraaire de Tlsfere, St Grenoble. 



QUEXIIN (Auguste), pharmacien, 2k Vire (Calvados) 



V 



RICARD (Madame Veuve), au Parquet, par Maromme (Seinc-Inf^rieure). 

ROSS (David), IS, l>arksedc-slrcei, h fidiaibourg. 

ROUX (lloNonfc), rue Saiute-Vicloire, 41, h Marseille. 

ROZE (Ernest), attache au niinibltic dos linances, rue Cassette, 23, a Paris. 



[ 



LISTE DES MEMBRES. 



• * 



SEIVOT (Charles de), h Rosseau, commune de Brain-siir-1'Aulliion, par Corn*! 

(Maine-el-Loire). 
SONGEOX (Andre), rue de la Roche, a ChamMry (Savoie). 



I 



TESTENOIRE (VICTOR), qua! de Pierre-Scizo, 72, a Lyon. 



y 



VERIGNOIV, pharmacien, h lly^res (Var) 



WALKER (le doclem* Arthur), 3'2, Melville-slreet, h fedimbourg. 



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ZETTERSTEDT, professcur a TUniversil^ d'Upsal (SnM<). 



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SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE 



.%dints eomme membre a Tie 



Maugin (Guslavo). 



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Membres d^eed^s. 



Brondead (Louis de), 24 d^cembre 1859, 
Clauson (Th.), Janvier 1860. 
Lkv£que de ViLMORiN (Louis), 22 mars. 
HUGCENIN (Auguste), juillel. 



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SOGIET]^ BOTANIQUE 



DE FRANCE. 



I 



SEANCE DU 4 JANVIER 1861. 



PRESIDENCE DE M. DECAISNE, 



M. Eujr. Fourniei\ vice-secretaire, donne 



'bal dc la seance du 28 decembi 



du proces 



dont la~ redaction est 



adoptee- 

Par suite des presentations faitcs dans la der 
President proclame I'admission de : 



MM. Andouard (Anibroise), interne en 'pliarmacie, a Thopital de 

la Pitie, a Paris, presentc par MM. Dezanneau et Eag'. 
Fournier- 
Tribout (A.), doctcur en medecine, medecin-major de pre- 



miere classe au 55 



regiment d'infanterie de ligne, a 



Marseille^presente par MM. Choulette et Cosson. 

M. le President annonce en outre une nouvellc presentation. 

MM. Ad. Cliatin et Ch. Fermond sont proclames membres a vie, 

sur la declaration faite par M. le Tresorier, qu'ils ont rempli la 

condition a laquelle I'art. Ill des statuts soumet I'obtention de cc 
tilre. 

Lecture est donnee d'une lettre de M. Le Sourd-Dussiplcs, qui 
remorcie la Societe de Tavoir admis au nornbre dc ses mcnibres. 



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Dons fails a la Societe: 



i' ParM. Alph. De Candolle : 

Notice biographique sur Jacques- Denis Chois)j. 

2« Do la part de MM. Vilmorln, Andricux el C'« : 

Le lion Jard inter pour 1861. 



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T. Mil. 



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2 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



3" De la part cle M . Hasskarl : 

Boiiplandia, dGcemhve iSQQ , n"' To Gi 2U. 

li\])e la part de la Societe d'Horticulture et de Botaiiique de 



i'Herault : 



3' 



Statuls de cette Societe. 

* 

b" De la part de la Societe d'Horticulture de la Hautc-Garonne : 

A7inales de cette Societe, septembrc et octobre 1860. 

6^ De la part de la Societe des sciences historiques et naturelles 
de FYonne : 

Bulletin de cette Societe^ T semestre de 1860. 

F 

r 

7" Dc la part de la^ Societe hessoise pour les sciences naturelles 



y- 



et incdicales : 



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Rapports VII et VI 11, 1859 ct 1860. 

8° En echan^e du Bulletin de la Societe : ' 

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Pharmaceutical jommal and transactions, jauvier 1861. 
Vlnstitut^ decembre 1860, un numero. . 



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Conformement a I'art. 28 du reglement, M. le President fait con- 
naitre k la Societe les noms des membres des diverses Commissions 
nommees par le Conscil, pour Vannee J 861, dans sa seance du 
28 decembre dernier. 

Ces Commissions sent composces de la maniere suivante : 

1° Commission dc comjjtablllte, chargee de verifier la gestion dc 

M. le Tresorier : MM. Brice, Gide et Al. Jamain. 



2° Commission des archives, chargee de verifier la gestion de 
M. I'Archiviste : MM. Lasegue, Le Maout et de SclicenefekL 

S» Commission jminanente du Bulletin: MM. Cosson, Al. Jamain 



et Prillieux. 



nermamnte des oraimres : MM. Decaisne, J. Gav 



et Moquin-Tandon. 



5 



chargee de recueillir les opinions 



vemciit a la tenue de la prochainc ses,sion extraordinaire, et de for- 
muler une proposition sur le lieu et I'epoque de cette session : 
MM. Boisduval, Cosson, J. Gay, le comte Jaubert ct de Schoenefeld. 

M. le President annonce qu'il y a lieu de remplacer cette annee, 
comme racmhres du Conseil, MM, Lasegue, Le Maout, Moquin- 



SEANCE DU ll JANVIER 1861. 



■3 



Tandon et T, Fuel, nommes en 1858 ot dont les fonctions sont 
expirees. 

I 

On procede ensuile a Telection du president pour Tannee 1861. 

M. Ad. Brongniart, ayant obtenu 103 suffrages sur 155, estpro- 
clame president de la Socicte pour 1861. 

La Societe nomme ensuite successivement : 

Vice-presidents : MM. Chatin, A. Passy, Lasegue et Andry. 
Membres du Conseil : MM. Gide, Cosson, Ed. Bureau et 
Decaisne. 



e de ces nominations que le Bureau et le Conseil d'admi 
de la Societe se trouvent composes, pour I'annee 1861 



de 



President. 

M. Ad. Brongniart 

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L 

Vice-presidents . 



MM. Andry, 

Chatin, 

Secretaires, 

MM. Duchartre, 

de Schoenefeld 

Tresorier. 

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M* Fr. Delesssrt* 



MM. Lasegue, 

A. Passy. 

Vice-secretaires . 

MM. Eug. Fournier, 

A. Gris. 

Archiviste. 

w 

M. de Bouis. 



Membres du Conseil. 



MM; Brice, 



f 



Ed. Bureau, 

E. CossoHj 

Decaisne, 

Ferraond, 
J. Gayj 



MM. Gide, 



AI. Jainain, 

le comte Jaubert, 
Em. Le Dien, 

le marquis de Noe, 
t,d. Prillieux. 



Avant de se separer, la Societe vote des remercim( 
h M. Decaisne, pour le devouement avcc lequcl il 
diriger ses Iravaux pendant I'annee qui vient do finir 



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SOGIETE BOTANIQL'E DE FRANCE. 



SEANCE DU 11 JANVIER 1861. 



^ 



PRESIDENCE DE M. AD. BRONGNIART. 



dc Schocnefeld, secretaire, donne lecture du proces-vcrbal de 
ncc du A Janvier, dont la redaction est adoptee. ' 
■ suite dc la presentation faite dans la derniere seance, M. le 
ilenl nroclanie I'admission de : 



GuiNGUE (Hippolyte), doctour en medecine, a Jarnages (G 
presente par MM. Grenet et Eug. Fournier. 



Dons faits a la Societe : 



i 

1° De la part de M. Jolin Eliot Howard : 

Illustrations of the Nueva Quinologia of Pavon, parts 5 ct 6. 

^ 

2*^ De la part de M. Michelin : 

Ehrenfndi Hagendornii Cynosbatologia ad normam AcademicB noturce 
Curiosorum adornata, lenae, 1681. 

S" En echange du Bulletin dc la Societe ; 

U Institute Janvier 1861, un mmiero. 



M. J. Gay donne lecture dc I'extrait suivant d'une Ictlre adrcssec 

w 

a M. Durieu de Maisonneuve par M. 0. Debeaux, pliarmacien aide- 
major, attache a Texpedition francaise en Chine : 



LETTUE DE W. Odou DEBGAUX A M. DURIEU DE MAISONNEUVE. 



Camp de Tche-fow (Chine), 24 oclobre 1800. 

J'ai recu vos bonnes nouvelles, ainsi que voire lettre de juillet dernier, 
nujourd'hui 1l\ octobre, et je suis heureux de pouvoir \ous anuoncer que vos 
voeux \ raon 6gard sont en pailie realises. D6barqu6 a Tclie-fow(l) le 9 juil. 
let dernier, et d^signe pour etre le pharmacien en chef de I'hopital que 



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(I) Tche-fow, \nhs la ville de Teu-lche-fow (province de Chan-tong) : long. E. (de Pa- 
ris) 1 1«" 30'; lat. N. 37" 40'. C'est a peu pros la latitude de Seville, de Carthagene, de 
iuiiis, dc la Sicile meridionale, de Nauplie eii Moree, etc. — Pe-kinsr : long. E. ^de 
Paris) 1 14« 7' 30"; lat. N. 39" 5i' 13". ' (^Nole de HI, J. Gay.) 



^ 



SEANCE DU 11 JANVIER 1801, 6 

1*011 ^itablissaitdansle camp, jenicsuis immedialomcntoccupo de mon inslalKv 
lion parlicnliero ct des moyens le plus proprcs a fairc d'abondaiUos rccoUes 
bolaniqucs. Wes esperances sont depassecs lorsquc je coiiteiiiplc Ics (iuairc 
enonnes paquels dc plantesquc j'ai recueillies auv environs de Yan-tai, Tchc- 
fow, et dansles montagnes voisines. La vegetalion de cctle partic dc remplrc 
chiuois (province, de Ghan-tong) parait etre Idcnliquc avec ccllc du Pc-tchi-li 
et de tout le nord de la Chine proprement ditc, et je puis aujourd'hui vous 
donner des renseignements suffisants pour vous faire juger de celte curieuse 
vegetation. 

Prenez une carte dc Chine, reconnaissez rentrec du golfe de Pe-tchi-ii el le 
cap Chan-long ;suivez la cole, ct, h cote dune haie imtnense, voyez la posilion 
des lies Mi-a-lao. En face, sur le continentj vous apercevrez facilcment la 
situation de Tcu-tche-fow, ville dont nous sommes peu eloignes, Maintenant 
que vous connaissez mon habitat parliculier, je puis vous parler de nos bellos 
plantes chinoises, qui seules occupent mes loisirs dc la vie du camp, sous un 
ciel inhospitalier. Ce qui frappe le plus le botaniste en debarquant sur le iilloral 
du nord de la Chine, c'est I'aspect europecn de la vegetation. A peine avez- 
vous mis lepied sur le sable impropre h toule culture, que vous rencontrez lout 
de suite un petit Dianthus^ Ics Convolvulus Soldanella^ Salsoia Tragus^ Che-- 
nopodina marilimay Xantkium slrumarhim? et plusieurs Artemisia^ sans 
oublier une Ombellifere acaule qui est pro^bablement une Ferule ou un Pas- 
tinaca. Des que Ton peneire dans la campagne, an bord des chemins ou 
des fosses aquatiques, on rencontre a chaque pas un Silene (voisin du velu- 
tina), des Sedum^ plusieurs Ascle/jias, des lihamnus et des Zizyphus, V Inula 
odoraj le Polygonum Persicaria^ des Asler et Erigeron en quantile; dans 
les pres, un Eupatorium a fleur blanche, un Senecio voisin du Bertolonii^ e 
enfin un tres beau Scilla; sur le bord des fosses, un Mentha voisin de Vaqua- 
tica^ un Stachys^ le Picris hieracioides?^ un Vicia, etc. 

La vegetation des rochers maritiines, tons composes de micaschiste, differe 
quelque peu de celle du littoral. C'est la que j'ai cueilli, des le 20 juillet, un 
splendide Statice ,V Hemerocallis flava^ un Iris a llcur bleue, et enfin une serie 
de Polcniilles tr&s remarquables par Icurs belles flcui-s d'un jaune d'or. Ces 
rochers marltimes recelent encore une Campanulc a grandc Heur et h racine 
napiforme, plus un Rosa Ix fleur d'un rouge vif et ^ tige presque naine. J'y 
ai rencontre aussi plusieurs Artemisia ct un Cynanchum qui me scmble elre 

le nigrum. 

Ce qu'il me lardait le plus d'explorer, c'^lait la chaine de monlagnes qui 
s'eleve h h kilometres environ de Yan-tai et qui va rejoindre le grand prolon- 
geraent des monlagnes du cap Chan-long. .Vai explore ces monlagnes le k ct 
le 12 aout dernier. A mesure qu*on s'elfeve sur lours flancs, la vegetation 
change graduellement et prend enfin un aspect tout different. D^s la base, je 
rencontre un Poly gala k feuilles filiformes, un Thymus voisin de Vaigeriensis 



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6 



SOCTETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



Boiss. et Reut,, un Aspidium, un Lycopodium, un grand Scutellaria ci fleur 
d'un beau bleu et un Commelyna a fleur d'un bleu clair. En sulvant les escar- 
pemenls du pic le plus 61eY6 (1000 metres environ), je rencontre Hypericum 
montanum ? , Convallaria multi(lora^ un Angelica ou Imperaioria, uu 6r<?ra- 
nium^ et f^ et 1^ le Polygonum Bistorta ! Non loin d'une pagode balie sur le 
flancdelamontagne,je recueille un beau Clematis etun Thalictrum\o\s\n du 

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minus. Un Pinus et le Quercus castanece folia? apparaisscnt en m6me temps, 
et je les trouve jusqu'au sommet du pic, oft se montre de nouveau le Poly-* 
gonum Bistorta, accompagn^ d'un Vitis^ d'un Mattlnola en fruit, conservant 
encore quelques fleurs roses, d*urt Nepeta, et d'un Sempervivum? d\^onAdiX\l. 
Ainsi que vous le voyez, je me trouve au milieu de genres connus, raais il 
me serait difficile de vous signaler les noms des especes, n'etant point a meme 
de les 6tudier et determiner en ce moment. Je me borne a recueillir le plus 



que 



parcouru 



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tanes du pays. J'ai cependant rencontre isol^ment plusieurs petits arbres dont 
rindig6nal parait certain, et qui constituent des especes h moi incoimues des 
genres Crata^gus^ Pirus et Mains. 

^ 

Les Chinois cultivent dans Icurs jardins plusieurs varietes d'Abricotier, 
de Prunier, de Pommier et de Foirier, le Juglans regia, le Zizyphus vul- 
garis^ et surtout le Mespilus Joponica dont nous mangeons les fruits en ce 
moment. 

A six kilometres de Tche-fow, dans la direction du nord, s'61event d'immenses 
dunes de sable, et a Icur base il y a bon nombre de marais sales, J'ai dirige 
plusieurs fois mes berborisations de ce cbtL J'y ai recueilli plusieurs Salso- 
lacees de genres indetermines, des Gramin^es, des Aster, des Pulicaria, un 
Statice a fleurs blanches, jaunes au milieu, des Cynanckum et des Convol- 
vulus. Ces dunes, sans reufermer une flore speciale, ont cependant quelques 
espfeces qui leur sont particulieres et que Ton ne rencontre pas ailleurs, entre 
autres un Lythrum voisin du Salicaria, et un Cerisier nain dont la tige n'a 
pas plus d'un decimetre de hauteur ! 

Toutesles plantes de Tche-fow, au nombre dc plus de iOO especes, ont ete 
recueillies par moi eu nombre considerable d'echamillons ,autant que possible 
en fleur et en fruit, et bien dess6chees. Yotre part ne sera pas la moindre ; 
vous pouvez y compter. 

\ ■ 

En sorame, les gcDies dominants dans le nord de la Chine sont : Artemisia, 
Inula, Cynanc/mm, Convolvulus, Wiammis, Zizyphus. La v^g^tation differe 



com 



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Le Murier et le ver \ sole ne sont pas connus dans le nord de la Chine, ct 
encore moins k Tche-fow, locolite exposee au vent glacial de la Sib6rie.*Je 



SEANCE DU 11 JANVIER 1861. 7 

ne puis done etiidier ici los Sjjlunria que vous me signalcz; j'esp&re Clrc plus 
heureux dans le sud. 



M. Gay donna ensuite lecture de Textrait suivant d'une Icllre qui 

r 

lui a ete adressee par M. le docteur Lebel : 



I 



J,ETTRE; DE M, li^BEIi A M. J. GAY. 



Valognes (Manche), 31 d^ccmliro iSGO, 



Je viens vous soumellre aujourdMiui quelques observations sur une com- 
munication faite par vous h la Societe botanique, dans la stance du 11 mai 
1860, dont I'ecbo vicnt de me parvenir flans le dernier numero du Bulletin. 

En reclamant une place dans la Flore parisienne pour le Primula varia^ 
bilis Goupil, vous rappclez, en y donnant Tautorilfi de voire assentiment, les 
motifs qui cngagent des botanistes chaqno jour plus nombrcux h regarder celie 
j)lante conime un bybride du Primula grandiflora et du Pr. offtcimdis (1). ' 

L'habitation commune des trois plantes noises par vous dans la foret de 
Halalte, par M. Gotlron a Nancy, par M. de Lavernellc dans la vallee de Cau- 
don, par iM.Jean Murel h Montreux (Suisse), la rarete, la sterility du Pr, 
variabilis, tout vous semble prouver son origine hybride. 

M. Cosson, au nom de M. de la Perraudiere ct au sien, enoncait la raeme 
opinion, umtivee h pen pres de la mfime maniere, devant la Societe, le 
27 avril 1860(2). 

M. Loret {Glanes d'un botaniste) d6clarait (juin 1859) que cette maniere 
de voir etait la slenne depuis longtemps (3). 

M. Grenier, en 1852 [FL de FrJ), regardait comme tres probable Thybri- 
dile du Pr. variabilis^ avec Jes Pr. officinalis et grandiflora pour parents. 

D5s 18/t9, MM. Boreau {Fl. centr. ed. 2) et de Br6bisson {FL Norm. 
ed. 2) avaient dit la meme chose, a Tinstigation de M. Durand-Duquesnay 
(de Lisieux). 

Voici en effet ce que m'ecrivait ce judicieux observateur au commence- 
ment de 1851 : 

fl J'ai la conviction que cctte plante [Pr. variabilis) est un hybride du 
Pr. officinalis et du Pr. grandiflora. Elle a quelquefois le stylQ velu comme 
la premiere, elle emet des hampes uniffores comme la deuxieme, et ne se 
rencontre que sur les points ou croissent les deux especes citees. C'est sur 
mes observations r6iterees que M. de Brcbisson s'est d6cid6 a hasarder quelques 
mots ^ ce sujet dans sa deuxieme edition, o (Voir Boreau, ed. 2, p. 3^i0.} 



(1) Yoyez le Bulletin, t. VII , p. 306. 

(2) i6ul., p. 253, 

(3) /Mrf.,t. VI, p. 404. 



8 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

Malgr6 I'accord qui parait teiidre a s'etablir sur ce point entre les hota- 
nistes, rieii n'est moins prouve a mes yeux que I'hybridiie du Pr. variabilis. 

La commuiiaute dMiabitat n'est en efTet qu'uHe simple induction, qui 
peidrait toute valeur s'il t'tait une fois d6montr6 que Tliybride pretendu 
ne croit pas toujours en compagnie des pareals qu'ou lui doiuie. Or c'est 
precis6ment ce qui a lieu dans la presqu'ilc de la Jlanche, et j'ai constate 
le fait, plusieurs fois chaque ann^e, pendant dix ans, de 1867 a 1857. 

Jugez vous-menie, Monsieur, si les circonstances du fait se preteut a une 

L 

autre interpretation. 

Le Pi\ grandijlora est tres rfipandu dans notre presqu'ile. Le Pr. offi- 
cinalis et le Pr. variahilis y sont au contraire tres rares, et je ue connais 
^ chacun que deux stations elroilement limitees et tres eloignOes les unes 
des autres. Quant au Pr. elalior, que personne au reste ne fait interveair 
dans la question, il manque coinpletement chez nous. 

Les stations p^ninsulaires du Pr. officinalis sont : 1° un pre elev^, a cote 
de la roche aux F6es pres Valognes ; 2^ un herbage de la Pierre-butee pi os 
Cherbourg. La plante, tnediocrement abondante sur le premier point, clait 
deja Ires rare sur le second quand je Vy ai trouvee en 185/i et en 1855 : 
on m'a assur^ qu'elle ne s'y montre plus depuis trois ans. Sur les haies de 
I'herbage et du pre, croissait el crciS encore abondamnient le Pr. grandi- 
flora; jamais on n'a vu le Pr. variabilis dans Tune ou Tautre de ces loca- 
lit6s. 

Quant a Tespece de Goupil {Pr. variabilis), je la cojinais, depuis treize 
ans, dans un pre, sur un coteau qui fait face aux ruines de Teglise Saint- 
Michel, a Lestre. Elle ne se montre que sur une petite pariie du pr6. Dans 



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officinalis 



'andifl 



soit a la Pierre-but^e, a 30 kilometres environ. 



le 



mas et la roche Samson, a Negreville. II en a disparu depuis deux ans ; ce que 
j'atlribue a une meilleure tenue de Therbage, qui a 6te copieusement fume ces 
dernieres anuses. La encore le Pr. variabilis se Irouvaitparmi le Pr. gy^andi- 
flora. Le Pr. officinalis le plus voisin, celui de la roche aux Fees, est a plus 
de o kilometres. II n'y a pas moins de 12 kilometres de la a la Pierre-butee. 
Entre Lestre, la roche aux Fees et N^grcville, et au dela de Negr^ville, dans 
ua rayon de 5 J» 6 kilometres vers Cherbourg, je connais le terrain metre 
par metre, pourrais-je dire,et je n'y ai jamais rencontr^ que le Pr. grandi- 
flora. Comment faire intervenir ici, je vous le demande, la paternite du Pr. 
officinalis ? 

Pcrmettez-moi d*ailleurs de ne pas admettre, comme un fait aussi general 
que vous semblez le croire, la sterilite du Pr. variabilis. II est vrai que je ne 
Vai jamais vu en graines ; mais la dent des besllaux Fa toujours d6lruit prema- 



i 



SEANCE DU 11 JANVIEU 186 J . ' 9 

tnreinent a Negreville, el la croissancc dc rherbe nepormcl guero Ics rcchor- 
chcs dans lo prc^ do Leslie. Ce que jc peiix vous certifier, c'est que j'ai vii 
dans Ics deux loralites, et que je conserve dans mon lierbier, de jeuncs indi- 
vidus airivant a leur premiere floraison : leur souche mince porlant seulc- 
mcnt 3 on k feuiiles, et leur lianipe grele, biflore ou nieme uniflore, ne lais- 
sent pas de doiites a cet egard. 

VoiPa, SI je ne me trompc, fa reproduction etablie en fait. J'ajoute que 
Texamen des organes sexuels ne m'a pas fait trouvcr ce rcsuUat surprenanl. 
Je viens en elTet de jeter un coup d'oeil comparatif sur quelques fleurs, de 
provenance diverse, prises dans mon herbier et qui ont el(5 empoisonnces phis 
ou moins ancienneir^ent. Je les ai choisies de manicre que Icurs antheres fussent 
encore closes pour la plupart. Les pistils, sous une loupe de 27 niillimelrcs 
de foyer, m'ont para de forme et de dimensions normales; c'est tout ce que 
je puis dire apres un cxanicn aussi superficiel. Sous ce meme grossissement, 
les antlicres semblaient bien conformees et leur pollen assez abondant. Da 
pollen pris separement sur chaque anthere, luiaiecte et souniis a un grossis- 
sement de 300/1, etait en majeure partic bien con forme , de forme un 



pcu ovoule, d'aspect granuleiix. Trois grains pris sur une anllierc ouverte 
avaient emis leur boyau deja assez long et bien intact. Une portion des grains 

4 

polliniques, mais.loujours la moins nombreuse, s'etait arret(l*e dans son d^ve- 
loppement. Ges grains etaient plus petits, plus deformes, presque transpa- 

renls et comme vides. La fleur qui m*a presente le plus de ces grains impar- 
faits de pollen vient de Nancy et m'a ete envoyee par M. Godron. 

Je n'accorde pas plus d'importance qu'elles if en meritent a des rechercbes 
aussi incompletes, mais il me semble toutefois qu'elles ne permettent pas 
de regarder comme sterile une plante qui a plus de la moiti6 de son pollen 
regulierement developpe ; quant a la rarete du Pr. variabilis, qui tendrait a 
prouver son origine hybride, je ferai remarquer seulement qu'il n'est ni 
plus ni moins rare chez nous que le Pr. officinalis. Or comment ce qui 
ue prouvc rien pour une des especcs, prouverait-il quelque chose pour 
I'autre? 

Mais est-on bien d'accord au moins sur I'identite du Pr. variabilis? Tl 
me semble permis d'en douter. 

La planle unique trouvee a Chaienay, inlerni6diaire entrc le Pr. officinalis 

et le Pr. grandi(lora, puis cultiv^e an Jardin-dcs-plantes (I), ou elle est 

(du moins en jnajeure partie) retournee, des la premiere generation, 5 ces 

deux types, ne peut etre identique avec la plante de notre presqu'ile, qui 

croit toujours loin du Pr, officinalis el ne Ta pas reproduit une seulc fois 
pendant dix ans. 

Le Primula presente a la Societe botanique, le 27 avril 18G0, est-il le 



(!) Voy. le Bulletin, t. VII, p. 307. 



i 



.5" 7 ._■-*", --..^-^i -.Tl --LJ ^ 



10 SOCIETE DOTANIQUE DE FRANCE. 

Pr. variabilis, comme Ic pcnsent MM. tie la Peiraudiorc et Cosson, on 



9 



t- 



n'est-il qu'une forme caulescente du Pr. grand i flora: 

Selon vous, Monsieur, etseloii M. Grenier {Fl. deFr.), Ic Pr. variabilis a 
les feuilles insensiblemeiit att6nii6cs en petiole : snr vingt exemplaires que je 
possede de la Manche, de FOrne, de la Meurthe, hiiit seulement ont les feuilles 
insensiblenient an»iiicies; dix les ont brusquement contract^; deux ont des 

r 

feuilles de Tune et de Tautre forme. 

Le Pr, variabilis de M, Grenier a les flours inodores; le mien les a tou- 
jours odorantes. Au premier abord, on pourrait prendre voire plante pour 
une variety du Pr. grandiflora a harape d(5velopp6e et a fleurs d'un tiers plnS 
petites ; celle de la Manche se distingue toujours de la forme caulescente du 
Pr. grandiflora par ses coroUes d'un jaune plus fonce, souvenf par ses 
styles h^risses, habituellement par ses hampes plus longues et ses pedonculcs 
plus dresses. 

En definitive, que conclure de tout ccci? Que, sous le uom de Pr. varia^ 

* r 

bilis^ se cachent des plantes bien differentes, mais non encore etudiees com- 
parativeraent ; une forme caulescente du Pr. grandiflora, une et peut-etro 
meme plusieurs formes hybrides, enfm uu type qui parait stable, bien qu'assez 
faiblement caracterise. G'est \ ce dernier que doit rester, au moins provisoi- 
rement, le nom sp6cifique impose par Goupil. Conclure ainsi, du reste, c*est 
appeler des recherches ulterieures pour juger definitivement la question. 

Voila une leltre bleu longue, et pourtantje voudrais encore vous dire que je 
ne crois niillement a la spontaneity des Brassica a Granville (1). De la rangec 
de maisons qui longe le rempart, on jcttc par-dessus le parapet, tres has comme 
vous le savez, les balayures, des debris de legumes, etc. II en est r^sulte, sur 
la portion de roc situee au-dessous, un veritable polager, ou j'ai compte, il y a 
quelques anneps, irois espfices do Choux et bon nonibrc d'autres plantes 
usuelles. Cela n'a dii que croitre et einbellir depuis lors. 

M. de SchcBnefeld dit qivil a recupiilli le Primula grandiflora, aiix 
environs de Clicrbourg, encore en pleine floraison le 6 juin 1851^. 

M. Cosson rappelle que M. Durand-Daquesnay avait trouve, aux 
environs de Lisieux, de nombreux liybrides de Primula, dont les 
fleurs etaient remarquables par leur tendance a prendre des couleurs 
varices. II ajoute qu'il est tres difficile de juger de riiybridite des 
planles, puisqu'il existe incontestablement des hybrides fertiles qui 
se perpetuent de graines, par exemple le Cirsium hyhridum, 

M. Eug. Fournier dit : 

f 
I 

Qu'il a seme des graincs de Ciruum hyhridum, et qu'il a obtenu, des la 

(I) Yoyez le Hiilletin, t. Vn, p. 3i2. 



STANCE DU 11 JANVIER 1861. 



H 



premiere ann6c, une forme sterile, tres voisine du C. palusfre par ses bractccs 
lineaires et sa lige ailec-^pineuse. Ces grainos avaient ete recueillies au bois 
de )leudon,pres de I'etang deTrivau.v, dans une localite decouverte parM. P. 
de Bretagac, oii Ton rencoiitrait en abondance les Cirshim paliistre et 
C. oleracewn^ ainsi que d'autres formes bybrides fort remarqiiables. M. Diirieu 
de 3Iaisonneuve, qui a recu des graines de C, hyhridum de mcme prove- 
nance, a du les semer egalement, et fera sans doutc conuaitre a la Sociel6 

F 

)e r6suUat de ses experiences. 



M. Gosson fait reraarquer que cequi complique Tetude desplantes 
hybrideSjC'est qu'on observe, dans la nature comnio dans la culture, 
des intermediaires entre les bybrides memos, intermediairos qui 
proviennent soit d'une bybridation nouvelle, spit d'un rctour plus ou 
raolns incomplet vers les types primitifs. II rappelle que Ton observe 
aux environs de Paris, notamment sur les coteaux calcaires de Tile- 

r 

Adam (Seine-eJ-Oise), toutcs les formes de transition entre les Orckit 

fusca^ galeata et Simla. 

MM. Chatin, Brongniart et Andry ajoutent qu'ils ont observe les 
rpemes formes intermediaires a Fontainebleau, a Mantes, sur les 
pontes de Bellevue pres Paris, et aux environs de Tours. 

M. Eugene Fournier, vice-secretaire, donne lecture de la com- 
munication suivante, adressee a la Societe : 



NOliVEL APERgU SUR LA THEORIE DE LINKLORESCENCE, par M. D. €LOS. 

J 

(Toulouse, ddcembrc 1860.) 



/ 



Dans quelques communications ant6rieures adressees a la Soci6t(5 botaniquc 
de France, j'ai cberche a demontrer : I'^que le pbenomene de partition dans 
les plantes, loin d'appartenir au groupe des anomalies, est un pbenomene ge- 

neral h tons les organes; 2" qu'il donne seul une explication rationnclle dc 
rabsence de bractees aux inflorescences des Cruciferes et d'un grand nombre 
de Borraginees, de Saxifragees, de Solanees; et 3** qn*il convient d*ajouter a la 
division des inflorescences en indefinies, definies et mixtes, un quatriemc 
groupe sous Ic noni A' inflorescences dc partition (voir le Bulletin de la 
Societe botanique^ t. II, p. ^i.99 et suiv,; t. Ill, p. 608 etsuiv.; t. IV, 
p. \k\). Je sals que tons mcs confreres n*ont pas donne leur asscnliment a 
CCS idees; jesais aussi que I'annee meme ou je proposals r^tablisscraentdecc 
dernier groupe, en 1857, M. Norman publiait a Christiania ses Observations 
de morpliologie vegetale, tendant a faire prfivaloir une doctrine lout opposde 
k la mienne, c'est-h-dire I'avortement des bractees chez les Cruciferes, ou la 



z' 



J. \ 



12 



SOCIETE .DOTANIQUE DE FRANCE. 



^ 

X 

f 



sondurc de ces organes avec les pedoncules sorlis de lour aisscllo. Mais, dejJi 
en 1821, De Candollc annoncait que cette hypolhesc peche sous ce point de 
vue que lorsque les bractees existent, elles sont grandes et folincees; Io7\^- 
quelles manqnent^ elles manquent rompletement et sans quit soit possible d' en 
trouver le moindre rudiment (in liJem. dii Museum^ t. YIT, p. 183). Faut-ilse 
contenter, avec M. Norman, de la pr(5sence de Ires petits processus glanduleux 
places dechaque cole des p6doncules dans plusieurs genres de cette famille, 
pour declarer que ce sont des stipules temoignant de Tavortement des brae- 
tfies? Mais je demanderai si cet avortement meme ne devrait pas, en vertu de 
la loi de halancement, donner h ces pretendues stipules une forme et des 

h 

dimensions qui les rcndissent au moins manifestes sansle secours des verres 
grossissanls. « Je ferai remarquer, dit M. Payer, qu'il m'a ete impossible, 
malgrc tous mes efforts, de decouvrir ce que MM. Duchartre et Krauss out 
pris pour des stipules. A la base des feuilles de toutes les Cruciferes que j'ai 
eludiees, je n'ai jamais rien trouve (Tra/Ve d'Organogei^ie, p. 210). » Cette 
assertion est, sans nul doute, trop absolue; quelques Cruciffires montrent 
une tres polite ecaille de chaque cote des pedoncules, mais ii en est aussi ou 

^ 

r 

nous Tavons valnement clierchee un botanisle exerce et moi. Je demanderai ou 

r 

Ton s'arretera, si, pour Tcxplication de ph^nomenes purement niorphologiques, 
on a recours a une bypothese; il y a meme la un danger reel, comme le 
prouve rhypothese des bourgeons lalents, qui, admise avec complaisance par 
les Geoffroy, les Duhamel, les Saint-Hilairc, les Turpin, les Gaudichaud, a 
prete son appui a des doctrines erronees (1). Jusqu'a plus ample demonstration, 
je me refuserai done a voir des stipules a rinflorescence des Cruciferes, et je 
liendrai cette inflorescence pour nue. 

J'ai deja fait remarquer combien etait illogique la marche suivie dans la 
tlescription de rinflorescence par la plupart des auteurs, s'attacliant a enumerer 
les divers types qui renlrent dans rinflorescence indefinie, pour se borner 
ensuite h quelques mots sur rinflorescence definie (voyez Bullet, de la Soc. 
bof., t. II, p. 78). 11 me parait que desormais il conviendra d'admeltre trois 



/? 



■florescences indefmies, defi 



coinprennenlchacunelcs memos termes [epi, grappe, corymbe,paniculc, etc.); 
en passant successivcment en revue ces divers lermcs, on devra les eludicr 
dans chacunc d'elles, el, par exemple, b propos de Tepi, defmir et decrire com - 
paralivement Yepi indefmi, Vepi defini, Vepi de partition. Caracterises tous 
les trois par des fleurs ires brifevement pedonculees ou sessiles, etag^es le long 
d'un axe avec ou sans bractees, ces 6pis se distingueroni, le premier, parses 

I 

(I) Je ne reviendrai pas ici sur ce que j'ai deja dit a cet egard (Voy. BxiUei. de la 
Soc. 6o^, t. in, p. 7); seulement, a ceux pour qui la feuille precede et forme Taxe, et 
qui font descendre les fibres des feuilles ou des bourgeons, le phenomene de partition 
me semble offrir une insurmontable difficuU6. 




SEANCE DU 11 JANYJEU 1861. 



13 



lleurs toutcs do sccoiulc generation par rapport au rachis cl a I'aisselle de 
hractecs; le second, parses fleurs soit opposees aux bracte(js dans les planics 
a feuillcs altcrnes, soit accompagnees de deux braclees opposees (Caryo- 
phyllees), soit a Taisselle de bractees, mais dans ce cas avcc unefleur teruii- 
nant le rachis; Ic troisicinc, par rabsencc de bractees. 

Dans ces trois sorles d'epis, coninie dans les trois sortcs de grappcs de 
rnenie uom, la floraison marche egalement de bas en haul; mais la premiere 
de ces inflorescences n'a pas de fleur tcrminale, la sccondc en a une, la troi- 
sieinc deux, ies deux branches de la partition devant se terminer finalement 
chacune par une (leur, et ces deux lleurs terminalcs elant de mcmegene- 

r 

ration. 

Ainsi, absence de bractees aisselieres et dc braclees opposees aux fleurs, 
absence de bourgeon foliaire terminal, tels seront les caractferes des inflo- 
rescences de partition. 



Q 



ofl're des 



termes tout a fait paralleles a ceux des inflorescences definie et indefinie. 

J'ai deja enonc6, dans mon premier travail surla partition (voy. Bull. Soc. 
boL t. IT, p. 500), que les inflorescences difes scorpioidcs rentrent dans le 
groupe des inflorescences de partition. II convient done de diviser chacun des 
termes de Tinflorescence de partition en deux sous-groupes, et Ton aura des 
epis de partition droits et scorpioides, et il en sera de meme pour les grappes, 
pour les corymbes, etc. Cettc distinction a de Timportance, car dans la parli- 
li3n scorpioide les pedicellcs floriferes sont constamment disposes d'un meme 
cole de I'axe; la partition s'y operant toujours dans un meme plan, de ses deux' 
branches c'est toujours la superieure qui est termineepar une fleur et Tinfe- 
rieure qui se bifurque (1). 

J 

J i?n» A^ ^^^t'i'^^ ( <^rO(7 ; Clvpeola et autrcs Cruciferes. 

I . Epi de partition, .. . I . «y' u i- u i - i •_ ii i n/' 

[scorpiome : Heliopnytum indicum AliJii. DC. 

SdrotVe ; Nombreuses Cruciferes, Capsella, etc., Umphalodes 
linifolia Moench, Cytisus sessilifolius L., Sicyos angulatus 
L., Sempervivum glutinosum Ait. 
scorpioide: Cynoglossum piclum Ait., Eutoca viscida BenUi. 

et droit : Iberis, Spiraea pubescens Lindl., S. Rec- 
vesiana Lindl., Bryonia alba L., Polygonalum 
mulliflorum All., Smilax. 



I 



simple 



8. CORVMBH de partition 



compose 



el subscorpio'ide : Solanum nigrum L., S. minia- 

lum Willd. 
[el droit: Hydrangea arborescens L., H. Ilortensia 

DC, Sambucus nigra L., Solanum Dulcamara L., 
i Spiraea Fortune! Planch., Ehretia corymbosa Boj, 
\et scorpioide: La plupart des Ilydrophyllees. 



(I) L*autcur dc la Morphologic vcgetale avail vaguement entrevu le role que jouc la 
partition dans Tinflorescence, car il a ficrit, p. 322 : « Dans un mftme genre, souvenl 
dans une mcmc cspece, les grappes scorpioidcs se combinent de differentes niaiiicres 
par des avortcments, des usurpations, peul-ctre meme des partitions^ etc. « 



. -.. h ■ L. 






) 



-X 



14 SOCIETY BOTANIQUE DE FRANCE. 

4. Ombelle de partition : Foeniculum vulgare Gaertn., Plmpinella magaa L., P. saxi- 

fraga L. 

5. Capitule de partition : Pyrethrum, Matricaria. 

ti. Panicule de partition : Panicum maximum Jacq., Bergenia crassifolia Mccncli, B. 

cordifoHa, Ehretia petiolaris Lam. 

7. Chatons de partition : Populus, Juglans. 

8. Spadices de partition : Arum. 

Aurai-je rcussi a montrer que la partition, loin d'etre bornee a quelques 
cas particuliers, est au contraire uu des phenomenes que Ton rencontre le 
plus frequemmenl ? A Tinflorescence de partition se rapportent la plupartdes 
plaates de la famille des Borraginees, toutes les Hydrophyllees a moi connues, 
savoir : Hydrophyllum virgiyiicum L. , Cosmanthus viscidus Alph. DC, 
Ellisia^ Nemophila^ Phacelia^ Wil lav i a grand if or a Harv,, TT.twfnor Harv., 
la plupart des Cruclferes, les Brosera et Drosophyllum. Ainsi rinflorescence 
dc partition est tantot un caractere ordinal ou de famille (Hydrophyllees et, a 
part quelques exceptions, Borraginees el Cruciferes), tantot un caractere ge- 
nerique {Bergenia, Matricaria, Fosniculum^ Brosera)^ et d'autres fois seule- 
ment un caractere specifique [Circwa lutetiana L., Sedum aureum "Wirlg. , 
lequel ne differe du S. elegans Wirtg. que par I'absence de bract^es) ou 
menie peul-etre individuel ou de variet6 [Farsetia clypeataR, Br. bracteosa 
et ebracteata DC). 

On peut opposer a cette theorie des inflorescences de partition quelques 
objections, les uaes specieuses, les autres fondees. Je vais essayer d'y re- 
pondre. 

1" L'absence de bractees a une inflorescence suffit-elle pour rapporter 
celle-ci a I'inflorescence de partition ? C'esl la, il est vrai , le principal carac* 
l^re ; mais, par cela meme que dans les caracteres appeles primaires il n*en 
est pas d'absolu, celui-la est loin de Tetre. Et s'il ne Test pas, comment rap- 
porter avec certitude k Tinflorescence de partition celle de certaines Ombelli- 
feres? Dans cette famnie, en effet, il est des plantes, on le sait, entiereraent 
depourvues d'involucre et d'involucelle [Foeniculum vulgare Gaertn., Pimpi- 



h ^ 



Ji'g 



j^thusa 



CEnanthe fisfulosa 



til done admettie, daus les premieres, une inflorescence de partition complete ; 
dans les secondes, une inflorescence de partition h roinbelle et non aux invo- 
lucelles? Au premier abord, cette conclusion parait avoir, je I'avoue, quel- 
que chose de tout a fait paradoxal. Mais il suffit de se rappeler que dans le 
genre Far^setia il est deux vari^tes dont une seule appartient a I'inflorescence 
de partition, qu'il est quelques Cruciferes dont les p^doncules inferieurs sont 
& I'aisselle de feuilles, alors que les superieurs n'ont pas de bractees aisse- 
lieres, pour concevoir que cette explication n'a rien d'irrationnel . Ou pourrait 
corapreudre ces inflorescences des Ombelliferes, comme celles des Cruciferes 



'- / 



SEANCE DU 11 JANVIER 1861. 



15 



f 



cences helcro genes (1). 

"l"" La oil se trouveiit r^tinies les causes predisposnnt Si nn avortemont , 
comment dislinguer cet avortemcnt dc la pariiliou? Dans certains cas, 
oft I'on pourra suivrc tons les degres entre un demi-avortement et un avor- 
lement complet, la distinction sera possible. Mais, h la question de savoir s*il 
y a ou non avortement aux capitules des Composees quand ils soiit entieremeut 
d6pourvus dc paillettes, et s'il faut ou non les rapporter a Tinflorescence dc 
partition, la reponse n' est pas facile. Ccpendanlje crois devoir me determi- 
ner en faveur de I'opinion qui les range dans celte derniere categorie, d'apres 
ce fait que les lleurs paraissent aussi serrees aux capitules des Matricaria et 
des Pyrethrum qu'a ceu\ des Anthemis^ et Ton sail que ces derniers out des 
paillettes a Texclusion des aulres. 

MM. Bravais out publie, en 1837, un grand travail sur rinflorcscence 
(voy. AnnaL des Sc. nat.^ dcuxieme serie, t. VII, p. 193 et 291, et t. VJII, 
p» 11). Les considerations qui precedent, si elles sont reconnues exacles, 
doivent necessaircn:icnt frapper d'erreur les propositions suivantes qui ser- 
vent de base aux recherches de ces botanistes : 1^ tout rameau nait d'un 
noeud vital axillaire a une feuille, qui est la feuille-mere du rameau (2) ; 
2" 11 existe aux grappes des Borragin^es une serie de deux bractees oppos^es, 
avec avortement soitdcTune (plusieurs Borragin^es), soit des deux {Myosotis); 
3° si dans beaucoup de Borraginees les deux rang^es de bractees sont 6car- 
tees, alors que les fleurs sont rapprocb6es, cette excentricit^ lient a ce que 
les p(5doncules ne grossissent pas egalement sur les deux faces opposees (voir, 

r 

dans V Institute t. V, p. 56, un resume du travail de MM. Bravais, communi- 
qite par eux a la Societe philomatbique, et auquel nousavons emprunt^ ces • 
propositions). 

On nie pardonnera ces details sur la partition, car j'ai la conviction qu'elle 
donne la seule explication rationnelle de rinllorescencc des Cruciferes, des 
Hydrophyllees et d'unc foule d'autres plantes. La simplicity de cette theorie 
ttie parait l6moigner liautement en faveur de sa verite. Voili plus d'un 
demi-siecle qu'on s'occupe avec ardeur de morphologic v^getale, et, lorsque 
la partition est si manifcstc an sommet de Taxe des Nicandra (ordinairement 
trifurqu6) etdes Datura^ ii Tinflorescence des Bergenia^ de VAponogeton dis- 



(1) bans un premier travail, j'ai cherchea niontrerque romljcUe d'un certain nombfe 
d'Ombcllireres apparticnt a riuflorescence definie (v. Ic Bull, dela Soc. 6o/., t.,11, p. 74). 
S'il est aussi dans cette famillc des inflorescences indefinieset des inflorescences de par- 
tition, il y aurait done dans ce groupe, ou la disposition des fleurs est on apparence si !io- 
mog6ne, des types des trois grandes divisions de Tinflorescence. 

(2) Dans un travail ant^rieur, j'ai cherchc a prouver le peu de fondemedt du principfe 
qui altribuc a toute feuiUe un ou plusieurs bourgeoris axillaires. Le ph6nom6ne de par- 
tition vienl fournir a son lour Un nouveau temoignage en faveur de Tindependance reci- 
proque de Taxe et de la feuille. 



^ 



^ . .-_ r'-k-r,^ 



16 



SOCIETE BOTAMQUE DE FRANCE. 



iachyus Thunb., tin Spircoa Ulmaria L. el du S. Filipendula L. (1), on a 
vraiment lieu de s'6ionner qu'elle n'ait point encore etc signalce comme pheno- 
mene normal et comme base d'un groupe d'inflorescences. Mais, s'il est d'autres 
cas, et mcme nombreux, ou, comme h rinfiorescence des Crucifcres, elle 
semble au premier abord moins evidenle, qu*est-ce a dire, sinon que la par- 
tition, comme toute disposition organique, sejoue sous miile formes, obeis-. 
sant a la grande loi qui modifie a Tinfini la matiere et ses manifestations? Loin 
de moi Tidee de vouloir porter les fails observes au dela dcs limites de leur 
application. Mais la ibeorie de la partition devoile a la fois un nouveau type 

4 

de ramification noruiale (dans les Phan^rogames) et un nouveau type d'inflo- 
rescence ; a cc double litre, elle m^rite, je crois, un serieux controle que 

i 

j'appellc de tous mes vceux. 

Lc phenomfene de partition me parait aussi devoir rendre raison de cer- 
laines inflorescences que prcsenlent plusicurs Borraginees, plusieurs Ascle- 
piaddes, un certain norabre d'especcs des genres Sedum et Crassula^ et dans 

Icsquellcs les pedoncules ne sont pas places a Faisselle, mais a cote de la 
feuille. Voici mes raisons : 

1° II n'estpas rare de voir des branches deZ/^/^o^jo^rmi^m offlcinnle L. (on 
Ton observe cette position laterale des bractees) naitre de la lige sans feuille 
aisseliere. 

4 
> 

2" On voil parfois les liges a^riennes de la meme espece se diviser au 
sommet en irois ou quatre branches dont une est un pedicelle, et, au point ou 
sc fait cette partition, il n'y a qu'une seule feuille ou il n'y en a point du 
lout. 

3^ Il arrive frequemment, dans plusieurs Borraginees et Crassulacces, que la 
feuille ou la bract^e corrcspondant a un pedicelle, loin d'etre placee collate- 
ralement h lui, se trouve \ un niveau soil superieur, soil inferieur. 

4° Enfm lout le monde sail que plusieurs inflorescences de ces plantos 
olfientdans leur partie inferieure des bractees collaterales aux p^dicelles, la 
partie sup^rieure etant nue. 

Or, s'il est inexact d'accorder a toiite feuille un on plusieurs bourgeons 
axillaires (voy. Dullet. Soc. bot.,t. Ill, p. 6), il suffira, pour sc rendre 
compte des innoresceftces que je viens de signaler, d'admettre que, les 
feuillcs et les bractees etant stenles (sans bourgeon axillaire), la partition 
s'op?;re ordinuirement de preference au niveau d'insertion de ces feuilles ou 
bractees. Aux yeux de ceux qui n'auront pas suivi dans toutes ses modiQ- 
cations le ph6nom?:ue de la partition , cette explication pout avoir quclque 



1J 



^ (l) Dausle Spirma Filipendula, ou rinfiorescence est sans bractees, il senible y avoir 
d*abord une fleur terminale, au-des&ous Ue laquelle naissent des i»edoncu!es qui se com- 
porlent do meme; niaisavaiit la production de cette prctenduc fleur tenuinale ont eulieti 
plusieurs parliUons, aulaiiL qu'il y ade pedoncules a compter du plus inferieur sur I'axe 
jusqu'a la prelendue lleur terminale. 






SEANCE DU 11 JANVIER 1861. 17 

chose d'elrange , mais je la crois fondle. Toulefois je n'hesiterai pas k Taban- 
donner si on en demontre la faussete ou si on en signale une raeilleure. 

Dans un grand nombre d*Asc!(^j)iadces , et en particulier chez le Vince-- 
loxicum officinale ftloeach, les pedoncoles apparaissent dans rintervalle de 
separation de deux feuilles opposees, celles-ci offranl h leur aisselle des bour- 
geons follaircs ou des rameaux feuilles (1). Je ne vois que Ic phenomeue de 
partition propre a expliquer cette apparente anomalie. La coniparaison de 
celtc inflorescence avcc celle des Solanees me confirme pleinement dans cette 
opinion. En elTet, chez cellcs-ci et en particulier chez les Solanum^ les co- 
rymbes naissent tanlot on face de la fenille, lantot en un point variable de 
rentrc-noeud; s'ii en est autrement chez les Ascl6piad6es , c'est que la 
synietrie des plantes a feuilles opposces est infiniment mieux r^glee ou plus 
stable; chez elles, la moitie des faisceaux foliaires ou le quart de ceux de tout 
le cerclc vasculaire de la tige s'opanouit aux noeuds (Lestiboudois) etentraine 
repanouissement des faisceaux peclonculaircs. 

Dans plusieurs especcs indigenes de Thesiwn, Taxe primahe ecourle donne 
naissance a de nombreuses branches, simples h la base avcc des feuilles al- 
ternes, phis haut raniiliees. De ccs ramifications, les inferieures seules sont a 
I'aisselle de feuilles ; les autres et les pctits ramuscules qu'elles portent 
naissent direclement par partition de la ligo, en I'abscnce de tout organc fo* 
liaire a leur base. 

En 18^2, M Naudin et ftJ. Payer publiaient le resultat de Icursrecherches, 
le premier sur Tinflorescence des Solanees, le second sur celle des Borraginecs, 
des Cistees, des Asclepiadees. Tandis que M. Naudin admellait dans les So- 
lan(5es la disparition de Taxe primaire avec developpement concomitant de 
rameaux usurpateurs, 31. Payer croyait pouvoir expliquer toutes les anoma- 
lies des inflorescences, soil par la soudure d'une bractee avcc le rameau ne a 
son aissellCy suit par la soudure de ce dernier avec la tige qui le supporte^ 
soil en/In par ces deux especcs de soudures (voir les Comptes rendus de rin- 
slilut, t. XV, p. Mil et 1^8). Or on s'accorde a reconnaitre aujourd'hui que 

la plupart des morphologistcs contemporains de De Candollc, cntrain^s par son 
exemple, ont faitjouer aux soudures d'organes un role beaucoup plus con- 
siderable qu'il ne convient (2); et cela est vrai surlout a piopos de riuflores- 



(1) hifloresccntia exha-axillaris^ rarius axillaris^ a ecrit M. Decaisnc dans la des- 
cription des caracleres j!;eneraux des Asclepiadees ( in DC, Prod/'., t. VIII, p. 4DI). 

Aug. de Saint-Hilairc,a cbcrch6 a expliquer cette inflorescence en supposant d'une pari 

qu'uue des branches axillaires avoilc, et de i'auire que Taxe primaire se trouve dc'jcl6 
dc cote cntre les deux feuilles {LcQons de Bot., pages 249 et2o0). 

(2) On lit dans Ic dernier numero du Bulletin de la Societe boianif]uc (I. VII, p. 383) 
unc int^ressanle communication dc M. Decaisne sur les resullats oblenusparM. Naudin 
dans ses recherchcs sur les Cucurbitacees; « M. ^uudin, dit son savant rapporteur, cfoil 
peu aux soudures, auxquelics on faitjouer un si grand role dans rorganographie de la 
lleur », et, en effet, eel ingenieux bulanisle ett dispose a attribuer aux tubes des calices 
et des corolles une fignilicalion axilc ou receplaculaiic. 



T. VIII. 



2 



18 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE.* 



ceuce, cedontt6moignentsi manifeslement Ics details qui precedent. Aug- de 
Saint-Hilaire accorde aussi unc large part a ces soudures dans la raniificaUon : 
ft Des bifurcations, dit-il, qui, chez les plautes a innorescence scorpioide, 
telles que les Borraginees^ se monlrent au-dessus d'une feuille , indiquent 
bien dairemenl aussi la soudure de la lige et du ramcau, soudure dont un 
sillon montrc parfaitement la place dans VAnchusa anguslifolia » [loc. ciL, 
p. 326), Or ce sillou est Tindice, uon de la soudure, mais d'une prochaine 

partition. 

11 importe, afm de ne pas confondre la partition avec une raniification dif- 
ferente, de s'assurer que les pedoucules ou pedicelles depourvus de bractees 
aleurbase n'itw ont pas eu a I'origine; ainsi, aux opis devoloppes du Polygala 
amara L., du P, vulgaris L. et de quelques autres especes de ce genre, les 
bractees font d^faut; mais elles existaient avant leur elongation, et Ton volt 
tres bien leur cicatrice d'iusertiou, 

r 

II fant bien dlstinguer la partition, phenomenc normal, de la partition, 
ph6nomfene teralologique. Autant il serait oiseux de rechercher les causes de 
la premiere, autant il pent y avoir d'interet a scruter celles de la seconde. 






^3 






fasciatus 



bot., 2"= ecL, t. I, p. 324). Apr^s lui, M. Durand (de Caen) a prodain6 que la 
partition \ient a la suite de Ja fasciation, et qu'elle est toujours un indice de 
vigueur [Memoires de la Societe Linneenne de Normandie, t. IX, p. 3 1 a 33); 
Telle est aussi I'opinion de M. Germain de Saint-Pierre, declarant que la 
fasciation est le premier degre de la partition [Guide du hot.X. II, p. 556). 
Cette proposition, \raie pour ua certain nombre de cas teralologitjues, perd 
toute sa valour, formulee avec ce degre de geiieralile. J'ai vu des faits de par- 
tition anomale uon accompagnce de fasciation ; et, toutdernieremenl encore, 
deux pieds de Tijpha m'ont offert I'un et I'autre, a la place d'un seul epi 
terminal, deux 6pis collaleraux parfaitement conforiiies Qicylindnques, mais 
qui, en se developpani et grossissant cote a cote, avaient force par leur ecar- 
lement I'cxtremiie superieure de la tige, ou, si Ton veut, lepedoncule, h se 
fcndre dans une longueur de 3 a 4 centimetres. Quant a la partition nor^ 
male, si clle coincide avec I'aplatissement de cerlaincs inflorescences scor- 
pioides des Borragliiees, il suffit de se rappeler qu'elle preside seule a la ra- 
mification des racines, & la ramification des tiges d'un grand nombre de 
plantes (SoIan<5es, Bergenia, Crucifores, etc), et sans que les axes resultant de 
cette partition offrent le moindre aplatissement, pour comprendre toulcequ'a 
d'cxagere et, par suite, d'inexacl, la proposition soutcnue par MM. Durand et 



^ , 



Germain de Saint-Pierre (1). 



{La fin a la prochaine seance,) 



[\) Ces nouvcaux details sur la partition et snr rinilorescence des Cruciferes m'ont 
parud'autant plus opporluns, que MM, les redacleurs des Ariymles des sciences natiirel^ 
les, reproduisant le memoire, citfe plus haut, de M. Norman, sans raccompagaer d'au- 






SEANCE DU 11 JANVIER 1861. . 19 

M. Ed. Prillieux fait a la Societe la communication suivante : • 



OBSERVATIONS SUR LA STRUCTURE DE L'EMBRYON ET LE MODE DE GERMINATION 

DE QUELQUES ORCHIDEES, par M. td, PRILMEUX. 



Bieii que les Orchid^es soient mises sans contestation au nombre des v^g6- 
laux monocotylcdones, rexistence d'un cotyledon dans Tenibryon de ces 
planles a ^t6 jusqu'ici Tobjet de bien desdoules. Ayant eu occasion d'(5tudier 
les graines mures (1) d'un asscz grand nombre d'Orchid^es exoliques, j*ai 
observe quelqucs fails qui pourront, je Tespere, contribuer a jeter un nou- 
veau jour snr la nature de Tembryon qu'elles conliennent. — Je r^sumerai 
brievcment ce que j'ai vu en particulier dans des graines de Miltonia^ de 
Plearothallis et de Catasetum. 

F 

Ces graines, exlremement lenues, sont formees d'un petit corps celluleui 
OYoidc qu'envcloppe une sorte de sac mcmbrancux fort grand, eu 6gard au 
volume du globule celluleux qu*il contient. Le sac est le lesta, c'est a lui 

r 

qu'est du I'aspect singulier des graines, que Ton a fort bien comparees a de 
la sciure de bois. Le petit, corps ovoide qu'il enveloj)pe est Tembryon :'cet 
embryou est uniquement forme de cellules; il nepr(5sente ni cotyledon, 
gemmule, ni radicule : c'est un globule plus ou moins allong^, qui porle seu- 
lenient, du cote qui regardc Touverture du sac, un prolongement celluleux 
que Ton voit tres uettement dans la graine mure d*un assez grand nombre 
d'especes, et qui est tantot simple et forme, soil d'une seule rangee de cel- 
lules {Maxillaria)^ soil de deux [Catasetum^ Miltonia)^ tantot ramlfie [Pleu^ 
rothalliSy Restrepia). 

Celte organisation extremement simple me parait tout a fait comparable a 
cclle qu'ofFrent les embryons monocotyles ou dicotyl6s a une certaine pe- 
riode de leur ddveloppcment, ou, eux aussi, sont uniquement form<5s par un 
petit corps celluleux a peu pres spherique (globule embryonnaire), que porte 
Sson extremity un prolongement celluleux (suspenseur). Mais, landisque, dans 
les aulres plantes, Tembryou ne fait que passer par cette forme qui pour lui 
n*est que transitoire, ici, au contraire, cette structure rudimenlaire est per- 
mauente; Tembryon, ou plutot lebauche d'embryon, s*arrete St ce point de 
son d^veloppemcnt, ctn*attcint jamais dans la graine la forme plus coinpliquee 
d'embryon monocotyle. — L'embryon que contient une graine mure d'Or- 



cune note, ont paru lui donner leur sanction, et qu'un autre recueil, la Dibliotheque 
univenellt' de Geneve^ dans une analyse du travail de M. Norman, a combatlu noire opi- 
nion au sujet de Uiuflorescence des Cruciferes (Voy. Archiv. des sciences physiq,^ t. 11 
(1858), p. 275 el 276). 

(1) J'ai consid6re comme mures les graines sorties de fruits qui sY'laient ouvertsna- 
turellement, quand meme il ue m'a pas 6t6 possible de m'assurcr qu'elles fussent aptes 

a germer. 



n 

f 



20 SOCIETE BOT\MQUE DE FHANCE. 

chidee peut done, ce ino seinble, etro considere conmie ua ciuhryon mono- 
cotyle dont le developpement s'arrete avant qu'il soil cnlicrcmcnt forme ct 
qui nait pour ainsi dire normalement avant lerme, 

Toiites les observations publiees jusqu'a ce jour, toutes celles que j'ai failes 
moi-mSme sur la germination dcs Ordnd6es, mo paraissent dc nature a confir- 
mer celle nianiere de consid^rer Tembryon de ces plantes. 

Quand la germinaUon commence, on voit le petit corps celluleux qui os»t 
Tembryon grossir sans changes sensiblement de forme, sans qu'on y puisse 
distinguer d orgaues speciaux , puis se couvrir a sa partie inf^rieure de pa - 
pilles tout a fait semblables a celles que portent d'ordinaire les racines des 
plantes phanerogames, le prolliallium desFougeres, etc. Ces papilles sont 
dcstinees h puiser dans le sol les aliments nccessaires au developpement de la 
plante naissante. 

Le corps embryonnaire grossit surtoutpar sa partie superieure, c'est-a-dire 
par la partie opposec a celle ou Ton voit souvent encore les d6bris du suspen- 
seur, et il prend par suite la forme d'une toupie. Puis apparait, sous forme 
d'un petit mamclon, la premiere feuille de la plante. L'ne deuxieme, une iroi- 
sit'uie feuille se developpent ensuite, la lige se faconne au sommet du petit 
tubercule embryonnaire, ct enfai on voit apparaitre des racines. 

L'absence de racines pendant les premieres phases de I'existence de la jcune 
plante, qui vit durant un temps plus ou raoins long a la fagon dcs veg^taux 
inferieurs, me parait un fait tres general et qui est intimement lie a I'^lat ru- 
dimentaire dans lequel s'arrete Tembryon des Orchidees. 

Mais celte periode transitoire de la v^gelalion qui precede Tapparition de 
la premiere racine, varie beaucoup de duree : les racines apparaissent plus ou 

moins tard ; la plante naissante se developpe, s'accroit plus ou moins, avant 
qu'elles se montrent. 

Ainsi, dans les Ophrydees (1), la piemit'ie lacine apparait de fort bonne 
heure el se developpe a la partie superieure du tubercule embryonnaire, au- 
dessoiis de la premiere ou de la deuxieme feuille, qui sont de simples gaines, 
avant que les feuilles vertes se soienl developpees. 

Dansd'autres plantes. les feuilles vertes se deploient, la tige se forme, s'al- 
longe plus on moins avant rapparition des racines, qui naissent de la tige, 
au-dcssus de I'inserlion des premieres feuilles : c'est ce qui a lieu, selon 
toute apparence, non-seulement dans le Miltonia spectahllis, dont j'ai suiv 
avec detail le developpement, mais dans beaucoup d'autres Orchidees. J'ai 
eu occasion d'observer un Neottia exoliquc ct uiic Vanille dans lesquels le 



I 



iMJl 



le papilles, portait une tige ^'lancee 



[\) La germination de ces plantes a etc parraitemenL dccrite par M. Th. Irmisch, avcc 
la precision et la clarle liabituelles a eel excellent observateur. Les nicmes fails ont etc 



I 

1 

■1 
1 



^galenient observes par M, Fabre. 






SEANCE DU 11 JANVIKR 1801. 21 

d'ou naissaieiU des fouilles vertes, et qui cependant n'avaioiU pas encore de 
racines. iMalheureusemeiU il ne m'a pas et6 possible df^ suivre le developpc- 
mcntdc cos jeunes planles jusqu'a rapparitioii dc la premiere racinc. 

i)ans loules ces planles, la croissance dn corps enil)ryonnalro qui s<* lenfle 
en tnbercule est fort boriK'^e, en coniparaison de ce que j'ai observe dans 
VAngrcrcum maculatum (1), on la lige qui port(.' Ics I'cnilles et ies racinos 
n'apparait que tres tard et apres que le lubercide enibryonnaire a pris un de- 
veloppement excessif, Dans celte plante, le bourgeon terminal du lubcrcule 
embryonnaire ne produit pas de feuillcs vcrtcs, mais sculement dc pelilcs 
6caiiles a TaisseUe desquelles naissent des rameaux cbarnus, qui fornienl, en 
se d6veloppant, nn lubercwle lob6 qui vit comme le tnbercule initial, en pui- 
sant sa nourriturc dans le sol au nioyen de papilles, atteint un volume consi- 
derable, et produit enfin une tige dressee uiunie de feuilles vertes et de ra- 
cines. Ce n*est que lorsque cette lige est bien enracinee, qu'elle s'esl renflee 
en pseudo-bulbes, qu'elle presentc en un mot sa forme definitive, ce nVst 
qu'alorsque le tubercule, dojit le role est aclieve, languit, meurt, pourrit et 
disparait. 

Enfin, dans le Corallorrldza innata (2) et Y Epipogium aphyllum, on voit 
un tubercule lobe qui est forme de la mfime facon que celui de V AngrcBcum 
maculatum, mais qui, au lieu d'avoir seulement une existence passagere, per- 
siste au contraire durant toute la vie de la plante. Jamais ces singuliers ve- 
getaux ne portent ni feuillcs vertes ni racines : quand ils sont parvenus a 
letat adulte, ils presentent une si complete ressemblance avec la forme pri- 
mitive qu'offre V Angrcccum maculatum durant sa germination, qu'ils seni- 
bleni s'etre arretes dans leur developpement au milieu de la periode embryon 
naire qu'ils n*ont pu depasser. 



M. le President fait renaarqucr qu'il exisle quelque analogic appa- 
renle cntro rembryon des Orcliidces en vote de developpement el 
le prothallium des Fougeres, au point de vue da mode do v^ela- 
tion. 

M. Chalin dit que rembryon des Balanophoreesso developpe pro- 
bablcment d'une maniere anabgue. II rappelle quo, cliez plusieurs 
planles aqualiques, Fembryon est depourvu dc radicule. 

M. Brongniart ajoule que cerlaines Cactees {Echinocdctus^Mamil' 
laria) sont aussi privecs dc cotyledons, leur eml)ryon etant reduit 
k un petit corps spherique, Icnnine d'un cole par un rudiment de 

suspenseur. 



(1) Voyez le Bunctin, I. HI, p. 28 

(2) /6id., t. IV, p. 768. ' 



22 SOGIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

M. Chatin fait k la Societe la communication si 



^_ ^ 



r ' 

SUR LA STRUCTURE ANATOMIftUE DES PETALES COMPARl^E A CELLS DES FE^UILLES; 
IINE CONSEQUENCE PHVSIOLOGIQUE DES FAITS OBSERVES, par M. Ad. CHAflX. 

'1 

{Resume fourni par Tauteur.) 



I. Les cellules ^pidermiques des p^tales, celles surtout de la face supe- 
rieure (ou la plus colorte), sont fr^quemmenl 6tenducs au dehors en longues 
papilles, G*est a la presence de ces papilles qu*est du le veloute des fleurs. 

II. Contrairement h ce qui a ete admis (d'une facon trop absolue d*ailleurs) 



pour les feuilles, la matiere colorante dos pelales est contcnue dans leurs cel- 
lules 6pidermiques [Calendula^ Dahlia^ Scabiosa^ TropcEolum^ etc. 

III. La matiere colorante des p^tales est habituellement a I'^tat liquide. 

IV. Dansquelquespfilales, notammentdans ceuxa tissus ^pais {Ulloa^ As- 
clepias)^ la matifere colorante occupe frequeuiment, conime la matiere verie 
des feuilles, les utricules du parenchyme comprises entre les deux epidermcs. 
Commo dans les feuilles aussi, le principe colorant se pr^sente parfois sous 
la forme de granulations. 

V. On peut formuler d'une maniere genfirale Fopposition entre les petalos 
et les feuilles, quant h Tetat (solide ou liquide) et au siege de la matiere colo- 
rante, en disant que ce qui est la regie chez les uns est Texception cbez les 
autrcs. 

VL En general, le tube des corolles differe du limbe, et Tonglet de la lame, 
par le moindre developpement du mesopbylle. 

VIL Dans un grand nombre de veg6laux, chez les Compos^es surtout, le 
mesophylle parenchymateux du tube ne diininue pas seulemcnt d'epaisseurS 
il fait d6faut completenient, le tissu cellulaire n'^tant plus compose alors que 
de deux feuillets epidermiques imm6diatement appliques Fun contre Tautre. 
YIIL Chez plusieurs Gompos6es [Chysanthemum sinense. Cosmos bipin- 
natus, Helianthus petiolaris), la structure du tube coroUin atteint le dernier 
degr6 de simplicity en se rednisaiU (dans I'intervalle des nervures, celles-ci 
etaul toujours placees entre deux feuillets ^pidermoidaux) a une seule assise 
de cellules. Gelte structure, la plus simple que I'lmagination puisse conce- 
Yoir, et dans laquelle I'un des epidertiies a disparu, est absolumcnt inconci- 
Uable avec les idees theoriques d'une 6cole anatoniique, d'ailleurs justement 
c^lebre, pour laquelle aucuue membrane organique ue saurait exister sans 
contenir au moins les Elements d'un double feuillet. 

IX* Les nervures des p6lales, comme celles des feuilles, se composent de 
Taisseaux et de fibres (ou cellules allong^es). 

X. Dans les petales, la forme des vaisseaux prMominante, ordinairement 
mCme exclusive, est la trac!i6e. 




( 

L 

STANCE DU 25 JANVIER 1861. 23 

t 

XL Les fibres qui entoureiit \es trachfies des petales different de celles de 
la plupart des feuilles par leur d^licatesse ou t5nuil6. 

XII. Les fibres corlicales ou liberieiiiies, assez communes dans les feuilles, 
n'existent jamais dans les petales. On peut en dire autant des cellules scl^- 
reuses (?). 

Les fails precedents ^tablissent que Yunite de type enlre les p6lales et les 
feuilles, reconnue et incontestce depuis Goethe et A. -P. De Candolle, nVxclut 
pas des etats anatomiques dilTerents el en rapport avec la destination physio- 
loglque spdcialo de chaque oigane. II ressort en particulier de Tabsence ha- 
bituelle de stomatcs et de la structure des membranes 6pidermiques des p6- 
talcs, que ceux-ci, dout Taction cliimique sur I'atmosphere est d'ailleurs 
inverse de celle des parties verles, ont une respiration dermique ou bran- 
chialc comparable, bien que s'exercant dans un milieu gazeux, i celle des 
plantes aquatiques, si bien etablie, aussi a Taide des seules donnSes de Vana- 
tomie, par AL Ad. Brougnfart. 



\ 



{ 



SEANCE DU 25 JANVIER 1861. 



PRfSIDENCE DE M. AD. BRONGNIART. 



M. Eug. Fournier, vice-secretaire, donne lecture du nroces- 



\ 



dont 



presentat 



* * 



I 

Gay demande la parole et s'exprime de la maniere sui- 



vanle : 

1 



Messieurs, 



rccruter 



r 

Notre honorable confrere M. Duchartre a et6 appele par les suffrages de 
I'Acad^mie h occuper, dans la section de botanique, la place laiss6e vacante 
par le d6ces de M. Payer. Les circonstances qui ont accompagn6 cctte elec- 
tion mettaient en danger la 16gilime representation de noire science dans le 
sanctuaire de I'Institut. Mais le bon sens de la compagnie et le merite de 
notrc confrere ont heureuseinent ecart6 ce p6riL M. Duchartre Ta emport^ 
de hull voix sur un candidat que porlait une fraction considerable de I'A- 
cademie, un homme d'un haut m^ritc assur^ment, maisqui avail le malheur 
de ne connaitre la bolanique que d'une niant?)te indirecte, par les rappbrls, 



t 

^ 



^& .SOCI^TE BOTANIQUE DE FRANCE. 

d'une importance secondaire pour nous, qu'elle a avec une autre science, dejk 
brillaminent representee dans une section particuliere de rAcadeoiie. Ce 
resullat, Messieurs, est aussi flatteur pour M. Duchartre qu*il est rassurant 
, pour Tavenir dela section qui s'est ainsi compl6tee. Esperons qu'on ne cherchera 
plus k y introduire des Elements qui lui sont elrangers> et qu'on respectera 
^notre science conime une des branches essentielles du majestueux faisceau des 
connaissances humaines. Esporons-le, et en meme temps felicitous M. Du- 
chartre du succfes qu'il vient d*obtenir. Comme doyen des membres presents, 

F 

et peu s'en faut de la Soci6te entiere, je vous propose, Messieurs, de temoi- 
gner h notre honorable confrere combien nous sommes tons heurcux d'un 
^vSnement qui couronne si dignement sa carriere scientilique. 

La Societe s'associe par des applaudissements unanimes aux sen- 
timents que M. Gay vient d'expriraer. 

Lecture est donnee d'une lettre de M. A. Passy, qui remercie la 
Societe de Tavoir appele aux fonclions de vice-president, et d'une 
lettre de M. Moriere (de Caen), qui remercie la Societe de I'avoir 
admis au nombre de ses membres. 



Dons fails a la Societe : 

r 

i° De la part de M. le pasteur Duby : 

Memoire sur la trihu des Hysterinees de la famille des Hypoxyl 
(PyrSnomycetes). 

2" De la part de M. Ph. Parlatore : \ , > . 

Elogio di Alessandro Humboldt. m . 



Emmeratio seminum in hortn botanico regii muscni florentini anno 1860 
collectorum. 

3» En echange du Bulletin de la Societe : . 

Flora Oder allgemeine botanische Zeitung, numeros 25 a 36 (juillet- 
scptembre 1860). 

Botanische Zeitung, nuincios 27 a 39 (juillet-septembre 186u). 
Linncea, Journal fuer die Botanik, t. XIV, livr. 5. 
L'lnstitut, Janvier 1861, deux numeros. 



de Schoenefeld, secretaire, fait a la Societe 
ale» au nom de la Commission du Bulletin : 



Messieurs, 



Voire Commission du BuUetia vient de prendre une decision importanle. 



/ 



SEANCE DU 25 JANVIER 18G1. 25 

qu'elle doit vous faire connaUre, et qui, nous Tesp^rons, vecevva voire assen- 

limcnt unanime. 

Lc retard de la publicalion du liulletiu de la Societe a de graves incouve- 

nientsque voire Cominissioii dt^plore plus que qui que ce soit, ct sur lesqucls 

je iVai pas bcsoin d'insisler^ car tout le nionde les compiend. II faut a tout 

prix que ce retard cesse, et que noire publication prenne une allure plus ra- 

pide. 

Par les moyens ordiuaires, c'esl-a-dirc en accelerant le plus possible Tini- 

pression, ce but ne pourrait etre atteint qu'en deux on trois annees, peut- 

6tre plus encore, car Tacc^leralion est limilee par la necessit6 de uiaintenir 

la bonne execution et la correction du Bulletin qui ne doit pas faillir 3 la 

r 

Ixjnne renonnnee qu'il a acquise. En supposaut qu'aucnn obstacle iuiprevu 
ne surgisse, on arriverait a grand' peine a regagner par an un on deux mois ; 
et nous sonunes, hclas ! en retard de cinq on six. 

L'exeniple d'une Societe, soeur de la notrc, qui plus d'unc fois nous a servi 
dc modele et qui vient de regagner rapidcment un arriere plus considerable 
encore, nous a sugg^^re un moyen qui seulnous parait devoir apporter un re- 
mede prompt et efficace a la situation actuelle. 

Ce moyen, c'est de commencer lram6diatement la publication du volume 
de 1861, dont le premier numero (seances de Janvier) pourra paraitre dans 
quelques semaines, et d'acbever simultanement le voluuie de 1860, auquel il 
ne manque i)lus que le compte rendu de la session de Grenoble et des quatre 
stances de novembre et decembre derniers. 

Une convention que nous venons de conclure avec noire bonorable et ba- 

bile imprimeur, M. Martinet, nous assure les moyens maleriels neccssaires 
pour parvenir a ce resultat. 

Toutefois, il faut le reconnaitre, un inconvenient passager sera la conse- 
quence de cette mesure. Les seances de Janvier, de fevrier, et pent- etre de 
mars 1861 seront publiees avant cellos de novembre et decembre 1860. Mais 
voire Commission a examine les proces-verbaux de ces dernieres seances, et 
n'y a point trouve de communications ou des questions de priorile fussent 
. reellement en jeu. \ous sommes d'ailleurs coiivaincus que nos savants conbercs 
qui ont pi is la parole dans cos seances, reconnaissant qu'il s'agit d'une affaire 
d'inl6ret general, d'une question importante pour la Society enfiere, voudront 
bion accepter avec abn(5gation lo leger passe-droit que nous rcgrettons de leur 
faire momentanement subir. 

Permettez-moi d*ajoutcr, Messieurs, qu'en se cliargeant du fardeau d'une 
double publication simultanee, voire Commission du Bulletin donue a la So- 
ciet6 une preuve de zele qui ne peut manquer d'etre justement appreciee. 
Pour Taccomplissemcnt de cette lourde tachc, la Commission compte sur 
votre concours h tous. Son activite serait infrnctueuse si elle n'etait sccondee 
par la voire, et, malgrc le laborieux effort que nous allons lenter, sans votre 



26' SOClfiTE BOTANIQUE DE FRANCE. 

appui, nous retomberions hientot dans Torniere du passe. Nous prioDS^douc 
instamment nos confreres <Ie nous venir en aide par leur obligeant empres- 
sement a nous remettre Icurs manuscrits en temps utile et par la celerile , 
de la correction et du renvoi des epreuves qui leur seront souraises. II est 
indispensable que cbaque auteur, en faisant une communication a la Societe, 
prenne, par cela meme, Yis-5-\is de sa conscience, Tengagement d'honneur 
de livrer son manustrit au plus tard a la seance suivante. 

Ge que nous reclamons de vous, Messieurs, le reglement vous Timpose 
d'une maniere plus pressante encore. Mais, dans les circonstances actuelles, 
nous aimons mieux vous le demander comme un temoignage de d^vouement 
ti notre inslitulioii que comme raccomplisseraent tVun devoir r^glementaire. 
C'est reellemetit a la conscience de cbacun de vous que nous nous adressons, 
et nous ne pouvons douter que notre appel ne soil entendu. 



M. le President fait valoir les intentions de la Commission du 
Bulletin et dit qu'il importe beaucoup, pour assurer Tauthenticite 
et la priorite des travaux de chacun des membres, et pour en acce- 
lerer la publication, que les communications faites dans une seance 
soient remises au Secretariat avant la seance suivante. 

r ■ 

M, Planchon (de Montpellier) fait a la Societe les communica- 
tions suivantes : 




SUP. LA FAMILLE DES GUTTIFERES, par MM. J.-E. PLATHCnOIV et J. TRI.lNA. 

V 

Amends par nos Etudes sur la flore de la Nouvelle-Grenade a nous occuper 
du groupe des Guttiferes, nous avons pu constater, des I'abord, et I'lnteret 
du sujet, et I'etat de confusion oil restc encore cette remarquable famille. Des 
observations palientes , 6tendues graduellenieut au groupe entier, et aboutis- 
sant h une sorte de monographic gen^rique, nous ont fourui sur ces plaiites 
les Elements d'un travail a la fois orgauographique et systematique, dont nous 
nous bornerons i extraire ici les rt'sultats les plus gen^raux. 

Un fait domine dans la classification naturelle des GuUiferes, c'est I'impor- 
lance cai>itale des caractores de la graine, et particulierement de rembryon. 
C'cst done par 1& que nous devons aborder ce court expose. 

Le vrai fondateur parmi nous de I'analyse exacte des fruits et des graines, 
L.-C. Richard, a I'occasion des enibryons qu'il appelait macropodes, figura le 
premier comme appartenant a ce groupe rembryon d'un Clusia de la 
Guyane qu'il appelle CI, pdmicida {CL alba Clioisy pro parte, non L.). 
II y fit voir une cnorme ligelle [mlyo : radicule) et deux Ires petits cotyledons. 
Retrouv6 par Turpin chez le Clusia rosea, ce caracterc fut pourtant presque 
toujours m^connu, on peut m^me dire presque oubli^, et nous le restituons. 



SEANCE DU 25 JANVIER 1861. 27 

en quelque sorte, en lo signalaiit comme un trait g<5n(5ral des Guttiferes-Clu- 
sieves, c'est-a-(lire de la tribii qui renfermc tous les genres a fruits regulicre- 

I 

ment d6hiscents, avec une placentation axile. 

D'autre part, un observateur emerite, le classique carpologiste Gaerlncr, 
avail, en decrivant et figurant les diverses graines de Garcinia^ considcre 
comme un albumen certaine region corticalc de Tembryon, et comnic em- 
bryon indivis une portion centralc de la masse embryonnaire. A.-L. de Jussieu 
soupconna I'erreur; il comprit, avec sa sagacilc habitucllc, qu'il ne dcvait pas 
y avoir la d'albumen, mais il crut voir dans le pr6tendn cmbryon du Garci- 
Ilia la trac(^ de la commissure de deux gros cotyledons sondes en une seule 
masse : cetle vue inexacte, partagee par Du Petit-Thouars, est ccllc que Ton 
reproduit dans tous les livres, sauf les cas ou Ton a pris pour la ligelle mSm6 
la portion interne de I'embryon, et comme cotyledons soudC^s la portion peri- 
ph6rique. 

La vcrit6 sur cette structure se trouve consignee dans des notes el des des- 
sins fails il y a plus de quinze ans par I'uu de nous (grace a I'herbier de sir 
William Hooker) sur Tanalyse des graines du Moronobea coccinea et d'un 
Rheedia inedit [Rh. Gardneri Planch, mss. Bresil, Gardner). La panic 
corticale de la ligelle est la, comme d'ordinaire dans le groupe, toute parse- 
mee de canaux resiniferes flexueux ; la partie centrale ou medullaire est d6- 
pourvue ou a pen pres de ces cryptes resiniferes. Une etude attentive des 
graines d'un autre Rheedia {Rlu edulis Nob., Calophyllum edule Seemann) 
nous a fait voir, dans cette partie interne de la ligelle, des cellules poly<5- 
driques gorgeesde fecule el, tout autour, une sorte d'etui medullaire renfer- 
mant des vaisseaux ponctues, 

A cote de ces embr^bns macropodes dont la tigelle forme la masse princi- 
pal, lesdeux tribus desCalophyllees et des Quiinees nous pr^sentent, comtne 
on Ta df]k bien reconnu, des embryons construils sur le type le plus ordi- 

naire, savoir avec une petite tigelle (radicule) et deux gros cotyledons librcs 
ou sondes. 

C'est en prenant pour base ces differences si remarquables dans la structure 
des embryons et en les combinant avec los caract^res des fruits, dehiscents 
OU indehiscents, a loges uni- on pluri-ovuleos, avec ceux de reslivalion, de la 
sytnetrie florale, etc., etc., que nous avons pu, sans creer un seul nom nou- 
veau pour les tribus, limiter avec une precision evidenle cinq de ces divisions 
primaires de la famille. On en Irouvera plus loin les caracteres ainsi que I'in- 
"dication de leurs genres conslitulifs (1). 

Nous pourrions longuement nous 6tendre sur Torganisation des graines 
des Gultiferes, Celles de la iribu des Clusiees sont remarqual)les .par la va- 
riety de structure de leur tegument externe. Tanlol ce tegument, d^pourvu 



(I) Voyez plus bas, stance du 8 fevrier. 



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2S SOCIETIE BOTANIQUE DE FRANCE, 

d'arille, a ete decrii comme arille {lovomiiu); laulot il preseute antoiir, et 
commc expansion de son cxostonie, un arillode en forme de caroncule lobu- 
Ice-plisseo, ou de membrane charnue plus ou moins reflechie sur la graine 
{Pilosperma, Clusia, Quupoi/n, etc.). D'autres fois il cxiste un arille verita- 
ble, expansion du funiculc autour du bile {ChrysochUunijs) ; d'autres fois 
enfin, I'arilleet I'arillode, confluents I'un avcc I'autre sur un point, coexistent 
chcz la memc graine (//«ye^/«). 

La position du raphe par rapport au placenta, sur la({uelle on a voulu fon- 
der, dans de recents travaux, des caracteres presque de premier ordre pour 
la classification, cetle position du raphe offre, chez lesGuttiferes-Clusiees, des 
divergences frappantes, meme chez des genres d'ailleurs contigus, et avec des 
ovules egalement suspendus dans la loge carpellaire. Chez VBavetia, le bile 
estau-dessous du micropyle et le raphe introrse ; chez le Pilospevma Nob., 
le bile est au-dessus du micropyle et Ic raplie extrorse. Dans cc dernier cas, 
I'ovule estevidemment resupin6. 

L'estivation des pieces florales est encore un de ces caracteres dont on au- 
rait tort d'exag^rer I'importance chez les Guttiferes. Ce caractere , parfois 
constant chez telle tribu (ex. Moronobeees), dcvient variable entre genres 
voisins et ineme chez la meme espece {Balboa membranacca Nob.). Jamais 
valvaire, souvent decussee, parfois qui nconciale, ca et la convolut6e, elle pre- 
sente, soit pour le calice, soit pour lia corolle, des combinaisons et des pas- 
sages de I'un a I'autre de ces types ; mais les details a cet 6gard soul trop 
\aries pour nous arreter plus longtemps. 

A regard de la symetrie florale, peu de families offrent autant d'interet que 
les Guttifeies. L'etude approfondie de ces plantes, J> ce point de vue, fourni- 
rait, nous en sommes surs, des elements precieux pour la connaissance des 
rapports entre les lois de la phyllotaxie appliqu^es aux feuilles etbractees. et 
les lois encore si mal Axees de I'arrangement symelrique des pieces florales. 

La d6cussaiion, ou opposition avec alternance des paires successives qui se 
coupent a angles droits, telle est la regie fondamenialc pour les bractees, les 
bracteoles et tres souvent pour les pieces calycinales et les petales. C'est alors 
la continuation de la position des feuilles. On peut concevoir I'arrangement 
des pieces (feuilles ou phylles floraux) comme deux helices paralleles, repre- 
sentees phyllolaxiquemeut par la fraction 1/2. Ici done, concordance entre 
I'arrangement des feuilles et celui des pieces externes de la fleur [Tovomitu, 
Havetia, etc.). II y a, dans ces cas, r^p^tition de verticiiles des pieces de 
meme nature, absolumeiit comme chez les Berberid6es, Papaveracees, Me- 
nispermees et autres families par lesquelles s'ouvre la serle des Thalamiflores 
de De Candolle. 

Mais bientot les choses sc compliquent. Le calice pr^senle 5 pifeces au lieu 
de h pieces sur deux rangs. Les polales sont egalement au nombre de 5, quel- 
quefois avec un calice a <x pieces decussees. et, chose oresauc inouTe. L nh- 



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SEANCE DIJ 25 JANVIER 1861. 29 

serve parfois 5 peUiIes opposes a 5 sepales. Dans ce (lernier cas, on croit uu 
instant retrouver la loi phyllotaxiquc dos fcuiHcs (Vapres laquollc (suivaut Tai- 
rangemcnt 2/5) la sixieme piece ou picniier petalc devrait toniber juste sur 

■ 

la i)reinierc piece do I'helice ou premier sepale. JUais Teslivalion conlredit 
ceUe idee, en niontrant que le petale le plus externe n'cst |)as toujours oppos6 
a I'uu des deux sepales les plus exlernes. Nous nous expliquons piulot celle 
0])position des p^lales aux sepales, en supposant une deviation legere dans Ic 
type fondainental de decussation des pieces llorales, qui donnerait U s(5paies 
sur deux raugs, U petales sur deux rangs, avcc allernance hinaire au fond, 
niais opposition qualernaire apparente, le lout conipliqufi par Taddition d'un 
sepale et d'un petale supplenientaircs dont la position varie, et qui seraient 
comme les acolytes de Tun ou de Tautre des sepales et pelales fondauienlauv. 

Ailleurs reparait le type de symetric Ilorale le plus ordinaire chez les Dico- 
lyledones, savoir alternance des pelales avec les sepales, nombrc quinaire des 
pieces, estivation parfois quinconcialc, parfois couvolutee, uiais souveul uuxlc 
et coniplexe {XanlhocInjmuSy Moronobeees). 

Dans ce resume concis, nous su|)prifnons a dessein bien des details qui 
trouveront place dans la publication procliainc d*un menioire special. II sera 
curieux de niontrer le parall^lisnie qui se manifeste, au point de vue des em- 
bryons, entre les Gultiferes et les Lecythidces, au point devue de la sym^lrie 
florale, entre les Gultiferes et les Nymplu'acees ; mais, sans parler meme de la 
nierveilleuse diversity que prescjilent chez les Gultiferes les organesde la re- 
production, on pourra tirer du tableau synoplique (1) des divisions et subdi- 
visions de la fannlle jusqu'aux sections de genres inclusivement, la conclusion 
I'u'i! n'est peut-etre pas de groupe de meme ^tendue qui, tout en reslant Ires 
nalurel, presente plus de variete dans son organisation. 



LA VRAIB NATURE DE LA li'LELft DES EUPHOUnES EXPLIQUEE FAU UN ?I0UVEAL' GENHE 

D'EUPHOHBLVCEES, pur M. J,-E. PLAIVC'UOW 

Deux idees contradicloircs sent en presence relativcnicnt a la vraic signifi- 

+ 

cation de I'appareil floral des Eupborbes. D'unc part, I'anciennc opinion liu- 
ncenne, qui domie a ces planles une (leur beriuaphrodile et Jcs classe dans la 

Dodiicandrie. D'autrcpart, la theoriequi voit, dans la pretenduc fleur herma- 
phrodite, une veritable inflorescence : dans son soi-disant calice, un involucre 
comniun a plusieurs fleurs; dans chaque diamine, une fleur male monandre, 
articidee sur un pcdicelle; enfin, dans Ic pretcndu pistil, une fleur femellc 
terminale, 6galemeut articulee sur un pcdicelle plus ou moins long. 

Kmise avec prudence, comme une hypothese possible, par Lamarck et par 

(1) Ce tableau synoptique, qui servira dc complement au rapide exposi que nous vc- 
nons de presenter, sera incessamment adressc par nous a la Sociele, de maniferc a elre 
inscre dans le conipic-rendu dela prochaine seance (8 fcvrier). 



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30 



SOCIETY BOTANIQUE DE FRANCE. 



A.-L. de Jussieu, dtayee par Robert Brown dc preuvcs aussi nettes qu'inge- 
nicuses, adoptee, corroboree el dcveloppee par Adrien de Jussieu et par M. Ka>- 
pcr, dans des travaux resits celebres, cetle derniere theorie avait conquis, il 
faut le dire, rassentiraeut h peu pres unanimc des botanisles, lorsque feu 
Payer, et sou disciple M. Baillon, sont venus recemuient, au nom de I'orga- 
nogcnie, ressusciter, avec une apparencede raison, I'ancienne vue de Linne. 
Nous soinmes pret a reconuaitre hauteineut les services que I'organogenie 
a dt'ja rendus et pcut reiidre encore a la botanique. Mais, pour si precieux 
que soit un nouveau nioyen d'investigation, il ne doit pas s'imposer au point 
de faire oublier lesanciens moyens.eprouvespar de longs succes. Des raisons 
d'analogle ou de morphologic, par exemple, peuvent bien contre-balancer ou 
m6me faire meltre en doute des arguments organogeniques : car, en suppo- 
sant les fails de ce dernier genre exaclement obscrvOs, leur interpretation peut 
laisser place a I'erreur. Aussi nous semblait-il un peu hardi, pour ne pas dire 
imprudent, de contredire sur le point qui nous occupe les plus hautes auto- 
rites, avantd'avoir detruit d'une facon evidenie et sans replique I'ecliafaudage 
de leurs arguments. 

Robert Brown, en parllculier, dans le passage de ses General Remarks 
ou il expose, avec sa sagacild habiiuelle, sa theorie sur la fleur des Eu- 
phorbcs, Robert Brown, apres des arguments divers, cite a I'appui, conime 
preuve decisive, I'existence d'un genre inedit d'Kuphorbiacees de la Nou- 
velle-Hollande, dont les fleurs, tanl les males que la femelle, renferm§es dans 
un involucre evidemment analogue au soi-disant calice des Eupliorbes, pos- 

sedent chacune , a l^ur point d'articulation sur leur pedicelle, un veritable 
calice. 

On pourrait dire avec raison qu'il ne faut pas jurer sur la parole du maitre 
ce maitre fut-il le sagace. le prudent, le profond auteur des General Re- 
marks. Mais, pour notre part, nous avons depuis quinze ans et plus, mieuv 
qu une telle parole ; nous avons pour garant de ce qu'il affirmc, une preuve 
de fait, palpable, evidente, ddcisive. C'est le genre mgme qui donne lieu a 
cette note, et que nous allons decrire d'abord en I'appelant Calycopeplns, 
comme pour dire Euphorbe a calice. 



CALYCOPEPLUS, gen. nov. {EuphorbiacecB-EuphorbiecB). 

J-lores monoid. Involuernm commune urceolatum, ore quadrilobo. glan- 
duls ft scule hformibus, subsessilibus, lobis inirorsum interjectis. I /ores- 
centja. mascula. U mvolucri fundo sessiles, ejusdem lobis al er„». BracT^ 
nvolucrantescrcuer 4 5. in.quales, verticillato-fasciculatoB, .slivation im 
bnc l«3, situ levtler var o. Flores masculi intra involuernm partiale 4-5. mo- 
nandri, W... tecti, smguli basi braetea primaria bracteokgue 2 secnZ- 
rns laterahbus st.pati. perianthio destituti. Slam inis filamentvm brevissimum 



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SEANCE DU 25 JANVIER 1861. 31 

subnullum, cum pedicello longiusculo (filamcnii viceni gerente) articulatum, 

ad ardculalionein nudum, in conncctivuin abicns. Antherae extrorsae, ovato- 
oblongae, supra medium dorso affixae, loculis basi discrctis, longitudinaliler 
dehisccnlibus. Flos femineus (dum adsit) in inflorcsccntia singula solitarius, 
involucro comnfrani fasciculisqne florum masculorum k basi circumdalus, lou- 
giuscule slipitatus, cum stipite arliculatus (?), subsessilis, calyce (v. involu- 
cello proprio?) urceolato 5-6-lobo ovarium plus minus velantc donatus. 
Ovarium subglobosum, stylis 3 brevibus coronaltim, triloculare, ovulis in lo- 
culo quovis solitariis, sub procossu mecnbranacoo angulo iuterno affixis, pen* 
dulis, exostomio, ut in affinibus, in arillodium dilatalo. 
Species iinica : Galygopeplus epiiedroides Nob. — Hcrba australasica, 

perenuis (?}, mullicaulis, glaberrima, glauc(*scens, raulibus ercclis, virgatis, 
ramosis, siccilate subsliiatis, aliis sparse folialis, aliis (lloridis) tantum ad no- 
des squanris 2 opposiiis, aridis, ornatis; foliis raris, oppositis, lineari-spathu* 
latls, inlegris, in petiolum seusim altenuatis ; involucris florigeiis ad nodos 
geminis, opposiiis, scssilibus v. subsessilibus, (lores utriusque scxus v. mas- 
culos tantum fovenlibus. 

ffab. Swan-River, in ora occidcntali Novae-Hollandiae extratropicae. Drum- 

r 

mond in licrb. Hooker. 

D'apres la description qui precede, on pourrait croire, au premier abord, 
qu'il s'agit la du genre inedit auquel Robert Brown a fait allusion dans le 
passage que nous avons cite. Mais Tabsence de calice chez los fleurs niSles, ct 
le pen d'evidence de 1' articulation dcs etamines (on fleurs monandres) et de la 
fleur femelle avecleur pedicelle, nous font penserque noire genre est un type 
parliculier. 

Tci, du reste, pas plus que dans le genre inedit de Robert Brown, aucun 
doute Tie peut resler sur la nature composee de la fleur apparente, ni sur sa 
parfaite analogic avec la pretendue fleur simple des Euphorbes. L'involucrc 
est construit sur le meme type ct presente les memes glandes que VEnphor- 
hia. Les flours males sont groupies en quatre faisceanx, qui representent 
k ombelles allernes avec les lobes de Tinvolucre ; la fleur femelle, entour6c de 
ces quatre faisceaux de fleurs males, est le centre et le terme de la cyme 
dont ces derniSres font partie. Cbaque fleur mfde se compose d'un pedicelle 
assez long pour simuler im veritable filet, et d'un filet tellement court qu*on 
pourrait le dire prcsquc nul, confondu comme il Test a\ec le conneclif de 
ranlherc ; mais unc articulation placeepresqueimmedialement sous ranlherc 
marque la limite de ce filet et du pedicelle. La fleur femelle (dont certains 
involucres n'oflrent pas de trace) presente un ovaire plus ou moins saillant 
hors de Tinvolucre commun, mais, de plus, enveloppe d*un Brceole Ji 5 ou 
6 lobes, qui b'appliquent exactement sur sa partie infericure. Get urceole est 
d'ailleurs port6 sur un p6diceUc plus ou moins long. N'ayaut pu verifier pour 
le moment si rariiculalion de la fleur femelle sur le pMicelle se trouve au- 



32 SOCiETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

dessous ou au-dessus do I'ui ceole, la nature de ce dernier resle quelquc peu 
ind^cise* Si rarticulatioi) est au-dessus, cntre I'ovaire et Tuir^oic, Vurceole 
senible devoir elrc uu iiivolucelle; si rarticulatiou etait au-dessous de rurceole, 
ce deruicr organe serait ua calice (nous penchons vers cette derniere id6e)* 
Alais Tune et Taulre interpretation laissent incontestable Tidec princlpale et 
v6ritablcment interessante, savoir : que rensenible d'organes compris dans 
I'involucre caliciforme est une inflorescence monoique et non une fleur her- 
maphrodite. C'etait la Tobjct reel du debat ; c*est de ce probleine que le nou- 
veau genre donne une evidente solution. 

M. Brongnlart demande a M. Planchon si les tleurs males qu'il a 
examinees ctaient adiiltes, et fait observer que, dans le cas con- 



Irairc, M. Planchon pomTait avoir eu sous les yeux une plante deja 
signalce par Rob. Brown, et dontles pedicelles sont articules, mais 
chez laquelle ces organes n'auraient pas encore pris leur develop- 
pemcnt dans la partie inferieure aux bractees. 

M. Planchon repond qu'il a du examiner les fleurs males dans 
le bouton, et qu'il n'a pas apercu de trace d'articulation dans le 
pedicelle. 

4 

M. Moquin-Tandon presente a la Societe plusieurs fragments de 
Mussenna, tels qu'on les trouve en Abyssinie dans le commerce, 
et ajoute ce qui suit : v 

J'ai deja dit, dans notre seance du \L\ decenibre dernier, que le Mussenna 
ou Moussenna (aussi appel^ Bessenna, Boussenna, Aboussma) est nne ecorce 
qui jouit dans I'Orienl d'une grande reputation conirae autlielniinihique, el 
qu'on I'emploie surlout centre !e tenia. 

Dans la inAme seance, M. Brongniart nous a enlretenusdu vegetal, fori peu 
connu, auquel elle appartient. C'estune Legumineuse, VAlbizzia anihelmin-, 
Ihica Ad. Brongu. {Bessenna? antheiminthica A. Rich). 

Les niorceaux d'ecorce que je mets sous les yeux de la Societe ni'onl ele 
donn6s par M. Antoiue d'Abbadie; ce sont des plaques de 12 a 25 centime- 
tres de longueur, sur 3 a 4 de largeur, et donl la plus grosse offre 6 millime- 
tres d'epaisseur. Ces plaques sont oblongues, irr^gulieres et un peu en forme 
dc tuile. Leur surface est lisse, ires peu fendillee et d'un gris roussStre liranl 
sur le verdatre dans les endroits denudes. L'interieur est jaunatre pale, d'ap- 
parence assez fibreusc. 

Cclte 6corce se roinpl sans effoit; elle prC-scnte une cassure homogene, un 
peu grenue, conime spougieuse, d'un Wane jaunatre. On pent la pulveriser 
facilement, surlout si Ton a soin den oler le liber. 

Odour nulle, du moins dans les echautiilons sees. Saveur non desagreablc, 









SEANCE DU 25 JAISVIER 1861. 



33 



a peine aslringcntc, tres peu amore, laissaiit clans raiiitTC-gorgc unc senba-r 
tion comnie aigrelcUe. 

M. J. Gay annonce que M. C.-C. Bablngton a rcccmmcnl fait 
connaitrc a la Socielc Linneennc do Londres la dccouverlo do 
XIsoetes'Hystrix dans Tile de Guernesey, ou cctte plante a etc 
trouvce, en juin dernier, par M. G. Wolsey, & I'cndroit nommc 
Y Ajicresse-Common. - ' 

M. Brongniart rappelle qu'il exisle un Isoetes sur la cote do 
Coromahdel (/. coromandelina Willd.). 

M. A. Gris, vice-secretaire, donne lecture dc la communication 
suivante, adressee a la Societe : 



OBSERVATIONS SUU LES DOUP.GEONS ET SUR LES FEUILLES DU LIIUODENDRON TULIPIFERA, 

E 

par M. A. GODROIV. 

(Nancy, d^ccmbrc i8G0.) 

r 

II n'cst pas dc botanistc qui, en fixant pour la premiere fois son attention 

* 

sur les feuillcs du Tulipicr, n*aitote frappe de la forme excepiionnelle qu'elles 
prcscntent a ieur sommet. L'elonnement augmente si Ton ^tudie ces memes 

r 

organes dans les autres genres de fljagnoliacees, qui tons possedent des feuilles 
aigues, obtuscs ou acuminees. Cependaut, en diss6quant lours bourgeons, on 
s'assure immediatenicnt qu'ils sont stipulaires et emboites les uiis dans les 
autres dans presque toutes les planles de cette famille , sans en excepter ccux 
du Liriodendron Tulipifera^ qui ne s'<5cartcnt pas cssentiellement du plan 

4 

g6neral d'organisation suivant Icqucl sonl dispos<5s ces organes dans toutes les 
Magnoliacees slipulecs. 

D'ou vient done que, dans le Tulipier, les feuilles sont tronqu<5cs ou plutot 
largement ^marginecs a Ieur sommet, contrairement a ce qu'ou observe dans 
toutes les autres especes du m^me groupe naturel? Nous pensons avoir re- 
connu la cause de cctte difference dans une particularile que nous montrc Ic 
bourgeon du Tulipicr. 

Mais, pour bicu comprcndrc ce que nous avons a cxposer a ce sujet, il est 
indispensable, lout d'abord, dc decrire avec quelques details la disposition 
curieuse ct instructive du bourgeon de ce vegetal arborescent. 

Lorsqu'on etudie cc bourgeon, on constate qu'il est port6 sur un entrc* 
nceud plus ou moins court, qu'il est ovoide ou oblong, comprime latcralemenf, 
completcnientclos par une membrane vcrle qui Tenveloppe et dont nousindi- 
qucrons bieniot la signification morpliologique, connue, du reste, depuislong- 
icmps. Si cc bourgeon sort de Taissellc d*une des feuilles infcrieures d'un 
rameau dc I'annte (Gg. 1, o), il csl prcsquc loujours supporlfi par uu cntrc-r 



T. VII f. 



3 



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SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE, 



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nosud long de quclques millimetres, qui, h son soramct ct a son c6t6 interne 
par rapport a Taxe principal, c'est-a-dirc a la base menie du bourgeon, porlo 
une feuille incompletement developp6e (fig. 1, b)y donl le limbo reste petit et 
ordinairement sans lobes lat^raux. Si Ton examine un bourgeon place plus 
haul sur le meme rameau (fig. 1, «')» rentre-noeud qui Ic porte est raccourci 
ct ne pr6sente plus a son sommet de veritable feuille, mais un petmle grelc, 
rudimentaire (fig, 1,6% promptemenl caduc et laissant a son point d'inser- 
lion une cicatrice petite, mais indelebile, Les bourgeons axillaires quisuivent 
(fig. 1, fl'^ a'", a^'^^) sont fix^ssur des entre-noeuds de plus en pluspelils, et 
la feuille n'est plus representee que parun filet court et caduc, ou meme par 
un simple tubercule a peine visible (fig. 1, &"). Ainsi, an fur et k mesure que 

t " - - ^ 

les bourgeons axillaii es sont plus brieveraent stipites, la feuille s'efface de plus 
en plus. A quoi tient cet avortemcnt progressif aux differents nceuds d'un 
meme rameau, suivant leur rangde superposition ? II nous semble qu'on peut 
Tallribuer a ce que la feuille dont il est ici question se trouvc de plus en plus 
resserree entre le rameau et le bourgeon a la base duquel elle s'inscre. La 
compression serait done, a notre avis, la cause de cet avortement progressif 
qu'elle eprouve. Les bourgeons du Liriodendron vont nous fournir encore un 

h 

deuxieme exemple, plus important que le premier, des effets de la compression. 

Si Ton attend que le bourgeon (fig. 1, a, a\ a"), qui porte h sa base cette 

feuille rapetiss^e ou ce rudiment de petiole, ait acquis tout son developpement, 

on voit bicntot Tenveloppe foliacec qui Temprisonne se separer en deux fo- 

lioles qui s'ecartent Tune de I'autre et eniourent entierement par leur base 

I'axe du bourgeon. Ces deux folioles ne sonl pas autre chose que les stipules 

tie la feuille a demi dcveloppec ou du petiole plus ou moins rudimentaire ; 

ces stipules se d6veloppent normalenient des leur origine, ct ne subissent pas 

TarrCt dc developpement qui frappe la feuille a laquelle elles appartiennenti 

C'est que, placees lateralement, rien ne gene leur accroissemcnt ; dies s'a- 

grandissent mtMue encore apres s'elre separees I'uue de I'autre, puis elles se 

fletrissent et tombent sur le sol. 

Mais, du moment du les stipules d*un bourgeon (fig. 1, <?, e'), primitive- 
mcnt agglulinees par Icurs bords, out rompu I'adherence qui les unissait i'une 
a I'autre, on voit dislinctement que la vesiculc qu'elles forraaieut rcnfcrme une 
nouvelle envcloppc foliacee semblable a la premiere (fig. 1 , /"), mais moins 
graude, une nouvelle feuille encore peu developp6c (fig. 1, ^) et un petit 
bourgeon place a I'aisselle de cette meme feuille (fig. 1, a""). Cellc-ci est 
alterne avcc la precddente et s'iuserc du cote oppose de I'axc ; elle est tou- 
jours munie de son limbc plie en deux suivant sa longueur ; elle nous offre 
son ecbancrure terminale et ses deux lobes lateraux, mais elle est d'abord 
renversee sur elle-meme par la courbure de son petiole (fig. 2, k) ; son limbe 
iuduplique esl accol6.a Tunc des faces laterales de renveloppe stipulaire, a 
laquelle elle est associee, et son sonnnet trouque (fig. 2, m), dirigc en bas cor- 



^■- 



SEANCE DU 25 JANVIER J 861. 35 

respond a une raiiiure formic par la base d'une des stipules el par Taxc, ct 
rcsle paralleic a ccttc rainure. CeUc feuille degagc bienlot son limbc, qui se 
dcploic; son petiole se redrcsse; elle s'accroit rapidement. 

En incisant Jos deux bords saillants do la dcuxieme cnveloppe bcrbac^e 
(fig. 1, f) qu'oa a decouvertc dans la premiere, on constate qu elle est, comme 
cetle dernicre, forniee par radlierence de deux stipules, ct que celles-ci ap- 
partiennent, comme Icur insertion le prouve, a la feuille que nous venous dc 
voir se d^vclopper (fig. 1, </), ct Ton trouve de nouveau dans rinterieur de 
cctte seconde enveloppe slipulaire une troisieme enveloppe du niftme genre 
ct une troisieme feuille en vole de developpement, indupliqu6e, r(^fl6chic 
comme la seconde (fig. 2, h), et portanl aussi un petit bourgeon a son aisselle. 

En continuant a ouvrir ainsi les enveloppes slipalaircs qui s'emboitent in- 
df finiiiicnt les uncs dans les autres, on y observe toujours le5 memes organes 
de plus en plus rudimenlaires; mais, dans la troisieme ou dans la qualrieme, ct 
aussi dans les suivautes, on trouve deja le limbc de la feuille qui y est in- 
cluse ayant acquis sa forme definitive, et son sommet tronquc est engag6 
etroitement au fond de la rainure dont nous avons parle. Cette.nouvelle 
feuille n'a pu elendre au dela de celtc rainure Ic sommet de son limbe, d'ou 
rcsulte la forme tronqu6e que cc limbe induplique affecte ; ce sommet s*est 
moule, pour ainsi dire, sur Tobstacle qui s'oppose a tout developpement uul 



^ • 



terieur. 



Les arrets de developpement par compression jouent, ce nous semble, en 
organogenic, un role bien plus important qu'on neTaponse jusqu'ici, etnous 
esperons en faire connailre bientot de nouveaux exemples. 



■ 

Explkailon des figures (Planche I de ce volume). 

F 

Pig. i. Represenle un rameau de Tannee en voie de ddveloppemcnt et montrant ses 

differents bourgeons axiUaires. 
a, a', a^^ a'", a'"', bourgeons axiUaires. 

6, petite feuiUe placceau-dessous du bourgeon axHlaire inferieur du raniean. 
6', 6", fdet ou tubcrcule reprcsentant un petiole avorle. 

c, petioles de feuilles nonnales complctemeut dcveloppecs. 

d, cicatrices laissces par les stipules caduques. 

e, c', stipules ctalees. 

f, bourgeon stipulaire clos par Tadherencc des stipules. 

j7, fcuiUe sortie derenveloppc stipulaire, encore indupliquee else rcdrcssanl. 

Fig. 2. Repr^sentc un bourgeon stipulaire dont la stipule anlerieure a etc enlev^ 

pour monlrer la jeune feuille rclluchic par la courbure de son petiole, 
ft, stipule posterieure. 

I, cicatrice laiss6e par la stipule anterieurc cnlevee. 

fc, position de la feuille ronfermee dans Tenveloppe stipulaire et indupliquee. 
I, son petiole. 
nij bord de la troncature de cctte m2me feuiUc. 

, enveloppe sU'pulaire renfermee dans la premiere et placce derriirc la 
feuiUe &. 

Fig. 3. Represente les nifimes fails que h fig. 2, mais sous une autre face; Fenve- 

loppc stipulaire n est placid devant la feuine ft. 






36 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

M. Brongniart dit que Mirbel ct M. Trecul ont deju fait connailre 
la disposition que presente la feuille du Tulipier dans le bour- 



geon 



M. de Sclioenefeld 



de 



d'une letlre qui lui a ete adressee par M. Duval-Jouv 



Strasbourg, 22 Janvier 1801. 



4 

Mon chcr confrere , 



L'article de nos statuts qui etablit que la Societe a pour objct de faciliter 
les etudes et les Iravaux de ses membres, m'engage a voiis adresscr la de- 
mandcsuivante : 

¥ F 

Toutcs les fois que j'ai a parler de Cryptogames vasculaires, de Fougeres 

par exeiiiple, en plein etat de *.. , c*est pr^cisement \l\ que me manque le | 

mot. Ftoraison et fleur me paraissent supposer fruit et fructification ; maturite 
ne convient pas mieux ; anthese a un autre sens. Je ne sals done comment 
dire pour exprimer Tetat d'une Fougere au moment ou a lieu remission des 
spores. 

SMI existe un mot, veuillez, je vous prie, me Tindiqucr, Si, au contraire, 
il n'en existe pas, ayez Tobligeance du demander a nos savants confreres si 
SPOROSE (de<77ropa et S(7ec, acliou d'cxpulser, de chasser) leur parailrail un 
terme convenable. On pourrait alors dire aiseinent ct sans circonlocution : la 
spoi'ose a lieu h lei moment de I'annee, etc. 

Les membres presents reconnaissent unanimement q'u'il n'exislc 
pas jusqu'a present, dans le langage botanique, de terme 
pour' designer I'etat d'une Fougere au moment de remission 
spores, mais les avis sont partages sur Topportunite de la creation 
du inot nouveau, d'ailleurs heureusement choisi, que propose 
M. Duval-Jouve. 

r 
1 

M. Eug. Fournier, \ice-secretaire,donne lecture de la communi- 
cation suivante, adressee a la Societe : 




NOUVEL APERgU SUft LA THEORIE DE L'INFLORESCENCE, par M. D, CLOS (fin){t) 



florescences mixfes. — Ce groupe /Vinnoresccncc, propose par De 



Candolle et admis par la plupart des auteurs de traites didactiques, 
rait devoir etre entierenient supprime, les divers representants de ce 



me pa 



cetle cate- 



gorie apparlenani par loulc sorle de droits, les uns aux inflorescences defmies, 






(1) Voyezplus haul, p. IL 



SEANCE DU 25 JANVIER 1861. 



37 



los autres aux indefinies. Voyons (l*abord ce qii'il faut penser de rinflores- 
cence dcs Labiees, qui seriiblcnt avoir surtout dfiterniinfi rimmortcl gcn^vois 
h la creation de ce groupc. 

Si rinflorcscence indefinic est cellc dont Faxe principal nc se terniiue jamais 
par unc ficur, elle reclame la plus large part des inlloresccnccs des Labiccs. 

^ 

lille les reclamerait memc loutcs, si dans certains genres {Galcopsis^ etc.) ou 
seulement dans cerlaines especes, les faux-vcrlicjUcs, au lieu d'etre^ Taissellc 
de dractees, n'eiaicnt accompagn^s dc feuilles floralcs. Dans cc dernier cas, 
oliaquc moilie de faux-verticillc constitue comme une inflorescence dislincte, 
c*cst-Ji-dire une cyme axil laire determine e (1). Lorsque, an conlraire, clia- 
que demi-verticille est 5 i'aissellc dc bractecSj on a dcs panicules spiclformcs 
ind6lern)inees {Lavandula Spica L. ctZ. Stoechas L., Mentha silvestris L. et 



^ ^. 



anlres, etc.), eldes capitules \\\{[iti(ivnn\\{^^Y^mm\[Teucriumpyrenai€um Ti.), 
des panicules indetC4 minces (plusieurs especes de Sauges) et quelquefois des 
grappes simples indeterminees, une seule flcur occupant la place d'un demi- 
verticille (quelqnes pieds de Teucrium Botrys L. , de Salvia patens Cav.). 
On objectera pent etre que ces p^doncules simples axillaires portent deux 

r 

bracleoles qui sont comme I'indice d*une ramification ult6rieure : mais, mal- 
gre le sentiment contraire de plusieurs auteurs, ct en pariiculier de W. Roeper 
(in Scringe, Melany. bot., t. T, p. 90), je ne saurais accorder a cc caracttwe 
unc valeur quclconque. Je trouvc ces pedoncules aussi bien determines que 
le sont ccuv d'une grappe de Scille, et Ton sait que dansbeaucoup de grappes 
rangecs'^ par les botanisles dans les grappes indeterminees {Gladiolm^ 
Scilla^ etc.), chaque pedoncule a 3 bractiioles a sa base (2). 

Des inflorescences defnies. — Si le caracterc de rinflorescence indeHnie 

r 

se lire uniquemcnt de Taxc primaire, il en est alnsi de rinflorescence definic 
ou Taxe principal doit se terminer par une fleur. C'est parce qu'ou n'avait 
guerc admis d'autrc inflorescence defmie que la cyme, mecomiaissant Tindis- 
pensable n6cessite de la r6petition dcs mfimes termes dans les deux grandcs 
divisions de rinflorescence admises par M, Rceper, que les botanisles ont 6te 



'^ 



.^ 



(I) Je suis le premier a rcconnattre que cette distinction de rinflorescence dcs Latiecs 
en deflnie et indeflnie, suivant que Ton a des feuiUcs florales ou desbractees, n'est rlen 
raoins que philosophique; elie n*est pas meme tranchec, car on passe par des degres 
inscnsibles de la feuille a la bractee, Mais n'en cst-il pas ainsi de la plupart de uos 
divisions en histoire nalurclle? Qui pourrait fixer la limitc entre la grappe ct rinflo- 
rescence composee de pedoncules simples a I'aisselle de feuilles? 

, ..(2) On lit dans les Legons de Botanique d'Aug. dc Saint-Hilaire, p. 314 : « M. De 
CandoUe ...ayant reconnu qu'une mSme inflorescence pouvait fitre indefinic par Vaxe 
primaire et definic par I'axc secondairc ...a etabli une Irolsiemc division, celle des inflo- 
rescences niixtes. » A mon sens, tous les epis indefinis, toutes les grappes indefinies, 

tni14 !(*& r.nnilulfiS ind^finta nfTrAnt na rtorir^^Arr^ MM Tlravnis mo VkfirQiccont avn^p I'aiSOnnC 

h«^silcnt h 
admellre Tabsence reelle de bractces laterales aux pediccUcs des Ombelliferes, des 
Dipsacees, des Synanlherees, des Primulaf^es, des Globulariees, etc., ou Ton n'en voit 
cependant pas la moindre trace (/oc. cj7., t. YIII, p. 12). 



tous les capitules indefinis ofl'rent ce caractere. MM. Bravais me paraissent avoir la 
a I'inverse de ce qu'il convient de faire en bistoire natureUe, lorsqu'ils ht^si 



>— ^ 



38 



SOClfilfi BOTANIQUE DE FRANCE. 



1 



V 

conduits ^ admettre ce groupe disparate SUnflqrescences mixles. Aug, de 
Saint-Hilaire, decrivant I'inflorescencc du Troene (class^e par Adr. deJussieu 
dans les inflorescences mixtes, Cours d'hisL nat.y V^ edit., p. 184 et 185), 
arrive a cette conclusion : « Ainsi nous avons ici, contre les principes qui out 
ete etabliSy des panicules avec une inflorescence d6finie » [Lecons de BoL^ 
p, 316); ct plus loin : « chez le Rubus fmticosus^ il y a tantot grappe et tan- 
tot panicule, cl cependant I'inflorescence est d6finie » [tbid.yp. 317)- Ce pro- 
fond naluraliste rapporte aussi h cette inflorescence la grappe du Lilium can- 
didum^ le corymbe du Viburnum Tinus {ibid.). Adr. de Jussieu cite ^t 
figure comme exemple d'inflorescence mixte une grappe d6termin6e d'une 
Campanule (/oc. cit., fig. 199), Mais, dans le genre Campanula, Tinflorcs- 
cence, toujours d6finie, est variee a I'infini, et pour ceux qui ne pourraicnt 
ot}servcr les fails sur les plantes en nature, je signalerai quelques figures du 
Corollariuni de Touraefort bien propres 'a en donner une idee : ainsi le Campa- 
nula pauei flora (t. 26) etleC. iubulosa[x. 32) ontde longs rameaux termines 
chacun, comme Taxe primaire, par une fleur, les fleurs axillaires faisant defaut ; 
le C. ptarmic OB folia (t. 25) et le C. strida (t. 28) ont des grappes de fleurs 
axlflaires solitaires ; le C corymbosa (t. 30) a ses fleurs en corjmbe', el Ic 
C.parvi flora (t. 29) une panicule terminee. 

Les 5pis et les grappes definis me paraissent se prefer a une subdivision 
parfaitcment naturelle. Ou bien ils ont une fleur tcrniinale qui s'epanouit la 
premiere avec d^autres fleurs axillaires toules de seconde g<5neration et dont 
repanouissement marche de bas en haut ; ou bien, formes par une scrie d'usur- 
pations, ils ont toutes leurs fleurs opposees aux bract^es et representant une 
suite de generations. Dans ce second cas, les fleurs seront unllaterales, dis- 
tiques ou polystiques. 

Une troisieme modification de ces grappes et de ces epis termines se mon- 
tre dans la famille des Caryophyllees, et en particulier dans plusieurs especes 
du genre Silene, ou elle a ete biend^crite par M, Godron [Observations cri- 
tiques sur V inflorescence , p. 13 et 17). On y voit (et je citerai comme exem- 
ples Ic Silene gallica L. , le S. nociurna L. et le S. imbricata Desf. ) des 
grappes et des epis unilateraux repr^sentant des sympodes , et chcz. lesquels 
cependant les bractees qui accompagnent les fleurs sont opposees comme les 
feuilles de la tige. 

Les terraes grappe et epi doivent etre reserves pour des cas oii des pMoii- 
culcs simples uniflores ou des fleurs sessiles sont Stages le long d'un axe 



'> 



vV. 



commun 



composees, pour leur preferer celles Ae panicules spicifc 



f 



instructo 



5pica, floribus sessilibus alternis, pedunculo communi simplici (rachi) ad- 
fixis. A vrai dire, les denominations d'epis et de grappes composes devraient 



L 



JT- 



SEANCE DU 25 JANVIER 1861, 39 

s'appliquer .lux ^pis et aux grappcs d6finis d^murpation; mals mlcux vaut, 
ce me semblc, les abandonner afin d'^vitor toutc amphibologie. i 

Quant au mot cyyne, qui, dans la thgoric de M. Ra?per, est en qnelque 
sorle synonyme d'inflorescence definie, il doit perdre, selon moi, sa signifi- 
cation, si je puis dire, ordinale^ pour n'avoir plus qu'une valeur spocifique. 
C'est ainsi que, dans le groupe carymhe el dans le groupe panicule^ on aura 
le corymhe defini dic/iofome ou en cyme^ la panicide dc/inie dichotome ou 
en cyme. 

Jc n'ignore pas que, dcpuis le travail de IM. Keeper, dont les idi^es ont 6t6 
jiistement prcferees a cellcs que Turpin et Link avaicnt omises avant lui sur le 
mSme sujet, plusieurs grands memoires ont cte publics sur rinflorescence, en 
1837, par MM. Bravais (voy. Anri. dcs Sc. nat. , 2*^ sCt. , t VII, p, 193 et 291, 
ctt. VIII, p. 11), en \%hZy par M. AVydler (voy. Linncea, t VII, p. 153), et 
lout r^ceminent, en 1857, par M. Guillard (voy. Bullet, de la Socicte hot. 
de France, X. IV, p. 29, IIG, 374. /i52, 932). lis temoignent tout de re- 
chcrches longues et laborieuses, et lis sont infininient utiles, envisages a un 
point de vue purcment scientifique; raais, d'apres I e dernier auteur cit6, 
u MM. Bravais ont forge uji certain nombre de mots qui ne repondent pas 
asscz, pour la plupart, aux idees generates qu'ils doivent repr^senter ; el ils 
ont en outre detourne arbitrairement les termcs les plus usuels, epi^ grofpe, 
cyme, de leur sens generalement accepte » {Iqc. cit. p. 31). M. Wydler ne s*est 
occupe que de I'inflorescence dicliotomique ou en cyme. Quanta M. Guillard, 
il 6tablit des principes nonveaux et une terminologie nouvclle. N'aura-l-il 
pas voulu op<5rer trop brusquement une rfiforme radicale? J'ai toujourspense 

qu'en fait de nomenclature, les changements doivent Gtre gradu^s, et qu'h 
part quelques rares exceptions, les denominations nouvelles sont d'antant 

meilleures qu'elles s*61oignentmoinsdes anciennes. J'ai cherchedans le pre- 
sent travail ii me conformer au preceple d'Horace, 5 exprimer mes idees par 
de nouvelles associations de mots anciens, et a defaut d'autre merite, il se dis- 
tinguera du moins par lasobriite en fait de n^ologisme. 



Tableau des divers termes de V inflorescence. 



^, ^ ^ .. -V.- ^ 



f 



Inflorescence ou flcurs tcrminalcs. 

Inflorescence axillaire indcfinic : Vinca major L., Veronica persica Poir. 

^iNDfiFiNi : Plantago, (Enothera biennis L., Verbena officinalis L. 

normal: Uno flour lerminalc, tonics les autres axillaircs 



s'epanouissant do bas en haul : Specularia falcata Alph. 

DtFiM / DC, Campanula persicifolia L, 

l^P* " \ j d*usurpa(iou on) Sllcnc gallica L., S. nocturna L., S. im- 

sympodique: ] bricala Desf.et autres. 

i droit : Clypeola. 
scorpiolde: Ileliotropium curopajum L., TIcliophylum in- 
dlcum Alph. DC 



r i> • 



\fnixte: Myosotis stricta Link. 



I 






AO 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 
lOT^FiNiE ; Kibes rubrum L., Acer Pseudoplatanus L. 



DEFINJE . . . . 



Grapiie 



• * • 



ftiormale: Campanula persicifolia L., Symphyandra crelica 
j Alph. DC. 

I <i'«S"'-P«!»o» o» j silenc ciliata Pourr. et autres especcs. 



DE PARTITION 



SIMPLE 



T L 

Coryiube 



• a • 



COMPOSE., 



defini 



N 



droile: Capsella Bursa-pastorisMoinch, Cardamine etaiilres 
Cruciferes, Fraxinus Ornus L,, Sicyos, Cyclanthera, Mattia 
glastifolia G. Don., Helianthemum guUatum Mill., Om- 
phalodes linifolia Mosnclu 

scorpioide : Symphytum officinale L., S. echijialum Ledeb. 

mixtc : Myosotis intermedia Link, M. palustris With., Cy- 
noglossum pictum Ait. * 

ind6{ini : Cerasus Mahaleb Mill. ' ■ 

defini : Drosophyllum lusitanicum Link. 

idroii : Iberis, Spiraea Recvesiana LindL, 
Bryonia alba L. 
subscorpio'ide : Solanum nigrum L. 
indefini : Clerodendron. 

f dichoiome du en cyme : Dianlhus bar- 
t batus L. 

' non dichoiome : Campanula corymbosa 
Desf., Viburnum Tinus L., Trachelium 

CflDruleum L. 
/ droit : Spiroea Fortunei Planch,, Sambucus 

.... 1 nigra L., Sedum Tclephium L. 

" * j scorpio'ide : Heliotropium peruvianum L», 
\ H. grandifloram L, " / 

iindefinie : Allium, Nerine, Chaenomeles japonica LindK 
dcfinie : Sparmannia^ Chelidonium, Pelargonium. 
de partition : Cistus umbellatus L. 
findeflnie? (1). 

C05IPOSEE ^ definie : Xanthosia hirsuta DC, X. tridentata DC, Lagoecia 

' * * 1 cuminoides L. 

\de partition : Foeniculum, Pimpinella, ^gopodium. 

^lOTtFiME : Rlnis, iEsculus, Koelreuteria paniculata Laxra. 

fasymetrique: Liguslnim vulgare L., Campanula parviflora 

DfiFiNiE .... I Lam., C. palula L., C. lactiflora Bieb. 

Panicule««. ^ {dichoiome ou en cyme : Gypsophila paniculata L. 

DE PARTITION : Isatis, Borrago officinalis L., B. longifolia Poir., Philip- 

podendron regium Poit., Spiraea Filipendula L., S. Ulmaria L. On la 

dira, suivant les cas : spiciforme, en thyrse, 6talee, divariquee, uni- 
laterale, etc. 

SiNDfeFiNi : Salix. 
i>i6fini?. 
BE PARTITION : Populus, Juglans. 



depa 



I SIMPLE 



Ombelle .«• 




(iNDfiFiKi: Anthemis, Trifolium. 
€3apltttle 



(de PARTITION : Pyretbrum, Matricaria. 

\ 

Je m'abuse pcut-Ctre sur la port^e de cette esquisse d'une nouvelle classi- 
ficallon, mais elle me parail avoir les avantages suivants : 

1» D'etre tres simple, facile a saisir, et, par ccla meme, utile dans I'cnsei- 
gnement. 






(I) Voir dans le £««. de la Soc. hot. de France, i. 11, p. 74, ma note inlitulee 
L Ombelley inflorescence dcfinie et indifinie. 



SEANCE DU 25 JANVIER 1861. M 

■ 

2" D'offrir uneparfaite correspondaacc dcs nicmcs Icrnics. 

3** De conserver Ics dcnominalions ancieiines et d*6vitcr les inconv^nicnls 

i 

du nfiologisme. 

/i° De supprimer Ic groupc si disparate des inflorescences mixlcs, et de 
maintcnir la grande division dcs inflorescences definies et indefuues. 

5" De devoiler rexislcnce d'un groupe d'infloresccnce, Tinfloresccncc dc 
partition, jusqu'alors inconnu, et qu'il convient dc placer sur la memc ligne 

que les inflorescences definies et indefinics. 

6*" De niontrer que, si loutes les dispositions floralcs peuvent rentrcr dans 
ccs trois groupes, il est cependant plus logique d'cludicr chacunc des princi- 
pales formes dc Tinflorescencc en y etablissant cette triple subdivision. 

7° De diviser la grappe et 1 cpi definls d'apres Ic caraclerc du nombrc 

r 

d'axcs qui les coniposent, formes tantot sculemcut de deux axes (c'esl Tetut 
normal), et tantot d'une suite d'axes superposes (sympode). 
8** De rapporterles inflorescences scorpioules a I'inflorcscence dc parlilion. 



M. Ducharlre, secretaire, donne lecture de la note suivanlc, 
adressee a la Societe : 



STIRPES CnVPTOGAM.E V0GES0-RIIENAN.4i: , FASCICULUS XV. 



Les botanistes auxquels la cryptogamie est chore avaient lieu de craindre 
que la mort si regrettable du venerable docteur .Mougeot n'eut mis fin h la 
publication des Stirpes cryptogamce vogeso-rhenaiK^. Mais cet excellent re- 
cueil avail toujours6t6 Tobjet de sa predilection. Avec nne ardeur que la 
vieiUesse n'avait nullement afi'aiblie, il reunissait encore, \ scs derniers mo- 
ments, les maleriaux qui devaicnt composer un nouveau fascicule. Cette l>e- 
sogne etait avancee; cependant elle fut restee inacbevee, si M. Antoine Mou- 
geot n'eut regarde conime on devoir impost a sa piete filiale de mettre la 
derniere main a un monument 61eve, en quelque sorte, S la memoire dc son 
pere. 11 a combl6 les lacunes, v6rifie rexactitude des determinations, redig6 
les notes qui accompagnent chaque espdce, et nous a donn^, par son travail, 
one nouvclle preuve qu'il est des families privilegi^es ou la science et les ver- 
tus sont egalement berfiditaires; 

La 15*^ centuriedes Stirpes cryptogamie vogcso-rhenanoi n*cst inf^rieure, 
sous aucun rapport, a celles qui Tont prr^cedee. Elle se compose de 2 Fou- 
geres, \h Mousses, 7 H^'patiques, 23 Lichens, h\ Champignons et Hypoxylons 
et 13 Algues. Parmi les raret^s et les nouveaul^s qui y figurent, jc citerai 
seulement les Sohaonum 



fimbric 



Schimp, , JJicranum Muchlenbeckii 



Schimp., Andrewa petrophila \di\\ robustn Schimp., RInjnchoslegium de* 



bert 



Jung 



^-^ 



y 



. Ji -r >J„aJ-"i*^-^-l- -^ ^"--- - F-H..I-V 



42 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRAISCE. 

Xylographa flexella 



microcephala ^}'hnd. y Spilomium pertusari areola Nyland., Sphmria molyb- 



'fid 



I ana ^ol\t 
Mougeotii 



, Le portrait du docteur Mougeot, plac6 en tete de cette livraison, lai doniie 



P^ 



vent mallieurensement pas cettc expression pleine de finesse, dVsprit et de 
bicnveillance, qui pretait un si grand charme a sa pi 



Vire, 23 Janvier 1861. 



R, Lenormand, 



■i. 









^;* 




•'-il 






M. fid. Prillieux, a Tappui de la communication faite par lui dans 
dernicrc seance (1), met sous les yeux de la Societe deux Orchi- 

crmination (Angrcecum 77iaculatum ct un Neottia exotiquc), 



dees en 



qu'un pied de Corallorrhiza^ conserves dans 



/ T 

M. Eug. Foiirnicr montre les ecbantillons desseclies cic Cirsium 



hybridum, de deux generations, dont il ^a parle dans la dei 
seance (2), 



• 1 



^ - 



(1) Voyez plus haul, p. 19. 

(2) Yoyezplus haul, p. 10. 



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REVUE BIBLIOGRAPHIOUE. 



MARS 1861 (1). 



PIIYSIOLOGIE VEGETALE 



L 

Hcmarks on i«o-called ^voody and vasenlar fajscieull of 
Ferns {Remarques sur les faisceaux dits ligneux et vasculaires des 
Fougeres); par M- George Ogilvic {The Annals and Magazine of natu- 
ral history, vol. VI, cahier de novembre 1860, pp. 313-330, avcc deux 
planches gravies. 



M. Ogllvie rappelle d'abord, dans ce travail, qu'il a d6j& public des obser- 
vations sur le meme sujet (7%^' Annals^ etc. , cabier dg decembre 1859) (2). II 
enirc cnsuite dans Texpos^ de ses observations nouvellcs, en regrcttant de 
n'avoir pu consulter ccrtaines publications faites sur Tanatomie des Fougeres, 
notamment par M. Duval-Jouve ; d'ailleurs il assure n'avoir pu Irouver nulle 
part d*observations melbodiques sur la structure des especes de colte famille 
qu'il a examinees; cct cxamen luiparaitd*autant plus important, qu*on pourra 
probablement, suivant lui, fonder sur les particularit6s anatomiques une clas- 
sification syst^matique des Fougeres plus naturelle que celles qui ont <5le pro- 
posees jusqu*& pri5sent. 

L'autcur s'est principalement occupy, dans ce meraoire, de la distribution 
qu^affecte, dans le rhizome et dans le petiole des Fougeres, la mati^re brune 
qui se developpe k Tinterieur de cerlainos cellules. Dans quelqofs cas, I*au- 



I 



(l) M. Duchartre, jusqw'ici exclusivement cbargS de la redaction de la lievua liWio- 



graphique^ ne peul, en raison de ses occupations muUipli6es'ct par motif de 
continuer a remplir cette mission, dont il s'est acquitle durant sept annees avec 

de SUCCUS flue do Inlpnt. Lps vifc rAnrpls niip nniif; r.iiisp In rpfrnitft i\p. nntrft hi 



sante, 
autant 



que de talent. Les vifs regrets que nous cause la retraile de notre habile et 
savant coUaborateur ne peuvent manquer d*6tre partapfis par tousleslecteursdu Dulletin 
de la Sociite botanique de France. — Le Conseil d'administration, par une decision 
regleraentaire, sanctionnec par la Socicte dans sa seance du 8 mars 1861, a autorise les 
nouveaux redacteurs de la Revue bibUographique h signer leurs articles. 
serie de Revue portera aussi dor^navant la date de sa publication. 



Chaque 



(2) Voy. le Bulletin, t. VII, p. 276. 



{Kole de la Commission du Pullelin.) 




m 



• 



/lA ' SOCIETE BOTANlQt'E DE FRANCE. 

teur a pii observer, dans des cellules lapiss^es intericurement par une couche 
peu epaisse dc cette maliere, la presence dc grains de f6cule ; il rapproche ce 
faif de ceux qui ont M observes dans le Lierre, le Banlzsia, ct quelqucs rares 
Phanerogames. Les cellules endurcies par le depot brun forment tantot des 
tlots fusiformes places entre les faisceaux vasculaires, tantot, el plus fr^qucm- 
ment, des bandes, des games ou des demi-gaines placees h leur p6ripherie. 
L'autcur decrit avcc detail, dans les plantcs quMl a examinees, la consistance 
du parenchynie, laquelle est d'autant plus dure que le depot brun a etc plus 
al>ondant. Mais, quel que soit I'elat de cc tissu, il le considere toujours comine 
profondement different du bois des Phanerogames, par les deux raisons sui- 
vanles : 1° parcequeles cellules ligncuses des Fougeres sont toujours separ^es 
des vaisscaux par une couche de cambium intorm^diaire et immediatemcnt 
appliqueesur les vaisseaux; 2" parcc que le tissu constituc par ces cellules 
n'est pas forme comme le vrai bois des Dicotyledoncs, par la couche de cam- 
bium, mais resulte de Tinduration et dc rallongement progrcssifs des eel- 
lules du parenchyme. . 

Le m^moire de M. Ogilvie se termine par Tenum^ration des especes qu'il 
a observees, et Hndication des observations qu'il a faites sur chacunc d'elles. 
Ce sont les Pohjpodium mdgarey P. Dryopteris, P* Phegopteris, A alpeslre; 
Polysltchum Lonchitis^ P. aculealum; Lastrea Filix mas^ L. dilatata^ L. 
Oreopteris^ L. crislata^ L. Thelypterk; Athyrium Filix femina^ A. fonta- 
num ; Aspienium marinum^A, Adiantum nigrum^ A. lanceolatum^ A. virnde^ 
A. Trichomanes ^ A, Rulamuraria^ A. septentrionale ; Woodsia ilvensis; 
Cy^topteris fragilis.; Adiantum Capillus Veneris; Scolopendriwnvulgare ^ 
Ceterach cfficinariim; Pteris aquilina; Allosurus crispus; Blechnum bo- 
recde; Trickomanes radicans ; Hymenophyllum timhridgense^ IL Wiisoni; 
Osmunda regalis; Botrychiuni Lunar ia ; Ophioglossum vulyalum. Des 

figures, au nombre de 18, aident a rintelligencc des details d6crits dans le 




texte. 



Eugene Fournieu* 



lit 



Cicadacee [Note pour servir a V etude morphologique et microgra- 
phique des Cycadees] ; par le professeur Pietro Savi (Journal J I Nuovo 
Cimento, XIP volume, caliier de novembre et decembre 1860 ; tirage a part 
en brochure de 8 pages). 



Les observations de M. Savi ont porte sur Y Encephalartos horridus, les 
Zamia muricata et mexicana, les Dion aculeatum et edule, mais principale- 
ment sur le Cycas revolufa. Au commencement de sa note, Tauteur rappelle 
d'abord qu'il a annonc6 au congres des savants italiens, dans sa seconde 
seance tenue le 5 octobre 1839, que les Cycadees ont un mode de vegetation 



•- 




REVUE BIBLIOGRAPIIIQUE. 



A5 



parliculier dans noire cliniat, et qu'il s'ecoulo toiijom's deux annces apres 
rapparition d'un bouquet de feuilles, avant que Icur bourgeon terminal en 
produise de nouvelles ; ccpcndant, ajoute-t-il, la vegetation ne s'arrele pas 
daus rintervallc de ces deux anuccs, puisque I'axe central s'allonge continuel- 
lemcnt. L'auteur decrit ensuile les organcs de la vegetation dans les Cycadees 
qu'il a observees ; i! distingue parmi eux les vraies feuilles et des organcs beau- 
coup plus petits qu'elles, triangulaires-lanceoles, d'un briin clair, paraissant 
avant elles et destines, scion lui, a les prot6gcr. U ctudic la valeur morpholo- 
gique de ces organes et les compare a la ligule des Graminees. II examine 
ensuite les prgancs de la reproduction, evite de discuter la nature controversec 
du gyn^cee, et s'en tient a I'^tudc des spadices, qu'il rcgarde, avcc la pliipart 
des auteurs, comme des feuilles imparfaitemcnt developp6es. Eliidies au 
microscope, ces spadices lui out paru crcuses de nombreuses caviles superfi- 
cielles depourvnes de parois propres. Poursuivant les memes observationssur 
les feuilles, 31. Savi dit avoir reconnu, sur la page superieure de Icur limbe, 
des cellules dont les parois sont creusees de canalicules, ce qui les fait paraitre 
pcrfor^es ; et. sur la page inferieurc, des saillics cquidistantes, crcuses, au fond 
desquelles sont les stomates. Ils'appuie, pour ces observations, sur Tautorit^ 
de M. Amici, qui en a fait de scmblables. Sa note se tcrmine par Texamen 
microscopique du duvet qui recouvre les deux faces du spadice et la face 
infericure des appendices cit6s plus haut; duvet qui presentc des caractercs 
diflerents scion les organes d'ou il provicnt, 

E. F. 



Ibltiictcs fiiar la strnciurc et Ic cl^Svelopiicnieiil; dc lit 

+ 

flctir des Pliilesiaceeis; par M. le docteur IL Baillon {Ilecucil 
<r observations boianiqites, cabier d'oclobre 1860, pp. hk-U9). • 

i 

Dans ce travail, l'auteur declare d'abord qu'il s'est propose de controlcr les 
opinions diverses emises par les auteurs sur la forme des ovules des genres 
Lopageria ct P/dlesia. II a du pour cela suivrc revolution floralc complete 
deces plantes, dont il apu observer de nombreux individus dans les serrcs. 
Aussi decrit-il successivement I'ordrc d'apparition des divers elements de la 



perianthe 



point 



cavite conique qui occupe a peu pres la moitie infericure de la hauteur du 
eonnectif, et au fond de laquelle sMnserc Ic sommel du filet, comme cela sc 
voit dans le groupe des Tulipacees. Les ovules sont, en general, hfimitropcs, 
ct prcsentent un arille vrai que l'auteur n'a pas encore vu signaler dans ces 



Son 



rentiels que prcsentent les genres Philesia ct Lapagen'a. 



E. F. 






I 



!lQ SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



Remarqties sar raudroece dcs A&aBn§n$ et sur des 
appendices qui tieuueut la place des petale^^ dans 
r4. euvoiMeun^ } par M. le clocteur H. Baillon {Hecucll d'obser- 
vations bohmiques^ cahier d'octobre 1860, pp. 55-57). 



r 



Dans cetle note, Tauteur, qui a etudie avec soin Torganogenic dcs Ascnmm 



expose 



derniere espece trois petitcs languettes alternant avec Ics sepales, et qui tiennent 
la place d'unc coroUe. 

E. F. 



it> 



V 

JVotes on the €verininaflon of certain species ol' Cyr- 
taudrece [Reinarques sur la germination de quelques espcccs de Cyrtan- 
drees) ; par C.-AV, Crocker {Journal of the proceedings of the Linnean 
Society^ vol V, cahier de novembre 1860, p. 65). 

Les observations de M. Crocker out ete faites au jardln de Kcw, princi- 
palement snr le Sir eptocar pus polyanthus Hook. D'apres ses obsen'ations, les 
graines de cette espece et d'aiitres especes voisines germent au bout d'unc 
semaiiie environ et produisent deux cotyledons d'abord dgaux ; Tun des deux 
prend un developpement enorme, et devient cette feuillc dtalee a la surface du 
sol, a Taisselle de laquelle naissent les bampes florales. L'auteur a observe une 
in^galitede developpement analogue, quoiquemoins prononcee, dansd'autres 

\ r 

especes de la niemc famillc. Son memoire est acconipagnd d'lme planche qui 
repr6sente la germination des Streptocarpus polyanthus, S. Rexii et 



bin 



E. F. 






Recherelieis 



lis^es^ dans les divevji orgaues des planter ; par M, L. Gar- 
reau, docteur-es-sciences {Ann. sc. nat., U"" serie, t VU, pp. 145-218, 
avec une planche gravee). 



/ 



Dans cc travail, M, Garreau s'est propose de recliercher, a Taide d'expe- 
riences suffisamnient nombrcuses, les principals causes qui coucourcnt a la 
distribution des maliercs mineralcs fixes dans les divers organes des 
plantes, ct d'etudier ces matieres lant sous le point de vue dc leurs quantites 
comparees au poids de I'organe d'oii elles proviennent, que sous celui du role 
qu'elles jouent dans le vegetal, II a pensc que I'organe qu'il convenait le mieux 
dc choisir pour premier sujet de ses etudes ^tait rembryon pris dans la graine 
memc, a I'epoquc ou il n'a encore rien perdu par Evaporation ni rien acquis 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 



47 



en depots de diverse iialiirc. Sur la plaiitc adiiltc, M. Garreau a repel6 phi- 
sieurs observations de Th. de Saussurc, en les etendant et les compl(5lanU 
D'apres ses observations, la proportion des sels est plus grandc dans les fibres 
radicales anciennes que dans les jeunes; dans les tiges monocarpiques, clle 
augmente jusqu'a la floraison et decroit cnsnite jusqu'a la niaturitc des 
graincs ; dans les vegclaux ligneux, elle parait d'autant plus abondantc qu'on 
examine un meritballe plus jeuneou une couclie concentriqueplus extiirieurci 
Quant aux feuilles, les niatieres nilntjrales s*y accuniulent pendant toule la durec 
de leur vie, el ccla dans toutes les feuilles, qu*elles soient a^riennes ou sub- 
niergees, minces ou cbaraues; les plantes cellulaires aquatiques se comportcnt 
a cet ^gard connne les feuilles. Leurs petioles contiennent plus de sels que les 
ncrvures, et les ncrvures plus que le parenchyme. Les ovules, etudi6s peu 

apres la f(5condation, en renferment plus du double de cequ'cn presentent lc§ 
graines milres. 

Passant a Tetudc cliimiquc des sels dont la quantite absoluc ou relative a ete 
evalu6e par Ics experiences precedenles, M. Garreau donne Texposc des 
methodes qu'il a employees pour le dosage de chacnn d'eux. II examine la 
nature de ces produits suivant les p6riodcs et suivanf les organes dans les- 
quels il les a rencontres, et conclut de ses observations que les maliercs 
minerales fixes rontenues dans Tindividu vegetal qui vient de naitre et qui 
s'accroit a Tabri du contact des agents exterieurs, sont d'une tout autre 
nature que celles de I'individu qui a parcouru les phases diverses de sa v(5ge- 
tation* 

^ Le memoire de M. Garreau est divise en deux parlies : nous venous d'ana- 
lyser la premiere. La seconde donne beaucoup plus que ne proniettait le litre. 
L'auteur y 6tudie les fonctions de la matierc azot6c des plantes, et ddcrit d'abord 
avec detail des particularites anatoimques observees par lui avec predilection 
depuis dix ans ; ce sont : une pellicule membraneuse qui entoure le nucleus ; 
des processus du nucleus dirig(5s vers la parol de la cellule et susceptiblcs do sc 
constituer en canaux contractilcs dans lesquels circule un fluide granuleux ; 
,un reseau vasculairc continu avec ces canaux, et place dans la membrane 
interne de la parol ccllulaire (utriculc primordiale de ftlohl), d'ou il comma- 
nique avec les canaux des cellules adjacentes. Ensuite sont d6veIoppecs des 
consid{'rations physiologiques sur la circulation qui s'effectue dans ces canaux, 
sur la coulctir du liquide, opaqoe dans les vegetaux II latex blanc, jaunatre 
dansle Chelidomum, ct sur la vitalitc do tout TappareiL L'autcur se livre 
ensuite, sur le parallele des vegetaux et des animaux, a des reflexions ou 

nous ne pouvons le suivre, ct d'ou nous extrairons seulemcnt la conclusion 
suivanle : 



consi 



» meut dans rinldrieur des cellules des plantes rfiunit les principaux altrlbuts 
» de celle qui vitcbcz les animaux; elle en possede rexcitabilit6, la contrac- 



^8 



SOCIETE BOTAMQUE DE FRANCE. 



» tilite, la composilion elemcntahe ; et sa respiration, cu 6gard a scs r<5sullats 
» Ics plus appreciablcs, ne cliffere pas dc celle cles auimaux. » 

E. F. 



BOTANIQUE DESCRIPTIVE. 



(patulogtie raisomie des p1anfcs» pbau6ros:aiiics qui 
croisiseiit spontan^ineut dans le departcment dc la 
Cliarcntc 5 par RDh Alphonse Tr^meau dc Rochebrane et Alexandre 
Savatier, 1 vol. in-8^de xv et 29i pages. Paris, chcz J.-B. Bailliere et fils. 

Dans Tavant-propos qui precede ce livre, les auteurs rappellent que Ic depar- 
tcmeiit de la Charentc n'a 6te Fobjet d'aucuuc publication botanique durant 
les quarante dcrnieres annees, bien que peu de deparlements en France offrent 
un sol plus varie, et une vegetation plus digne de capliver Fattention dcs 
obserxateurs. Yiciinent ensuite des details n^cessaires sur la constitution geo- 
logiquc dc ce pays ; ils out et6 empruntes a Touvrage de M. Coquand. 

L'ordre suivi dans renumeration des especes est celui de la Florae de France 
de ]MM. Grenicret Godron. Nous citcrons ici un certain nombre d'entre elles, 

b - J 

afin de donner une idee de la Y(»g^tation dcla Charente, qui comprend, oulre 
les plantes vulgaires g6neralement repandues en France, beauconp de plantes 
m^'ridionedcs, quelques especes descendues de TAuvergne et habitant les der- 
niers contrc-forts granitiqucs du Limousin ; quelques autres enfin qui, parti- 
cuUercs a des regions plus septentrionales, semblent etre descendues jusque 
dans la Charente. Voici ce resume : Ranunculus parviflorusL.; Nigellagal- 
lica Jord. ; Aconitum Lycoctonum L. ; Diplotaxis emcoides DC. ; Sisymbrium 



\ 



salvicefolius 



Viola pumila VilL; Sileneannu- 



lata Thove ; Arenariacont7'oversa Boiss.; Malva nicwensis AM: Jikammis 
infeclorius L. ; Lvpinus reticulatus Desv. ; Dorycnium suffrulicosum Vill. ; 
LaserpitiumlatifoliumL. ; Galium corrudcpfoliumy ill. ; Cirsium eriophorum 
Scop. var. involucralum Coss.j Phyteuma ianceolatum Mil; Wahlenbergia 



^fular 



Artemisifc Yauch*, 



ffel 



Q. Ilex L. ; Narthecium ossip 



Quercus Toza Bosc, Q 



f< 



Mont 



tnincata Gus^. I Avena barbata Brot. ; Broinus madritensis L.; Lepturus 
cylindricus Trin.; Asplenium Halleri DC; Adiantum Capillus Vene- 
ris L. (1). 



bornes 



(I) Malgre son litre de Catalogue des PhancrogameSj I'ouvrage comprend les Fougeres, 
les Cquis6tac6es et les Characees. 



J 



1 - ■ ■ "-^ J^ ■ 



REVUE BlDLIOGUAPHKjUE. 49 

meiilionnent avcc soiu les fails nouveaux qu'ils out observes sur des plantes 
d6ja connues, sur des questions acluellement controvcrsecs, et sur los csp^ces 
litigieuses. Aiusi leur ouviagc renferme des observations sur le d^veloppenieiil 
des bulbilles du Ficaria ranunculoides , lesquels sc prescntonl toujours, , 
d'aprcs les aiiteurs, sur des sujcts depourvus dj:^ carpellcs fertiles, d6vclopp(5s 
dans les prairies et les lieux decouverts, tandisque laplanle est ordinairemcnt 
fructifn^c dans lesbois converts, et alors depour\uc de bulbilles. I/inoudalioa 
(jui a lieu pcudaut rhivcr favorisc la production de ccs organcs. Les auteurs 
onlvu, sur cette mcnie especc, que quand il cxistc deu\ ou troisbull)illes a I'ais- 
selle de deux feuilles caulinaircs opposees, la lige sc fletrit au-dcssous de Tin- 
sertiou de ccs feuilles, qui tombent sur le sol et continucnt a veg6tcr en restant 
attachees aux bulbilles. Le Cardamine pratensis est dans le Catalogue Tobjet 
d'observations analogues. Le genre Linwn a etc etudie avcc un soin particulier, 

rclativement au nouveau caracterc st)ecifique reconnu par M. Planchon dans 
les barbes des cloisonset des demi-cloisons de la capsule. La synonymic de plu- 
sieursespecesestdiscutce avecd^tail, par cxeniple cclle AQVArenaina eontroverm 
et du Lupinus linifolius. 11 n'y a de nouvelle qu'une scule espece, propos^e 
avcc doule sousle nom de Salvia ambtgua, et plusieurs varietes, parexemple 
le BeUis perennis L. var. caidescens. Quant an nonibrc d'especes adniises 
dans les genres ou elles ont 6te recennncjit multipliees, MM. de Rochebrune, 
et Savatier paraissent n'avoir adopti^ a priori aucune th^orie et s'en etre rap- 
portes a rexanieades fails ; landis qu'ils onl accueilli la plupart des Viola el 
des Erophila nouvellenient d6crils et qui se rencontrcnt dans la circon- 

scription de leur Flore, ils se sont montr^s plus reserves dans le genre Rulus 
et surtout dans le genre Galium. 

E. F. 



Prodronio dclla Flora toseaiia {Prodrome de la Flore toscane); 
par M. Theodore Caruel, fascicule I, in-S" de xix et 127 pages. Florence, 
octobre 1860. Paris, J.B. Bailliere et fils. 



M. Caruel, apr^s de soigneuses recherches dans Ics riches collections 
reunies au Musee royal de Florence par le zele de M. Parlalorc, dans les ber- 
bicrs de MM. P. Savi, Targioni-Tozzetti, AtlilioTassi etde bcaucoupd'anlres 
botanistes, appuye d'ailleurs sur ses propres travaux et sur ceux dc Bcrtoloni 
et de iM. Gussoue, vient dVntieprendre la publication d'un Catalogue des 
plantes spontan^cs ou largemcnl culliv6es en Toscane. Le premier fascicule dc 
cet ouvrage, que nous annongons aujourd'hui, renferme les Thalamiflorcs; 
Pordre suivi par Pauteur est celui du Prodromus. Les synouymes cites sont 
presque exclusivement emprant^s aux auteurs italicns, et les localitds sont 
indiquees pour chaque espece rare avec le plus grand soin. Nousavons remar- 
qii6 dans cette Enumeration une note sur les caractferes des Renonculacees, note 



T, VIII. 



U 



\- -m ^ ■ . -L 



I 



50 



SOGIETE BOTAMQUE DE FRANCE 



ot I'auteur regrette qu*on ait etabli la division de celte faniille en Iribus d'apres 
le mode de dehiscence des anlheres, qui est, selon lui, lat^rarplutol quMnlrorsfe 
oti extrorse dans cctle famille, et varie dans le seul genre Helleboims. L*ordre 
des Garyophyll^es comprend quatre sous-ordres, qui sonl les Silenees^ Alsi 
nees^ Scleranthees et Paronychiees, II y a^ dans les Cruciferes, une esp^c 
nouvelle, pourvue de sa diagnose, c*est le Bivonwa Saviana Car. 

L'ouvrage est precede d'une preface importaute, ou I'auteur donne des 
details sur la constitution geographique et g^ologique du pays et expose ses 
opinions sur differents points controverses en botanlque descriptive. La Tos- 
cane, telle qu'elle est limitee dans sa Flore, etendue d'une part entre la Medi- 
terranee et les Apennins, d'autre part entre le golfc de la Spezia et les lacs de 
Trasimene et de Bolsenna, et comprenant les iles d'Elbe, de Capr^e et autres 
adjacentes, renferme des regions fort distinctes par leur nature geologique et 
leur \6g6tation. On y rencontre des terrains siliceux (granite, steaschistes, 

F 

trachytes, sables et tufs pliocenes), argileux {mattojoni de Sienne et de Vol- 

terra), calcaircs (travertin, macigno) et magnesiens (serpentines, etc.). D'ail- 

leurs le pays offre un relief tres variable, puisqu'il horde la mor et se trouvc 

coup6 en tous sens par des chaines montueuses dont les principanx sonimcts 

s'elevent jusqu'a 1800 et 2000 metres. Le rivage, generalement plus ou moins 

mar^cageux, offre, dans les parties sablonneuses, desboisde Pins; ailleuis, des 

plantations serr6es d'OiiA iers, ainsiquedes taillis ou croissentle Myrte, TAlaterne, 

les Phillyreay V Arbutus Unedo; on y rencontre encore le Pktacia Lentiscus, 

les Quercus Subef et Q. Pseudosuber, etc. A Tinterieur du pays, il y a pen 

de prairies d'une grandc etendue ; elles ne se trouvent que dans les terrains 

inoud^s pendant I'hiver. Dans les vallees, au milieu des cultures de cereales, 

se renconti-ent des Oliviers clair-semes et tailles courts ; des Vigiies que Ton 

entrelace a dessein dans les rameaux des Peupliers ou des Acer, principale- 

ment de XAcer campestre. Sur les coteaux, I'Olivier s'eleve just|u'ii une cer- 

taine hauteur, laissant ^ d^couvert, de place en place, des laudes garnies de 

Genets et de Bruyeres. Au-dessus des Oliviers s'^levent les bois de Chataigniers ; 

aux Chataigniers succedent les Hetres, qui sont dans ce pays les derniers v6ge- 

laux arborescents. V Abies pectinata se montre sur quelques montagnes, et il 

occupe alors une rdgion situde entre celle des Chataigniers et cellc des Hetres. 

Quant a la limite de ces divcrses zones, elle varie probabh 
sition, la nature du sol et la distance de la mer. 

Les remarques de M. Caruel portent ensuite sur les variations de I'especC, 

auxquelles il donne des limites assez ^tendues, en regrettant que les etudes de 



iwtanistes 



com 



especes 



mails des iudividus monstrueux, des formes rares et 6phemeres, et qui, s'ib 
sont dignes de beaucoup d'interet a certains egaids, ne doivent pas figurcr 




, r 






^,P n,— .n ."- rtr 



REVUE BIBUOGRAPHIQUE. 51 

daas Ics ouvrages descriptifs sur la meme ligne que les especes d'une yaleur 
pour ainsi dire h6r6ditaire. 



E. F. 



sermanicfic ct lielveticfle* slinul tcrraram 



fltaceutiant 



Ueichen-- 



bach et H.-G. Reiclienbach filio. Tom. XIX, auctore H.-G, Rciclienbach 
filio. In-/i% Leipzig, cliez Ambroise Abel. 

ft 

La publication de ce grand et important ouvrage se continue toujours avec 
regularity. Notre Revue bibl loyraphique n*en ayant pas fait mention depuis la 
tcrminaison du tome XVIII , nous donnons ici la listc des planches parues 
depuis cette 6poque. 

Decades 1-2. 

■ 

F 

Tab. 1352. Scolymus hispauicus L. 1353. S. maculatus L. ; Lampsana 

w 

communis L. var. crispa Pers. , var. pubescens DC. 1354, Arnoseris pusilla 
Gaertn. ; Aposeris foetida Less. 1355- Rhagadiolus stellatus W. 1356. IJh. cdulis 
W.; Rh. intermedius Ten. 1357. Gichorium spinosuinL.; C. Intybus L.; C. 
divaricatum Schousb. 1358. C. Endivia L. 1359. Tolpis barbata W.; T. vir- 
gata Bertol. 1360. Hyos.eris radiata L.; H. scabra L. 1361. Hedypnois tubas- 
formis Ten. 1362. H. cretica Vis. var. genuina Bisch., var. monspcliensis 
Bisch. , var. rhagadioloides Bisch. , var. furfuracea, var. crepidiforniis. 1363. 
Catananche caerulea L. ; C. luteaL. 1364. Thrincia tuberosaDC.; Th. hispida 
Roth. 1365. Th. hirta Roth var. leiolaena Bisch., van lasiolaena Bisch. 1366. 
Leontodon Taraxaci Lois.; L. autumnalis L. var. prateusis Koch. 1367. L. 
alpinus VilL; L. pyrenaicus Gouan. 1368. L. hispidus L. var. vulgaris Koch, 
var. ericetorum, var. glabratus Koch; L.jsaxatilis var. glaber Vis. 1369. 
L. hispidus L. var. vulgaris Koch, var. dubius, vah opimus Koch, var. 

pseudocrispus Schultz Bip. 1370. L. Villarsii Lois. ; L. asper Rchb. 1371. L. 
Berinii Roth; L. crispus Vill. 
Decades 3-4. 

Tab. 1372. Leontodon incanus Schrank ; L. tenuifolius DC. 1373. Picris 
pauciflora VV. ; P. Sprengeriana Lam. 137/j. P. laciniala Vis,; P. stricta Jord. 
1375. P. hieracioides L. 1376. P. pyrenaica L.; P. Villarsii Jord. 1377. Uros- 
permum Dalechampii Desf.; U. picroides Desf. 1378. llelminthia echioides 
L. 1379. Geropogon glaber L. 1380. Galasia villosa Cass.; Scorzonera 
hirsuta L. 1381. Sc. aristata Ram,; Sc. parviflora Jac^. 1382. Sc. purpu- 
rea L.; §c: rosea W. et K. 1383. Sc. austriaca W.; Sc. humilis L. 1384. Sc. 
hispanica L. var. glastifolia Koch, var. latifolia Koch. 1385. Sc. hispam'ca 
L. var. latifolia Koch; Podospermura calcitrapaefoUuui DC; P. laciniatum 
DC. var. integrifolium Led. 1386. P. laciniatum DC; P. Jacquinianum 
Koch. 1387. Tragopogon eriospermiis Ten.; T* porrifolius L. 1388^ T* cro- 



t ■ 



A I 



52^ 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



cifolius L.; T. major Jacq. 1389. T. pratensis L. rar. toHilis W. 1390. T. 
orientalis L.; T. minor Fr. 1391. T. Tommasinii Schultz Bip. 



Decades 5-6, 



'agoi)ogou 



K* 139i. T. GorskianusRchb. fil. 1395. Seriola ietnensis L. ; Uobertia larava^ 
coidcsDC. 1396, HypochoerismaculataL.; H. miiflora Vil!. lo97, H. radicata 
L. 1398. H. radicala L, Tar, minor Scliultz Bip. ; H. glabra L, var. Loiseleu- 
riaiia Godr. , var. erostris Coss. etGerm. 1399. H. piniialifida Cyn; Chondrilla 
stipitala Schullz Bip. I/4OO. Cb. juncca L. 1401. Cb. prenanthoides Vill. ; 
Cb. jimcea L. var. lalifolia Koch. l/i02. Taraxacum serotinum Sadl. 1403. 
T; Pacheri Schultz Bip ; T. tenuifolium Hopp. UiOU. T. officinalo AVigg. var. 
gcnuinum Koch, l/i05. T. officinale AVigg. var, glaucescens Koch, var. alpi- 
num Koch, van taraxacoidos Kocli, var. lividum. 1406. T. officinale Wigg. 
var, leptocephakun Koch. 1407. Picridiuni vulgarc Desf. var. maritimuin 
Boiss. 1408. Prenantbes purpurea L. var. angustifoba Koch. 1409i Soncbus 
tcnerrimus L. 1410. S. oleraceus Wallr.; S. asper Vill. var. pungens Biscb. 
1411. S. asper Till. var. iuermis Biscb. 

Decades 7-8. 

Tab. 1412. Soncbus arvensis L. var. laevipes Koch ; S. crassifolius Pourr. 
1413. S. aquatilis Pourr.; S. maritimus L. var. angustifobus Biscb., var. 
lalifolius Bisch. IkiU. S. palustiis L, 1'rl5. 31ulgeclium alpiuum Less, l^il6, 
31. Plumieri DC. 1^17. Mycelis inuralis Rchb. 1418. Lactuca viniinea 
Link; L. chondrillasflora Boreau. l/il9. L, ramosissima Gr. etGodr.; L. quer- 
ciiia Bisch. var. pinnatifida Bisch. I'i20. L. sahgna L.; L. quercina Bisch. 
var. integrifolia Bisch. 1421. L. Scariola L.; L. saliva L. 1422. L. virosa L 
1423. L. tenerrima Pourr, ; L, perennis L, 1424. Zacintha verrucosa Gaertii. 
1425. Andryala ragusina L. U26. A. tenuifolia DC.; A. sinuala' L. 1427, 
Pterotheca Dioscoridis Rchb. fil. 1428. P. aspera Rchb. fd. 1429. P. nemau- 
sensis Cass. 1430. Trichocrcpis bifida Vis. 1431. Phaecasiuin pulchrum 
Rchb. fil. 

Decades 9-10. 

Tab. 1432, Anthochyirum alpinum Rchb, fil. 1433, Aetheorhiza bulbosa 
Cass. ; Crcpis aurca Cass. 1434. C. foetida L. 1435. C. selosa Hall, fil; 
C. rubra L. 1436. C. bellidifolia Lois.;C, leontodoiitoides All. 1437. C. taraxa- 
cifolia Thuill. ; C. vesicaria L. 1438. C. negleclaL.; C, Suffreuiana Lloyd. 
1439. C. biennis L. 1440. C. uicajensis Balb. var. adenantha (1). 1451. 
C. vu-ens L. var. dentata Bisch., var. runcinata Bisch., var. pectiuala Bisch., 
var. agresUs Bisch. 1452. C. lacera Ten.; C. tectorum L. 1453. C. albida 



(I) Dans la pagination des planches en chiffres remains, qui regno denuis le commen- 
cement dc 1 ouyrage, il y a eu ici une dizaine sautee, erreur qui n'est pas renroduite 
dans la pagination an chiffres arabes parliculiere a chaque volume. 






REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. .53 

Vill. 1454. C. prapmorsa Tanscli. 1455. C. iucarnata Tauscli, var. liiloa Koch. 
1456. C. chondrilloides Jacq. 1457. C. rigida "\V. elK. 1458. C. sibiriw L. 
1459. C. alpestris Tauscli; C. montana Rchb. l^iOO. C, JacquiniTausch; (l 
gfandiflora Tauscli. 1461- C. succisaefolia Tausch; C. blnltarioides Vill. 

Decades 11-12. 

Tab. 1462. Crepis lampsanoidcs Freeh 1463. C- paludosa Moencli. 1464. 
C. alpestris Tausch var. Visianiana Rchb. fil. ; C. chrysautha Froel ; C. jnhala 
Koch. 1465. C. hyoseridifoJia Tausch; Omaloclino pygmaea Rchb. fil. 1466. 
ChlorocrepisstalicifoliaGriseb. 1467. Schlagintwcitia intybacea Griseb. 1468. 
Hieraciuin Pilosella L. var, vulgare, var. fariiiaceuni, var. Peleteriaiiiim. 

1469. H. auriculiformc Fr. ; H. piloselliforme Hpp.; H. anisotrichum Grlscb. 

1470. H. bifurcum W. B.; H. acutifolium Vill. 1471. H. stoloniflornm Kit, 
1472. H. hybridum Chaix; H. puniiliim Lap. 1473. H. angustlfolium llpp. ; 
H. glaciale Reyn. ; H. fuscum Vill. 1474. H. fulgidum Hehih.; H. aurantia- 
cum L. 1475. H. praealto-Pilosella "Wimm. ; H. Auricula L. 1476. II. stolo- 
iiifloro-collinum Wimm.; H, myriadenum Boiss. et Reut. 1477. H. collinuui 
Gochn, var. melachaetum Tausch. 1478. H. Pilosello-piloselloides Naeg. ; 
H. ambiguum Ehrh. 1479. II. cchioides Lumn.; H. Rothianum Wallr. 1480. 
H, oreades Heuff. ; H. piloselloides Vill. 1681, II. praealtum Griseb. var: obscu- 
rum Rclib. , var. Berninae Griseb. 



numero 



E. F. 



Plants of ©over, etc. [Lisle des plantes recueillies aux environs dp 
DouvreSj Walmerj Folkstone et Sundyale^ depuis le mih'eu de mai jus- 
qu' an commencement rf^^/w///^^ 1860} ; par M. II. G. {The Phytologist, 
cahier de f6vrier 1861, pp. 33-45). 

Ce travail comprend r^nuiu^ration des especes que Taulcur a observees, 
depuis les Fougeres jusqu'aux RenoncuIac6es. Plusicurs de ces plantes n'avaient 
pii etre determinees exaclemeut, h cause du mauvais 6tat des 6chautillous, 
dans les genres Polygonum, Ilumex et Chenopodium. Les noms latins des 
especes ne sent pas suivis du nom de I'auteur qui los a cr6es, comme cela se 
pralique ordinairement. 

Le meme cahier du Phytologisi annonce la decouverle de V/soi'^tes Ihjslrix 
faite i Guernesey par iVL George Wolsey, lequcl pcnse que cette planic se 
rencontrera aussi sur les cotes d'Irlande. 



E. F, 



An account or the plants^ etc. {Mcmoire sur les plantes recol- 
teesau Greenland et dans I' Amerique boreale^ parle docteur Walker, 
pendant V expedition de sir Fr. Mac-Clintock) ; par M. J. D. Hooker. 



bh 



BOTANiOtJE 



{Journal of the proceedings of 
novembre 1860, pp. 79-89). 



V, caliier de 



ipfeces r^colt^cs 



Walker, chirurglen et naturaliste de rexp6dition dirig^e par sir Fr, Mac Clin- 



bor^ale 



Kennedy 



e 



nflwibre 



de ces especes s*eleve a 170 environ, dont une centaine dc Phan^rogames. 
Parmi les Cryptogames, les Mousses ont et6 determinees par M. W. Mitten, 
ai»si que les Lichens, qui sontles plus nombreux; les Algues par M. Dickie, 
etles Champignons par le reverend M. Berkeley. II n'y a point d'esp^ces nou- 
velles, si ce n*est trois champignons. Aussi M, Hooker fait-il remarquer que 
rinteret de ces observations tient en grande partie a ce que Port-Kennedy, 
situ6 pres dn polemagn^tique, est le centre d'une region II peu pres inexploree 
jusqu'ici. II a accompagne son travail de considerations sur la geographic bo- 
tanique des pays explores par M. Walker et des contr^es voisines, et Ta 

r 

fait suivre des observations raet^orologiques recueillies a Port-Kennedy par 
ce naturaliste. 

E. F, 



A liist of plaots eollceted at Mosador, etc. {Catalogue des 

* plantes recueillies a Mogador ou dans les environs immediais de cette ville^ 

durantune courte exploration de ces localites^ faite en avril 1859); par 

le reverend R.-T. Lowe {Journal of the proceedings of the Linnearf Society, 

vol, V, cahierdejuin 1860, pp. 26-45). 



abord 




vne bolaniquc, Texploration du territoirede Mogador, cette ville 6tant voisine 
de regions deja bien connues, telles que TAIg^rie, Madere et les Canarien, 
et n'ayant guere ete visil6e par des bolanistes depuis le voyage de Brousson- 
net. II decrit ensuile le caractere general de la v^g^ation qu'il a observ^e, en 
la comparaut h cellc de Madfere et des Canaries. D'apres ses observations, les 



Ha) 



clavafus^ Retama monosperma^ Pistacia Lentiscus; ony remarque encore 



Ephedr 



cotes 



g6rie. Vient ensuite P6num6ration des Phanerogames que Fauteur a recueil- 



qiii 



games. Chaque espfece est accompagnee de lettres qui indiquent si elle se 
retrouve eii Alg^rie, eu Angleterre, aux Canaries ou a Madere; c'est la 
lettre a, indiquant I'Alg^rie, qui parait le plus souvent; el ni6me, comme 



position 



le 



9 



I ri 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 55 

Flora at I ant ica de Desfonlaines, il pounait bien avoir omis de signaler quel- 
ques esp^ces de ce pays parmi ses plantes de Mogador. Son travail se termine 
par des notes particulleres snr certaines especcs, notam'Pent sur les Fumaria 
agraria Lag,, Ceratocapnos umbrontis Dvege^ Daucus maximus^ Argania 
sideroxylon Roem. et Schult. {Rhamnus L.), Lycium barbarum L., Paric- 
taria diffusa Koch, Asparagus fceniculaceus Lowe (sp. nova). 



' E. P. 



L 

F 

Flora Indite Iiafavee; par M. F.-A.-G. Miqucl, U vol. in-8% avec 
51 planches gravees et 2 cartes g^ographiques. Amsterdam, Utrecht et 

Lelp/ig, 1855-1860. 

Ce grand el important ouvrage, dont notre lievue a annonc6 le commencement 
eii 1855 (voy. le BnlL, t. Ill, p. 797), est aujourd*hui termini. II comprond 
quatre forts voUimes, composes chacun de plusieurs fascicules, et renferme la 
description de 7093 DicotyI(5dones, dont 31 Gymnospermes, et de 2025 Mo- 
nocotyl6dones, en tout 9118 Phanerogames. Les Cryplogames n*ont pas 6t6 com- 
prises dans le plan de Touvrage. L\)rdre adopts par Tauteur dans I'exposition des 

w 

families differc bcaucoup de cclui qui est gcneralement suivi ; il se rapprochc 

# 

un peu de celuique M, Brongniart a 6tabli dans V Enumeration des genres de 
plantes cultivees au Museum , car les Apetales sont diss^min^es parmi les Po- 
lypfitales et les Gamopetales. L'ouvrage commence par les Calyciflores de De 
Candolle, les Terebinthacees sont relives aux Cupuliferes par les Jugland^cs ; 
les Caryophyll6es sont rapprochees des Ch^nopodees, et les Celtid6es des Tilia- 
c6es ; les Coniferes sont plac6es apres les jfericac^es. On comprcnd, du rcstc, 
qu*il nous est impossible, a cause des limites impos^es ^ cette Revue ^ do suiv re 
I'auteur dans les details de la classification qu'il a cru devoir employer. Les 
families qui contiennent le plus d'especes sont les Orchid6es, Ruhiac^es, Papi- 

lionacees, Gramin6es, Cyperacees, Artocarp(5es, Acauthac6es, etc. L'ouvrage 
est accorapagne de deux tableaux synoptlques donnant des notions tr^ impor- 
tanles sur la geographic botanique des cspeces qui y sont d(5crites : Tun qui 
enumere le nombre d'espf*ces communes aux ties etudi^es dans la Flore et ^ 
TAsie meridionale ou a la N'ouvelle-HoUande, TAfrique ou TEurope ; I'autre 
qui donne la distribution des plantes de Java, selon leur altitude qui sY'ldve 
jusqu'Ji 3300 metres. Le dernier tableau conlient encore les observations 
m6ttoroIogiques de Junghuhn. Enfin deux cartes gfiographiques reprfeentent, 
Tune I'ensemble des regions 6tudi6es dans la* Flore, Tautre specialement Tile 
de Java. En terminant, I'auteur donne ia liste des herbiers qu'il a consultes 
avec le plus de fniit, et qui sont : Therbier royal de Hollande h Leyde, conic- 
nant les plantes de MM. Blume, Van Hassclt, Kuhl, Zippel, Spanoghe, Korlhals 
et Forsten ; les herbiere de Reinwardt etde Junghuhn, tons deux egaloment 
k Leyde ; Therbier de Hoi-sfield, conserve a Londres dans la bibliotheque de la 



_i ' k ^ i_L^ 



( 



1 



56 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



Compagnie dos Indes ; enfin les exsiccata de Zollinger, qui font partie des 
collections de M. le comte de Franqueville, a Paris. Pour les travaux speciaux 
fails sur la flore de I'Inde hollandaise, I'auleur renvoie a Touvragc de Jungliuhn 
intitule : Java, zijne gedaante, enz. vol. I. 



E. F. 



4' 



Orthotricbnm auomaltmi {Remarques sur /*Orthotrichum ano- 
maliim des auteurs anglais et etrangers) ; par J.-B. AYood {The Phytolo- 
gist^ cahier de decembre 1860, pp. 353-367 ; cahier de Janvier 1861, 

. pp. 26-29). 

b 

Ce travail, peu susceptible d'aiialysc, contient des considerations tres 
detaillees sur la synonymie de YOrthotrichum anomahim et des especes voi- 
sines, L'auteur compare les descriptions qui en ont ete donnees dans Y English 
^Bolany, dans le supplement a cet ouvrage, et dans le Bryologia europosa. II 
s'appuie sur des documents quilui ont et6 fournis par iVL Wilson et M. Schim- 
pcr pour eiucider les dilTerences qui separent les Orthotrichum anomalum^ 
0. cupulatum^ 0, strangulatum^ 0. nudum et 0. saxatile. 
II r^sulte de cette discussion que YO. anomalum Hook et TayL n'est point 

L 
J 

YO, anomalum Hedw., Bn Eur.; mais qu'il doit etre, selon lui, rapporte a 
YO. saxatile Dill., Bridel. On trouve dansle meme travail Tindication des es- 
peces qui constituent maintenant, dans le genre Orthotrichum ^ la section de 
YO, anomalum. 

E. F. 



J.'- 



.^v 






TerDjstrc&iitiaccse 



ue$ sur la famille dc 
/ the proceedings of 



nean Society, yoX. V, cahier de novembre 1860, pp. 53-65). 

w 

I 

Dans ce travail, M. Bcntham rappelle d'abord les etudes faites sur les 
Ternstrccmiacees par plusieurs auteurs, entre autres par Cambessedes, Choisy 
el -M. Planchon. II expose ensuite qu'en pr^parant la Flore de Hong-Kong, il 
a ete oblige de verifier les caracteres generiques adoples par M. Choisy, ct 
qu'ensuite il a ^tendu cette etude h I'ensemble de la famille, en vuc du Genera 
/j/a/i^flrum qu'il prepare en collaboration avec M . J. D. Hooker. La division des 
Tcrnstrcemiacees propos^e par M. Choisy, qui y distingue deux families 
piincipales, savoir : les Ternstrcemiac^es propreraent dites, voisines des ibe- 
nacees, et les Camelliacecs, voisines des Guttiferes, ne parait pas naturellc a 
M. Bentham. Pour lui, les Ternstroemiacees n'ont d'affinites intimes qu'avcc 
les Dialypdtales, et celles que Icur a reconnues M. Lindley avec les Sapotac(5es. 
M. Planchon avec les l&ricac^es, et U. Choisy avec les Ebenac^es, doivent 

tre consider6es couime beaucoup plus faibles. 
Dans la suite de son memoire, M. Bentham expose avec details les motifs 



A 

C 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 57 

pour lesqiiels il croit devoir diviser la famille d^ Ternstra»miar('*es on cinq 
tribus. 

Les TERNSTROKMifiES Choisy compronuent les genres TernstroBmia, Adi- 
nandra^ Cleyera^ Freziera el Eunja. IM. Bentliam y ajoulc les genres Anneslca 
H Visneay qui composent pour Choisy le groupc des Visneacces, et le genre 
Pentaphylax place par cet auteurdans la section des IxionantheeSy genre que 
M. Benlhani regarde comme voisin du genre Eurya^ et comnie i!ilermediairo 
aux Ternstroemiees et aux Gordoniees, 

LesGoRDorsi/iESChoisy renfernient les genres Stunrtia^ Schima^ Gordonia^ 
H (Bmocharis , Catndlia (inclus, Thea)y et Pyrenaria^\.\ ce dernier etail 
pour M. Choisy le type du groupe des Pyrcnariees. / 

Les Saur AUjfiES se composent des genres Sanvauja (inclus. Scapha Choisy) , 
Actinidia Lindl., que M. Lindlcy rapprochc des Dilleniac^es, ct Stachyuvus 
Zucc. 

Les Bo^'N£Tl£EsChoisycomprennent les genres ^0/2^/6^/ 2«, Archytea^ Mff/iu- 
rea^ Kielmeyera et Car«//>a; plus deux genres hfeuilles opposees, Marilaet 
Haploclathra Benlli. , ce dernier forme aux depens du Caraipa. 

Enfin viennent les i\lARCGRAVi4C£ES de Jussieu, que I'auteur regarde comnie 
une tribu des Ternstroemiacees, voisine des Ternstroemiees. ' 

I 

Le memoire de M. Bcntham renferme encore la discussion des caracteres 
de plusieurs genres auciens et nouveaux de la nieme famille, et se terminc 
par la description de plusieurs especes des genres Caraipa, Bonnetia^ Mahu^ 
rea^ Marila et HoploclatJwa. 

E. F. 



Oil the Caljccracew {Hecherches sur les Calycpracees) ; par M. John 
iMiers [The Annals and Magazine of natural history^ cahier de septembre 
1860, pp. 17i-190; cahier d'oclobre, pp. 279-288 ; cahier de novembre, 
pp. 350-356; cahier dedecembre, pp, 396-£iO^). 



L'anteur de ce travail commence par rappeler que Tordre des Calyc^racees 
est fort peu connu, ct quecependant il est fort important, puisqu'il serf de tran- 
sition naturelle entre la fanulle des Coini)f>Sees d'une part , el celles des Vale- 
rianccs et des Dipsacees d'autre part. II mentionne cnsuite les Iravaux fails 
sur les Calyc^racees par R. Brown, Cassini et L.-C Richard, puis ex|X)se sa. 
maniere de voir sur les points controverses dans I'elude de cette famille. 
Au sujet des cinq glandes alternes avec les diamines el situ6es environ au point 
on le faisceau slaminal, devenu monadelphc, se soude avec le lube de !a 
. corolle, M. Miers, discutant les opinions coutraires deR. Brown el de Richard, 
les regarde comme n*appartenant point a la corolle. Quant au tubercule qui 
couronue I'ovaire de ces plantes, que R. Brown regarde comme la base du 
style nolablen^ent accrue, et Richard comme un disque ^pigyne, M, Miers se 



X mi ■ -r 



,y^.z^j^.--^ 



58 



'SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



J' 



range a ropiniou de Richard, et voit dans la prfoence de ce disque la cause 
de la soudiire des etamines en un seul faisceau, soudure qui n'a lieu qa'a leur 
partie inf^rieure ; c'est encore ce disque qui porte les glandes sus-mention- 
nees, lesquelles, dans le Nasfanthus, sont representees par cinq dents qui 
paraissent autant d'^tamines avort^es, el qui, pour M. Miers, ne sont que 
indice des bords du disque. Dans YAcicarpha, le disque s'6l6ve jusqu'^ 
rextremite superieure du cylindre staminal, dont les filets sont soudes dans 
toule leur hauteur, et dont les antheres paraissent articul6es. — Le fruit des 
Nastanthus est un ak^ne bord6 de cinq ailes continues avec les dents du 
calice ; quand on fait une coupe transversale de ce fruit, on ne trouve de 
tissu mesocarpique que dans Tinterieur de ces ailes, L'endocarpe contient dix 
faisceaux vaseulaires, dont cinq opposes et cinq altemes aux ailes du fruit ; 
sur des sections longitudinales on voit que ces faisceaux traversent le disque 
^»pigyne et y forment un plexus d*oii partem des divisions destinies les unes 
au style, aux etamines ou a la corolle, d'autres, en retour, au funicule et a la 
graine. Celles qui sont destinies h la corolle sont au nombre de dix, dont cinq 
occupent le milieu des p^lales, cinq la ligne de jonction de ces pStales; 
celles-ci, arriv6es au point de separation des lobes, se divisent en deux ncr- 
vures marginales, analogues h celles des Compos^es, et qui se terminent en 
s'anastomosant avec la nervure mediane. Dans les Calvcerac6es, mais surtout 
dans les genres Nastanthus et Anomocarpus , les nervures de la corolle ne sont 
apparentes que sur sa face interne ; les deux lames interne et exlerne sont 
ecart6es Tune de Tautre sans qn'il y ait de tissu interm6diaire, si ce nVst 5 

*■ - t 

rextremit^, ainsi que cela a ete confirm^ par les observations du docteur 
Pliilippi. 

L'auteur d^crit ensuite les caracteres qui distiuguent la famille des Calyc^- 
rac^es de celle des Composees, et discule la place que Ton doit donner aux 
Calyc^rac^es dans I'ordre naturcl. II ne saurait admettre I'opinion dp M. Clarke, 
qui place le groupe des Onagrari^es entre les Composees el les Calyceracees, 
uon plus que la disposition propos6e par M. Agardh, 
ingme classe les Composees, Cycadees, Goniferes, Proteac6es et Bruniacees, 
et comprend les Calyceracees dans un autre groupe avec les Plantaginecs, Pri- 
nudacees, Dipsacees et Gunnerac^es. Apr^s cette discussion, M. Miers trace 
le conspectus des genres et en donne la description monographique ; voici les 
noms des especes decrites dans son travail : 



qui 



1. Nastanthus Miers. N. agglomeratus M., iV. laciniatusM.y N. pinnalifi' 

dus M. , N. Gilliesii M. , N. ventosus 31.', iV. scapi- 
gerus M., N. compactus M., N. spathulatus M., 
N. Gayanus M. 

2. Gatmcarpha DC. G. Pceppigii DC. , G. Gilliesii M. , G. pumila M 

G. ligulata M. 



• » 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 



59 



3. Boop 



/i. Anomocarpus M. 



5. 



Calycera Cav. 



B. anthemoides 3uss.^ B. rigidvla M., B. yraeilh 
Philippi, B. multicQulis Ph., B. squarrosa M., B.? 
australis Dene, B. graminea Vh. 

A. axillaris M. , A. subsessiliflormM.t A. eryngioi' 
des M. , A, pulvinatus M. , A. leucanthemus M. , A. /e- 

nuisM.y A. tenuifolius M. 

C. Cavanillesii Rich., C. balsam itcB folia Rich., 



C. spinulosa Gillies. 



difl^ 



6. 



'folia 



7'oides Less., A. procumbens Less., A. Iribuloides 
R. Br., j4. pinnatifida IVL, A. runcinata M. 

Cetle monographie renferme la description d'un genre nouveau, Ammo- 
carpus, compost aux d<5pens du genre Calycera, et comprenant le LeucO" 
cera de Turczaninow. Los especos nouvellement dficrites softt ati nombre 
de 15. Les mat6riaux dont s*cst servi M. Miers ont et6 recueillis par lui soil 



rappor 



lesquelles 



de rhcrbier dc sir AVill. Hooker ; soil enfin dan 
Gay et Weddell oat deposes au Museum de Paris. 



E. F. 



Motes on Anonacese {Remarques sur les Anonacees) ; par M. G. Beu- 

tham {Journal of the proceedings of the Linnean Society, cahier de 
novembre 1860, pp. 67-72). 



Dans ce tiavail, M. Bentham 6tudie Taffinit^ de plusieurs genres ara<5ricains 
(lela faniille des Anonacees, surtout grace aux documents nouveaux fournis par 
les exsiccata de M. Spruce. Ses observations ont port6 principalement sur les 
genres Guatteria, Oxandra, Duguetia, Asimina, Porcelia, Trigyneia et 
Bocagea; elles sont accompagnees de la description dc plusieurs cspeces nou- 
velles, C'est surtout h la forme eti Testivation despC^tales queM. Bentham s'en 

rapporte pour juger de raffinitc des genres et les placer dans leurs tribus 

respectives. 

• , H, F. 



M^molre nnr la triba des Hyst^rln^es, de la faniille 
de« Bypoi^yl^cs ; par M. le pasteur Duby (extrait du vol. XVI des 

Memoiresde la Societe de physique et d'histoire naturelle de Geneve; 

tirage ^ pari en brochure jn-4° de 58 pages, avec deux planches litho- 
graphites). 

3L Duby rappelle d'abord, au commencement dc ce travail, que, tandis 



60 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

r 

qvrun grand nombre de savants ont fait faire de grands progres, durant 
ces trente dernieres armees, a la connaissancedo plnsieui-s families de Crypto- 
games, celle des Hypoxyl6es {Pyrenomycetes Fr.) n*a 6te etudiee que 
par tr^s pen de botanistes. M. Duby se plaint, c!i outre, de ce que les 
premieres Etudes de Fries, qui avaient commence a elucider ce groupe, 
ont ete gat^es par des publications post^rieui-es du meme autour, qui ont, 
dit-il, fait rfitrograder la science. Pour liii, il s*est entour6 de tons les docu- 
ments Merits que Ton possede sur ce sujet, de toutes los collections publiees, 
ainsi que des communications et des echantillous qui lui ont 6te envoy^s 

r 

parlaplupart des cryptogamistes de TEurope. Toutefois, avant de publier 
Tensemble de son travail, il a jug6 convenable d'en detacher la monographie 

d'une tribu, celle des Hysterinees. 

Avant d'entrer dans Tetudemonographique proprementdile,rauteur expose, 

dans le § l'', les caracteres des Hypoxylees et ceux de la tribu des Hysteri- 
nees, laquelle se distingue des tribus voisines par la forme de ses receptacles. II 
discute ensuite les opinions de Fries, qui a place plusieurs Hysterinees vraies 
parmi les Pezizees, et conclut que les Hysterinees avant, ^ la v6rit6, quel- 
ques analogies avee cette famille, doivent constituer dans les Hypoxyli^es une 

ft 

Iribu speciale qui, par le Iriblidiuniy fait le passage aux Pezjz6es. Le § 2 est 
consacre a Tetude de la valeur des caracteres daus les Hysterinees. L'auteur, 
rejetaiit Topinion de De Candolle sur Timporlance de Tenfoncement plus ou 
moins grand du receptacle dans le tissu qui lui a donne naissance, ne trouvant 
pas de caracteres principaux suffisants dans les levres de la fente ouverte au-des- 
sus de rhymfinium, non plus que dans les paraphyses, a recours aux tlieques ct 
aux receptacles qui pr6scntent dans les Hysterinees deux conformations tres 
diverses. Parmi les theques, les unes, theques indehiscentes, sent de vrais 
sacs qui renferment 8 spores {U ou 6 par exception) ; les autres, theques 
dehiscentes, sont constituees par huit spores hyalines fdiformes, qui se deta- 
chent les unes des autres par leur partie sup6rieure. Parmi les receptacles, les 
uns sont verticaux, lat^ralemeut comprimes, les autres horizontaux, plus ou 
moins aplatis. Donnant la preeminence aux caracteres fournis par le recep- 
tacle, M. Duby etablit la classification suiVanle : 
Section I. LoPHlfeES (receptacles verticaux) : 

Thfeques dehiscentes : Lophium Fr. 

Theques indehiscentes : Ostrekhnion Duby, Mytilinidion Duby. 
Section II. HYSTfewfiES (receptacles horizontaux) : 

Theques indehiscentes : Iriblidium Duf. , Hysterium Tode, Glonium 

Muehl., Aylographwn Lib., ffypodermaBC, Angelina Yr., Acti- 
dium Fr. 

Theques dehiscentes : Lophoderrnium Chev. , Sporomega Corda, Cocco- 
myces Not. , Colpoma AVallr. , Ostropa Fr. 
Appendice : Aporia Duby, 

B. F. 



*t^ — - S 



REVUE BIBUOGRAPHIQUE. 61 



COTAiNIQUE APPLIQUEE. 



Dii Crotoii Tiglitiin, rechcrclics botaniciiics ct tlierapcu- 
tiqiics; par M. Ic docteiir Leon Marchand (in-/i° dc 9lx pages, avec 
2 planches). * 



Dans un courlavant-propos, I'autcur rappelle que la plupart des descriptions 
dii Croton Tiglium donnees par les auteurs presentent des contradictions 
flagrantes, cc qui Ta engage h entreprendre ce travail; il a puis(5 ses docu- 
ments dansl'exanien d'uu 6chantillon d^pourvu de flenrs, cultive au jardin bo- 
laniquc de la Faculte de medecine, et dans les collections du Museum, de W, De- 
lessert et de M. Baillon. Le corps dc I'ouvrago est divis6 en deux parties : dans la 
premiere, Tauteur 6tablit les caracteres botaniqucs du Croton Tiglium, c'est- 
a-dire Thistoire, la synonymic, Thabitat, le port, les organes de vegetation ct 

de reproduction dc cette plante; en general, il s*en rapporte aux travaux de 
iM. Raillon. La seconde partic est consacree a Texpose des recherches thera- 
peutiqucs dc I'auteur ; il insiste sur Temploi des racines de la plante, qui ne 
sont usitees que fraiches et dans le pays ou elles croissent, et dont il u'est pas 
fait mention dans les traites classiques de matierc medicale. J^tudiant ensuitc 
le si6ge de la matiere acre du Croton dans les differents elements de la graine, 
il conclut de ses experiences que cc principe n'existe pour ainsi dire pas dans 
les enveloppes, se rencontre dans I'embryon, mais est surtout uniform6ment 
r^pandu dans Talbumeu. Son travail se termine par revamen des indications 
ct des contre-indications de Tusage externe ou interne de Thuile de Croton, et 
le recit de plusieurs observations recueillies sur ce sujet a Thopital de la Cha- 
rite, dans le service de M. le docteur Nonat. 



E. F. 



iMELANGES. 



On preserviug; uewly-collceted flowers {Maniere de conser- 
ver fraiches les fleurs recemment cueillies) ; par M. Merrifield {The 
Phytologist, cahier d'aout 1860, pp. 223-227). 

M. Merrifield donne dans cette note un moyen qui lui a reussi i>our conserver 
fraiches pendant quinze jours etplus, jusqu'a la chute naturelle de la coroUe, 
des fleurs recemment coupees. Ce moyen peut etrc utile aux peintres de fleurs 
ou aux botanistes desireux de connaitre la flem* d'une plante qu'ils ont recueil- 
lie en bouton. Il estd'ailleurs tres simple, et M. Merrifield avoue qu'il en doit 
la connaissancc au hasard. Ce moyen consiste k placer dans Teau du vase ou 
scat plong^es les tiges des fleurs, des Algues d'eau douce, et a exposcr la sur- 




(52 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



face de Teau a la lumiere solaire. Les Algues se couvrent alors tie bullcs d'air 
qui, entrainees a travers le tissu des tiges couples, les eatretienncnt en l)oii 
6tat 

E. F» 



• 



Commerson 



^colc 



pharmacie de Paris r^uiiies, le ik novembre 1860, par M. Pavil-Ailtoine 
Cap (brochure in-8^ de 40 pages). 

■t 

w 

On ne possedait sur la vie de Commerson que des details donnes dans un 
Elogc public en 1775 par I'astrononie Lalande, ami de Commerson, dans le 
Journal de physique de Tabbc Rozier, M. Cap, auteur d'eludes biographiques 
interessantes sur divers naturalistes, corapatrlote de Commerson, a r6ussi, 
grace <i de patientes investigations dirigees soil dans le pays et parmi les des- 
cendants de ce celebre voyageur, soil dans ses nianuscrits conserves aux 
archives du Museum, h reunir de pr^cieux documents sur une vie d6vouee 
entiercraent h la science, et abregee, comme celle de tant d'autres, par les 
soucis et les perils des expeditions lointaines. 

Philibert Commerson naquit a Chatillon-les-Dombes (Ain), le 18 novembre 
1727, d'une familie de jurisconsultes, et eut h lutter contre ses parents pour ob- 
tenir Tautorisation d'embrasser la carriSre de I'histoire naturelle, II fit ses etudes 
medicalesa Montpellier,ouprofessait alors Sauvages. Son gout pourlabolanique 
Ic siguala de bonne heure Ji Gouan,qui le fit connaitre a Linn^, sous la direction 
duquel Commerson redigea la description des poissons de la Mediterran6e. 
En 1764, il se determina a venir a Paris, alors que s'organisait le voyage de 
Bougainville; on sail qu'il fut attache a cette expedition. Au moment de partir, 
Commerson redigea un testament trds curieuxofi se rencontre la premiere id^e 
de la fondation d'un prix de vertu. Apres avoir visite avec Bougainville une 
par lie du Br6sil et surtout Tile de Taiti, dont il envoya en France des relations 
parficulieres, il aborda au bout de vingt et un mois de navigation, a Tile de 
tVance, oil il trouva un protecteur dans la personne de Poivre, intendant de 
la colonic et naturaliste distingu^ ; Poivre lui facilita, pendant plusieurs annees, 
les moyens d'observer la v^g^tation des iles de France, de Bourbon et de 31ada- 
gascar. C'est a cette ^poque que Commerson fit des recoltcs immenses et des 
etudes considerables, dont il entretenail de temps a autre TAcad^mie des 
sciences ; il fut nomm6 membre associ6 de celle compagnie le 21 mars 1773, 
en meme temps qu'Antoine-Laurent de Jussieu. Malheureusement il etail mort 
huit jours auparavant. Abreuve de degouts par Padministration de Maillard, suc- 
cesseur de Poivre, affaibU par des exces de diverse nature, accable de chagrins 
el de soufFrances, il avail succombe le 13 mars a I'Sge de quarante-six ans. 

la notice de M. Cap renferme, outre la biographie detailiee de Commer* 



^- 



• BEVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 6$ 

son, des details interessliills sur retymologic des noms de genre noufeaux 
cre6s par ce botanistc, qui avail pour habitude de metlre en rapport les formes 
des plantes nouvelles qu'il decrivait avec les qualit^s ou les talents des per- 
9onnes auxquelles il les dediait* 



E. F. 



NOUVELLES. 



Nos Iccteurs apprendront sans doute avec intfiret que Ic JaiX)n est actuel- 
lement explor6 dans des conditions avantageuses par 3L John Gould Ycitch, 
fils d'un des plus c61ebres horliculteurs de rAngleterre, qui est j)arti pour cc 

41 

pays au printemps de Tann^e derniere, k I'^poquc dePexpediiion de Chine. 
Recommande aux nombreuses autorites qui protegent au Japon les intercts 
anglais, attache niomentaneinent Ji lelablissenient consulaire de Jcddo, 
31. John Veitch a pu p6n6trer dansl'interieur du pays autant qu'il est pcnuis 
aux ctrangers de le faire, et memc visiter la moutagne sainte, le Fuzi-Yaina, ce 
qui n'etait encore arrive a aucun Europccn. Ce picatteint j)resque la hauteur 
du 3Iont- Blanc, ct presente des zones de vegetation differentes; il seleve 
jusqu'a 3600 metres. On peut voir des details fort int^ressants sur ce sujel, 
extraits de letlres de M. Veitch, dans le Gardner* s Chronicle^ 1860, p. 1126; 
1861, pp. 22, 24, 49, 97. M. Naudin a donne, dans la Revue horlicole^ 
1861, pp. 67 et92, une analyse des articles anglais. Bien que le voyage de 
M. Veitch ait 6te entrepris suitout dans le but d'introduire de nouA dies plantes 
dans le domaine de riiorticuiture, il herborise avec soin au profit de la bota- 
nique propremcnt dite, et Tunc de ses lettres renferme deja la description 
d'une Conifere nouvelle, Ahie$ Alcoquiona^ dediee au consul anglais, 
M. Alcock. SL Veitch a d^ja commence a former une collection des bois du 
Japon, et il est \ esperer que, grace a lui, on verra s*accroilre les connais- 
sauces que Ton doit deja sur la v(*getation de ce pays a Kaempfer, a Thunberg 
et \ M. Siebold. 

On s'est, depuis plusieurs annoes, beaucoup preoccup6, et avec juste 
raison, de la situation des Quinquinas dans les forels de TAmeriquedu Sud, 
bules indigenes les abattent sans aucun menagement, et Ton sait que la pr6- 
cieuse ecorce devient rare. On sera heureux d*apprendre que le gouvcmemenf 
hoUandais a tcntfi avec succcs d'introduire le Quinquina dans les montagnes 
de Tile de Java. M. Hasskarl, envoye, il y a plusieurs annees, avec une mission 
sp^ciale, au P^rou et en BolMe, r^ussit a s'y procurer 400 pieds de Cinekona 
Calisaya qui, tratisport6s i Java dans les montagnes de Bandong, y prosp^- 
rent aujourd*huiparfaitement, ainsi qu'il resulte d'une leltre ecrite a M. Sch«uf- 
fcle par M. de Vry, inspecteur i)0ur les recherchcs chimiques h Bandong 
(Voyezle Journal de pharmacie et dechtmie, avril 1860, pp. 255 et 29/i, el 
le Pharmaceiilical Journal, i860, pp. 201 et 220). 



Qll SOGIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

La Sociele d'Horliculture et de Botaniqbe de I'Herault annonce que sa 
premiere exposition aunuelle aura lieu h Montpellier du 12 au 19 mai 1861, 
Conform^meut aux statuts de la Soci6le, un jury sera charge de d^cernerdes 
recompenses (medailles d'or, de vermeil, etc.) pour les diversbbjets presen- 
les a I'exposition. Dans le programme dress6 ' par les soius du Conseil de la 
Society, les botanistes verront avec satisfaction figurer uu article special qui 
mentionne, parmi les travaux indiques a I'appreciation du jury, les ouorages, 
memoires, etc. , publies recemment ou en com^s de publiccdiorl, traitant spe- 
cialement de la floi^e du departement de I'Herault. 

Collection de plantes a vendre. — On offre a vendre un herbier Suisse 
ties bien consent, forme par feu M, le pasieur Lamon, Get herbier se com- 
pose de 1100 a 1200 especes, et contient presque toutes les plantes rares et 
alpines de la Suisse, Ou le cedera a bon comple, S'adresser a Madame veuve 
Lamon, a Bienne (canton de Berne, Suisse)* 

M* Bourgeau, i'infatigable et zele collecteur, doit partir, vers la fm du 
mois de mars 1861, pour explorer d*une maniere toute particuliere I'ancien 
comte de Nice et la chainc des Alpes maritimes. Pour ce voyage, comnie par 
le passe, les souscripteurs qui feront a I'avance uu versemeut de 50 francs 
enlrc les mains de M. Bourgeau prendront leur rang d'inscription dans la 
repartition de ses recolles, et n'auront qu'a parfaire, 'a raison de 20 francs par 
centurie, le prix des collections qui leur serout deiivr^es. Les plantes seront 
munies d'6tiquettes imprimees et num^rotees, et seront determinees par 

r 

MM. J. Gay et E. Cosson. 

S'adresser a M. Bourgeau, U, rue Saint-Claude (au Marais), a Paris* 

Les plantes que le docteur Kotscliy a rapportees dc son dernier voyage 
dans la Gilicie et le Kurdistan, sont main tenant en ordre el sont mises en 
veute par ce botaniste voyageur au prix de 35 fr. la centurie. On annonce 
^galement que M. Kotschy vient de terminer son travail sur le genre Quercus, 
qui, comme on le sail, lui fournit la matiere d'un grand et splendide ouvrage 
encore en cours de publication. Au printemps prochain, ce botaniste se pro- 
pose de faire un nouvcau voyage dans le Kurdistan, pour y r^colter non-seule- 
nient des plantes seches, mais encore et principalement des graines et des oi- 
gnons. Les personnes qui d^sirent souscrire par avauce aux produits dc cettc 
nouvellc exploration, dont on a tout lieu d'esperer de bons r^sultats, peuvent 
adresser leur demande au docteur Kotschy, attache a I'herbier imperial, a 



« 



Vienne 



bon 



voyageur etant deja peu eloignee. 



epoque 



E. F. 



Paris. — Impriraerie de L. Mautihet, rue Mijnon, 2 



SOGlETfi BOTANIQUE 



DE FRANCE. 



SEANCE DU 8 FEVRIER 1861. 



PRESIUENCE DK M. AU. BROiNGNIART. 



M. Eug. Fournier, vice-secretaire, donne lecture du pruces- 
verbal de la seance du 25 Janvier, donl la redaction est adoptee. 

Par suite des presentations faites dans la derniere seance, M. le 
President proclame Taclmission de : 

MM. Basseville, horticulteur, rue des Tournelles (Passy), 6, a 

Paris, presento par MM. de Bonis et Andry ; 

Mauriceau, boulevard Monlparnasse, 1A7, a Paris, presente 
par MM. Gfenet et Eug. Fournier; 

Saint-Germain (Louis de), interne des hopitaux, rue de 
rOuest, 72, a Paris, presente par MM. A. Gris et 



G. Bergeron. 



pr 



Do?is fails a la Societe: 



1" Par M. Arthur Gris : 

Du developpement de la fecule et en particulier de sa 7r sorption dam, 
Valbumen des graines en ge)^natwn. 

2° De la part de M. Cli. Martins : 

r 
± 

Index seminum Horti 7nonspeliemtSy anno 1860. 

3" De la part de M. Ortgies : 

Selectus seminum in horto botanico turfcensi anno 1860 coUtctorum. 

> 

A*^ De la part de M. le docteur Baillon : 

Hecueil d* observations botaniques^ t. I, livr. 6. 



■5- 



T. Vlll. 



5 



-_ -L ^^ * "5 



66 SOCIETE BOTAJNIQUE DE FRANCE. 

5» De la part de M. Paul Gervais, doyen de la Faculte des sciences 

de Montpellier : '^ f « 

Rapport stir le$ iravaux de cette Faculte pendant Vannee 1859-60, 

6** De la part de la Societe d'Horticulture dc la Gironde : 

Notice SUV V exposition des prod idts de V horticulture qui aura lieu en 
Juin 1861. 

7*^ En echange du Bulletin de la Societe : 

Bulletin de la Societe imperiale zoologique d'Acclimatation^ decern- 

bre I860, ' 

Pharmaceutical journal and transactions, fovrier 1861. 
L Institute Janvier et fevrier 1861, deux numeros. 



- r 



<l 



+ 

M. de Schoenefeld, secretaire, donne lecture dela communication 
suivante, adressee a la Societe : 



SUH LA FAMILLE DES GUTTIFERES, par MHI. J.-E. PLilTVCHOIV et TRIiUXA (suite) {i). 



€OMISP£CTUS4 l»lAQl%Ol»TI€V.S. 



Ordo GUTTIFER^ Juss. 

) 

Flores diclines, saepius dioici, nunc polygami. Petala saepius libera, hypo- 
gyna. Placentalio axilis v. basilaris. Embryo exalbuminostis. 

Arbores v, frutices, sempervirentes, succo resinoso scatenlcs. Folia oppo- 
sita, decussata, rarius verllcillatci, petiolo basi intus foveola marginata ex- 
sculpto axillaque serieni glandularum foveute; slipulaa saepius nullcC. luflores- 
centia rite cyniosa. ^slivatio, syrametria, numerus, proportio partiwm floris 
valde varia sub gencribus describenda. 

Trib. I. — CLUSIE^, 

t 

t'ructus capsularis, valvis navicularibus, scpiicide deliiscenlibus, colurnellam 
aiigulaio-alatam nudantibus. Stigmata radiata, distincta. Embryonis tigella 
(vulgo radicula) maxima; cotyledones minutae. 

SUBTRIB. A. ~ EUCLUSIEiE. 
Ovula in loculo singulo 2 v. plura. Semina ariilodJo plus minus involuta. 



Gen. I. — CLUSIA Plum. 



Calyx 



m 



(i) Voyez plus haut, p. 26. 



SEANCE Dl] 8 Ff.VRlER 1861. 



67 



culi pluriovulati- Capsulae polysperniae, cudocarpio non carlibgineo, Seiniiia 
anatropa, arillodio ample carnoso iavolnta. 



Sect. I. 



EUCLCSIA. 



Calyx 4-phyIlus. Petala 4-8. Stamina fl. masc. dimorpha : externa fcrlilia, 
pluriseriata, in coronam cupuliformem v. annulum concreta, anilieris linea- 
ribus connectlvi productione cuspidatis, loculis2 lincaribusiima longitudinali 

f 

dohiscentibus; interna sterilia in globum resinilluumconfiMTuminata. Floris 
fern, staniinodia in cupulani concrela, plane ananlhera v. hinc inile antherifera. 
Seniina subhorizontalia. 



CI us I a rosea L. 
et afTincs. 



grandi/Ii 



Clusia nemorosa Wey. , 



Skct. II. 



OMPHALAMUERA. 



i 

Calyx 4-pliyIIus. Petala 5. Stannna (flor. tnasc.) in corpus soliduni, super- 
licie arcolatum, plane concrela. Aniherae discoideo-annuliforuies, unibilicatas 
in apice filanienli semi-inimersaej uniloculares, coltimella solidaverticali, cen- 
tral! donatas, margine intcriore ruptura irregulai i dehiscentes. Flores fern, 
ignoli. 

Clusia cugenioides PL et Lind. mss., Nova Granata, Schlim, 11° 934. 



Sect. III. 



GOMPHANTHERA. 



Calyx 5-phyllus. Petala 5. Stamina (fl. masc.) in globuni arcolatum coa- 
creta. Pislilli rudimentum in apice androcei semi-immersum, siigniale slerili 
crasso, 5-!obo. Anthcras in apice filamenti seml-immersae, disciformi-umbo- 
nalae, uniloculares, columella destitutae, dehiscentia verosimiliter irregular!. 

Clusia Gardneri 'Soh. , Brasilia, Gardner, u*' 4098. 



Slct. IV. 



PHL(KANTHERA. 



Calyx 4-pbyIlus. Petala 5, rarius 4. Stann'na (fl. masc.) in corpus solidum 
concreta, conncctivorum apicihusvixconspicnis. Pisiilli rudimentum nullum. 
Aniherae "i-S-i-loculares, in stratum quasi cortiealcm dense cofiglulinatae, !o- 
culis verlicalilei cylindraceis apice rima brevi r. poro apeiiis. Flor. fern, 
slaminodia in urceolum latum coalita, pluriseriata, fllameniorum connato* 
rum limitibus obsolelis, aniheris nuUis v. aborfivis, muticis. 

C/wsm Gaudichaudii Cboisy non Camb, — Chma lanceolata A. Sl-H. el 
Camb. ~ Clusia flilanana Schlecht. (CL Lhotzkyana Choisy, pro parte, 
non ScblcchL). — Clusia microstemon Nob., Brasilia, Spruce, n"* 2511. 
Clusia mfjriondra Nob. (Tovomila? myriandra Benlb.) 
" Species floribus raasculis ignolls in sectione dubiae : Clusia minor L. 
(Cl. parviflora Hunib, et Bonpl. =CL praiensis Seem.). — Clusia odorata 



Seem. 



Clusia Plumerii Nob. 



Sect. V. 



RHETI>0STEM0N. 



Calyx 4-5-phylIus. Petala 4-5. Stamina (11. masc.) in raassara resiuosam 



* ^l-i^ 



68 . SOCIETE BOTAMQUE DE FRANCE. 

superficie lobulatam v. Isvem concrela. Anlherae 2-3-4-locnlaies, loculis su- 
perficialibus in longum adnatis V. semi-imrnersis discretis, rima exUorsa longi- 
tudinali dehiscentibus. Staminodia fl. fem. (ubi nota) in cupulaoi ananlheram 
concreta. Ovula in loculis pauca (2-8); an semper? 



Tvpus A. — GYMNACRON. 

Androcei massa pulvinlformis, basi antherifera, cietermn nuda, non iobu- 
lata. Anlberae circiler 3€-^0, biseriatae. 

Clusia lauri folia Nob. , Nova Granata, Triana. 

Typus B. — TRIPLANDRON (gen. Tviplandion Beulh.) 

Stamina plus minus regulariter triseiiata, iuliuia h in lobos lolideni cru- 
ciatostumenlia, foveola apicali pistilli rudimentum mlnutnm includenle. 
Clusia lineata Nob. (Triplandron lineatum Benth-) 

Tvpus C. — PENTACRON, 

Androceuni lolum fertile, apice 5-lobum, lobis monantheris. Stamina alia 
(praeier 5 apicalia) obscure triseriata. Ovarii rudimentum nullum. — Fl. fem. 
staminodia ananthera, in cupulara concreta. Ovarii loculi 6-7-8-ovulati. Ovula 
horizontalia. 

Clusia decussata R. et Pav. mss, — Clusia Sprucecma JNob. , Spruce , 
n** 4197. 

TVPU3 D. — DIPLANDKON. 

Calyx 4-phyllus. Petala ft. Androceum apice /i-Iobum, lobis S-antheris. 
Anthera) biseriatae, seriei inferioris circiler 16, seriei superioris 8, geminatim 
approximatae. Pistilli rudimentum nullum. 

Clusia loranthacea Nob,, Nova Granata, Triana. 

Tvpus E. — SORANDRON. 

Calyx 4-phyllus. Petala h, Androceum lolum fertile, non lobulatum. An- 
therae 2-3-loculares, inordinatim congestae. 

Clusia Seemanni Nob. (Triplandron lineatum Seem. nonBenth,) 

Typus F, — MESOSTYLION. 

Calyx 4-pbyllus. Petala 5. Androceum globosum, apice e fovea lata co- 
luranam slyliforraem (pistilli rudimentum) exserens, undique antheriferum. 
Antherae parvae, biloculares, inordinatim confertae. 

Clusia Candelabrum Nob. , Regio amazonica. Soruce. n° lli^^ 



Sect. VI. — CORDYLANDRA. 

Flores polygami. Calyx 6-5-phyllus. Petala 5. Masc. Stamina 12-15, irregu- 
lariter 2-3-4-seriala. Filamenta crassa, angulosa v. teretia, cuneata v. clavi- 



Hi 



maphr. Stamina illis fl. masc. subconformia, antheris minoribus, inlerd. semi- 



■^ / 



t 



X * - ^h 



SEANCE DU 8 FEVRIER ^861. 09 

eiloelis. Stigmata 5, crassa, in pyramiden conniventia. Ovula plura, horizon- 
talia V, subpendula. 

Clusia Gaudichaudii Nob., Brasilia, Gaudichaud, u° 781. — Clusia or- 
ganensis Nob,, Brasilia, Gardner, ii. 330 et 331. — Clusia renggerioidn 

r 

Nob., Brasilia, Spruce, \V' 2895. 

SlECT. VII. — CLUSIASTRUM, 

t 

Calyx Zi-5-phyllus. Petala6-8. Stamina (fl. masc.) plurima, reccptaculo dis- 
ciformi inserla. Filamenta brevia. Antherae lineares, mnticae, loculis 2 mar- 
ginalibus, rima longitudinal! debisccntibiis. Fern. Staminodia plura, obscure 
biseriata, linearia, ananlbera, basi in annulumconflnentia. 

Clusia cuneata Benth. — CL crassi folia Nob., Guiana, Schomb. , n** 709. 

Sect. VIII. — STAUROCLUSIA. 

Flores polygami. Sepala h. Petala 4, cruciatim biseriata. Masc. Stamina 
plurima, receptaculo inserta, congesta, libera. Filamenta brevia. Anthera* ba- 
sifixae, muticae, biloculares, loculis laterali-introrsis, rima longitudinali 
debiscentibus. — Hei^maphr. Stamina /i-5-8, hypogyna, libera, nunc plus 
minus effoeta. 

Clusia flava L. — Clusia alba Jacq., et affines. 

Sect. IX. — CRIUVOPSIS. 

Calyx 5-phyllus. Petala 5, crassiuscula, calyce parum longiora, sepalis plane 
opposita. Masc. Stamina indefinita, receptaculo tumido acervatim inserta; 
fdamenta brevia, libera. Aniherae basifixae, lineares, muticae. loculis 2 margi- 
nalibus rima longitudinali dehiscentibus. — FL pseudo-hermaphr. Stami- 
nodia 5, petalis opposita. Filamenta complanata, basi dilatata in annulum con- 
fluentia, Antherae complanatae, triincatae, loculis 2 marginalibus semi-effoetis, 
angustis, rima longitudinali dehiscentibus. Stigmata 5, crassa, conniventia. 
Ovula asceudenti-horizontalia. 

Clusia acuminata Nob. (Renggeria acuminata Seem.) — Clusia amazoiiirn 
Nob. {Quapoya Spruce, n** 2878). 



Sect. X. — CRIUVA. 



Calyx 



Stamina plura receptaculo prominulo inserta. Antherae sectionis praecedentis. 
Pseudo-herrnaphrod , Staminodia seclionis Criuvopsis. Ovula in loculoquovis 
directione varia. 

Clusia Criuva A. St-H, et Camb. — Clusia Sellowiana Schlecht. 

Sect. XI. — ANAISDROr.YNE. 

Calyx 4-5-phyllus. Petala 5-6. Stamina plura receptaculo promioenti inserta^ 
quasi raonadelpba. Filamenta brevia, libera. Anthera lineares v. lineari- 
oblongae, connectivo angnsio loculis marginalibus, rima longitudinali dehis- 



1 

4 



70 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCt:. 

cenlibus. Stamiuodia ."i-IO, hypogyna, meinhianacea , dentiformia , plaoe 

ananthera. 

Cliisia multiflora H.B.K. — Clusia Ducu Uenth., et affines. 

CfEN. n. — OXYS'l'EMOiN Nob. 

r 

Calyx lO-phyllus, foliolis imbricalis, non decussatis. Petala 5-6. Masc. 
Stamina dimorpha : externa ferlilia, libera, pluriseriata, antheris linearibus 
conneclivo in cuspidem subnlatani jnoducto; interna cenlro floris in corpus 
oblongum, resinosum, ananihcrum concreta. 

Oxystemon nervosum iNob. , Nova Granala, Triana. 

Ge.\. in. - COCIILANTHKUA Choisy. 

Calyx 10-phylIus, foliolis non decussatis. Petala 5-6. Masc. Stamina dimor- 
pha : externa fertilia, circiter 20-2i, uniseriata, libera v. basi ima varie con- 
fluentia, filamentis arcualis, antheris ob!ongls, nruticis, introrsum rima du- 
piici dehiscentibus, deaium circinalim revolutis; interna Ix (v. 5?), sterilia, 
filamenlis crassis, concrelis, anther® vestigium apice gerentibns. 

Cochlanlhera lanceolata Choisy, 

Gen. IV. — POLYTIIECANDIIA Nob. 

■ I-- 

Calyx 4-5-pbyHus, Petala 4-5; Mnsc. Stamina plnra (circiter 20-25} ol^- 
scure^-seriata, receptaculutn depresse conico-glohosnm sub rudimcnlo ovarii 
apicalis vestienlia. Filamenta subnuUa, in cupulam obtuse penlagonam expansa. 
Anlherae loculi plurimi, sscciformes, a basi lata oblongo-lineares, inafiquales, 
undique e fundo cupulas exsurgcnles. marglnalibus directione convergen- 
tibus, membrana tenui polliniiega, dehiscentia ignola. — Fl. fern, ignoti. 

Polyihecandra Sprnceana Nob., llegio amazonica, Spruce, w"" 2251. 
Polythecandra Scliomburgklana Nob., Guiana, Schomb. , n*" 633. 

Gen. V. — ARPiUDEA A. Sl-H. el Camb. 

Flores polygami. Bracteaecalycinaei v, plures. Calyx 5-phyI!us. Petala .5-10. 
Stamina (in florc masc. v. pseudo-hermaphrod.) plorima, receplaculo conico 
undique inserta, in massam conglLTlinata. Antherae lineares, biloculires, apice 
2-porosae. Ovarium pluriloculare, locuhs pluriovulalis. Capsular (ubi noise) 
endocarpio cartilagineo, rugis transversis plicalo. 

Ari^udea clusioides A. StU. et Camb. — Arrudea purpurea Splitgerb. 

Gen. VI. — CLUSIELI.A. 

Calyx 5-phyllus, aeslivatione quincanciali- Petala 5, sepalis alterna, aesliva- 
tione convoluta. Fem. Stauiinodia in cupulam latam concreta, dimorpha: 
alia numerosa, corpuscula c^avata v. fusiformia v. oblonga, ceracea sistentia, 
copulam exliis dense vestieiula ; alia marginalia biseriata, breviter stipilata, 
cupuliformia, resiniflua. Ovarium 5-loculare, Sligtnafa 5, sessilia, puncti- 
formla. Ovula plurima, horizoatalia, descendeniia. 



4 



4 

SEANCE DU 8 FEYRIER 1861. 71 

Clusiella elegnm^oh., Nova Granala, Triaua. 

# - 

Gen. VII. — ANDROSTYLIUM Miq. 

Flores dioici. Calyx 5-phyl!us. Potala 5. Masc. Androceum e basitumida, 
glandulosa (staminodiisanantlieris in globum concretis obsita)columnare,apice 
antheriferiim. Antherae in globura confcrtae, concrelae, biloculares, dchiscentia 
ignota. — Fem. Stamiiiodia aiianlhera, circa ovarii basini in annuluiw con- 
glutinata. Ovarium 5-lociiIare, loculis multiovulatis. Stigmata 5, triangu- 
laria, pehata, arete connivenlia. 



Androstylium Fockeamim Miq. 



Gen. VIII. — QUAPOYA Aubl. (pro parte). 



■HfU^ 



Calyx 5-phylIus. Petala 5, partim sepalis opposlla. Masc. Stamina in massam 

discoideam arete conferta, non vere coadunata : filamenta brevia crassa ; an- 

therae biloculares, conneclivi dorso adnatae et semi-immersae, loculis bilocef- 

latis biporosis. — Fern. Slaminodia 5-8, cuneiformia, crassa, aiianlhera. 

Ovarium 5-loculare, loculis pluriovulatis. Sligmala 5, peltata, pyramidato- 

conniventia. Capsulae (ubi nolae) endoearpio cartilagiueo, rugis transversis 
plicate. 

Sect. I._ EUQUAPOYA. 

Stamina numcrosa, obscure /*-seria!o, seriei intimae 5; Jocellis antherae 

"ft * 

subverticalibus, poris valde discrclis. Capsula extus exsiccatione transverse 
rugosa, intus carti!aginea. Ovulain loculis circiter5-6. Semina abortupauca 
(3-^), anatroi>a, suspensa. 

Quapoija Pana- Panar i Auhh (Q, surinamcnsis 3Iiq.) 

+ 

Sect. II. — RENGGERIA (Schweiggera Mart, non Spreng.). 

L 

Stamina 10, biseriata. locellis antherae obliquis, poris 2, antice approxi- 
matis. Capsula (ex icone) non rugosa- Semina in loculis plura, horizontalia. 
Quapoya comans Nob. (Schweiggera comans Mart.) 

L 

I 

Gen. IX. — RENGIFA Poepp. (Quapoyae sp. Aubl.). 

r 
r 

Calyx 5-phyllus. Petala 5. Masc. Stamina 5-10, receptaculi in columnam 

r 

brevem producti apici inserta, in orbem horizon taliter radiantia. Filamenla 
brevia; antherae anguste cuneiformes, truncatae, loculis 2 marginalibus rima 
■ longitudinal! dehisceatibus, — Fern, Staminodia 5, erecta, complanata, linea- 
ria, uirinque sub apice vestigium antherae loculorum exhibentia (ex icone 
Aubleiiana). 



Rengifa scandens Nob. (Quap 
Poepp, — Rengifa acuminata Nol 



rifa j 
999. 



Gen. X. — BALBOA Nob. 



Calyx ft-phyllus, foliolis decussatis. Petala ft, aeslivatione varia, non decus- 
saia, saepius sepalis alterna. Masc. Stamina 5-6, biseriata, monadelpha v. 



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4 
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L w - 



7*2 SOCIETY COTANIQUE DE FRANCE. 

saltern receptaculo coiumniformi adnata. Filanientorum pars libera brevis. 
Anlherae basifixae, ovatae, biloculares, locuUs marginali-introrsis, rima lou- 
giludinali dehiscenlibus. 

Balboa membranacea Nob., Nova Granata, Triana. 



Gew. XL — OEDEMATOPUS Nob. 

Caly\ ^i-phyllus, foliolls decussatis. Pclala^, decussata, crassiuscula. Masc. 
Stamina 8-12, in centre Doris fasciculala, triserlata; fdaifienta e basi ventri- 
cosa, subulata; antherae [obverse cuneatae v. ellipticae, loculis 2 marginali- 
extrorsis r|ma longitudinali dehiscentibus. • — Fern, (ex icone Poeppig) Sta- 
minodia 8, bypogyna, cuneato-linearia. Ovarium /i-loculare, loculis pluri- 

■ % 

oviilatis. 



QEdematopus octandrus Nob. (Havetia octandra Poepp 
ohwatus Nob. (Havetia obovata Spruce.) — (XJdematopus 
Bahia, Martins, Blanchet, n^2310. 



(Edematop 



Ge\. XII. — HAVETIOPSIS. 

Calyx ii-phyllus, foliolis decussatis. Potala 4, decussata, crassiuscula. MasiC. 
Stamina ^i, petalis opposita ; filamenta basi dilatata contlueniia; antberae ovatae, 
basifixnp, biloculares, loculis marginali-introrsis, rima longitudinali dehiscenli- 
bus. — Fern. Staminodia h, anlberifera v. castrata. Styli h, breves. Gapsula 
ft-valvis, o!igo- v. polysperma. 

Sect. 1.— EUHAVETIOPSIS. 

Staminodia antherifera. Ovula seminaque numerosa, horizontalia (fide icon. 
Martiana?). 

Navetiopsis Mar til iioh. (Havetia laurifolia Mart, non H.B.K.), et affines. 

Sect. 11. — HAVETIELLA. 

w 

Stamioodia antherifera. Ovula seminaque plura, adscendeniia. 

Havetiopsis hippocrnteoides Nob., Peruvia, CI. Gay, u. 1501, 1080,957 
et 1569. 

Sect. III. — OLIGOSPORA. 

Staminodia ananthera. Semina in loculis pauca (3-4), ebasi adscendeniia, 
arillodiis sacciformibus saepe inter se concretis. 

Havetiopsis caryophylloides Nob., Nova Granata, Triana. 

Gen. xni. — PILOSPEUMA Nob. 

Calyx Zi-pbyllus, foliolis decussatis. Petala h, decussata. Fem. Staminodia 
in cupulam concreta. Capsula 6-Iocularis. Semina in loculo singulo 2. imbri- 
caio-superposita, pendula (v. melius resupinala), arillodio pileiformi coronata, 
raphe extrorsa. 

Pilospcrma candatum Nob., Nova Granata, Triana. 



- A 



% 



ik 



SEANCE DU 8 FEYRTER 1861. 73 



Cen. XIV. — IIAVETIA H.B.K. 

Calyx /i-phyllus, foliolis decussatis. Pelala ft, decussala. Masc. Stamina l\, 
pelalis alterna, filamentis crassissimis in discum 4-lobum concrelis; anlheris 
sessilibus, ia lobi (id est filamenti) apice immersis, trilocularibus, trilobis. 
Fern, Staminodia in cupulain A-lobam concreta, ananthora. Capsula 
. il-5-valvis. Semina in loculo gemina. collateralia, pendula, semi-anatropa, 
hilo ventral] lineari, arillo niembranaceo, arillodio lobulato, raphe introrsa. 



Jfavetia laurifoli 



SUBTRiB. B. — TOVOMITE-^ 



Ovarii loculi uniovulati. 

Gen. XV. — CHRYSOCHLAMYS Poepp, et Endl. 

Semina arillo sacciforml, dorso pervio, inclusa. 

* 

Sect. I. — EUCHRYSOCHLAMYS^. 

Calyx 5-phyllus. Pelala 7-9. Stamina (fl. liermaphr.j in cyatbum margine 
glandulosum concreta. Antheraa biloculares, poris 2 apicalibus dehiscentes. 
(Endl. et Poepp.) 

Clirysochlamys multiflora Poepp. et Endl. 

Sect. II. — POECILOSTEMON. 

Calyx 5-phylIus. Petala 5. Antherae i)iloculares, loculis rima longitudinali 
dehiscentibus. 

Typus a. — HETERANDRA. 

Stamina (fl. masc.) dimorpha, externa fertilia, interna sterilia in corpus 
centrale concreta. 

Chrysochlamys (Poecilostemon) iaxa^ membranacea et myrcioides^ Nob., 
Nova Granala. 

Typus B. — ADELPHIA. 

Stamina (fl. masc.) aequaliter fertilia, monadelpha. 

Chrysochlamys {VcBcWo^iemon) Goudotii ^l petioloris^ Nob., Nova Gra- 



nata. 



Gen. XVI. — TO VOMIT A Aubl. 



Semina exarillata, tegumento externo, carnoso, venoso. 
Tovomita guianensis Aubl., etc., etc. 



(La (in a la prochaine seance.) 



M. Le Dien fait a la Societe la communication suivanle 



SUR UN PHENOM^NE TERATOLOGIQLE OBSERVE CHEZ QUELQrES MOrSSES, 

par inr. Enilie LG DIEIV. 

Dans les Etudes de teratologic v<'getale, on s*cst jusqn'ici occupe des Pha- 



• 



Ih SOCIETE BOTANIQl E DE FRANCE. 

nerogames bien plus que des Crypiogainos, et, en venaiil signaler k la Soci6t6 
une monstruosite peul-Otre assoz firquente que j'ai rencontr6e sur des Mous- 
ses, je crois pouvoir avanccr que, si elle a deja ete obsenc^e, clle n'a du moins 
el6 meniionnee dans aucun des livres qui sont le plus ordinairement consuUes 

par les bolnnisles fraiicais. 

Au molsde septembre dernier, dans un court s6jour que je fis au iMont- 
Dore, il me fut rapportc qu'un Eminent botanisle, qu'en ce moment-la memo 
une port bien pr6matur6e enlevait a la science, 31. Payer, avait, plusieurs an- 
uses de suile, observe, aupr5s de la grande cascade, une Mousse qui I'avait vi- 
vement iuteresse. Conduit par ce vague renseigncmenl, je parcourus les parties 

accessibles de la localite indiqufie. Mes recberches, trop abreg^^s par Timpa- 
tience de compagnons de voyage Strangers a la botanique, n'amenerent pour 
moi la dccouverte d'aucune especc qui merilc ici une mention particuliere, 
et je quittai le Mont-Dore avec le regret d'avoir manque le tresor signale, 
mais en einportant, comme provision d'biver, un grand nombred'ccbantillons 
de Mousses h examiner. C/est en en faisant Texamen que, dans une toulTe de 
Irickostomurn rigidulum, provenant de la grande cascade du Mont-Dore, et 
au milieu d'un assez grand nonibre de capsules normalement couformees, j'ai 
trouv6 deux pedicelles portant chacun une double capsule. 

r 

Est-cc cette anomalie qui, retrouvee plusieurs annees de suile, avail attire 
raltention de 31. Payer? Je suis porte a le croire, puisque des recbercbes 
attentives ne m'ont fait trouver dans la localite aiicune cspece bien rare. Ce 
relour regulier de la meme anomalie la rendralt plus interessante, mais je ne 
puis, a cet egard, emeltre qu'une conjecture. 

Pour mon conipte, c'elait la premiere fois que je rencontrais celtc disposi- 
tion anomale. IJepuis, je I'ai retrouvee sur un echantillon rapport6 de I'ber- 
borisation de M. Chatin, en Savoie, par notre confrere M. Fiose, et que j'ai 
malbeureusemeul inlercale dans mon herbier sans prendre le nom de Tes- 
pece. 

Dans ce dernier 6cbantillon, les deux capsules etaient entierement sem- 
blables el ires regulieres. Les miens, au contraire, offraient une certaine 
irregularity dans le mode d'insertion des ca{3s«les. Dans Fun, que je presente 
a la Societe, les deux capsules, de dimension a peu pres egale, sont inser^es 
sur le sominet du p^dicelle, Tune des deux cependant un peu plus laterale- 
ment que I'autre. Cette sorte de predominance d'une capsule sur I'autre etait 
bien plus marquee dans I'autre echantillon, ou la seconde capsule, plus petite 
que la premiere, 6tait ins^r^e sur cel!e-ci. J'ai perdu ce second Echantillon 
en cherchant a m'assurer si les capsules contenaienl des spores. Quant au 
premier, on pent voir, ^ I'aide d'un tres faible grossissement, qu'il s'est 
echapp6 de chacuue des capsules des spores qui sont resides aux environs de 
leurs orifices. 



peut 



» 



Sl^AiNCE DU 8 FEVRIER 1861. 75 

la soudure des deux pedicelles ; mais cette soudure suppose elle-inenie un 
fait bieii plus extramxlinaire, la naissance de deux capsules dans le meme ar- 
chegone. 

Ou trouve sur un certain nombre d'esp&ces de Mousses, assez peu nom- 
breuses du reste, plusieurs capsules dont les pMlcelles partcnt lousdu mfimo 
pericliese ; niais chacnne de cos capsules provient d'un archegone distinct, et 

w 

il est impossible que les pedicelles se soudcnt, car cbacun d'cux est protege 
pendant sa formation par une enveloppe qui est Tarcbegone. l/arcb^'gone con- 
slste en une sorte de sac en forme de bonteille, dans leqnel prend naissance 
la cellule qui est le germe de la capsule. Ce germe, dans son premier deve- 
loppcment, prcnd la forme d'une sole; en s'allongeant, il emporte le sac 
qu'il detaclie de sa base et en reste plus ou moins longtcmps coilTe, ce qui a 
fait donner a cet organe, dans son dernier etat, le nom de coiffe. Les pedi- 

r 

celles etant ainsi isoles les uns des autres, il est impossible d'admettre qu'ils 
puissent se souder, et il faut necessairement snpposer que les doubles cap- 

sules dont il s'agit sont nees dans un seul archegojie. 

Ce fait, certainement tres curieux, peut avoir pour cause une double fe- 
condation, et, pourle comprendre, il faut se rappelerquel est le pli6nomene 
que Ton nomrae fecondalion cbez les Mousses. - 

Dans I'elat actuel de la science, il n'est guere perniis de douter que, cbez la 
plupart des Gryptogames et notamment cbez les Muscinees, le concours de 
deux organes dilTerents et presque toujours isoles I'un de I'autre, soit sur le 
meme pied, soit sur des pieds differents, ne soit necessaire a la reproduction, 
ou pour parler peut-etre plus juste, h la complete evolution du vt*geial. Ce 
concours, qui procluit la fecondalion, rapprocbe sans doute les Gryptogames 
des Pbanerogames, mais uon cependant autant que I'id^e gen^ralement atta • 
cb^e an mot de fecondalion pourrait le faire croirc. Dans toutes les plantes 
pbanerogames, la fecondation pr(5sente un caractere constant d*uniformit6, et 
dans son mode d'aclion, et dans son objet. Son mode d'action, c'est la p<5o6- 
tration de I'organe male dans Tovule, quand celui-ci fait encore partie de la 
plantc-mere; son but, la formation d'un embryon, c'est-a-dire d'un individu 
nouveau. Chez les Gryptogames, la ou le mode d'action de i'organe f6conda- 
leur est suffisamment connu, on le trouve, non-soulement autre que cbez les 
Pbanerogames, mais encore different dans les divers groupes de Gryptogames. 
Dans aucun de ces groupes il n'y a d'embryon form6; dans aucuu mfime, 
raction f6condatrice ne parait s'exercer sur la spore. Pour nc pas sortir de la 
famille des Mousses, la fecondation y a lieu avant la naissance des spores el 
presque avant celle de la capsule. 

M. Scbimper, dont Pautorlte est si grande en cette matidre, considere 
comme uu point incoutesiablement etabli que rantherozoide penetrc dans 
rarchegone au moment ou celui-ci nc contient encore que ce qu'il appelle 
^^ cellule germinative, el que c*est apres avoir refu Tinfluence de I'organe 



76 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

f6condateur que celte cellule commence a subir les modifirations qui en font 
I'origine de la capsule. Dans cet etat du sporange, non-seulemont les spores 
n'exislenl pas, mais il n*existe pas meme encore ua premier ^*l6n^enl du lissu 
qui les produira plus tard. C'est done bien a la capsule elle-meme que Tin- 
tervention de rantherozoide donne naissance. Si la capsule est double, on 
pent supposer qiie deux anthSrozoides ont p^netre dans Tarchegone. Il faut 
lout au moins, si Ton ne veut pas trop approfondir la manicre encore bien 
obscure dont la fecondation s'accompUt, attribuer I'anomalie en question a la 
naissance de deux capsules dans le meme archegone et a la soudure des pe- 
dicelles, soudure qui sc serait prolong^e in^galement dans les trois exemplcs 
que j'ai cit§s, puisque, dans^l'un, elle comprend une partie importante des 
capsules, tandis que, dans les autres, elle ne comprend que les pedicelles. 

Si Ton veut comparer ce fait h quelque anomalie analogue chez les Phan6- 
rogames, il faut supposer le cas ou deux embryons naitraient dans le meme 
ovule. Mais les comparaisons qu'on fait entreles Phan^rogames et les Crypto- 
games sont rarement justes. J'ai d^ja rappele que ce qu'on nomme feconda- 
lion chez les Mousses diffdre, autant dans son but que dans ses moyens, dc 
ce qu'on appelle fecundation chez les Phanerogaraes. On compare, sans plus 
de raison, ]es spores des Cryplogames aux ovules des Phanerogames. 

Les spores, qui, par leur mode de formation, leur constitution organogra- 
phique et meme par la maniere dont elles s'allongent en filaments pour for- 
mer le prothallium des Mousses, rappellent plutot les grains de pollen que les 
ovules, n'ont besoin du concoursd'aucun organe Stranger k elles-mSmes pour 
se d^velopper. Les spores, en un mot, ne sont pas f6condees, ce qui devrait 
repousser loute comparaison entre elles et les ovules, Chez les Mousses, Tor- 
gane consid6r6 comme fecondateur intcrvient, je le repute, pour donner nais- 
sance, non pas h Tembryon, c'est- Ji-dire a Tindividu nouveau, mais bien au 
fruit, receptacle futur des spores. 

La science arrivera peut-etre un jour ^ trouver le point encore inconnu 
par lequel doivent se joindre les deux grandes divisions du r&gne v^g^tal ; 
mais ce serait manquer le but que de le cbercher dans des organes ou des 
pbenomenes n'ayant entre eux rien de commun que le nom, et dans des com- 
paraisons qui ne peuvent tromper que les bolanistes Strangers h la crypto- 
gamJe. 

Ges reflexions me menent, loin du fait que ma communication avail pour 
objet de vous signaler, dans des questions dont la portSe, je ne me le dissi- 
mule pas, depasse de beaucoup mes forces. Mais jc me suis laisse entratner 
par le desir d'appeler rattcntion de la SociSte sur une partie de son domaine, 
dont, il mon avis, elle s'occupe trop rarement. 11 faudrait sans doute des ef- 
forts partant de plus haul pour exciter le zMe des bolanistes en faveur de la 

^ 

cryptogamie ; mais, a leur defaut, il n'est pas tout a fait inutile que de plus 
modestcs viennent de loin en Wu\ rappeler que cette partie si intSressante de 






SEANCE DU 8 lEVRlER 1861. 



7 



r 

la science ii'esl pas en dehors du programme dc la Sociele botanique de 



France. 



r 

M. Brongniart pense que la monslruosite observee par M. Le 
Dien est plutot due a I'existence simultanee de deux cellules geniii- 
natives dans I'archegone, qu'a la penetration de deux antherozoides 
dans I'interieur d'un nieme archegone ; car, dans I'etat normal, on 
voit presque toujours plusieurs antherozoides deposes au moins a 
I'entree de cet organe. Dans cette hypothese, les capsules doubles 
observees par M. Le Dien rappelleraient les ovules des Goniferes et 
des Cycadees, qui renferment ordinairement plusieurs sacs embyon- 
naires. 

ft 

M. de Schoenefeld rappelle que M. G. Thuret, dans ses belles 
observations sur la fecondation des Fucacees, a vu cliez ces vegelaux 
les antherozoides s'attacher en tres grand nombre autour de la 
spore qu'ils fecondenl (1). 

M. Brongniart fait remarquer qu'il y a une (res grande ditFerence 
entre la fecondation des Algues et celle des Mousses, puisque dans 
ces dernieres les spores ne preexistent pas a la fecondation. 

M. Meniere met sous les yeux de la Societe de petits fragments 
de vegetaux aromatiques, conserves, depuis une cinquantaine 
d'annees, dans un vase ouvert, et qui cependant exhalent encore 
une odeur assez forte. — M. A. Gris veut bien se charger d'ana- 
lyser ces debris, afin de tacher de decouvrir de quelle planle ils 
proviennent. 

w 

M. Brongniart lait a la Societe la communication suivante : 



OBSERVATIONS SUR UN GENRE REM ARQU ABLE DE VIOLACEES DE LA NOUVELLE-CALEDONIE, 

par M. Ad. BROlVGNIitRT. 

4 

M. Pancher, ancien jardinier au Museum d'histoire naturelle, charge pen- 
dant longtemps de dinger les cultures des 6tablissenieuts francais a Taili, el 
aitach^ au meme litre, depuis quelques auuees, h la colonic de la Nouvelle- 
Caledonie, avail adress6 au Museum, en 1859, des echaulillons de trois planles 
qu'il consid6rait comme conslituant des genres nouveaux. Je me propose de 
faire connaitre a la Societe ces planles remarquables, en compl^lanl les 
noles de M. Pancher par une analyse plus delaillee de leur organisation et 



(0 Voy, Ann. sc. nat., ser. IV, t. H. 



78 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE 



par la coniparaison de ces v^getaux avec ceux deja decrits des memes 

families. 

Dans cette seance, je m'occuperai d'unc plante que M. Pancher consid6- 
rait comme appartenant a un nouvcaii genre de Violacees, auquel il donnait 
le nom de Payenia, nom qui ne pourrait etre admis, car M. Alph, De Candolle 
a deja, des ISi/j, dedie a .^I. Payen un genre de Sapolees. 

L'cxamen des fleurs -de cette plante me parait en outre prouver qu'clle ap- 
parlient a un genre rccemment etabli par 51. Asa Gray sous le nom (VAgatea, 
niais dont les caract&res doivent etre assez notablement niodifles et completes 

■ 

par r(5tude des ocliantillonsplus parfaits de Tespece de la Nouvelle-Caledonie. 
Ce genre, voisin des lonidium, en differait, suivant M. Asa Gray, par ses 6ta- 

4 

mines, dont les quatre antcrieures etaient rcunies par leurs filets, tandis que 
Tetamine posterieure, placee entre les deux petales les pltispetits, reslaitlibre, 
et rappelait ainsi le modede diadelphie de la pinpart des Papilionacees. M, Asa 
Gray supposait en outre, d'apres Tepaisseur des paroisdeTovaire, que le fruit 
devait etre charnu. Dans la plante de la Nouvelle-Caledonie envoyee par 
M, Pancher, les ^tamines sont parfaitement monadelphes, les cinq ctamines 
etant reunies par leurs filets larges et membraneux, tandis que les antheres et 
les appendices qui naissent de leur connectif sont libres ou legerement cohe- 
rents dans la fleur non epanouie. Dans une seconde espece du meme pays, 
faisant partiedes collections adressees au Mus6e des colonies par M. \ieillard, 

r 

cesetamines sont unies par leurs filets et en partie par leurs appendices mem- 
braneux, qui sont sondes avec le connectif jusquo pres de son sommet; mais 
on remarque que I'^tamine posterieure se s^parc facilement des autres lorsque 
I'ovaire, en s'accroissant, rompt t' espece de cupule formee par leurs filets r6u- 
nis. On comprend done que rindcpeiidanccde celle etamine. soitqu'elle ait lieu 
normalement dans Tespfcce decrife par M. Asa Gray, soit qu'ellc r^sulte seule- 
ment de Tobservatlon de flours deja trop d^veloppees, ne peut pas fournir un 
caraclere dilTerenliel. Quant an fruit, que nous avons en parfait etat dans 
la [)!anle ciuoviJe par M. Pancher, il est sec et capsulaire, a trois valves; mais 
son pericarpe est plus epais que dans la plupart des Violac^es : il est cruslace 
et presqiie ligneux, et recouvert d'un duvet court et serr6. Enfin les graines 
offrent un caraclere des plus singuliers, dont je ne connais encore aucun 
exemple. L'ovule, observe dans la fleur ou pen apr^s la floraison, est anatrope 
et montre seulement un raph^ Ires prononc6, large el saillant. En se d§velop- 
pant, les graines devicnnent planes, lenliculaires et meme ailoes; elles sont 
appliqu^es Tune contre Taulre, parallelement h la face interne du |>6ricarpe, 
de telle maniere que le raphe parcourt horizontalemenl la face dirig^e vers le 
centre du fruit. Lorsque les graines sont arriv^es a leur developpement 
complet, ces deux faces offrent une structure et une coloration lout a fait 
diflereules: la face interne pr^sente une couche assez ^paisse d'un lissu dur, 
rigide, colore en noir, au milieu duquel se trouve plonge le raphe, et qui 



/ 



SEANCE DU 8 FEVRIER 1861. 



70 



pr^sente par consequent a uiie de ses exlr^init^s le hile, et a I'autre la clialaze ; 
la face externe de la graine est formee an contralre d'un lissu delicat, d\m 
blanc jaunatre, au milieu duquel etait place le nucelle, et qui renfcrme dans la 
graine ramande, compos^e d'un perisperme pen epais et de J'embryon, h co- 
tyledons orbiculaircs, plats et minces. A la maturity, ces lissus dilT^renls ap- 
partenant a la face interne et a la face externe de la graine se s^parent : la 
partie correspondant au raphe forme des sortes d'^cailles noires de nicme 
forme que les graines et interposees entre elles; la partie membraneuso, 
isol^e, sernble constituer a elle seule une graine ailce, ressomblant k cellos 
de certaines Apocynees ou Bignoniacees. On y reconnait facilement le point 
d*union avec la cbalaze et Tabsence de tout faisceau vascuiaire; elle presenle 
dans son milieu une partie plus epaisse, occup^e par Tembryon et le p6rl- 
sperme. , 

Ce genre est ainsi caraclerise par ses diamines et ses graines; mais le nom 
que M. Asa Gray lui a impose me parait exiger une legere modification. Ce 
savant botaniste trouve que le nom d'Agatea, qu'il lui a donnc en Thonneur 
du (lessinateur du voyage de M.Wilkes, differe suffisammeni, par sa prononcia- 
lion, du nom Agat/icea [Agathea Endlicher) donn^ par Cassini \ un genre 
de Compos^es. II est possible qu*en suivant la prononciation anglaise ces deux 
mots se distinguent facilement, mais il est certain que, d'apres la mani5rc 
dont les autres peuples de TEurope prononcent generalement le latin, il serai I 
impossible d'apercevoir la moindre difference. Pour fiviter cette confusion, 
je propose de donner ti ce genre le nom d'Agation, qui rappellera le nom 
donne par M. Asa Gray, modifie par la terminaison tov (nom grec de la Vio- 
lette), adoptee pour quelques genres ou sous-genres de Violacees, et par 
M. Asa Gray lui-meme dans son genre Isodendrioih 

Les Agatton sont desarbusles sarmenteux, a feuilles alternes, ^ petitcs sti- 
pules caduques, a (leurs en panicules ou grappes'ramifiees, axillaires etler- 
minales, petiles et nombreuscs. I/espece d&rite par M. Asa Gray provlcnl 
des lies Fidji ou Viti. La Nouvelle-Caledonie nous en pr^^senle deux autres 
bien distinctes par leurs feuilles et leur inflorescence. 
. On peut r<5sumer ainsi les caracti^res de ce genre et des trois espcces con- 
nues jusqu*^ ce jour : 



W- 



AGATION. 



command. Ch. Will 



^fth 



Calyx pentaphyllus subaequalis, basi haud productus deciduus. CorollcB 
pelala 5, hypogyna, erecta, inaBqualia, poslica lateralibus paullo minora, an- 
tlcuin majiis labelliforme, limbo iiiferius coarctato, ungue basi dilalato gih- 
boso-sacraln. Stamina S monadelnha. filameiilis brevibus niembranacels in 



80 



SOCIETE BOTANIOUE DE FRANCE. 



f 

cupulam unilis, poslico saepepost anlliesim libero (ac tunc stamina diadelplia), 

F 

aiUicis caruncula glandulaeformi auclis ; anthferaB introrsum adnata^, loculis 
appositis riraa debiscentibus apice liberis mucronatis, connectivo in appen- 
dicem petaloideam latani producto. Ovai^ium glohosum (villosum) uniloculare, 
placentis-parietalibus 3 pluriovnlalis, ovulis anatropis. Stylus apice clavatus 
incurvatus; stigma conicum latere inflexum. — Fructus : Capsula crustaceo- 
lignosa trivalvis, placentis medio valvarum affixis, Semina bi-triseriatim pla- 
cenlis affixa, compresso-alala ioibricata, pericarpioparallela, e stralis duobus 
valde diversis constituta, altero ad faciem internam raphe percurso crustaceo 

nigro, altero ad faciem cxternam mcmbranaceo albo uucleum includenle, 
deinde liberis, textu laxo interposito rupto, laminas nigras crustaceas et semina 
menibranacca, alba, late alata efformantibus. Perispermium carnosum, moUe. 
Embryo rectus, cotyledonibus subrotundis planis tenuibus adpressis, tigella 
brevi, radicula hiloproxima. 

Frutlces sarmentosi, foliis alternis, petiolatis, glabris, stipulis minimis ca- 
ducis, floribus parvis, albis vel virescentibus, in racemos paniculatos, axillares 
ct terminales dispositis, pedicellis 2-bracteolatis, infra apicem articulatis, 

i. Agation viOLARE {Agatea violaris Asa Gray, L c, tab. 7). Foliis 
oblongo-lanceolatis acutis, integerrimis vel repando-subdentatis; paniculis 

■ t 

axillaribus patentibus folia aeqnantibus vel brevioribus; corolla? labellospathu- 

n I 

lato truncato, 

Hab. in insulis Fidji seu Vili. 

2. Agation Pancherl Foliis oblongis acuminatis grosse dentatis; pani- 
culis elongatis subterminalibus erectis, folio dupio longioribus, corollae labello 
ovato oblongo subcordalo; fructu ellipsoideo dense puberulo cinerascente. 

Hab. in Nova Caledonia (Pancher, 1859). 

3. Agation Vieillardl Foliis ellipticis rotundatis. abrupte acuminatis, 
remote et denticulis parvis serratis; paniculis laxifloris; corollae labello ovato. 

Hab. in Nova Caledonia (Vieillard). 



J 



i 



m 



SEANCE DU 22 FEVRIER 186J . 81 



i 



SEANCE DU 22 FEVRIER 1861. 



PRESIDENCE DE M. AD. BRONGNIART. 



M. Eug. Fournier, vice-secretaire, donne lecture du proces- 
verbal de la seance du 8 fevrier, dont la redaction est adoptee. 

Par suite de la presentation faite dans la derniere seance, M. le 
President proclarae I'admission de : 



M. RoYET (Eugene), interne des hopitaux, rue du Dragon, 2fi, 

r 

a Paris, prcsente par MM. Eug. Fournier et A. Gris. 
M. le President annonce en outre une nouvelle presentation. 



4 

Dons fails a la Societe : 




* De la part de M. de Martius : 

Vermischte Scliriften botanischen Inhalts. 

2° DelapartdeM. P, Savi : 

'" Nolo, sulla morfologia e micrografa degli organi delle Cicadacee. 

3*^ De lapart deM. D. Clos : 

Supplement an catalogue des graines 7''ccoltees au Jardin-des-plantcs 
de Toulouse, 

t 

h" De la part de M. Doumet pere, president de la Societe d'llor- 
ticulture et de Botanique de I'llerault : 

■ 

Pi'ogramme de I'cxposition qui doit avoir lieu a Montpellier en 
mai 1861. 

0" De la part de M. N. Doumet fils : 






Souvenir d' une herborisaf ion au Mont-Viso^ faite pendant la session 



-H_ r 

extraordinaire de la Societe botanique de France. 
Catalogue des poissons recueillis on observes a Cette. 

6° De la part de M. Hamel : 

Traite sur les maladies des plantes alimenlaircs, t. I, Paris, 1854. 

7° De la part de la Societe d'llorliculture de la Girondc : 

Annales de cette Societe, W aniiee, u' 6. 



T. VIII. 



6 



^ + 



82 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

8» De la part de la Societe d'llorticulture de la Haute-GaroiiJie : 

i 

Annales de cette Societe^ V aiinee, 1860. 

r 

9' En echaiii'e du Bulletin de la Societe ; 

Journal de la Societe imperiale et centrale d' Horticulture^ Janvier 1861. 
V Institute fevrier 1861, deux numeros. 



Lecture est doimee d'une lettre de M. Hamel, accompagnarit 
renvoi de son livre. 

M. E. Roze fait a la Societe la communication suivante : 



DEUXIEME NOTE SLR QUELQUES MOUSSES RARES OU NOUVELLES, RECEMMENT TROUVEES 

AUX ENVIRONS DE PARIS, 

par M^M. Ernest ttOZE et IBImile BEfiCHEIIKI^liE. 



Nous avons deja eu riionueur d'entretenir la Societe, dans la seance du 

8 juin dernier (1), des resultats de nos premieres recherches sur la bryologie 

parisiennc ; nous venous aujourd'hui lui soumetlre les observations nouveiles 

que nous avons faites en commun depuis cette 6poque, sur cet interessant 

sujct. 

Nous lui signalerous d'abord, conime especes noUvelles pour notre Flore, le 

Sphagnum mollusciim Bruch, recolte par nous le 15juillet dernier, au 

milieu des marScages tourbeux de Saint-Leger, dans les touffes de Sphagnum 
cymbi folium DilL ; 

Et les deux suivantes, cit^^es dans le Synopsis Muscorum eiiropa'orum Aq 
M. Schimper, conime especes egalement parisiennes : 

Campylopus brevipilus Br. et Scliimp. , decouvert par M. Al. Braun dans 
laforet de Fontainebleau, oh iM. Schiniper Ta Irouve lui-meme assez comniufl; 

Eurynchiiim strtatuhim Br. et Schimp. {Hypnumslriatulum R. Spruce), 
observe par cKevallier dans nos environs. 

Nous croyons devoir y ajouter, pour completer le Catalogue de notre savant 
confrere M. Le Dicn, le 

Fissidens bryoides Hedw. , qui, dans le Bryologia europwa, se trouvait 
r^uni au F. exilis, mais dont 31. Schiraper fait aujourd'hui une espece dis- 
tincte dans son Sy7iopsis. II est bon de faire remaiquer a ce sujet que la Flore 
de Clievallier donnait deja ces deux especes comme parisifennes. 

II nous reste a signaler, pour les especes suivantes^ les stations nouveiles oil 
nous les avons recoltees : 

Dicranella sqiiarrosa Scbimp. {Dicranum squarrosum Schrad;). — Forme 



-^ 



(1) Voyez le Bulletin, t. Vn, p. 433. 



1 



\ 



SEANCE DU '2'2 FEVKIEU 1861. R," 

courlc, niaisbien IVucLiliec, enlre les picM^res du bord de la Alanie, noii lola du 
pout dc Cliarcntou. 

Dicranella varia Scliiuip. [Dicranum variwn Hedw.). — Dans les pierres 
du quai, au has du ponl de Grcnelle. 

Dicranum undulatuni Br. et Schimp. {D, poljj^?tiim Swarlzj. — Bieii fruc- 
lilic, forCt dc Coinpiegue, aa pied du uioat du Trcml)le, dans unc touffc 
iVIJi/locomium splendcns Br. ct Scliimp. 

Nous ferons observer, a propos de cctte espece, que M. Le Dien, dans sou 

Catalogue, cite, il est vrai, d'apres Chevallier, Merat et Graves, Ic Dicrnmnn 

undalalumTmn.^md\s seulenient coniine syuonymc du D. poluslre Biid., 

enpartageant les doutes eniis sur ce rapprochement par M. AVilson, dans son 

Bryologia britannica. M. Schimper decrit, au contraire, sous ces divers noms, 

deux especes tres distinctcs, et caracterise le D. palustre par dcs p^richeses 

polycarpes. Or les 6chantiilons que nous avons recoltes dans la foret de Com- 

piegne, ofFrant ce dernier caractere esscntiellement distinclif, se rapportent 

parfaitement au B. undulalum, II nous resleralt peul-elre a affirmer I'exis- 

tence des deux especes dans nos environs ; mais nos ^clianlillons anlerieurs, 

determines comme />. palustre Brid. , ctant lous sleriles, et la synonymic des 

auteurs nous paraissant encore quelque pen obscuie, nous croyons devoir 

ajourner la quoslion, en nous conlontaiU d'inscrire, des a present, comme 

parisien, le Dicranum unduIatiimBw et Schimp., mieux specific par Svvartz 

sous le nom de p. pohjsetum. 

Didymodon 7'ubelh(s Br. et Schimp. • — Pare dc Saint-Cloud ; foicl dc 

Compiegnc. 

Leptotrichum pallidum Hampe [Trichostomurn pallidum Hedw.}. 
Bois de Chaville, ou il 6tait mele au Dicranella hetrromaUa Schimp. 

liarbula revohda Schwasgr. — Sur des murs de tcrrc el des toils dc 
chaumc a Tlsle-Adam; a TAbbaye aux-Bois, pres du bois de Verrieres. 

Barbula squarrosa Dc Notaris. — Sterile, boisde la Varenne-Saint-Maur; 

foret de Tlsle-Adam. 

Encabjpta streptocarpa Hedw. — Assez cornmau, mais sterile, aux 
Beaux-Monts, et tresbien fructifi6 au sommet du monl du Tremble (foret dj 

Compiegne). 

Bien fructific dans les marais tour- 



T. 



Axdaco 



beux 



Buxbawnia aphylla HaUer. — Nous ne citoiis cette curieuse espece que 



pou 



dcrniers, ideniiqucment a la metne place et en echaiUillons aussl nombreux 
qu'il nous avail ete doniie de la r^colter, Tarin^e deniiere, dans les desccntes 
Sablonneuscs qui conduisent de l'6loile du pave de Meudon au pavilion 
d'Ursine, et du carrefour de la tour a h fontainc d'Ursine, dans le hois dc 
Meudon. 



! 

I 



84 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

Ned-era comphmata Br. et Schimp. — Tres abondant ct bieii fruclilie sur 

1 es hetres de la foret de Compiegne. 

Lcucodonsciuroides SchwaBgr. — Foret de CoQipiegnc, oii il fructifie assez 

bieii sur Ics choncs. 

Clirnacium dendroides Web. ct Mohr. — Sterile, mais assez abondant, 
sur lebord des etangs de Saint-IIubert et de HoUande. 

Brachythecium glareosum Br. et Schimp. — Sterile, bois de Cliaville. 

Brachythecium albicans Br. et Schimp. [Hypnum albicans Necker). 
Sterile : Argenteuil; foret de I'lsle-Adam; bois de Chaville ; bois de Vcr- 

rieres. 

Plagiotliecium denticulatum Br. et Schimp. [Hypn. denticidatumL,). 

Foret de Montmorency ; bois de Chaville. 
Hypnum fluitans var. submersum, — Sterile, mals assez abondant, dans 

^ 

les crcux de rochers de la foret de Fonlaineblcau. 

Hypnum filicinum L. — Sterile : niarais de Trivaux (bois de Meudon); 
etangs de Commelle (foret de Ghanlilly). 

Hypnum cupressi forme L, var. mamillatum. — Forfit de Fontainebleau. 

Hypnum Schvebe^'i^ViM. — Bien fructifie, foret de Compiegne, non loin 
de la Faisanderie. 

Hylocomium triquelrum Br. et Schimp. {Hypn. triquetvum L.).— Cette 
Mousse, tres commune, mais presque toujours sterile, a 6te trouvee par nou 
blcn fructifiee, dans la foret de Compiegne, aupied du mont du Tremble. 



? 



M. Cosson signale Textreme abondance du Campylopus brevipi- 
his aux environs de Nemours (Seine-et-Marne). 

M. Eug . Fournier, vice-secretaire, donne lecture de la communica- 
tion suivante, adressee a la Societe : 



lAUCARIA DPiASILIENSIS ET SUR UNE NOUVELLB ESPE( 

D^AMERIQUE , par M. Philippe PARIiATOBE! 



(Florence, H fevrier 1861.) 



Le but de cctle note est de faire disparaitre la confusion qui a regnc jus- 
rprici sur la d^^termination des especes conimunement cultivecs dans les jar- 
dins sous les noms d'Araiicaria brasiliensis et d'A. Bidolfiana, et de faire 
connailre une uouvelle espece de ce genre, qui fruclifie depuis deux ans dans 
le jardin botanique de Pise, i'ai pu, par mes 6tudes, me convaincre que VA. 
Ridolftana de IM. Savi fds est rirbre decritpar tons les auteurs sous le nom 
dM. irfl^///cns?'5, ct que toutes ses parties correspondent parfaitement aux echan- 

lillons qu'on possedc dans les herbiers de Florence, recueillis pres de Uio-de- 



f 



1 



L. 



SEANCE DU 22 FEVRIER 1861. 



85 



4 

Janeiro par Raddi et par Gaudicliaud, ainsi qu'aux cbafons males ei anv fruits 
jeunes et murs que le premier de ces bolanistes a aussi rapportes de llio-de- 
Janeiro; tandis que, d'un autre col<5, Tarbre que M. Savi fils considerait 
comme le veritable A. brasiliensis, est une espece nouvelle que j'appollerai 
Araucaria Saviana en son honneur. Je crois done utile de donuer ici la des- 
cription, que j'ai pu faire sur le vivant, des deux especes qui se trouvent 
maintenant en fruit, Tune, YArancavia brasilicnsis, sous le nom d'A. RidoU 
fiana, dans le jardin de Bibbiani de M. le marquis Ridolfi, et Taulredans le 
jardin botanique de Pise, et de faire I'bistoire des deux especes. Je commence; 
par Tespecc anciennement conuue. 



AlUUCARIA HRASIUENSIS A. Rich. 



A. diolca vel raro monoica, arborea ; coma demum effusa ; ramis verlicillatis 
subhorizontalibus ascendentibusve, elongatis, denudatls, ramulis in ramorum 
apicibus confertis, brevibus, subcorymbosis; foliis confertiusculis, patentibus, 
caulinis lanceolatis tandem retrorsum imbricatis, rameis obliquis ovato- 
lanceolatis brevibus, omnibus apice acutato-mucronatis, mucrone recto 

pungentibus, subtus obsolete carinatis, junioribus subtus glaucescentibus ; 
amentis masculis solitariis geminisve, longis, cylindraceis, obtusis, curvulis, 

squamis plurimis, dense imbricatis, apicem versus in mucronem subrbom- 
beuni sursum flexum incrassatis; amentis femineis solitariis, appendicibus 

m 

squamaruni breviusculis, lauceolato-acuminatis, retrorsum imbricatis, squa- 
masornninooccullantibiis; strobilis basi a foliis superioribus magis approxl- 
uiatis brevibus subhorizontalibusque involucratis, junioribus subovoideis 
obtusis, adultis ovaio-subrotundis, squainis subelongato-cuneatis, apice sul)- 
rhomboideo-incrassatis, appendiculatis, appendlcula reflexa, lanceolato-acu- 
raiiiata, pungente, seminibus apteris. 

Pinus dioica Arrabida Fl. flum. X, tab. 55, 56, mate. 

Colimbea angmti folia Bert. Piante del Drasile [1820] p. 7, et in 

Opnsc, sclent, di Bologn. Ill, p. /jll, 

Araucaria brasiliemis A. Rich, in Diet, class, d'/iist. nat. I, p. 512 
i;i822] ; Raddi ! Mem. in Atli della R. Accad. dei Georgof. di Firenze, t. V, 
part. 1, p. 185 [182^]; Lamb. Pin. edit. 2, II, p. 79, tab. 66, hC) bis ; 
Loud. Arbor. IV, p. 2439; Link in Linn. XV, p. 543; Ant. Conif. Ill, tab. 
51-53 ; Spach Hist. veg. phan. XI, p. 365; Endl. Sf/n. Conif. p. 185 ; Car- 
riere Conif p. 415; Gord. Pinet. p. 23. 

Araucaria Jiidolfiana Savi fil. ! in Atli della terza rimione degli scienziati 
italiani tenuta in Firenze [1841], p. 458, 783, tab. 2, 3, in Giorn. agrar. 
toscan. XVI, [1842] p. 214 et in Giorn. bat. Hal. II [1846], p. 52; Ridolfi 
Album di Bibbiani hort. ital. 

Habitat in Brasilia nioniiijus, inter 23''39' et 21° lal. aostr., silvas vaslas 



* " r ^ ■ 



L^ ^'.^l.-i^,,' 






S6 SOCIKTE ROTANIQUE DE FRANCE. 

offormans ad 1200, et in rogionibns calidioribus ad 3000 pedes supra marc 

(Aug, de Saint Ililaire, Voyofje dans les provinces de Saint -Paul et de 

Sainte-Catherine, t. I, p. 99). 

Description. — Arbre majestueiix, h cime arrondie (1), de prfes de 70 metres 

de hauteur et de 6 metres de circonference (Raddi, /. c), a tronc droit, renflo 
circulalrement a chaque verlicille de branches, nu par la chute des feuilles 
qui le couvrent dans sa jeuncsse. Les branches occupent les deux tiers on pres- 
que les trois quarts de la longueur du tronc ; elles sont longues, verticillees, de 
quatre a huit dans chaque verlicille, horlzontales ou ascendantes, pariant du 
tronc S angle obtus au-dessus, ramifiees^ avecdesramcauxqui s'ecarlent aussi 
a angle tres ouvert des branches et qui portent a leur sommet d'autres rameaux 
courts, Irfes rapproches en forme de petit coryml)C. Les feuilles sont coriaces, 
rapprochees entre elles, ouvertes; colics de la tige se rcfjettenten basplus tard 
et se couvrent en partie cnlre elles, puis elles se sechent, se fendent, ou plus 
souvenl tombent, ainsi que celles dela base des branches et des rameaux. Dans 
la plante jeune, elles sont lontes ovees-lanceolees ou oblongues-lanceolees, 
tres ellilees vers le sommet, ou elles se terminent en une pointe longue, 
droile, tres aigue et piquanfe, jaunatre, maisqui noircit plus tard; elles sont 

loules un pen elargieset un pen obliques a leur point d'insertion a la base, 
surtout celles des rameaux qui sont aussi unpeu jcourbees en forme de faux, 
legfirement concaves en dessus, avec nne nervure longitudinale en dessous qui 
les rend presque carenees; leur couleur est d'un vert fonc6, et les plus 
jeuiies sont un pen glauqnes, surtout en dessous. Ces dernieres feuilles 
sont plus fitnjitcs el presque laiiceol6es; mais, dans les rameaux terminaux 
de I'arbre adulle, les feuilles sont beaucoup plus courtes, n'ayant que 2 cen- 
linutres de longueur, plus larges, de forme ovee, un pen acuminees, avec 
la pointe moins pmlong(5e, plus rapprochees outre elles et d'un vert plus 
fonce. 

L'arbre est dioique ; celui qui est cultive dans le jardin de Bibbiani du 
marquis Ridolfi est souvent monoTque. Les chatons males sont solitaires ou 
raiement gemines, cylindriques, obtus, longs de 8 a \L\ centimetres, un pen 
courb^s, naissant au sommet des rameaux. Leurs ^cailles sunt Ires nombreuses, 
etroites h la base, dirigees horizonlalement et elargiesau sommet en une partie 
coriace, presque rhomboulale, obtuse, par laquelle elles se recouvrent les 
unes les autres de bas en haul: au-dessous de ces ecailles se irouvent des 
anlhores Iin6aires-alIong<^es, disposees en deux series. Le pollen est jaune. 



I 



(I) Augusle de Saiat-Hilaire a fait coniiaitre que cetarbre change de port a sesdifferents 
ag:es; que, dans sa jeunessc, ses rameaux, comme brises, luidonnent un aspect bizarre; 
que plus tard il s'arrondit a la mani^re do nos pommiers; qu*adulte il s'elance parfai- 
teinenl droit a uuo j^rande hauteur et se lermiue par un corymbe de branches, espece 
dc plaloau inmionso, parfaitcment ('»oal et d'uu vert fence. {Voyage dans Irs ,prot\ de 
Saint Paul rt do Sainle-Cafhrnney Pari^, t8")I , t. If, p. 3.) 






^ 



SEANCE DU 22 FEVRIER 1861. 87 

Les chalons fenielles soiit aussi solitaires au sommel des rameaii?^ ; ils ont dog 
jicailles tres nombreusesavec des appendices verts, lanceoles-acumin^s, refl6- 
chis et imbriqu<5s de haul en bas, de sorte qu'ils cachcnt cntir^rement les 
ficailles, Les jeunes fruits, a lYigede liuit mois, sont un peu plus gros qu'nn 
(Buf de poule; ils ont une longueur de 8 centimetres et une largeur de U 1/2 
a 5 1/2 centimetres, sont de forme legtreaient ovoide, obtus, et ont a la base 
une sorle de collier form^ par les feuilles du sommet du rameau, qui sont, dans 
cet endroit, plus rapprochees entre elles, un peu plus courtes et presque 
horjzontales on un peu reflecbies : ce collier s'applique parfaitement a la base 
du fruit mur. Les ecailles sont tres nombreuses, ins6r4es sur un axe conimun 
qui est gros, obtus, en forme de fuseau allonge ; les inferieures sont dirigees 
un peu en bas, les superieures ua peu en baul; les moyennes sont horizon* 
tales, toutes (res serrees, allongees-coniques, comprimees de liauten bas, avec 
des bords presque aigus et termin^es au sommet par une partle plus large, 
pips dure, presque rliomboidale, verl^, du centre de laquelle, im peu vers le 
bout, part un appendice long a peu pres de U a 5 millimelres, lanceole-acuminfi, 
un peu large vers la base, brun, avec les bords nn peu blanchatres et comme 
den teles, reflechi et piquant au sommet, de sorte qu'on ne peul pas prendre 
le fruit sans sc piquer, Ces appendices ne couvrent pas entierementle sommet 
des ecailles qu'on voit bien en regardant eutre eux. Le fruit mur est plus 
gros qu'un gros osuf d'autruche, ove-arrondi, obtus. Les ecailles sont d(j la 
couleur des chalaignes, plusieurs steriles, petites, les aulrcs fertiles, grosses, 
obconiques-oblongues, renflees dans presque toute leur longueur, c'est-a-dirc 
dans la partie qui renferme la graine, excepie la parlie voisine du sommet qui 
est comprimee avec deux bords aigus. L'appendice de recaille est court et de 
la meme forme que dans le fruit de huit mois. Dans la cavite des t^cailles fer- 
tiles, on voit une membrane delicate, de couleur cbatain fonc6, qui embrasse 
la graine. Celle-ci est obconique et sans appendice ail6 h la base. L'albumen 
est dur. L'embryon est del? largeur de la graine, droit, dicotyl6, avec la 
radicule inferieure, 

■ 

Observniiom. — Cette espece, connue pour la premiere fois en Europ(j 
par un cchantillon recucilli en 1769 par Ic celebre Banks dans les environs 
de Rio-de-Janeiro, fut d'abord constderee comme la meme espece que le 
JHnm Araucana de Molina, connu maintenant sous le nom ^'Araumria im- 
hricata Pavon. Salisbury (1), qui vit rechaulillon de Banks, fut porl6 a le 
croire une espece distincte, a cause de ses feuilles glauques et moins longue- 
nient raucronees. Mieux ^claire sur les differences des deux especes, M. Berto- 
loni (2) decrivit comme nouveau Tarbre du Bresil sous le nom de Columhea 



(i) The character of several genera of the natural order of Conifera, in Transaciion$ 
of the Linnean Society of London, 1805, t. Vlil, p. 317. 

(2) Piante del lirasVe, Bologna, I8in, p. 7, et ia Opusc. scienlif. di Bologna, 
t. III. 



-. . 1^ p 






88 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

angusti folia, en admeltant le genre Columhea etabli par Salisbury pour 

VAraucaria imbricata. A, Richard (1), ne connaissant pas le travail de 

M. Bertoloni, et persuade que Tespecedu Br^sil etait bien diff^rente decelle 

du Chili parson bois blanc el mou, par ses rameaux verticilles et surtout par 

ses fruits d^pourvus d'appendice aliforaie, lui donna le nom dCAraucaria 

hrasiliensis qui a ete adopte par les botanistes. Lambert (2) et Raddi (3), sans 

connaitre ou se rappelerles travauxde M. Bertoloni ct de Richard, ont decrit 

plus tardcette espece conime uouvelle sous le inenie nom d'A. brasiliensis. Les 

descriptions que les differents botanistes ont donnees de cet arbre s'accor* 

dent toutes h lui attribuer des branches qui partent a angle tres ouvert, des 

feuilles lanceol6es ou prcsque lanceolees, tres graduellement r^tr^cies en 

pointe aceree et brunatre, des fruits o\oides ou presque ovbides, obtus au 

sommel, semblables pour la forme et le volume au capitule d'un Dipsacus^ 

de grosses ecaillesdans le fruit mur, renflees dans les deux tiers ou Irois quarts 

inf6rieurs et comprimees a deux tallies vers le sommet, et des graines de forme 

obconique sans appendice en forme d'aile. Lors du congres des savants ita- 

liens r^unis Ji Florence en 1841, M. Pierre Savi presenta aux membres de la 

section botanique une espece d'Araucaria qui venait de fruclifier dans le jardin 

* 

de Bibbiani du marquis Ridolfi, etqu'il penchait a considerer comme diff^rente 
de YA. b7'asiliensiSj surtout a cause du collier de feuilles presque renvers^es 
qui se trouvait dans I'arbre de Bibbiani, et qu'il ne voyait pas reprfeente dans 
la planche de YA. bradliensis donnee par Lambert, ct a cause de la presence 
d'un appendice au sommet des ecailles des cones murs, qu'il croyait devoir 
manquer dans les ^cailles de YA. brasiliensis, ayant interprete comme ecailles 
des cones murs depourvuesd'appendice, ce que Richard avail voulu dire des 
graines depourvuesd'appendice en forme d'aile, graines que, dans son langage, 
le bolanisle francais appelait fruits. Mais le collier existe, tel qu'on le voit dans 
I'arbre de Bibbiani, dans le jeune conede YA . brasiliensis rapport^ par Raddi 
du Br6sil, et, s'il n'a pas 6t6 bien repr^sente sur la planche de Lambert, cela 
est du en partie a la position des jeunes cones dans le dessin : du reste, ce 
collier disparait dahs le cone mur, car les feuilles qui le formaient s'appliquent 
alors sur la base du fruit. Comme je viens de le dire plus haul, il n'exislc pas 
la moindre difference entre I'arbre de Bibbiani, I'arbre de Rio- de- Janeiro 
dont on possfede les fichanlillons et les fruits dans les herbiers et les collec- 
tions botaniques du Musee d'histoire naturelle dc Florence, et I'arbre du 
Bresil qu'on cultivc aussi dans les jardins d'Europe. 



(1) Dictionnaire classique d'histoire nalurelle^ Paris, 1822, t. I, p. 512. 

(2) A description of the genus Pinus, second edition, t. II, p. 79, tab. 46, 46 hiSj 
46 ter^ ann. I828,etpeut-etre aussi, a ce qu'il parait, dans la premiere Edition, ce dont 
je ne puis m*assurer, n*ayant que la seconde, 

(3j PeW Araucaria del HrasHe^ mem. letta il di 2 mag. 1824, neir Accad. dei Georgof. 
di Firenze. Voyez AUi di quesCAccad^^ t. V, 1827, p. 185. 



'^. 



SEANCE DU 22 FEVRIER 1861. 



89 



Araucauia Saviaina Nob. 



A. dioica, arborea ; coma subrotunda ; ramis verticillatis , subhorizon- 

i 

talibus ascendentibusve^ elongalis, denudatis, ramulis in ramorum apicibus 
confeiliusculis, elongalis, fasligiato-subcorymbosis ; foliis confertiusculis, 
lanceolatis, caulinis deniuni retiorsum imbricatis, rameis longiusculis, rectis 
vel subobliquis, lanceolatis vel oblongo-lanceolatis, apicc acutiuscule brevissime- 
que mucronatis, mucione sursutninflexo, subtus carinatis, uuinque glances- 

centibus; amenlis masculis , femineis.....; strobilis basi a foliis superio- 

ribus magis approximatis longioribus angustioribus et retrorsum versis invo- 
lucratis, junioribus perfecte ovalibus apice rotundalis, adultis subrotundo- 
ovalibus, squamis cuueatis, apice rhomboideo-incrassatis, appendiculatis, 
appendicula longiuscula, reflexo-uncinata, latiuscule lanceolalo-lineari, acuta 
pungente; seminibus 



Araucaria Gaudicb. pL exsicc. ex Gobijain berk Webblano. 

Arancaria brasiliensis Savi fil. pi. viv. in bort. bot. pisano. 

Habitat probabiliter in Boliviae monlibns non procul a mare , prope Cobi- 
ianiy inter 22-23 gradus latitudinis australis. 

Description. — L'arbre que je vais dccrire est, comnie je I'ai dit au 
commencement de cette note, cuUiv6 au jardin botanique de Pise. II avait 
^ peu pies onze ans lorsqu'on Ta planl6 en plein air en 18/i6, de sorte 
qu'il est maintenant age de vingt-cinq ou vingt-six ans. Sa hauteur est de 
10 metres; il a une fonne arrondie au sommet, qu'il perdra probablemenl 
plus tard, car ordinaireraent les Araucaria de TAm^rique du Sud chan- 
gent beaucoup de forme selon leur age. Le tronc est droit, il a Ji la base 
3 metres de circonference et presente des renflementseu forme d'anneaux a 
la naissance des branches commedans VA. brasiliensis. II est nu dans le bas, 
car les feuilles sont tombees en grande partie; qnelques-unes restent encore, 
mais dessecb^es et souvent fendues a la base. Les branches sont verticill6es, 
6 ou plus souvent 5 a chaque verticille, rapproch^es les unes des autrcs, 
longues, presque horizontales ou ascendantes, perdant leurs feuilles en bas 
commeje tronc, et se ramifiant surtout pres du sommet. Les rameaux qui 
sont pres du sommet sont rapproches entre eux, allonges, ouverts ou dresses, 
et comme fasligies, de sorte qu'ils forraent, au sommet de chaque branchc, 
one espece de corymbe ou d'ombelle entiereraeut dressee, qui est vraynent 
magnifique a voir. Les feuilles du tronc sont lanceolees, plus larges a la base, 
terminees en une pointe aigue, reflechies-imbriquees; celles des rameaux sont 
ouvertes, un peu mohis coriaces que dans VA. brasiliensis. phis etroites 
que celles du tronc, longues de 3 a /i centimetres, oblongues-Ianc6oI6es ou 
lanceolees, obtuses ou legcrement aigues au sommet, avec une petite pointe 

recourb^e en haut et en dedans ; elles sont un peu scabres sur les bords, 






yo 



SOniKTE BOTANIQUE DE FRANCE. 



ponctu^es, loisqu'on les observe a la loupe, glaucescentes sur los dcnx 
faces meme a un5ge avance, un peu concaves en dessus avec une petite careno 
en dessous. Lesjeunes cones sont solitaires an sommet de branches courles 
qui naissent au bas du corymbe forin6 par les ranicaux qui terminent chaque 
branche ; ces cones, a I'age de huit mois, sont parfaitement ellipiiques, arron- 
dis au sommet, ils out de 7 1/2 a 8 centimetres de longueur et 6 centimetres 
de largeur ; a leur base, on voit une couronne de feuilles plus longues et plus 
ctroites que celles des branches, r^dechies, et se conservant telles m6me dans 
le fruit mur. L'axe des cones est gros, arrondi sur une coupe transversale, 
Les 6cailles sont tres nombreuses, Ires serrees, et se couvrent les unes les 
autres, de sorte qu'on voit seulement de dehors leur sommet de forme presque 
rhomboidale, ayant au milieu un appendice legerement coriace, d'un vert 
fonc6, long de 6 a 7 centimetres, plat, lanc<5ole-aigu, reflechi et presque en 
forme d'hamegon, un peu scabre sur les bords qui sont blanchatres et quel- 
quefois meme conime denteles. Le fruit mur, sans graines fecondes, e»t 

arrondi. ovale. 

Observations. — Cette espece, qui se trouvc probablement dans les jardins 
sous le nom ^ Araucaria brasiliensis^ est tres clistincte de Tespece que nous 
venous de reconnaitre pour telle, par des caracleres bien marques surtout dn 
fruit. Lesjeunes cones de nion Araticaria sont parfaitement elliptiques, arrou- 
dis a leur sommet, involucres k la base par des feuilles longues, etroites et 
r^flechies, meme dans les fruits mflrs, et leurs ecailles ont un appendice 
large, lanceole- lineaire, reflechi et recourbe au sommet en dedans, de sorte 
qu'on pcut prendre et serrer ces cones dans les mains sans en 6tre pique, 
tandis que les cones de VA, br'asiliensis au meme age sont plutot ovoides, 
seulement obtus au sommet, involucres a la base par des feuilles courtes pt 
presque horizontales, qui s'appliquent aux ecailles dans le fruit mur. Les 
appendices des ecailles de cette derniere espece sont ordinairement d'une cou- 
leur brune, lanceoles-acumines, reflechis avec la pointe dirigee en bas et en 
avant, de sorte qu'on nc pent pas prendre les cones sans en etre piqu6, m6me 
si on ne les serrc pas. On pourrait peut-etre objecler que la longueur et la 
direction des feuilles quiforment un collier a la base des cones de VA. Saviana 
seraient une consequence de la st6rilit6 de ces cones, par suite du manque de la 
plante male pour les feconder ; mais, dans les cones steriles de VA. bmsilien- 
<??>,qui,du reste, sont tres frequents sur I'arbre de Bibbiani, on voit toujours 
le meme collier de feuilles qui se trouve dans les cones fertiles des arbres 
de Uio-de-Janeiro. Le beau et grand corymbe, avec les rameaux longs et 
dresses, de VA. Saviana, la couleur glauque et la longueur des feuilles de ses 
rameaux, mgme k un age avance, lui donnent un port tout a fait particulier et 
distinct de celui de VA. brasiliensis, qui a des rameaux courts, la plupart 
horizonlaux ou ouverts, les feuilles de ces rameaux plus courtes, plus larges; 
j>lus rapprochees cntre elles, vertcs et seulement un peu glauques en dessous 



s 









d.J,Jb 



SEANCE DU 22 FEVP.IER 1861. 01 

lorsqu'elles sont jeunes. Chacuu pent apercevoir, an premier coup d*ocil, la 
difference desdeux espSces, lorsqu'on regarde r-4. Saviana du jardin de Pise 
plante a peu de distance de I'A. brasiliensis, et le bel et grand arbre de 
cette derniere espece qui est cultive dans le jardin de Bibbjani. 

M. T. Fuel donne lecture de la lettre siiivante, qui lui a ele 
adressee par M. T. Letournoux : 



r 

SVR LA DISTRIBUTION GEOGRAPHIQUE DES PLANTES DANS LE DEPARTEMENT DE LA \FSl)KE 

ET LES REGIONS VOISINES, par M, Tacitc liFiTOtJR^EUX. 

{Exirait d'nne Ictlre adressee a M. T. Pncl.) 

Fontenay-Ie-Comte (Vendue), 17 avrii 1850, 



Je viens de relire votre derniere lettre, et je vais tacher de repondre de 
inon mieux a toutes vos questions ; niais auparavant je crois indispens^ible de 
vous preseiiter, sur Tensemble de la vegetation vend6enne, quelques id^es 
generales qui serviront a relier ensemble eta encadrer, si je puis m'cxprimcr 
ainsi, les details que j'ai a vous donner. II en resnltera deplus la preuve que 
vous avez eu parfaitement raison de distinguer une (lore aquitainc et une (lore 
bretonne, en plafant dans notre departement la lijnite qui less6paie. 

Vous savez, et d'ailleurs cela est 6crit partout, que Irois grandes divisions, 
correspondant 5 trois natures de terrain, se partagent le territoire de la 
yend^e. 

Le Bocage^ compose de schiste et de granite, est le prolongement evident 
des terrains primitifs de la Brelagne dont il est limitrophe; avec cette diffe- 
rence, loulefois, que les affleuremenis calcaires s'y montrent plus frequents, 
annoncant Tapproche des terrains supercretaces qui occupent tout le sud- 

ouest de la France. ' 

Le Bocage forme les deux tiers au moins du departement : ii compreiid la 

F 

presque totality des arrondissements des Sables etde NapoliJon avec la parlie 
nord de celui de Fontenay. 

A roppos6, c'est-h dire ausud, le Marais, vaste alluvion conquise sur la 
mer par les depots de la Sevre-Niorlaise et de ses affluents, la Vendee et 
rAuthise, recouvre un sous-sol calcaire de meme nature que celui deTAu- 
nis. Ca et la emergent des collines 6ievees qui furent autrefois des ilesel qui 

^ 

en portent encore le nom. La face ouest ou sud de ces iles est en g6n6ral 
abruptement couple et comrae rong^e par Taction des flots : elle offre une 
ressemblance complete avec les falaises des environs de la Rochelle. 

Entre le Maraiset le Bocage, sur uiie largeur qui varie de 4 a 8 kilometres, 
s'allonge, de Benet h Lufon, une bande6troite de calcaire a belenmites ; c'est 
la Plaine^ qui descend des plateaux du haut Poiion et s'abaissegradnellement 






92 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



jusqu'au niveau du Marais, sous lequel elle disparait pour se rcmontrer dans 

ie d^partement voisin. 

G6ologiquement, la Vendue n'a done ricn qui lui soit propre : ic Socage . 

I 

appaitient au dopartement de la Loire-Inf^rieure, les Deux-Sevies reven- 
diquent la Plainc, et le Marais n'est qu'un fragment detachc de la Gharente- 

Inf6rieure. 

Je crois bien que, dans une 6tude generale, Ie calcaire de la Plaine et celui 
du Marais ont trop d'analogie pour n'etre pas reunis dans un meme systeme; 
i)s appartiennent, selon moi, lous les deux a la flore aquitaine ; mais, au point 
de vue restreint du d^parlement ou je les considere, ils m^ritent d'etre 

distingu^s. 

La botanique confirme les indications de la geologic. Si, de la liste de nos 
plantes, vous retranchez ce qui fait le fond de tontes les flores et quelques 
espfeces dont la presence n*est pas encore expliqiiee, Ie surplus pourra etre 
divisi5 en trois groupes tres distincts, auxquels je donnerais le nom des d6par- 
temenls liraitrophes a la vegetation dcsquels nous empruntons ces plantes. 

Ainsi, a Test, nous avons les plantes des Deux-Sevres ou de la Plaine. Plu- 
sieurs ne p^netrent pas au dela des communes de Benet, d'Oulmcs et de 
Nieul; d'autres atteignent Fontenay, et quelques-unes vont jusqu'a Lucon. 

Mais il est a remarquer qu'a partir de Fontenay la v^g^tation change peu S 
pen de caractere, et qu'en approchant de Lucon elle se confond de plus en 
plus avec celle du Marais, c'est-a-dire des iles du Warais. 

Dans ce premier groupe viennent se ranger : Thalictrum rninns^ Delphi- 
nium car diopet alum, Biscutellalcevigata, Holosteumumbellatum, Euphor- 
bia falcata, Veronica prcccox, Orobanche Epithymum, Vicia peregrina, 
Adonis flammea^ Nigella arvensis^ et probablement quelques autres que 
J'oublie^ mais en petit nombre, la plupart plantes segetales et toutes apparte- 
nant h la flore poitevine. 

Les plantes de la Charente-InKrieure ou du Marais sont beaucoup plus 
nombreuses, parce que le Marais occupe une plus grande surface, et surtout 
parce qu'elles comprennent les plantes maritimes ou sabulicoles, Tels sont : 
Nigella damascena^ Sisymbrium Columnce^ Calepina Corvinij Linum 
strictum, Trigonella monspeliaca^ Euphorbia palustris^ etc. 

Quant aux plantes de la Loire-Inferieure ou du Bocage, elles comprennent 
nficessairement tout ce qui est exclu des deux autres groupes, c*est-a-dire la 
s6rie des plantes caract^ristiques des terrains primitifs. 

Vous le voyez, Monsieur, nos id^es se trouvent en parfaite concordance 
sur ce point, quidonne a I'^tude de notre departement un grand interet, i 
savoir que la Vendee est une contr^e de transition : transition graduelle et 
insensible du nord au midi, resultant de notre position centrale ; transition 
brusque et heurt^e du calcaire aux terrains primitifs. 

Vous avez fix6 le point de jonclion des deux flores aux Sables-d'Olonne, 









I 

h 

\ 




• 



SEANCE DU 22 FEVRIER 1861. . 93 

cl, pour uu travail general, cette indication est peul-etrc suffisammcnt cxacto. 
S'il s'agissail d'uae ^tude deparlcmeniale, ou la precision est necessaire, je 
rcporterais ce point a un niyriametre environ au sud des Sables vers Tansc 
do Perray. C'est la, en effet, que se tcrmine, avcc les roches primitives, la 
(lore bretonne^ et qu'avec le calcaire commence la Acre aquitaine. Partanl 
^ do la, je prendrais, pour delimilation des deux flores, la ligne sinueuse qui 
circonscrit leBocage et le separe du Warais d'abord, puis de la Flaine, jus- 
qu'a Saint-Hilaire-des-Loges, frontiere est du departement, d'ou je viendrais 
retrouvcr la Loire, en coupant lesdepartemenls des Deux-Sevrcs et de Maine- 
et-Loire. 

Voulez-vous me permeltrc de hasarder quelqucs observations, non pas sur 
les divisions que vous faites de la France en dix regions, mais sur la denomi- 
nation d'une partie de ces regions? 

Dans voire systeme, le bassin de cliacun de nos grands fleuves donnc soil 
nom a une division botanique ou flore. 

Comprendrez-vous dans cbacune de ces flores lout ce qui appartient au 

bassin du fleuve denominateur? II est evident qu'alors vous reunirez ensemble 

une foule de choses disparates et des terrains qui n'auront d'analogie enlre 
eux ni par leur constitution g(5ologique, ni par la nature deleur vi^'g^tation. 

Plus le cours du fleuve sera long, et plus le defaut sera sensible : je ne 
conjprendrais guere une flore du bassin du Danube, encore moins du Gange, 
de rOrenoque ou du Mississipi. Mais, pour nous en tenir a ce qui nous 
touche, attribuerez-vous a la flore bretonne le departement de la Viennc, 
parce que la Vienne est un affluent de la Loire? En excluerez-vous une partie 
du Bocage vend6en, sous pretcxte que la Vendee et les deux Lays n'appar- 
tiennent pasau bassin de la Loire? Que ferez-vous despetits bassins inter- 
m^diaires de la Sevre, de la Cliarcnte, de la Vilaine ? 

La constitution du sol, Taltiiude et la cbaleur sont les causes qui niodifient 
la vegetation; la declivitc des terrains qui dirige les eaux vers tcl ou tel fleuve, 
n*exerce, au contraire, aucune influence sur Ics plautes. C*est done, selon 
nioi, a la geologic et a la climaiure que la geographic botanique doit empruntcr 
ses bases, et non a Thy di*ographie. 

Si, au contraire, vous etes entraine par la force des choses, pour ne pay 
rompre des affinitds evidentes et pour doimev a vos regions rhomogc^neite 
n^cessaire dans une bonne division, h retrancher, commc vous Favcz dejh fait 
pour les regions de montagnes, telle ou telle partie du bassin, ou h y ajouler 
telle ou telle autre partie d'un bassin etranger, si, dis-je, vous etes oblig6 de 
tailler a chaque fleuve un bassin de fantaisie, ne vaut-il pas mieux cbercher 
des denominations qui ne renferment pas une idee fausse ? 

Pardonnez-moi ces longues causeries : j'arrivc enfin au veritable objet de 

la lettre a laquelle je reponds, 

Les questions d'altitude, qui ont tant d'iuleret dans Tintiirieur de la France 



• 



I 



[)!l SOCiETE DOTANIQUE DE FRANCE. 

et surlout dans les regions de montagnes, sont comple lenient negligees par 
nous autres habitants du littoral, parcc qu'elles sont indiffcrentes et qii'ellcs 
ii'exercent aucune influence sur la vegetation. 

Fontenay est a peine 61eve de quelques m&tres au-dessus du niveau de la mer. 
La Vendee <5coule avec difficulte, faute de penle, ses eaux a deini stagnantes, 
jusqu'a la Sevre, h travers des prairies loujours inondees pendant I'liiver. 

Saint'31ichel-MoiU-i\Iercure, le point culminant du departement, n'atteint 

+ 

pas 300 metres, et les herborisalions que j'y ai failes ne m*ont pas fait decou- 
vrir la nioindre difference entre sa vegetation et celle des coteaux de la 
Vendee pres de Fontenay, qui out la mene nature avec une elevation de hi) 
a 50 metres seulement. 

Me voici enfin parvenu aux details de geographic botanique, que je vais 

r 

ranger sous forme de liste etdans I'onlre de la Flore de V Quest de M. Lloyd. 

{la suite a la prochaine seance.) 



M- Puel repoiid de la maiiiere suivante aux objections qui lui 



sont faites dans colte lettre : 



floJX' fi 



j'ai dit de la maniere la plus positive que les limites des regions contigues 

sont tracees par la nature meme de la vegetation et fondees uniquement 

sur des considerations botaniques. J'ai montre qu'en general les regions bota- 

niques coincident avec les limites naturelles des bassins geologiques, maisje 

n'aipas pr6sent6 cette coincidence comme constante, et je n'ai jamais considere 

ies limites g§ologiquesque comme la representation mat6rielle et approximative 
des limites botaniques. 

Quant aux denominations que j'ai adoptees, je n\* attache qu'une mediocre 
importance, et je ne les ai employees qu'apres avoir vainement cherche des 
expressions phis convenables. 

Dans la prochaine seance, j'aurai Thonneurde presenter a la Societe un extrait 
du catalogue fort int6ressant qui m'a ete communique par M. Letourneux, 



M. Ed. Bureau fait observer quelalimite indiqu^e par M. Letour- 
licux enlre la florc du Bocage el celle de I'Aquitaine ne lui parait 
pas pouvoir elre fixee d'une maniere aussi precise. II existej en 
efiet, dans I'interieur du Bocage, des ilots calcaires dontla vegeta- 
tion presente une grahde resserablance avec celle de rAqiiitainei. 
Dans toule cette region, les terrains calcaires, quel que soil leur i1 
reproduisent toujours la meme flore. M. Bureau est dispose a 
admettre que la nature chimiquc du calcaire est la cause principale 
tie cette uniformite de veeetation; 




t 



\ 



f 



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H-. 



SEANCE DU 22 FEVRIER 1861. 05 

M, Brongniart rappelle que, dans les terrains analogues, niais 
d'age dift'ereul, il s'est souvent produit, dans la suite dcs temps, des 
modifications chimiques qui annulent completement I'influenee que 
I'age geologique de ces terrains pourrait exercer sur la vegetation 
qui les couvre aujourd'hui. II ajoute que la couche de terrc vegetale, 
sur laquelle se developpent habituellement les plantes, ne participc 
que jusqu'a im certain dcgrea la constitution chimique el physique 
du sous-sol qui lui sert de base. 

M. de Schcenefeld, secretaire, donne lecture des communications 

+ 

suivantes, adressees a la Societe : 



NOTE SUR LE VEPPAMARCM VEMOU [Amdivachia iadka A. do Juss.), 

par M. dTules IilgPi:WE. 

(Pondichery, 17 d^cembre i860.} 



Paimi les arbres utiles de llnde, celui-ci merite de fixer rattention, et il se- 
raitadesirer que son acclimatatioa fut essay^edans nos colonies eten Algerie. 
C'est un bel aibre, dont les feuilles alternes, h quiiize folioles tres in^quilate- 
J'ales, sont a dents tres ecartees. Les paniculcs, plus courles que les feuilles, 
portent des fleurs blanches et inodores. Les fruits sont ovo'ides-globuleux, ct 
renfermeut une graiue allongee, presque trangulaire ; I'^pisperme est blanc, 
mince, non adherent a I'amande ; celle-ci est jaune verdStre, recouverte d'une 
pellicule brune; 10i)0 grammes de semences renferment 470 grammes d'epi- 
sperme et 530 grammes d'amandes qui conliennent 41,5 pour 100 d'huile. 
Cet arbre est le Melia Azadirachta de Linn^, VAi'ia-Bepouri de Rheede, le 
Neem des Bengalis, le Margosier des Europ6ens. 

L'auteur du Muksunul-Udivleh decrit quatre especes de Vembou ; 

\° Le Nim [Azo.dirachta indica) ; 

2" Le Bukaymn, Ban-Azad-i-durukt [Melia Bukani, Melia sempervi- 
rens)^ 3ia/m-iVim6o ; les setneuces de cette espece sont consider6es comiud 
emetiques el anthelminthiques ; Ticorce est amere et anthelminthique ; 

3° Le Dek {Melia Azedarach) ; c'est le Lilas-des-Indes, VArbre-d-cha- 
pelet ; 

h" On n'est pas d'accord sur I'identite de la quatriSme espece; Royk 
suppose que c'est le 3felia composita. 

Le Margosier, tres coramun a Pondich^ry et sur loute la cote de Coroinan- 
del, a un bois dur, d'un grain fin et propre & beaucoup d'usages ; il est blanc 
jaunatre, amer. L'ecorce, brune ext6rieureraent, est a I'lnterieur jaune pale, 
avec des parties blanches ; elle est tres amere. C'est unbon tonique, un febri- 
fuge leger. Les natifs radministrent en decoction et en poudre dans les fievreS 






96 SOCJETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

iiiteriniltentes. Quelqiies medccins pretcndcnt que c'est lucme un exccUeni 
succedan6 du quinquina. M. Piddiugton a annonce en avoir retire nn principe 
febrifuge, qu'il appelle azadirine. Cette decouverte, quoique deja anciennc^ 
ne parait pas avoir ete confirmee. Les feuilles seches, ajoutees aux calaplasmes, 
arretent le d^veloppement des lumeurs glanduleuses. Les medecins natifs 
considerent les feuilles coiiime un bon resolutif, etles font infuser dans I'eau, 
le vin ou Talcool campiire, et, apres avoir imbibe des linges avecces liquides, 

■ 

les appliquent dans les contusions, les enlorses et les fractures, Le docteur 
l^'iglit pr(5tend que les eruptions puslulaires et les psoriasis, meme les plus 
rehelles, sont guerispar Tapplication des feuilles reduites en pulpe. Les natifs * 

out I'babitude, au declin de la variole, de couvrir le malade avcc des feuilles 

r 

de Margosier, La gomme qui suinte de T^corce est consideree comine stiinu- 
lanle. Les graines denudees sont insecticides ; on les pile, et, apres les avoir \ 

delayees avec de I'eau, ons'ensert pour nettoyerla chevelure. L'huile retiree 
de la graine est jaune, a une saveur amere, une odeur alliacee; elle renferme 
un principe sulfurcux; a 25 degres, il s'y forme un depot ; elle se solidifie 
Ji -J- 7 degres; sa density est de 0,921. Cette huile, a la temperature de | 

30 a 32 degres, forme un depot rougc-marron, bicn distinct de cclui obtenu 
par un abaissement de temperature ; il est soluble dans I'alcool, se liquefie a 
+ 36 degres; I'alcool dissout un cinquieme de rimile qui surnage sur le 
depot; rhuile dissoute par Talcool ne se liquefie qu'a 30 degr^^s. L'huile de 
Margosier, saponifi6e par la soude, donne un savon couleur nankin, tres dur ; 
si Ton decompose ce savon par I'acide sulfurique, on obtient 35 pour 100 
d'acides gras, liquides a + 30 degres, et 65 pour 100 d'acides gras, solides 
^ kh degres, qui cristallisent dans une dissolution alcoolique. L'huile de Mar- 
gosier est un remede usuel contre la lepre; onTemploie dans les maladies cu- 
tanees et pour panser les ulcercs, en frictions dans les rhumatismes. On Tuti- 
lise aussi comme anthelminthique, comme huile a bruler, et pour la teinture du 
coton. Le lourteauquireste apres Texpression de Thuile est tres amer; nous 
en avons retire une r^sine jaune, friable, am5rc, et une matiere jaune nankin, 
tr^sanierc, insoluble dans I'eau, soluble dans I'alcooL 



sua LA FAMILLE DES (iUTIirERES, par ^IM. ^.-B. PIjAIVCHOIV 

w 

ct jr. TRIAIVA fin (1). 

Trib. II. — MORONOBE/E. 

^stivatio calycis quincuncialis, corollie contorta. Stylus 5-fidus, divisuris 
apice foveola mlnuta stigitiatosis. Ovula iti loculis ovarii plura. Bacca corli- 
cosa, indehiscens, oligo-v. polysperma. Embryonis tigella maxima; cotyledones 
nulla?. 



(1) Vojcz filus haul, p. 2C et G6. 



SEANCE DU 22 FEVRIER 1861. 97 



Gen. XVII. — MORONOBEA Aubl. 



Stamina in tubum lageniformem apice 5-fiduni concreta, antheris aduatis 
extrorsis. Discus cupuliformis, aodrocei basioi extus cingens. Bacca oligo- 



sperma. Seraina tomeniosa. 

Moronobea coccinea Aubl, et affines. 



Gen. XVIIL — cnilYSOPlA Pet.-Tli. 

Bacca polysperma. Sernina laevia. Caelera Moronobeoe. 

Ckrysopia fasciculata Pet.-Th,, etc. ^ 

Gen. XIX. — MONTROUZIERA. Pancher mss. 

Stamina pentadelpha, glandulis fi staminum phalangibus interjectis. FiU- 
menta a basi ad apicem concreta. Antberae in adelphia singula 8-10, liberae, 
extrorsae, lineares. Bacca oligosperma. Seminum testa glabra, 

Monirouziera sphceroidea Panch. mss., Nova Caledonia, Pancber. 

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Gen. XX. — PENTADESMA Don. 

Stamina inferne breviter pentadelpha, numerosis glandulis 5 phalangibus 
interpositis. Filamenta filiformia, longe libera. Anthcrse lineares. Bacca poly- 
sperma. Seminum testa glabra, 

Pentadesma butyi^aceum Don, Africa occid. trop. 

; 

Gen. XXL — PLATONIA Mart. 

Stamina numerosa, breviter pentadelpha, lobis 5 disci bypogyni cum pha- 
langibus alternantibus; filamenta longe libera, filiforniia; antberae lineares. 
Bacca^ loculi aborlu monospermL Seminum testa Aillosa. 

Platonia insignis Mart., Regio amazonica. 

w 

TwB. III. — garciniej:. 

Ovarium 2-plurilocuIare, loculis [angulo interno uniovulatis. Stigmata in 
discum concreta. Baccaa loculi monospermi. Semina cxarillata. Embryonis 
tigelJa maxima, cotyledones minutae v. nulte. 

Gen. XX[r. — OCIIROCARPUS Pet.-Th. 

Calyx 2-phyllus. Corolla,.. Stamina (in flore pseudo-hermaphrod. ) plura, 
simplici ordine basi coalita. Stigma crassmn, sessile. Ovarium 4-loculare. 

Ochrocarpus madaijascarknsis Pet. -Th. - 0. evonymoides Nob. , Mada- 
gascar, Chapelier. 



Gen. XXllI. — GARCIMA L. 



Ma 



piurima libera v. mono- v. tetradelpha. — Hermaphr. v. pseudo-hermaphr. 
Stamina plus minus effceta, uniseriala T. obscare pluriseriala, dcfiniia v. inde- 
finita, libera v. varie connexa. Ovarium &-6-8-12-loculare, rarius 2-loctilare. 



T. VIII. 



7 



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SQC\t.'tt CDTSNIODFrDB :Fn\KCR: 



• *,,,. __\bECT*. ]« 



MAINGOSTANA. > 



''Stigma rafliatum, laeviusculiiiu, non lorulosum. ' : ' 

•: Garcinia Mangostana L.*— G. cornea L:, etc. 

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# -P I ^ ^ 

Sect. U. — GAMUOGIA (Camhogia L., Brindonia Peti-tlu, Oxycarpus Loureiro). 



' ) 



1 * 



Stigma radiatum. radiis torulosis v. tuberculosis, tuhercniis in longum bi- 



seriatis. 



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Garcinia Cambogia Desrouss. 
Coiva Roxb. , et affines. 

Sect. III. 



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Garcihia 



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PELTOSTIGMA. 



I ' 



Stigma discoideum, margine repandum, suporficic sinuoso-rugosum. Ova- 
rium biloculare* _■'_.■ 

Garcinia anomala JHoh. y Kbasya, Hook. fil. et Thorns, 



Sect. IV. 



TRACHYCARPLS. 



Stigma discoideum, peltatum, irregulariter lobatum, superficie tiibercu" 
losum. Drupa ecbiaulato-niuricata, 1-3-spermh. 



a 



Sect. V. 



COMAROSTIGMA. 



Stigma obsolete i-lobum, &-sulcum, aiifracluoso-tuberculalum. Ovarium 
ft-loculare, laeve. Antherae (d. masc.) 4-loculares, H-valvcs. 
Garxiniapa^ncidata 'Roxh., Iiid. or. 

r 

Sect. VI. — HEBRADENDRON (gen. Hebradendron Grab.). ' 

Stigma repando-Mobum, tuberculis elevatis, discretis, sparsis dsperatum. 
Antherae (fl. masc.)peltata?, circumsclssse. ^ 

Garcinia Gutta Wight. — Garcinia -pictoria Roxb. , et affines. 



Gen. XXIV. 



DISCOSTIGMA Hassk. 



' Catyx a-phyllus, foliolis biscriatis. Petala h, sepalis alterna. Masc. Stamina 
tetiadelpha, phalangibus petalis oppositis. Antheras bilocularcs, poris geminis 
dehiscentes. — Fern. Staminodia squamlformia, anaiuhera. Stigma peltatum, 
integrum, laeve. Ovarium biloculare. ' , 



Sect. !. 



EUDISCOSTIGMA. 



"i 



Phalanges staminum a petalis libera^. Pistilli rudimentum fuiiglforme, Sta- 
minodia (fl. fern.) h, uniseriata. 

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Discostigmarostratum Hassk,, et affines. • 



Sect. II . 



ri 



TERPNOPHYLLUM (gen. TerpnophjUum Thwait.). 



Phalanges staminum petalorum basi adh^reates. Pistilli rudimentum mi- 
uulum. Staminodia (fl. fcm.) plura, imbricata. ' 

,. Discostigma{^Y(iv^moy>h^\\x\\nli:\\w.) zeylanicum'^fih. " 



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SEANCE DU 22 FEVRIER 186J . ' <W 



Gen. XXV. — XANTHOGIJYYIUS Roxb. (Stalaginiiis Murray, pro parle). 

.'Calyx S^phyllus. Petala 5, sepalis allerna. Jfec. Stamina pentadelpha, 
phalangibu§ petalis oppositis. Ovarium 3-5-JocuIare, in stylum productum. 

J. w 



Stigma 3-5-lobum. 



Xanthochym 



Gen. XXVI. — UIIElilDIA L. (Uheediae, Verticillariae, Mammeae, Calophylli 

el Garciniae sp. auclor.). / 

I 

Florcs polygamo-dioici. Calyx 2-phyllus. Petala ft, biseriata (rarius, lusu 
quodam, calyx /i-phyllus, petala 2). Ma%c. Stamina sub disco piilvinifofmi 
inserta, numcro indefinita, libera. — Hermaphr. Stamina minus numerosa, 
subunigeriata. Ovarium 2 3-locuIarc, disco carnoso insidens, stylo brevi, slig- 
mate umbonato. Bacca 1-2-sperma. Semina pulpa endocarpii involuta; ligella 
(radicula) maxima ;cotyledones minutissimae. ^ ^ 



Sect. X. — EURHEEDIA. 



Bacca laevis. 



^ * 



Rheedia laferilhra L. — Rheedia edulis Nob. (Calophyllum edule Seem.) 
Rhecdia Commei'sonii Nob., [Madagascar, Commerson. — Rheedia Per^ 
villei Nob. , Madagascar. • - 



Sect. II. — VERTICILLARIA. 



Bacca extus muriculato-tuberculosa. 

Rheedia acuminata Nob. fVerticillaria acuminata R. ct Pav.)— Rheedjla 
^/«c?/'o^o Nob. (Calophyllum Madrono H.B.K.) 

Trie. IV. — CALOPHYLLE/E. 

J' 

Ovarium 1-2-locuIare, loculis 1-2-4-ovuIatis. Ovuia anatropa, e basi loculi 
erecta. Stylus 1. Drupa 1-2-^-locularis, 1-4-spenna, v. capsula bivalvis. Co- 
tyledones maximae, liberae v. coadunatae; ligella (radicula) minima. Stipulae 
nuUae. 

CxEN. XXVII. — CALOPHYLLUM J^ 

Ovarium uniloculare, uniovulatum. Drupa unilocularis, monosperma, pu- 
tamine crustaceo. 

Calophyllum Inophyllum L. — Calophyllum Calaba Jacq. , etc. 

Gen. XXVIIL — KHAYEA Wall. 

Ovarium uniloculare, ^-ovulatum. Stylus apice /i-fidus. 
f^ayea floribunda yf ill. — Khayea philippinensis Planch, mss., Cu- 
ming. 

Gen. XXIX. ~ MESUA L. 
Ovarium biJoculare, loculis biovulalis. Capsula bivalvis, l-/i-sperma. 
Mesua fetTca L. , et afiSnes. 



100 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



Gkn. XXX. 



MAMMEA L. 



Ovarium 2-/i-loculare^ loculis l-2-o\ulalis. Bacca corticosa, 1-4-sperina, 
raesocaipio pulposo, endocarpio fibroso teslae seminuni fibrosae adhaerenle. 
Cotyledones conferruininatae. Folia pellucido-punctata. 



Sect. 1. 



EUMAMMEA. 



Loculi uniovulati (fide Camb. et auctor.). 
Mammea americana L. 

Sect. II. — CALYSACCION (gen. Calysaccion Wight). 

r 

Loculi biovulati (fructus nobis igiiotus). Flos et facios plane Mammea:; ame- 
ricanae. 

r ' 

Mammea longi folia Nob. (Calysaccion longifolium Wight). — Mammea 
tisiatica (Calysaccion ovalifolium Choisy). — Mammea (Calysaccion) eugc" 
niotdes Nob. , Madagascar, 



TmB. V. 



QUIINE^ TuL 



\ 



Ovarium 2-3-loculare. Ovula in loculo quovis 2, angulo interno basim versus 
afiixa, adscendentia. Styli 2-3, dislincti. Bacca exsucca, corticosa, l-/4-sperma. 
Semina tomentosa. Enibryonis cotyledones crassae, tigella (radicula) minima. 
Stipulae ad basim folii cujusvis 1-2. 

QUIINA AubL, Tulasne (Guiina Crueger, monenle cl. Sagot 

r 

in Jilt.). 



Gen. XXXI. 



StrucUira floris varia. Geniis ullerius in seciiones caute dividendunu 



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REV[]E BIBLIOGRAPHIQUE 



AVR!L 18G1, 



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PHYSIOLOGIE VEGETALE. 



Cousiid^rafloiiii^ sur la partli<Siiog;<Eiiese dans le reg:ne 
v^Sgrdfal 5 par M. le docteur H. Baillon {Reciieil d' observations bota- 
niques, cahier de decembrc 1860, pp, 12M28; cahierde Janvier 1861, 
pp. 129-138). 



La parthenog^n&se, ou la production d'un embryon sans Kcondation prea- 
lable, a ete, depuis quelques anuses, I'objet d'6tudes suivies dans plusleurs 
dos grands centres scientifiques de TEnrope. Noire Revue a d6ja rendu 
compte des travaux de M. Radlkofer (t. VI, p. h^h), etde ceux de M. Kegel 
(t. VI, p. 815). Anterieuremenl a ccs publications, Jes lecteurs du Bul- 
letin avaient deja eu connaissancc de plusieurs documents sur ce sujet, et 

I 

entre autres de quelques observations de M. Baillon lui-meme (Voy. le 
Bull.^ t. IV, p. 692).Aujourdhui, M. Baillon reproduit les considerations que 
plusieurs auteurs et lui-meme out deja presentees sur la moncecle accidentelle 
des Mercuriales, et rapporte de nouvelles experiences qu'il a faites sur le trans- 
port a distance du pollen du Bryonia dioica. II examine cnsuite de nouveau les 
phenomenes offerts par le Coelebogyne^ et s'attache k r^futer les objections 
qui lui out et^ faites a ce sujeL II se croit en droit de conclure que cette 
plante ne jiistifie pas plus que les autres la tb^oric de la parlh6nog6nese. 

Eugene Fournier. 



^inoirc .sur Ic d^veloppemcnt des Oeurs a couronnc; 

par M. le docteur H. Baillon {Recueil d' observations botaniques^ cabier 
denovembre 1860, pp. 90-96; cahier de d^cembre, pp. 97-103). 



que 



mar it i 



mum. Sos etudes lui ontmontr^ que, dans toutes les fleurs qu'il a examinees, 



post6rieurement 



tube 



de la fleun Jl croit, en consequence, devoir exclure de rinterprfitalion de la 



couronne au groupc 



102 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



staminal II se demande ensuite dc quelle nature est Ic lube assez court qui 
s'etend cntre rinsertion des p6tales et celle des etamines. Pour lui la reponse 
n'cst pas douteuse : w unorgane qui porte le calice, puis la coroUe, puis Tan- 
» drocee, est un organe receptaculaire. » Done la couroime est une production 
tardive qui apparait sur Taxe apr^s que le gyn^cSe s'est constitu6, c'est-a-dire 

im disque. 

Le m6moire se termine par T^tude des Narcisses a fleurs doubles. Ici 
encore I'auteur croit pouvoir conclurc de ses observations que les lames, de 
forme et de coloration variables, qui se produisent autour des appendices p6ta- 
loides surnumeraires, ne sont que des portions du receptacle gonflees et 
ti^ineficcs,. Pour la bibliographic deja compliquee de la question, Tauteur 
renvoie aux travaux de M. J. Gay (Ann. sc, nat., U^ serie, t. X, p. 75 J ^t 
BulLSoc. bot. de Fr.ytyi,pp.9Qtni). 



Ors^nog^Snic floralc Ach Xunthiun% ; par IVl. Ic dgcteur 
. H. BaiUon [Recueil d' observations hotaniques. cahicr 4c d^ccmbre 1860, 
:. pp. H7420). ^ V 

' Dans cette note, Tauteur rappelle d'abord les travaux de M. Clos et de 
"IM. Payer sur Torganisation florale des Ambrosiacees. Puis il decrit le d6ve- 

■ 

loppement des fleurs du X. strumarium et du X orientale. Les fleurs 
feitielles sont au nombre de deux, coUaterales sur un receptacle comniun, 
et plac^es cbacune a Vaisselle d'unebractee. Elles sont representees d'abord par 
un niamelon convexe, lequel s'evase en une coupe circulaire qui rcpresente 
probablement la corofle. Le gynScee est forme de deux feuilles carpeflaires 
Opposees, dont Tune est exactement superposee Ji la bractee axillante. L'ovqle 
naitun pen lateralement, son point d'insertion remontant vers la bractee; il 
devient cnsuile anatropc, et les deux raphSs font face aux bractees. L'auteur 



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B. F. 



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BOTANIQUE DESCRIPTIVE. 



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ct sur d'antvcs^ 



A. Jordan {Annotations a la Flore de 



France €t d'Allemagney pAT M. C. Billot, 1861, pp. 227-232). 



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Dans cette note, M. Jordan etudie §ix especes voisines qui ont 6te, d'apr 
lui, cnnfondues jusqu'ici sous le nom de Bromus maximus, surtOS^t da»s 
flore de France de MM. Grenier et Godron, et dans le Flora Jtaliana 

W. Parkiore. Ce soiit Im B, rigidus Roih, B. viascimm Desf.. B. amt 



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REVUE DUilJOGllAI'lUQUE, 



103 



J 



gens iwd. {/J. mcujioius Bow mn Desf.), B. aspcripes JonL [JJ. Gui^miH 
Cuss.), B. Borwi Jorcl {li. , Gussonii Ym\), B. ijropmdens Joid. (/i. 
Gussomi Par], pro pm^te). La diagnose de cbacune de ces especes est doiio<^ 
en latin. 



E. Y. 



isimiil terrartiUA 



J 



adjaeeutitiiii^ er^o inedite l^Luroptc; auctoribus L. Kciciieiv- 
bach et H.-G. Reichenbach filio. Tom, XIX, auctorc H.-G. Reichenbach 
filio. In"Zi% Leipzig, chez Ambroise Abel {Suite.) 



. J)ecades 13-15. v> 

Tab. l/i82. Hieracium praealtuni Griseb. van auriculoides Lange, var. fallax 
>V. l/i83. H. BauhiniBess. l/i8i. H. floribundumWiium,; H. praealtum Griseb. 
var. Reichenbachii Rchb. fil. IASd. H. cyrnigerum Rclib. I/486, H. Nestled 
Vill.; H. poliotrichum ^Vimm. l/i87. H. sabinum Seb. var. Laggeri SchuUz 

i ■ ■ * 

Bip.;H. multiflorum Schlch, I/488. H. Auriculo-praealtum Rchb. fil. 1489. 
H. Hatisnianni Rchb, fd. ; H, hvbridum Chaix var. pusillum. 1490. H. fulgi- 
.dum Heynli. ; H. hybridum angustifolium Rchb. fil. 1491. H. Lawsonii Vill. 
f1492. H. vestituin Gr. etGodr.; IL sericeum Lap. 1493. H. Ramondi Griscb. 
.1494. IL iricum Fr. 1495. H. cerinlhoides L. var. glabrescens Gr. Godr.; 
H. olivaceum Gr, et Godr. 1496. H. cerinthoides L.; H. vogesiacum Mougeol^ 
.l'i97. H. rseudocerinlhc Gaud. U98. H. Reuteri Rchb. fil.; H. Caiulollei 
Froel. 1499. H. Morisiaimm Rchb. fil. 1500. H. amplexicaiile L. 1501. 
IL. riipicola Jord.; IL aniplexicaulc L. var. petraeum Hoppe. 1502. IL pul- 
monarioides Till. : H. nobile Gr. et Godr. 1503. H. liguslicuni Fr. 1504. IL 
xompositnm Lap. 1505. H. ocbroleucum Scldeich. 1506. H. alpinum L. var. 
glanduliferum Rchb. fil.; H. sudeticum Stbg. 1507. H. alpinum L. var. IJal- 
. jeriGriseb., var. atraiiun Griseb. 1508. IL alpinum L. var. longifolium ; IL 
pibsuui Schlch. 1509. fl. nigrescens W. 1510. H. pallidiflorum Jord. 1511. 
H. jurassicum Griseb. ; II. prcnanthoides Vill. 



Decades 16 19. 



* ^ 



Tab. 1512. Hieracium lycopifoHum FixbI. 15i3. H. prcnanthoides Vill. 
var.? vogesiacum Gr. et Godr.; H. dcnticulatum Sm. 151^4. H. rhomboidale 
Lap.^ H. carpaticum Bess. 1515. H. valdepilosum Vill; H. dovrensc Fr. 
1516. H. cydonifolium Vill 1517. H. limnile Jacq.; H. iMcidumGuss. 1518. 
H. Bocconci Griseb. ; H. scapigcrumBoiss. 1519. H. murorumL. var.vulgare. 
var. plumbcum Griseb. 1520. II. murorum L. var. aniicoides Griseb.^, var. al- 
pestre C ri.seb. 1521. H. atrovircus Guss. ; H. incisum Hopp. 1522. 11. symphy- 
.tifoiium Frcei. 1523. H. poirectum Fr.; H. italicum Fr. 152/t. H. laeyigatum 
W.;H. caesium Fr. 1525. H.Virga-aurea Coss.;H. criiiilymSm. 1526. H-MiJ-. 
gatuiij Fr. var. gcnuinum.var. microcephalum IIausm.,var, rosulalum Griseb. 



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SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE 



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Onosmoides Fr. 1529. H. palens BavJl. 1530. H. australe Fr.; H, ramosum 
Kit. 45*^1. H. rigiduin Hartm. var. IridentatumFr. 1532. H. Lorteti^e Balb. ; 
H. datum Fr. 1533. H. nmbcllatum L. var. genuinum Griseb. var, latifo- 
lium Froel. i53/i. H. umbellatum L. var. aiitumnale, var, coronopifoliurn, 

w 

var. limonium Griscb. 1535. H. aestlvuni Fr.; H. coryiiibosiim Pers. 1536. 
fi. vlrosum Pall 1537. H. sabaudum All; H. umbellalo-vulgatuni Hausm. 
"1538. H. Notarisii Rchb, fil. ; H. croaticuin Schloss. 1539. H. racemosum Kit. 



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Ik) 



Fr. var. racemosum Hausm., var. virescens Griseb. , var. subsabaudum Rchb. 
fil 1564. H. eriophorum St. -Am. var. prostratum Gr. ctGodr. 15/|5. H. den- 
ticulalum Sm. var. macrotus Rchb. fil 1566. H. hirsutum Bernh. ; H. erio- 
pus Boiss. Heldr. 1567. H. rupestre All; H. Sartorianum Boiss. Heldr. 
1568. H. ruplcola Fr. var. fiancom'cum Griseb. 1569. R. Schmidtii Tausch. 
var. Sternbergii Grisob. , var. vulcanicum Griseb. 1550. H. lasiophyllum 
Koch. 1551. H. Retzii Fr.; H. cincrascens Jord. 
Decades 20-23. 

T 

' Tab. 1552. Hieracium norvegicum Fr. ; H. stelligerum Froel 1553. H. saxi- 
fragum Griseb. var. oreadesGriseb. , var. saxifiagum Fr. 1556. H. Gougetianum 
Gr. et Godr.; H. pallescens AValdst. et Kir. 1555. H. lanatum Vill. ; H. panno- 
-sum Boiss. 1556. H. Waklsteinii Tausch; H. Sclilosseri Rchb. fil. 1557. H. 
Friwaldii Rchb. fd.; H. taygetcum Boiss. 1558. H. fariiiulentiim Jord.; H. 
andryaloidcs Vill. 1559. H. Liottardi Vill. ; H. versuliim Frivv. 1560. H. 
glaiiduliferum Hopp.; H. piliferiim Hopp. 1501. H. villosum L.; H. boinby- 
cinum Boiss. et Reut. 1562. H. dentatum Iloppc var. macedonicum Griseb. 
•4563. H. scorzoncrifolium Viil. 156^. H. Sartorianum Boiss. Heldr.; H. gla- 
bratum Hoppc. 1565. H. bupleuroides Gmel. var. Schcnkii Griseb. 1566. 
H. bupleuroides Gmel. var. glaucopsis Griseb. ; 11. speciosum Horn. 1567. 
H. glaucum AH. var. Facchinii. 1568. H. sluppcum Rchb. 1569. H. Tom- 



masnni Rchb. fd. 1570. H. saxalile Jacq. 1571. H. leiocephalum Bartl.; H. 
Papperitzii Rchb. fil. 1572. H. Talrae Griseb.; H. politum Gren. 1573. H. 
Willdenowii Monn.; H. iwrrifolium L. 157^. H. politum Fr.; Xanthlum 
italicum Mor. 1575. X. spinosum L. 1576. X. saccharatum Wallr.; X. 
-Slrumarium L. 1577. X. macrocarpum DC; Ambrosia maritima L. 1578. 
lasione tnontana L. var. littoralis Fr.; J. perennis L. 1579. Phyteuma 
comosumL.; Ph. pauciOoruni L. var. globnlari3efolium K. 1580. Ph. humile 
Schlch.; Ph. hemisphaericam L. 1581. Ph. Charmelii Vill. var. lanceola- 
(um; Ph. serratum Viv. 1585. Ph. Balbisii Alph. DC. 1583. Ph. orbicu- 
larc L. var. genuinum, var. fistnlosimi K., var. lanceolatum Gr. Godr.. 
var. Sieber!. 1584. Ph. Scheuchzeri All.; Ph. Halleri All. 1585. Ph. Mi- 
chclii Bert. var. bctonicifolium Kit. , var. anguslissinium Kit. 1 586. Ph. nignmi 



I 



1 

i 



.^__n- 



• 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 105 

Schuiidl; Pli. spicatum L. 1587. Ph. limoniifolium Siblh. Sni.; Ph. canes- 
cens Waldst. et Kit. 1588. Edraiaiithus Kitaibelii Alph. DC; E. gramiuifolius 
Alph. DC. 1589. E. tenuifolius Alph. J)C.; E. caudatus Rchb. fil. 1590. E. 

:Piimilio Alph. DC; E. serpyllifolius Alph. DC 1591. Campanula xlledhim L. ; 
C. Allionii Vill. 

. Decades 24-26. 

. Tab. 1592. Campanula Medium L.; C Grossekii Heuff.; C. dicholoma L. 

.1593. C. sibiricaL. var. divergens. 1594. C barbataL. var. stricto pedunculata; 

C. alpiiia Jacq. 1595. C. multiflora Waldst. et Kit.; C. petraeaL.; C lingulata 

• Waldst. etKit. 1596. C. Cervicaria L. ; C. glomerata L. var. speciosa Alph. DC. 

,1597. C. spicataL.; C. thyrsoidea L. 1598. C rhomboidalis L. ; C lanceolata 

Lap.; C. bonpniensis L. 1599. C latifolia L. var. eriocarpa Alph. DC. 1600. 

,C Trachelium L. ; C. rapunculoides L. 1601. C Waldsteiniana R. etS. var. 

. Freyeri Rchb. fd., var. Visianii Rchb. fd, 1602. C. Scheuchzeri Vill. var. 

glabra Kit., \ar. hirta Kit.; C. linifolia Scop. 1603. C. rotundifolia L. 1604. 

C. caespitosa Scop.; C. macrorhiza Gay. 1605. G. stenosiphon Boiss. etRent.; 

C. excisa Schleich. 1606. C. pusilla Haenke var. pubescens Koch, var. Hop- 

peanaRupr., var. paniculata Naeg.; C pulla L. 1607. C Erimis L.; C. elati- 

noides Morett. 1608. C. garganica Ten.; C. Elatines L. 1609. C. Moreltiana 

Rchb.; C. cenisia L. 1610. C Rainerii Perpent.; C Zoysii Wulf. 1611. 

.C. fragilisCyr.; C. clisophylla Mor. ; C Portenschlagiana R. etS. 1612. C py- 

ramidahs L.; C carpatica Jacq. 1613. C. pei-sicifolia L.; C Rapunculus L. 

1614. C. patulaL.; C. abictina Griseb. ; C Steveni Bieb. 1615. C. Wanneri 

Roch.; C. Loreyi Poll. 1616. Spccularia falcata Alph. DC; Sp. Speculum 

Alph. DC. var. cordata ; Sp. hybrida Alph. DC 1617. Campanula capitata 

Sims.; Specularia pentagon a Alph. DC. ; Wahlenbergia hedcracea Rchb. 1618. 

Adenophora lilifolia Led.; Lobelia Dortmanna L. 1619. Ecbalium agreste ' 

Rchb. 1620. Bryonia alba L. 1621. B. dioica Jacq. 

Les dix livraisons qui composent le dix-neuvifeme volume comprennent 
123 pages de tcxte, et renferiuent les families des Chicoracees, Ambroslacdes, 
Campanulacees, Lob^liacecs et Clucurbitacees. 



Plantte %Vrig:htiaii» e Cuba orientall (Polypetaldc et Apctalx; 



f the American Academy of 
Cambridge et Boston, 1861, 



v\'h\ 



> . 



d 



, — ,j — ^j.- . ^ 

determination des plantes recoltees de 1856 a 1860 par un naturaliste amen- 
cain, M. Ch. Wright, dans la partie onenlale de I'ilc dc Cuba, ainsi que les dia- 
gnoses des genres et des especes nouvclles. Selon notre usage, nous indiquerons 



! 



• 



106 



SOClETli BOTAISIQUE DE TRANCE. 



fa 

ici les genres uomeaux qui sunt les nimAAl^ : Phlcboiamia (Polygalees) ; 
Ditta (Euphorbiac6es); Wcchleria (Amarantacecs); Carpodiptera (Bombacfe); 
Rheedia (Guttifercs, different du Rheedia L.); Gyrotcenia (Urticacecs) ; Lino- 
\dendron (Thym6Iees). II y a des esp^ces nouvelles dans les genres suivants : 
Clematis (Rcnonculac^es) ; Nasturtium (Cruciferes) ; Xylosma, Lwtia (Bixi- 
nees) ; Tricera, Savia, Phyllanthus, Croton, Bernardia^ Sapium, Excoe- 
jcaria, Pedilanthas (Euphorbiacees) ; Sloanea (Tiliacees) ; Laplacea (Terns- 
:trcemiac(;es) ; Gomphia (Ochnacees) ; Tovomita (Guttiferes) ; Byrsonima^ 
iStigmaphyllon (Malpighiacees) ; Serjania^ Ciipania (Sapindacees) ; Mos- 
johoxylum (Meliacees); Vacciniwn^ Clethra (Ericacees); Evonymus (C^lastri- 
riiees); Ilex (Ilicinees); Anthodon ( Hippocrateac^es ) ; Borsienia, Pilea^ 
^Poutolsia (Urticacees) ; Peperomia^ Ottonia (Pip6rac6es) ; Amyris (Terebiii- 
.thacees) ; Myrica (Amcntacees) ; Galactia, Canovalitty Diodea^, Andira^ 
^Belairia, Calliandra (Leguiliirteuseti) ; CalyptrafitheSy Eugenia^ Psidiumy 
Moiiriria fMvrtacees) : 



f^ 



Calycogoniurn^ Clidemia^ Miconiay Charianthus-, 



. nafldia {Lwnn^es); Aristolocliia (Aristolochiees) ; Phoradendron^ Arceutho- 
.hium^ Eremolepis (Loranthacees), . . . • ' , ' 



\ 



■ -' X 



lloug;koug;eus^jls {Flore de I'ile de Hoyig-Kong) ; p 
Bentliam. 1 vol in-S" do Li et /i82 pages, Londres, 1861. 



tf 



Get ouvrage est le premier d'une s6rie de Flores coloniales (|ui doivent etre, 
d'ici h quelques annees , publiecs sous le patronage du gouvernement anglais. 
I/ile dc Hong-Kong, dont la v6g(^»ta!ion y est 6tudiee dans les plus grands 
.Retails, est situcesur la cote meridionale de la Chine, a rembouchurc de la 
riviere de Canton, par 22''9' de latitude nord. Elle appartienl, depuis 18i2,.a 
I'Anglelerrc, qui vient d'acquerir en vertu des derniors traites une nouydic 
portion de territoire sur la cote voisine. Quoique d'unc ^tenduc tres restreiiite, 
puisqu'elle n'a que huit milles anglais en longueur, et moins dequatre^n 
largeur, nie de Hong-Kong renferme cependant 1056 especes parmi les 
Phanerogames, les Lycopodiac^es et les Foug&res, et offre des faits tres 
int^ressants de geographic botanique, Gela tient en grande panic a des 
accidents locaux, savoir k I'el^vation du pays, donl quelques pics alteigneht 
environ 1700 pieds, aux ravins profonds qui sillonnent un sol rocaillcux, gra- 



'riitique on balsatique, et a Tetendue relative des cotes profondement decoiipees 
par la mer, et tour k tour brulees par un soleil tropical ou devastees par des 
^vents froids venant du nord. Aussi bien, si le nombre des especes parait consi- 
derable a Hong-Kong, celui des individus y est-il souvent tres faible, et les 
especes des regions teniper^es y prennent-elles, quoique moins nombreuscs, 
unc extension supcrieure i celle des plantes iropicales. D'ailleurs la propor- 



L ' 



^- '-'*- 



REVUE DlBLlOUIiAPillQUE. 



io; 



tion dcs genres monotypes estbien plus grandc a Hong-Kong que dans aucune 
ilede menie etenduc. P'apies M. Benthani, qui a developp6 dans sa preface 
des considerations fort interessantes sur sa geographie botanique,' cette cpnr 
tree parait servir de limite septentrionale a I'extension de beaucoup d'espfices 
de I'Asie tropicale ; cependant elle contient 80 cspeces qui lui sont communes 
avec le Japon, et olTre encore plusieurs points de contact avec la vegetation de 
I'Australie, surtout par des plantes herbac^es ct maritimes. Enfin on y trouve 
environ une ccntaine de ces especes qui paraissent suivre partout Tespi^ce 
humaine, et que 31. Alph. De Candolie a npmm^e? « plantes cultivees malgr^ 

4 

la volonte de Thomme. » 

Les materlaux que M. Bentham a eus a sa disposition etaient asscz nom- 
breux, bien que rarement accompagn^s des indications locales utiles pour la 
redaction d'une FJore, et que les botanistes voyagcurs negligent trop souvent. 
Outre les Plantce Meyeniance, d'origiue douteuse, de ilombreuses collections 
avaient 6te recuillies a Hong-Kong par plusieurs voyageurs,, entre autres par 
feu Ricbard Brinsley Hinds, chirurgien du vaisseau le Sulphur; par feu Ic 
docleur Harland; par M. Ch. Wilford; par M. Ch. AVright, an retour de Tex- 
pedition scientifique envoy(5e par les !^tats-Unis dans I'ocean Pacifique; par 
M. le docteur Hance; mais surtout par M. Berthold Seemann, apr^s son 
voyage h bord do V Herald; et par feu le colonel Champion, qui (5tait rcste trois 
ans a Hong-Kong. Sir William Hooker avait deja publi6, dans le Journal 
de KeUj\ plusieurs i*speces nouvelles prises parmi les r^coltes de ces divert 
voyageurs; et M. B. Seemaim avait publie une flore de Tile de Hong-Kong, 
contenant 773 especes. 

C est \ Faide de ces travaux et de ces collections que M. Bentham a redig6 le 
livre que nous annoncons aujourd'hui, I/ordre qull a suivi dans Tenum^ra- 
tion des Cspeces est a tres peu pr&s celui du Prodromus, Les Aquifoliac^es 
sont rapprochees des Celastrini^es, les Ambrosiac^es rang^es, conime Iribu 
distincte, j)arml les Composees, et le genre Corchorus place dans les Tiliac^es, 
"Les families les plus nombrcuses sont les Gramin^e?, les Fougeres, les T/gn- 
mineuses et les Composees. Ainsi ciu'on pouvait s'y altelidre, il y a beaucoup 
d'esp^ces tibuvelies; elles s'elevent au chiffre de 51. Nous croyons utile, pour fq- 
xiliter les recherches de ceux de nos confreres qui se livrenl I des travaux mo- 
nographiques, de signaler les genres ou sont d^crites des plantes nouvelles ; ce 
sont les suivants : Kadsura (Magnoliac^es) ; Vitis (Ampelid^es) ; ISeustanthus 
"(Papilionacees); AmpleCfrum (Melasloraacees) ; Aucuha (Cornac6es); Uedyo- 
tis, 2 esp. (Rubiac^es) ; Aster (Composees) ; Ardisia, Reptonia (M6lastoma- 
cees); Symplocos, 2 esp. (Styracacees); Marsdcnia (Asclepiadees) ; trycibe, 
■Argyret'a (Convolvulac^es) ; Rungia (Acanthacees); Gmelina (Verbenac6es) ; 
Alseodaphm (Laurinees); Daphne^ Aquilaria (Thym^lt'es) ; tndospermutn, 
Croton, 2 esp., Phyllanthus, Cicca, Glochidion, Daphniphyllum, Aporosa 
(Euphorbiac^es) ; Quercus (CBpulifferes) ; Gironniera, 2 esp. , Artocarpus, 



I 



f 

r 



108 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

Ficus, 3 esp., Pellionia, 2 csp. (Urticeesj, Chavica (Piperacces) ; Habe- 
nana (Orchid^es) ; Smilax, Thijsanotus (Liliac<5es) ; Eriocaulon (Rcstia- 
i^es) ; Fimbristyles, Arthrostyles, Carex, 3 esp. (Cyperacees); Aspidhm 

(Foug&res). 

Nous devons encore menlionner, avant de terminer I'analyse dc cet impor- 
tant ouvrage, ime carte geographiquc de Hie dc Hong-Kong, unc introduc- 
tion dcstin^e a familiariser le lecteur avec les termes usit6s en botanlqne, ^t 
un glossaiVc. Les descriptions des genres et des especes sont faitcs en anglais, 
^t Touvrage est a la port6e de tons, 

B. F, 



Obiscrvatious on tlic mguanii^eca^ {Observations sur les Bigno- 
. niacees) ; par M. J- Miers {The Annals and Magazine of natural history^ 
cahicr de mars 1861, pp. 153-168 ; cahier d'avril, pp. 255-268), 



' Dans CQ travail, M. Miers, au milieu de beaucoup de remarques interes- 
santes sur les affinites que pr^sentent les divers genres de Bignoniac^es entre 
eux, s' attache d'abord a donner une description complete de la graine et une 
interpr^lalion nouvelle dti fruit de cette famille. Relativement a la graine, 
Tauteur prend pour type celle du Pithecoctenium Squalus. L'aile si tenuequi 
I'entoure peut, dit-il, etre separee en deux lamelles apres une maceration 
assez prolongfie, et les lignes rayonnantes dont elle est sillonnSe sont dues a 
^des plis de ces lamelles; elles ne contiennent pas de vaisseaux. Cette aile 
represente pour lui la primineou le testa; c'est dans ce tissu que passe le 
raph6 pour se rendre du hile au sommet de la graine ; la il penetre, en for- 
mant la chalaze, dans une deuxieme enveloppe, la secondine, laquelle est 
opaque et ^margin^e a ses deux extremit^s, quiregardent, Tune la chalaze^ 
Tautre le hile, Cette derni^re presente Torigine d'un tube creux qui se rend 
jusqu'au hile, et qui, soude en haul et en bas a la premiere enveloppe, forme 
comnie une demi-cloison dans la parlie basilaire de la graine* Il y a une troi- 
sieme tunique de la meme forme que la pr^cedente ; c*est la tercine ; on ne 
.pent la prendre pour un albumen, parce qu'elle est tres lachement unie a 
Tembryon, et parce qu'elle est pourvue d'uue chalaze distincte. Quant a Tem- 
-bryon, il se compose de deux cotyledons profondement biparcits, et d'un axe 
dont la radicule occupe I'entree du tube mentionn^ plus haul. — L'auteur 
expose ensuile les modifications que presente Tembryondans les autres genres; 
il offre des cotyledons entiers dans le CaUxmpelis^ VOxycladus, et la plupart 
des Crescentiees. 

A regard du fruit, pour faire bien comprendre les opinions de I'auteur, 

. nous intervertirons nn pen I'ordre qu'il a suivi dans son exposition. Si Ton 

examine les genres Jacaranda, Fridericia, Ccdampelis el Eccremocarpus, 

,on voit que leur fruit est uniloculaire et se compose de deux carpelles placen- 



r 



} 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 109 

tiferes sur leur milieu, iinis par lours bords, suivant Icsqucis a lieu la dehis- 
cence. Dans les genres Platycarpum et ffenriquezia^ on trouve encore deux 
carpelles seulement, piacenliferes sur leur milieu 6galement, mais unis dos k 
dos; il en resulte un fruit biloculaire, dont la cloison est perpendiculaire aux 
valves, et dont les valves se separent suivant les sutures cai-pellaires, en restant 
altachees a I'axe. Dans les autres Bignoniacees, les carpelles sont aunomhre 
de quatre. Dans les Eubignoni^es^ ils sont places par paires a Toppositc les 
uns des autres ; les deux ncrvures niMianes, toujours placentiferes, sont sou- 
dees deux a deux de cbaque cote du fruit, et ce sont elles qui se s6parant, Ji 
la maturity, des parties laterales des carpelles ainsi que des placentas, con- 
stituent ces cotes bifides si singulieres ({ui ne resfent attachees qn'a la base du 
fruit et souvent a son sommet. Dans ce cas, chaque valve est form^e par les 
moiti<5s ext^rieures de deux carpelles opposes. Les Catalpees sont conform^es 
sur le meme type, si ce n'est que chez elles la dehiscence a lieu suivant les 
bords de deux carpelles contigus, de sorte que la cloison est perpendiculaire 
aux valves au lieu de leur etre parallele. Dans ces deux dernieres irifaus, la 
cloison est formee par la moitie de chacun des quatre carpelles, qui sont 
soudes par paires. Enfin on n'a qu'a supposcr que les carpelles prennent ujie 
inclinaison diflerente, et que leurs parties m(5dianes renlrenl dans rinterieur 
du fruit, pour concevoir le type de Y Hcterophragma^ qui presente quatre 
loges et deux cloisons disposees en croix ; on y arriverait encore en doublant 

t 

par la pensee Ic fruit du Platycarpum. 

, Appuye sur ces Etudes carpologiques, M. Miers ^levc quelques objections 
sur les sous-tribus 6tablies par De CandoUc dans les Bignoniees. Ainsi la tribu 
des Incarvillees ne peut 6tre maintenue, puisque, des deux genres qu'elle 
renferme, Tun, Vlncarvillea, doit etre plac^ parmi les Catalpees, et I'autrc, 
VAmphicoma, appartient aux Cyrtandracees. Le Platycarpum., qu'il faut reti- 
rer des Catalpees, devient le type de la sous-tribu des Platycarpees, laquelle 
•compreud encore les genres Henriquezia , Oxycladus et piobablement le 
Montted et le Reyesia de iM. CA. Gay. Fnfin, dans les FccremocarpeeSt il 
■faut joindre h V Eccremocarpus les genres Jacaranda, Fridericia et Calam- 
pelis. ' 

JDans un second article, M. Miers 6tudie les Crescentices, que Gardner, 
MM. Lindley et Seemann ont regard6es corame une famille distincte. Plusieurs 
opinions des auteurs sont r6voqu6es eu doute par M. Miers, relativement 
aux Crescentides . Ainsi le Colea lui parait avoir des graines aiI6cs et des 
fruits d^hiscents, et devoir etre plac6 dans les Bignoniacees. Le Tantecium, 
par son port, son fruit cylindrique allongC, doit, selon lui, etre rapproch^ de 
^'Adenocalymna dans la tribu des Bignoniees, tandis que le genre Schle- 
gelia, etabli par Miquel aux depens du Tanoecium, appartient manifestement 
i la division des Crescentiees. Le Parmentiera qui, d'apres une figure du 
■liotanicQl Herald, offre un fruit a deu)C valves, et dont les graines, petites et 



110 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



nomhi 



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es;qtte 



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d« fniit, est voisin du Spathodea, et se place parmi les Catalpees. Les 
trescentiecssonl ainsi r^duites k trois genres, Crescentia, Kigelia et Schle- 
gelia; or, la structure de leur fruit rappelle beaucoup celai des Eccrhnocar- 
pees. II est uniloculaire, indehiscent et compos6 de deux carpelles placenti- 
f&t^s siir le milieu de la face interne. Aussi M. Mlers pense-t-il que les 
Crescentiees doivent etre, & I'exemple de De Cantlolle, consid^r^es eomme 

tine tribu de Bignoniaceeft. 

L'autonr 6tu(lie ensuite les rapports des Cyrtandrac^es, des Pedaliac^es et 
des Sesamac^cs. L'ovairc des deux premieres de ces' families se rapprochant 
J[)eaucoup de celiil des Eccremocorpees ct de celul des Crescentiees^ 11 con^ 
'' £lut (|ue les Cyrtandracees et les P6daliacees, tout en ayant des droits incon- 
lestables h constitner des families particulieres, restent tres voisines des Bigno- 
hiac^es. Quant aiix Sesamac<5es, qui different beaiicoup des Pedaliacees par 
leur ovaire h quatre carpelles placeiuiferes sur leurs bords, elles lui paraissent, 
b certains 6gards, se rapprocher des Verbenac6es. G'est aux S6samacees qu'il 
fSut rapporter le Tourretia^ qui a 6te plac6 avec doute parmi les BignoniacSes. 

' Aprfis CCS details, M. Miers definit la classe a laquelle 11 donne le nom 
de ft Bignonial alliance yt ^ et qui comprend pour lui les Bignoniac^es , 
Cyrtandracees, P6daliacees , Gesneriac6es et Orobanchacees , lesquelles pre- 
sentent pour caract^re commun des placentas situ^s le long de la nervure 
mediane du carpelle, a droite et a gauche de I'axe de Tinflorescence* II cxclut 
de cette classe trois families qui y avaient ete rattachees par M. Lindley, 
saYoir les Lentibulariac6es, qui ont un placenta central libre, les Acanthac6es 
et les Scrofulariac^es, dontles carpelles portent les placentas sur leur bord, en 
avaht et en arriere de Taxe, ct qui constituent avec les Gentianac^es, les Atro- 
pslcfieS et leS SolanacSes, une autre classe d6sign6e sous le nom de » Solahal 



alii 



ance. » 



Les considerations nouvelles presentees par i>L Miers sur le, fruit des 

F 

Bignoniacees, les efforts qitll fait pour introduire une classification plus natit- 
Tfelle (lans une famille qui, de I'aveu de beaucoup de botanistes,' redamait de 
nouvelles eludes, nous ont engage a donner connaissance inimediatemeut des 
©pinions de Tauteur sans attendre la soke qu'il annbrice a sa publication, et 
qui d*ailleurs, devant renfermer la description de Blgnoniacees nouvelles ofi 
pen connues, sera moius de nature a 6tre analys^e dans cette Revue. 



E. F 



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1 



listudc mnr les Algra 

par MM. Ed. Lambert et 



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^figue de Chauny [Aisne) 

^ - 

1 des Algues qui croissyit 



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REVUE BIlJLIOGnAlMlIOUT:'. : 111 



mcnl dc rAisiio, accompagnee dc quelqiies phrases doscriplivcs qui indiqneiU 

principalemcnt le port, .la couleiir et riiabitat de chaqiie esp^ce. Les autcurs 
out siiivi la classification adoptee par M. Payer dans sa Dolaniqne crypto- 
(jamique, ct out conserve les Characee^ parnu les Algues, Les especes signalee^ 
par eu?^ dans le d^partement dc TAisne sont au nonibre de 157. Plusieurs 
d'entre elles paraissent devoir etre regardees comnie nouvelles, leur nom 
n'etant suivi d'aucun nom d'auteur. L'ouvrage est pr(5ced6 de quelqucs 
considerations g6n6rales sur rorganisation des Algues. > > 



E. F. 



'J 



'I 



beck 



Hcpatiece laditie oricntaliis [Hepatiqiies de Vlnde orienlale] ; p 
M. William Mitten {Journal of the pr^oceedings of the Linnean Society 
cahicr de novembre 1860, pp. 89-108; cahier dc mars 1861, pp. 109-128). 

f 

Cette florule comprend Icscspeces r^coltccs par M. J. D. Hooker dans ['Hi- 
malaya, par iM. Thomson dans les montagjies du Khase^ ct par MM. Gardner 
etThwaites dans I'ile de Ceylan ; elle renferme encore les esp^ces observ^es par 
Griffith, ainsi que celles qui out 6t6 d^crites par Lindenberg et Neesd'Esen- 

r 

dans le Synopsis Hepaticarum. L'ordre snivi est celui de ce dernier 
ouvrage, avec qiielques legeres modifications. Les espdces indiqu^es sont au 
nombrede 290. Parmi dies, il s'en trouve i07 nouvelles r^parties dans les 
^^nres Jimgermannta, Plagiochila, Lophocolea , Gymnanthe, holachis, 
Scapania, Gottschea, Physiotiiim, Lepidozia, Mastigobrgum^ Calypogeia, 
Radula, Madotheca, Lejcunia, Frullania, Steetzia, Marchantia, Dumortiera 
et liiccia. Unseul genre est dc creation nouvelle, cVst le genre Calycularia, 
voisin du Steetzia de Lehmann.- 

^ L'auteur n'a donne de diagnoses que pour le genre nouveau el les especes 
nouvelles ; ces diagnoses sont en latin. 

E. F. 



i 



Mosflies of the iLmazou aud Andes (Mousses de V Amazone et 
dcs Andes) ; par M. R. Spruce [Journal of the proceedings of the Lin- ^ 
nean Society, yol. V, cahier de juin 1S60, pp. U5-5\). - ... 

' M. Spruce se propose, dans le travail dont nous annoncons ici le commeu-' 
cement, de d^crire les Mousses les plus remarquables qu'il a r^'Colt<5es sur les 
rives de I'Amazone et de ses aifluents, ainsi que dans les Andes de Maynas et de 
Quito, puis de doaner un tableau synoptique de toutes les Mousses qu'il a 
observ^es dans ces regions. Il reserve pour la derniere partie ses rcmarques 
stir la distribution gcographique des especes. Les pages que nous^^ signalons 
aujourd'hui renfermentla description de plusieurs especes nouvelles, qai sont 
les Andrcea trevipes Spr., Acroschisma andensis Spr,, Tayloria limbata 
Spr., et celle du Tayloria erythrodonta Spn {Tortnla Tayl.), 

' • * E. F. 



112 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



BOTANIQUE APPLIQUEE. 



Des Chainpi^nons comestibles et viSiienenx qui crois- 
seut dans les environs de Paris; par Ernest Roussel, phar- 
macien. I11-8" de 68 pages ; Paris, Victor Masson et fils ; 1860. 

4 
4 

L 

Cet ouvrage n'cst pr^sente par Tauteur que comme « le canevas d'une 
Edition plus complete qu'il se propose de publier ulterieurement sous le 
i) litre de Flore des Champignons comestibles et vineneux. » II se divise 
en trois parties : la premiere contient des notions preliminaires et tres 
g^nerales sur I'organisalion des Cliampignons, leur duree et leur repro- 
' duction ; la deuxieme renfci'me, apres Tcxpose des classifications employees 
par iMicheli, Dillen, Linne, Gleditsch, Persoon, Richard et M. Leveill6, une 
clef dichoiomiqne qui conduit an nom de cliaque cspece; Tauleur indique 
loujours si elle est comestible, suspecte ou veneneuse. II s'est fait une loi de 
n'indiquer, dans cc tableau, que les especes qui out un diametre de 
h centimetres au moins. La troisieme partie presente quelques considerations 
sur la constitution chimique des Champignons, empruntees aux travaux de 
Vauquelin et d'autres auteurs plus recents ; I'ouvrage se termine par Texpose 
des opinions de M. Letellier sur les divers modes d'action exerc^s par les 
Champignons sur 1 economic. 



E, F. 



I 



NOUYELLES. 



M. P. Dnchartrc, membre de rinstiiut, I'un des secretaires de la So- 
ci6t6 botanique de France, vient d'etre nomm6 professeur de botanique a 
la Faculte des sciences de Paris, en remplacement de !W. Payer. Le nouveau 
professeur doit, cette annee, tiaiter de Porganographie et de la physiologic 
v^g^tales. Ses lecons ont lieu les mercredis et vendredis, Ji onze heures et 
demie. 

L'un des derniers cahiers des ^4//^ dell' imp. reg. htiluto veneto nous 
apprend, par une communication de 3L de Visiani, que Ton espere la publica- 
tion plus ou moins prochainc d une Flore de la Servie, due aux soins de 
iM. Giuseppe Pancie, professeur a Belgrade. 

Nous annoncons la mise en veute des septienie et huitieme fascicules des 
Lichenes select i Germama>, publics par M. G. Koerber. Ces fascicules con- 

tienueat chacun ireiite especes et coutent chacun 16 francs; ils sont Tivr<5s 
dans des boites de carton. 



tf t 



fi. P. 



Piris, 



Imprimerie de L. Maktinbt, rue Mignon, 2. 



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_"_r._- L-t-i -mJ ^* "-"-" - ^ 



SOCIETE BOTANIQUE 



DE FRANCE. 



SEANCE DU 8 MARS 1861. 



PKESFDENCE DE M. AD. BRONSNIART. 



M. Eug. Fournier, vice-secretaire, donne lecture du proces- 
verbal de la seance du 22 fevrier, dont la redaction est adoptee. ' 

Par suite de la presentation faite dans la derniere seance, M. le 
President proclame I'adraission de : 

^ -"r # J 

M. DuFouR (Edouard), licencie es sciences, directeur de TEcole 

superieure professionnelle.de Nantes, rue des Coulees, 
a Nantes, presente par MM. Viaud-Grandmarais et 
Ed. Bureau. 

r 
1 

M. le President annonce en outre deux nouvelles presentations. 



Dons fails a la Sociele : 



A^ 



1° De la part de M. G. Bentharn : 

Flora hongkongensis. , 

2" De la part de la Societe d'Horliculture et de Botaniquc de 
rilerault : 

r 

- 

Annates de celte Societe^ L J, n^ 1. 

3° En echange du Bulletin de la Societe : 

Bulletin de la Societe imperiale zoologique dWcclimotation^ Janvier 

ct fevrier 18GL 

Llmtitut, fevrier ct mars 1861, deux numeros. 

M. le President annonce que le Conseil (a la demande de la Couj ■ 



T. vm. 



8 



nil 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



mission du Bulletin, et considerant queM. Duchartre, exclusivement 
charge jusqu'ici de la redaction de la Revue bibliograj)hique ^ ne 
peut plus, en raison de ses occupations multiplices et par motif de 
sante, continueraredigercette Revue), a decide que la mo4ification 
regleraentaire suivante serait souraise a la sanction de la Societe : 

Les premiers mots de Tart. 5h du reglement, ainsi concus : Les articles 
de la Revue bibliographique ne mrlent pas de signature, sont etdemeurent 
supprim^s. 

Le reste de Tart. 54 est maintenu ainsi qu'il suit : Les auteiirs des articles 
de la Revue bibliographique ny exprimeront aucune opinion surle merite 
des ouvrages dont ils doivent simplement et brievement rendre compte. 



La Societe sanctionne par un assentiment unanime cetle modifi- 
cation apportee a son reglement, et, sur la proposition de M. Cosson, 
president de la Commission du Bulletin, vote des remerciments a 
M. Duchartre, pour le zele etle devouement constants dont il a fait 
preuve depuis longues annees dans la redaction de la Revue biblio- 

■- + 

graphiqne. 

M. le President annonce ensuite que le Conseil, sur le rapport 
d'une Commission composee de MM. Boisduval, Cosson, J, Gay, le 
comte Jaubertet de Schcenefeld, et chargee d'examiner les avis 
regus des departements, relativement a la tenue de la procliaine 
session extraordinaire, a decide que la proposition suivante serait, 
conformement a Tart. 47 du reglement , soumise a I'approbation 
de la Societe : 



La Soci6te tiendra cette ann^e luie session extraordinaire qui s'ouvrira a 
Nantes dans les premiers jours d'aout prochain, et qui sera consacr^e a I'ex- 
ploration du littoral du d^partement de la Loire-Inferieure et, s'il se peut, 
des lies de Belle-Ile et de Noirnioutiers. 



La Societe adopte cette proposition k I'unanimite. 

^ 

M. le comte Jaubert fait a la Societe la communication suivante 



NOTE SUR QUELQUES PLANTES DU HAUT PERDU , par M. le comte JAUBERT. 



Deux jeunes gens, MM. Ernest et Alfred Grandidier freres, entfaines par 
une noble ardeur pour les sciences, out execute, durant les annees 1857 et 
suivauies, un grand voyage d'exploratiou dans les deux Ameriques du Nord 



i 

V 

I 

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.. ..-_.-."« ^ij 



SEANCE DU 8 MARS 1861. 115 

etdu Sud : ils en publieroiit prochaineineni la relation et les resultats. lis ont 
parcouiu le Canada, les £tats-Unis> one paitie des Antilles, le haul et le Las 
P(['rou, la Bolivie, le Chili, les provinces de la Confederation argentine, et 
enfin le Br6sil. Ils n'avaient pas liesit6 a s'arracher aux douceurs de la famille 
pour braver les fatigues, les dangers de toute espece, auxquels une pareille 
entreprise les exposait. Plus heureux d'ailleurs que taut de voyageurs nalu- 
ralistes que I'exiguite de leurs ressources financieres oblige a liiniler leui'S 
explorations et trop souvent a les abandouner au uioment ou quelque gramle 
decouverle allait illustrer leur nom, MM, Grandidier 6taient pourvus de tous 
les moycns matericls que la fortune pent mcltre au service d'une instruction 
solide et variee el d'un courage a toute epreuve: de plus, ils etaient accre- 
dites aupies de tous les agents francais a Tetranger comme charges d'une 
mission par M. le iMinisire de I'instruction publique. lis s'^taient propose 
d'abord d'etudicr plusieurs questions importautes relatives a la physique 
du globe ; la geologic proprement dite et la zoologie ont ete aussi Tobjet de 
leurs actives recherches. 

La botanique ne leur est pas restee elrangere, et ils ont bien voulu mettre 
k ma disposition 231 especes recneillies pour la plupart dans les hautes 
Andes et specialementaux environs du col de Mollepata, enlre Lima et Cuzco, 
a une altitude d'environ khOO metres. 

Le Chloris andina de M. Weddell, qui resume si heureusement tout ce 
qu'on connaissait avant lui et ses propres Iravaux sur la vegetation de celte re- 
gion, m'estsurtout utile pour assurer la determination d'une bonne partie des 
especes composant le pr^cieux fascicule de MM. Grandidier : quelques-unes 
d*ailleurs avaient 6le nommees par M. Jameson, si connu par ses herborisa* 
lions aux environs de Quito, que sir AVilliam Hooker a enregistr^es dans ses 
pubUcations. iMalheureusement Touvrage de M. Weddell, en cours de publi- 
cation, m'a fait dcfaut en ce qui concerne plusieurs families que rauteur s*est 

r6serv6 de trailer plus lard. 

Je signalerai des a present a la Societe deux planles remarquables et que je 
crois nouvelles, recueillies a 4300 metres au-dessus du niveau de la raer, mais 
dans une des quebradas (ou vallons resserrfis, abrit^s contre Texc^s du froid) 
qui avoisinent le port de Mollepata, a 12 myriametres environ de Cuzco, Je 
les ai consacrees toutes deux au souvenir de Fenergie el du devouemenl fra- 
ternel que les deux jeunes voyageurs ont deployes pour se soutenir Tun 
Tautre dans leurs rudes 6preuves. 

La premiere est un arbrisseau grimpant, d'environ 2 metres de hauteur. 
Ce qui frappe au premier coup-d'oeil, c'esl la longueur extraordinaire (12 i 
13 centimetres) de ses fleurs tubuleuses et pendantes qui rappellent certains 
Tacsojiia et les Fuchsia de la section Longiflorce. Aossi ne suis-je pa^j ^lonc6 
que, dans une note de voyage ^crite a la hate et jointe a rechanliilon, on lise : 
Fuchsia jauneclair; mais Taualyse nous conduit i)ient6t vers un de ces 



116 



SOCIETE DOTANIOUE DE FRANCE. 



gronpes de la famille ties Solanacees, tribii des Solancos, qniaboinknl dans 
les contrees equinoxiales de rAmerique, ou !M. Miers a recemmcMU propose 
divers genres distribues ensiiite d'une maniere assez arbilraire par Dunal, 
entre ses deux sous-tribus des Atropinees et des Lyciees. 

r 

Notre plante apparticnt au genre Salpichi^omay caracterise principalement 
par son calice ^ tube court et a dents elroites-allongees, par sa corolle lubu- 
leuse, infondibuliforine, h lobes plus oti moins pointus, a estivation val- 
vaire et conime indupliquee par un duvet marginal, par les filets de ses 
etamlnes soudes dans le bas du tube de la corolle. libres a partir du milieu 
de sa longueur, faisant saillie hors du limbe, par le disqiie charnu entouranl 
Tovaire, enfin par sou style allonge et son sligmate claviforme. L'ovaire, 
encore jcunc dans notre echanlillon, m'a paru constituer une capsule plutot 
qu'une bale; les ovules, examint^s au microscope, sont reniformes, compri- 
mcs, a ombilic lateral, a la maniere d'un grand nombre d'autros Solanacees. 
La diagnose generique donnee dans le Prodromiis , \. XTIT, a besoin 
d'ailieurs d'etre modifiee quant aux antheres : V en ce qu'elles sont dites 
triloculaires, indication qu'on He peut qu'attribuer a une erreur typo- 
graphique, tant elle serait anomale, et que Texamen d'aucune espece, h ma 
conuaissance du moins, ne vient juslifier, meme comme exception; "2" parce 
qu'elles sont (5videmment de forme hastee, sinon dans loules les especes, dtl 
moins dans la pbntedeMM. Grandidier et dans le 5. Mandoniamim Wedd. 
de riierbier du Museum. 

Enfin, si les differences que presentent la dimension et surtout la forme de 
la corolle dans les divcrses especes , tantot lubuleuse et simplemenl infondi- 
buliforme, tantot retrccle a la gorge, tantot cyathiforme {S. breviflorum) et 
meme uvceolee (5. urceolatum), ne paraissent pas sulTire pour distlngucr 
plusieurs genres aux depens du Salpichroma, il y aurait lieu du moins, ce 
n>e semble, d'augmenter, h ces dfeux points de vue de la dimension et de la 
ormc, le nombre des sections entre lesquelles les especes sont distribuees. 
C'est avec raison que dans le Prodromus on a eu 6gard en premier lieu au 
caractere tire de la presence, dans llnt^rieur de la corolle, d'un anneau charnu 
et laineux {Perizoma Wiers) et a Tabsence d*un tel anneau { Sal pichr omnia 
vera). Mais le second caractere, tire du plus ou moins de longueur de la corolle, 
nerepond nuUement au rangement des especes dans les deux sections actueilcs. 
Sur huit especes de Salpichromata vera, dites a longues corolles, six ont des 
corolles qui ne depassent pas dix lignes ; deux seulenient, 5. glandulosum k 
S> dependcns, repondent a I'intitul^ de la section, et il y aurait d'aufant plus 
de raison a les separer des autres que, a la difference de cclles-ci, leur corolle 
est Ycritablenient infondibulifornie sans aucune trace de retrecissemcnt a la 
gorge. Celte nouvelle seclion, trOs naiurelie et trancliant sur le res 
repondrait mieux que toute autre a I'image d'une trompetle qui domine dans 
le nom, d'ailieurs assez mal fabriqu6, de Salpichroma : c'est la que se range 



^1 



' 



1 



SJEA.NGE LU 8 MARS 1861. * 11/ 

la planle do 31M. Grandidier. Autant que j'ai pu en juger par les descrip- 
tions et les figures du S. glandulosum Hooker, decouvert aussi dans Ics mon- 
lagnes du Terou i)ar Cruckshanks, cntre Lima et Pasco, el donl il n'exisle 

I 

pas d'echanliilon daus les herbiers de Paris, les caractercs dc la vt'getation 
sont I) peu pics les menies dans cetle espece et dans notrc plante ; ccux de la 
flcurconcordenl aussi, sauf les eiamincs hastees etsurtout la longueur excop- 
lionnelle de la corolle double de cellc que prescnte la varicl6 grandi[lorura du 
S.Qlundulouim, qui d'ailleurs est ellc-meme d'origine non plus pcTUviennc 
mais mcxicaine. CcUedernicrc particularite si saillante m'a paru <i elle seule 
de nature a justifier Fetablissernent d*une espece nouvelle. Une comparaisoa 
ulterieurc de notre plaute avec les ecbantillons de Cruckshanks et de Mathews, 
qui ont servi dc base a la description du S, glandulosum^ revelera peut-etre 
d'aulres didcrences entre I'espece de M. Hooker et la description suivanle : 



Salpichroma Didieranum Nob. 



Suffrutex scandens 2-metralis, crassitie digiti in parte inferiori ; rainis 
costaiis subangulatis; epiderrnide lutescente longitudinaliter lacera ; foliis 
alternis in summitate raninlorum suboppositis, petiolatis, lanceolatis, aculis, 
basi snbrotundatis, nervatis, subscabris, superne nigrescenlibus, subtus palli- 
dioribus; pedicellis axillaribus brevibus, pubcscentibus. 

Flores speciosi\ 12-13 centim. longi, cernui, lutei. 

Calyx lubo brevi, denlibus 5 linearibus obiter ciliatis 2 1/2 cent, longis, 
Corolla infundibuliformis, tubo longissirno, limbi lobis 5 acutis, aestivatione 
valvaiis et quasi niediante flocco niarginali induplicatis. 

Stamina 5, basi corollae adnata, versus medium tubi libera, antheris limbo 
dimidio minoribus, basifixis, hastatis. 

Ovarium disco carnoso brevi circumdatum. 

Stylus gracilis, apice in stigma claviforme incrassatus. 

Capsula conica, tubum calycinum subaequans. 

Semina reniformia, umbilico lalerali. ' 

Habitat in niontibns Pcruvic-E, in vallt* reducta (seu ^w^^r^rfa vernacule), 
aliitudinc ^300 metr., inter villam rusticam Totora et fauces dictas Mollepata 
(alias San-Quenfino], 12 myr. distaiites ab nvheCuzco, delectum a fratri- 
busde scienlia naturali bene mentis Grandidier, die ISsciRembris 1858. 



X 



La seconde des plantos de la qucbrada en avant du col de 3IolIepata se dis- 
tingue par une flcur non moins gigantcsque : c'est une Amaryllidec apparlenanl 
.au genre Ahlrann'Tia et au'sous-genre Bomaria tres repandusdans les Andes. 
II faudra lui ouvrir un comptc a part dans la nomenclature des Bomaria^ telle 
que 1 oiivrage do Kuntb nous la donnc d'apres Herbert. Dans la division h 
pedonculcs uniflores et la sous-division a periantfic subr^gulier, elle formera a 



118 



SOCIETY BOTANIQUE DE FRANCE. 



ellcsciile, quanta present du moins, un paragraphe 16 /^'i^ suffisamment dis- 
tinct, a feuilles pubescenles et a fleurs tres giandcs en petit nombre. 



Alstroemeria (Bomaria) Didierana Nob. 



Suffrutex scandens, laevis, crassitie culmi secalini. 

Folia disticha approxiraata sessilia, caulina patula in summitate caulis 
erecla, semi-amplexicauHa, lanceolala acuta, 6-8 centini. longa, striato-mulli- 
nervia, superne hirta, pilis brevibus, albis, subtus glabra. 

Flores terminales , erecli , speciosi, exlus rubescentcs, inlus luteo-vires- 
centes, 10 cenliin. longi, Lapageriam aeniulantes, pediccliiS glabris, brae- 
teatis. Perlantliium infundibuUforme ; foliola peialiria sepalinis pauIo breviora 

\ 

et apice subspathulata. 

Stamina epigyna, distincta, exserta, filameutis tenuibus, anthcris glabris 
crassis basi pro rcceplionc filamcntorum perforalis* 

Stylus longitudine filamentorum; stigmata 3, brevia. 

Capsula (immalura) turbinato-depressa, nigrcscens, glabra. 

Habitat cum Saipichr ornate Didierano (vide supra). 

En compagnie du Salpichroma Didienuium et de V Alstroemeria Didie- 
rana, croissaient: 1** une Loasee, Cajophora contorta ; 2« un Aspleniumq^(^ 



jc crois V 



fontanum 



i 



par Cruckshanks, dans une localite analogue parmi Ics rochers (excursion de 
Lima Ji Pasco, Hooker, Misc. II) ; 3"* le Lycopodium clongatum;Ur un beau 
Lichen fort ressemblant au Cladonia organensis de Gardner (Field et Gardn. 
i61), si cc n'estccttc espece meme. 

MM. Grandidier ont aussi recolte , au port meme Ct Sur le terram ro- 
cailleux de Mollepata, plus elev^ de 1500 metres que la quehradn^ enlrc 
autres especes, une jolie Composee labialiflore, Perezia [Clarionea) pedi- 
culari folia {Loasa chiquitensis Meyer, Scnccio 5oc/a/?5 Wedd.), formant de 
grosses toulTes arrondies. ' 



Pres de 



mbo, localite enlre le 



village 



de Mollcpata et Cuzco, 
limite sup^rieure de la culture de la caniie a sucre, M.^J. Grandidier ont 

te au D. arislolochifolia 
Humb. et Kunth, dc la Nouvelle- Grenade (dont il n'existe d'ailleurs pas 
de figure), par ses feuilles cordiformes, pubescenles en dessous, raunies de 
deux peiits appendices lindaires dresses au point de jonction du petiole^ 



li nibe 



* » 



h 



en jaune ; ces bractees rappellent immediatement a I'esprit celles des Bu- 
(jinvUkca. 

Je me tiens a la disposition dc W>]. Grandidier, pour la relation qu'ils se 



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■^ ■! r V 1 



SEANCE DU 8 MARS 1861. llf) 

proposeiit de publier, et je pourrai communiquor plus tard k la Societc la 
liste complete et methodique des planles recueillies par ces intrcpides 

I, 

voyageurs. 



M. Eug. Fournier, vice-secretaire, donne lecture de la communi- 
cation suivante,adressee a la Societc : 



NOTE SUR LES PLANTES LES PLUS REM.VRQUABLES DU VERSANT MERIDIONAL DE LA 



MAS-CABARDES 



n 



(Lyon, f^vrier 1861.) 



M. Puel^ dans son travail surles divisions geographiques de la flore fran- 
caise qui a paru dans le Bulletin de la Societc botanique de France^ insiste 
t)articulierenient sur Tutilite des catalogues de planles de deux regions bota- 
niques contigUSs.' G*est ce qui m'engage 5 offrir i la Soci^t6 le r^sultat de 
mes premieres herborisations dans le departement de TAude. 

Le versant meridional de la Montagne-iNoire a ete jusqu'ici peu visits an 
point de voe de la botanique. 

M 

M. Leon Dufour a signal^ dans le Bulletin (1) quelques especes int^res- 
santes de la vallee do I'Orbiel, que j'ai eu le plaislr de retrouver pour la 

plupart. 

B^eu M. Doumenjou, dans ses lierlori sat ions sur la Moniagne-Noire, 
publiees en 1847, a pour ainsi dire neglig^ la valine moyenne de I'Orbiel. 

M3I. de Laram*bergue el de Martrin-Douos n'onl guere herborise que sur 

les points extremes. 

Nul doutequed'aussi boiis observateurs, en explorant dc nouvelles locali- 
t^s, n'eussent enrichi la flore francaise par la d^couverte d'un gratltf nombie 

■ # 

de plantes. J 'avals forme depuis lougtempsle projet de fnire quelques courses 
dans ceite region en temps opportun : aussi ai-je saisi avec emprt^ssemenl I'oc- 
casion qui s'est offerte a moi de passer Ic mbis de juin lout entier en pleine 
montagne, chez MM. Masson, docteurs-medecins. Grace h Icur gen^reuse 
ftbspitalit^, j'ai pu recueillir un boa nombre d'especes remarquables, parmi 
lesquelles JG signalerai le Physocaulis nodosus Tausch [ChcBrophyllum nodo- 
sum Lam., Scandix nodosa I..), plante nouvelle pour la flore francaise. fiom- 
mentcelie espece meridionale se trouve-i-elle dans la Montagne -Noire? Je 
laisse a d'autres plus competents que moi le soin de decider cette ques- 
tion de geographic botanique. 
Le canton de Mas-Cabardes est travers6 dans toule sa longueur par I'Or- 



(1) Voy. le Bulletin, t. VII, p. 173. 



120 



SOCIETE COTANIQUE DE FRANCE 



4 



biel €jui. |>iofouil6inent encaisse dans la parlie siii^erieure de son cours. 
devient un torrent impetueux a la moindrc pluie. D'autrcs cours d'eau, de 
rnoindre importance, forment la separation des vallons; de grandes planta- 
tions d'Oliviers, des taillis de Chenes-\erls, des forelsde Hetres, des chatai- 
gneraies, des rochers presque partout, une grande diversity de terrains, don- 

nent a la vegetation de ce pays un aspect des plus curicux, par le melange 
peul-etrc plus apparent que reel d'especes montagnardes et d'especes dites 
mediterraneennes. Ainsi, par exemple, le Gentianalutea^ le Viola sudetica^ 
le Geum ynont anum , etc. vivent pour ainsi dire cote ^ cote avec le Coris 
mo7ispeiiensts, VAsteroUnum stellatum^ VOpopanax C hi ronhtmy etc. 

D'apres les lieux cit^s par M. Fuel pour indiquerles limites qui s^parent 
\n flore d'Auvergne de la fioi^e du Rhdne^ il semblerait que le versant 
meridional de la IMontagne-Noire se trouve englobe dans la (lore d'Au- 
vergne ; mais ce bolaniste a eu soin de dire que les lignes trac^es par lui 
n'^taient que provisoiresj et que des herborisations ulterieures pourraient 
modifier telle ou telle partie au contact de deux florcs contigues. JVJ. Fuel a 
subordonne ses limites a des considerations purement botaniques, et les fails 
viennent lui donner raison en ce qui concerne le versant sud de la Montagne- 
Noire, donl la vegetation est essentiellement meridionale. 

Il est a remarquer, en effet, que la plupart des plantes dont le centre de 
vegetation est dans la region mediterraneenne remontent partout sur le 
terrain calcaire, pour ne s'arreter qu'au granite, landis que les plantes mon- 
tagnardes s'arretent aux limites du calcaire. C'est ce que je vais essayer de 
demontrer par quelques exemples choisis parmi les plantes les plus remar- 
quables que j'ai eu occasion de renconlrer. 

llfiGiON CALCAIRE. — Delphinium card iopet alum, Alyssnm macrocarpum, 
Linum strictum^ Ruta angusti folia ^ R. montana, Pistacia Terebintkus^ 
Cytisus sessilifQlius^ Colutea arborescenSj Dorycnium suffruiicoswn , Ge- 
nista hispanicaj G. Scorpius, Latkyrus ensifolius\ Ononis minutissima^ 
Thapsia villosa^ Physocaulis nodosus (1), etc., etc. 

RfiGiON GRANITIQUE, — Rammcuhis aconitifolim , Geum montanum^ 
Senecio ad onid i folius y Vaccinium Myrtillm^ Gentiana lutea^ Arnica 
montana^ etc., etc. 

Je n'ai pas la pretention d'avoir epuise les ricbesses vegetates du petit 
canton de Mas-Cabardes. et il resle encore bien ^ glaner apres moi, surtout 
sur la rive gaucbe de TOrbiel, mais mon but sera rempli si cette note, qui se 
recommande surtout par Texactitude des localites, peut etre utile a ceux qui 
voudront explorer ces riches localites, 

Avant de presenter une enumeration plus complete, je ferai remarquer 

(1) Dans les broussailles, sur les bords dc rOrLiel, rive droite, en avant de Laslours- 
Cabardes, surle terrain calcaire, j*ai recueilli une douzaine de pieds de c0lte esp^ce, et 
j*en ai laisse a peu prus autant. 



i 



t;iiA>'CE DU 8 MAKS 18(51. 121 

que, si les especes situees sur le granite, au nord du caiiloii de Mas-Cabardis, 
apparliennent incoiiteslablement a la flore d'Auvergne, taudis que les parlies 
calcaires des vallees nieridionales renlrent dans la flore du Rhone, il serait 

m 

neaninoins impossible de tirer une ligne oii se trouvcvaient d'un cot6 les 
planles du niidi et de Tautre celles d'Auvergne : la fusion des deux flores se 
fait sur un terrain scbisteux place entre le granite et le calcaire. 

On observe, par exemple, un fait assez inleressant dans la distribution 

I 

geographique des trois Cistes suivants, qui sont tres communs et melanges. 

L 

Le Cistus albidus est celui qui rcinonte le plus au nord, sans toutefois aller 
au dela de la Tourrette ou de 3Iiraval (granite); ensuitevientle Cistus salvia 
folius ; puis, aux Ilhes (contact des schistes et des calcaires), c'est le Cistus 
monspeliensis qui domine, pour devenir presque exclusif a Villaniere el a 
Salsigne (calcaire). 

Voici un tableau des localites citees dans le catalogue, avec Tindicatlon des 
terrains : 

Wiraval, Villardonnel, les 3Iartyrs, Pradelles, la Bastide, la Tourrette, Can- 
debronde (granite) ; Roquefere, Mas-Cabardes (schistes ou micaschistes) ; les 
Ilhes (schistes au nord, calcaire au sud); Villaniere, Salsigne, Lastours 
(calcaire). 

En terminant, qu'il me soil permis de remercier MM. Grenier et Jordan 
qui ont bien voulu reviser un certain nombre d'especes douteuses, et M, le 
docteur Masson dontles indications m'ontete d'un grand secours. 



{La fin a la prochame seance.) 



Gay eleve quelques doutes 
: Dar M. Ozanon au Geiim 



espece lui paraissant surprcnante a une altitude aussi peu conside- 



rable . 



Cosson dit au'il a rencontre le Phvsocaidis nodos 



de la Chiffa 



Bronaniart fait a la Societe 




NOTE SUR UN GENRE NOUVEAU D'OMBELLIFERES D? LA NOUVELLE-CALEDONIE , 

J 

par IIM. Ad. BIIOIVUKIART ct Arthur CiBlS. 

La famille des Ombcllifores rcnferme tant de genres a peine diff^renls les 
uns des autres, et dont les formes se confondent facilement entre elles, qu'il 
pent paraitre imprudent de crder un nouveau groupe dans cette famille, sans 
en faire une revision gen^rale ; cependant les deux planles qui font Tobjet de 
cette note sent si rcmarquables parmi celles de cette famille, par le pays dont 
elles provienuonl, par plusieurs des caracteres de Icur fruit, enfm par leur 



422 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

forme arborescente, quo iiousn*avons pas hfeite a les signaler immedialemenl 

aux bolanistes. , 

Par leur port, on les aurait prises plutot pour des Araliacees que pour des 
Ombellifercs. L'uneest un arbre de 5 a 6 metres de haut, a feuilles simples, 
rappelant nn peu cqWqs AeV Hedera arborea et des especes voisines ; les fleurs 
sont en ombelles simptes, dispos^es en panicules comme dans la plupart des 
Araliacees. L*autre est evidemment un arbre h rameaux robustes, mais sur la 
taille duquel nous n'avons pas dc renseignement ; ses feuilles sont pinnies 
comnie celles du Gastonia, du Polyscias etde plusieurs autres Araliacees, et 
les flours en ombelles simples sont ^galement disposees en grandes panicules 

terminales. 

Mais ces plantes, donl heureusement nous avions des echantlllons en fruits 
mflrs, ont tons les caract^res des vraies Ombelliferes ; leurs fruits sees sont 
formes dc deux ak^nes qui se s6parent a la maturite de bas en haut, qui sont 
parcourus par des nervures au nombre de cinq pour chaque mericarpe, peu 
saillanles, a rexcoption de la nervure dorsale qui se developpc en une aile 
membraneuse peu marquee vers le haut du fruit ou naissant au-dessous de 
son sommet, s'dlargissanl plus bas et se prolongeant vers sabase, au-dessous 
de la partie occupee par la graine, en une aile arrondie et echancree vers la 
commissure, de sorte que les deux ailes simulent parfaitement les ailes d'une 
mouche lorsqu'elle est en repos, forme singuliere d'ou nous avons tire le 
nom gen^rique de Myodocarpus. Ce fruit, couronn6 par les lobes tres pro- 
nonc6s du calice, offre un autre caractere tres remarquable, commun aux 
deux especes : il est depourvu de ces canaux resinifcres allonges qui forment 
les vittce de beaucoup d'Ombelliferes, mais le pericarpc renferme un grand 
nombre de reservoirs glanduleux spheriques, remplis d'une huile essentielle 
d*une odeur forte et balsamique, tres apparents a Texterieur dans la premiere 
espece ou le pericarpe est mince et sur loquel ils forment au dehors des ma- 
metons nombreux entre les nervures, plongds dans I'epaisseur d'un pfiricarpe 
plus 6pais et vers sa face interne dans la secondc esp&ce oO ils nc se montrent 
pas au dehors. II resulteenfin de la presence de ces grosses vesicules glandu- 
leuses et de leur pression sur la graine, que cetle-ci est excavee a sa surface de 
nombreuses depressions h6misph6riques qui lui donnentune forme lout a fait 
irrfeguliere. Ces vesicules manquent cependant le plus ordinairement dans la 
partie du pericarpe qui forme la cloison ou la face interne fort ^iroite des 
niericarpes, et la graine y est alors parfaitement plane comme dans les autres 
Ombellifferes orlhospermes. 

Ces caracteres, joints b la forme lateralcment comprimee des mericarpCS, 
au grand developpement du calice, dont les lobes arrondis dans une des 
especes sont imbriques en prefloraison quinconciale, distinguent tres bicn 
ce genre, qui pourra etrc placft aupres des Leucohvna de la Nouvelle- 
Hollande. 



y 






I 



SEANCE DU 8 MARS 1861. 12!^ 

On peutresumer ainsi les caracleres du genre ct dcs deux especes qu'il 



renferme : 



MYODOCARPUS Ad. Br. ct A. Gris. 



Calyx limbo quinquepartito, lobis acutis vel orbiculatis. Petala (in M. pin- 
nato) subrotunda concava. Stamina brevia erecta. Styli filiformes divergentes 
glabri, e slylopodio crasso hemisphasrico nascentes, Fruclus calycis limbo 
coronatus, obconicus vel ovatus, latere compressus. Mericarpia ad commis- 
suramvixcontracta, quinquejuga vel potius quiiKjuenervia, jugiscommissnrae 
proximis lateralibusque vix prominentibus nerviformibus, dorsalibus in alam 
membranaceaui latam expansis et infra partem fructus semen incJudenlem 



extensis (alas muscas simulantibus). Vittae nnllae, sed vesiculae nunjerosae sub- 



sphaericae endocarpio immersae, externe prominentes et interne semini im- 
pressae. Semen vesiculis endocarpii irregulariter excavatum, dilTorme, super- 
ficie interna commissurae proxima plana. 

Arbores vel arbnscula}, foliis alternis simplicibus vel pinnails, petiolo basi 
caulem non amplectante, umbellis simplicibus paniculatis, involucello parvo 
vel foliaceo, floribus pluribus abortivis (an polygamis?). 



1. M. SIMPLICIFOLIUS. 

M. foliis glaberrimis, petiolo gracili limbum lanceolatum inlegerrimum ' 
subaequante, nervispinnatisapproximatis; umbellis parvis, in paniculamtermi- 
nalem disposilis; involucello bracleis paucis, par\is» redexis; floribus breve 
pedicellatis; calycis lobis acatis;fruclibusnervis gracilibus vix prominenlihus, 
pericarpio tenui, vesiculis externe valde distinctis, ala infra calycis limbum 
nascente, inferius valde extensa et emargiuata. 

Arbor 5-metralis erecta, floribus candidis (ex Pancher mss.)» in montibus 

^ 

Novae Caledoniae crescens (Paucher, in herb. Mus. coloiiiarnin]. 



2. M. PINNATUS. 

M. foliis glaberrimis imparipinnaiis subtrijugis, foliolis ovalo-Ianceolatis 
integerrimis breve petiolulatis, superioribus et terminali majoribus, ner\is 
piunatim reticulatis; umbellis simplicibus majoribus, inpaniculam lerminaiem 
maximam dispositis; involucello bracteis 3-5 raagnis obovatis integerrimis 
nervosis concavis; floribus longe pedicellatis plerisque abortivis (masculis?); 
calycis lobis rotundatis quincuncie imbricatis ; pelalis sabrotuiidis breve aco- 
minatis ; fructibus obcoiiicis, nervis juga proiniuula efformantibus, pericarpio 
Crasso et vesiculis externe vix distiuctis, ala dorsali e basi limbi calycis nas- 
cente, inferius expansa et rotundata. 

Arbor ramis crassis, paniculis amplis. Hab. in Nova Caledonia (Vieillard, 

in herb. Mus. colonlarum). 



Y 

i 



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l2/l SOCJETE COTAINIQLE DK FRANCE- 

M. T. Pueldonne lecture d'un nouvcl exlmit de klellie qui lui a 
etc adresseepar M. T. Letourneux : 



SL'U LA DISTRIBUTION GEOGRAPHIQUE DES PLANTES DANS LE DEPARTEMENT DE LA 
VENDEE ET LES REGIONS VOISINES. par II. Taeitc 1iET05jB:\EIjX (suite) (1), 



Thalictrum minus. — Plaine. Poitiers. 

Banunculus tripartitus. — Bocage exclusivement ; je Tai cepeiidant rencon- 
tre sur le calcyire, prts de Lnsignan (Vienne). 
H. trichophyllus, R. Drouetii. — Calcaire. Plaine et Marais. Bassins calcaires 

du Bocage. 
//. hololencosy R. cosnosus.R. hederaceus. —Exclusivement dans le Bocage. 
R. divaricatus. — La Sevre, Poitiers ; me parait affecter le calcaire. 
R. ophioglossifolius. — Calcaire; se tronve tres exceptionnellement dans 

d^autres terrains, par exemple a Ancenis (Loire-Inferieure); encore y est- 

il accompagn6 de quelqiies autres planles qui pr^ferent aussi le calcaire, 

d'oii Ton pourrait induire que le terrain est mixte. 
R. chcn^opfiyllos, — Croit ici dans le Bocage seulement, mais a Lusignan il 

L ■ 

abonde surle calcaire oolithique. 

R. Rorccanus. — Indifferemmentsur tous les terrains en Bretagne et en Poi- 
tou, C'est ce qu'on peut appellor une planie de Fouest, on elle remplace 
le R. acris. 

R. auricomus. — Deux formes remarquables : Tune, a p^lales developpes, 
et qui merite son nom specilique; Tautre, a p^tales toujours plus pu moins 
avortes. La premiere forme est la seule que j'aie vue dans le calcaire de la 
\ienne, a Poitiers et h Lusignan ; je la retrouve ici dans File de Maillezais. 
Quant a la seconde, elle me semble appartenir aux terrains primitifs, du 
moins je n'en ai pas rencontre d' autre dans la Bretagne et dans le Bocage 
de la Vendee. Je voudrais que des observations, faites dans diverses parties 
de la France, vinssent confirmer ou detruire mes conjectures sur les causes 
qui determinent ces deux (ormes. 

JR. parmjlorus. — CG. Ille-et-Vilaine, Loire-Inf^rieure, Yienne et Vendue, 
sans distinction de terrain, 

R. nemoroms. — Je ne Tai jamais rencontre que dans les bois des terrains 
primitifs ; il abonde dans la forfit de Vouvant pres Fontenay. 

li, muricatus, R. trilobus. — Limite nord : ile de R6. 

Hellebortis viridis. — Commun sur le micaschiste, dans les bois autour de 
Fontenay ; manque dans la Loire-Inferieure; reparait dans Ille-et-Vilaine. 

//. foetidus. — Tres commun aux environs de Poitiers; manque completement 
en Vendue. 



(1) Voyez plus haul, p. 91 



^ ' I 



SEANCE BU 8 MARS 18()1. i'25 

.Isopyriim thaliclroides. — IndifTdrcnt surla nature du sous-sol, il aiinc sur- 
tout le ierreau de fenilles decomposees, facilement penetrable a ses raciries 
tracantes. Fontcuay, Nantes, Reniies, sur le terrain primilif; Lusignan, 
Poitiers, sur le calcairc. 

r 

Ntgella gollica, — Trouve dans la Charente-Iiiferieure, n'arrive pas meinc 

aux frontieres de la Vendee. 
N. a7wensis. — 31oissons calcaires : Benet et le haut Poitou. 
TV. damascenn, — ^Esp. meridionaleet calcaricole ; passe de la (lliarenle-Infe- 



\ - 



rieure en Vendde jusqu'a Chail(e-les-!Marais et Lucon. 

r 

Delphinium Ajacis. — F.ugon, lie d'Elle; se retrouve dans la Loire-Infc- 
rieure, mais ne parait pas s'61oigner de la region marilimc. 

Z>. cardiopetalum. — Necroit qu'a Benet, sur la liinile du departenient des 
' Deux-Sevres. J'ai d6ja dit que Benet et les deux communes voisinesehi- 
pruntent un certain nonibre d'especcs au departement des Deux-Sevres et 
.qu*a vrai dire ces plantes n'appartiennent pas a la Vendee. 

Popaver modestum?. — lie de lie. 

Sisymbi^ium Columnce. — Esp. calc. et nierid. Limite nord : rochers de la 

■ 

. Dive (Vendee). 

Rapistrum rugosum. — Esp. calc. et merid. Limite nord: La floclielle. 
Calepina Corvini. — Limite nord: Fontenay, Poitiers. 
ISeslia paniculata. — -Calc. La Plaine. 
Lepidium Draha. — Merid. La llociielle. 

Hutchinsia procumbens. — Merid. Limite nord : Saint-Gilles (Vendee). 
Biscutella kevigata. — Calc. Benet et Oulmes: 

Cistus salvifolius. — Lim. nord: Noirmoutiers. 

Helianthemum salicifolium. — Calc. et nierid. Lim. nord : Cliaille-les- 

iMarais; Poitiers. 

Poly gala calcarea. — CC. dans la Vienne et dans la Cliarente-Inferieure, 
probablement aussi dans les Deux-Sevres ; manque dans la Vendee. 

P. monspeliaca. — Merid. Lira, nord : ile de Re. 

Silene maritima. — Partie nord des cotes de la Vendee (dans le sud il cede 
la place au S. Thorei) ; commun dans rintericur, sur les rochers quart- 
zeux de la Chataigneraie et sur ceux de Cheffois. On trouve quelques dif- 
ferences entre la forme maritime et celle de Tinterieur. Peut-etre y a-t-il 

lieu d'y voir deux especes. 
S. Thorei. — M^rid. Derniere limite nord : Noirmoutiers; n'allant pas jus- 

qu'a la Loire-Inferieure. 
S. brachypetala, — Merid. Lim. nord : ile de Re. 

Limm corymhulosum. — 31erid. et calc. Lim. nord : gue de Vclluire (Vendee). 
t. strictum. — 'SUYxA. et calc. Lim. nord : Chaille-les-Marais. 
Malva mamillosa Lloyd. — Merid. Lim. nord : Les Sables; parait eire la 

■ r 

mfimeplanle que le Laratera crelica. 



f 



I 



126 SOCIETIE BOTANIQUE DE FRANCE. 



Altfim camabina. — Merid. et calc. Lim. nord : la Plaine, Poitiers. 

Acer monspessulanum . — Merid. et calc. Lim. nord : NalUers (Vendee), 

Poitiers. • 

End htm malocoides . — Lim. nord : Noinnoutievs. 
E. Botnjs. — M6rid. Lim. nord ; Les Sables; il reparait dans les C6tes-du- 

Nord, a Dinan. 
Trihulus terrestris, — Werid. Lim. nord : Le Pouliguen (Loire-Inf6- 

L ■ 

rieure]. 
Genista pilosa, G. sagittalis. — Communs dans la Vienna et la Charente- 

Inferieure ; manquent dans la Vend6e. 

r 

Cytisus supinus. — M6rid. etcalc, Lim. nord: Sainte-Gemme. 

Ononis striata. — Calc. et m6rid. Vionne et Charente-Inferieure; manque en 

Vendee, 
0. Columnw. — Calc. et merid. Lim. nord; Auzais (Vendee). 

0. reclinata. — Merid. Lim. nord : La Rochelle. 

Medicago Uttoralis? (.V. Braunii?). — Mdrid, et maritime. Lim. nord : 

L * 

Noirmoutiers. 
Trigonella monspeliaca, — Merid. Lim. nord : Chaille-les-Marais. 
Jr. gladiata, — Merid. Lim. nord : La Rochelle. 
Melilotns sulcata. — Lim, nord : gu6 de Velluire (Vendee). 
Tri folium rubens. — Calc. Lim. nord : Noirmoutiers. 
T)\ lappacemn. — Merid. Lim. nord : La Uochelle. 
Astragalus pur pur eus. — Merid. Lim. nord : ile d'ElIe (Vendee). 
A. hamosus. — Merid. Lim. nord : gue de Velluire (Vendee). 
A, monspessulanus. — Merid. et calc. Lim. nord : Mouzeuil (Vendee). 
Coronilla minima. — Commun dans la Vienne et la Charente-Inferieure; 

manque dans la Vendee. 
C. scorpioides. — Calc. Dans la Plaine et le Marais. 
Ornithopus 7'oseus. — Merid. Saint-Nazaiie, sur la rive droite de la Loire, 

dernifere localite vers le nord. 

K 

Yicia serrati folia. — Merid. Lim. nord : Sainte-Gemme et Bessay. 

V. bithynica. — Merid. Lim. nord : Chaille-les-Marais, Champ-Saint-Pere 

(Vendee). 
F. peregrina. — Calc. et merid. La Plaine, Poitiers. 
V. cassubica. — Calc, et merid. Lim. nord : Sainte-Gemme, Bessay; Poitiers 

et Lusignan. 
Ervum Ervilia. — Vienne el Deux-Sevres; manque dans la Vendue. 

E. gracile. — Calc. et merid. Loire-Inferieure, rive gauche, jusqu*aux 
Cleons. 

Lathyrus latifolius. — Calc. et m^rid. Lim. nord : dunes, pr. des Sables- 
d'OlonHe. . 

/,. /MJeros!<s. —M^rld. Lim. nord :Vix (Vendee). . . 






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SEANCE DU 8 MARS 1861. 127 

Potentilla Chauhardiana Timb.-Lagr. {P. rubens St.-Am.,non Vill.).. 

Plantc du sud-ouest Urn. nord : Maillezais. 
Rosa sempervirens. — Merid. et probableraent calc. Lini. nord ; Auzais. 
Lythrum bibracteatum. — SaiiU-]Micbel-en-rHerm , prfes du fameux banc 

d'huitrcs fossiles; indique jusqu'ici exclusivcment dans la region des 

Oliviers. 

Sedum liUorale Guss. [S. Marichalii L\o\d). — M6rid. Sables-d'Olonne, 
seule localite francaJse, jusqu'a Tannee derniere ou la plante a etd retrouv^e 
pres de Marseille, 

S. anopeiahim. — Cbarente-Inferieure et Vienne; manque dans la 



Vendee. 



{La fin & la prochaine seance.) 



M. Chatin, vice-president, fait a la Societe 



vante : 



EXCURSION BOTANIQUE DIRIGEE EN SAVOJE ET EN SUISSE, par M. Ad. CHATIIV, 

professeur de bolanique a I'Ecole superieure de pliarmacie de Pans. 



PREMlfeRE PARTIE. 



Le 



195, Paris pour Genfive, rapidement emporles par ces voies fcrrees qui bien- 

f 

lot donneront TEurope pour rayon a la flore parisienne. Qu'il est loin le temps 
06, tantot avec M. Claiion, qui connaissait si bien et les esp&ces el les loca- 
Utes, tantot avec3J. A. de Jussieu, dont les vues ing6nieuses surles rapports 
des groupes naturels entre eux trouvaient aux herborisations I'occasion de se 
manifester en fins et rapides apercus, quelquefois avec M. A. Ricbard, tous 
luailres aim^s et regrett^s, nos grandes expeditions etaient Montmorency, 
Saint-Leger et Fontainebleau : Montmorency a qui on consacrait deux jours, 
Saini-L^ger et Fontainebleau qui exigeaient troisou quatre jours. 

DejSi le train qui nous emportail travcrsait Montbard, quaud, au cri de ; 
Vive Byffon! tous les moucboirs flottent aux portieres des wagons. C'est 
notre troupe qui salue le prince des naturalisies fran^ais, ancien seigneur de 
Montbard, I'emule et le rival du grand Linn6, si Ton peut etre rivaux quand, 
avec des esprits divers, on suit les routes les plus differentes. 

A Macon, un train special, dispose d'avance, nous conduisit directement a 
Geneve, ou nous arrivames des sept heures et demie du matin. 

Pendant un court arret a la gare d'Amberieux, nous avious fait ample pro- 
vision, sur les sables memes de la voie, du Polycnemum arvense L., plante 
peu commune dans nos herborisations parisiennes. Au sorlir des gorges pilto- 

rp<;mipc rlp b rhaino inrnGciniiP nmic avinns aoercu. GUeloueS lllStaillS avaut 



.^^-^ 



1-28 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



* 

d'enlrev a Geneve, de pelils bois monlneux on viennent freqneinment lierbo- 

riser les eUulianls de cette cite savante (1). 

A quatre hcures de Tapres-midi, nons quittions Geneve (au moment de 
notre passage dans une grande effervescence politique) sur de nombreux v6hi- 
cules, qu'iin loueur de Carouge, plus accommodayt que ses confreres de 
Geneve, mit a noire disposition. 

Nous avions quitte Geneve seulement depuis quelques minutes, quand, 
traversantle village et passant le ponl du Foron, nous nous trouvames dans 
la nouvelle France, la Savoie, dont les habitants allaient nous faire un accueil 

empresse. 

Laissant a droite les Saleves, dont la vegetation est passee, nous elions, des 
cinqheures et deinie, iustalles a Bonneville, quelques-uns dans les hotels, la 
plupart chez les habitants qui nous avaient enleves a la descente de yoiture. 
Ma bonne ^toile me livra a M, Tavocat AVachez, naturaliste distingu(5, qui 
viendra bien un jour, je Pespere, herboriser a Paris. Un autre avocat de 
Bonneville, M. Morct, voulut bien se charger des dispositions a prendre h 
Chamounix pour le jour on nous y arriverions, !M. Rey, juge de paix, g6o- 
logue et grand chasseur de chamois, recut un grand nombre des notres et 
voulut etre de I'expedition du lendemain a la montagne du Brizon, ou 
il possede une ferme qui devait, dans I'apres-midi de ce jour-la, etre une 
hotellerie. 

Le 2 aout. il etait six heures et demie du matin, quand, ayant cxpedie nos 
impedimenta sur Cluses, nous parlimes, diriges par M. Dumont, pharmacieii, 
savant botaniste et g^ologue, par M. Rey, juge de paix, et par M. Timothee, 

e 

w 

intr^pide chasseur des plantes rares de la contr^e, sur la chaine du Bcrger 6u 
do Yergy, qui s'^Ieve de Tautre cote de TArve, en face du Mole, ct que sou- 
vent on nomme le Brezon (par Talteration de Brizon) , quoique le Mont-Brizon, 
ou d'Andey, ne soil que Tun desetages inferieurs ou des contrc-forts de fa 
haute chaine, 

Apres avoir passe I'Arve sur un beau pent (2), au dela duquel s'eleve, sur une 
colonne de 22 metres de hauteur, la statue du roi Charles- Felix (qui endigua 
le mobile cY impetueux torrent), nous traversames rapidement la vall6e ou se 
pressent des espcces parisieunes, pour arriver au pied du rocher, ou tout a 






(i) La journee se passa vile. On visita le Jardin-des-plantes, le Musee academique, 
la caUiedrale byzaiitirie, que degrade un porlique corinthien, les aigles de la bouclierie 
(cntretenus par la ville comme les ours le sont a Berne), Tile de Jean-Jacques, au 
milieu des eaux du lac (alt, 374 m.), avec lous ses instruments meteorologiques, la 
maison de Jean-Jacques et Ferney, Plusieurs de nous Turent assez heureux pour offrir 
leurs hommages a M. Alph. De Candolle, digne fils du plus grand botaniste de notre 
siecle.On sail qu'un beau travail sur le Suher vient de donner 



botanisles la bonne 
nouvelle que la savante djnastie complera avec orgueil un Iroisifeme nom, celui du jeune 

Casimir De Candolle. 

(2) Au pont meme nous pienons : Campanula pusilla Ha^nke, Gypsophila repens t. 
et CorTJdalis hdea DC, 



-f^- ^ ^ "-Fit 



^ F 



SEANCE DU 8 MARS 1861, 



120 



coup commenca Tun des plus riches butins d'cspeccs alpincs qu'il soil donii^ 
de faire en un seal jour. 

Bonneville est k une altitude de 4^6 metres, etnous devons dans la journfie 
atteindre, contre les aiguilles du Vergy, a 1900 metres, sans quitter les forma- 
tions calcaires appartenant aux terrains urgonien, n^ocomien, cretac^. A un 
endroit seulement , nous passerons sur une tranche de grts vert supfiricur, 
intercale entre les formations cretacee et n<5ocomienne* Ce sont h pen pres les 
roches de la Grande-Chartreuse. 

A la basede la montagne et contre les escarpements urgonicns qui en fer- 
ment la face nord, nous cueillons (1) : 

T 

Buphthalmum salicifolium L. 

Potentilla caulescens L., a fleurs d'un beau blanc ros6 (la \ariile petiohdaUi 

est au Saleve), dans les fissures des rochers. 
Lamium maculatum L. 
Salvia glutinosa L. 
Cyclamen europcBum L. 

Digitalis grandiflora h\\. ^ espece calcarfienne, comme D. lutea L. , tandis 

que Z). pu7'purea est saxophile. 
Kernera saxatilisViZhh.^ en fruit, 
Asplenium Halleri DC, remplit lesfentes des rochers. 
Polypodium Dryopteris L. var. (3 calcareim, que distinguenl la roideur dc 

ses frondes et ses <5pais rhizomes. 
Actcea spicata L. 
Hieracium villosum L. 
Moehringia muscosa L. 
Asplenium viride Huds. 
Cystopteris fragilis Bernh. 
Lychnis silvestris Hoppe. 
Mentha silvestris L. 
Saxifraga Aizoon Jacq. 
Leucoium vernum L. , en fruit. 
^gopodium Podagraria L. , cet ancien sp^cifique de la goutte, qui croit sans 

doute pour cause dans les pares de tant d'anciennes habitations feodales. 

Phalangium ramosum Lam. 

Asaru7n europcBum L. , commun au bois des Camaldules pres Paris. 

Aconitum lycoctonum L 



' f 



(1) Les espSces seront enuraerdcs, dans tout le cours de ce compte rendu, suivant 
Vordre dans lequel elles se sont presentees a notre observation. Si le nom de quelques- 
unes d*entre eUes revient plusieurs fois, c'est qu'elles auront el6 observees a des altitudes 
ou dans des localites differentes. J'ai pens6 qu'il y avait aussi un grand avantage a noter 
et parfois a rappeler les altitudes, pour lesquelles j'ai pris des moyennes entre plusieurs 
observations. 



T. Mil. 



9 



j30 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

Nous void a 550 metres d'altitude. Nous passons a Thuet, village engage 
dans un cul-de-sac de rochers, et dont la population, priv6e d*air sec et renou-, 
vele, en meme temps qu'elle est alimentee par des eaux peu iodur^es, est 
uuc agr^gation de goitreux raeles de quelques pauvres cr(5tins ; puis, montant 
par la gorge ou rouleimpetueusement le Bronse, nous cueillons, d'aborddan» 
de vieilles moraines, puis sur le terrain neocomien : = 

Jlubus iaxdtilis L. et Mieracium glaucum Ali., aux feuides UnSaires. 
Saxifraga mutata L. , grande et belle plante aux fleiirs orangees, clont oh iie 

Iroiive, au grand regret de tous, que qiiatre ou cinq exeiiiplaifes. 
Hieracium statice folium Vill. , aux multiples sloldHs hypog^s. 
Campanula linifolia L. 
Alchemilla vulgaris \j. 
A. alpina L. 

Tofieldia calyculata Whinbg, 
Paris quadri folia L. 
Veronica urticifolia L. , une des especes les plus cdramunes de la region 

sous-alpine. 
Arabis alpina L. ^ . 

Digitalis grandiflora, d6ja trouve, et /). lulea L; 
Adenostyles albifrons Rchb, et Homogyne alpina Cass. , qui devaient se pre- 

F 

senter a nous chaque jour dans nos excursions en montagne. 

Nous laissons a droite une localite a Tozzia alpina L et a Cypripedium 
Calceolus L., et nous cueillons : 

. t 

Saxifraga aizoides L. 

Lonicera alpigena L. . 

Valeriana tripteris L. . . 

Spircea Aruncus L., que quelques jours plus tard nods dfevl6n§ tfdiiVel tUto- 

rant rholellerie du Weisenstein pres Soleure. 
Erinus alpinus L. 

Lonicera Xylosteum L. 
jRubus saxatilis L. 

HosA riibri folia Vill. 

jR. montana Ghaix, bien distinct du precedent par sfes petUes feiiilles arfoii- 
dies, ses p^doncules et' calices hi^riss^s-hifepide^ , ^es ^tpdleS pliis longiiri- 
ment p6dicell6s. • 

Hosa alpina L, ; diff^re a son tour des deux especes prec6dentes par ses feuilies 
non glauques-rougeat^es, par ses |5ieaolifcules (d*ailleuts glabres ou hispides) 
recourb^s avant et apres la floraison. 

Dianthus silveUris Jacq. 

Saponaria ocimoides L. ' 



* ' 



I 



ii, - — 1___ ^ 



STANCE DU 8 MARS 1861. 



131 



Chwrophyllum hirsutum L. "^ 

Geranium pyrenaicum \j. 
G. silvaticum L. 

Mentha silvestris L., revient ici ^ environ 900 metres, inais au sud etpOrlant 

sa charmante chrysomele bleue, dont les entomologistes font provision. 
Chenopodium Bonus Henricus Li, qui nous annonce le village de Brizon, oil 

nous attend un dejeuner sur Therbe, que le bon cut*6 de celtc charttiautc 
oasis de la montagne, instrult par M. le docteur Guillard du cotd Je ()liis 
faible de nos modestes approvisionneuients, complete par un pinier de vin 
de la cote de Lausanne. 

Nous sonimes a une altitude de lOOd metres a pen pres. Laissant derrierc 
nous le Mont-Andey, plus specialemcnt le Brezon des Genfivois, nous tra* 



b 



bonda 



(Campanula rhomhoidalis L. 
Polygonum Distortalj. * . 

Melampynim silvaticum L. 

Crepis blattanoides Vill. , que plusieurs de nous out deja recolte St la Grande- 
Chartreuse et au Lautaret. - ^" 
Phyteuma orhiculare L. 
Astrantia major L. 
Soyeria paludosa Godr. 

Prenanthes purpurea L. 

Centaurea montana L. , qui a rang de cile dans nos parterres. 

Bartsia alpina L. , tres abondant* 

Myosotis palustris A\ith., forme alpestre de la van genuina. 



') 



^ » 



Homogyne alpina Cass, et Bellidiastrum Michelii Cass.» que nous reverr 

rons cbaque jour. , . . 

Poly gala calcarea Schultz. 

En nous livrant inutilement a la recherche de VFpipogwm Gmelini Hicb. , 
nous U'ouvons : ' 

r 

Lychnis silveslris IloppCi 
Saxifraga rotundifolia L. 
GeyUjana campestiis L. . 



'4. 



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Poygata calcarea Schultz. 

Polygonum viviparum L. 

rifoltitm spaaiceiim L. 

7\ badiurh Sc!)reb., n1eI6 3!j precedent, dont les fleurs plus hatives son 

aujourd'hui toutes dessechees. 
Triglochin palustre L., qui, disparu de Saint Gralien (?), croil encore a 

Meudon, Saint- Germain, etc., pres Paris. 



132 SOClfiTfi BOTANIQUE DE FRANCE. 

Carex Dmalliana Sm., trouv6 autrefois a Foutainebloau et a Crouy par 
Thuillier, et que je cueillis abondainmcnt en 1851 dans les fonds, anjour- 
d*hui presque tout couverts de cultures, de la Reine-Blanche, a Orry pres 
Chantilly. 

Scirpus compressus Pers. 

Ranunculus aconitifolius L., qui, dans quelques rigolcs de la prairie, est 
r^duit S une tige de 5-10 centimetres, ne portant que quelques fleurs 
rudimentaires comnae toute la plante. En faisant cueillir ces miniatures 
d'exemplaires, je fis remarquer, ce qui devait se verifier bientot, que 
le R. platamfolius, espece tres voisine, ne croissait que dans les lieux 
rocailleux et sees, de telle sorte que la station des deux plantes est un 
moyen assur^ de les distinguer Tune de Tautre. 

Phyteuma orbiculare L. , pas tres rare dans la flore de Paris. 

Gentiana lutea L. , cette superbe reine des Alpes, dont les racines contiennent, 
ii c6t6 du principe amer, assez de sucre pour donner par fermentation une 
eau-de-vie particuliere. 

Phleum alpinum L. 

Irollius europceus L., en fructification. 

r 

Tliesium alpinum L. 

Herminium Monorchis R. Br. , aussi abondant que beau. On le cueille par 
poign^es dans la prairie, et j'y encourage d'autant plus que c'est la une 
forte diversion exv faveur de notre plante de Mantes, ou toulefois, soil dit 
en passant, notre excellent collegue M. Beautemps-Beaupre a decouvert 
cette annee une locality extremement riche. 

1 * 

Nous gravissons des rochers boises, et, sur le plateau qui les couvre, nous 
rccueillons en assez grande abondance, dans une formation albienne ou Tel^- 

F- 

menl, en partie siliceux^ favorise le d^veloppement de quelques especes : 

Rosa alpina L. 

Arnica montana L: 

Lcjoli Equisetum silvattcum L. 

Botrychium Lunaria Sw., espece parisienne, que W. Dumont, noire savant 

guide, n'a jamais rencontrfie dans les Alpes au-dessous de 1200 metres. 
Selaginella spinulosa Al Braun. 

Apres une assise de craie de Meudon grise et dure, pres et lieux boises 
ou croissent : 

Gentiana punctata L. {G. purpurea VilL), dont les beaux exemplaires, de 
30-40 centimetres de longueur, nous rappellent la planlc de la Grande- 
Cbartreuse, et contrastent avec ceox que nous trouverons touta Tbenresur 
les hauls pSturages. 

Solnadella alpina L. , _ 



--' 






r.li - -^t^^ ^ C- 



SEANCE DU 8 MARS 1861. 133 

Alnus viridis DC. 

Hieraciutn aureum Scop, et //. aurantiacum L. , dont chacuii cueille do 
gros bouquets dores. 

Tri folium badium Schreb. , ici a peine fleuri. 
Orchis globosa L. 

Veratrum album L. 

Midgedium alpinum Less., que nous retfouverons haul de 2 mfclres surles 

bords de la Dranse, entre Saiut-Pierre et la cantine du grand Saint-Bernard, 
Sorbus Chamcemespilus Crantz, que nous avons r6coIt6 sur le calcaire cle 

Saint-Nizier et le terrain siiiceux des hautes Vosges. 
Maiantkemumbi folium DC. 

r 

Leucanthemum maximum DC 

Biscutella Icevigata L. 

Adenostyles albifrons Rchb, et Rhododendron ferrugineum L. 

On descend un pen pour arriver ci la glaciere de Solaison , vaste cavilS 
Duverte dans I'escarpement urgonien de L6chaud, et oii, quoique k une alti- 
tude de 1300 metres seulement, se maintiennent de la neige et des glaces dont 
chacun de nous croque quelques fragments, en evitant avec grand soin de 

^ 

s'exposer an souffle glace d'un courant d'air qui sort avec impetuosity, do 
temps immemorial, d'une crevasse du rocher. 

C'est alors qu'a nos pieds, et comme transportes au milieu d'un jardin com- 
post des espSces les plus ravissantes que puissent rever des botanisles pari- 
siens, nous cueillons : 

Anemone narcissiflora L. , aux iarges fleurs dispos6es en sertules. 
A. alpina L. 
Pedicularis verticillata L. 

r 

Ranunculus Thora L. 

Astrantia minor L. 

Aspienium viride Huds,, tres abondanl. 

Tftalictrum aquilegi folium L. , rare. 

Dry as octopetala L. 

Salix hastata L. , S. retusa L. et S. reticulata L 



'fs 



Cystopteris montana Link. 
Arabis pumila Jacq. 



\gustifoli 



G. terna L. , reparalt mel6 au G. bavarica L. , que distinguent ses tiges moins 
gazonnantes, ses feuilles obovales obtuses et ses lobes corollins ^ peine 
d'un tiers plus longs que le calice. 

Valeriana montana L. 

Pinguicula alpina L. 

Senecio Doronicum L. 



f 



1.3A SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

Carex frigida \\l, qui se distingue bicu du C. nigra pai\ses epillets pedi- 
celles^ ctq, \. 



* * -• * 



\ '< 



Viola bi flora L. 
Pedicularis adscendens Gaud. 

liibes petrceum L. 

Encore Asplenium viride Huds, 

Streptopus amplexi fol ius DC, , qilfe nous avons deja cueilli au Hohnecl 

pied 4u pic de Sancy et Si la Grsu^e-Chartreuse (a la Gr?^p4?-Vache). 
Arctpstaphylos alpina Spr. 
ffelianthemum varm6i7eSpach, vsr. grandi florum ^ tres belle forme alpii>e. 
Polygonatiim verticillatum All. 
Globularia nudicaulis L., dont la floraison est P^ss^e ain^i qqe c§lle du 



%o 



* . \ 



■■ u 






Gentiana nivalis L. 
Lonicera ccerikk^ L,, 

- V - - - 

Primula Auricula L., fleurs pass6es. 
Frinus alpinui L., en fructification. 
Melica nutans L . 
Paradisia Liliastrum Bertol. 
H iet actum villosurn L. 

Galium silvestre Poll., forme alpestre tres rMuite. 
Saxifraga muscoides Wulf., plus une forme hypnoides, '' 

Campanula thyrsoidea L., rare; nous le reverrons'^en montarit au grand 
' Saint-Bernard. 

Uieracium glab7'atum noppe* ' - 

Vaccinium uliginosum L. et F. Vtiis idcca L. 
llanuncidus platanift 



-■ ^ 



- .' - 



le Poly podium Dryopteris L. 
Potent ill a aurea L. 
Silene quadrifida L. 

a9. acaulis L. , sans melange de iS, exscapa^ 
Gentiana nivalis L. 
Aspidium Lonchitis S\v. 
Ranunculus 7nontanus L. 
Pirola minor L. 



iwbpi'dale 



.>^< 



» T 



espece souvent suostuuec, avec le 
osges et le Mont-Dore, au F. odora 



medicaux. 



Arohimm scorpioides DC. , dont nous avons vu les larges calalhides S la 
Grande-Chartreuse (route du Grand -Som). 



* ■ * 

profonde§ .crevasses ou 



__-j- " Vu 



1 



\ 



SEANCE DU 8 MARS 1861. 185 

iiiclicnt les Pijrocorax, nous debouchames sur les Planets, vaste plateau 
gazonne, corame lant de paturages alpins, par notre Nardus stricta L. des 
prairies de Rambouillet el dos fiiclies d'Aigremonl. 

La nous apercumes, dans un fond tourbeux que suit un petit ruisseau, le» 
jolies tetes blanches de VFriophorum Scheuchzeri Roth, sur lesquelles tous 
se pr^cipiterent, sans tenir compte de la boue noire qui en gardait les abords. 
frfes de Y Eriophorum croissait le Cardamine amara L. 
> Sur la pelouse nous cueillons i 

■ 

I 

Selaginella spinulosa AI. Braun, qui est ici assez coinmmi. 
Gentiana bavarica L. , r^pandu en larges toufTcs. 
Plantago alpina L. 
P. montana Lam. 

Phyteumaorhiculare'L., forme alpine. 

Gnaphalium dioicum L, * ' 

Arenqria vernq L. , nofable/nent suflryticuIeuXj ainsi g^ue I'espece suiva']li.\ 

A. ciliata L. ' " 

Carex verna Vill. , qui n'est qu'une forme alpine ct r6duite de notre Cnyex 
pnecox J acq. ' - 

C, sempervirens Vill. 

C. ferruginea Scop. • \ 

Sesleria ccendea Ard. 

Botrycliium Lunaria S\v. 

Gentiana punctata L. j3 pumila, variete naine reduite a i^ne grande ilctir 
(jui semble naitre du gazon. :^ops jjc somines qu'a une altitude* de 
1800 metresj et cependant noire plante diflere tellement des beaux sp{?ci- 
mens que noiis avoiis recoltes 600 metres plus bas, qu'on croirait voir des 

especes tout a fait distinctes. 
McBhringiapolijgonoidesM. et K. 

Apres avoir cueilli , dans une petite mare a moili6 dessech^e, cctte c,sp.;ce 
precieuse, qui n'6tait jusqu'a present connue en France qu'au Mont-VenU ux 
ct peut-etre sur un point des Pyr(5nees (Prats-de-MolIo , ex herb. Gay), nous 
nous haiames, le soleil descendant rapidement derri^re la moutagne, d'avan- 
cer contrc les aiguilles du Berger ou Vergy (ces aiguilles sont au nombre de 
trois : I'aiguille du 3Iidi a gauche , I'aiguille Blanche au milieu, I'aiguille de 
Jalouvre adroite), liaules de 2500 metres. 

Apres avoir traversfi un ravin oii le Bronse prend sa source, nous nous ele- 



'V 



vames, dans la direction du col (de Balasau), entre I'aiguilie du Midi et Taiguillc 
Blanche. G'est la qu'est la combe de Cetis, ou la neige ne fond jamais, el qui 
recoit, par les avalanches, par les vents et par la degradation des rochcs, les 
v^getaux des cimcs voisines. 
Centre les flaucs diflicilement accessibles des rochers, nouf cueillinies, 



136 



SOCIETE BUTANIQUE DE FIUISCE. 



avec une Iiale fievreuse, et desoles de inaaquer de temps pour explorer lo 
sommei de la raoiitaane : 



Draha aizoides L. 

Carex firma Host, espece dont on ne connaissait en France que deux ou 

Irois localil^s, el dont chacun fait ici ample provision. 
Nigritella snaveolens Koch (TV. fragrans Rchb. , Orchis suaveolens Vill.)> 

regarde conime un hybride des deux especes suivantes, qui ici du moins 

vivent m6Iang6es avec lui. 
TV. angusti folia Rich. 
Gymnadenia odoratissima Rich. 

Ici croissent encore : 
Gymnadenia conopsea R. Br., qu'on a aussi consider^ comme Tun des 

parents du Nigritella suaveolens. 
G. viridis Rich., petite forme alpine a labelle brunatre. 
Orchis globosa L. , dont quelques individus avaient leurs epis roses changes 

en ^pis blancs. # 
Myosotis alpestris Schm. 

Linum alpinum L., qui parait ne pas differer du L. montanum Schl, de nos 
coteaux d'jfepizy. 

Sedum atratum L. 

Aster alpinus L. 

Veronica aphylla L. et V. alpina L. 

K fruticulosa DC. 

F. saxatilis Jacq. , qui diCfere du F. fruticulosa par ses polls non glan- 
daleux et par ses fleurs (d'un beau bleu], n'ayant de rouge que la 
gorge. 

4 

Valeriana montana L. ■ 

Hutchinsia alpina L. 

Sibbaldia procumbens L. 

Saiix retusa L., S, reticulata L. et S. herbacea L. 

jRanunculus alpestris L.yYdiVQ. 

B. Thar a L., rare. 

* - 

Erigeron uniflorus L. 
Aslrantia minor L. 
Saxifraga oppositi folia L. 
Meum Mutellina Gaertn. 
Geum montanum L. 
Gaya simplex Gaud. 
Empetrum nigrum L. 
Globularia nudicaulis L. 

Agrostis rupestris All. 



/ 



_ ^" 



I 



SEANCE DU 8 MARS 1861. 137 

En descendant le ravin qui s'^end au pied du Vergy, on irouve encore, 
avec plusieurs des especes ci-dessus : 

Linaria alpina Mill., Tune des plus charmanles plantes des montagnes. 
Phaca astragalina DC. , aux fleurs odorantes, lav6es de violet sur fond blanc, 

se melant aux fleurs roses de VOxytropis montana DC. 
Erigeron glabratus Hoppe. 

Rumex scutatus L., qui serl, plus que VOxalis Acetosella^ ^ Textraction du 

sel d'oseille, 
Draba aizoides L , en fructification. 
Papaver alpinum L. , un pied tombe des Aiguilles. 



'folium 



pouss^es. 



Adenostyles alpina Bl. et Fing. 
Et, en nous rapprochant davanlage du village de Saxonnex, qui n'est qu'S 

Taititude de 1000 metres, comme le village de Brizon ; 

Arabis ciliata Koch. 

Sempe7'vivum montanum L. 

Euphrasia salisburgensis Funk. 

Orchis fusca Jacq. 

Pirola secunda L., dans un bois de Sapins ou croit aussi Amanita muscaria^ 
cette terrible Fausse-Oronge, que M. le pharmacien Duniont nous dit etre 
Tun des raets les plus recherches des habitants de Bonneville ! Une seule 
fois il a vu ce Champignon causer un d^lire furieux, qui ceda a I'^mctique 
suivi d'une potion etheree. 

Ayant fait one halte d*une demi-heure a Saxonnex, nous descendimes ra- 
pideraent sur Cluses, ou toute la troupe etait rendue vers 9 heures 1/2 du soir. 
Apres nous etre eleves de Bonneville sur le flanc des Aiguilles, c'est-k-dire de 
450 metres h 2000, nous revenons h ^90 metres, ayant march6 15 heures. 

Comme h Bonneville, ^nous sommes, par Ics bons soins du malre, promp- 
tement et confortablement installes dans les hotels et chez les habitants. 

Le 3 aout, de grand matin, les plus infatigables d'entre nous sont all6s 
dans la montagne, h quelques kilometres de la ville, enOammer le gaz qui se 
degage des fissures naturelles du sol ou des trous qu'on y pratique. 

Cependant la plupart out mis en papier les riches ddpouilles du Brizon, et 
k 10 heures, apres avoir fait charger les bagages sur deux fourgons qui doi- 
vent nous preceder a Sallanches, nous nous dirigeons, par une pluic assez 
intense, vers cette derniere ville. 

A une demi-lieue de Cluses, deux canons, places sur la route, nousinvitent 
a monter a la belle grotle de la Balme, ouverte contre le flanc de la montagne 
k 370 metres au-dessus de la route, et longue de plus de 150 mfetres. L*esca- 

lade est execut^e, et chemin faisant nous cueiilons : 



J38 SOCIETE BOTANIOUK DE FRANCE 

fiydamen europceum L. , en pleine floraisoii. 
Globulariacotdi folia L. 



* ^ H^ 



Digitalis lutea L. ct D. ^randijlora All. 

Salvia glutinosa Tj. 

Fpipactis atrorubens Hoffm. et Phalangiinji ramosum Lgra. ^ de no? calcaires 

parisiens. 
Asplenium Halleri DC. , dans les fissures de la roche. 
Saponaria ocimoides I 



Coronilla Emerus L., Tun des jolis sous-arbrisseaux de no§ parterres, 
Potentilla caulescens L, 
Dianthus silvestris 'NVulf. 
Sedum dasyphyllum L. 

S. aipestre Vill. (5'. saxatile All, non DC) 

El sous le vestibule rneme de la grotte : 
^Polypodium Dry opt er is I^. 



Apres avoir reprisla route de Sallanches, nous cueillimes : 

Cinclidotas fonfinaloideSy avant de passer le pent d*un petit torrent <jui 

traverse la route pour se jeter dans TArve. 
Mwhrzngia muscosa L. , cu magnifiques tguffes, 

\ - - 

^ 

Ofl admire la cascade de j\Iagland, qui s'echappQ a c6t6de ja route et que 
Saussure presume etre alitnentee par le lac de fl^jijg; pp fpjl tirerle canon 
pour entendre I'uu des plus beaux 6chos ^es montagnes, Bientot le saut 
d'Arpenaz, ce rival du Staubach, jette h nos pieds, d'une hauteur de 800 W^~ 
tres, sou torrent de mousse, et la valine s'6Iargit pour nous laisser entrevoir, 

r 

par une demi-eclaircie de I'atmosph^re , Timposante croupe neigeuse du 
Mont-Blanc, placee en face de nous. 

* ■ 

b _ _ 

A + 

^ous cueillous, sqr leg bprds de ja rqpt<? ^t de I'Arve : 

Lontcera Xylosteum L. . 

Melilotus leucantha Koch* 



Msymorium ootusangulm 
Sedum sexanguiare L. 
Geranium pyrenaicum L, 



Lois 



heures 



beau poqt de pierre 



b 



bourg 



t^b'p 4e 200 pouverts , (jue le ipairc a eu raliention de faire dre 
a grande salle de Fbotel de ville, ^pq dficorent des peintures njni 

plafonds d*un bel e|fef, On pen^p J>jpn erne nous fel^ni§gi rapqe^jon. 



,rf. --^.1" --i- 



- SEANCK DU 8 BURS i861. 13Q 

Le saniedi k aout, apr^s avoir, non sans quelques dcmeles avec uii voiUi^ 

rier ties exigeant. organise k transport ties hagages sur Chamouuix, nous 

nous dirigeamcs de iios personnes vers ce centre des excursionistca au Wont-- 

Blanc, en passant par Saint-Gervais-Ies-Bains. 

Entre Sallanches, situ6 h 570 metres, q\ les Baips, dont Taltitude est de 
620 metres, nous cueillons : 

Viola tricolor L. var. alpina. 

Silene rupestris L. ' ) 

lychnis sU^^^tris fjoppe, 

Geranium pyrenaicum L. 

La pluie, quijusque-lh 6taittombee avec abondance, s*arr5te au moment 
de notre entree dans la cour du bel hotel des Bains, dont le proprietaire, mon 
vieil ami le docteur de Mey, fait avec empressenient les honneurs. Nous visi- 
tons avec int^rSt son mus^e du Mont-Blanc, riche surtqut en ecliantillons de 

1 ■ 

mjn^ralogie. 

Apr^s une visite aux sources thermales salines subsulfureuses et bronio- 
iodur^es, qu'accompagne une petite source ferrugineuse^ nous nous rendons 
Si la bplle cascade que fornje le Bon-.>'ant (torrent qui descend du col dq 
Bonhomme), en se jetant du haul des rochers dans une etroite gorge plac^e 
derriere r^tablissement : \h nous cueillons : 

r 

-Si/ene^x^ra^a All. , descendu des sommets alpins, peut-etre avec Taide dos 

baigneurs, dans uu froid ravin que jamais Ic goleil ne virile, 
Impatiens Noli tongere L. , dont les boutons seuls se montrent. 
ChcBrophyllum hirsutum L. 
Campanula pusilla Haenke. 
Mcehringia muscosa L. 

A la cascade, Pincertitude du temps nous divise en deux troupes, dontla plijil 
nombreuse et la moins entreprenante, avec laquelie j'avoue que je restai, 



Ane 



Chede et 



Servoz, tandis qu'une petite troupe, confiante en son agilit6, aux batons ferr6s 
dontelie s'6tait munie en sorfant de Sallanches, et surtout 1| I9 Providence 
des botanistes, montcau pont^qpiableet passe par le village deSaint-Gervaia 
{k 820 mfelres) pour franchir le Prarion, 

Laissons un instant celle-ci, qui nous jetropver^us Ouches, sur la rpiite 
de Ghamounix; ou Jl sera pfpcM6 a Tephange dep butins, 

Ayant traverse^ au milieu ctes toufles de VHippopha^, U large plaine d'allu- 
vions que forme TArve au d6bouche des gorgcf qui §6parent la vpI16e de Sal- 

-r 

lanches de cellede Servoz, et franchi le torrent sur un pout de bois, que les 
grandescrues emportent, de temps a autre, avec la chau&tt^e qup couvrc Ig 
Sisymbrium obtusanqulum, nous laissons h gauche la cascade dp Clji'de, h 



IZiO 



SOCIETE EOTANIQUE DE FRANCE. 



droile la chute de TArve, dont le bruit arrive jusqu'a nous, et, gravissant Ic 
chemin boise qui m^ne, par des roches d'un calcaire noir veine de blanc, a la 
vallee de Servoz, nous r^coltons : 

Goodyera repens R. Br., cette jolie Orchidee stolonifere que la flore de Fon- 

taiiiebleau a offerte, en 185/j, a la surprise des botanistes parisiens. 
Hieracium statice folium Vill et Pirola secunda^ deja trouv^s le premier 

jour de i'herborisation. 
Poly gala Chamcebuxus L. 

Melampyrum silvaticum L. , tres commun, mele a quelqucs pieds du beaii 

M. nemoi'osum L. 
Brunella grandiflora Jacq. 
Gentiana lutea L. 

r ■ 

Teucrium montanum L. 



4 

Nous donnons un dernier regard a la vallee de Sallanches, et nous entrons 

F 

L 

dans celle de Servoz, en forme de cirque arrondi, autrefois remplie par les 
eaux d'un lac, et devee d'environ 820 metres. 

II est inidi quand nous entrons a Servoz, choisi comme lieu de dejeuner. 
La faim jette les plus presses dans les hotels des Trois-Rois et de la Balance, 
les plus heureux dans celui de TUnivers, situ6 a I'autre boutdu village. 

En quittant Servoz, on cueille le Cuscuta major surles orties qui bordent 
la route. Bientdt nous passons la Dioza, qu'alimentent les glaciers du Buet 
(3100 metres), et, laissant a gauche le monument d'Eschen, traducteur 
d'Horace, qui p5rit en tentant I'ascension de cette montagne, nous passons 
de nouveau TArvesur le pont Pelissier, jete sur un abime entre deux ro- 
chers, comine tons les ponls du diable. 

Sur les bords du chemin qui suit I'arete escarpee des Montets, nous cueil- 
Ions, mgles ^ de rares espdces de Mousses (donl la listesera donnee par 
M. Roze, le savant bryologue de Texp^dition) : 

Sedum alpestre Vill. et Silene rvpestris L. , qui recouvrentde gros quartiers 

de granite du Mont-Blanc (protogine) ; 
Sedum dasyphyllum L., qui nous rappelle les murs de Rambouillet. 
Scleranthus perennis L. , si commun dans les sables de Fontainebleau. 
Vaccinium Myrtillus L. , de Montmorency et de Marines, m^l6 au V. Vitis 

idcea L. , plus rare dans la flore parisienne. 
Asplenium septentrionale Hoffm., Cystopteris fragilis Bernli. el Woodsia 

fnjperborea R, Br. , que nous retrouverons jusqu'a Chamounix dans les 

murs de pierres s^ches qui bordent la route. 

Saxifraga cunei folia L. 

Primula viscosa Vill. (fleurs passees). . 

Epilobium alpinumL. . 



t 



I 



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L^ ' 



STANCE DU 8 MARS 1861. 1^1 

Sie liana aquatica Poll. 
Viola tricolor L. var. alpina. 
Astrantia minor L. 

Prenanthes purpurea L. 
Lycopodium Selago L. 

Listera cordata R. Br., sur les troncs pourris du P/ww5 silvestris et de 
I'A^zVs excelsa. 

* 

Selaginella helvetica Spr., dont nous relrouverons souvent les pousses 

aplaties recouvrant les rochers humides. 
Dianthus silvestris Wulf. 
Veronica spicata L. 
V. fruticulosa DC. 

^ 

Depuis le passage de TArve sur le pont P6lissier, Ic paysage a pris une 
forme plus montagnarde, plussauvage. V Abies excelsa DC.,au noir feuillage, 
se mgle & des masses de rochers a pic, dont Ics sommets, changeant de place 
avec les contours de la route, se detachent sur le fond neigeux des croupes 
du Buet et du Mont-Blanc, tandisqucleursflancs sont comme 6mailles par Ic 
Lepra chlorina aux thalles jaunes, et par les plaques rouges du Parmelia 
elegans. 

En arrivant aux Ouches (ou Houches), nous rencontrons ceux de noscom- 
pagnons qui nous avaient quilt6s a la cascade de Saint-Gervals pour franchir 

le Prarion. Les uns sont venus par la route plus courte du col de Forclaz ; 
les autres onl pris par le col de Voza et ont dejeune (mal et cherement, pre- 
nons-en note) au pavilion de Bellevue. Tous, mais cos derniers surtout, ont 
eu le spectacle de magnifiques panoramas sur les glaciers de Trc-la-tete, du 
Buet et du Mont-Blanc, sur les valines de Sallaiiches et de Chamounix. 



Leurs chapeaux sont orn^s 



r^ 



newm(dans le plus frais 6tat defloraison), dont chacun porte, en outre, un 
tres gros bouquet, et leurs boites, qui s'ouvrent pour nous, renferment, 
outre plusieurs espfeces moins rares : 

Corallorrhiza innalalX. Br., curieuse Orchid^e, \oh\ne dcVEpipogium, aux 
rhizornes de corail, ctdont quelques exemplaires, rapportes des sapinieres 



Jaube 



ll^gu 



main de Sainl-Pierre et Prillieux, le sujet d'etudes morphologiques d'uo 

grand iut6ret (1). 
Pirola wii flora L. 
Jiiniperus alpina Clus. 
Anemone vernal is L. 



(1) Voyez le Bulletin, t. IV, p. 766-770 



\^^' x_j 



142 



SOGIEtE BOTANlOUE DE FRANCE. 



Centaurea montana L. 
Calamintha alpina Lam. 



* * 



des 



beaux glaciers de memes noms qui descendent, le dernier surtout, jusqu'aux 
bords de la route^ qu*un jour peul-6tre ils couperont; ndus nous replacons, 

'., i .*_..; 4 . 4 1 '4 fcl\ . , 



1> 



d 



y - 



ou poiisses par les glaces : 
Epilobium Fleischeri Hochsl, et 



'foliu 



fleurs roses, qui nous rappellent les bords de la Romanche. 
Solidago minuta Vill. , plante naine et \ grands capitules, qui semble n'etre 

qn'une forme alpine du iS'. Virga aurea. 
Vey^onica frutttulosa DC. 

V 

L 

V. saxatilis Jacq. 



1 



le I'un des pi 

de la Tete-N 



i 



ans, et que domain, en montant au Brevent, ilous vetrouverons avec ses 
amples corolles iiuariceeS de toufes Itis teintes comprises entre le bleu 

et le blanc. 
Alchemilla vulgaris L. 

Sempervivum montanum L, 

- » 

Woodsia hyperborea R. Br. 

-■ X H 

l^ous arrivons, vers 7 heuresdu soir, a Chamounix, ou notre installation, 
pr^paree par de zel6s fourriers, se fait avec ordre dans le grand hotel de 
rUnion et ses succursales. 

(La suite prochainement,) ■ 

M. Moquin-Tandon met sous les yeux de la Societe una parlie 
d'un tronc de Ghene frappe par la foudrc et dcvore par des larves 
de cerfs -volants. Cjet echantillon lui a ete communique par M. Ad. 
de Barrau. 



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SEANCE DU 22 MARS 1861. 143 



SEANCE DU 22 MARS 1861. 



PR^SIDENCE DE M. AD. BRONGNIART. 



M. Eug. Fournier, vice-secretaire, donne lecture du proces- 



du 



dans la derniere 



President proclame I'adraission de 



M 



MM. CouRBON (Alfred), docteur en medccine, raedccin de la 

marine imperiale, place Saint-Andre-des-Arts, 2, i Paris, 
presente par MM. Brongniart ct Moquin-Tandon; 
Simon (Jules), docteur en medecine, rue Bonaparte, lii, a 
Paris, presente par MM. Eugene et Henri Fournier. 

. le President annonce en outre une nouvelle presentation. , 
M. J. Gay s'exprime en ces termes : : 

M. Moquin-Tandon et moi avbns Thonneur de vous proposer, Messieurs, 
d*admettre daJis notre Societe M. le docteur Henon, depute de Lyon au Corps 
16gislatif, qui s' est fait connaitre par plusieurs travaux de bolanique, inserts 
dans les Memoir es deVAcademie des sciences el arts de Lyon (1), preludes 
d'un travail plus considerable sur le genre Iris^ auquel il consacre depuis 

longues annees tous ses loisirs. 

C'est k lui que M. Moquin-Tandon a d6die le genre Henonia, d'aprf;s un 
arbuste de Madagascar qui appartient h la famille des Araarantac^es (in DC. 
Prodr. XllI, 2, Wh^, p. 2^7). 

Madame Aur^lie Hetton, nee Fav're, qui seconde si bien les travaux sciea* 



tifiques de ison mari par un talent de peinlure hors hgne, a aussi trouv6 sa 
place d*honneur dans le catalogue des genres. C'est h cette dame que j*ai 
vbulu rendre hommage en proposant le genre Aurelia, fonde sur une plante 
marocaine de la tribti des Narciss6es [Ann. sc. nat.^ U*" S(5rie, t X, 1859, 
p. 95, et Bull. Sod. hoi. de Fr.^'Vt, 1859, p. B7). 

Un autre M. Henon, celui-ci interprete mililaire de la division de Conslan- 
tine, fait d6ja partie ^e noire 3ociet6, et lui aussi a bien merite de notre 
science par ses etudes sur la flore algerienne. MM. Cosson el Durieu de 
Maisonnedte lui en avaieht rendu t^moignage en donnant son nom a un 
genre alg^rien de Cruciferes, voisln des Moricandia [Bull. Soc. dot. de Fr.^ 
II, 1855, p. 246). Mais ce nom, d^jk employ^ pour un autre genre ant6rieur 

(l) Notamment une notice Sur une tvgk.ct de ^{xrcx%%^ jpeu aonnu^ (M4m. cites, nout. 
serie, t. IVj 4834, p. 5-17, avec une planche). 



% 



\!lll SOCIETE BOTAISIQIIE DE FRANCE. 

de six ans, nc pomait pas elre conserve a la Crucifere algericniic. MM. Cosson 
et Durieu de Maisonneuve ont depuis rem^die a ce double emploi en trans- 
formant leur Henonia en Henophyton [loc. cit. p. 625). 



Dons fails a la Societe: 

1° De la part de M. Bouchardat : 

AwwMfliVe </e J'/icVfl/jew^j'^-Me, 1861 (avec un supplement). 

T De la part de M. Viaud-Grandmarais : 

Etudes medicales sur les serpents de la Vendee et de la Loire- 
Inferieure. 

3° En ecliange du Bulletin de la Societe : 

■ 

Journal de la Societe imperiale et centrale d' Horticulture^ f6vrier 1861. 
LVnstituty mars 1861, deux numeros. 



M. Al. Jamain fait hommage a la Societe de VAminaire de The- 
rapeutiqne de M. Bouchardat, et donne une coiirte analyse des 
chapitres de ce livrc qui ont rapport a la botanique. 

M. Eug. Fournier prescnte a la Societe Vouvrage de M. Viaud- 
Grandmarais Sur les serpents de la Vendee et de la Loire-Infe- 

rieure^ et insiste sur le moyen propose par Tauteur pour prevenir 
les accidents qui resultent de la morsure des viperes : 

M. Viaud-Grandmarais, se fondant sur les succes obtenus par MM. Brainard 
et Green, qui soni parvenus a neutraliser memo le venin du crotale, conseille 
aux chasseurs, botanistes, etc., de porter sur eux un flacon conlenant une 
sohnion aqueusc d'iode et d'iodure de potassium. Ce flacon doit etre ferme a 
r^meri parun bouchon long et conique inferieurement, qui plongc dans le 
liquide et au moyen duquel on puisse faire p6n6trer quelques gouttes du r^ac- 
tif jusqu'au fond des blessures agrandies, M. Viaud-Grandmarais considerecc 
moyen comine bien superieur a Temploi de Tammoniaque, d'autant phis que 
le venin de la vipdre n'est point du tout acidc, ainsi qu'on Ta cru longtemps. 

M. Delavaud fait a la Society la communication snivante : 



ETUDE TERATOLOGIQUE SUR DES FEUILLES DE L'ORME CHAMPETRE, 

par M. €. DELiAVAUD. 

(Resume foumi par rauleur,) 

J'ai trouv^, Taulomne dernier, dans ime allec a Rochefort, huit feuilles 
anomales di'Vlmus campesfris, d(3tach6es et tomb^es a terre. Au premier 



SEANCE DU 22 MARS 1S61. 1^5 

aspect, elles semblent rosulterde la soudure incomplete de deux feuillcslihres 
ausominct. Mais un examen aitentif ct Tetude particulicre des divcrsos ano- 
malies appliquec a ces feuilles doivcnt les fairc considerer comme conslituant 
un organe reellement unique et simplement hypertrophic etdeformC. 

II est remarquable que, des deux lobes dans lesquels elles ^ sent parlagecs, 
Tun est toujours lateral, situe au cote inf^^rieurou non auricula, et dc moin- 
dres dimensions. Chacun de ces segments est pourvu d'une nervurc mediane, 
et les nervures secondaires pennies se rendent toules aux dents correspon- 
dantes, sans anastomose. 

La consequence immediate de cct examen, c'estqu'il y a hyperfrophie et 
developpementd'un lobe supplemeniaire ; de la. une deformation qui rap- 
pellc, sauf la forme arrondie des sinus et Tasymetrie des segments, celle des 
feuilles ^ lobe unilateral du Broussonnefia, dii Sassafras et de quclques autres 
plantes. 

La Constance dece mode de deformation, son apparence meme, semblent 
indiquer la Constance de la cause qui I'a produite ; el Ton est port(5 a rejeter lout 
d'abord riiiiervention unique d'une cause physiologique generale, d'un exces 
de nourriture par exemple, qui determinerait indi(T*5rcmment le developpe- 
ment anomal de Torgane lout enlier ou de Tune quelconque de ses parties. 

Or la discussion des diverses causes d'anomalie applicables a nos feuilles 
d'Orme permet d*arriver aux conclusions suivanles : 

1** L'origine de leur deformation n'esl pas une partition ou disjonction, 
' telle que Tentendenl W. Moquin-Tandon ei plusienrs auleurs, puisque chacun 
des !obes estsymetrique et ne repr^sentepas tme simple moitiu d'organe. 

2° Le nombre desfaisceaux \asculaires ne paraissant pas augmenle dans la 
base du petiole, on ne saurait admettre un dedoublement veritable, c'est-a- 
dire la formation par muhiplication de deux feuilles originairement distinctes 
el soudees ensuite. Quelqiiedi\isre(|ue soil nnefeuille par les progres de la 
Vegetation, on doit la regarder comme unique tant que son petiole conserve 
i son origine sa constitution normale ; sans cela, il faudrait ranger dans .es 

dedoublemenls la simple formation des lobes. 

3° La forme inequilalerale des feuilles anomales d'Orme ne permet pas de 
supposer qu'elles r(5sultent de la soudure de deux feuilles norniales disliques, ^ 
la suite de ravortement du m6ritballe, car elles auraient rapprochC leurs bords 
similaires, donnant ainsi naissance a une feuille a bords auricules tous deux 

ou sans oreillette. 

4° La disposition , primitivement et accidentellement decussali ve dans TOrme, 
donne lieu de penser a Tanalogie que la formation du lobe supplemeniaire 
prCsente avec les phCnomenes de dissociation, soil qu'il provienne de celle de 
deux feuilles opposees in6gales oude leurs Elements vasculaires, reunisen une 
seule, a disposition dislique, Gette vue, bien qu'ellese rallache a la singuliere 
disposition qu'offrent normalemenl certains genres appartenant a \me famille 



T. YITT. 



10 



146 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

voisine, les Urtic6es, tels que Pilea, Elatostema el Procris (Weddell), nous 
semble loulcfois irop hypolheiique pour qu'on radmelte. 

On voit, d'apres cela, que I'hypertrophie ayant cause la d<5formation des 
feuilles en question n'est pas subordonnee a une autre anomalie, qui en serait 
le point de depart. 

5"* Le fait le plus saillant et le plus important, a mon avis, dans la mons- 
truosit6 etudiee, c'est la formation d'unemaiiresse-nervure. On peut dire que 
Forigine du lobe doit se rapporter h la formation ou au developpement dc son 
centre de vascularisalion, ou,de sa nervuremediane. 

6** Cette nervure, laterale par rapport a la cote moyenne, indique un 
retour imparfait au type trinerve de la classe des Crllcinees (Ad. Brongn). 

V Cette interpretation, la plus simple, la plus conforme au fait examine, 
ainsi qu'a des analogies nombreuses, est une preuve de plus des grandes lois 
t^ratologiques. La notion de type (plus ou moins general selon les families et 
les organes consideres) est dominante en morphologie, etsouvent elle est 
r6v61ee par des deviations anon)a]es; les atrophies, les hypertrophies, les 
soudures et les dissociations, les metamorphoses surlout, et les phenomenes 
l^ratologiques en general, ne sont que des moyens varies que la nature emploie 
pourdevoiler Tunite a laquelle elle se conforme. 

8° II est possible (c'esl un point a examiner) que Ton doive consid^rer 
comme des lobes, en les rapporiant au meme ordre de fails, les feuilles surnii- 
m^raires qui ont 6te menlionnees dans divers arbres, notammenl dans les 
Muriers, les Tilleuls et les Lauriers* 



r 

M. Brongniart dit qu'il a observe, il y a quelques annees, un 
rameau d'Orme porlant des feuilles distiques, simples d'un cote du 
rameau et bilobees de I'autre cote. II y avait la un cas de dedouble- 
ment analogue aceux que Ton a observes chez beaucoup devegetaux 
d'autres families ; ce serait done une anomalie differente de celles 
qu'a signalees M. Delavaud. 

M. Delavaud donne ensuite lecture de la note suivante : 



4 

KOTK SUR UNE FLEUR T^TRAMERE DE TIGRWIA PAVONIA, par M. C DEIiAVAUD- 

J'ai observe, le 16 septembre 1860, au jardin botanique de Rochefort, une 
fleur de Tigridia pavonia telramere, remarquable par son beau developpe- 
ment etpar sa forme r^guliere; le pied n'en a pas produit d'autres de cette 
sorte. 

Les grandes divisions exti5rieures du p^rianthe, creusees en coupe a la 
base, sont au nombre de quatre, toutes egales et dispos^es sym6triquement : 

A est impossible de dislinguer ceUe qui est supplementaire. Des quatre petites 



b 



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/ 



SEANCE DU 22 MARS 1861. Iii7 

divisions interieures, pandurifoiijies, alternes avec les precedentes, Tune est 
atrophiee au soiiimet, la languette qui la teniiine faisant presque complefc- 
meat defaut. Cotle diviijion est soudoc avcc uu faisceau tordu de deux ela- 
mines, qui lui-meme est partage dans son tiers sup^rieur en deux filets sup- 
porlant des antheres noraiales; Taulre faisceau, op[>ose au prec{'denl, est 
droit, plus aIlong6, libre d*adhjrence avec le p6rianlhe, form6 par Fuuion de 
deux fdets jusqu'a la naissance des anlhires, qui sont disposees coniine les 
mors d'une pince. L'ovaire infere est quadraugulaire, a qualre loges. Le 
style, visible dans presque toute son elenduc, part du fond de la fleur, enlre 
les deux branches du tube stainiDal partage ; au lieu d oilrir trois stigtnates 
bifides, il *'st divise en deux branches subdivisces en deux autres, ce qui porte 
en definitive le nombre des sligmates h quatre, fonnant coaime deux paires ; 

mais de ces sligmates, un sen! dans chaque paire est biflde, ['autre est 
simple. 

Quant aux relations de position des organes sexucis entre eux ct avec les 
verticillesdu perianthe, elles importent assez peu dans ce cas idratologiqje, 
le fait principal ayant rapport au noinbre des parties : ces relations in'ont paru 
d'ailleurs conformes a la symelrie habiiuelie de la plante. 

■ 

II y a ici non-seuleinent clurise ou umUiplication du premier verticille 
de la fleur, mais encore des Irois autres plus inturieurs, et de plus atrophic 
d'un segment du periaalhe, soudure de ce segaietU avec un faisceau d'iita- 
mines, torsion et disjonction (ou mieux dissociation) partiello de ce meine 
faisceau, dissociation complete en deux portions du lube staiuinal, enfm 

^ 

atropbie legere des deux stigmates, se manifestant par leur non-bifurcation. 

11 est rare qu'une monstruositfi se presume scule, mais les causes de ces 
coexistences sont variables. Parfois c'est une atrophic ou une liypertrophie 
g§n6rale, par suite de laquelle tons ou a pcu pr6s tous les organes d'une plante 
sont rabougris comme elle, ou odrent un developpement insoliie. Certains 
ph^nomenes leratologiques, soudures, metamorphoses, etc., viennent-ilsalor^ 
compliquer les precedents, ils leur sont subordonni5s; et il arrive ainsi que 
des causes dilTerentes produisent uu r6suUat analogue, indice, ici d'un defaut, 
Ici d'un exces de developpement. 

D'un autre c6t6, si les v^g^taux sont, comme les animaux, soumis aux 
forces de la nutrition, lad6pendance physiologique dans laquelle leurs organes 
se trouvent les uns par rapport aux autres est incontestablement m6lndre. 
L'ac^phalie entratne Talrophie ou la deviation des membres, sans connexion 
directeou anatomiqueavec le cerveau. Rien desemblable ne se presente pour 
les plantes, car les fonctions n'y sont pas localls^es, I'individualite y est disse- 
min^e. 

Cependant il est une sorie de coexistence des anomalies qui diffSre des pr^* 
c6dentes, et a laquelle semble se rapportcr la monstruosite de notre Tigridia. 
C'est celle qui depend de la lot de sym6trisation ou de parity (Is. Geoffroy 



( 



I 

i 



148 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

Saint- Hilaire) par laquelle la formation, par exeniple, (run organe supple- 
mentaire, dans une portion de riudividu, provoque celle d'un organe sem- 
bl^bledansla portion nonnaleme;it symetrique. II est difficile, sans doute, de 
distinguer ce cas du premier, ou la cause physiologique est generale ::on pent 
dire, en effet, qu*il n'y a pas de raison pour refuser a cel!e qui a determine la 
naissance d'un organe, le pouvoir d'en faire naitre un semblable dans la por- 
tion similaire ou contigue. Mais, si Ton considere que la loi de balancement, 
qui s'applique surtout au volume, et la loi de parite, qui a rapport au nombre, 
se manifestent en sens contraire, h la suite d'une cause identique, exces ou 
defaut de nutrition, il faut en conclure que la derniere possede quelque chose 
d*essenliel, de special, qui la rend ind6pendanle de cette cause primordiale. 
De la son importance en teratologic generale, par la nouvelle preuve qu'elle 
apporte de Tunite de composition (1). 

Dans les animaux, cette loi de parite est une abstraction, car il n'existe pas 
de lien anatomique direct entre les membres, par exemple, ou elle a deter- 
mine une meme diminution ou une meme augmentation des parties. II n'en 
est pas de meme pour les verticilles superposes des v^getaux, que reunissent 
des faisceaux vasculaires. Que le premier entre-noeud ait subi une semblable 
multiplication, elle se continuera dans lessuivants, de telle sortecjue la sym5- 
trisation d6coule ici mat^riellement d'une disposition anatomique. Steiuheil 
a Yu naitre, a Taisselle d'une feuille d^doubl^e de Scabiosa alropurpurea^ un 
rameau a feuilles toutes ternees; il y avail en meme temps augmentation pro- 
portionnelle du nombre des faisceaux (2). C'est ce qui doit avoir eu lieu dans 
le p6doncule du Tigridia en question, et c'est a cette multiplication que se 
bornerait originairement le phenomene observe. Nous ne pretendons pas que 
les faisceaux produisent les appendices auxquels ils correspondent, nous les 
regardons seulement comme les indices ulterieuis des centres de formation de 
ces organes, existant a I'etat virtuel dans les entre-noeuds encore cellulaires. 

Tandis que le rameau de la Scabieuse observde par Steinheil avait present^ 
ses feuilles ternees avec und^veloppement normal jusqu*au sommet, ou elles 
devenaient mfime quaternees (5), I'^nergie de la vegetation a faibli, au con- 
traire, dans les verticilles interieurs de notre Tigridia. 11 y a ainsi compen- 
sation ou balancement a raugraenlation de nombre, et ce sont des phenomenes 
teratologiques varies, avons-nous dil, qui l^moignent de cette inipuissance de 
la nature en ces points : une atropbie d'un segment interne, probablement le 
surnumeraire, sa soudure avec un faisceau staminal, la torsion, I'atrophie et 

(1) Isid. Geoffroy Saint-Hilaire, Trailide Teratologie, 1. 1, p. 61 o. 

(2) Ann- sc. nat.y 2^ serie, t. IV, p. loO. 

(3) J'ai observe, sur un Juslicia croissant dans la serre chaude du jardln bolaniquc 
de Rochefort, et que j'ai elle dans une autre notice, un rameau dont le verticille 
inferieur offrait, a Topposite d'une feuille normale, deux feuilles plus pflites et rap- 
prochees; plus haut les verticilles elaient formes regulierement de trois feuilles egales et 
^galement distantes les unes d^s autres. 



^ 



SEANCE DU 22 MAKS 1861. l/i9 

la disjonclion partielle de celui-ci ; I'autre faisceau est uorinalemcnt deve- 
loppe, mais sa soudure avec le precedent ne s*est pas elTectuee eu un lube, 
coimne a Fordiuaire: il y a eu arret de d^veloppemeut. J'ai siguale encore la 
non-bifurcation de deux stigmates. 

A roccasion de cette lecture, M. Prillieux fait a la Societe la 
communication suivante : 



NOTE SUR DKS FLEUHS MONSTRUEUSES DIMERES ET MONOMERES D'EPIDENDRUM 

STAMbOHDlANUM, par M. lEd. PRlLiliIKUX. 

J'ai eu r^cemment occasion d'observer, dans les serres du Luxembourg, 
un pied deuri (V E pi dendrum St am fordia7iwn qui portait, au milieu de nom- 
breuses (leurs disposees a la fa^on ordinaire, une dizaine de fleurs monstrueuses 
dont la structure m'a paru offrir quelque inleret. 

Dans presque tous les Epidendrum^ I'inflorescencesurmonte et termine le 
pseudo-bulbe : il n'en est pas ainsi dans VEpidendrum Stamfordianum. Lk 
Tinflorescence nait de la base du pseudo-bulbe (1) ; on la d^crit comme radi- 
cale (2), c'est une grappe rameuse qui porte un grand nombrede fleurs. Dans 
laplante que j'ai observee, les fleurs monstrueuses se montraient fa et la sur 
diverses ramifications de rinflorescence et a diverses hauteurs. 



(1) Cetle parlicularite n'a ete observee que dans deux especes qui forment seules 
une section du grand genre Epidendrum : « Psilanthemum Klotzsch. — The radical inflo- 
» rescence, otherwise unknown in tlie genus, distinctly maiks this section. » (LindJey, 
Folia oixhidacea^ Epidendrum, p. 28.) 

(2) Je ne sais si I'on a remarque une particularite assez singuliere dans le mode de 
vegetation qui est lie a cette disposition ; je ne crois pas qu'elle ait etc mentionnee; elle 
permet cependant de micux comprendre quelle est la nature veritable de cette inflo- 
rescence que Ton nomme radicale. 

L*observalion directe niontre que dans VEpidendrum Slamfordianum : \° L'inflo- 
rescence nait de la base du dernier pseudo-bulbe forme, absolument de la meme fagon 
que deux pseudo-bulbes successifs naissent a une annee d'intervalle Tun de Tautre. (On 
sait en effet qu'un pied d'Orchidee a pseudo-buibes est forme par une succession de 
pousscs [pseudo-bulbes] dues chacune au developpement d'un bourgeon axillaire de la 
pousse de Fannee precedente.) 

2° L'inflorescence porte a sa base des bourgeons, exactement comme les pseudo- 
bulbes; d'oii il resulte que^c'est de rinflorescence meme que naitra le pseudo-bulbe 
de Tannee suivante. 

11 suit de la que rinflorescence est une pousse florifere, une Rorte de pseudo-bulbe 
elance et dep^urvu de fenilles completes, mais charg6 de fleurs. Cette pousse prend un 
developpement anticipe, elle ditfere des pseudo-bulbes par sa forme et son aspect, mais 
elle n'en a pas moins avec eux une ires grande analogic. On peul dire que VEpi- 
dendrum Slamfordianum prescnte deux sorles de tiges : les unes, renflees et charg6es 
de feuilles, que Ton designe sous le nom de pseudo-bulbes et qui sont toujours sleriles, 
les autres beaucoup plus minces, qui ne portent que des gaines et des bractees, el qui se 
continuent en une grappe de fleurs; ce sont ces tiges fertiles qu'on deorit comme inflo- 
rescences radicales. 

Les pousses steriles (pseudo-bulbes) et les pousses fertiles (inflorescences) naissent 
successivement les unes des autres et sont enchainees toutes ensemble en un sympode, 
comme les pseudo-bulbes floriferes des autres Epidendruyn, 



160 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



A 



perianlhe est forme dedeux vcrlicilles composes cbacun de trois pieces, (lelles 
du verlicille ext6rieur (sepalcs) sont toutes trois de meme forme et se mon- 
trenl regulierement disposeesa uiie egale distance Tune de Tautre. DansTin- 
tervalle des sepaleset alternant avec eux, on trouve les trois pieces du verti- 
cille interne qui sont deux p6tales et un labclle. Les deux p(^tales sont lanceol^s 
commeles sepales, mais de moilie moins largos qu*eux, et pcuvent ainsi s'en 
disiinguer assez neltemenl, bien qu'ils soienl comme eux de couleur verdalre 
et marques de taches pourpres. Le labelle, soude avec la colonne, se d^viloppe 
au dela de celle-ci en trois lobes : deux lati^ranx de conleur blancbe, et un ter- 
minal jaunaire qui est 6margin6 .et divise lui-meme en deux lobes dont les 

bords sont frai 

Dans ton les lesfleurs monstrneuses que j'ai observees, les diverses parties 
de Tenveloppe florale out toujours conserve la meme forme, le n^eme aspect 
que dans les fleurs normales ; la nature de cliacune d'elles etait par consequent 
facilement reconnaissable. I/alieration portait sur le nombre des pieces com- 
posanl cbacun des deux verticilles, et par suite sur leur modede groupement 
el sur la sym6li ie de la fleur. 

Parmi les fleurs monsirueuses, plusieurs pr(5sentaient entrc elles dans leur 
alteration une ressemblance parfaite; toiiles pousaient se rapporler a Tune des 
trois formes que je vais decrire et dont j*ai observe ainsi plusieurs exemples, 

1° La plus legere modificaiion a la disposition normale ^lait offerte ipar 
des fleurs oft les deux verticilles du p^rianthe n'eiaiont plus composes chactril 
que de deux pieces au lieu de trois, soit en tout quatre pieces (savoir : deux 
sepales, un petaleet un labelle) enti&rement semblables, consid^r^esisol^ment, 
aux pitces correspondantes d'une fleur norn ale, mais differeniment disposees. 
La suppression d'un sepale et d'un p^tale n'avait pas laisse dans cbaque 
•verlicille unc place vide; la fleur anomale dimere etait symetrique aussi bieo 
que la fleur uonuale triuiere, mais d'une symelrie differenie. Les deux sepales 
du premier verticille, le piMale et le labelle du second, eJaient opposes Tun 5 
Tautre; en outre les deux verticilles ahernaient regulierement, les pieces du 
p6riantbe elant decussees. Le perianlhe de ces fleurs anomalement dim^res 

^ 

pr6sentait ainsi exactement la sym6lrie que Ton observe dans les fleurs norma- 
lemeni dimferes, telles que celles des Circcea par exemple. 



2 



nomb 



symetrie que les prec^dentes, en differaient en ce que le verticille interne, au 
lieu d'etre forme d'un petale et d'un labelle dissemblables defurme, etait com- 
pos6 dedeux labelles tout a fait pareils, places vis-h-vis Tun de Tautre el soud^s 
lous deux a la colonne. Ces fleurs n'etaient done plus seulement symelriques, 
mais encore regulieres. 

3° La plus grandc simpiificalion dans le nombie des parties composant Ic 
perianlhe m'a 6t6 presentee par deux fleurs dans lesquclles cbacun des verti- 



t 



SEANCE DU 22 MARS 1861. 151 

cilles ^tait r^duit a une seule piece. Le verticille externa 6tait represent^ par un 
sepale, le verticille interne par un labelle. Ces uniques represenlants des 
deux verlicilles alternaicnt encore coninie peuvent alternerdes pieces isol^es, 
cornme allernent ies feuilles distiques; ils 6taient situes vis-Ji-vis Tuu de 
Tautre. Ainsi ia fleur etait monomfere et elle etait encore sym6trique. 

Divers auleurs ont fait connailre deja des cas de reduction dans le nombre 
des parties du p6rianthe des Orchidees, tnais la plupart de ces anomalies ne 
paraissent pas analogues a celles que je viens de decrire, h en juger du moins 
par Ies figures qui nous Ies font connailre et Ies interpretations qu'oa en a 
donnces. 

M, His (1) a observe, plusieurs anneos de suite, a Fontainebleau, des (leurs 
Ires remarquables d'O/Jirt/s ou le perianlhe n'^tait forme que de quatre 
pieces, dont trois offraient exaclement la forme des irois s^pales, et le qua- 
trieme celle du labelle des fleurs normales. Ces fleurs monstrueuses presen- 
taient trois etamines au lieu d'une seule; de la 11 6tait naturel d'admeltre 
que Ies deux pelales manquant s'etaient transformes en etamines. II n'y 
aurait done pas eu la de reduction dans le nombre, ni d'alleralion dans la 
position des parties de la fleur, mais seu'ement une modification profonde 
dans la forme, la structure et Ies fonctions de deux des pieces du verticille 
interieur du perianthe, modification qui n'allerait en rien la symelrie ordinaire 
de la fleur. 

Des fleurs monstrueuses A'Opkrys aranifera, 6tudiees par M. Wydler (2), 
lui ont ofi^ert des fails fort analogues aux precedents. Le perianllie y ^lait 
encore form6 de qualre pieces, dans lesquelles M. "Wydler voit trois sepales et 
un labelle, comme dans VOphy^ys de M. His, bien que la forme de ces pieces 
fut fort alter^e. Quant aux deux petales manquant au perianthe, on Ies 
relrouverait, comme dans Ies planies de Fontainebleau, sous forme d'etamines 
suppl^mentaires. II u*y aurait pas la, a proprement parler, reduction dans le 
nombre des elements de la fleur. 

II n'en est plus ainsi dans Tanomalie d'une fleur de Cypripedinm insignc 
que Morren a figuree et decrite sous le nom peu correct de speiranl/iie (3). 
D'apres ses observations et son dessin, celle fleur se serait montree compos^e, 



comme 



/- 



pour le verticille exterieur, et, pour 1 mieneur, dun petale et dun labelle 
6galemem opposes Tun a Tautre et alternant regulierement avec la paire de 

sepales. 

Morren explique cette disposition de la fafon suivante : « Une force de 
» torsion s*est empar^e des deux 616ments calicinaux et leor a fait subir un 

(1) Leitre a Vlnstilut, aout 1807 {Journ. phys., 65» p. 241). 

(2) Arch, hot. II, p. 210. 

(3) Morren, Lobelia, p. 55 (extr. du t. XVII du Bull, Acad. Belg). 



/ 



152 SOCIETE BOTANIQUE DE FRA*NCE. 

» moutemeat d'lin quart de cercle en descension gauche. Puis une force de 
torsion a fait subir au second verticilie floral un mouvement aussi d'un quart 
» de cercle en ascension droite, et d^ms cette torsion, un element foliaife, un 
» petale, a eteaneanti, comme si les elements organiques froisses par ce mou- 
» vement s'etaient trouv^s dans 1' impossibility de se developper, et, partant, 
)) de produire un apparcil foliaire. La force de^l'aberration teratologique 
w coiisisle done lei en une torsion spiraloide. » De la le nom de spciranthie 
propos(^ par Tauteur pour designer cette monslruosit6. 

Quand j'ai eu sous les yeux la serie de fleurs monstrueuses ^Epidendrum 
Stomfo7'dianum que je viens de decrire, et que j'ai cherche a en comprendre 
la disposition, il m'a paru bien inutile de faire intervenir ces forces de torsion 
6voquees par Morren; j*ai cru qu'il etaittout naturel d'admettre que la dimi- 
nution du nonibre des pieces du periantbe entrainait, dans la position de 
chacune d'elles, un changenient lei que la symetrie existat toujours. — G'est 
ce qu*on voit dans des plantes ou la variation du nombre des parties de la fleur 
pent etre consideree comme normale; ainsi dans la Rue {liffta graveolens), 
certaines fleurs presentent 5 s^pales, 5 petales et 10 diamines; d'aulres 4 se- 
pales, U petales et 8 etamines. Supposera-l-onla encore une torsion spiraloide 
entrainant Tavortcment d'un des Elements des veriicilles successifs? Ce serait 
une hypotliese eu contradiction avec Tobservation directe. L'etude du deve- 
loppcment des fleurs montre que, des la premiere apparition des organes 
qui les composent, elles sont regulierement organisees, les unes d'apres le 



qu 



fordi 



pres comme, dans la Rue, les fleurs a li petales different des fleurs a 5 petales. 
Seulement, tandis que les fleurs amoindries sont tres nombreuses dans la 
Rue, ou elles sedeveloppent consiamment, elles sont rares dans V Epidendrum 
Stamfordiamim, ou elles ne se montrent qu'exceptionnellemenU Du resie la 
reduction dans le nombre des parties semble se faire dans les deux plantes 
conform^ment a la meme loi, quand meme la simplification alteint un degrfi 
de plus, comme on le voit dans Tanomalie ^ Epidmdrum que j'ai decrite 
n** 3, Le nombre des parties variant, la disposition de ces parlies cbange en 
proportion; le type quinaire fait place au type qualernaire, le type ternaire 
an type binaire; la symetrie est modifiee, mais elle n'est pasdetruite; des 
dispositions diverse^ se remplacent, mais la symetrie regne toujours, elle 
preside encore aux alterations que subit la fleur, eUe en regie les mons- 



• * # 



truusites. 



M. Eug. Fournier dit qu'il a observe, au jardin botanique de la 
Faculte de medecine, une fleur d'/r/s dont les verticilles etaient 
tous les quatre binaires, avcc une alternance parfaite. C'etait la fleur 
la plus elevee de Vinflorescence. 



SEANCE DU 22 MARS 1861. 153 



Gay fait a la Soci 



NOTE SUR L'HISTOIRE DU BIDETS BADIATA Thuill., par M. Jf. CiAY. 



Les especcs vegetales ont quelquefois de singulieres dostinees. Tandis que 
les unes, une fois decrites et cnregislrees, arrivent facilenieiit a une nolo- 
riet6 genfirale, d'aulres peuvent languir pendant plus d*un demi-siecle dans 
leur berceau, negligees ou m6connues par ceux-la meme h qui il incombait 
plus particulierement, soil comme florisles, soil comiuc monographes, si ce 
n'est de les admettre, au moins de les discutcr. 

De ce nombre est la plante que Thuillier a enregistree, cu 1799, dans la 
nouvelle edition de sa Flore des environs de Paris^ sous le noin de Bidens 

i 

radiata^ et qui parait etre une bonne esp^ce, quoiqu'eile n'ait encore trouv6 
sa place dans aucuu des catalogues g^n^raux du regne vegetal publics jusqu'a 
ce jour, depuis celui de Willdenow jusqu'a celui de De Candolle. 

De Candolle en parle comme en ayant \u un echaniillon authentique(/^rorfn», 
V, 1836, p. 596), mais il lui fait grand tort en la rapportant purement et 
siniplement au Bidens tripartita, et cela en commettant une autre erreur 
qui merite d'etre relevee. Thuillier avait dit sa plante radiata^ et il cxpliquait 
ce tenne, dans la diagnose, par les mots: involucris calyces superantibus^ 
radiatim polyphyllisy indiquant ainsi clairement qu'ici le rayon elait formfi 
paries folioles exterieures de rinvolucre, les interieures prises pour un calice. 

Or De Candolle, n'ayant point lu Texplicalion, a cru que le mot radiata 
s'appliquait a un rayon compose de demi-fleurons. et comme ce rayon manquait 
a rechaniillon authentique qu'il avait sous les yeux, quce discoidea in ipsis^ 
simo auctoris speciminCy il en a conclu trop legerement que la plante ne 
meritait pas d'etre distinguee du Bidens tripartita, dontlescapilules, comme 
on le salt, sont pareillement discoides, c'est-*i-dirc sans demi-Ileurons. 
L'involucre rayonnant n'est, du reste, nullemcntcaracterisliquepour le Bidens 
radiata^ car il manque tres souvent dans cette espece, tandis qu'il estfie* 
quemment tres prononcc dans le Bidens tripartita. 

Omis ou confondu par les auteurs generaux, le Bidens radiata a et6 de 
meme m6connu et neglige par les floristes parisiens qui ont succ^de a Thuillier. 
Merat le conserve comme variete du Bidens tr^ipartita dans les trois editions 
de sa Flore des environs de Paris, mais avec le seul caractcre des braclees 
rayonnanies deja employe par Thuillier, et par consequent sans aucun des 
caract^res qui pouvaient le distiuguer meme comme variete. Un pas de plus, 
et nous arrivons a la Flore descriptive et analytique des environs de Paris 
de MM. Cosson et Germain, publiee en 18i5. Mais la il n'est plus question 
du Bidens radiata, ni comme espece, ni comme variete, ni meme comme 
synonyme; la plante est eniierement supprimee. 

II parait cependant qne tous les auteurs dont je viens de parler avaient 



15A SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

mal juge la plante, et qu'ils privaient ainsi la science veg^tale d'une espece 
legitime. Ce qui est certain, c'est que le Bidens radiata de I'herbier de 
Thuilller (lel qu'ii est conserve chez M. Delessert, avec etiquettes impri- 
m^es), a etc, Taulomne dernier, reconnu par M. OErsied (de Copenhague) 
comme ideniique avec une plante de Tile danoise de Seeland, qu'il tenait pour 
one espece parlaitement distincte du Bidens tripartita^ et a laquelle il avait 
donne le noin de Bidens idatfjcephala dans le Catalogue des graines du Jardin 
de Copenhague pour Tannee 1859. 

Si la plante a 6i6 si longiemps etsi obstin<^ment meconnue, cela tient sans 
doute ^ deux causes : d'abord a la diagnose coinpleiemeni insignifiante que 
Tbuillicr en a donnee dans Toriglne, puis a sa grande rareie, d'ou il est 
rtsuit6 que les successeurs parisiens de Thuillier ne Tont probablenient jamais 
vue, du moins sur place et en bon 6lat. 

Trois localites seulement sont indiquees par Thuillier : 1° Chaville; S^'etang 
du rendezvous de cbasse; 3^ elang de Saint-Hubert. 

On vient de voir que la nieiue plante se trouve aussi aux environs de 
Copenhague^ n 

Mais la ne se borne point son role geographique, car en attendant d'autres 
locality qui, probablement, se reveleront bientot plus nombreuses lorsque 
la plante sera niieux connue, je puis en citer deux qui appartlennent a notre 
France : 1" Fleurre, canton de Cbaussin, arrondissementde Dole, deparlement 
du Jura; 2° Fays et Champrougier, canton de Sellieres, nieme departement. 
lA en elTet se trouve une plante que i>i. GErsted a vue dans mon Iierbier et 
reconnue pour identique avec son Bidens platycephala, synonyme du Bidens 
radiata Thuill. C'est celle que M. Eugene Michalet, notre jeone et ii\i 
confrere, a decrite, en 185Zi, sous le nom de Bidens fasfiyiata, dans le 
premier volume des Memoires de la Societe d'emulation du Doubs. 

Je ne decri; ai point longuement ici une plante qui a deja ele deux fois decrite 
dans CCS deniiers temps, et qui, d'apres ce que j'apprends, va etre a Berlin 
I objet d'un travail special, aide par un echantillon de Iherbier de Willdenow, 
que Ton croit envoye par Thuillier lui«raenie (1) . Je me bornerai a dire que 



(I) Depuisque ceci a ete lu a In Societe, une etiquette envoyee par moi a proiiv6quc 
r^chanlillon de rherbier de WiUdeaow provenait r^eUement de ThuiUier lui-mSme. II 
est done de plus en plus certain que la planVe de M. (Ersted est un simple synonyme de 
celle de rautpur parisien. Quant au travail qui se pr^parait a Berlin, il a pour auteur 
M. G. Schweinfurth, et il a ete public le mois dernier, sous le titre de Veber Bidens ra- 
diatus Thuiil., dans les Acles de TUnion botanique pour la province de Brandebourg, 
C'est uiie monographic complete de noUe plante, a laquelle out principalemenl servi les 
^chanlillous que Tauteur avait lui-meme rccolles en 1860, dans une ile du Volga, vis-i- 
vis de la viUe de Nishnij -Novgorod. M. Schweinfurth cile quelques autres localites russes 
que je vais reproduire, avec toules celles que j'ai pu recueillir d'autre part, pour monlrer 
combien est deja vaste Talre geographique de ceUe plante, probablement destinee a 
figurer bientdt dans toules les flores du nord de TEurope et de TAsie. 

{Note ajoutee pendant Vimpression, 20 maiiSei)^ 



SEANCE DU 22 MARS 1861. 155 

le Bidens radiata me pa rait difT^rer specifiquement du Bidens tripartita: 
l"" par ses rameaux dresses et roides, non greles et Stales; 2° par ses capltules 
floraux comparalivement plus gros et surtout beaucoup plus larges (d'oO le 
nom de platycephalci) ; 3" par ses pailloltes do nioitie plus etroites, uninervees 
et non trincrvi^Gs; bP parses akenos de inoiti6 plus pelits. Dans les petits 
echanlillons, les rameaux se superposcnt les uns aux autros, a peu prts d'egale 
longueur. Dans les grands Echanlillons, qui alteiguent deux pieds et plus de 
longueur, les rameaux inferleurs partanl du bas di* la lige sont quel(|uefois 
beaucoup plus longs que les autres, et c'est sans doute \ cet 6lat (jue fait 
allusion le noai da fasliyiata, donn6 a la planie par M. iMichalrt. C'est dans 
le meme sens qu'un Populus ires connu a ele appele/I/5/?^/a^(7, mais ce n'est 
pasles^ns que Linne aliachait a la meme expression, laquelle signifiait pour 
lui des pedoncules (et sans doute aussi des rameaux) de longueur in^gale, 
arrivaut tons superieurement au meme niveau (Linne, Pfiilos, bot.^ 1751, 

p. 221). 
Je lermine cette note en recapilulant la synonymie de notre plante, par 

ordre de dales, telle qu'elle est aujourd'hui connue de moi. 

Bidens radiata Thuill. FL des eno. de Paris, nouv. Mit., 1799, p. 1x22 
et herb.! in mus. Lessert. asservat. — G. Schweinfurlh in VerhandL des 
hot. Vereins fuerdie Prov. Brandenb. ,{3isc. II, febr. 1861, cum tab. 2 in-fol. 

Bidens ti^ipartita y radiata Merat, jSouv. Flore des env. de Paris^ ed. 1", 
1812, p. 317; ed. 2% 1821, IF, p. 267; ed. 3% 1831, II, p. 288. 

Bidentis triparlilae synonyma DC. Prodr., V, 1836, p. 59i, tin. 19. 

Bidens ftistigiaia E. Michalet! in Mem. Sac. d'emuL du Doubs, I, 185^, 
p. 29, — Ejusd. PL duJtira exsiccJ isisc. I, febr. 1856, n. 27. 

Bidens platycephala OErsled! Ind. sem. in hort, Hnfn. ann, 1859 collect. 
(15 janv. 186U) p. 27, cum descript. — Kcernickeindiar. Bonplandia^Mlly 
n** XIV (15 Jul. 1860), p. m. 

Habitat circa Parisios (MiuilL!) ; in Galliae praefeclura du Jura (Michalet!); 
in Dania circa Ilauniam (OErsted) ; in Suecia circa Lpsaliam, et prope Carlstad 
Wermeiandiae (ex ore Th.-AL Fries); in Rossia europaea circa Petropolin, 
Cum in insula CrestofTski turn circa Kron^tadt (Koernicke), et in Volgae 
fluminis insula prope Nishnij-Novgorod (G. Schweinfurth); etiam in Sibiria 



t 

{ 



bot 



vato). — In Germania nondum observata. 



de cette communication, M. Gosson tl 



Nous avons cro, M. Germain de Saint-Pierre et moi, ne devoir admettre 
dans notre Flore des environs de Paris, aucune plante mentionn^e par 
Thuillier seul, sans que sa presence dans la circonscriptiou de la Flore ait 
cte constatee ulterieurement. On sail en effet que Thuillier avail indiqu^ 



156 SOCIETJE BOTAISIQUE DE FRANCE- 

dans sa Flore ua certain nombre de plantes introduites a des localites ou 
elles ne se sonl pas maintenues. II eiit done 6te imprudent d'accepter les 
indicalions de cet auteur sans avoir ete a meme d'en controler ['exactitude. 

M. J. Gay met sous les yeux de la Sociele un tubercule Ae Solarium 
tuberosum aplali et partage sur un des cotes en quatre digitations 

arrondies divergentes. 

M. Cosson dit qu'une forme analogue de tubercule est tres fre- 
quente dans les sables du Souf (en Algerie), ou la Pomrae-de-terre 
est en dehors de I'aire normale de sa culture, 

M. le comte Jaubert fait a la Societe la communication suivante : 



/ 



NOTE SUR VATTAIEA FUNIFEFiA, par II. le comte JAUBERT. 



m 



d6daigner aucune. Depuis que I*usage du proced6 de Macadam pour la con* 
struction des chanss6es d'empierrement s'est elendu aux grandes voies de 
communication dans nos villes, laboue, a laquellelepietonechappait autrefois 
plus ou moins, est devenue un vrai fl^au. Les anciens balais de genfit et de 
bouleau soiit aujourd'hui insuffisants,et il a fallu recourir a des moyens plus 
energiques. Tout le monde a remarque depuis quelque temps a Paris que 
radministration avait arme ses cantonniersd^un nouvel outil participant de la 
brosse et du balai, et qui est garni de brins, series les uns conire les autres, 
d'une substance 6Iaslique et dure, analogue a la baleine ou m6me & des fds 
d'acier bruni, deux matieres dont on ne suppose pourtant pas, vu leur prix 
eleve, que Toutil soit compose, quelque indifferente que puisse etre Tedilite 
parisienne a la question d'^conomie. 

Verification faite, la substance dontils'agitprovicnt d'un Palmier abondant 
sur les cotes bresiliennes de i'Amerique, dans les provinces d'Espiritu-Santo, 
de Porlo-Scguro et de Bahia, VAttalea funifera Marlius, ou Pincaba^ qui 
appartient a la famille des Cocoin^es (1). Ce sont des fibres ligneuses, non 
pas obtenues des lissus de la plante par quelque procede artificiel, mais 
pr6par(5es par la nature elle-meme sur les deux bords des petioles dans leur 

h 

partie inf^rieure, comme on peut le voir a la planche T, fig. 1 et 2, de M. de 
Marlius. Ce qu'elles ont de commun avec les fibres des organes accessoires 
de la gaine chez les Palmiers, soit le reticulum^ soit Vochrea, c*est Torigiue 
du lieu d'inserlion, ou, pour parler plus exactement, d'exsertion ; mais leur 
mode de d6veloppement est fort different. En eOet, ces fibres ne forment 
point, comme dans tant d'autres plantes dc la meme famille, un r^seau plus 

(1) II n'est nullement prouve que le Leopoldinia Pia^aba de M.Wallace, dont il n'est 
point parvenu, que nous sachions, d'echantillons authentiques en Europe, soit different 
de YAUalea. Voir Touvrage, ci-apr6s indique, de M. Seemann. 



SEANCE DU 22 MARS 1861. j 57 

ou moins lache et fletri; au contraire, elles sont isoloes les lines iles aulres 
et reslent paralleles a partir des points ou dies se separent de la gaine, et de 
plus il faiit necessairenient supposer qu'a daler du moment de cette separa- 
tion, et pendant des annees peut-elre, elles sont leslees pleines de vie, 
puisqn'elles onl atteint, disent les auteurs, une longueur qui va jusqu'i 
li metres. Chez une espece voisine^ VAttalea cepkolotes^ les gaines sont aussi 
garnies de la meme fa^on de fibres fort longues, mais d'un moindre calibre 
et flexibles comme du crin. 

L'organisation des fibres du Piacaba explique leur force de resistance el leur 
^lasticite : c'est une sorlede lame h bords recourb6s en dessus de maniere 
a s'arc-bouter ; leur rapprochement est marque par un etroit sillon longitu- 
dinal. L'examen anatomique en a 6te fail sur ma dcmande par noire savant 
confrere M. Chatin, si accoutumfi a ce genre de rechcrches : il en publiera 
sans doute lui-meme le resultat, Le fait saillaut est la proportion considerable 
des cellules fibreuses reliees en prismes par un tissu cellulaire compressible. 

Les fibres de Piacaba out (5t6 employees de tout temps en Am^rique pour 
la fabrication .de cordages pour ainsi dire indestructibles, et aussi pour des 
balais : son usage en grand pour le netloyage des chauss^es dale a Londres 
d'une dizaine d'ann^es, et chez nous de deux ^ irois ans seulement. Le 
Parisien doit bien quelque reconnaissance aux pauvres sauvages qui en font 
la r^colle, car elle n'est pas sans danger pour eux, non-seulement a cause 
de la hauteur de Tarbre au sommel duquel il faut aller detacher eel utile 
produit. mais parce que les Attalea funifera sont infestes par des serpents 
Ires venimeux du genre Crotalas. On Irouvera d'aulrcs details sur V Altalea 
dansun petit ouvrage int^ressant, intitule : Popular history of the Palms 
and thpir allies, London, 1856. L'auleur est M. Seemann, qui I'a dedi6 au 
celebre Humboldt, dont le nom est inseparable des grands tableaux de la 
nature tropicale. Humboldt, dans sa r^ponse, honore I'auteur du litre de 
compagnon de voyage, non pas que M. Seemann ait ^16 assez heureux pour 
le suivre dansses memorables explorations, mais parce que, selon la couiume 
acad^mique de TAllemagne, AL Seemann a recu le cognomen de Bonpland. 

M. Brongniart croit que Ton a fait servir k des usages analogues 

les fibres de YA^^enga saccharifera. 

M. Duchartre rappelle que M- Archer a public dans le journal de 
sir William Hooker une notice sur deux Palmicrs dont les fibres 
sont connues sous le nom de Piassaha (1). 



(1) Footer's Jourwaio/'Bofany, VUT, i853,p. 213. . 

Dans quelqiies lignes ajoutees en note a rarlicle de M. Anther, sir William Hooker 
s'exprime ainsi : « ...li est done clair que deux Palmiers differenis fournispent le Piassata 
du commerce; nous avons de boimes raisons pour penser que Tun est VAttalea funifera 

de M. de Marlins, el nous savons que rautre est le Leopoldinia Pxasioba de M. Wallace. i» 



158 SOCIIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

M. Eug. Fournier, vice-secretaire, donne lecture de la communica- 
tion suivanle, adressee a la Societe : 



UN 



par 11. llaurice B0\':%C;T. 

(Paris, 22 mars J8G1.) 



Depuis quelques annees, le iiombre des especes du genre Iberis a 6te 
presque double dans la Flore francaise. Plusieurs des especes nouvcUes sont 
6tablies principalcment sur le degre dY^cartcnient que presentent les deux 
lobes qui lermiuent sup6rieuremenl les ailes du fruit. Cependant ce carac- 
tere n'est rien moins que constant. Nous avojis observe sur Y Iberis amara L., 
XI. pectinata Boiss., 17. Violeti Soy.-Will. , 17. Prostii Soy. -Will., que cet 
au^le de divergence varie souveut dans la meme grappe et sur le m^me 
pied; en g<?.n6ral, les lobes des aiies sont dresses el tros rapproches du style 
quand le fruit est jeune, et s'en ecarteut d'aulant plus que la maturity est 
plus complete. Cela a el6 parfaitenient figur6 par M. Jordan Inl-mOme pour 
son /. Tiineroiji [Observalions sur plusieurs plantes nouvelles, 6^ fragment, 

pi. I. fig. H). 

m 

C'est en considerant rimportance de ces variations que Ton pourrail se 
croirc fonde a reunir ceriaines especes nouveljes a litre de varietes a d'aii- 
ciennes especes; par exemple : 17. ForeUieri Jord. a 17. amara L. , 17. polita 
Jord. a rZ lijii folia L.^ 17. D ur and ii Low et Dur., a 17. Violeti Soy.- 
Will., et Drobablement aussi 17, Dubanii Devilln a 17, lipmnrdinna G. G. 



M. J. Gay dit qu'il pense que la plupart des especes recemment 
creees dans le genre Iberis peuvent se reduire a une seule, \ Iberis 
intermedia Guers., qui est la seule espece de ce genre qui soit 
bisannuelle. On la trouve sur des points tres eloignes les uns des 
autres. 

F 

M. Ducliartre presente a la Society un pied de Jacinthe et fait 
la communication suivante : 



NOTE SUR DEUX PARTIGULARITES OBSERV^ES DANS UNE JACINTHE , 

par M. P. 0UCHARTRE, 



Le pied de Jacinthe [Hyacinthus orientalis L, ] que j'ai I'honueur de mettrc 
sous les yeux de la Societe presente deux parliculadtes sur lesquelles je crois 
devoir atiirer un instatit son attention. 

; 1" Paruii les fleurs blanches et simoles aue cammp.nA I'lnflnrpsrence de 



STANCE DU 22 MARS 1861. 159 

cette plante, il en est une fort curieuse, parce qu'elle resulte evidemment 
de la soudure de deux fleurs parfaiiemeut et coinpletement orgaiil»6es, qui 
ont contracte adherence Tune avec Tautre par la face evterne d'une foliole 
du perianthe de chacune d'elles. Cette fleur est la iroisiome avant-deiniere. 
La hampe u'est niillement fasciee, m vers le point ou s*attache celte flcur 
monslrueuse ni ailleurs; seulementelles'incline vers son extremity en un angle 
droit au somniet duquel se trouve rinsertion de la fleur dont il s'agit. Le 
p6dicule de celle-ci est visiblement forai6 par la soudure de deux pedicelles 

w 

collateraux; aussi montre-t-il un sillon median profond, taut en avant qu'en 
arriere, A la base de cliacun des p6dicelles soudes se trouve une bract6e nor- 
male; mais ces deux bractees, au lieu d'etre placfies exactemcnt au-dessous 
des deux pedicelles auxquels elles correspondent, out 6le rejelees sensible- 
ment de cote, de telle sorte qu'elles sunt assez largement ecartees Tune de 
Tautre. Chacune des deux fleurs coli^rentcs est complete et pr6senle Ahs lors 
un p^iianthe de deux verticilles trimeres, six etamines et un pistil egaleinent 
normal; ieur soudure s'cst operee longitudiualement sur une bande large 
d'environ 0"\003, qui occupe le milieu de la face externe de deux folioles 
symetriques et par consequent laterales, apparlenant chacune a Tune des deux 
fleurs: ces folioles font partie du verticille externe. Une consequence neces- 
saire de cette soudure c'est que la foliole complexe, qui r^suhe de la soudure 
de deux, est rectiligne, landis que toutes les autres sont rojetees et recouibees 
en dehors, comme d'habitude dans la Jacintlie. 

2° A cote de la hampe tenninSe par I'lntlorescence a laquelle appartient la 
fleur qui vient d'etre docrite, on voit soriir du milieu de la loulTe de feuilles 
line petite hampe grele et longue seuleinent d'environ 0"\1 qui porle une 
seule fleur terminale. L'existeace de deux hampes florales, sortant du centre 
de la meme rosette d'une Jacinlhe, a ete observ6e par M. Thilo Irmisch, qui 
lasignale avec son exactitude ordinaire, dans les termes suivants (1) : « II nc 
faut pas confondre avec ce cas (celui ou, sur le mSme bulbe, deux bour- 
geons distincts ont donn^, la meme annee, deux hampes) cehii dans lequel 
du centre d'une rosette de feuilles naissent deux hampes adjacentes. Dans 

F 

cette circonstance, on reconnattra g^n^ralement que la deuxieme hampe, 
dontle developpement est plus tardif, se trouve, en meme temps que le jeune 
bourgeon principal (destine a fleurir I'annee suivante), dans I'aisselle de la 
feulUe sup6rieure et au-devant de celle-ci. » A cette description parfaitement 
exacie, j'ajoulerai que, sur ma plante, la petite hampe su^plementaire se 
trouve au cote gauche du bourgeon principal destine a donner la liampe de 
I'annfie prochaine ; en outre, cette petite hampe avait, si je puis le dire, 
marque son empreinte dans la substance de la hampe principale qui, par suite, 
«e raontre creusee sur toute sa longueur d'une gouttiere arrondie et profonde, 

(I) Zur Morphologit der monokolylischen KnoUtn' und ZwiebelgewoBchse, p- 79. 



160 SOCIETE BOTANTQUE DE FRANCE, 

comme si, a mesure qu'elle s'est allongee, la presence de ce corps etranger 

Tavait obligee a se mouler sur celui-ci. 

La premiere des deux particularites que je viens de signaler me semble 

fournir une nouvelle objection parfaitement decisive contre Topinion profes- 
see par certains botanistes de nos jours qui nient d'une maniere absolue que 
des fleurs puissent se confondre par soudure en une fleur unique, et qui 
font deriver de partitions toutes les formations florales complexes regardees 
par d'autres comme le resultat de la confluence plus ou moins complete de 
deux ou quelquefois trois fleurs. 

M. J. Gay dit qu'il a observe, sur le Narcissus chrysanthuSy un 
phenomene analogue a celui que M. Duchartre vient de montrer 
chez une Jacinthe. Dans ce cas, il y avait deux pedicelles et deux 
ovaires soudes, deux limbes distincts portant chacun six etamines, 
et une couronne unique. 

M. Lecoq ajoute qu*il n'est pas rare d'observer dans les Jacinihes 
une fleur supplementaire independanle de la hampe. 

M. T. Fuel donne lecture d'un dernier extrait de la lettre qui 
qui lui a ete adressee par M. T. Letourneux : 



SUR LA DISTRIBUTION G^OGRAPHIQUE DES PLANTES DANS LE D^PARTEME 
VENDUE ET LES REGIONS VOISINES, par M, Tacite liETOUB.'VEUX 



Bupleuruyn affine. — Olonne pr6s les Sables ; vient d'etre retrouve k Saint- 
Micliel-en-Retz (Loire-Iiiferieure). Plaute isoiee, et qui ne rentre dans 
aucun de mes trois gronpes. 

B. profractum. — Calc. Toute ia Plaine et le Marais. 

B. rot undi folium. — Gale. Beaucoup plus rare ; Chaille-les-Marais (seule 
localite). 

Caucalis daucoides. — Calc. La Plaine. 

Turgenia lati folia. — Calc. La Plaine et le Marais. 

Orlaija grand i flora. — Calc. La Plaine et le Marais ; plus rare. 

Trinia vulgaris. — Calc. et merid. Limite nord : La Rochelle. 

Bifora testiculata. — Calc. et merid. La Plaine et le Marais. 

Falcaria Jiivini. — Calc. La Plaine et le Marais. 

Libanolis montana. — Je uoie cette plante, qui appartient au calcaire, parce 
que, malgre son nom specifique, elleabonde dans la Plaine jusqu'k la cote, 
Oil on la trouve derriere les dunes au niveau de la mer. 

Peucedamm officinale. — Plante de la Loire-Infdrieure, qui a ete d6cou- 

(1) Voyez plus haut, p. 91 et 124. 



SEANCE DU 22 MARS 1861. I6l 

verte Tan dernier, dans une ou deux localiies du Bocage vendeen, n'^gion 
voisine de la mer. 

Lonicera Xijlmteum. — Charente-Inferieure, Deiix-Sevres, Vi(Mino; manque 
dans la Vendee. 

Asperiila galioides. — Deux-Sevres, Vienne; manque dans la Vendee. 
A. arvpnsis. — Calc. La Plaine. 

Crucianella onguUi folia. — Charenle-Inferienre, Vienne, Deux-Sevres; 
manque dans la Vendee. * 

Valeriana dioica. — Charente-Inferienre, Vienne, Deux-Sevres; manque 

dans la Vendee. 
Microfjus erectus. — Werid. et calc. Limite nord : Auzais, 
Pallenis spinosa, — Werid. Limite nord : Saintes (Charenle-Inferieure). 
Inula squarrosa. — iMerid. et calc. Limite nord : Auzais. 
/. montana. — Calc. etmerid.? Limite nord : j\laillezais. 
Senecio evucifolius. — Calc. Limite nord : Chantonnay. 
Cardunceltiis mitissimus. — Calc. et merid. Limite nord : Maillezais. 
Ctnlaureaaspera, — Merid, et marit. Limite nord : Noirmouliers. 
Crupina vulgaris. — Deux-Sevres, Vienne ; manque dans la Vendee. 
Xeranthemum cylindraceum. — Calc. et merid. Limite nord : Triaize* 
Catananche ccerulea. — Merid. Limite nord : forel de Benon (Charente- 

Inf^rieure). 
Scorzonera hirsuta. — Merid. Limite nord : foret de Benon (Charente-IoK- 

rieure). 
Lactilca perennis. — Calc. La Plaine. 
Crepis Suffreniana, C. bulbosa. — Marit. Saint-Jean-d'Orbetiers prfcs les 

Sables. 

w 

Phyteuma orhiculare. — Deux-Sevres, Charente-InKrieure, Vienne; manque 

dans la Vendee. 
Campanula persici folia. — Limite nord : Pont-Charrault (Vendue); Poitiers, 

C. Erinus. — Calc. et m^rid. Limite nord : Fonlenay. 
-P^27/vreamerf/a.—M6rid. Limite nord: Rocbersdela Dive (Vendee); Poitiers. 



dans 



Cynanchum acutum. — M6rid. Limite nord : ile de R6. 
Chlora imperfoliata. 

la Loire-Inferieure. 
ErythrcBaspicata. — M^rid. Limite nord : Triaize (Vendue). 
Convolvulus lineatus. — Merid. Limite nord: Chaille-les-Marais. 
Echium pyramidole. — M6rid. Limite nord : entre Jard et Talmont (Vendue). 
Lithospermum apulum. — Merid. Limite nord : La Rochelle. 
Z. purpureO'Ca^ruleum. — Calc. La Plaine et le Marais. 
Echinospermum Lappula. — Calc. Bourneau, Olonne(Vend6e). 
Cynoglossumpictum. — Calc. et m6rid. La Plaine et le Marais; se retrouvc 



pres de Rennes. 



T. viif. 



11 



162 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

Omphal odes littoral is. ^- Olonne, Noirmoutiers ; planteoccidenialc, qui n'a 
encore ele trouv^e que dans les departeuieuts du Moibihan, de la Vendee 
et de la Charente-Inferieure. 

Physalis Alkekengi. ' — Calc. La Plaine. 

Digitalis lutea. — Charente-Inferieure, Deux-Sevres, Vienne ; manque dans 

la Vendee. 

Veronica prost rata ^ V, triphyllos. — Charente-Inferieure, Vienne; man^ 
quent dans la Vendee. 

K precox. — Merid. et calc. Benet (localite unique); assez coinmun dans 
la Vienne. 

Melampyrum arvense. — Oulines (localite unique) ; tres commua dans la 
Vienne, la Charente-Inferieure et les Deux-S6vres. 

Odontites Jaubertiana. — Calc. Limite nord : Fonienay. 

Orobancke cruenta.^ — Calc. et merid. Limite nord : Bourneau (Vendue), 
dans la Plaine. 

0. EpHhymum. — Nieul-sur-Authise (Vendee), pres des Deux-Sevres (loca- 
lite unique). 

Stachys heraclea. — 'Meyid. et calc. Limite nord : foret de Benon (Charente- 
Inferieure. 

r 

Tcucrium Bolrys. — Calc. La Plaine. 

T. Chamfcdrys. — Calc. La Plaine et le Marais. 

T. montanum. —Calc. et m^rid. Limite nord : Mouzeuil (Vendue). 

Rumex bucephahphoims. — Merid. Limite nord : ile d'Yeu, sur le schistc. 

Polygonum Bellardi. — Charente-Inferieure, Deux-Sevres, Vienne; manque 



etrou 



dans la Vendee. > 

Passerina annua, — Calc. La Plaine. 
Daphne Gnidium. — Merid. Limite aord : Jard (Vendee). 
Osyris alba. — Merid. Limite nord : Soubise (Charente-Inf6iieure). 
Euphorbia angulata. — Plante du sud-ouest; Vienne, Charente-Inferieure ; 
manque dans la Vendue. 

£. verrucosa. -^ Calc. Charente-Inferieure, Deux Sevres, Vienne ; manque 
dans la Vendue. 

E. paluslris. 
d'Yeu. 

E. serrata. — Merid. Liraile nord : La Rochelle. 
E. GerardianA. 

,; Inanquc dans la Vendue. 
E. falcata. — Benet, 

Salix caprea. — Manque ddns la Vendue. 
Orchis fuscq.^^ Deux-S6vres; manque dans la Vend<5e. 
^ 0. galtata. — Charenle-Inferieure ; manque dans la Vendue. 
0. Simla. — Calc. LimUe nord : Mouzeuil. 



Loirc-Inferieurc. Vienoe; 



\ 



f , 



p* ^ 



SEANCE DU 22 MARS 1861. 103 

Ophrjjs ant/iropophora. — Calc. Limite nord : Auzais. 

Limodorum abortivum. — Limite nord : foret de Benon (Charente-Inf6- 

rieure. 
Iris spuria. — 3lerid. Limite nord : Lufon. 
Gladiolus scgetunu — Limite nord : La Rocbclle (sur le continent), Noir- 

mou tiers. 

Allium roscum. — i\16rid. et presque marit. Limite nord : Cbaill^-les- 
iMarais. 

A. polynnthum. — Calc. et m^rid. Limite nord : Fontenay. 

Juncm anceps. — Les Sables-d'Olonne, ou 11 abonde; locality unique jus- 

w 

qu'ici dans loute la circonscription de la flore de Touest; mals il se 

retrouvera sans doute ailleurs. ' . 

/ Gerardi. — Plante maritime. 
Scirpus ovaCus. — Encore une plante isolee, qui ne se rencontre dans la flore 

de Fouest qu'aux environs de Napoleon. 
Carex dioica. — Meme observation. 
C, depauperata. — - Je I'ai trouv^ (depuis la publication de la Flore do 

M. Lloyd) a Fontenay, dans la foret, sur les micaschistes. 
C. tomentosa. — Calc. Limite nord : Bazos^'S en Pareds. 



» f 



■» r *- *- / 



C gynobasis. — Calc. et merid. Limite nord : 3Iaillezais. 

Tragus racemosus. — 3J6rid. Limite nord ; \otro-Dame-de-31ont, 

Crypsis scficenoides. — Merid. Limite nord : Lairoux (Vendee) ; reparait 

dansle Finistfere. 

Lagurus ovntus, — Croit a Tiled^Oleron, disparait dans les dop. de la Vendee 

et de la Loire-Inferieure, se relrouve dans le Morbihan et jusqu'en Nor- 

tnandie. 

Milium scabrum. — Aboudant aux Sables-d*Olonne. Les local ites les moios 

61oignees qu'on indique pour cette plante sont la Gironde au sud, Indre- 
et- Loire a Test, la Hollande vers le nord. . ,, 

Echinaria capitata. — IM^rid. et calc. Limite nord et Ipcalite unique': 
Chaille-les-Marais, , . 

Kocleria vaUsiaca, — Meme observation. 

K. p/ileoides. — Cbarente-Inferieme, Loire-Inferieure; manque dans fa 

Vendue. 
Aira media. — M6rid. Limite nord : Saint-Cyr-en-Talmondais (Vendee). 
Briza Eragrostis. — Limite nord • Cliallans. 
Cynosun/s echinotus. ~ Merid. Charenle-Inferleure et 3Iorbihan; manque 

dans les deux d^partemenls iuterm6diairer. de la Vendee et de la Loire- 

Inf{»r eure. 
j^gilons ovaia. — Merid. el calc. Limite nord : La Rochelle; entre Chatel- 

leraultet Poitiers (Vienne). 
jE. triuncialis. — Limite nord : Vienne, 



v' 



iu 



,*^ 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



M. Roze 

[ Savoie 



(') 



M, Durieu de Maisonneuve met sous les yeux de la Societe iino 
Inflorescence defleurie de Furcrcea gigantea^ couverte de bourgeons 
foliaires deja developpes en rosettes de feuilles et pouvant reproduire 

la plante (2). 

M. Duchartre rappelle que le developpemen! particulier de ces 
bourgeons a ete cile par plusieurs auleurs, et entre auties parM.Ch. 
Koch, dans son Essai monographigue siir les Agave. 

M, N- Doumet dit qu'il se souvienl d'avoir lu dans un ouvrage de 



que 



bour 



M. Durieu dc Maiso 



presente ensuite a la Societe des 



^chanlillons de 



G 



I V 



I 
■ ^ 

1** Jsoetes Hystrix DR. forma subinerrni^, trouve swv les bnllos basses el 

peu gazonnees des bords de T^tang de Cazaii. 

2° Isoetes Bonjana DR. (sp. nova), trouve dans rclaug meme de Cazau 
(ou il avail d^ja 6le apercu, il y a plus de soixante ans, par Bory de Sainl- 
Vincent, qui ne supposait pas alors qu'il exislat d'autre espece que 17. lachs- 
tris), plante essentiellement aquatique, constammcnt submergee et qui n'at- 
teintlout son d^veloppement que lorsqu'tlle croit a la profondeur d'environ 
uu mfetre. Gette espece ressemble par son fades ^ 17. setacea (des mares 
du midi de la France), mais ses spores subtetraedriques et foriement tuber- 
culeuscs Ten 6Ioignent beaucoup et la rapprochent des Isoetes palustres de 
TAlgerie, ainsi que de 17. ienuissima Boreau. 

3'' Isoetes eckinospora DR. (sp. nova), Tune des especes les niieux carac- 
tfirisees du genre, parses spores loutes herissees d'aiguilles extremement fra- 
giles^ et qui u6anmoins a 6te confondue jusqu'ici avec 17. lacustris. Elle 
croit dans quebjues lacs du centre de la France et parait s^avancer assez 
haul vers le nord-ouest de I'Europe. IVL Durieu de Maisonneuve s'occupe a 
recoeillir des documents plus precis sur sa g^ographie. 

M. Durieu de Maisonneuve veut bien dislribuer aux membres 

presents quelques echantillons de son Isoetes Boruana. 



(1) D'apres Ic desir de I'auteur, celte lisle sera inseree a la suite du rapport de 
M. Chatin sur celte excursion. 

(2) Yoyez le BuUetiD, t. Yll, p. 151 . 



S 

i 



tiEANCE DU 22 MARS 1861. 165 

M. J. Gay rappelle que Dillen, dans son Historia M^/scorum, 
public en 17A1, a figure deux formes d'lsoetes croissant dans le 
pays de Galles, dont Tune (n" 1) ressemble a la plante du lac de 
Guery en Auvergnc (/. echinospora DR.), et Fautre (n° 2) ressemble 
a la plante des Vosges et de la Foret-Noire (qui est noire /. lacus- 
tris). M. Gay ajoute que Willdenow, en reunissant les deux formes 
de Dillen sous le nom d'/. lacustris^ a designe comme variete p la 
forme des Yosges et de la Foret-Noire, et que, par consequent, c'est 
la plante du lac de Guery qui devrait porter exclusivement le nom dV. 
lacustrisj si cette plante est reellemenl le Calamaria it 1 de Dillen. 

M. Durieu de Maisonneuve ne croit pas qu'on puisse, sans incon- 
venient, changer le nom que porte depuis cent ans Ylsoetes des 
Vosges et de la Foret-Noire (I). 

M. de Schoenefeld, secretaire, donne lecture de la communication 
suivante, adressee a la Societe : 



NOTK sua LES PLANTES LES PLUS REMAUQUABLES hU VERSANT MERIDIONAL DE LA 
MONTAGNE-NOIRE. RECUEILLIES EN JUIN iSGO, DANS LE CANTON DE MAS-CABARD^S . 
ARItONDlSSEMENT DE CARCASSONNE (AUDE), par M. €h. OZA^'O^ (fin) (5). 



Delphinium cardiopetalnm DC. — Salsigiie. 
Nigel la damascena L. — Villaniere. 
Ranunculus hederaceus L. ■ — Villardonnel. 

w 

R. Qconitifolius L. — Pradelles. 
Roemeria hybrida DC. — Salsigne, 

Alijssum macrocarpum DC, — Lesllhes, Lastours-Cabardes. 
Cistus olbidus L. • — Mas-Cabardes. 
C\ salvifolius L. — Ibid. 
C. monspeliensis L. — Lastours. 
Famana Spackii G. G. — Ibid. 
Viola sudetica Willd. — Pradelles, sur le pic du uord, a 1000 metres d'alli- 

tude, dans les p^turages ;^raniliques. 
Dianlhus virgineus Godr. FL F)\ non L. [D, Godroniams Jordan in litt.). 

Laslours. 
Silene muscipula L. — Villaniere. 

(1) Dans une letlre en dale du 30 mai 1861, M. Durieu de Maisonneuve nous annonce 
qu'ila aujourd'hui la ceiliiude que le Calamaria n"" I de Dillen n'est autre chose que la 
forme Irapue du verilable hucies lacvslris^ que Ton Irouve freqnemmcnt dans le nord 
de TAUemagne, en Suede el nienie dans les lacs alpins, ]/isoci€s des Vosges aurail done 
le droit de conserver le nom de lacustris. {Note du SecrHaricit*) 

(2) Voyez plus haul, p. i ip. 



^ilene saxip 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

Lastouis, les Jlhes. 



Arenoria mucronata DC, 
^$^e{laria uliginosa Murr, 
Erodhim althceoides Jord. 



Laslours. 
Villardound. 

\ 

Lastours. 



\ ^ 



- ' r^ 



'foil 



Mas-Cabard^s. 



■» pi 



Villaniere. 



Salsigne. 



fiuta av gust i folia 

- ^ ^ 

R, montana (Jus. 

Rhamnus A/afernus L.^— Lastours. 

Coronilla scorpioides Koch. — Villaniere. 



Cytisus sessilifolius L. 
Colutea arborescens L. 



Salsigne. 
Ibid. 



**^ 



'ffruticosum 



Les Ilhes. 



Genista hisponica L. — Salsigne. 

G» Scorpim DC. ■ — Lastours, Salsigne, 



Lathyrus ensifolius Bt 

'Ononis minutissima L. 

Melilotus sulcata Desf. 



Ibid. 

Laslours. 

Yillaniere. 



Tri folium svffocaturn L. — Mas-Cabard^s. 
- Fma Orobus DC. — Les Martvrs. 
• Alchemilla microcarpa Boiss. et Reut. — Mas-CabSrdfti 

Gewm montamim L. — La Bastide. 

Lastours. 



Potent ilia hirta L. 
Sedum altissimiim Poir. 



Les Ilhes, etu 



5. brevifolium DC. — Mas-Cabardes. 



5. hiTSutum All. 



Ibid. 



CV7C/W5 Opuntia L. — Naturalise a Lastours. 

^/6e5 alpinnmlu. — Mas-Cabardes. 



Saxifraga hypm 
S. leucanthemift 
S. ohscura Gren. 
Bifo7'a testicular 



Ibid. 
Ibid. 



Ibid^ 



Salsigne. 



t. 



f ■ 



J^upleurum aristdtum Bartl. — Villaniere. 

Opopanax Chironium Koch. —Salsigne. 
Physocaulis nodosus K( 

Thapsia villosa L. — Salsigne. 

Lonicera etrusca Santi. 



Lastours. 



^ *- 



Mas-Cabard^s. 



,' ■ * k .; J ^ 



Galium maritimum L. — Salsigne. 
Vahrianella echinaia D 






Villanifire. 

r 

A^ithemis collina Jord. — Villardoniiel. 
Aster Qcris L. 



Laslours. 



' Cupulftria viscosaG. G. 
7/iw/« helenioides. DC. 



Ibid. 



- i *> 



Salsigne, route de Cooqaes. 



I 






SEAISCE DU Tl MARS 1861. 'l67 

/nw/a spircci folia L. — Salsigne. 
Leucanthemum pnlrnntum Lam. — Mas-Cabardes. 
■ Phagnalon sordidum DC. — Laslours. ' 

Santolina squarrosa AVilld. — Salsigne, route de Conqa^s. 
Carlina conjmbosa L. — iMas-Cabardes, 
Carduus vivariensis Jord, — Mas-Cabardes, Villardoimel, etc. 
Ccntaurea rnontana L. — Les Martyrs. 
C. pectinata L. — Mas-Gabardes. 
C. semidecurrens Jord. — La Tourrette. - 

F 

GalactAtes tomentosa Mcench. — VillardouneL 
Microlonchus salmanticus DC. — Salsigne. 
C^^epis recognita Hall f. — Lastours. 
Hieracium amplexicaule L. — Mas-Cabard^s. 
Pterotheca nemausensis Cass. ■ — Ibid. 

m 

Picridium vulgare Desf. — Ibid. 

Rhagadiolus stellatus DC. — Ibid. ^ 

Urospermiim Dalechampii Desf. — Ibid. • ■ 

w 

U. picroides Desf. — Villaniere. 

Wahlenbergia hederacea Rchb. — Miraval. ' • 

Vaccinium Myrtillus L. — Pradelles. 

Erica arborea L. — Mas-Cabardes. 

# ■ 

Asterolinum stellatum Link et Hoffni. — Lastours. 
Cor«5 monspeliensis L. — Salsigne. 
Jasminum fruticans L. — Villardonnel, etc., partout. 
Fx'nca media Link et Hoffm. • — Les Ilhes. 

Gentiana lutea L. • — Pradelles. 

Cuscuta Kotschyi Des Moul — Lastours, sur le Thymus vulgaris, le Silene 

saxifraga, etc. 

Cynoglossum cheiti folium L, — Villardonnel, Lastours. 
Hyoscyamus albus h. — Lastours. ... 

//. ?/2a/or Mill. — Mas-Cabardes. 

Verbascum Boerhanvii L. — Ibid. 
Antirrhinum Azarina L. — Ibid. 
Scrofularia alpestris Gay. — Ibid. 
Brunella pyrenaica G. G. — LaTourrette. 
Lavandula lati folia Vill. — Lastours. 
Phlomis Herba venti L. — Ibid. 
PA/. Lychnilis L. — Sal^^igne• 

Sideritis hirsuta L. — Ibid. 
49. romana L. — Ibid. 

Teucrium aursum Schreb. — Laslours. 
r. Polium L. — Ibid. 









/ 



168 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

Plantago carinqta Schrad. — Mas-Cabardes. 
Rumex thi/rsoides Desf. — Salsigne. 
Thesium divaricatum Jan. — Lastoura 
Th.pratense Ehrh. — Les Martyrs, 
Aristolochia rotunda L. — Villardonnel. 
Euphorbia Characias L. — Mas-Cabardes. 
E. Chamcosyce L. — Ibid. 
E. nicceensis AIL — Lastours. 
E. serrata L. — Yillaniere. 



f s 



E. 



Lastours. 



Merc^rialis tomentosa L — Ibid.» sur la route de Conques. 
Urtica pilultfera L. — Villaniere. 
Quercus Ilex L. — Mas-Cabardes. 

L 

Asphodel us sphcerocarpus Gren. — Roquefere, 

A, cerasiferus Gay. — Lastours. 

Allium poh/anthum R. et Sch. -^ Mas-Cabardes 

A. roseum L. — Ibid. 

Ornithogalum narbonense L. — Salsigne. 

Smiiax aspera L, — Tres aboiidant. 

Gladiolus segetum Gawl. — Salsigne. 

Serapias Lingua L. — Vilhrdonnel 

Juncus capitatus Weig. — Mas-Cabardev. 

Scirpus ffotoschoenus L. — Lastours. 

Carex Icpoigota Sm, — Les Martyrs. 

C. Linkii Schk. — Roquefere, Mas-Cabardts. 

C punctata Gaud. — Miraval, les Mariyrs, 

Aira Cupaniana Guss. — La Tourrette, dans les chataigneraies. 

Bromus rubens L. — Villaniere. 

Brachj podium ramosum R. et Sch, — Mas-Cabardes. 

Briza maxima L. — Ibid, 

Cynosurus echinatus L. var. {C. erroneus Jord.). —Mas-Cabardes. 

C. Castagnei Jord. — Pradelles. 

Melica minuta L. -~ Lastours. 

/Egilops ovata L. — Villaniere. 

Stipajuncea L. — Lastours. 

Equisetum ramosum Schlelch. — * Salsigae. 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE 



MAI 1861. 



t 



PHYSIOLOGIE VEGETALE. 

■ 

Auatoinisclie utid pliysiologiiselie Beoliaclitiiiigcn uebcr 
die Rcizbarkeiit dcr Gesclilcehtsor;i;'aitc ( Recherches 

* anatomiques et physiologiques sur rh^ritahilite des organes sexuels) ; par 
M. Kabsch {Botan. Zeitnng^ n"*' h et 5 de 1861, pp. 25-37, pi. 1). 

r 

r 

L'auteur, apres avoir parl6 des uombreuses dilficultes c{u'offrent les re- 
cherches de ce genre, rappelle les beaux travaux qui ont ete publics en 1828 
par M. Gceppert sur le nieme sujet. li se boine a recliercher le veVitable 
sioge de I'irritabilite du filet staminal, et donne d'abord les resultats de 
ses observations snr les Bi^rheris vulgaris L, , B lUci folia Forst. , B siblrica 
Pall, et B. Lycium Ro\le. Le siege de I'irritabilite ne se trouye pas exclusi- 
vement a la partie inferieure du filet, niais dans toute son fitendue. A I'ctat dc 
repos, les etainines forincnt un angle droit avec le pistil; aussitot qu'on les 
louche, lout le filet se courbe et prend presque la forme d'un croissafit en 



7b/ 



P 



Tincurvation de leurs filets en (otalite, mais ceux-ci sont de plus gcnouilles k leur 
base, Le filet n'etant pas encore irritable avant j'epanouissement de la flour 
et n'acquerant cette irritabilile que vers I'^poque de la dehiscence de Tan- 
there, Tauleur a cru d^'voir soumettre a une observation comparative la 
structure anatomique de cet organe aux diverses phases de son d^veloppement. 
Selon lui, il est tres probable que les cellules papilleuses, dont est couvert le 
filet au moment de la floraison, sont les agents du mouvement qu'opere celui- 
ci. Peut-Otre aussi le faisceau fibro-vasculaire y jouerait-il un role plus ou 
moins actif. Les antheres des Cinar^es ofTrent des phenom6nes d*irrilabilit6 
semblables, coincidant avec la meme slruciure anatomique. L'auteur pcnse 
que le but de la nature est de rendre possible ou de faciliter, par les mou- 
vements que permet Tirritabilite, la ftcondalion des plantes qui offrent cette 
organisation particuliore. II cherche h expliquer les cas frequents d'hybridite 
dans les Cinarees par le developpement tardif du stigmate de ces plantes, 
qui rendrait souvent la fecoudation impossible sans Tintervention du pollen 
d'unc plantc voisine. Le mouvement qu'executeut les filets du Ruta gra- 
veolens et du Parnossia palustris, tout en ayant le meme but, c'est-a-dirc 
la transmission du pollen sur le stigmate, n'est point cause par rirritabilite. 
Lfs filets dc cos dernieres plantes sont munis d'un epidermclisse. Les antheres, 



i 



170 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



en s'appliquaut sur le stigmate, sqivent un cerUin ordre que Tauteiir decrit 
d'une maniere tres dotaillee. En terminant, >I. Kabsch parle encore des stig- 
males irritablos de differenles especes de Mimulus, qui offient, comme les 
fdets reellement irritables, un epiderme papilieux. Ce niemoire est accompagne 
d'uneplanche contenant 15 figures. 

Johannes Grcenland, 



Da cleveloppemeut de la fecule, e( eu part ieulier 4e 
sa resorption dans Talbumen des g^raines en ji^eriui- 
nation; par M. A. Gris, aide-naturaliste au Museum (extr. des Ann. 
sc. nat,^ k^ s6rie, t. XIII, cahier n° 2). 



L'auteur de ce travail rappelle, dans une courte introduction, ce qui a et6 
6crit par ses devanciers sur le mode de resorption de la fecule. II a 6t6 conduit 
^ introduire dans le plan de son travail Tfitude du developpement de la mali^re 
amylac^e, developpement qu'il a seulement indiqu6 pour certaines plantes et 
expose en detail pour d'autres. Cette etude lui a sembl6 necessaire dans cer- 
tains cas ou la f6cule, a son 6tat adufte, se pr^sente sous des formes si compli- 



quees qu il faut, pour les comprendre, I avoir suivie dans les diflerentes phases 
de son evolution, 

Ce m^moire, qui a excite Tint^ret de I'Acadfimie des sciences (voy. le rapport 
sur le prix de physiologic pour Tannee 1860), est accompagne de six planches 
. contenant 155 figures dessin^es a la chambre claire par Tauteur et gravees avec 
' soin. 

Les especes dont Tamidon a et6 6tudie par Fauteur sent les suivantes: 

Trificum vulgareyHl, 1\ polonicum L. ; Secale cereale L., 51 montonum 
Guss.; jIi! gilofjs speltcBformh Jord., j^. ovata L., jE. triaristata L.; Hot- 
deum vulgare L., H. Zeucriton L. ; Avena sotiva L, ; Bromus exaltatus 
Bernh. , B. tectomm L ; Alojtectirus utriculattts ¥ers. ^ A. agrestis L. ; Coix 

' Lacrima L.; Zeo Mays L.; Oryzasatioa L. (Gramin^es); Commelyna sfrida 
Desf.; Tradescantia virginica L. (Commelynac^es) ; j4rwm italicum Mill. 
(Aroidees); Polygonum orienlaleL.y P. Fagopyrum L.; Rheum Rhaponti- 
cum L.; Emex spinosa Campd. (Polygon^es) ; Mirabilis longi flora L. (Nyc- 

■ tagin^es) ; Rivina Icevis L. (Phytolacc^es). 

L'auteur a insisie sur le r61e important que le nucleus joue, en un grand 
nombre de cas, dans le developpement de la matiere ai^iylac^e (Ble, Avoine, 
Mais, AlopecuruSj Commelyina ^ Jrade^catitw^ Arum, Emex, etc.). H a 
d^montre d'une maniere Whs sensible h presence de la oavit6 interne du grain 
d'amidon d^ja S!gnal6e par plusieurs auteurs) en faisant des coupes minces 
transversales des grains d'anndon do Mais, coupes qui offrent alors une perfo- 
ration dont te diamMre pent parfois atteindre 

. rait diviser naturellement les grains d*aniidon en deux categories: ceux qui 



mm 



qu 



REYUE BIBLIOGRAPHIQUE. 171 

sont simples et ceux qui ne le sont pas. Ceux-ci, pour plus de commodity, 

pQurraient s'appeler composes , quel que fiit leur ipode de formation et 
de developpement. Cependant Tauteur fait remarquer qu'il y a une grande 
difference entre ceux des Avena^ AlopcuruSy Ai^umy dont les dl^ments 
constituants grossissent et devieunent poiyedriques, et qui se conservent entiers 
et intacts jusqu'a la luaturite de la graine, et ceux des Mirabilis et Rivina, Ces 
derniersn*ont qu'une existence ophemSrc; ils ne pr^sentent p^tS dc facettes 
poiyedriques, et ils se dissolvent avant la matiirite de la graine, Leurs Elements, 
mis en liberty et confondus avec de petits granules simples qui pouvaient prea- 
labl^ment exister dans la cellule, forment enfin, par suite de leur accroissc- 
ment individuel et de leur pressiou rcciproque, des masses compactes et 

w 

volumineuses qui sont les monies internes exacts des cellules. 

Enfin M. Gris a etudi^ avec detail le mode de resorption des grains amy- 
laces lors de la germination. Selon lui, la fecule se dissout suivant deux 
modes particuliers : dans le premier, qu'il a appel6 mode de resorption 
locale, le grain, attaque par places d'une mani^re irr^guliere et suivant des 
dessins capricieux, est ronge, trou6, mis en lambeaux. A ce mode se rattache 

+ 

la fecule detous les genres h grains simples que Tauteur a examines [Triti- 
cum^ Secale^ jtJgilopSy Hordeum^ Coix, Zea, likcum, /tmex, Polygonum), 
sauf celle du genre Bromm. Souvent la stratification des grains de fecule 
est d6voil6e pendant les premieres phases de la resorption; mais, parmi les 
Hordeacees, elle Test faiblement dans le Triticum vulgare, YlJordeum Zeo- 
criton et le Secede montanwn, d'une maniere plus sensible dans V Ilordeum 
vulgare et le Secale cereale, et tout k fait admirable dans les JEgilops. Dans 
le deuxieme mode de resorption, que I'auteur appelle mode de resorption 
egale^ le grain, ou rei6ment partiel du grain lorsqu'il est on a 6t6 compost, 
semble se dissoudre d'une maniere unifonue, ^gale, el par toute sa surface qui 
demeure lisse ; 11 n'est ni troufi ni d^chiquete, mais il diminue insensible- 
ment de volume C'est ce mode de resorption que pr^sente la fecule du genre 
Brornus et de tons les genres dont Talbumen contient ou a conlenu,k une cer- 
taine epoque de son developpement, des grains composes, tels que les Avena^ 

r 

Alopecurus^ Arum^ Mirabilis^ liivina^ etc. 

EUGInE FOURNIKn. 

J 

Ileber Poly-embryonic and Keimung: Ton C^lebogyue^ 
ein IVachfraj^ zu cler Abhandlunir iiebcr Partheno- 
S^cucsis bel POaiixcn (Sur la poly-embryonie et la germination 
du C(Jclehogyne , supplement on memoire sur la parthenoginese des 
plantvs)\ par M. Alex. Brauh. Tiragc ^ part Ae^ A ctes de T Academic royale 
des sciences de Berlin^ in-i, pp. 109-293, pi. I-VL Berlin, i860, chez 
F- Duemmler. 

*-- 

r 

Get important ouvrage se compose de plusieurs parties. La premiere traite 



172 SOGIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



,du Cwlebogyne et donne e» quelque sorte une continuation des observations 



-fc^ 



dont raulenr avail dejk anteneurement publie les resultats. 31. Braun dit que, 
grace a ses rechorclies sur la plante en question, il ne lui reste plus aucun doute 
sur ['existence d'une veritable parthenogen^se chez les vegetaux. Toutefois, 
il adniet que ce ph^nomene doit etre consid^re commc une des anomalies ins- 
tructives dont le regne vegetal nous offre quelqties rares exemples, et il cite, k 
cetteoccasidn, nn certain nombre d'anomalies interessantes qui, cependant, 
n out pas de rapport direct avec la parthenogenese. Il soumet ensuite ^ un 
examen ddtaille les observations que M. Regel a faites sur les Mercurinlis 
annua^ Spmacia et Cannabis; il pense qu*on ne saurait tircr de ces obser- 
vations aucune conclusion contraire a la parthenogenese, surtout apres la pu- 
blication des travaux de M. Radlkofer, traitant egaleinent cette question. Les 
observations publiees dans le fionplayalia sur la parthenogenese du Cailebo- 
gyne ilicifolia fournissent a ^\. Braun I'occasion de se deniander si les 
graines de cette p'ante sont rdellement neos d'ovules proprement dils, ou 
si ces pretendues graines ne sont pas plutot des bourgeons fo.iaires, de 
sorte que la reproduction de la plante ne constituerait qu'un acte vegetatif 
et non sexuel. Les observations de W. Deecke et de >L Radlkofer ont, selou 
Jui, suffisainment prouve que ces graines suivenl le developpement ordinaire 
et qn'elles ne sont point des bourgeons comme le pense I'autenr du m^moire 
public dans le Bonplandia; d'ailleurs, M. John Stnith avait deja precedeni- 
inent dit qu'elles offrent la structure ordinaire de celles des Enphorbia- 
cees [Crotony PhyUonlhus^ Cluytia^ etc.). M. Braun entre ensuite dans 
quelques considerations sur la place qu'occupe, selon les divers monographes 
des Euphorbiac^es^ le Cwlpbogyne dans cette faiuille du regne vegetal. La 
planche I, ou sont figurees les difll^rentes phases dela germination des graines 
du Ccelebogyne, contient plusieurs figures de la graine mure; nous y voyons, 
en outre, representees les premieres traces de la germination jusqu'au complet 
developpement de la plante, qui porte six feuilles au-dessus de ses cotyledons. 
Des.plantes vigoureuses peuvent donner, la premiere ann6e, ju*=qu'a 9 ou 
12 feuilles. Parmi 23 jeuues plantes obtenues par semis, M. Braun a observe 
7 indlvidusmonslrueuxqui offrent pojr cette plante, deja si curieusea d'autres 
egards, le curieux phenomene de la presence de plusieurs embryons dans la 
meme graine. Dans toutes ces monstruosiies, I'auteur a observe deux, et 
meme une fois trois embryons plus ou moins soudes ensemble. La planche II 
presente les figures de ces singulieres anomalies, dont Tauteur donne une 
description tres detaillee. . Cette poly-erabryonie aurait, d'ailleurs, deja et6 
constatee dans le Cwkbogyne par M. Radlkofer, qui avait observe dans le 
sac embryonnairc de cette plante Ic developpement de plusieurs vesicules em- 
bryonnaircs. La poly-embryonie est, selon I'auteur, bien moins rare dans le 
regne vegetal qu'oh n*est generalement dispose a Tadmettre ; elle peut se pre- 
senter sous diffe rentes formes. Elle est produite tantot par la fecondation dc 



^ * 



RE\TJE BIBLIOGRAnilQUE. 173 

plusieurs v6sicules embryonnainis contenues dans le meme sac embryonnaire ; 
tantot par la presence de plusieurs sacs cmbryonnaires dans le nieme nucelle 
et par la fecoiulation de chacun de ceu\-ci; tantot en(in par une r(5uniou de 
ces dciix pbenomcnes sur le meme ovule. L'auteur ra:>porle, a ce propos, les 
observations faites par divers savants qui out constat^ la j)resence de plusieurs 
sacs onibryonnaires dans le memo ovule. La pr(5sence de plusieurs v(5sicules 
cmbryonnaires dans le sac embryonnaire n'est pas une excc,>tion; c'esl au con- 
iraire la regie, et Ton ne cite (pi'un tres petit nombre de plantes prescntant une 
scule vesicule embryonnaire. Ordiuairemeut on observe la presence de deux 
ou trois de ces organes; chez quelques plantes ilssont meme tres nombreux, 
par exemple dans le genre Citrus. iVI. Braun ue considcrc pas les corpusculcs 
des Gymnospermes qui offrent des cas de poly-embryonie coimne des orgaties 
correspondant au sac embryonuaire des Angiospermes ; il croit devoir les 
rapprocber des vesicules cmbryonnaires de ces dernieres plantes, et il 
examine a celte occasion les observations de :\IM. Hofmeister et Scbacbt. 
Il met ensuite en parallele avfc la V(5siculc embryonnaire des Phanerogames 
la cellule centrale de Farcb^gone des Cryptogames, et passe en revue les fails 
connus sur la fecondalion de cette cellule centrale. Les cas de veriiable 
poly-embryonie sont tres rares chez ces plantes, malgre la presence asscz gen^- 
rale de plusieurs archegones sur leur prothallium. Une autre forme de la poly- 
embryonie serait causee par la division du pro-embryon {Vorkeim), qui nait 
d'une vesicule embryonnaire. Gc fait est o')serve chez les Goniferes et chez 
les Gycadees, et Tauteur decrit en detail le mode de ce developpement ; il 
dit en mfime temps que presque toujours, dans ces cas, une seule des plantules 
provenant de cetie division se deveioppe, tandis que les an tres avorlent. Pour 
les Angiospermes, on n'aurait observe de cas analogue que chez le Lorcmthus 
europceus, L'auteur parle ensuite des cas d'une fausse poly-embryonie causae 
par la soudure de deux ovules, et cite plusieurs fails de ce genre. Enfin il nous 
donne un expose tres detaille de toutes les observations faites jusqu'a ce jour 
au sujet de la poly-embryonie, et il r^sulle de ses recherches que des cas de 
ce developpement siugulier out 6t6 observes sur 6* especes de plantes appar- 
tehant a Ul genres et a 35 families. Un grand nombre de ces observations sont 
dues a I'auteur lui-m6me et illustr^es de tres belles figures 11 examine ensuite 
les divers degrfis de soudure qu'offrent eutre elles les plantules issues de cette 

poly-embryonie. 

La seconde partie de I'ouvrage du savant professeur de Berlin est consacr6e 
^ des obseiTaiions sur les graines charnues de quelques AmaryUid^es. La 
presence de ces graines semble offrir, selon lui, des caracteres sufBsants pour 
determiner non-seuleraent les especes, mais peut-etre meme certains genres. 
II commence par enmnerer les genres dans lesquels ces graines charnues ont 
6t6 jusqu'i present observees, et il ngus donne une revue historique de cette 
question; Aprfes ;;voir rappele Ie$ observations de R. Brown et d'Achille 



174 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

Richard, il parle d'luie manicre detaillee des recherches faites par MM. Hof-- 
meister, Bailion et Prillieux sur ces graincs charnues, et il soumet h dis-. 
cussion les differenles manieres de voir emises par ces observaleurs. Compa- 
raiit leurs travauv a ses propres recherches, il arrive a cette conchision, deja 
propos6e par M. Prillieux, qu'on doil distinguer deu\ formes differentes de 
ces graiiies charnues. II appelle les unes graines bulbeuses {Hymenocallis)^ 
les autres graines tubereuses [Crinum). il n'est neanaioins pas entiere^ 
ment d'accord avec M. Prillieux sur la structure de la graine de VAmaryU 
lis Belladonna y qui, selon lui, ne serait point enlierement depounue 
de tegument, mais oH'rirait un tegument simple. L'aiUeur expose ensuite 
en detail ses propres observations qui ont porle principalement sur diverses 
especes appartenant aux genres Hippeastrum, Sprekelia, Hymenocallis^ 
Amaryllis et Crinum ; ces observations sont accompagnees de plusieurs 
figureSi 



La 



« 



bo 



plantes. 

L'auteur demontre d*abord que le nom de plantes vivipares est employ^ 
dans la science de manieres tres differentes : 1*" on appelle ainsi les plaules 
dont les graines germeut quand elles sont encore renfermees dans le fruit, ce 

F 

qui a lieu uormalement pour quelques v(5getaux, tels que les lihizophora et 
quelques genres voisins, et ce qui a etc observe exceptionnellement sur un 
grand nombre de v6getaui ; 2'' on pourrait parler dans un autre sens d'une 
reproduction vivipare si, dans les fruits, les graines 6laient remplacees par des 
bourgeons foliaires, mais jusqu'ici nous ne connaissons pas de faits suffisam- 
ment certains de cette formation; 3** on a parl6 d'une metamorphose d« pistil 
entier en bourgeon foliaire, mais de tels exemples ne sont pas non plus, selon 
Tauteur, suffisaniment mis hors de doute ; Zi le mode le plus frequemment 
observe d'une reproduction vivipare s offre Ik ou il y a des bulbilles, soil dans 
le voisinage des fleurs, soit a la place de ces fleurs; I'auteur passe en revue 
les differentes formes sous lestjuelles peuvent se presenter ces bulbilles; 
S* une autre fonue de la reproduction viNipare se rencontre dans la meta- 
morphose des bract6es en feuilles avec suppression des (leurs qui deVraient 
naitredans leurs aisselles, fait qu'on observe, selon Tauteur, uormalement dans 
I'Ananas, exceptionnellement dans les Pluntaijo ianceolata, Erynyivm vivipo.- 
¥nfn^. Gay, Poa alpina vtoipara.eic. ; 6® on appelle encore vivipares les plantes 
sur les feuilles desquelles se d^veloppent des bourgeons qui, en se d^tachaot 
plus tard, sefvetit a la reproduction de la plante qui les porte. Ces bourgeons 
offreut, selon Tauieur, tin inieret particuhcr parce qu'ils naissent, comme les 
ovules, sur les feuilles carpellaires. L'auleur distingue quatre modes de for- 
mation de ces bourgeons. lis peuvent naitre a la surface de la feuille, el c'est 
ik le tias le Olus frequent, ou sur ses bords ( Brmohullum . etc. ).ou^iIs 



r- 



i 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 175 

sont disposes a sa face inferieure, ce qui n'arrive que tres rareinenl, ou enfm 
on les observe sur ses deux faces, fait qui a ete observe par Turpiii surlO/- 
nithogalum thyrsoides. Parmi tous ces differents modes de reproduction ap- 
pel^s vivipares, il n'y a pas un seul exeinple de d^veloppenient d'un bour- 
geon v6getatif dans la graine. Apres avoir donne r^num^ration des ouvrages 
traitant du developpement anomal des ovules, Tauteiir cite les plantes sur 
lesquelles il a pu faire des observations du nieine genre. II croit devoir com- 
parer les ovules aux dents des bords de la feuille, et 11 sc livre a unc discuRsion. 
tres d6taillee des diff^rentes opinions emises a ce su^et. Il donne ensuite la- 
description des divers modes de developpement anomal observes dans les ovules, 
et il en figure plusieurs. 



La 



f 



la suite de la premiere partic. II parle d'abord des observations de M. Ruprecht 
sur une Artocarpee, le Sorocea^ et des affirmations repetees de M. Tenore qui 
soutient a\oir obtenu sans fecondation des graines aptes a germer du PisLicia 
narbonensis. II invoque aussi le temoignage des experiences de M, Naudin et 
de iVI. I.ecoq en faveur de Texistence r<5elle de la parthenogeuese. Suivent 
quelques considerations sur le fructificatio spuria, c'est-i-dire sur le develop- 
pement de fruits sans fecondation quandcependanl ces fruits offrent des graines 
d^pourvues d'embryon. L'auteur croit vraisemblable une reproduction par la 
parthenogeuese dans les Fougeres, et mgme les Mousses offrent, selon lui, plu- 
sieurs faits problematiques qu'on pourrait attribuer a ce mode de reproduction. 
Dejadans un memoireant^rieur, I'auteur avail parle des faits departli^nogenese 
observes dans la famille des Charac^es; faits qu'il est a mCiUe aujourd'bui de 
completer. Quant aux Algues, il reserve encore pour le moment son jugement. 
II se borne a exposer d\me mani^re detaill^e les observations faites sur la 



reproduction de ces veg^taux qu'il classe en plusieurs categories. 



fi 



I 



discussion tres ^iendiie des observalions publi^es par M. Radlkofer sur la 
parthenog^nese. Dans cette partie, lauteurpose les trois questions suivanles: 
lM.a parthenogeuese cons(itue-t elle un mode de reproductii n sexuelle ou 
nonsexuelle? 2° Ou est le commencement de I'existence indlviduelle d'une 
plante? 3" L'appareil reproducteur des Crytogames doil-il etre appel6 une 
fleur? 

■ 1 

Pour r^soudre la premiere de ses questions, I'au'eur met en parallele les 
faits de parthenog6nese observes dans le regne animal, notamment chez les 
abeilies, avec ceux du regne \(^getal. Jl peiisc que la parihenog^ntse, devant 
etre consid^r^e a)mme un fail anomal, appartient ne tnmoins a la categoriedes 
reproductii)ns soxudles. C'est, selon lui, une reproduction sexuelle sans f^con- 



con 



Quant i la seconde question, I'auteur, s'appuyant sur la paiih^nog^ 



»" 



I 






Vcber die I>aaerj9cliiv«Brmer des i;Va!Sseriietzcs nnd 
uebcr einige ilincn vcrvraudtc Bildtitigen {Sur les Zoos-- 
pores perinanentes de I'fffjdrodictyon et sw guelques organismes ana- 
logups) ; par M. N. Pringsheim. Tirage a part des Comptes rendus mensueh 
de I'Academie des sciences de Berlin, stance du 13 decembre 1860. 



r 

• M. Pringsheim, auquel la science doit tant d'observations precieuses sur le 
developpement et les fonclions des organes reproducteursdesAlgues, nous fait 
connaitre dans ce memoire nne nouvelle forme de ces organes. 

Les recherches tres 6tendues de MW. Alex. Braun, Thuret et de Tauteur 
lui meme avaient deja anterieurement d^montre que plusieurs Algues marines 
et d'eau douce offrent en meme temps deux sortes de zoospores de gran- 
deur diff^rente. Les unes de ces spores constituent I'organe v6g6tatif de 
reproduction de Tespece, ce sont les zoospores proprement dites : les autres, 
plus petites, que M. Pringsheim designe sous le nom A' androspores , sont 
destinies k donner naissance ^ de petits organismes {Mcennchen de i\L Prings- 
heim) qui, dans rini^rieur de quelques-unes de leurs cellules, d^veloppent 
des antherozoldes ; et ceux-ci, de leur cot6, constituant les organes males de 
ces plantes, servent a feconder les spores {oospores de M. Pringsheim), c*e5t- 
S-dire les organes femelies qui conserveront Tespece pendant I'hiver. 

Jusqu'a present la germination immediate des zoospores avail ete prise pour 
le caracloreesseniiel de ces organismes. M. Pringsheim vient de d^couvrir 
dans YHydrodictyon une autre forme de zoospores aptes a conserver leur 



! 



176 SOCIETE BOTANTQIK DE FRAlSnE. | 

que, deja avant la fecondation, rexistence de Tindividn commence par la pre- 
sence de la vesicule eu)bryonnaire dans Tinterieur da sac embryonnaire on 
par la naissance de la cellule centrale dans la cavii<5 de Tarchcgone II examine 
ensuite, commo preuves a Tappui de cette maniere de voir, les observations faites ^ 

sur la reproduction des animaux. L'auteur donne a la dorniere question une 
reponse negative. II discute d'une maniere d6:aillee les opinions 6misesa cet 
egarJ par differents savants, et, en pesant scnipuleusement leur valeur, il 
admet bicn unegrande analogic entre les organes qui accompagneut les parties 
sexuelles des Phanerogames et des Cryptogames, sans qu'il pense cependant 
qu'on doive se decider a donner a ces organes des Cryptogames le nom de 

fleurs. 

L'important ouvragc de M. Braun touche a tant de questions fondamcn- 

tales du vaste domaine de Thistoire des etres organises, il const-ite et discute 
un si grand nombre d observalions, qu'il n'est po'-sible d'en donner ici qu'un 
resume incompact. Les six belles planches lithographiees dont il est accompagn6 
contieunent 108 figures repr6sentant les principaux rc^sultats des observations 
de i'auteur, 

J. G, 



\ 

I 



% 



REVUE CICLlOGRAPIlIQirE. 177 

faciilte reproduclrice apres avoir passS iin laps de lemi>s pins ou nmins pro- 
longe dans un eiat dc ropos ; il appclle ces organcs des zoospores pcrman(Mitcs 
[Dauersclnv(vrmey^), Il compare Ires ingi^^nicusement Telat de torpour dans 
lequol rostcnt ccs zoospores avec les kystes dans lesqnels se renfrrnicnt pen- 
dant une partie de leur vie certains infusoires. > 

Apresavoir jete im conp d'ci'il rapide siir I'historiqne des recherches faites 
snvV Hf/drodiclyon, Tautcnr expose d'uno maniere tres netic revolution dc ces 

zoospores pcrnianentes. 

Ces z(K)spDres, an ui:)mpntoii ellos sortent des cellules-nieres dans lesquelles 
elles se sont developp5es, resseniblent entic'rcmcnt aux zoospores ordinaircs. 
Elles repr6scntent d'abord de pelites cellules ovoules, mmiies de denx petits cHs 
a Tune de lenrs extremit^s qui est depourvne de chlorophylle. Ces petils corps, 
apr^ssVHre agiles pendant quelqucs heures dans Teau, se lixent, nials sans 
germer. lis prennent pen a pen une forme globuleusc et, ayant perdu Icurs 
cils, lis se couvrent en nienie temps d une membrane cclluleuse ires solide. 
Dans cet 6rat, iis resseniblent ailx petils globules du Protococcus, et aloi*s ils 
peuvcnt rester desseches compl6tement pendant plusieurs mois sans perdre 
leur faculte germinative, pourvu toulefois qu'on art soin de les preserver de la 
lumi&re du jour. S'ils y sont exposes dans Tetat dc s6cheresse, i's nc lardent 
pas a se d6colorer et a perir. Sous Teau, rinfluence de la lumiere ne leur est 
point nnisible, et ils peuvent vivre ainsi pendant des mois enliers sans 
s'allcrer. 

Dans les experiences de M. Pringsheim, faites sur des zoospores permancntes 
qui ^taient tenues dans lean, les premieres traces d*nne reprise de dfiveloppe- 
ment se manifesterenl apres nn rcpos d'environ irois mois. Les zoospores 
commeuccntd'abordpar se gonfler cousiderablement, puis on voit s^operer dans 
leur intSrieur une formation de cellules par division, enfin chacune de ces 
cellules devient une grande spore inunie a son extremild incolore d'un on de 
deux cils vibratiles. Ces grandes spores s'agifent tres vivement dans Teau pen- 
dant quelque temps, li la maniftre ordinaire des zoospores, mais bientot Icnr 
mouvement cesse et elles perdent leurs cils. Peu apr&s, on veil se former h la 
surface de ces corps des excroissances plus ou moins nombreuses, de sorle 
qu*ils finissent par prendre une forme polyedriqnc. Dans rinleiicur de ces 
polyedres, qui augmentent constamment de volume, on voit ensuite s'organiser 
VHydrodictijoa sous sa forme connue, de meme qu'on voit naitre dans les 
cellules d'une plante adulte des r^seaux de jeanes cellules. Ce d<5veloppement 

finit par crever la membrane du pDlyedre. 

M. Pringsheim pense que bien des organismes qu*on a consideris jusqu'ici 
com me des genres ou des especes particulicres, ne constituent qu*une phase 
interm^diaire de d^veloppement caracl6ris<5e par la forme poly6driquc. II rap- 
pelle les genres Pediastrum Meyen, Ccelastrum Naeg., Sorastrum Knelz. , el 
Seenedesmus Meyen, qn^on avail autrefois rapprorhes des Desmidiac^es, mai^ 



T. VIH. 



r> 



178 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



qu'il propose de coniprendre avec V Hydrodictyon dans une fainiUe qui rece- 

vrail le nom d'llydrodiclyees. 

L'autcur passe ensuite en revue plusieurs genres d'Algues dans lesquels on 
a trouve des corps plus ou moins analogues a ces zoospores permanentes, et il 
cite notamment le genre Codiolum A. Braun, ainsi que plusieurs genres qui 
composent la petite famille des Draparnaldiees. Le memoire de M. Pringsheim 
est accompagne d'une planchecontcnant vingt figures execut^es avec beaucoup 

■ 

de soin. 



J. G. 



\ 



IJeber die Anljieftiiiig^swelse eiikij;;cr plianerog^amiscbeu 
Parasiteu an litre IViaehrpflaiixeu {Sur la maniere dont quel- 
gues Phamrogames parasites se fixent a lews plantes noumcihes) ; par 
M. A. VWxdi [Botan. Zeit., n**^ 9, 10, 11 de 1861, pp. 53-7/i, pi. II). 



Les recherches de Tauteur portent d'abord sur le Viscum album. 11 com- 
mence par donner une description de la graine de cette plante. II s'occupe 
ensuite de la maniere dont le Gui se seme, et il est d'avis quq les graines sont 
d^posees, moins souvent qu'on ne I'admet ordinairement, sur les branches des 
arbres avec les excr(5nients des oiseaux qui les ont mang(5es. Selon lui, au con- 
traire, les oiseaux, apres avoir mang6 la pulpe visqueuse des graines, les fixent 
aux arbres en nettoyant leurs bees. Souvent les pluies, en lavant les rameaux, 
sont la cause d'un d^placement des graines, qui se trouvent ainsi a leur face 
inferieure. Ces graines, apres etre restees coUees aux rameaux pendant 
quelques semaines, entrent en germination. La tigelle de Terabryon sort de 
Talbumen de la graine; elle est courbee, de sorte que son extremite, pre- 
sentant la forme d'un petit disque, s'applique a Tecorce ou elle se fixe 
ensuite. Ce premier acte de la germination peut avoir lieu, comme I'avait 
d^ja d^montr^ Dutrochet, non-seulemerit sur les rameaux des arbres, mais 
sur tout autre objet, tel que des pierres, du metal, du verre, etc. L'auteur 
confirme les observations de Dutrochet, suivant lequel la tigelle du Viscum 



Ul 



vers I'endroit 



le moins eclair^. L'extremite radiculaire disciforme de la tigelle, apres avoir 
atteint Tecorce du rameau, s'y fixe a Taide d*une secretion de sa surface. Le^ 
cellules de son ^piderme s'allongent en forme de papilles, et la mati^re qui 
jittache celles-ci si sofidement a T^corce est probablement produite par une 
sorte de dissolution de leurs couches cuticulaires. A mesure que la radicule 
se d6veloppe, le tissu commence a se desagreger au point oii elle s'est fixee, 
probablement sous Tinfluence des secretions de la racine, et celle-ci p^netre 
vers Tinterieur du rameau. C'est ordinairement au mois de juillet que la radicule 
s'enfonce dans T^corce de la plante nourriciere, Elle se d^veloppe dans le tissu 
Darenchvraateux de recorce int^rieure iusnu'an rnros liirneux. tout en res- 



1 



! 



\ 



REVUE BIBLIOGRAPIIIQUE. 179 

t 

pectant les faisceaux fibro-vasculaires. Ce developpcmeul dine pendant tout 
rautoinne et jusqii'en hiver. Durant ce temps, on n'apeicoit aucun chan- 

r 

gement dans Tembryon ; son extremite cotyledonaire est encore renferai6c 
dans I'albumen. Ce n'ast que Tete suivant que la plantule se dresse et que 
le bourgeon terminal, place entre les cotyledons, developpe deux feuilles. 

Alors les racines se ramifient dans I'^corce de Tarbrc; la racine principale 
s'alionge a niesure que le rameau qui porle la plantegrossit, de telle inauiere 

J r ' 

qu'au bout de I'ann^e elle se trouve enfonc(5e exactenient de I'epaisseur d'uu 
anneau ligneux dans le corps ligneux du rameau nourricier. Cliaque annce, 
on volt se former un nouvel entre-nceud de la lige, et chaque ann^e la racine 
envahit un anneau ligneux de plus. Mais il arrive quelquefois que le bourgeon 

r 

terminal du Viscum ne se developpe pas. Alors la lige ne s'allongc point et 
il ne parait pas de feuilles. N^anmoins, la racine peut conlinuer de s'accroitre 
pendant quelques annees, sans qu'on vole se developper a la surface du rameau 
ni lige ni feuilles. Dans ce cas, il arrive ordinaiiement que le rameau se 
gonfle considerablement. L'age du Viscum ne peut alors etre determine que 
par le nombre d'anneaux ligneux qui sont p6netr6s par la racine principale*. 
Plus tard, on voit naitre au bas de la tige des bourgeons advcntifs. Les 
racines adventives, qui se sont ramifiees dans Tecorce du rameau nourricier^ 
peuvent egalemcnt donner naissance a dcs bourgeons adventifs, et cgux-ci 
percent Tecorce et viennent au jour, en formant ainsi avec la tige principale 
iinesoucbe Iracante. Selon rauleiu', les racines du VVs(^7^mseraient depourvues 
de la phileorrhize que M. Scbacht leur attribue. M Pitra nous donnc ensuite 
uue description tres detailleede la structure anatomique des racines du Gui. 
Kn enlevant de differenles manieres certaines parties de Tccorce du rameau 
nourricier, I'auteur a cherch6 a se rendre compte de Tabsorption de la seve 
par les racines dij parasite. Les vaisseaux et les fibres ligneuses de la plante 
nourriciere s'appliquont 6troitement a celles du Gui qui absorbent leur seve* 
JL'auteur ne pense pas que le parasite rende a la plante qui le nourrit uue 
partie des materiauxpuises par lui dans ralmosphere, ainsi que M. Scbacht 
Tadmet. Les renflements des rameaux que ce savant observateur a cit^s en 
faveur de cette theorie paraissent a M. Pitra plutot causes par Tenergie 
de rabsorption du parasite qui accumulerait la nourriture dans son voisi- 
uage. 

H^Pitra s'occupe ensuite du LathrcBa. Les premieres phases du developpe- 
ment de cette plante sont, jusqu*a present, encore entierement inconnues^ 
cependant il serait, selon lui, Evident qu'elle represente, des sa germination, 
un veritable parasite muni de sufoirs. Au commencement, ces sugoirs sont 
plus solidement fixes ij la plante nourriciere que plus tard. II parait probable 
a I'auteur qu'a un age plus avanc6 les racines du Lathrcea peuvent Egale- 
mcnt, en partie, puiser leur nourriture dans Ic sol mexne. M. Pitra decrit 
ensuite la structure anatomique des sufoirs. Ces organes percent I'Ecorce 



180 SOGIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

de la plante noiirriciere et s'appliquent au curps ligneiiv, eu respeclant cepen- 

dant les faisceaux du liber. 

L'auteur paric, aprcs cela, des Rhinanthacees, en passant d'abord rapidement 
en revue les opinions ^niises par divers observateurs sur leparasitisme de ces 
plantes. Toutes les Rhinanthacees observees par lui ontoffert de veritables su- 
coirs qui ctaient en contact complet et en communication physiologique avec 
d'autres plantes. Il a demontr6 ce rapport au moycn de solutions minerales qu'il 
a fait absorber par les plantes nourricieres et qu'il a retrouvces ensuite dans le 
tissu du parasite. La structure anatomique des sucoirs de ces plantes et leur 
maniere de penetrer les tissus des plantes nourricieres sont seniblables a ce 

qu'il avail observe chez le Lathrcea. 

Les Thesium sont ^galement, selon I'auteur, de v<5ritablGS parasites des leur 
germination. Ses observations se bornent au Thesium ramosumy qu'il a 
observe sur des Graminees, des Cyperacees, des Medicago^ Cirsium^ ffyp^^ 
ricum, le Cichoriiim Intijbus et d'autres plantes. Souvent meme, un senl 
Thesium se fixe par ses sucoirs sur plusieurs autres plantes a la fois. Les sucoirs 
sontde differentes grandeurs. Tantot ils sont aplatis, tantdt convexes, genera- 
lement ils sont solidement fix6s sur la plante nourriciere. Souvent les sucoirs du 
Thesium offrent plusieurs plis a I'endroit ou ils s'appliquent a I'ecorce de la 
plante nourriciere. L'auteur explique ce ph(5nomene par la rfeistance qu'oppo- 
sait d'abord Tepidcrme de T^corce au sucoir qui linirait ensuite par la vaincre 
et par penetrer dans Tinterieur. M. Pitra a observe que, dans les sucoirs dU 
Thesium^ le faisceau fibro-vasculaire dirige deux larges ramifications aplaticiJ 
qui se mettent en communication directe avec les faisceaux fibro-vasculaires 

^ - 

de la racine nourriciere. L'absorption d'une solution minerale a 6te egalement 
experimentee pour cette plante. 

Le Phelipcea ramosd se distingue, selon I'auteur, de tons les autres para- 
sites qu'il a observes, par ce fait qu'il y a une liaison encore plus complete 
entrc le parasite et la plante nourricifere. Les faisceaux fibro-vasculaires, en 
entrant dans le tissu de cette derniere, s'ecartent en tout sens et se melent 
ainsi avec ceux de la racine nourriciere. 

Le Cuscuta germe dans la terre et y developpe ses racines. Ensuite cette 
plante tord sa tige autour des plantes voisines, en s'y fixant par ses sucoirs. Si 
la plante nourriciere est munie d'un corps ligneux, solide. le sucoir de la Cuscute 
penetre h travers I'ecorce jusqu'a celui-ci; les faisceaux fibro-vasculaires des 
sucoirs se mettent en communication avec ceux de la plante nourriciere. Si, 

r 

au contraire, la Cuscute attaque des plantes herbac^es, ses sucoirs, qui 

p^netrent dans le parenchyme de la plante nourriciere, ne comnmniquent pas 

toujours avec les faisceaux fibro-vasculaires de celle-ci. 

Les observations de M. Pitra sont accompagn^es d'une planche contenant 
1 1 figures. 



J. n 



I 



REVUE BIBLiOGRAPHlQUE. 



ISl 



Clatlodcs ct axcfti ailcs; par M. D. Clos {Memoiy^es de V Academic 
des sciences de Toulouse^ 5^ serie, I. V). Tirage a part en brochure in-8** 
de 3 1 pages. 



I 



Le niemoire de notrc lionorable confrere M. le professeur Clos, dont nous 
doiinerons ici uue analyse aussi complete que le perniet le cadre rostreint de 

r 

cette Ileoue, renrerme l*etude speciale etdolailleedcs rameanv foliifornies que 
Ton rencontre ca et la dans Torganisation' v6getale {/luscus, Asparagus, 
Hossicca, Euphorbia, Opuntia, etc.), que M. Clos deslgne, a rexemple de 
i>L do 31artias et do Kunth, par le terine de cladodes, et qu'il compare a 
quelques expansions de la tige connucs sous Ic nom d'ailes ou de ddcurrences. 
II examine d'abord separcment I:s cladodes ct les axes ailes, et, parmi les cla^ 
dodes, ceux des Monocotyledones et ceux des Dicotyl<^dones, dont Tinflores- 
cence est difTerente, subniarginale chez les premiers, et reellement marginale 
chez les seconds. M. Clos a observe, dans les cladodes des Ruscus, des cas de 
soudure et de partition; dans ceuv-ci, le cladode fendu portait deux fascicules 
floraux opposes sur chacune de ses faces. Dans !e Myrsiphyllum, le cladode 
nait au-dessus des ramcaux normaux ct fertiles, a Taissellede la menie ^caille 
que ces rameaux. Parmi les Dicotyl6dones, Tauteur etudie le Polycardia, dont 

il regarde Torganc bracleiforme floriferc comme un cladode, et le Tilleul, 
dont le pedoncule epiphylle lui parait resuller d'une bifurcation de laxe, 
lequel reste d'une part elargi en cladode sterile, et de Tautre alIong6 pour por- 
ter les fleurs. 

Relativement aux axes ailes, M. Clos distingue trols sortesd'ailes, les ailes 
6nervees fornixes par un developpement de T^pidcrme , les ailes nervees et 
les ailes qui, rempla^ant la feuille au point de vue physiologique, peuvent 6tre 
designees sous le nom de pseudo-phyllodes, II considere les ailes de V Acacia 
platyptera comme des pseudo-pbyllodes sondes a I'axe, et eludie cnsuite Ics 
ailes et les appendices foliiformes de certains Statice, qu'il regarde egalement 
comme des pseudo pbyllodes, se d(5gageant en pailie de fa tige. Les ailes ner- 
vees des Legumineuses, et surlout des Lathyrus, fournissent a I'auteur Toc- 
casion de s'elever contre Tapplicalion trop frequente, selon lui, d'une theorie 
qui fait considerer les ailes de la tige comme resultant de la decurrence des 
feuilles, U signale ensuite une analogic ^troite cntre les ailes et les lignes de 
poils que pr<5sentent certains vegetaux. Son travail s6 termine par letude de 
la valeur taxonomique des cladodes et des tiges ailees, ct par le r6sum6 des 
principaux fails qu'il a mis en lumiere dans les pages precedentes- ^ 



E. V. 



i 



I8z SOCIETE BOTANIQUE DE FRAISGE 



Obi^'eriiicionci^ j reflexiones lieehas fiiobrc los movi- 
mienitos de lass liojasy floret cle alsuuajii plautas cou 
niofivo del eclipise de sol del 18 de jnlio de 1S60 

{Observations et reflexions faites sur les mouvements des feuilles et des 
.- fleia^s de quelques plantes a l*occasionde V eclipse de soleil du \Sjuillet 

I860); par don Miguel Colmeiro, professeur d'organographie etde physio- 
. logie v6g6tales au jardin botanique de Madrid. Brochure m-8° de 11 pages. 



La deriiiere dclipse de soleil, bien c^u'elle n'ait pas et^ complete a iMadrid, a 
cependant offert un changement assez notable dans Tintensite de la lumi^r6 
solaire pour fournu' i M. Colmeiro Toccasion d'observations ini^ressantes. 
Comme les variations produites pendant les diverscs phases de Teclipse ont 



w « 



et6 assez rapides, il est clair que ce sont seulement les plantes tres impres- 
sionnables aux modifications de la lumiere qui ont pu Stre etudiees avec quel- 
que fruit. Le Porlieria h^grometrica^ que beaucoup d'auteurs, a Texemple 
de Riilz et Pavon, ont cru dou6 d'une senslbilite toute particuliere pour les 
phenomenes atmospheriques, n'a offert aux obscrvateurs dc Madrid, pendant 
I'cclipse, qu'un mouvement a peine sensible dans ses deux paires de folioles 
supeiieures, qui se sont l^gerement rapproch6es. Le Mimosa jjudica a replifi 
completement ses folioles, maisce phenomene a tenu peut-otre a une brise qui 
s'est elevee pendant Teclipse ; il en a ete de m§ine pour Y Acacia lophantha. Les 
fleurs du Convolvulus arvensis^ quise ferment ordinairement entre deux ettrois 

f ■ ' - ', - ^ 

heul^es, se sont coniport^es pendant Teclipse, qui eut lieu precisement vers ce 
moment, comme elles le font d'habitude. Celles du Convolvulus tricolor, qui 
se ferment a six hemes du soir, n'ont pas varie pendant T^clipse, non plus 
que celles de Ylpomosa purpurea et du Mirabilis Jalapa, Les petales de 
V Eschscholtzia californica se rapprocherent seulement un pen, contrairerpeiit 
a ce qui a ete observe a rEscurial. Mais les ph<5nomenes les plus interessants 
sent assurtnneilt ceux qu'ont oFTerts les Lychnis vespertina et divers Mesem- 

r * 

brianthcmum . La premiere de ces plantes, qui Spanouitsa corolle cnlre six et 
sept [leures du soir, comme on sail, pour la fermer entre huit et neuf heures, 
du matin, a oiivert ses fleurs durantTeclipse; elles se sont referm^es aussitSt 

^ 

apres. Enfin les corolles des Mesembrianthemum se sont repli^es leatement 
d^ que la lumiere a diminue, an lieu d'attendre la findu jour. 

E. F. ' 



Der POaiijReiistaat oder Entivarf einer Knt^riekliiug;^- 
'gei^cliiclite des Pflaiixenreiehs {JfEtat vegetal^ on esquisse 
d'une histoire du developpement du regne vegetal) ; par M. Ch. Mueller 
(de Halle). In-8° de xviij et 599 pages. Halle, 1860, chez Fcerstner. 

M. Mueller, connu par plusieurs travaux importants, entre autres par 



-^ ■ --* j^.i-^ 



I 



REVUE BIBLIOGRAPHiQUE. 183 

son grand ou\ i age intitule Synopsis Muscorum frondosm^um, considere 
dans ce livre le regne v6g6tal au point de voe du developpement de son 
ensemble. 

Dans un avant-propos de trois pages, Tauteur nous indique la disposition 
g^nerale de son livre. Tandis que la simple connaissance des formes ef des 
faits existants qui se presentent <i nos yeux prendrait des dimensions telle- 
ment colossales que personne ne serait capable de dominer le vaste terrain 
de la science, tout se classe, selon Tauleur, d'une mani^re logTque, aussitot 
qu'on prend pour guide I'observation du developpement, qui nous prouve 
que I'ensemble de la nature n*est qn'un seul organisme. 

i\L Mueller envisage I'histoire du developpement sous plusieurs points de 
vue differents. La creation du regne vegetal qui couvre la surface de notre 
globe ^tant liee de la maniere la plus etroite au developpement de ce globe 
loi-meme, il distingue d'abord I'histoire du developpement planetaire^ ou ce 
qu'il appelle la fondation de I'Etat vegetal (1). Les considerations de ce genre 
lui fournissent la matiere de la premiere grande division de son livre. Prenant 
pour point de depart la premiere apparition des v^geiaux sur la surface peu 
\ peu refroidie de notre planete, il nous fait passer en revue les difKrentes 
formes des plantes qui Tout couverte dans les periodes anterienres ^ notre 

epoque geologique actuelle. 

Ici commence la seconde partie du livre: I'histoire du developpement sysie- 
matique du regne vegetal actuel, \ laquelle I'anteur donne le nom A' organi- 
sation [Gliederung) de CElat vegetal. Tandis que Thistoire du developpe- 
ment planetaire trace la fondation du rfegne vegetal, celle-ci s*occupc de 
FeDchainement qui existe entre les etres appartenant \ ce r^gne, tel qu'il se 
montre actnellement devant nous. Mais toutes les innombrables formes que 
nous offre le rfegne vegetal n'^tant que le resultat de cette action que nous 
appelons la Tie, il reste a envisager un troisitme genre de developpement 
dont Fauteur nous trace les lois dans une autre partie de son livre, qu'il 
consacre, selon son expression, aux etudes $ur la vie de I'Etal vSgeialy ou h 

r 

retude de I'histoire du developpeniient cosmique du r6gne vegetal. 

L'etendue considerable du cadre des recherches que le livre tend a genera- 
liser ne nous permet de passer que Ires sommairement en revue les differents 
chapitres dont se compose chacune de ses grandes divisions, et nous somines 
oblige de nous borner a citer plus parliculi^remeot les id^cs propres i I'anteur, 
ou qui s'6cartent plus ou moins des id^es gen^ralement admises. 

I^ premiere partie dn livre se compose de sept chapitres , dont voici les 
sujets. Le premier cbapitre traite de I'origine des plantes. Aprfts avoir devc- 
lopp6 le point de vue scientifique auquel il faut envisager celte question, 

^ 

(i) Pour reproduire litteralement le mot Pflanzenslaat, nousle traduisons par V£tat 
vegetal; mais Ic seul nwt francais qui puisse rcndre a peu pres le sensde ce terme est 



184 



SOCIETE BOTAMQUE DE FRANCE. 



rauteur expose lesdiJKrentes opinions emiscs sur la premiere creation des etres 
vivanls, et somnet a un examen dclaill6 la iheorie de M. Ch. Darwin sur la 
iransfonnation des etres organises, dont il se declare Tadversaire. — Le deuxienie 
chapitre s'occiipe des lois de la niorphologie; M. Mueller y recherche les difT^- 

■ 

Fences caracteristiques qui existent entre la formation des cristaux et des 
organisnies vivants, et il en lire la conclusion que, bien que la naissance des or- 
ganismes soil tres differente de celle des corps qui composent le regno mineral, 
on pent neanmoins consid^rer le regne vegetal comnie form6 par un mode 
de cristallisation plus libre et plus ideal. Les differences et les analogies 
qui existent entre le regne vegetal et le regne animal sont egalemenl examinees 
par Fauteur. II admet comme possible la generation spontanee pour les 

J- 

organismes qui, dans la serie des deux regnes organiques, occupent la place 
inferieure, — Le troisienie chapitre decrit les phases du developpement des 
vegetaux en exposant les differentes periodes de creation ; il traite du regne 
des plantes acrogenes (Cryptogames vasculaires), du regne des plantes gymno- 

L r 

spermes (Coniferes et Cycadees) et du regne des plantes angiospermes (Dico- 
tyledones). L'auteur expose ensuile des fails nombreux et interessants qui d6- 
montrcnt qu'acluellement encore plusieurs especes et genres des deux regnes 
organicpies disparaissent pen a pen. Le regne vegetal, depuis sa premiere 
apparition jusqu'a nos jours, ne constitucrait, selon notre auteur, qu*une s6rie 
continue de developpement. — Le quatrieme chapitre nous explique de quelle 
raaniere Vl^iat vegetal s'est successivemenl elabli, c'esl-a-dire comment la 
nature a opere |)our coloniser les vegetaux. L'au!eur y parle de certains vege- 
taux dont le rQle principal aurait ete de preparer la surface de notre globe a 
ia reception ultcrieure d'aulres genres et especes; ces vegetaux, il les appelle 
les pwnniers du regne vegetal et il joint a cela des considerations sur la mi- 
gration de certaines plantes. — Le cinquieme chapitre a pour sujel les difffirents 
foyers (ou centres) de creation. M- IMueller, en passant en revue plusieurs de 
ces foyers, nous offre des fragments, pleins d'interet, des narrations deplusieurS 
voyageurs celebres, tels que Chamisso, Ch. Darwin et autres. — Le sixieme cha- 
pitre a pour ijujet les types des vegetaux qui out appartenu aux epoques ant6- 
rieures a notre creation actuelle. II traite de la formation de la houille, des 
lignites, de la tourbe, de I'anihracite, ainsi que de la fossilisation des couches 
des vegetaux. — Le septieme chapitre ddpeint d'une maniere tres saisissante 
la physionomie des paysages des differentes Epoques g^ologiques de notre 



globe. 



Dans la seconde partie de son livre, qui traite du developpement systema- 
tiqne du regne veg<5tal acluel, et qui se compose de ireize chapilres suivis d'un 
resume, I'auleiir passe e)i revue la grande serie des vegetaux, prenant comnie 
point de depart ces organismes qu'il appelle protophytes {Urpjlanzen), H 
comprcnd dans celte classe de vegetaux les Algues unicellulaires, les Dia- 
lomacces el les l)esmidiac<^os. Les Algues sup^rioures ne couslituent cu 



REVUE mBLlOGRAPIliyUE. 185 

(jueique sorte, sui\aiU I'aiUeur, que des colonies de ces prolophytes vivant 
eu uu certain elat social. L'auteur ne croit pas devoir encore se pronon- 
cer affirmativenient sur la sexualite de ces plantes, que MM. Thnret, 
Pringsheim, De Bary, Karsten et antres saianis croient avoir demon- 
tree. M. Mueller comprend aussi, parmi les Algues, les Characees. — Le 
trojsieme.chapitre est consacre aux Lichens, le qualrieme aux Champi- 
gnons, L'auleur, en pariant de ces Champignons qu'on irouve sur les vegc- 
taux nialades, tels que les Uredinecs, les Mucorinees, etc., est phitot disposd 
ii prendre ces organismes pour des excroissances nialadives drs v(»gelaux sur 
lesquels ils se trouvent, que pour des plautes propremcnt dilos; ii n'admet, 
pas de sexualite pour les Lichens et les Champignons. — Le cinquieme chapitre 
Iraite des Hepatiques, et le sixieme des Mousses. Pour ces deux grandes 
families du regne vegetal, Pauteur ne croit pas non plus devoir admettre la 
sexualite : les aniheridies ne constilueraient, a son avis, que des bourgeons 
parliculiers qu'il compare aux bulhilles du Dioscorea. — Les chapitres VII a \ 
traitent des Fougeres, des J^quis6tac(5es, des Lycopodiac^es et des Rhizocar- 
pees. A toutes ces families de plantes, dont les diverses phases de developpe- 
nient sontdecrites d*une maniere assez detaill^e. M. Mueller croft devoir encore 
refuser la sexualite qui, scion lui, coutrairement a Popinion assez generaiemcnt 
repaudue par suite des recherches de nombreux observateurs ^minents, seiait 

r 

cxclusivcment rcservee aux Phanerogames. — Les Rhizanth^es ( Wurz^lhlue- 
thev) sont le sujet du onzieme chapitre. L'auteur nous apprend quecette famillo 
du regne vegetal, dans laquelle il classe les Rafflesiacees, les Balanophorees el 
les Cytinees, forme, en quelque sorte, le passage des Cryptogames aux Phane- 
rogames. II trouve une cerlaine analogic, d'un cote, entre les Gasteromycetes 
el les Rafflesiacees, d'un autre cote, entre les Hymenomycetes et les Balano- 
phorees. — Le doiizieme chapitre traite des plantes monocotyl^doncs. Apres 
avoir passe en revue les differents modes de classcment propos(5s pour les 
families qui cqmposent cette grande section des Phanerogames, l'auteur 
expose leur structure anatomique et morphologique, et donne, entre autres, 
I'explication d'une fleur de Gramin6e. A I'occasion des plantes hj brides, I'au- 
teur dit que la ftcondation d'un hybride par le pollen d'un de ses parents pcut 
seule rendre cet hvbride fecond. — Le treizieme et dernier chapitre nous fail 
connaitre les Dicotyledones. Les Dicotyledones se disiiuguent particulieremcnt 
des Monocotyledones par I'anneau du cambium et le mode de developpement 
\qui en resuli'e. L'auteur regarde les Cycadees comnie un type offrant le pas- 
sage des Palmiers aux Coniferes ; il fmit cc chapitre par un examen des types 
sup6rieurs du regne \eg6tal. 

La troisiemeparlie du livre, dans laquelle 3J. Mueller traite de cc qu'il appelle 
Je developpement cosmiquc des vegetaux, estdivisec en huit chapitres. Dansic 
premier, I'auteqr cxpliqui^ les causes des climats et des dilTerentes saisons sur 
.notre terre.-^ Le second chapitre parle du mode de \icdu regne vegetal perv^ 



186 



SOCIETE BOTANIQIIE DE FRANCE. 



dant I'hiver. Le repos de Thiver ii'est poinl une interrnplion de la v^g^tation. 
Lefroid, la neige, la pliiie sont des agents aussi puissanfs pour la v6g^tation qne 
la chaleur de Tet^. L'auteur parle des ecailles qui renferment jcs bourgeons pen- 
dant rhiver, de leur disposition, etc, — Le troisieme chapitre nous trace une 
image de la vie des plantes pendant le printemps ; il traite des changenients 
qu'offrent les matieres dont les cellules etaient remplios pendant I'hiver, du mou- 
vement de la s^ve, etc. — Les quatrieme et cinquieme cbapitres sont consacr^s k 
dos considerations sur la vegetation telle qu'elle se pr^sente pendant V6t6 et I'au- 
tomne. — Le sixieme chapitre, sous le litre de Vie mensuplle des /)/an^^s, traite la 
question des quantit^s de chaleur dont les vegetaux ont besoin pourarriveraieur 
developpement parfalt. L'auteur prouve qu'une foule de proverbes populaires 

r 

sont r6ellement fondSs sur des phenomenes nn6teorologiques que nous offrela 
nature; il cherche a 6tablir que chaque mois est, pour ainsi dire, caracterisS 
par un type particulier de la flore, — Le septieme chapitre, ayant pour sujet la 
vie journalifere du regne v^g^tal, parle de la respiration des plantes pendant le 
jour et pendant la nuit, de Torigine des couleurs des fleurs, de leurs par- 
fums, etc.- — Dans le huitieme chapitre, Tauteur passe encore une fois en revue, 
ou, conini6 il s'exprime, en panorama, les diverses phases que parcourt la vie 
v^getale pendant la dur^e de Tann^e, en nous tracant une image pittoresque 
de Taspect caract^ristique de chaque mois. La troisieme partie du livre est 
suivie d'un chapitre consacre h des conclusions g^nerales et S un resume. 
206 gravures sur bois, en partie originales, en partie emprunt^es a d'autres 
publications et souvent d'une assez belle execution, sent intercal^es dans Ic 
texie. 



J. G. 



BOTANIQUE DESCRIPTIVE. 



Etude sur qnelqnesf €is<es de TVarboniie ; par M. l&d. Tim- 
bal-Lagrave (Extr. des Memoires de VAcademie imperiale des sciences^ 
inscriptions et belles-lettres de Toulouse, 5* s^rie, t, Y). Tirage a part en 
brochure in-8^ de 33 pages, Toulouse, 1861. 

F 

V I 

H 

Ce travail contient une 6tude mouographique des Gistes qui croissent dans 
le midi dela France, 5iude dans laquelle M. Timbal-Lagrave s'est principale- 
ment propose de distinguer les espfices legitimes de celles quMI faut, selon lui, 
rel^guer au rang d'hybrides. Outre des materiaux d'6tude recueillis dans de 
nombreuses hcrborisations faites dans le midi de la France, surtout a Font- 
froide et aux environs de Toulouse. M. Timbal-Lagrave a trouv^ des renseigne- 

r —. 

ments utiles dans un travail manuscrit de I'abbe Pourret, depose aux archives 
de TAcad^mie de Toulouse, et dans le Cotalogue des plantes des Pyrenees 
et du bas Langueloc public par M. Bentham apr^s son voyage dans le midi de 
fo France et Jes Pyrenees orientales. Le travail de notre honorable confrere de 



. -t^l.«^ ^ w .^- . ^ «-=- ~ 



REVtJE BIBLIOGRAPHIQUE. 



187 



Toulouse etant, comme onle pense bien, peu susceptible d'etre analys^^ dans 
ses details, nous nous borncrons h df)nner ici Vindication des espfeces 6tu- 
dides dans son m6molre, et qui sont, pour les espSccs legitimes, les Cislm 
laiirifolius L. , C. albidus L. , C. crispus L. , C. salvifolim L, , C. popu- 
lifolius L., C. monspeliensis L. ; pour les especes hybrides, les C. inca- 
nus Pourr. {C. pulverulentus Pourr.), C. crispo-albidas Timb. {C. albido- 
crispus Delile), C saloi/olif-populifolius Timb. {C. corbariensis Pourr.), 
C, populifoliO'Salvifoiius Timb., C. munspeliensi-populifolius Timb. {C. 
longifoiius diuct non Pourr.), C. salvifolio-monspeliensis Tmh. {C. por^ 
querollensis Huet et Hanry) , C, monspeliensi-salvifolius Timb., C /aw- 
rifolio-rnonspeliensts Timb. {C. Ledon auct.}, C, olbido-monspeliensis? 
Timb, {C. Pouzohii Delile). Un"* caractdre important a servi k M. Timbal- 
Lagrave ponr distinguor les especes hybrides des especes legitimes; dans 
les premieres, d'apr^s ses recherches, les feuilles des rameaux du printemps 
prennent la forme des feuilles du pere, et cellcs de T^te la forme de celles de 
la mere'; dans les especes legitimes, au contraire, les feuilles sont les memes 
en toute saison. 



B. F, 



v-^ 



I 

RechcrcheiS isar Porsauisation et le d^Tcloppcmcnt 
des Ericoid<Ses; parM. le docteur H. Baillon {Recuei I d* observations 
botaniques, cahier de fevrier 1861, pp. 189-192; cahier de mars, 
pp. 193-211). 



/ 1 



I/auteur s^est propose dans ce travail d'^tudier Torganisation des Ericac^es 
et de quelques families voisines. Nous donnerons ici, dans Tordre suivi par 
rauteur, le resume de ses principales observations. Parmi les Monotropees, il 
a 6tudi6 le ddveloppement de VHypopitys multiflora^ et conclul de ses 
observations que les fleui-s de cette plante sont privies de calice, et que les 



qu 



disposfis 



sur une spire continue, ue sont que les bractte superieures des rameaux, 
Dans les Pirolacees, M. Baillon a observe les Pirola rotundifoliaet P. mi- 
nor,' \^ Chimaphila umbel laia.h Galax aphylla et le Cladothamnus. 
A I'exception du Gnlax, qui offre une corolle francbement monop^tale et des 
etamines reunies a leur partie inf^rieure en une sorte de couronne, il pense 
que ces genres out entre eux une affinity? trds 6iroite, el que, quant aux carac- 
tercs essentiels, les Pirolac6es ne peuvenl tout au plus que constiluer une 
section dans la grande famille des Bruyeres ; il les regarde par cela mfime 
comme tr&s eloign^es des Dros§rac6es. Les ^ricinees se divisent naturellement 
en quatre sections : les Vacciuiees, quiontl'ovaire inferc, puis, parrai lesgcnres 
a ovaire supere, Fes Pirolacees qui, reunies au Leiophytlum et h d*autres genres. 



\ 



188 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



voisins, constituent un groupe a coroUe polypetale, et les Bruyeres, distiuctes 
p^r leur corolle monopetale. Une qualrieme section comprend les genres a 
logos ovariennesuni-ovulees, lels que le Cliftonia et le PurdioBa, auxquels 
certains auteurs out reuni a tort, pour conslituer un groupe particulier sous 
le noni de Cyrillees, le Cyrilla etVElh'otio, dont les loges sont pluri-ovu-- 
16es, etquidoivenl se placer parnii les ^ricin6es polypetales. La famille des 
Epacridt^esse distiague a peine, pour Tauteur, de celle des Ericinees, si ce 
n'est par ses antheres uniloculalres, et pourrait d'aulant mieuxlui etre reunie 
qu'elle forme une serie paraliele a celles des Ericinees. Les Humiriacees, 
que M. Lindley a placees parmi ses Ericales, sen 61oignent, parce qu'elles ont 
les loges ovariennes superposees aux sepales, ct sont bien plus ^troiteinent 
li6es aux Stvracac^es, cotnrne Ta indique Endlicher. Enfin lesSarraceuiees, clas- 
s^es par M. Planchon a cot6 des Piroles, ont les placentas parietaux, ne se 
reunissant point a la partie inferieure, et sont plus rapprochees des Polypetales 
^placentalion parieiale. 

' E. F. 



Aufzcelilunscler auf eincr Rclse durcli Traiiskaukas^ien 
unci Pcrsicn scsaniinclten Pflanzcn ( Eriumeration des 

. plantes recoltees pendant un voyage au deld du Coucase et en Perse) ; par 
MM. E. Boisi^ier et F. Buhse. In-4" de Lxvii et 2/46 pages, avec dix planches 
gravees et une carte geographique. Moscou, 1860, 

\ 

Ce volumineux travail, qui vient de parvenir a la Societe botanique, offre 
tout Tint^ret qui s'attache aux travaux de geographic botanique et a la des- 
cription des plantes nouvelles. II contient plusieurs parties distinctes; outre un 
catalogue des insectes et une analyse chimique des roches rapportees du voyage, 
il renferine le r^cit meme de Texp^dition, redige par M. Buhse, et I'^numera- 
tion des plantes, non signee, mais due sans doute aux deux auteurs. Le recit 
de rexpedition, accomplie de 1847 a 18ii9, est divis6 en chapitres qui suivent 
les differentes Stapes du voyage, de Moscou a trivan, d'^rivan a Natchischi- 
van, de Natchischivan a Tabris, de Tabris a Ahar, d'Ahar 1j Ardebil, d'Ardebil 
i Teheran, sur les rives du Ghilan, de Tunnekabun h Radkan, ensuite a 
Asterabad et sur le littoral de la mer Caspienne, d'Asterabad a Jesd,ctde 
Jesd h Ispahan. Ces differentes relations sont remplies de details iriteressants 
sur la vegetation des pays que le voyageur a traverses. I/enuniSration des plantes 
comprend les Phanerogames et les Cryptogames, depuis les Renonculac^es 
jusqu'aux Algues et aux Champignons inferieurs; c'est une habitude qu'il est 
il Fouhaiter de voir suivre plus g^neralement qu'on ne le fait encore aujour- 
d'hui. Dans ce travail, lequci n'csl, comme nous I'avons dit, qu'une enumera- 
tion, les especes nouvelles, qui sont du reste en tres grand nombre, sont seules 
d^frilcsjes d?scrij)iioii^ sent en latin, Tindication des localites en alleraand, 



* 



r 

REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 1^9 

F 

comme le recit du voyage. Les Tamarlscincos et les Salsolacoes out cle di'jlor- 
minxes par 31. de Bunge, les Orobanch^cs par M. Reuler, les Mousses p^r 
M. Scliiniper et les Algues par iM, Kuetziiig, L'ouvragc se termine par uii 
tableau qui indiqiK^'altitude des principales montagnes explorees pendant le 



>i 



voyage, par des observations meteorologiques et par nn indc^. Les p'aiirho! 
repr^sentent 18 des especcs nouvelles decrites dausroiivrage: ce sont les sui- 
vantes : lianwiculus eriorrhizm, R, sahendicm^ Jl. macropus ; De!j>li{nifnn 
Boissieri ; Berheris dens) flora; Papaver chelidoni folium ; Glauclum. 



foil 



P 



bunda ; Achillea cuneatiloba ; iiarhndiolm pnppoms ; Coimnia albiccmlis / 
Crepifi Snhendi. 



E. F. 



Flora brasilieusis, sive eniiifticrafio plantaram in Bra- 
silia baeteiiii^ tictcelarniii, quas edidit Carolus Frid. Phil, de 
Marlins, accnranle Ed. Fenzl. Fasciculi XXI-XXVIII; in-fol. Lipsiae. 



Notre Revue est en retard a I'egard de cette belle publication, dont eile a 
srgnale en 1857 \q^ 19' et 20^ fascicules (1). Depuis cetleepaque, huit fasci- 
' cules in-folio out paru (le 27^ et le 28^ il y a quclques inois). Nous devons a 
nos lecleurs I'indication des matdriaux qui y sont contenus. 

Le 21^ fascicule, public en juin 1858, renfcrme : 1° la description desMal- 
pfghiacees, traitee par M. Grisebach, au nombre de 294 especes, et accompa- 
gnep de details importants sur la distribution geographique de cette famille, 
ses usages et son histoire, ainsi que de 22 planches grav(5es ; 2** une carte geo- 
graphique des cinq provinces qui constituent Tempire du Br(5sil. 

r 

Le 22^ fascicule, publie enjuillet 1858, contient ; I'' la description des 
Labi^es du Br6sil, due h M. J. -A. Schmidt, avec 2!x planches gravees; 2** la- 
geographie botahique et les usages des Cordiacees, Heliotropees, Borragin^es 
et Labiees, exposes par M. de Martins. 

Le 23« fascicule, paru au mois de juillet 1859, est im volume de Fougfres. 
On y trouve les families (ou tribus) des Ophioglossees, Marattiacees, Osmonda- 
cees, Schiz6ac6es, Gleich6niac6es et Hymenophyllees, trailees par M. J.^Guill. 
Stunn, avec onze planches. Une gravure particuliere repr&ente la culture du 

Bananier ^ Rio de-Janeiro. 

Le 24« fascicule, date egalement de juillet 1859, est Toeuvre de >f. G. Ben- 
tham. II contient I'expositipn de la famille des Papilionac^es, moins les tribus 
des Dalbergi^es et des Sophor^es, et 56 planches gravi^es. 

Les 25^ et 26*^ fascicules, qui ont paru en un seul volume en juillet der- 



(I) Voyez le Bulletin, t. IV, p. 228. 



190 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



nier, renferment les families des Santalac^es et des lVlyrislicac6es, dues a 
M. Alph. De Candolle, et les Apocynacees, traitees par M. J. Mueller. Les 

^ I 

planches sont au nombre de 60. 

Enfin les 27^ et 28"' fascicules, publics en f6vrier dernier, forment un scul 
volume, ou Ton trouve la monographic des Antidesmees bresilicnnes, redigce 
par M. Tulasne, avec k planches ; celle des B^goniacees, traitee par M. Alph. 
De Candolle, avec 11 planches ; et celles des Gelaslrmees, Ilicinees et Rham- 
n^es, qui sont Pceuvre de M. Sigfr. Reissek, et sont accompagnees de 

kl planches. 

On concoit qu'il nous est impossible de signaler le nombre d'especes nou- 
velles et les details particuliers que renferment les volumineux in-folio dont 
nous venons d'indiquer brievement le contcnu. 



E. F. 



Fillces l^ri^rlifianae et Fendleriaiice cuaiiieratiae uoTse- 
que Aemevipisc'j par M. Daniel C. Eaton {Exlr, des Meynoirs of the 
american Academy of arts and sciencesy nouvelle s6rie, vol. YIII; 
Cambridge, decembre 1860), 



1 

Ce travail conticnt I'enum^ration des Fougeres recueillies dans Tile de Cuba 
par M. Ch. \N^right ct dans la province de Venezuela par M. A. Fendler, ainsi 
que quelques especes rapportees de Tisthme de Panama par 3IM. A. Schott et 
S. Hayjs. Les plantes deja coniiues, et seulement indiquees, iornient, avec les 
especes nouv(?lles dont la diagnose est donnee en latin avec beaucoup de deve- 
loppement, un toial de 358 especes. Cependant I'auteur annonce que celles 
qui fontpartie de la tribu des HymenophjUees n*ont pas encore et(5 etudiees 
avec assez de detail pour qu'il puisse en publier la description. Conformement 
a notre usage, nous donnerons ici les noms des especes uouvelles, qui sont les 
suivantes: Acrostic/mm Wrightii IsleW.. , A. procuri^ens Melt; Lomariopsh 
Wrightii iMett., L. Fendleri Eat. ; Poly podium Fendler i Eat. j Pteris 
ciliaris Eat, ; Phegopteru'ssericea Mq[L ; Aspidiam Wrightii Mett. , A. Ion- 
cAorfes Eat., A. Fenrf/eri Eai., A. draconoptermn Eat; LindsiBa Michle- 
riana Eat; Cyathea insignis Eat, C. miV^or Eat, C. bal anocar pa Eat. : 

Lygodium digitatum Eat 

Un appendice, plac6 a la suite de ce travail, donne la liste des Orchidees 
recueillies par MM. Wright et Fendler, delerminees pai' M. Lindley. Cette 
liste est dress6e suivant Tordre des num^ros que portent les plantes dans les 
Exsiccata publies par les uaturallstes americains. 

B- F. 



REYUE BIBLIOGRAPHIQUE. 191 



( 



MELANGES. 



Notice blog;raplii«|uc !sni* AujK:u«tc liC Pr<^vosf : 

parM. A. Passy. Brochure iu-S" de 26 pages. I'lviciix. 



ft 

Nos confreres ont deja appris, par I'annonce faile dans la stance du 22 juil- 
let 1859, la perte considerable que la Society botaniqiie de France a faite dans 
la personne de rbomme eminent qui avail consacre a r<5lude des sciences his- 
toriques et naturelles les labeurs assidus de sa vie entierc, et dont la niort fut 
un deuil ix)ur toute la Norniandie. Auguste Le Prevost 6tait mort le \U juil- 
let 1859, terminant par une mort chretienne une longuc carriere consacr<5e 
uniquement a T^tude. La litterature, toutes les sciences qui forment Tim- 
mense doraaine de Tarch^ologie, ragricullure, I'economie rurale, ainsi que 
les diverses branches de Thistoirc naturellc, tels (5taient les alimonLs qfie s'^tait 

assimil^s cette forte intelligence, et dont le fruit avait 6te employe par elle a 

faire connaitre, sous une grande variety dc points de vue, Tbistoire naturellc, 

riiistoire politique, litteraire et arcb^ologique de la Normandie. Nous ne pou* 

vans suivre M. Passy dans les int6ressants details qu'il a donnas sur la vie de 

noire regrette confrere, et sur ses nombreuses publications consacrecs sur- 

tout a r^tude des antiquites de la Seine-Inferieure ; mais nous dcvons 

specialement mentionner, parmi les aulrcs travaux de M- Lc Prevost, la 

traduction de Touvrage suedois d'firic Acbarius sur les genres Limhoria 

et Cypheliiim^ un memoire sur les Lichens calicioides, des notes remises a 

M. Duby, pour la publication du Bofanicon gallicum, et a M. de Brebisson, 

pour sa Fio?'e de la Normandie. Tant de patientes recherches recurent 

enfin la haute recompense qui leur 6tait due. En 1838, PAcad^mie des 

inscriptions et belles-lettres appclait Le Prevost a sieger dans son sein. 

Loin de refroidir son zele, la position eminente ou il se trouvait ainsi 61ev6, 

et qui le faisait de droit menibre des commissions scienliliques institutes 

pour dilTerents sujets par plusieurs minislrcs de cette 6poque, donna uiu; 

nouveile impulsion a ses travaux. Bientot il cnlreprit une ceuvrc capilale qui 

devait r^sumer les Etudes de sa vie entiere, sous le litre de Geographie, Topo- 

graphie et Histoire des communes du departemeni de VEiire, Le temps et la 
excite nelui ont permis de laisscr que des notes en grande partie manuscrites, 
mais qui, hcureuscment pour la science, pourronl etre reunies et publiees, 
grace aux soins de MM. Delisle et L. Passy, grace surlout a une dotation 
considerable fournie par la fidele et venerable amie d'Augusle Le Prevost, 
M™e Ricard, grace enfin \ la genereuse initiative du iConseil general et de la 

Soci6te acad^mique de I'Eure. 

E. F. 



192 



SOCIETE rOTAINIQlt: DE FHANCE 



NOUVELLES. 



■m 

Nos lecteurs apprendront sans donte avec une vivo satisfaction que le 
prix Cuvier pour 1800 a etc decerne par rAcademic dcs sciences, dans sa 

V 

stance dii 25 mars 1801 , a notre vc^Mierahle confrere 31. Leon Dnfour, menibre 

correspondant dc Tlnstitut, pour I'cnsemble de ses travaux sur I'anatomie 

4 

compar^e des animaux arlicules. 

Une Sociel6 botanique a 6t6 fondee au commencement de cette annee 5 
Kingston (Canada), sous le noni de SociPte botaviqve du Canada. Elle com- 
prend des niembres titulaires, des memhres honoraires et des membros cor- 
respondants, ainsi que des abonnes. Parmi les moyens que celte Soci6t6 croil 
devoir niettre en ceuvre pour favoriser Tetudc de la botanique, nous dcvons 
signaler les echanges de plantes. Le secretaire de la Societe est M. le professeur 
Lawson. 



> 



Le docteur Aug.-Emm. Fuernrohr, professeur d'histoire naturelle au 
lyc^e de Ratisbonne, directeur de la Societe royale botanique de Baviere, 
chevalier dc Tordrc de Saint-IMichel et redacteur en chef (depuis 183Zi) du 
Flora, est mort a Ratisbonne le 6 mai 1861, danssa cinquantc-septieme annee. 

M. Durieu de Maisonneuve, directeur du Jardin-des-planles de Bor- 
deaux, a repris son cours d'herborisations aux envjrons de cette ville le 
'dimanche 5 mai. La grande excursion annuelle vient d avoir lieu, et a eu 
pour but Texploration de la petite chahie calcaire connuesous le nom de Mon- 
tague d'Alaric (Aude). Une autre grande excursion pourra etre faite au mois 
d^aout dans les Monts-Dores, 



1 

Collections de plantes a vendre. 

r 

Une collection de Phanerogames, de Fougeres, de Mousses et de Lichens, 
loules plantes provenant des regions arctiques, et que Ton annonce commc 
6tant en b m <5tat de conservation et comme d^termin^es par des personnes 
fort coinp6lenies, est mise en venle a Londres. On pourra k voloul6 faire un 
choix parmi ces plantes. S'adresser k M. Fred. Y. Brocas, botaniste, 25, Hart- 



Bloom 



E. F. 



f 

T 



Piris, 



Imprimerie de L. Martinet, rueMignon, 1 



\ 



\ 



SOCIETE BOTANIQUE 



DE FRANCE. 



SEANCE DU 12 AYRIL 1861 



PRESIDENCE DE M. AD. BRONGPJIART. 



M. Eug. Fournier, vice -secretaire, donne lecture du proccs- 
verbal de la seance du 22 mars, dont la redaction est adoptee. 

Par suite de la presentation faite dans la dcrniere s6ance, M. le 
President proclame I'admission de : 

J 

m 

M. IIenon, docteur en medecine, depute au Corps legislatif, rue 

de Madame, AO, a Paris, presenle par MM. J. Gay el 
Moquin-Tandon. 

r 

M. le President annonce en outre une nouvelle presentation. 



Bons fails a la Societe : 



1" De la part de M. Ch. Grenier : 

Recherches sur le Posidoma Caulini. 

H 

2" De la part de M. John Eliot Howart : 

Illustrations of the Nucva Quinologia of Pavon, part. 7. 

3° De la part de M. Leon Marchand : 

Du Croton Tiglium, recherches hofam'ques et therapeutiques. 

h° De la part de don Miguel Colmeiro : 

Observaciones sobre las movimientos de las hojas y flares de algunas 
plantas, con motivo del eclipse de sol del iS de julio de 1860. 

5° Bulletin de la federation dcs Socictes d'/Jorticullurc de la Belgigue. 



T. Mil. 



13 



194 SOGIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

r 

6* En echange du Bulletin de la Societe ; 

Bulletin de la Societe imperiale zoologique d'Acclimatation, fe- 

; vrier 1861. * 

Pharmaceutical journal and transactions^ mars 1861. 

L' Institute avril 1861, deux numeros. 



^ 



M. Prillieux fait a la Societe la communication suivante : 



NOTE SUR DES FLEURS MONSTRUEUSES DE FUCHSIA, par M. Ed. PRIlililEUX. 

On pent fr^quemment observer des fleurs monstrueuses de Fuchsia qui 
frappent les yeux par leur siuguliere apparence et se font remarquer tout 
d'abord par la forme inusitee de leurs petales. — J'ind^iquerai en quelques 
mots Forganisation de plusieurs de ces fleurs anomales que j*ai recemment 
examinees. Bienque des fails semblables (au moiiis en partie) hi ceux que j'ai 
observes aient d6ja ele indiques par Morren qui a figure et decrit (1) des 
fleurs monstrueuses de Fuchsia analogues a celles sur lesquelles je me pro- 
pose d'attirer rattention de la Societe, il ne sera peut-etre pas inutile de men- 
tionner brievement le resultat de mes observations, qui different en plus d'un 
point de celles du savant professeur de Tuniversite de Liege. 

Toutes les fleurs monstrueuses de Fuchsia que j*ai examinees n'offraient 
pas eutre elles une parfaite similitude, les diverses parties similaires n'y 
dtaient pas toujours ^galement niodifiees. Pour faire plus aisement saisir 
en quoi consislait leur alteration, je prcndrai d'abord pour'exemple une 
fleur ou la monstruosil6 6tait reguliere, si Ton pent s'exprimer ainsi, c'est- 
a-dire ou les pieces de chaque verticille 6taient toutes semblables eutre 

I 

elles. — Dans une telle fleur, le calice n'a subi aucune alteration, il est 
forme de U pieces soud^es ensemble par leur partie inferieure de maniere 
a former un tube au bout duquel elles se separent et s'etendent en croix. 
C'est dans Tintervalle de ces pieces que naissent, dans les fleurs normales, 
les U p6lales suivis de 8 etamines dont U, alternant avec les petales, sont 
vis-a-vis des pieces du calice, et Ix^ alternant avec les precedentes, sont 
yis-a-vis des petales. Dans la fleur monstrueuse, on voit dans Tiiitervalle des 
s^pales naitre une sorte de baguette qui a tout ^ fait I'apparence d'un filet 
d'^tamine et qui porte a son sommet a la fois une antbere et une lame d'ap- 
parence petaloide offrant 5 peu pr&s la forme d'un cornet tres ouvert qui 
surmonte Tantbere, et au deli on ne trouve que U etamines libres situees 
vis-k-vis des sepales (2). Au premier abord, on pourrait 6tre tent^ d'admettre 



> 



I- 



(1) Ch. Morren, Lobelia, p. 177 et suiv, — Notice sur les anomalies de deplacement 
(extr. du t. XVlll du Bull. Acad. roy. de Belgique). 

(2) La fig. 4 de la planche qui accompagne le memoire de Ch. Morren represente 
exactement la disposition que j'ai observee. 



I 



SEANCE DU 12 AVRIL 1861. 



195 



w 

que les p^tales n'existent pas, qu'ils ont avort6, et qu'une partie des diamines 
tendent k se transformer en pelales ; ou bien encore, comme Ta suppose 
Morren, que les petalessont inserts sur les etaraines; mais, si I'on examine un 
certain nombre de fleurs, on reconnait sans peine qu'il n'en est point ainsi en 
r^alite, que les petales existent, mais qu'iis ont une forme diff^renle de celle 
qu'ils pr^sentent dans la fleur normale, ct qu'ils sont sondes avec les ^tamines 
qui leur sont oppos6es, sans que leur lieu ordinaire d'inserlion soit en rien 
modifi6. Dans beaucoup de fleurs, en effet, on voit un des petales dont la 
lame est portee au sommet d'une longue baguette semblable a un fdet d'eta- 
mine ne plus porter d*anthere, et alors la fleur a une elamine libre de plus. La 
baguette qui porte la lame p6taloide fait done partie du petale et est essen- 
tiellement distincte du filet staminal auquel elie est souvent, mais non pas 
constamment, soud^e. Cette baguette n'est rien autre chose qu*un tres long 

i 

onglet. Parfois il est libre de toute adherence avec le fiiet de T^tamine voi* 
sine; d'autres fois il est soud6 avec lui jusqu'a la moitie de sa hauteur, et alors 

^ 

on voit une baguette bifurqu6e portant h Textremit^ d'une de ses branches 
une lame petaloide et au sommet de Tautre une anthere; le plus souvent 
I'onglet du petale et le filet de I'^tamine sont sondes ensemble dans toute leur 

I 

longueur, et il est difficile de les dislinguer Tun de Tautre par Tobservation 

directe. : . 

En resume, la monstruosite de Fuchsia que j'ai observee consiste unique- 

ment dans un changement particulier de la forme des p6lales, accompagne le 
plus commun^ment de la soudure des petales monstrueux avec les etamines 
situees vis-a-vis d'eux. 

ifme semble que les fails que je viens de rapporter ne permettent pas 
d'adopter Topinion de Morren, qui pensait que, dans de semblables fleurs 
monslrueuses, « les p6tales, au lieu de naitre entre et k la base des divisions 
» du cafice, au-dessus de son tube, naissent et deviennent visibles, amples et 
» colores au haut des etamines, au-dessous des antheres » ; de telle sorle qu'il 
y a ce qu'il appelle metapherie ou monstruosite par transport (1). II n'avait 

T 

pas eu occasion de voir de p6tale monstrueux libre, et n'avait pu soupfonner 
I'existence de ce singulier onglet, qui a I'apparence d'un filet staminal ct qui 
ne s'^tait montr§ k lui que confondu avec le filet d'une 6tamine. 

Les monstruosites etudi^es par Morren 6taient, du reste, moins simples 
que celles que j'ai observ6e§ moi-mfime. Dans les fleurs qu'il a figurces et 

■ X 

d^crites, les petales sont soud6s le plus souvent \ 2, quelques-uns m6me k 
3 etamines ; et de plus les pelales, au lieu d'etre dans la situation normale, 
se seraient montr^s vis-a-vis des s^pales. Une telle alteration a la grande loi 
de rallernance dds verticilles serait un fait bien remarquable. Dans les fleurs 
monslrueuses de Fuchsia que j'ai cues entre les mains, je n'ai, il est vrai, 



(i) Morren^ Lobelia^ p. 181, 



V 



*« 



\ 



196 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



jamais rien observe de pareil ; niais, comme ces montruosiles sont assez com- 
munes, je desire viveraent, en attirant sur ce point Tattention des membres 
de la Soci6t6, les engager a Y6rifier, s'il y lieu, Tobservation de Morren. 



M. Brongniart rappelle que plusieurs auteurs sont d'avis que les 
etamincs opposees aux petales sont plus externes que les etamines 
alternant avec les petales, et doivent etre considerees en general 
comme une dependance de ceux-ci. 

* 

M. Boisduval presenle k la Societe plusieurs plantes en fleur qu'il 
cultlve avec succes et dont la plupart ont ete recueillies par lui 
au Lautaret pendant la derniere session extraordinaire de la Societe. 



Cardamine resedifoli 



bin 



cula^ Arabis ccerulea^ Ranunculus pyrenceus^ Orchis pallens. 
M. Boisduval fait reraarquer la floraison precoce, sous le climat de 
Paris, de cos especes qui ne fleurissent dans les Alpes qu^au milieu 
de Tete, en raison de Taltitude elevee de leur station habituelle. 

r 

w 

j\L Ghatin, vice-president, fait a la Societe la communication 

suivante : 



SUU UN CAS EXTRAORDINAIRE DE MONSTRUOSITE (?) OFFERT PAR LE CYTINUS HYPOCISTtS, 



par M. Ad. CHATIIV. 



duelq 



ture du Cytinus et du Cynomoriumj son compagnon sur la terre d^Afrique. 

Lesjeunesindividus de Cytinus, lon^s a peine d'un centimetre, se pre- 
sententcouverts de petitesfeuilles-ecailles; les jeunes Cynomorium^ meine 
d'unc longueur de deux centimetres, sont completemeut prives de feuilles- 
^cailles. 

La lige du Cytinus offre les faisceaux disposes avec ordre stir une ligne 
circulaire; celle du Cynomorium se compose de multiples faisceaux disperses, 
comme ceux de la tige de la plupart des plantes monocotyledones, dans une 
masse cellulaire. 

L*ovaire du Cytinus porte d'innombrables et petits ovules sur 6 placentas 
pari6taux; Tovaire du Cynomorium ne contient qu'un seul ovule pendant au 
somraet de la loge. 

Voici mainlenant les faits anomaux. 

Sur un pied de Cistus Clusii, qui m'avait 6te envoys de la province d'Oran 
par les soins du Conseil de sant6 des armies, etaient port^s un Cytinus en 
floraison deja avancSe, plus quelques jeunes individus ayant toute Tap- 
parencc de jeuoes Cynowonw/w. Comme ceux-ci, en effet, ils manquaient 



^ 

J 



SEANCE DU 12 AVRIL 1861. 



i97 



d'ecailleset preseutaieiit, datisleur coupe transversale, de nombreux faisceaux 
{cohorfes de M. le docteur Guillard) fibro-vasculaires6pars. 

Quant a la plante adulte, qui offrait loutes les apjjiirences exterieures du 
Cytinus, elle avait les faisceaux de sa lige disposes en un cercle presque r(5gu- 
lier, mais, et c'est sur ce point que se fixera I'attention des organographes et des 



# 1 



taxonomistes, ses deux fleursfemelles (toutes les autres fleurs 6taient males 
et exactement oiganisees conime les fleurs normales de Cytinus) avaient 
rovaire absolument prive de placentas parietaux, la cavit6 etant presque com- 
pletement remplie par une masse cellulaire, pedicellee, suspcndue au plafond 
superieur de la loge, et offrant toute I'apparence d'un corps ovulaire avec une 
portion centrale de texture plus delicate que le reste de la masse. 

Les anomalies que je viens de d^crire resultent-elles d'hybridation entre le 
Cytinus et le Cynomorium (celui-ci, toutefois, ne croissait pas dans le voisi- 
nage du lieu oua ete cueillie la plante faisant le sujet de cette observation)^ 
ou sont-elles de simples formes teratologiques du Cytinus? J hesite d'autant 
plus a me prononcer sur ces questions que, quelle que soit la solution donn^e, 

J r ' 

elle heurtera toutes les idees recues, taut sur les limites de Thybridation que 
ne pourraient fninchir des especes appartenant & des families differentcs, que 

w 

surlafixite des caracteres, non-seulementdesesp&ces, mais aussi des genres 
et meme des families. ^ • 

Une troisieme hypothese, que j'allais ometlre, pent encore 6tre form^e. 
C'est que la masse cellulaire unique, pendant du som:aiet de la loge, est un 
bvule monstrueusement accru et restant seul, de placentas qui, d'abord parie- 
taux comme clans le Cytinus^ seraieut devenus apicilaires conime dans VHyd- 
nora, genre d'ailleurs voisin. Mais cetle explication, deja tres forcee quant a 



J" 



ranomalie de Tovaire, laisse intact le fait de Tanomalie offerte par les jeunes 
individusqui ressemblaient au Cynomorium etnullement au Cytinus. 
En presence de si graves et si difficiles questions, je me borne ^ constater 



botanistes 



notre armee d'Afrique. 

r 

A plustard les interpretations. 



in 



M. Brongniart dit qu'il serait dispose k regarder le corps ovuli- 
forme observe par M. Chatin dans les ovaires de ce Cytinus comme 
resultant d'une alteration du placenta. 

M.J. Gay met sous les yeux de la Societc des echantillons de plu- 
sieurs especes ou varietes de Primula du groupe du P. veris L., 
qui lui ont ete envoyes du Havre par M. Ramond, et parmi les- 
quels se trouve le P. variabilis Goupil. 

M. Ramond, dit M. Gay, a recueilli ces plantes dans la foret deTancarville 



'.1 



198 



SOCIETE BOTANIQTJE DE FRANCE. 



(Seine-Inferieure) , localite ou ne se rencontre pas le Primula officinalis. 
Aussi M. Ramond partage-t-il I'opinion de M. Lebel (1), qui regarde le Pri- 
mula variabilis comine une espece legitime et non comme un hybride des P. 
officinalis et P. grandi flora. 

M. Brongniart fait k la Societe la communication suivante : 



[PTION DE QUELQUES iSlEOCARPEES DE LA NOUVELLE-CALE 

par nil. Ad. BROIVGNIART et Arthur GUim. 



d ^ 



1 ^ 



^ r 

Le groupe des ]6l^ocarp<5es, signalepar A.-t. de Jussieu (2) comme pou- 
vant former une section particuliere ou une famille voisine des Tiliac§es, con- 
sid^re comme famille distincte par De Candolle, forme un sous-ordre de la 
famille des Tiliac^es dans le Genera d'Endlicher, et reste confondu avec les 
vraies Tiliacees dans d'autres ouvrages modernes. 

La distinction des Tiliacees proprement dites et des ^leocarpees a eteessen- 
tielJeraent fondee : V sur la forme des petales lob6s ou lacini^s ; 2° sur la 
dehiscence des antheres par des pores terminaux. L'examen d'un nouveau 
genre de ce groupe affaiblit le premier de ces caractSres, mats nous conduira 
a en reconnaitre deux autres qui paraissent coramuns a toutes les vraies ileo- 
carpees; cesont : 1** la pr^floraison des petales valvaire indupliquee, chaque 
p^tale enveloppant, plusou moins completement, un groupe d'6tamines qui lui 
est oppose ; 2** Texistence, entre ces faisceaux d'^tamines opposes aux petales, 
d'etamines plus internes^ solitaires et alternes avec les petales, etamines faciles 
k reconnaitre lorsque le nombre total de ces organes est peu considerable, ^ 
confondant avec les 6ta^mines externes, dans la fleur adulte, lorsque les eta- • 
mines sont trSs nombreuses. 

Dans les Tiliacees qui sont pourvues de petales, ces organes, au conlraire, 
semblent toujours presenter une prefloraison convolutive, comme dans les 
Malvac^es, et les diamines paraissent ne former que cinq groupes opposes aux 
petales, sans etamines plus internes alternes avec eux; c'est du moins ce 
qu'on pent supposer, soit d*apr6s la disposition de ces organes adultes, soit 
d'aprfes Torganog^nie des Tilia et Sparmannia ^tudi^e par M. Payer (3). 

Ces deux caractcres manquent, au contraire, dans le Yallea stipularis qui, 
par sapr^floraisou convolutive et ses etamines nombreuses, formant, lorsqu'elles 
sont d6velopp6es, un anneau conlinu h plusieurs rangs, se rapproche davan- 
tage des Tiliacees, dont il diflfere par la forme de ses petales et la dehiscence 
de ses antheres. Le genre Vallea est ainsi intermediaire entre les Tiliacees et 
les jfeieocarpees, et peut 6tre rapport^ a Tun ou h Tautre de ces groupes, suivanl 



(1) Voyez plus haul, p. 7 et suiv. 

(2) Ann. du Mus^um^ i. II, p. 231. 

(3) Organogenie (lorale^ {l. IV et ¥• 



,i 



M 




/ 



SEANCE DU 12 AVRIL 1861. 



4 



199 



I'importance qu'on sera porle h attribuer h ces divers caract&res ; nous serions 

r ■ 

plutot portes cependant a le considerer com me une vraie Tiliac^e ; le mode dc 
prefloraison etla disposition des etamines nous paraissant avoir plus de valeur 
que la forme des petales et le mode de dehiscence des etamines. 

Le nouveau genre, d6signe par M. Pancher sous le nom de Dubouzetia (1), 
iriontre d^ja que la forme lobee ou lacini6e des petales n'est qu*un caractere 
d'une valeur secondaire, car ce genre, qui se rapproche tres intimement des 
Tricuspidaria et des Crinodendron, a les petales spatulas, raais arrondis et 

I 

entiers ; son fruit, comme celui des genres de la tribu des Tricuspidariees, 
^t capsulaire a cinq loges comme dans le Crinodendrony mais sa dehiscence 
est septicide et non loculicide comme dans les deux genres cites de cetle tribu; 
en outre, les Etamines sont beaucoup plus nombreuses : au lieu de 15, dont 
10 gemin^es devant les petales, comme cela paraitetrele cas normal dans les 
Tricuspidaria et les Crinodendron^ et 5 alternes avec les petales, on en trouve 
dans le Dubouzetia 5 ou 6 devant chaque petale, enveloppees par chacun 
d'eux dansle bouton, et 5 solitaires alternant avec cesorganes et plus internes. 
Ce genre differe done de toutes les :6l6ocarpees par ses petales entiers, et 
des genres de la tribu des Tricuspidariees par ses etamines, au nombre de 35 
environ, et son fruit a dehiscence septicide. II forme, en outre, une exception 
remarquable ci la distribution geographique de cette petite famille, puisque 
toutes les Tricuspidariees, c'est-a-dire les ifeleocarpfies a fruit capsulaire, etaient 
am6ricaines, landis que ce genre partage Thabitat des vraies 6leocarp6es. 

■ r ' 

On peut caracteriser ainsi ce nouveau genre et la seule espece qu'il ren- 
ferme : 



DUBOUZETIA Panch. mss. 



Calyx 5-sepalus, sepalis in praefloratione valyatis caducis. Petala 5, 
oblongo-spathulata Integra, in praefloratione valvato-conduplicata. Stamina 
circiter 35, erecta hbera, bi-triplici serie in annulum hypogynum inserta, non 
fasciculata, 6 antequodlibet petalum eoque in praefloratione involula, 5 solitaria 
et interiora petalis alterna ; antherae lineares tetragonae, poro terminal! dehis- 
centes. Pistillum: ovarium globosum 5-loculare, ovulis 10-12, angulo interiori 
cujusque loculi biseriatim appensis, anatropis; stylus simplex filiformis; stigma 
minimum punctiforme, indivisum. Fructus sphaerico-pentagonus, capsularis 
5-locularis, septicide dehiscens, endocarpio tenui raembranaceo-lignoso ; 
semina 



^' 



*^ 



Dubouzetia 



Frutex erectus, 1"-1°*,50 altus, ramis expansis, junioribus tomento fulvo 



I 
\ 



^4 



p:t\f 



•< -- 



(i) Ce genre a ite d^die par M. Pancher au conlre-amiral Dubouzet, qui a commande, 
H y a quelques annees, les premiers etablissements franjais a la Nouvelle-Caledonie. 



200 



% 



SOGIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



liberis 



tectis. Fo//aalterna petiolo brevisuffulta, oblongo-Ianceolaia, 5-8 centim. longa, 
margine integra subrevoluta, superne glabra, inferius tomentosa. Flores ex 
axillis foliorum siiperioruni geminalim nasccntes, pediinculo communi brevi, 
pedicellis propriis longloribus, sepalisquefulvo-tomentosis. 5epa/acoriacea, in 
praefloratione valvata, cito caduca. Petala oblongo-spathulata, basi contracta, 
apice dilatata, rotundata integra, approxiniata et corollam campanulatam, Fri- 
tillariae florcia forma et colore rubro-aurantiaco simulantem (ex cl. Pancher), 
efformantia. Stamina 35 (20-25 ex cl. Pancher), filamenlis 
petalisduplo brevioribus; antheris basifixis tetragonis quadrilocularibus, apice 
poro unico subbilabiato apertis. Ovarium disco pentagono impositum, sphae- 
ricutn, extus dense viUosum, quinqueloculare, loculis sub-12-ovulatis, ovulis 
biseriatim angulo interiori suspensis anatropis. Stylus filiformis , inferius 
villosus, apice attenuatus, acutus, quinquesulcatus, stamina superans. Stigma 
minimum punctiforme, vix papillosum. 

Hab. in Nova Caledonia, locis argillosis, prope Kanala^et meiisibus octobri 
elnovembri floret (herb. Mus. Par. misit cl. Pancher, 1858). 

LaNouvelle-CalMoniepossede, en outre, plusieurs vraies fileocarpees, c'est- 
h-dire des arbres ou arbustes rentrant dans le genre Fla^ocarpus on dans les 
Monocera^ si Ton croyait devoir les distinguer gen6riquement. L' ensemble de ce 
petit groupe si naturel aurait, en effet, besoin d'une revision nouvelle pour fixer 
les divisions g^neriques oq les simples sections qu'il conviendrait d*y 6tablir; 
le caractere des valvules inegales des pores de Tanthere et du prolongement 
de Tune d'elles, sur lequel est fonde le genre Monocera de Jack, s'affaiblit 
d'une maniere tellement insensible, qu'on ne sail oft ^tablir la limite entre ce 
genre et les vrais Elceocarpus ; d'un autre c6t6, ces deux genres pr^sentent, 
dans le nombre de leiirs diamines et des loges de I'ovaire, des caracteres tres 
constants et Ires bien d6finis qui pourraient probablement fournir des coupes 
plus precises. 

Ainsi beaucoup d' Elceocarpus n'ont qne 15 etamines, 10 g^minecs devant 
chaque petale et 5 alternes avec eux ; d'autres, au conlraire, en pr^sentent 30 
h 50 et jusqu'a 75; alors les 5 internes, alternes avec les petales, sont diffi- 
ciles a distinguer des autres dans la fleur adulte. 



^^ 



Quant 



chaqu 
nous 



loges comme nous Tavons observe dans une des especes de la Nouvelle-Cal6- 



auteors 



especes ont peut-6tre constarament un ovaire triloculaire. 

On voit que cette organisation variable aurait besoin d*6tre etudiee dans 
I'ensemble du genre. Nous nous bornerons pour le moment a signaler les 
caracteres des six especes dont nous avons vu des echantillons provenant de 



■^ 



SEANCE DU 12 AVRIL 1861. 201 

la Nouvelle-Caledonie et qui nous paraissent toutes distinctes de celles deja 
decritcs. 

F 

L'une, Elceocarpus speciosus, la plus belle sans doute de ce genre par ses 
grandesfeuilles argent^es on dessous et ses fleurs grandes et nombreuses, est en 
outre remarquable par ses etamiues tres nombreuses disposees en 5 faisceaux de 
15 environ, et dont les antheres offrent d'une inaniere tres prononc6e le 
caractere des Monocera; son ovaire est biloculaire, avec 8 ovules dans chaquc 
lege. 

Ouatre especes ont egalement Tovaire biloculaire, .avec 4 & 6 ovules par 
loge, mais les <5tamines sont au nombre de 15, rarement de 12 seulenlent, 
dont 5 internes alternent avec les petales, et les autres soul geminees devant 
chaque p^tale. 

Enfin une sixieme espece a Tovaire \ 5 loges renfermant chacunc 
3 ovules; le fruit, ordinairement reduit a une seule loge nionosperme dans les 
I especes a ovaire biloculaire, presente ici un noyau osseux a cinq loges mono- 

spermes, caractere sur lequel Gaertner avail fonde ie genre Ganitrus qui 

r ■ 

m^rit^ra probablement d'etre r^tabli ; les diamines sont au nombre de 35. 

On peut ainsi classer et caracteriser les six especes que nous avons obser- 
vees dans les collections de la Nouvelle-Caledonie : ' 



EL^OCAUPUS. 

L 

§ 1. Monocera Jack. — Ovarium biloculare, loculis sub-8-ovulatis ; 
drupa nucleo uniloculari, inonospernio ; stamina, nuraerosa, valvula postica 

r 

anlherarum subulata anticam longe superante, 

ELjEOCARPUS speciosus. 

E. foliis longe petiolatis, elliptico-lanceolatis serratis, nervis pinnatis rigidis 
apice furcatis, supra glabris, pagina inferiore toraento brcvi sericeo candido 
nitente; racemis numerosis patentibus foliis brevioribus, inferius in ramulum 
defoliatum nascentibus; floribus magnis, sepalis lineari-lanceolatis, petalis 
subaequalibus cuneatis apice tri-quinquelobis, lobis (imbriatis; staminibus 
circiter 75, filamenlis longe pilosis, antheris lineari-pllosis, valvula exleriore 
longe subulata; ovario bilocuiari, loculis 8-ovulatis; fructu (an certe ejusdem 
speciei?) ovato-acuminalo, 3 centim. longo, nucleo magno lignoso niono- 
spermo. 

Arbor speciosa. — Hab. in silvis montium Novae Caledoniae (Vieillard). 

§ 2. Dicera Forst. — Ovarium biloculare, loculis 4-6-ovulalis ; drupa 
nucleo uniloculari monospermo; stamina valvulis anlherarum subaequalibus, 
postica saepe paulo longiore apice pilosa. 

ELiEOCARPUS ALATERNOIDES. 

E. foliis obovato-lanccolalis, basi in peliolum brevcm attenuatis, integerrimis 



202 



SoClfiTE BOTANIQUE DE FRANCE. 



* 



coriaceis, utrinque glabris, reticulato-nervosis; racemis folio brevioribus 
erectis; floribus parvis nutantibus, sepalis lanceolatis, petab's cuneatis apice 
denticulatis; slaniinibus 15, glabris, valvula postica antherarum pilosiuscula ; 
fructu obviformi uniloculari monospermo. 

Fruiex Novae Caledoniae ramosissimus, floribus candidis fragranlibus (Pan- 
cher). 

EL^OCARPUS SPATHULATUS. 

E. foUis obovato-spathulatis obtusis, basi in petiolum brevem attenuatis, inle- 
gerrimis, glabris, reticulato-venosis ; racemis folium subaequantibus, rigidis; 
floribus parvis nutantibus, sepalis lanceolatis, petalis cuneato-truncatis crenu- 

i 

latis; slaminibus 11-12, antberarum valvulis aequalibus, altera vix apice pilo- 
siuscula. 
Frutex difl^usus. — Hab. in Nova Caledonia (Vieillard), 

ELJEOCARPOS ROTUNDIFOLIUS. 



f h 



E. foliis longe petiolatis, limbo elliptico-subrotundo obtuse acuminato, mar- 
giue obtuse crenulatis uudulalis glaberrimis, nervis pinnato-reticulatis ; race- 
mis erectiusculis, folia subaequantibus, gracilibus ; floribus parvis numerosis, 
sepalis lanceolatis, petalis cuneatis profunde laciniatis; staminibus 15, breve 
puberulis, antherarum valvulis subaequalibus. 

Arbor floribus candidis. — . Hab. in Nova Caledonia (Pancher). 

I 

r 

Eleocarpus Vieillardi. 

E. ramis simplicibus erectis, apice foliosis ; foliis lanceolatis acutis, in petio- 
lum pollicarem basi attenuatis, remote denticulatis, glaberrimis, nervis oblique 
pinnatis et tenue reticulatis; racemis numerosis approximatis, ex axilla foliorum 
delapsorum nascentibus, patentibus; floribus nutantibus, sepalis lineari-lan- 
ceolatis, petalis late cuneatis fimbriato-dentatis; staminibus 30, antheris linea- 
ribus, valvula postica paululum longiore acuta glabra. 

Hab. in Nova Caledonia (Vieillard). - 



3. Ganitrus Goertn. — Ovarium 5-loculare, loculis 4-ovulatis; dmpa 
nucleo 5-Ioculari, loculis monospermis; stamina numerosa antherarum val- 
vulis vix inaequalibus, longiore apice pilosa. 

I 

w 
V 

El.EOCARPUS PERSICIFOLIUS. 

4 

E. foHis anguste lanceolatis, petiolobrevi, margine acute sciratis, utrinque 
labris, nervis oblique pinnatis; racemis patentibus folio brevioribus; floribus 
longe pedunculatis, sepalis lineari-lanceolalis acutis pubescentibus, petalis 
longioribus profunde laciniatis; staminibus 35, antheris linearibus, valvula 
postica paulo longiore pilorum fasciculo superata; fructu sphaerico, carne 
parca, nucleo externe rugoso 5-loculari, loculis monospermis. 

Arbor macuitudine media, trunco crasso. floribus candidis, fructu violaceo 



g 



\ 



SEANCE DU 12 AVRIL 1861. 



203 



nucls inagnitudine. — Hab. in Novae Caledoniae planitie et in insula Pinorum 
(Pancher, Vieillard). 



Eu 



d 



ajoute que, bien que ces tubercules aient ete rarement observes, il 
ne croit pas devoir en donner la description, parce qu'ils ont ete par- 
faitement etudies par BischofF(l). 

M. le President demande a M. Fournier s'il a fait Texamen ana- 
tomique de ces tubercules. 

M. Fournier repond qu'il a fait cet examen, quilui a presente 
les faits suivants : 



Une coupe longitudinale, pratiqu^e suivant Faxede ces tubercules, inontre 
des variations notables suivant les 6chantilloris que Ion examine. Parfois le 
tubercule est compl^tement creux, et ne presente a Tinterieur que des cotes 
lateralies saillantes rappelant par leur position les fausses-cloisons d'un ovaire 
de Pavot, et correspondant aux lignes saillantes de la surface ext6rieure. Par- 
fois il ne reste au centre du tubercule qu'une lacune Stroke, allongee, placee 
dans Taxe et enlouree d'un tissu feculent, que traversent des vaisseaux poreux 
ramifies. Parfois enfin cette lacune centrale a elle-meme disparu. Dans tons 
les cas, il reste toujours un espace vide au somtnet du tubercule, en dedans 
deFinvoIucre rudimentaire qui le termine; au centre de cet espace proe- 
mine un mamelon central obtus, forme par le tissu interieur. 



Societe 



■ ^ 



REVUE CRITIQUE DE LA FLORE DU D^PARTEMENT DU LOT, par M. T. PUEIi. 



Deuxiemc partie. 



Herbier du Lot (2). 



1. Delphinium verdnoense Balbis Cal. hort. taur. p. 31 (1813). 

D. cardiopetalum DC! (herb. Mus. par.) Syst. t. I, p. 347 (1818) ; Fuel 

et Maille! (exsicc.) Herb. ft. loc. Fr. n" 201 (1856). — D. peregrinum 

Fuel! Cat. du Lot, n" 745, p. 122 (1847) non L. 

CombefoUe, cant, de Saint-Germain, arr. de Gourdon. — Champs pier- 
reux. —Terrain calcaire (Jura). — Alt. 300 m. — Fl. et fr. juillet 1855. 

Recolte par M. E. de Valon. 
La plante du sud-ouest de la France, h laquelle je donne le nora de 
-0. verdunense, a re^u 6galeinent les uoms de D. cqrdiopetalum, D. Garumnce 

(1) Die cryplogamischen Gewaechse, etc., Nuernberg, i828. 

(2) Voyez le Bulletin, t. VII, p. 373. > 



204 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



et D. peregrlnwn : les trois premiers lui appartiennent exclusiveiuetit etn'out 
jamais etc attribii6s a aucune autre plante, mais le dernier a ele tour a lour 
employe pour designer plusieurs esp^ices de la meme section {Delphinellum 
DC), considerees aujourd'hui comme parfaitement distincles Tune de i'autre, 
notamment le D.junceum DC. Le nom de D.peregrinum^ cree par Linne et 
appliqu6 primitivemenl a une plante de I'Europe orientate, ne saurait con- 
venir a notre espece qui, n'ayant encore et6 trouvee que dans le sud-ouest de 
la France et le nord de I'Espagne, est au contraire eminemment occidentale. 
G'est done a tort que j'ai adopte ce nom dans nion Catalogue des plantes du 
deportement du Lot^ d'apr^ la synonymie de la Flore agenaise. II me parait 
d*autant plus n^cessaire de rectifier I'erreur dans laquelle je suis tombe a cet 
^gard, qu'elle est partagt^e par les auteurs les plus recents de flores ou de cata- 
logues, et que, MM. Grenier et Godron ayant egaleraent donne la preference 
h ce nom dans la Flore de France ^ leur autorit6 ne tarderait pas a entrainer 
Topinion g6n6rale, 

C*est en 1753, dans la premiere Milion du Species, que Linn6 a cree le 
nom de D. peregrinum pour une plante decrite des 1737 dans VHortus 
cliffortianus et trouvee en Italic, en Sicile et a Make {Hort. cliff, p. 213, 
Delph. n*» 3). 

+ 

Ce nom appartient done n^cessairement Ji Tune des especes de la flore 
d'ltalie, et cette remarque sufiit pour demontrer qu'il doit etre complete- 

^ F 

ment rejet6 pour notre plante, dont Taire de vegetation ne depasse pas hl'est 
Ic departement de TAude. - 

Au reste, rien n'est plus facile que de determiner exactement quelle 
est, parmi les esptces de creation recente auxquelles on a attribue le nom 
de D. peregrinum^ celle qui doit le conserves II resulte, en effet, de I'aveu 
de De Candolle lui-meme, principal auteur de cette confusion, que son 
D^junceum se trouve dans I'herbier de Linn^ sous le nom D. peregrinum : 
Synonymon linnwanum hue ex herbaria sua pertinet [(DC. Syst. nat. t. I, 
p. 3^i8). 

11 n'est pas sans int6r6t de rechercher quelle est Torigine de Terreur qui a 
fait appliquer ce nom a notre plante du sud-ouest, et cette recherche nous 
couduira en meme temps a examiner quel est celui des trois noms qu'elle a 
regus dans ces derniers temps auquel il faut accorder la priorite. 

D^s 1785, AUioni signale, dans le Floi^a pedemontana, la presence du 
B. peregrinum aux environs de Nice; et un peu plus tard, en 1789, dans 
un ouvrage intitule : Description des plantes qui croissent dans les environs 
de Montauban, Gaterau emploie ce meme nom pour designer une plante 
trouvee k Moncau (Tarn-et-Garonne). 

En 1805, leslimitesde la France comprenant, comme aujourd'hui, le ter- 
ritoire de Nice, De Candolle admet, sous le nom de D. peregrinum^ la plante 
d' AUioni a cot^ de celle de Gaterau, en ayant soin toutefois de les distinguer 



I 



\ 



SEANCE DU 12 AVRIL 1861. 205 

comme vari6t6s Tune de Tautre : on peut meme dire que, des cette ^poque, 
il avail entrevu le caractere diff^rentiel qui lui servit plus lard a les s^parer 
specifiquement. 

La description du type a et6 faite, comme le dit express^ment De Candolle, 
d'apres des echantillons recueillis en Languedoc {Fl. fr. t IV, p. 91/i), 
c'est-a-dire d'apres la plante de Gaterau, et il lui rattache celle d'Allioni, 
^ titre de variete ^ petalorum Umbo ovato nee hasi cordato {loc. cit. 
p. 91Zi). " 

Dans le tome V ou supplement de la Flore francaise public en 1815, 
De Candolle eleve au rang d'especela plante de Nice, sous le nom de D. jun- 

L 

ceum, r6servant celui de D. peregrinum pour la plante de Montauban; c^est 
justement le contraire qu'il aurait fallu faire, et De Candolle le reconnut 
implicitement en 1818, lorsqu'il crea, pour I'espece du sud-ouest, le nom de 
D. cardiopetalum [Sysf. nat t I, p- 347). 

On peut s'6lonner qu'apres avoir visite I'herbier de Linne et reconnu 
ridentite du I), peregrinum el du B. junceum, De Candolle n'ait pas con- 
serv6 la priorite au nom linn6en, au lieu de le releguer dans la synonymie ; 
cela efit ete d*aulant plus juste que la confusion sur laquelle il se fonde pour 
maintenir en premiferc ligne le D. junceum^ est prficisement son ceuvre. Je 
ferai remarquer 6galement k ce sujct que, dans le Systema (t. I, p. 3/j7), 
dans le Prodi^omus (t. I, p. 52) et mSme dans le Botanicon (p. 16), 
De Candolle cite a tort, comme synonyme de son D. eardiopetalum, le D. 

■ L 

peregrinum decrit par Lamarck dans VEncyclopedie {Did. t. II, p. 264) : 
cet auteur, en effet, ne parle point de la plante du sud-ouest et cite, au con- 
traire, les trois localit6s classiques de Linne, Italie, Sicile et Make, en y joi- 
gnant seulement le Levant, d'aprSs les synonymes de Tournefort, et sans 
doute aussi d'apres rinspection de son herbier, dans lequcl on trouve, en 
effet, le D. junceum sous le nom de D. lati folium parvo /lore. Quant h Fautre 
synonyme donne par Lamarck, Delphinium grcBCum foliis inferioribus Fuma- 
Tiam, superioribus Linariam referentibus (Tournef. Cor. p. 30), il s'ap- 
plique h une plante des Cyclades : on peut s'en convaincrc en examinant 
I'etiquette de I'echantillon depose dans Therbier de Vaillant, qui est, comme 
chacun le sail, le complement indispensable de celui de Tournefort. 

En resume, le nom de D. peregrinum est inapplicable ^ uotre plante 
du sud-ouest; il ne reste done plus qu'k faire un choix entre les trois noms 
qu'elle a recus de Balbis, de De Candolle et de Lapeyrouse. Or, dans ces 
lermes, la question est facile a r^soudre. De Candolle et Lapeyrouse oni public 
simultan^ment en 1818, le premier son D. cardiopetalum, le second son 
D. GarumncB; le choix entre ces deux auteurs pourrait etre embarrassant, 
mais Balbis a sur eux une priority incontestable de cinq ans, car c'est eft 
1813 qu'il a dficrit le D. verdunense. 

La question scientifique 6tant ainsi resolue, je demande a la Societ^ la 



\- 



206 SOCIl&TE BOTANIQUE DE FRANCE. 

permission de rappeler ici quelques d(^tails historiques peu connus, au sujet 
du D. verdunense» ' 

m X 

Je dirai d'abord quelle est Torigine du nom specifique verdunense^ afin de 
pr^venir toute fausse iiuerprctatioii, car 11 y a en France plusieurs localit6s 
du nom de Verdun, dans lesquelles notre plante n'a jamais 6te trouv^e et oii 
Ton pent meme affirmer qu'elle nq sera jamais reucontree. 

M. limeric (de Castellanne, Basses- Alpes), qui avail parcouru, en herbori- 
sant, les plus riches provinces de la France, Ji une ^poque ou les botanistes 
6iaient rares, avail envoyS a Balbis un Delphinium recolle a Verdun-sur- 
Garonne, cheMieu de canton de I'arrondissement de Castelsarrasin, pr^ci- 

^ 

semenl dans re mSme deparlement de Tarn-et-Garonne ou Gaterau avail 
trouv6, plus de viugt ans auparavant, son D. peregrinum. G'est cette plante 
que Balbis d^crivil en 1813, sous le nom de D, verdunense^ dans son Gata- 
logue du jardin bolanique de Turin, 

Loiseleur-Deslonchamps, apres avoir confondu en 1806, dans la premiere 
edition du Flora gallica, sous le nom de I), peregrinum^ la {rfante de Nice 
et celle de I'ouest de la France, comme Tavait fait De Candolle Tannee pre- 
cedenie, d6siyna noire espece sous son vrai nom de D. verdunense^ dans la 
seconde edition de son ouvrage, publiee en 1828. 

De GandoUe parait n'avoir pas connu le nom de Balbis, car il n'en fait men- 
lion ni dans le iS^s^ema (1818), ni dans le Prodromus {182^i), oi dans le 
Botanicon (1828) : ce qui explique el juslifie en quelquesorte la creation inu- 
tile du D. cardiopetalum. 

Jc ne saurais faire les m6mes reserves k I'egard de Lapeyrouse, pour son 
/). Garumnw. Get autenr, en effet, conuaissait le />. verdunense, et il dit 
posilivemenl quesa planle est la meme que celle de Balbis, en ajoutantque 
M. 6meric avail rtcolte a Verdun les semences qui ont produit la plante 
d^crile dans le Gatalogue du jardin de Turin : il cite, en outre, la localile de 
Blagnac prfe Toulouse, egalement d^couverte par 1\J. :tmeric en 1816. 

Si Lapeyrouse n'avait offert de frequents exemples d'une tendance extreme 
. a donner aux plantes, sans necessity, des noms nouveaux, il serait vraiment 
difficile de comprendre la creation de cclui de />. GarumncB. 

Je voudrais pouvoir passer sous silence une petite recrimination de Lapey- 
rouse conlre De Gandolle au sujet de la localite de Venasque (Haute-Garonne) 
cit6e par De Gandolle d'apr^s M. P. Boileau; mais, dans rinleret de la syno- 
nymic, jc ne puis me dispenser d'en parler. Je ne le ferai toutefois qu'apres 
avoir constat^, avec une satisfaction que la Societe partagera, je n'en doute 
pas, combien sont devenues rares, k notre 6poque, les discussions scieniifiques 
mfiJ^es de paroles acerbes, que pour ma part je suis loujours tente d'excuser, 
en les altribuant \ une predisposition maladive : telle ^tait, j'aime a le croire, 
la situation de Lapeyrouse. 

VHistoireabregee des plantes des Pyrenees ^ public m 1813, ne fail 



I 

5 



f 









\ 



SfiANCE DU 12 AVRIL 1861. 



207 



aucune mentiou de notre Delphinium; au conlraire, dans le suppl6menl de 
1818, cette espece est designee deux fois sous les iioms de D, peregrinum 
et D. Garumnce. A cette derniere plante Lapeyrouse fapporte les localit^s de 
Verdun et de Blagnac decouvertes par M. Einerjc, et celle de V6nasque 
d'apres des echanlillons envoyes par M. P. Boilean, mais cette meme plante 
de V6nasqueest attribute au Z). peregrinum, sous la responsabilit6 exclusive 
de De CandoUe, et dans le but evident de mettre en relief Terreur de ce bota- 
niste qui, dansle supplement de la Flore frangaise^ au lieu de cr^er un nom 
nouveau pour la plante du sud-ouest, lui laisse celui de D. peregrinum, quMl 
devait r^^server pour la plante de Nice, ainsi que je I'ai fait remarquer pr<5ce- 
demment. Lapeyrouse raconte, dans la note consacr^e au D. Gorumnce, qu'il 
a ^crit a M. P. Boileau, pour lul deinander la plante envoy6e a De Candolle,- 
et qu'il en a recu desechantillons idenliquesavec ceuxdeM. iineric. llajoute 
ensuite, avec une ironie mal dissiniulee : « La vallee de Venasque produirait- 
» elle deux especes de Delphinium, dont une serait parvcnue a 31. De Can-. 
» dolle, et I'autre serait entre nies mains ? /> 

Lapeyrouse eut ete plus exact et en meme temps plus juste, s'il avait con- 
sidere sinaplement le D. peregrinum de De Candolle comme synonyme deson 



D. G 



larumnce. 



_ -ri 

Afin de rendre plus inielligibles ces questions litigieuses de synonymic, je- 
placerai sous les yeux de la Societe un tableau qui resume Topinion des prin- 
cipaux auteurs qui out fait mention de notre plante ou du vrai D. peregri- 
num L. ' ' 



Delphinium yerdunense Balbis (1813); Loiseleur-Deslougchamps (1828); 

Noulet (1855); Fuel (1860). ' 

' D. peregrinum Gaterau (1789); DC. (1815); Lapeyrouse 1818); Saint- 
Amans et Chaubard (1821); Noulet (1837); Lagreze-Fossat (18/t7); Fuel 
(1847);GrenieretGodron (18/i7); A. deRochebruneet Savatier [I860), etc., 



non L. 



D. peregrinum (var. a, non var. |3) DC. (1805). ' 

- D. cardiqpelalum DC. (1818), etc.: 
A Garwrn/jflp Lapeyrouse (1818), etc... . ' 

Exsiccata: Endress Unio itin. (1829); Schultz FL Fr. et All. n" 807; 

Billot, n° 311 ; Fuel et .^laille FL loc. Fr. n" 1, 116, 20l, et Fl. europ. 



n-l. 



L 
L 

D. PEREGRINUM L.! (ex herb. auct. teste DC. in Syst. nat. t. I, p. 348) 
Sp- ed. 1, p. 531 (1753) et ed. 2, p. 749 (1762) ; Allioni (1785); Lamarck 



(1786). 

. D. 



(5 



^'jmceumDC. (1815). 



J 



208 



SOClfiTfi BOTANIQUE DE FRANCE. 



Au point devue g6ographique, \eD. verdunense doil ^tre cousidere comme 
special au sud-ouest de la France et au nord de I'Espagne : ses limites de ve- 
getation, ^ Test, au nord et a I'ouesl, sontparfaitement connues; mais, faute 
de renseignements precis sur la flore d'Espagne, il serait impossible de fixer 
sa limite meridionale, et par consequent de calculer exactement son carre 
d'expansion, selon la mfithode appliqueepar M. Lecoq aux plantesdu plateau 
central, dans ses Etudes sur la geographie botanique de V Europe, On pent 
n6anmoins, avec les donnees actuelles de la science, faire un calcul provisoire 
dont le r^sultat presentera, d'une mani^re suffisamment approximative, I'aire 

r 

reelle de vegetation du />, verdunense. 

Borne h Touest par I'Ocean, il s'^tend un peu au dela du 3* degr6 de lon- 
gitude occidentale, tandis qu'i Test il ne depasse pas certaines localit^s de 
I'Aude et des Pyren^es-Orientales, situees a un demi-degr^ environ de longi- 
tude orienlale : Tecart en longitude est done a peine de 4 degres. Au nord, il 
renlonte un peu au delJi du 46^ dcgr6 de latitude, vers la limite qui s6pare 
les Deux-Sevres de la Vendee, et, en supposant que la plaute vegete 
en Espagne jusqu'au dela de Barcelone vers le IxV degre de latitude, on 
n'obtient que 5 degres pour T^cart en latitude. Le carre d'expansion du 
D. verdunense serait ainsi repr^sente par le nombre 20, qui correspond a une 
aire de v6g6tation extremement restreinte, et il ne s'^leverait qu'a 24, dans 
le cas oil cette espfece serait signalee ulterieurement au sud de Barcelone, sous 
le 40^ degr6 de latitude. 

Je n'ai pas Ji m'occuper ici des localites espagnoles de notre planle, et je me 
bornerai aux simples notions qui precedent, en ce qui concerne sa distribution 
geographique, envisag^e a un point de vue general 

En France, le D. verdunense a 6te observe, h ma connaissance, dans 
treize departements , dont deux seulement, Aude et Pyr6n6es-Orientales , 
appartiennent a la flore du Rhone : les autres sont compris dans les limites 
que j'ai assignees k la flore de la Gironde et forraent un groupe compacte, 
embrassant tout le sud-ouest de la France, a I'exception des departements 
des Hautes el Basses-Pyrenees, des Landes, du Gers et de la Dordogne. 

L*absence du />. verdunense dans la partie sablonneuse des Landes s'ex- 
plique assez naturellement par la tendance generale que parait avoir cette 
plante, d'apres les localites connues, a v^geter sur les terrains calcaires ; mais 
il est plus difficile de comprendre pourquoi clle manque dans les valines des 
Pyrenees centrales etoccidentales, dans le Gers et surtout dans la Dordogne. 
Dans ce dernier d^parlemenl, od dominent les calcairesjurassiques et crayeux, 
elle a ecbapp^ jusqu'a ce jour aux actives recherches de W. Ch. Des Moulins 
et de ses nomtreux coUaborateurs, mais il est possible qu'on I'y rencontre 
plus lard. Toutefois, si cette exception se confirmc, ce sera une veritable 
aaomalie dont il sera interessant de rechercher les causes dans des circon- 
stances locales inapercuesjusqu'a present. 



I 



SEANCE DU 12 AVRIL 1861. 



200 



-L 

Moil ami M. E. de Valoii, quF a recolte dans I'aiTondisseiiient de Gourdon, 
voisin du d^partenient de la Dordogne, les beaux echaiitillons de D. verdu- 
nense de VHerbier du Lot, et qui avait recolte 6galement cenx que nous 
avons publi(5s, M, Maille et raoi, sous le n" 1Q\,A^m VHerbier des (lores 
locales de France, a fait uiie observation qui n'cst peut-Glre pas sans impor- 
tance pour la question d'anomalie dont je viens de parler. Ainsi, vers la limite 
des arrondissements de Cahors et de Gourdon, entre Labastide-Murat et les 
nioulins de Lamotte-Casscl, h /iOO metres d'altitude, la plaute crolt en abon- 
dance sur les calcaires oolithiques de I'ctage superieur du Jura ; de Ih, sans 

I 

quitter le m6me terrain, ellc descend jusqu'a Saint-Germain-du-Bel-Air, ou 
Taltitude n*cst plus que de 300 metres, pour disparaitre completemcnt au 

contact des depots sablonneux tertiaires, quiforment sur ce point la tiniitc 
occidentale du terrain jurassique. 

Je ferai remarquer, au meme point de vue, que, dans rarrondissement de 
Figcac, le D. verdunense s^avrjice a Test, au lieu dit Piaj-les-Martres, jus- 
qu'a rextreme limite des terrains calcaires, superieurs au gres bigarre. 

Le tableau suivant presente r^numeration de toutes les localites francaises 
du />. verdunense qui me sont actuellement connues, mais il renferme dej5 
lacunes nombreuses, que d'aulres observateurs, j'en suis persuade, ne tarde- 
ront pas a combler. 



Flore de la Gironde. — Girosde : Blaye! {Gren. ia h. Mus. p.); la 
Reole, SainteCroix-du-i\lout {Laterrade). C/an.-/.Yf. ;Beaiivais-sur-Malha! 
{Savatier in Fuel et Maillc, Herb. fl. loc. n" 116); le Pin, Monilicu, Sur- 
geres, etc. (Lloyd); Vandre, Saintes, etc. {Faye); Monne [Delalande). 
Deux-Sevres : Paizay pres Chizc! {Guillon in h. Mus. p.); Niort, LoubiUe 
{Lloyd). Vendee : Benet, canton de Maillezais [Leloumeux in lilt, et in Bull. 
Soc. hot. t. VIII, p. 125). Charente : Sillac, les Planes, Rouville, Veidille, 
arr. de Ruffec; metaiiie de Beauregard pres Angouletne {A. de Rochebrune 
et Savatier). Lot : Combefolle pres Saint-Germain-du-Bel-Air! [E. de Valon 
in Fuel et Maille, Herb. fl. loc. n° 201) ; Thymines! (/.. Puel'in li. T. Fuel); 
entre la Capelle et Figeac, a Puy-lcs-Marlres ! [Bourgade in h. Fuel) ; 
Limogne ! (Revel in b. Fuel) ; Ventaillac! [Lacombe in h. Mus. Cahors). Lot- 
et-Gar. : Agen! (Chaubard in h. Fuel; E. de Pommaret injl^uel et Maille, 
Herb. fl. loc. n° 1) ; 



Hautefages! (Guillon in h. 



^_. ^ Cosson). Tars-et-Gar. : 

Fauroux! [Chaubard in h. Fuel) ; Moissac! (Lagreze- Fossat in h. Fuel et in 
Schultz, Fl. Fr. et All. n" 807); Montauban (Uaterau); Vcrdun-sur-Garonne 
(f^ineric in Balbis, Cat.). Tarn: de Caslrcs a Naves (/''ow/^enyou). H.-Gar. : 
Toulouse 1 (Colomies, Filhol in h. V\xq\; Ar rondeau in b. Cosson), Blagnac 
(Emeric ex Lapey rouse); Bagueres-de-Luchon a la vallee de Venasque [Boi- 
teau ox DC. etLap.). Ariege : Mijaucz (F. Petit); Ouerigut! {I'ourrcf in 
h- Mus. p.). 



T. VIII. 



U 



210 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



Flore du Rhone. — Aude : Limonx ! [Naudin in h, Delessert) ; valine de 
rOrbiel sur la Montagne-Noire, i Salsigne {Ozanon in Bull. Soc. bot. t. VIII, 
p. 165). Pyfi.-0/J. : Arles-sur-Tech ! [Montague in h. Mus. p.); Olette ! 
{Maille in h. Mus. p.) ; Trancade-d'Ambouilla ! {Irat in h. Cosson). 

{La suite prochainetmni .) 



M. Chatin fait k la Societe la communication suivante : 



BOTANIQUE 



M. Ad. CHATIN, 



• 



DEUXTfeME PARTIE (1). 



La lune s'etant d6gag6e radieuse, le bruit des cornes nous appela ^ voir, 
parun magnifique effet de nuit, les ciines avanc^es du Mont-Blanc, depuis 
plusleurs jours enveloppdes de nuages. C'etait un ^-compte pris sur I'iucerti- 
tude du lendemain, mais le beau temps devait nous accorder ce jour-la ses 
faveurs tout enti^res. 

La lune fit place au soleil, et ie 5 aoiit, a huit heures du matin, nous par- 
tions, conform^ment au programme arrets la veille, pour faire Fascension du 
Brevent et de la Fl6chere. 

Le bourg de Chamounix est situ^ a 1044 metres (ce qui est a peu pres I'alti- 
tude de la Grande-Chartreuse, du Brizon et du convent du Reposoir), d6passe 
le petit Sal6ve de 140 metres et n*est inf^rieur au grand Saleve que de 540 
metres); le sommet du Brevent, que nous devons atteindre, est a 2538 me- 
tres; le chalet de Priampraz (PHampraz), ou nous dejeunerons, a 2080 metres, 
savoir aux deux tiers de I'ascension. J*ajoute immediatement, pour completer 
le programme de la journee, qu'apres etre redescendus du Brevent a Priam- 
praz, nous Gotoierons, sur une longueur de 2 lieues environ, le pied des 
Aiguilles de Charlauoz et les Aiguilles-Rouges, pour aller a la Flechere (ou 
Fl^gfire). Ce dernier point de vue (1980 metres), auquel se rendenl les tou- 
ristes pour voir de face la mer de glace, n'ajoute rien au panorama donl on 
jouit du Brevent, et manque d'interet batanique. Aussi ne saurais-je trop 
engager les botanistes a le n^gliger d^sormais, pourdonner tout leur temps i 
I'exploration du Brevent. 

La roche qui forme la montagne est un calcaire talqueux azoique. 

Au-dessus de Chamounix, dont I'^glise et toute la partie haute s'efevent 
contre la base meme de la montagne que couronnont au-dessus de nos tfites le 
Brevent, et successivement, sur notre droite, les Aiguilles de Charlauoz et les 
Aiguilles-Rouges, nous cueiilons : 



(I) Voyez plus haul, p. 127. 



*f 



SEANCE DU 12 AVRIL 1861. 



211 



Epilobium collmum Gmel, qui nous parait specifiquement distinct de i*^. 



montanuyn. 



Alsine Bauhinorum Gay [A. larici folia Godr.). 

Carduus defloratus L. 

Campanula barbata h. 

Luzula nivea DC. ' 

L. lutea DC. 

Cystopteris frag His Bernh. 

Allosorus crispus Bernh., extreoienient abondant dans les debris de ro- 
chers, 

Spircea Aruncus L. '; 



\ 



Ajuga alpina Vill., peut-etre race alpine d'A. reptans. 
Phyteuma be tonici folium Vill. 
Galium rotundi folium L. 

I 

\ 9 

Nous nous arretons un instant au plan de Challais ou de Bellevue, pres 
duquel se fait jour, sur le bord du sentier, une source limpide ; et, apr&s un 
coup d'oeil donn6 dans la \allee de Chamounix qui est a nos pieds, a la chaine 
du Mont-Blanc qui s'^tend en face de nous, nous continuons I'ascension en 
cueillant : 

r 

Veronica fruticidosa L. 
Juncus trifidus L. 
Hieracium prcealtum L. 



_'^ 



folium 



folia 



Carex montana L. , qui nous rappelle^Fontainebleau. 
Luzula spadicea DC. 

Ranunculus montamis L. 

Hypericum RicheriYiW. (non Lapeyr.). 

Phleum alpinum L. 

Sempervivum montanum L. 

Viola calcarata L. 

Plantago montana Lamk (P. alpina Vill. non L). 

Gentiana acaulis L. var. p.xcisa. 

Ranunculus Villarsii DC. 



-• 



Sax if 



(a. genuina Gr. G.). 



S. Cotyledon L., espece des Pyrenees, dont I'existence elait niise en doute 
quant aux Alpes de France. 

r 

Arbutus alpina L. 

Ruplcurum stellalum L,, kntes des rochers. 

laserpitium Panax Gouan, que pulsieurs de nous out d^ja Irouv^ an Lau- 
taret en 1858, ' 



2! 2 



SOCIETE BOTANIQUE DE FF^ANCE. 



Lilium Martagon L., du terrain volcanujue du Piiy-de-Dume, Ae?> calciJires 

dc la Grande-Chartreuse, etc. 
Rosa montana Chaix. 
Viola bi flora L. 
Achillea moschata Jacq.,esp6ce desormais acquise a la flove francaisc, et 

dont nous fetons Vannexion par une abondante recolte, que nous renou- 

vellerons au Saint-Bernard. 
Arcnaria bt flora L, que la France ne comptait jusqu'a pr(5scnt que sur les 

sommets des Alpes dauphinoises. 

Potenlilla grandiflora L. 

P. aurea L., bien distinct du precedent par ses feuilles digi((5es et non 

ternees. 

i 

r 

Astrantia minor L. 

Rhododendron ferrugineian L. 

Belonica hirsuta L. ^ 

Primula viscosa Vill. , fleurs en boa etat. 

Li Hast rum album Link, Parlat. , que nous cueillions le 5 aout 1858, c*est- 

L 

a-dire il y a juste deux ans, aupres de la chapelle meme de saint Bruno. 

Thesium alpinum L. 

Euphrasia minima SchL, qui croit sur ic gres des Vosges et sur les sommets 

volcaniques du Mont-Dore, comme sur les calcaircs des Alpes. 
Valeriana tripteris t. 

Homogyne alpina Cass. 
Soldanella alpina L. * 

Saxifraga cunei folia L., une des plantes les plus communes de ces regions. 
Selaginella spinulosa Al. Braun. 
Rhinanthus minor var. alpinus. 
Phyteuma hemispho^ricum L. 

Geum wonfanu/nL, dont les fruits sont deja prolonges en longs sligmates 
plumeux. 

^ 

Hypericum Richeri Vill., souvenir dela Grande-Chartreuse et du Lautaret. 
Allium Victorialis^ commun aussi dans les prairies du Puy-de-I)6me et du 
Lautaret. 

Hieracium multiflorum Schl. 

Carex montana L. 

A jug a alpina VilU 

Saxifraga Aizoon Jacq. 

Stellaria cerastioides L. {Cerastium IrigyimmYiM). 

Meum Mutellina Gaertn. 

Gaya simplex Gaud. 

Gnaphalium supinum L. 

Avena versicolor Vill. 



1 



^ -' ' ^ .- --^ij X __>^ .j:^j*,>,i*^ 



STANCE DU 12 AVRIL 1S(J1. 21" 



o 



■ .' . \ 



f 

Alchemillo. pentaphyllea L. 
Luzula spicata DC. 
/. spadicea DC, ' 
Veronica bellidioides L. 
V. aphylla L. 
K alpina L. 

Hieracium august i folium Vill. (//. glaciate Lachiu). 
//. albidum Vill. 

//. alpinum L. 

Saxifraga moscfiata Wulf. 

4 

Nous void a la Priampraz ou Pliampraz (plan-pre); une holcllerie-caravan- 
s6rail s'y eleve sur un plateau gazoiin^, et nous olTre, indepcndammeiit d'un 
dejeuner passable, tous ces pioduils de I'iudustrie du montagnard qu'ori est 
heureuv de rapporler a ses aniis. 

L'altitude est ici de 2080 metres. La vue de face du Mont-Blanc est com- 
pletc, la plupart des boites sont pleines, la fatigue sc fait sentir; aussi beau- 
coup de nos compagnons, renoncant h mruiter plus haut, prennentle parti 
d'y.atleudre ceux qui iront au somniet du Brevcnt. 

En quittant le pavilion de Priampraz, nous suivons unfrais ruisseau (alimenle 
par les neiges voisinesj qui coule dans un tapis de Siblaldia prociwibcns et 
rappelle a ceux de nous qui ont pris part, en 1858, aux excursions de la 
Societe bolanique de France dans les Vosges, la halle reparatricc qu'clle fit 
le 16 juillet pres de la fontaine Sibbaldia. La aussi nous trouvons YEpilo- 
bium alpinum et le Luzula spadicea, qui accompagnent dans les Vosges, 
mais a une altitude de plus de 600 metres inferieure, laplante dont la decou- 
verte ea 1821, pres de la fontaine ^ laquelle elle a donn6 son nom, fut une 
cause dc si grande joie pour son auteur, le v6n6rablc et regrette M. Wougeot 

pere (1). 
Continuant de monler au Iravers des rochers el des plaques de neige, nous 

r 

cueillons encore : ^ 



Chrysanthemum alpinum L. 

Leontodon hastilis Koch, forme alpine. 

Crepis aurea Cass. 

Empetrum nigrum L. , entrtlace a X Azalea procumbcns L. , tous deux passes 

au Brizon, el ici a pei:;e fleuris. 



f^ 



N( 



Primula viscosaYiW., qui ouvre sesjolies fleurs purpurines ct o..!oranles^ 



I 



(t ) Voyez le LuUctin, t. Y, p. 474 et 489. 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE 



21 a 

Luzula lutea L. 

Cardamine resedi folia L. 

Festuca Halleri All. 

F. violacea Gaud., aux larges feuilles. 



Plus une serie de Lichens, dont les principaux sont : 

Lecidea geographica, plaques verdStres. 
L. cinerea^ plaques grises. 
Thamnolta vermicularis. 
Physcia islandica. 
Cladonia uncialis, 
Cornicularia bicolor. 

^ 

Stereocaulon nanum (forme qui est peut-gtre une espece nouvelle). 
S. corallinum. 
Lecanora venfosa. 

Autour de la Pierre-&-B6chard croissent encore : 



f' 



Saxtfi 



Wulf. 



'folia 



trifid 



Homogyne alpina Bass. 

Veronica bellidioides L. 

V. alpina L. 

Geum montanum L. , ici en belles 

Poa alpina L. , non encore fleuri. 



Bientoton est au sommel du Br^vent (alt. 2538 metres), que les uns ont 
escalade par la Cheminee, les autres par un passage moins difficile place a un 
kilometre environ plus au nord. On y cueille le Saxifraga biflora et le 
S. aspera, au milieu de planles dont la v^g.{'tation est attardee. Un drapeau 
aux couleurs de la France est plants par les jeunes Lemoine et Henrot, eleves 
de ricole de m^deciue de Reims, par M3L Maugin, Topinard, etc., snrle 
point culminant, et Ton se repose un instant en contemplant le plus grandiose 
des spectacles. 

Devant nous s'6leve la haule croupe du Mont-Blanc, qui, de Chamounixet 
raSme de Bellevue, est comme dorainee par les grands pics places en avant 
d'elle, tandis qu'elle se montre d*ici dans toute sa splendeur ; sur ses coles se 
d^roule sa grande chaine, que du col de Balme on ne voit que de profil ou 
d'enfilade. Plus k droite, derriere le Mont-Joly (alt. 2660 metres), on aper- 
coit les Alpes du Dauphin^*, au milieu desquelles s'eleve le Mont-Pelvoux 
(alt. 4176 metres), centre granitique d'un systeme puissant dont les chainons 



SEANCE DU 12 AVRIL 1861. 215 

releves viemient unir leurs bases a celles du Moiil-Blauc, vers les sources de 
risere. En nous retournant, nous avons a gauche la vallee de Sixte et le Buet 
(alt. 3098), a droite, dans le lointain, les ctmes blanches des Alpes berno^ses, 
en face, et visible seulement avec une lunette, le "Weisenstein, de Soleure, 
sur lequel notre expedition cueillera ses derniferes plantes. 

Revenus au plateau de Priampraz, nous en partons aussitot, avec ceux des 
nfitres qui 6taient restes h nous attendre, pour la Fl6ch&re. En longeant 
les Aiguilles de Charlanoz, premiers pics, apres le Brevent, de Tarfite des 
Aiguilles-Rouges, nous trouvons, au milieu de rochers provenanl pour la 
plupart d'ebonlements : 



bm 



quable par ses trds longues pousses 



radicantes. 



Polypodium rhceticum L., une seule touffe est trouv6e par MM. Hassan et 

Abd-el-Asyz, mais la plante abonde sur le versant nord, 

Poa alpina L, 

Laserpitium Halleri VilL 

Bupleurum stellatum L 

ffieracium amplexicaule L. 
Rosa alpina L. 

Bhamnus puraila L. 

Cormallaria verticillata L. 

Spergula saginoides L. 

ffieracium villosum van dentatum?. 

Crepis aurea Cass. , commun dans les pr^s sous le pavilion de la Flechere. 

Sphcerophoron coralloideSy tr^s joli Lichen, 

Saxifraga cmiei folia L. 



bois 



gravir la rampe opposee du ravin. 
Circcea alpina L. 
Ranunculus montanus L. 

an, pent 



Selaginella spinulosa A. Br. 

Leontodon pyrenaicus Gouan. 

Avena montana VilL 

Campanula barhata L. 

Stellaria nemorum L., si commun au Mont-Dore dans le bois 

cin, etc, 
Larix europcea DC. 
Cerastium strictum L., simple vari6te du C. arvense T^ 

Achillea macropky Ha L. 



f 



216 



SOCIETE BOTAMQUE DE FRANCE. 



-. liii coiilinuaiit de monler vers la Flochere, nous voyons encore : 

Spcrgula sagtnoides L, 
Chrysanthemum alpinum L. 
Sedum annuum L. (5. saxotile DC ), 
Pinus Cemhra L. 

r 

Gnaphaltum supiniim L. 

Meum MuteUina Gaertn. 

Card amine resedi folia L. . 

Chcerophyllum hirsutum L, 

Astrantia minor L. 

Arabis alpiym L, . . * 

Saxifraga aizoides L. . 

S. cunei folia L. , en fruclificalion. 

Potentilla aurea L. [P. Halleri). 

Ilicracium sahimtm Scb. el 31. 

J 

//. villosum L. , 

Crcpis grandiflora Tausch, belle plante que j'ai deja vi^c au Pilat ct au 



Jlczenc. 



it 



Hoi}iogi/ne (iipina C^$s. 

A 

Nous parvcnons enfin au pavilion de la Flochere ou Flegcre (alt. 1908 me- 
Ires), moins ^lev6 que celui dc Priainpraz (alt. 2080 metres), mais auquel on 
n'anlve de celui-ci que par une marche fatigante de plusieurs heures 
ct des alternatives dc desceutcs et de montees. Aprcs un regard donue -au 
lacier dit la nier de glace, place en face de nous de Tautre cote de la valli^e 
de Ghamounix, aux nombrcux glaciers qui descendent a droite et a gauche de 
cclui-ci de la chaiue du Mont-Blanc, aux cretes du Girque (glacier du 
Talefre), dont le fond abrite le fameux Jardin^ nous nous batons, Tualgr6 les 
excitations de noire guide, M. Vdnance Payot, qui nous promet le Cystopteris 
aipiim Link pres des chalets de la Flechere, de revenir a Chamounix. Sous 
Taiguillon de la nuit, qui d6jJi s'etend dans la vallee, nous ne metlons qu'unc 

hcurc et demic pour descendre, ou plus juslenaent pour rouler de la Flechere 
au village. 

Le programme de la jouru^ede domain, donn^ a Tissue du diner, est Ic 
suivant : Depart a dix heures pour le Montanvert ; traversce de la mer dc 
glace; retour par le Ghapeau et les sources de TArveyron. Toulefois, separa- 
tion, apres le passage du Ghapeau, de la portion de la troupe (cinquante per- 
sonnes a peu pres) qui pent coucher a Argenti^res et gagncr par Ik, sur la 
journ^e du 7 (transport de Ghamoonix Si Marligny) deux heures qui seront 
fort utilement employees a herboriser, a secher les plantes, ou au repos. 



ic 6, a rhcurc convcnuc, les grandes cor;ics qui serTOnt aux bergcrs a 



SEANCE DU 12 AVRIL 1861. 



217 



M 

W % 

rallier lours iroupcaux, ct clont los plus jouncs cludiaiits do Texpodilion onl 
coniplele leur allirail, sonucnt Ic depart. 

All sortir du village, on cueillc, en Iraversanl des prairies : 

Jitnrvs ofpinus Vill. . . 

Sch'pvs cowpressus.Vers. 

Glyccria fluitans R. Br., forme a epillets d'un joli l)leii, 

Apres avoir traverse un premier bois de Lorix et AWhks, siluc; au pied 
dc la monlagnc, puis un second bois (dit de Leveltaz), on arrive a la fontainc 
do Caillct, rendue celebre par la legondc de Florian sur Claudine, et qu'oiti- 
brageaient autrefois de grands arbres aujourd*bui delruits par Ics avalan- 
cbes. Noussommcsh moitie route du iMontanvert, eta unc altitude d'environ 



Q 



Aspidium Lonchitis Sw. 



foil 



Hieracium alpinum L. [IL Halleri Vill.). 
Circcoa alpina L. 
Luzula spicala L, 
Phyteuma hemisphccricum L. 

i 

Juncus trifidm L. 

Oxyria digyna Campd. 

Et Chenopodium Bonus Henrtcm L , ce fidele compagnon de I'boinmc, que 
nous trouvons aupres du pavilion et de Tecurie du Monlanvert. L'aUilude, 
ici de 1891 mitres, ne sera dcpassfe aujourd'hui que par quelqucs intr<5- 
pides qui s'engagent dans Ics rochers inlC*rieurs de TAiguille deCharmoz 
pour y cueillir le Pinus Cembra L. 

Au bruit du canon, que des touristes font tirer pour entendre les echos, 
nous descendons par le rocher (calcaire) vers la moraine (k blocs form& pour 
la plupart de protogine) de la rive droite du glacier, ou nous attendent ; 

Epilobium montanum L. 

Bupleurum stellatum L., dans la fenle de la meme roclie ou jc Tavais cueilH 

le 15 aout 1843. 
Festuca Halleri AIL 
Salix herbacea L. 
-S'. hastata L. 

S. Lopponum L. , qui nous rappelle 1 herborisalion au pic de Sancy en 1 856. 

*5>. reticulata L. 
S. retusii L. 

Allosorus crispvs Bernli. 
Hi-roc-um nlpinum L, 



ft 



218 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

H. albidum VilL 

H, Schraderi Koch {H, alpinum Vill.)- 

Agrostts rupestris All. 

Azalea procumbens L. 

Empetrum nigrum L. , en fructification. 

Rhamnus pumila L. 

Avena montana VilL 

Saxifraga hryoides L. , qui parait etre specifiquement distinct du S. aspera. 

Alchemilla alpina L., sur la Pierre-aux- Anglais , bloc de rocher consacr6 
par une inscription aux Anglais Socock et Windhaqi, qui visiterent Cha- 
oiounix en 1741 et crurent y avoir pen6lr6 les premiers (1). 

I 

A Inus viHdis DC. 
Rhododendron ferrugineum L. 
Pinguicula vulgaris L, 
Oxyria digyna Campd. 
Homogyne alpina Cass. 
Ranunculus glacialis L. , rare ici. 

Quelques jolis Lichens (et Mousses), notamment : 

Stereocaulon nanum et corallinum. 
Solorina crocea^ sont encore cueillis. 



M. Vena:xe Payot nous montre les escarpements inabordables ou il a recolte 

* t 

le Dracocephcdum Ruyschiana L. , Tune des belles plantes du coteau des 
Gardes au Lautaret, et nous traversons (en vingt-huit minutes) la mer, ou 
mieux le torrent de glace, sans autre accident que la chute d'un manteau dans 
les crevasses du glacier, 

Sur la moraine droite nous trouvons : 

F ' 

Aliosorus auspus Bernh, , mele h V Oxyria digyna. 
Linaria alpina L. 
Artemisia glacialis L. 
A. Mutellina Vill. 



fl 



f 



I (tti folium 



pelouse au travers de laquelle se font jour les pleurs [lous pious) de U 



monttgne. 



Saxifi 



Dans un petit marecage croissent : 



i 



(1) Voir a cc sujet le Guide atix eaux de Saint- Gervais, par J. Determcs, page 139 



SIEANCE DU 12 AVRIL 1861. 



219 



igustifolium 



P 



C. Goodenotuii Gay vieille connaissance de nos botanistes parisiens, ainsi 
que I'espfece suivante, abondante a Auffargis et a Saint-L^ger. 

Viola palustris L. , assez commun aussi a Revel dans les Alpes du Dau- 
phine et sur quelques points des Pyrenees. 

w 

Sur le flanc de la montagne vieimeat encore : 

r 

Pedicularis rostrata L. 
Juncus triglumis L. 
Imperatorla Ostruthium L. 
Bellidiastrum Michelii Cass. 
Saxifraga muscoides Wulf. 
S. aspera L. 



Bartsia alpina L. 



'folium 



En descendant le Maupas {mauvais pas)^ autrefois si redout^, maintenant 
rendu tres facile par les marches taill^es dans le roc et la rampe de cordes 
(dont on pent meme negliger le secours) qui rend I'aide de guides absolument 
superflue, nous prenons contre les parois du rocher, pres du Carejc fri- 

gidaAAl. : 

Dianthus rupestris L. fil. [D. Scheuchzeri Rchb.). 

Saxifraga Cotyledon L. 

Arenaria grandiflora AIL, plante alpine que les botanistes parisiens cueillent 
chaque ann^e dans sa paradoxale station du Mail d' Henri IV, k Fontai- 
nebleau, ou elle vit a I'exposition sud avec le Stipa pennata (la locality da 
Mail est d^lruite depuis quelques annees, mais le Stipa existe encore 
assez abondarament dans les gorges d'Apremont pr^s de la Cave-aux-bri- 
gands) et quelques Helianthemum qui, du moins, trouvent un peu Ik leur 
soleil du Midi. 

Leontodon hispidus L, / 

Tri folium ccBspitosum Reyn. [Tr^ ThaliiYiW.) 

\ 

Nous somnies a la buvette du Chapeau, ou un horame fort bourru fait payer, 
d'avance et tres cher, de mauvais rafraichissements, que naturelleinent il 

donne pour rien aux guides. 
Entre le pavilion et la cascade du Chapeau, on voit : 

Geranium pyrenaicum L. , formant de irfes belles touffes. 
Rumex alpinus L, pris, jusqu'a la fm du siecfe dernier, pour le vrai Ma- 
uontir (Rhpiim Rhnnnnfienm \..\ nar nlusieurs botanistes, et dout les 



220 



4 

SOCIETE BOTATslQlE DE FRANCE. 



petioles sonl manges, au dire de Villar (1), par les paysans du Dauphine, 
precurscurs dcs Anglais inaugeurs des petioles de UhubRrbc. 

Sinn per vivuYn arachnoidmm L. 

Tofieldia cahjculata Wahlnbg, 

+ 

Au-dc5:sus du liameau de Lavanche, a pcu pres a egale dltslance de Ch.- 
moiioix et d'Argcnlieivs, ceux qui doivent coucher dans ce dernier village 
pnennent un scntier a droite. Continuant de desce:;dre vers la moraine du 
glacier de^ Bois (portion infericuie de !a mer de glace, l^quelle n'est elle- 
menic que la base dcs glaciers du Geant ou de Taccu, de I.ccbaud et du 
Talifre), nous allons voir les belles suurces de TArveyron, puis, suivant ce tor- 
rent dans la vallee, nous cueillons, sur ses bords et dans ses alluvions siliccuses, 
Tune des plus rares planles rapporlees de notrc expedition, !e Tri folium 
thy mi forum Vill. {7\ saxatile All.), qui n'etait connu en France que sar 
quelques points pen visites des Alpes du Dauphine. La nuit nous surprit 
cberchant le precieux Trhfle des glaciers (Reyn. Mem. I, 166), que I'obscu- 
rite el sa trfes pelile taille derob^rent bieiiiot a notre emprcssement. 

Le 7 ri folium Ihymiflorum termina dignement les deux journees d'excur- 
sions faites aux environs de Chamounix. Nous fumes redevables de cftlc der- 

r 

ni^re bonne fortune, comuie de tout le succes de nos ascensions au Brevent 
ct au Montanvert, a M. Venancc Payot, habile naturaliste, non moins familia- 
ris6 avec les senliers du Mont-Blanc qu'avec ses productions tant vivantes que 
inini^rales. Qu'il rccoivc encore une fois, pour tous les services qu'il nous a 
rendus, Texpression de noire reconnaissance. 



\ 



Le programme de la journee du 7 aout consiste a aller, autant qu'on le 
pourra en herborisanl, de Chamounix a ftlartigny, L'itin^raire gen<5ral est par 
le col de Balme (dix heures de marche), route plus fatigante et moins pitto- 
resquf; que cellc de la Tele-Noire, mais plus riche en plantes, et qui donne, 
iurleprolil du Mont-Blanc, une vue a laquelle on ne peut comparer que 
celle prise du Righi sur la chaine de I'Oberland. Les plus fatigues prendront 
par la Tete-Noire, monies sur des mulcts, et quitteront un instant leur route 
pour ANNEXER le linruea borealis, celle cliarmante plantededi6eau plus grand 
des botanistes, ct qui vit cach6e au fond d'un profond ravin, dans les bois 
^ Abies qui s'6tendeul sur la rjve gauche de VEau-Noire, vers son confluent 
avec le torrent qui descend des aiontets, Une de nos jolies iMousses, VHyp- 
num splendens, adoucit le lit de rocailles ou se plait le Linnrna (2). 

Nous partimes do Chamounix a six licures du matin, et, laissant a droile lo 
glacier des Bois (portion inferieure de la mer de glace) et la source de I'Ar- 

L 

(t) Notre vieil ami le doctcur Bally (I'un des trois heros de la peste de Barcelone) a 
prouve que Villar ne doit pas ctre ecrit Villars. 
. (2) Ccs indications precises m'avaient ete doniiees par M. Ycnance Payot. 



SKANCE m 12 AVRIL 18C1. 221 

vcyron, iipus arrivamcs, apres une bonne marche d'une heurc et demie, a 
Argenlieres, gros village dans une vallee dont laliilude, sensiblemeat 6gale 
a celli* dc la Tete-Noire, est de 1270 metres. En nous ^levant de la valine de 
Chainounix (lOiO melres) a celle d*Argentieres, nous vimes dans la gorge 
t'scarpee par laquelle FArvc se precipite : 

Itosa montann^ en fructification. 

\ 

Epilobiam Flcischeri Hochst. , en beaux specimens. 



m 



Le Myricarla cjermanica Desv, borde le torrent, et des Tines a Argenlieres 
Ic fond humide dcs prairies offre comnio des champs de Bwnex alpinus L. ot 
iVAdenosiyles albifro?is JXcbh, que Ics habitants recollent pour nourrir en 
hiver leurs animaux a retablc. 

En sortant d'Argentiercs, dont le bon cure, qui m'avaitfait offrirses services, 
avait donne Thospitalite ecossaise a M. Paul de Bretagne et au fils du celebre 
docteur Blache, nous nous divis3mesen deux troupes. I/unedecelles-ci, que 
suivaient Ics mulcts cliarg-js dcs bagagcs, prit h gauche, au nord-est, par les 

Montets et la Tele-Noire ; avec Tautre, je suivis, vers Test, la ligne prcsquc 
droitc qui conduit au col du Balme, en laissant un peu a droite ]e glacier du 
Tour, et longeant le cot6 gauche dc la grande source de I'Arve. 

Vn brouiliard epais et froid, bientot chang6 en une pluie neigeuse, nous 
enveloppa vers le milieu dc la moatagne. Co maudit brouiliard, qui nous deroha 
completement la belle vue d'ensemble de la vallee de Chamounix et du profil 
du 3Iont- Blanc, contraria d'ailleurs beaucouii rherborisation, en e»npechant 
que, sous peine de s'egarer, on ne s'eloignatdu sentier, et en nous glacant les 
mains. Cependanl les boites recurent encore des exemplaires de : 

Geum montanum L. 

Campanula barbata L. ' 

(rnaphalium dioicum L. 

Phjjteuma hemisphccricum L. . 

Plant ago alpina I.. 

Phleum alpinum L. 

liammcidus m'mtamis AVilld. 
Veronica frwiculosa L. 



I'nfoUum alpinum L. 
Potent ilia aurea L. 

w 

Alcliemilla alpina L. 

El lih-dodendron frrujincuin, iloni la liiniie sup6ncurc est ici au plao de 
Sarammot, yaslepraz (pre) situe a une altitude de 1900 metres. 

Au-dessus de la zone du Rhododendron, nous cueillimcs : 

1 I 

Carev soyrpervirens Vill. 



/ 



222 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

h 

Crepis aurea Cass. ; et, ayant franchi deux petits torrents bord6s de Ranun- 
culus aconitifolius aux fleurs argentines (on sail qu*une forme a fleurs 
doubles est cultivee comme plante d'ornement sous le nom de Bouton 
d' argent), nous continuames de nous elever au milieu d'une riche flore 
alpine representee sur les bords du sentier par : 

Arnica montana L. , ici sur le calcaire presque pur, au Hohneck sur les 

roches de silice. 
Sj^ranthes cestivalh Rich. , que nous reverrons au "Weisenslein. 

_ J 

Herminium Monorchis R. Br. , que nous avons deja trouv6 au Brizon et qui 
est decid^ment une plante de moniagne, malgre sa presence dans Touest 
etle singulier rendez-\ous qu'il a donn6, sur les coteaux de Mantes, a TAs- 
tragale de Montpellier. II est vrai qu'il s'est fait accoinpagner dans ce voyage 
par A^^abis arenom Scop., par Thlaspi montanum L. et par Daphne Meze- 
reum L. , plantes assez montagnardes qui ont pris station un peu en avant 
de Mantes, sur les coteaux de la Roche- Guyon, de Bonnieres et de Saint- 
Adrien. 

Luzula lutea L. 

T 

Sempervivum montanum L. 

Hieracium aurantiacum L., que nous nous rappelons avoir trouve tr^s beau 

au Mont-Dore en 1856, petit et grele en 1858 sur le Ballon-de-Soullz. 
Meum Mutellina Vill. 
Veratrum album L. , 6niule du Colchique (dont les bulbes conliennent d'ail- 

leurs aussi de la veratrine) dans la cure de la goutte. 
Gentiana punctata L. 



forme 



en 



venons de voir V Herminium descendre des montagnes dans les pays de 
plaines; maintenant c'est une plante des plaines qui s'6l6ve vers les sommets 
des Alpes (exposition ouest). 

Chrysanthemum alpinumL. 

Cii'sium spinosissimum Scop. 

1 

II est onze heures. Nous voici h I'auberge du col de Balme, dont nous aper- 
cevions, depuis quelques instants, la silhouette se detachant sur le ciel au tra- 
vers du brouillard. 

De grands feux et un frugal dejeuner (ici le confort u'approche pas de celui 
qu'offrent les deux pavilions de la Tele-Noire) n'etaient pas inutiles pour 
r6chauffer notre courage (1). Au sortir de Tauberge, commence la pente est 
de la montagne et finit la France. Un netit draneau fnt mis a la limite nord du 



/ 



(1) Le barom^tre de Tauberge ne marquait que 565 mm. Chacun de nous portait done, 
ott a peu pies, 3600 k. de moins qu*a Paris ! 






/ 



r 



SEANCE DU 12 AVRIL 1861. 223 

col ^levee de 100 metres environ au-dessus du passage, et, favorisfispar une 
rar<;faction du brouillard, nous nous mimes a herboriser sur la pente suisse 
de I'arete, autour d'amas de neiges dont la fonte tardive n'avait pas permis 
a la plupart des esp^ces de celte haute region de se developper. Gependant 
on vit ; 

f 

^ 

Salix helvetica VilL {S. Lapponum L), plac6 comme en vedette pournous 

faire bon accueil sur le sol de THelvetie. 
Arenaria biflora, *" 

Pedicularis verticillata L, 
/*. rostrata L, 

Silene exscapa All., a cote de S. acaulis L., dont il est fort distinct. 
Gaya simplex Gaud. 

Alchemilla pentaphyllea L , le type et sa variel6 soyeuse [A. cwnea^a Gaud.). 
Butchinsia alpina R. Br. 
Polygonum viviparum L. 
Linum alpinum L. var. alpicola, 
Gentiana bavarica L. 

■ 

G. verna L; 
Et toute une colonie de V6roniques, savoir : 

Veronica alpina L. 
F. aphylla L. 
K bellidioides L. 

F. fruticulosa L,, pres desquelles croissent : 
Soldanella alpina L. 

Leontodon pyrenaicus Gouan. ] 

Cirsium spinosissimum Scop. 

Saxifraga oppositifolia L. 

5. aizoides L., forme a fleurs d'un riche orang4. 

S. Cotyledon L. 

Geum montanum L. , commencant seulement a fleurir. 

Gentiana glacialis Thorn. 

G. alpina Vill., peul-etre forme du G. acaulis L, propre aux regions 61e- 

v6es des Alpes. 
Gnaphalium supinum L. 
Stellaria ceraslioides L. {Cerastium trigynum VilL). 

Coutinuant de desceiidre, nous arrivons aux chalets des Herbageres (alt. 
1950 metres), oiji nous trouvons : 

Gnaphalium norvegicum h., qui, par quelques pieds nains, semble passer au 
G. supinum. 



f 



22/i SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

Itfiododendron fernigineum L. 
Saxifraga rotundi folia L. 

iS. stellaris L. 

Luzula lutea L. 

Veratrum album L , et bientot apres, 

Lartx europcBa DC, formant de hautes forels d'un vert tendre, auxqucllcs 

vient sc meler le noir feuillaae de V Abies excelsa DC. 



Lc long du senlier tracfi en lacels dons les flancs escarp^s de la foret de 
Magnin, anjourdliui bien 6claircie par les avalanches qui, sur plusieurs 
points, ont efface le cheinin, ailleurs barr6 par raccumulalion des troncs 
brises, nous trouvons : 

Stellaria nemorum L. , jolie CaryophylI(5e que plusieurs de nous cueillirenl 
pour la premiere fois a I'herborisalion du Mont-Dore (en 1856) dans le 
boisdu Capucin, ou nos savants confreres MM. Lecoq et Lamotte nous ini- 
tiaient aux richesses de leur beau pays. 

Eieracixun aurantiacum L. , en splendides echantillons. 

I 

Leucanthemum maximum D(]. , belle plante se distinguant au premier coup 
d'ceil da Z. vulgare par ses feuilles cbarnues et cassantes, les inferleures 
cuneiformes et den lees seulement au sommet. 

Luzula niveo L. 

Polf/podium rhwlicum L, ici sur le calcaire, et que nous avons r6colt6 en 

I, 

Auvergne sur les rocbes volcaniques, au Hohiieck et au ballon de Soullz 
sur le granite. 
Epilobinm origani folium Lam. [E. alsini folium Vill,}. 

E. alpijiuyn L., dont les petites fleurs contrastent avec celles de I'espece pr5- 

cedente. 
Aspidium Lonchitis S\v. ^ ^ 

Lycopodium clavatum L. 
Spergula saginoides L. 
Polystichum Oreopteris DC. 

Au pied de la montagne, le Nant-Noir, torrent qui descend des Herbag^res 
et se jette a quelques pas de Ih dans le Trient, est pass6 sur quelques Sapins 
jet^s d'une rive a Taulre, et tout aussilot, nialgr6 une pluie diluvienue, nous 
nous jetons avec avidity sur de magnifiques touffes de Phaca G//>ma AVulf., 
qui nous rappellent le Lautarct ; de nombreux pieds de Campanula rhom- 
boidalis L. et de Phyleuma scorzoneri folium Vill. sent prcsque aus.ilOt 
cueillis dans une prairie que longe le cbemin. , 

Le Trient, que nous reverrons daus la gorge affreusement belle par laquellc 
il s'echappe des montagnes pour se jeler dans le Rhone, entre Marligny et la 
cascade de Pissevache, est passe sur un pont ^lev6 a I'entr^e du village (alt. 



r 



SEANCE DU 12 AVRIL J 861. 225 

1350 metres?). En montant au col de la Forclaz, nous laissons contre Ic 
rocher place a notre droite le Saxifraga Aizoon Jacq. et quelques autrcs 
plantes, nous prenons le Cirsium rivulare Link dans le prS siluS a notrc 
gauche. 

Le temps, qui s'est enfin eclairci, nous permet dc jouir de la splendide 
vue qui, du sommet du col (alt. 1556 metres; la Forclaz du Prarion a une 
altitude [1530 metres] sensiblement pareille), plane jusqu'au dela de Sion, sur 
la vallee du Rhone. Un regard en arriere nous montre, au has de la vallec 
du Trienl et commencant a s'engager dans le village, la longue caravane que 
forment, avcc Icurs'mulets, ceux de nos compagnons qui ont pris la route dc 
la Tetc-Noire. 

Ulartigny est a nos pieds; nos fatigues sont oubliees. Ccpcndant, dans notre 
descente, nous cueillons : ^ • 

Saponaria ocimoides L. , jolie petite plante dont la culture ornementale sVst 
empar^e. 

Ajuga alpina Vill. 

Centaurea xmiflora L. , que nous avons recolte, ii y a deux ans, dans les 
prairies sous le glacier de la Grave. 

Artemisia Absinthium L. , base de cette liqueur Suisse, agreable etperfidc, 
qui uic plus d'hommes distiiigufis quele boulet. Nous trouverons cette ter- 
rible plante sur tous les rochers calcaires du has Valais (1). 

Senecio viscosus L, 

Aconitum lycodoaum L. 

Ononis Natrix L., Tune dcs plantes caracteristiques du calcairc. 

Cephnlanthcra rubra Rich., Tune dej> plus jolies Orchidees de Fonlainebleau. 

Gfjpsophila repens L. 

Arrives au pied dc la Forclaz, ou hameau de la Croix, intersection dcs 
routes du Saiut-Bcrnard et de Chamounix sur Wartigny, nous constatons 
qu'en descendant la verticale de 1000 metres seulement, ce qui s'est effectiie 
en une heure au plus, nous avons pass6 de la zone du Rhododendron a celle 
des Larix (il Abies, de V Abies aux Fagus, aux Quercus et aux Noyers (pas 
dc Castanea, arbre saxophile, conime I'ont etabli W \L Dunal et Planchon) et 
enfin a la Vigne, qui donne, sur le cote place a notre gauche et oik se dressent 
les ruines d'un ancien chateau-fort bati en 1260 par Pierre de Savoie, le vin 



(l) Qu'il me soil permis, tlaas Tinteret des jeuncs etudiants, mes amis, d'extraire 
quelques lignes de M. A. Gaudon {Souvenirs d"wi vieux chasseur (V A friqne) : « Jc ne dirai 
pas que cette pernicieuse liqueur a tue plus de soldats que le feu de Tennemi en Afn'que ; 
elle a jeteledeuilau milieu des plus nobles et des plus g^n^reuses families de France, sans 

compter une foule de victimes recrulees surlout parmi les ofliciers el les sous-officiers. Le 
simple soldat, de mon temps, buvait peu d'abslnlhe, et j'espere qu'a present il n'cn boit 
plus du tout . » . 



T. vnr. 



15 



f 



226 SOCIETE BOtAMQUE DE FRANCE. 

estim^ de la Batie (la Batia), Au milieu dcs vignobles est construite une 
petite ville en bois, habiteeseulementaux approches des vendanges. 

A six heures du soir, nous elions descendus a Ulartigny, ou le diner nous 
attendait dans les hotels Clerc, du Cygne ct de la Grande-Maison. 

Dans cetle journee,' nous avions herborise sur le col de Balme, a 
230& metres d'altitude ; nous void retomb^s a 480 metres, lOi seulement 
de plus qu'a Geneve. Demain nous coucherons au grand Saint-Bernard, 
a 2500 ni&tres, et quelques-uns auront touch6 au Roc-Poli, a 2851 metres. 

{La suite prochainement .) 



X- 



SEANCE. DU 26 AVRIL 1861. 



PRESIDENCE DE M. AD. BRONGNIART. 



M. Eug. Fournier, vice-secretaire, donne lecture du proces- 
verbal de la seance du 12 avril, dont la redaction est adoptee. 

Par suite de la presentation faite dans la derniere seance, M. le 
President proclame Tadmission de : 



M. Barthes (Charles), libraire-editeur, rue de Verneuil, 5, a 
Paris, presente par MM. Duchartre et de Schoenefeld. 

\ 

M. le docteur Henon, depute au Corps .legislatif, reraercie la 
Societe de Tavoir admis au nombre de ses membres. 



Dons faits a la Societe : 

1' Par M* A. Passy : 

Notice biographique sur Auguste Le Prevost. 

2* Par M. Reveil : 

Sur quelques medicaments nouveaux^ 

3** De la part de M. Timbal-Lagrave : 

Etude sur quelques Cistes de Narbonne. 

4' De la part de MiM. Boissier elBuhse : : 

Aufzixhlimg (ter aufeiner Rcise durck Transkaitkasicn und Pcrsien 
gesammelien P/lanzen. 



SEANCE DU 26 AVRIL 1861. 227 



5° De la pail de M. Ant. Cap : 



dc 



8» De la part de la Societe d' Horticulture de la Haute-Garonne ; 

« 

Annales de cette Societe, Janvier et fcvrier 1861. 

6*^ En echange du Bulletin de la Societe : 

Bulletin de la Societe industrielle d'Angers^ 3*^ seric, u'' 1. 

Aitt deir I. jR. Istituto veneto^ t. VI, n** 3. 

Pharmaceutical journal and transactions, avril 1861. 

Journal de la Societe imperiale et centrale d' Horticulture, mars 1861. 

VJnstitut, avril 1861, deux num^ros. 



M. Le Sourd-Dussiples fait a la Societe 



vante : 



_v 



ANOMALIE PRESENTEE PAR UNE FLEUR D'O/IC 
par II. E. liE SOCRD-DUSSIPIiEfS. 



1 

Nous avons Thonneur de placer sous les yeux de la Societe un Orchis 
mascula recueilli dans le bois des Camaklules pres Brunoy, le 21 avril dernier. 

En eludiant la structure de celte Orchid^e, une disposition singulieredans 
la fleur voisine de celle que nous venions de dissequer attira notre attention. 

Sur le cote gauche du labelle, et assez pres du bord, s'elevait une pro- 
duction qui tout d'abord nous parut etre une masse pollinique. Elle surmontait 
tine caudicule et se trouvait accompagnee d'une glande visqueuse. L'examen h 
la loupe permettait de distinguer nettement ces diverses parlies. 

Comment une masse pollinique se trouvait-elle transportee sur le labelle T 
S'etait-elle d^veloppee sur place, ou, quittant sa loge, 6tait*elle venue 
8*attacher par son retinacle visqueux au point ou nous Tobservions? 

La premiere hypoth&se 6tait bien seduisante el faisait de notre observation 
nn fait trcs extraordinaire, mais nous ne pumes nous y arreter lougteraps. 
' La loge anth^rique de droite Voffrait rien de parliculier ; il n'en etait plus 
de meme de celle de gauche. En ^cartant les feuillets de cette loge, nous 
constatious Tabsence de la masse pollinique, desa caudicule et de son reti- 
nacle ; 11 n'y avaitplus trace de Torgane. Le doute n'etait plus permis, nous 
avions bien affaire k une masse pollinique fixee sur le labelle, et de plus cette 
toasse etail celle qui avail occupe la logo gauche de I'anthere. Le point du 
labelle ou se trouvait fixe le retinacle ne presentait, du resle, aucun change- 



men t de structure, 
au dehors de sa loge. 



poll 



2?8 



SOGIETE BOTANIQUE DE FRANCE- 



Ce fait est-il coinmun ? Nous avons inutilcment recherche dans uos souve- 
nirs ct en vain feuillete les livres sur la niatiere, nous n'avons trouv6 aucun 
exemple de cette anomahe dans nos Orchidees indigenes. 

Nous savons bien que M. le docleur Baillon a rapport^ des fails du meine 
genre, a propos d'Orchidees exotiques (voyez ie Bulletin, t. I, p. 285), eta 
pense trouver dans ce fait un mode de fecondation du Cataselam laridwn de 
Lindley. Nous savons aussi que les conclusions de M. Baillon furent contestees 
{ibid., p. 368 et 371) par M. Meniere, appuye de iM3I. Moquin-Tandon ct 
Trecul. Mais il s'agit toujours d'obscrvalions faites dans des serres, sur des 
Orchidees exotiques. 

D'un autre c6t6, M. le professeur Moquin-Tandon, a qui nous presentions 
notrc Orc/iZd anoinal, nousredisail qu'on voyait tres souvent, dans les serres 
et sous rinfluence de la moindre commotion, les masses polliniques elrc 
projetees violemment hors de leurs loges et venir s'attacher par leur reti- 
naclc aux vfitementsde I'observateur. Toutefois cet eminent botaniste ajou- 

I 

tail qu'il n'avait jamais observe un sem.blable ph^nomene chez nos Orchidees 
rustiques. 

La nature Irouve-t-elle, comme le pense M. Baillon, dans ce d^placement 
des pollinies, un moyen de fecondation ? Sans rejeter d*une maniere com- 
plete celtc opinion, nous croyons que, les pollinies etant lancees a lout hasard, 
il ne doit pas arriver souvent qu'elles viennent se fixer sur les labelles d*une 
maniere favorable pour la fecondation. 

Sous quelle influence Ic tissu elastique de la caudicule entre-t-il en action ? 
II appartient a Thistoire de rirritabilite vegetale de nous 6clairer sur ce point. 
En attendant, nous avons voulu soumettre a la Societe un fait pen observe, ou 
du moins non encore indique, a noire connaissance, chez les Orchis de nos 
regions, persuade que cette simple observation pourra un jour avoir quelquc 
importance, lorsqu'elle servira de noyau a d'autres observations du meme 
genre (1). 



ppelle qu'un botaniste, ayant 



i)oilini(jues proietces sur des 



avait considere cc 



feuilles. 



elopperaent anomal .de pollen produit par les 



(l) Depuis que nous avons fait cette communication a la Societe, nous avons constate 
le deplaceiuent d'une pollinie &ur .deux Ophrys. L'un (0. Myodcs) preseutait une 
pollinie fixec par son retinaclc sur le labelle d'une fleur inferieure^ la loge vide dc la 
masse pollinique se trouvant au-dessus. L'autre (0. Arachnites) avait une pollinie sur 
une bract^c. Le fait que nous signalons est done loin d'etre rare, mSme parmi nos 
Orchidees indigenes, puisqu*en si peu de temps nous avons pu Tobserver sur trois plantes, 
Uesle a etudier le phenomeae d'irritabilite qui preside k ces d^placemenls de pollinies. 

{Note ajoute'e pendant V impression,) 



tj^ 



^^ ■^- ^JKmI^'^'^V .^-T]^rk. 






SEANCE DU 26 AYIUL 18G1. 22Q 

M. T. Fuel fait a la Societe la communication suivante : 



M 



1 



J*ai I'honneur de placer sous \es yeux de la Societe ua cxeinplaiie de 67^- 
peola Jonthlaspi r6colt6 le 1^^ avril courant par notre honorable confrtirc 
i\I. Leon Soubeiran, dans une herborisaiion faite en conipagnie de mon frero, 
aux environs de Roc-Amadour, dans le d^parlement du Lot. 

Gette localile, nouvelie^pour la flore fran^aise, offre un double int^rfit. 
D*abord elle rattaclie a son centre de vegetation la localite la plus septen- 
Irlonale qui ait 6t6 indiqu6e jusqii'a present pour cette jolie petite Crucifere 
essentiellement niMiterran^enne; je veux parler de Rocoulon pres Saint-^ 
Cyprien, d6parlement de la Dordogne, on la plante a ete d(5couverte en rnai 
1851 parM. rabb6 Meilhez (Des Moulins, SuppL final [1858-59] au cat. de 
la Dordogne). . 

En second lieu, le Clypeola Jonthlaspi avait et^^ signale dansledepartement 
du Lot des 1771, par dom Fourmeault, et dans des localites peu eloignees de 
Roc-Amadour : Jonthlaspi luteo floret incanum^ montanum discoides CoL 
Park. I, t. 280. Sur les rochers, le long de la cote Saint-jfetienne ot au 
port de Lanzac (Dom Fourmeault, Plantes des environs de SouillaC'CH'' 
Quercy^ etc., in Buc'hoz, Diet. nniv. des pL t. IV, p. 260). Je n'avaispas 
admis cette espece dans mon catalogue, parce que le synouyme de Colnnina 
n'est pas cil6 par Linne. 



M. Cosson depose sur le bureau des rameaux d'Oliviers, recueillis 
dans le cercle de Djidjelli et aux envii^ons de Bone (Algerie), pre- 
sentanl, a divers degres, une maladie connue des Arabes sous le 
nom diEl Memi ou d'El Djaiah^ et des colons europeens sous |o 
nom de noir. Cetle maladie, qui a gravement alteint ies Oliviers, 
non-seulement sur le littoral, mais meme dans Tinterieur, a vive- 
ment eveille la sollicitude de M- le general Desvaux, commandant 
la division de Gonstantine, qui desire etre fixe sur la nature du 
mal et sur les remedes k y apporter. — M. Cosson demande en 
consequence qu'une Commission soit nommee pour etudier la 

question. 
M. le President designe MM. Cosson, Duchartre, Greenland, 

Gubler, Montague et Tulasne pour faire partie de la Commission 
chargee de I'examen des echantillons presentes k la Societe et des 
documents qui les accompagnent, documents queM. Cosson se pro- 
pose de completer dans son prochain voyage en Algerie. 



\ 



230 



SOCIETIE BOTANIQUE DE FRANCE. 



i % 

M. Cosson donne ensuite lecture des rapports suivants adresses 
h M. le general Desvaux : 



Rapport de M. le capitaine Cousin sur la maladie regnant sur plusieurs 

plantations d'Oliviers dans le commandement de Collo. 

J 

Les Oliviers sont tr6s r^pandus dans le commandement de Collo ; ils y 
forment meme uue des principales richesses des Kabyles, mais malheureuse- 

^ 

ment ils sont souveht attaqu^s par une maladie qui les rend improductifs 
pendant plusieurs ann6es. 

CeVe maladie a recu deux denominations dans le pays : Fl Menn et El 
Djaiah . Le premier nom se trouve dans les dictionuaires arabes, mais pas 
avec la signification de maladie qui lui est attribute par les Kabyles; le second, 
d'apres le dictionnaire arabe-francais de Kasimirsky (I" volume, p. 350), 
signifierait jnal, catamite^ malheur qui frappe et detruit; ce qui repr^sente 
assez bien la pens^e des indigenes. 

Les arbres atteints de cette maladie deviennent noirs, ainsi que leurs 
feuilles. S'ils portent quelques fruits, ce qui est rare, ces fruits ne contien- 
nent pas d'huile. 

Les vieux arbres y sont plus sujets; cependant les jeunes, s'ils sont meles 
h ceux-ci, n'y ^chappent pas. 

Cette tnaladie fait le d^sespoir des Kabyles, car ils ne connaissent aucun 
remade r^ellement efficace pour la faire cesser. Divers essais ont cependant 
6t6 tentes. Comme^elle frappe principalemcnt les vieux arbres, quelques indi- 
genes les 6mondent pour les rajeunir et leur donner de la vigueur ; d'autres, 

E 

outre Tcmondage, les labourent an pied. 
Ces operations paraissent avoir quelque utilite, mais elles donnent taut de 

I 

peine et les r^sultatsse font si longtemps attendre, que la plupart des Kabyles 
pr(5fereut laisser au temps le soin de gu6rir leurs OUviers. D'apres \<^s pbser- 
vatioDS faites, une plantation atteinte de la maladie du noir ne donne plus de 
bons fruits avant une dizaine d'ann6es. 

Les arbres aitaques par cette maladie sont generalement situes sur des 
coursd'eau, dans des valines ou des bas-fonds. Les Oliviers malades en ce 
moment se trouvent : 

■ n 

1" Sur rOued Agm^s, TOued Bibi et I'Oued Guebli, chez les Bcni- 
Mehenna ; 

2** Sur I'Oued Elli-Zeggar, chez les Beni-Toufout; 

3* Sur rOued Zhour, chez les Ouled-Alia et les Beni-Fergan. 

Sur les hauteurs, elle se montre rarement. Cependant il existe aujourd'hui, 
h environ UOQ nifetres au-dessus du niveau de la mer, chez les Beni-Fergan, 
une plantation qui est attaqu^e. Ce qui est bien certain, c*est que sur des points 
pluseleves, surtout sur ceux ou la neige s^journe, cette maladie est inconuue. 



SEANCE DU 20 AVRIL 186J . 



2M 



Les indigenes ont dii resle constats que la neige est tres favorable a tons 
les arbres fruitiers. 

Les Kabyles ne connaissent pas les causes de cette maladie. Les uns disent 
qu'elle provient du brouillard, d'autres des Emanations de la terre. d'autrcs 
du vent de mer. Ce qui est bien constat^, c'est que presque tous les points 
cites par nous comrae ayant des Oliviers malades, sont tr^s sujets aux brouil- 
lards et aux vents de iner. La valine de I'Oued Elli-Zeggar, chez les Beni- 
Toufout, fait exception ; elle se irouve abritee des vents de mer, et le brouil- 
lard, dont elle est souvent couverte le matin, se forme dans la vallee raerae. 

Tels sont les renseignements que nous avons recueillis et les observations 
que nous avons faites sur la maladie qui atteint les Oliviers et qui est si prtju-r 
diciable aux indigenes. 



_/ 



Note sur la maladie des Oliviers dans pltisieurs tribus des environs de 

Dellys. 

L'une des maladies qui atleignent TOlivier est connue sous le nom ii'El 
\^lenn, qui, en arabe, signifie poussiere tres fine; elle est Ires commune chez 
les Flicet-el-Bahar ; depuis cinq ou six ans tous les Oliviers en sont atteinls. 
Le Menu est depose sur les Oliviers par les brouillards qui viennent de la mer, 
pouss^s par le Bahari (vent du nord) ; il est semblable a du noir de furade et 
ge repand sur tqutes les parties de Tarbre. C'est au printemps, ep mars, avril 
et mai, que les brouillards deposent cette matiere noiratre qui rend I'arbre 
improduclif. 

Lorsque la maladie atteint Tarbre avant la floraison, jl ne fleurit pas, etles 
jeunespousses sechont et tombent. Si Tarbre est en fleurs, celles-ci sechent 
et tombent; enGn, si le fruit est form6 et gros seulement comme du couscous- 

rv 

sou, le Menn le fait lomber ; mais, sMl Irouve le fruit plus gros, il le rend 
maigre, et si le fruit est mur, ce fruit ne rend presque rien. Dans toutes ces 
phases, le Menn attaque la lige du bourgeon, de la fleur ou du fruit, et la fait 
secher et se detacher de la branche. Lorsque le Menn n'attaque que les fruits 
et les feuilles, I'arbre gu6rit lorsque sqs feuilles se renou vellent, mais s*il a atteint 
aussi les branches et le tronc, I'arbre reste plusieurs ann6es sans produire ; 
alors, vers la troisieme ann6e, on coupe les branches altaqoees, et Tannee sai- 
vante, si le Menn n'atteint pas I'arbre, les nouvelles pousses donnent des fruits. 
Lorsque I'arbre guerit, il reprend peu ^ peu sa couleur primitive. Le nom de 
Menn n'est connu que chez les Flicet-el-Bahar- 

Ha suite de cette lecture, M. Cosson ajoute quelques observations : 

J 

■ n 

11 lui parait difficile de determiner si le Champignon parasite qui se dfive- 
loppe sur les diverses parties de roiivier constitue essentiellement la maladie. 



J 



t 

1 



\ 



232 SOCTETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

uu sMl est, au coiitraire, rexpressiou (Vuu elat niorbide anlerieur. Cette ques- 
lion est la mgme que celle qui a 6te agit6e, sans 6tre resolue, pour la maladic de 
la Vigne, si utileiiient combattue dans ces derniers temps par le soufrage. 11 
pense qu*il y a one indication utile signalee dans les deux rapports dont 11 a 
donn6 communication a la Societe. Ces rapports constatent, en effet, qu'a- 
pres r^mondage de Tarbre malade, les jeunes pousses se developpent r^gulie- 
reuient et portent des fruits, si le bois n'a pas 6te attaque. Selon lui, on pour- 
rait peut-etre utilement, apr^s avoir laille Tarbre, combattre rinvasion du bois 
par le nial, en y pratiquant des lotions avec de I'eau de chaux, ou mieux avec 
de Teau ciiargee d'hyposulfite de chaux, comme on le fait dans les vergers 
pour pr6venir le d6veloppeuient des v^getaux parasites. II a 6t6 remarque, en 

r 

outre, que les Oliviers sont rarement malades dans les localil^s ou ils sont 

4 ^ 

converts de neige pendant un certain temps, et ce fait lui paraitrait venir ^ 
Tappui de reflicacite probable de Top^ratiou du chaulage ou de toute autre 
pratique analogue pouvant garantir le bois contre la dissemination des spores 
des Cryplogames. 



w 

M. Gubler dit que M. Montagne a etudie le parasite de rOlivier 
et Ta nomme Antennaria elmophila. On le connait, sous le nom 
Yulgaire de fumagine^ aux environs de Grasso, ou il a cause de 
grands ravages, il y a une qulnzaine d'annees, notamment a Beau- 
lieu, dans une localite huraide et abritec des vents du nord, siluee 
le long de la route de la Corniche. Dans cette localite, la maladie a 
disparu d'elle-meme sans qu'on eut rien fait pour Tarreter. 

M. Napoleon Doumet ajoute qu'on a observe a Cette des faits sem- 
blables. La maladie des Oliviers a ete intense il y a trois ou quatre 
ans, et elle diminue aujourd'hui. La localite ou elie sevissait pros 

r 

(le Cette n'etait point k I'abri des vents du nord. M. Doumet a aussi 

L — 

observe la m^me maladie sur des plantes de serres, telles que des 
Abutilon, des BuginvilliJea et divers Grangers. 

\ M. Passy fait a la Societe la communication suivante : 






NOTE SUR LA RECOLTE DES TRUFFES DANS LE DEPARTEMRNT DE LA HAUTE-MARNE, 

par M. A. PASSY. 



On r6colte dans les for^ts du d^partement de la Haute-Marne, aux environs 

F 

d* Arc-en-Barrois et dc Chateauvillain , deux espfeces de Truffes : I'une est le Tuber 
CBStivum ; Tautre le Tuber rufum. Toutes deux onl (5te determin^es par mon 
savant confrere M. Tulasne, h qui je les avais soumises. 

La note que j'ai Thonneur de lire ^ la Soci6l6 a beaucoup nioins pour objet 



/ 



■ 



SEANCE DU 26 AYRIL 1861. . 233 

une question de botanique qu'une question d'liabitat et du mode de repro- 
duction des Truffes. 

+ 

En donnanl des observations precises sur les localites ou Ton trouve les 
TrulTes, sur leur station, sur la methode suivie pour les d^couvrir, on pent 
lever quelques-unes des difficultes qui entourent Tobservation exacte des 
circonstances dans lesquelles cetto production se manifeste, circonstances sur 

r 

lesquelles tant d'incertitudes reguent encore, Ces incertitudes out conduit h 
des systfemes singuliers sur la culture de ces comestibles ct sur leur origine. 
L'expose de la maniere dont la r^colte s'opere dans les lieux on je I'ai pu 
observer et les consequences que Ton peut en tirer me paraissent de nature 

^ ■ 

h expliquer quelques points douteux. 
Habitat. — Dans les taillis au-dessous de sept ou huit ans, on ne trouve 

■ ^ 

pas de Truffes, mais, depuis cet age jusqu'a la revolution de la periode d*ex- 
ploitatiou de vingt a trente ans, les produits suivent une progression qui ne 
fait que s'accroitre en raison de I'age avance des' coupes, surtout lorsque la 
recolte se fait annuellement, en temps opportun et saison convenable, apres 
parfaite maturity. 

Ainsi la premiere ann^e de recolte a lieu lorsque le taillis est parvenu h sa 
neuvi^me annee, et alors la Truffe, sous la mousse et sous les pierres ^parses 
ti demi enterrees dans le sol, se rencontre presque a fleur de terre, toutefois 
en petite quantite. Mais, les annees suivantes, quand le terrain a ete explore, 
et par consequent cultive par la houe ou piocbe du truffier, les Truffes 
Mevienneut plus abondantes, mais aussi plus difficiles adeterrer, parce qu'elles 

sont plus profondement enterrees. 

Les truffiers declarent qu'ils n*ont jamais rencontr6 de Truffes adherenies 
a des fils ni a des corps Strangers, qu'elles croissent a Tombre, au milieu des 
debris de feuilles de Chene et d'autres essences sans distinction, pourvu lou- 
lefois que le sol soit maigre, pierreux et melange de tr&s peu de terre vegctale. 

On les trouve done isolees, mais disposees comme un cliapolet et formanl 
un cercle, ainsi que c'est le mode de croissauce de plusieurs especes de 

Cbampignons. 

Les cep6es de Coudrier passent pour etre les plus favorables a la vegetation 
aes Truffes; mais cette preference n'exclut pas les autres essences, ct Ton a 
aussi rencontre des Truffes en abondance sous les Pins silveslres dans les 
environs d'Arc-en-Barrois. Elles se montrcnt meme dans lesjardins ctjusquc 

dans le cimeliere de cette ville. 

Recolte. — Ghaque annee, les truffiers demandent et obtiennent des 
proprietaires de hois des permissions pour chercber les Truffes, et voici com - 

menl ils procSdent a cette recolte : 
Armes d'une houe d'une forme triangulaire, ils conduisenl dans les taillis 

de petits chiens dresses ^ cette chasse; 
Ces chiens, qui n'appartiennent pas a une race speciale, resolvent une edu- 



2U 



SOCltTt BOTANIQUE DE FRANCE. 



cation particuliere, etl'on pref^re pour leur donner leur instruction ceux qui 
descendent de p^re et mhre qui ont d^jh exercfi. Leur Education est simple ; 
elle consiste a cacher un morceau de Truffe avec un morceau de lard dans 
un sabot renipli de terre, et, quand ils les ont trouv^s par I'odorat, on leur 
donne un petit morceau de pain. Lors de la r^colte dans la foret, chaque fois 

^^ r 

qu'ils ont indiqu6 une Truffe, la meme recompense 6conomique leur est 

r 

donnee. Un chien-truffier se vend jusqu'Ji 100 francs. 

Les chiens de chasse ne sont jamais dresses par les truffiers, parce que 
leur instinct les porterait a chercher des traces de gibier plutot que les Truffes, 

Les cbiens, ainsi men^s par les truffiers, qufitent le long des allies, des 

m 

sentiers, dans les taillis, et, quand ils rencontrent une Truffe, ils s'arretent et 
commencent a gratler la surface du sol; le maitre donne un coupde piocbe et 
d^couvre la Truffe, puis il suit la trace en decouvrant le cercle oil setrouvent 
les autres tubercules. 

Comment le chien est-il guide par son odorat ? Ici il y a une remarque h 
faire. La premiere Truffe rencontr^e est toujours piqu^e par un insecte, g6n<5- 

ralement par un coleoptere que M. Gu6rin-iVIeneville a reconnu pour etre 
VAnisofoyna cinnamomea. Ce coleoptere vit a I'^tat de larve dans les Truffes 
qu'il perfore et gate. On le trouve dans tous les pays oii Ton rencontre des 
Truffes; il n*est rare nuUe part. 

Quelques personnes ont pens6 que cet insecte, comme beaucoup d'autres, 
est la cause de la production des Truffes en piquant les racines des arbres et 
proYoijuant ainsi la naissance du tubercule sous terre, comme les Cynips pro- 
voquent le developpement des galles sur les branches. 

Il 6tait plus naturel d'admettre que cet insecte et les autres assez nombreux 
qui sc trouvent dans les Truffes n'ont d'autre objet que d'en faire leur nourri- 
ture. Mais, ce que Ton doit remarquer, c'est que le petit chien-truffier s*arrete 
toujours sur une Truffe piquee par un insecte ; en effet, leparfura de celle-ci 
est plus d6velopp6, et cette circonstance explique comment le chien la d6- 
couvre plus facilement que les autres. 

Il arrive que le chien passera sur un depot de Truffes sans s'arreter, et 
pois, s'il revient au bout de quelques heures et qu*une Truffe ait ete piquee 
dans Tintervalle, il la trouve imm6diatement. La piqure ne fait que donner 
lieu a la manifestation du parfum. 

Quand les truffiers ont fait leur r^colte en poursnivant les tubercules 
qui occupent le cercle ou elles vegetent, ils ont soin de piocher la terre, 
d'enlever les mousses : c'est ce quMls appellent cultiver les Truffes. lis piochent 
mSme les truffieres d6ji exploitees et qui leur paraissent en mauvaise condition. 

Un bon truffier pent gagner jusqu'a 200 francs dans sa saison. 

Les Truffes sont vendues a Arc et conserv^es dans des bocaux ; on en expedie 
des quantit^s notables b Strasbourg , ou elles sont m^l^es avec celles du 
P6rigord. 



/ 



SEANCE DU 26 AVRIL 1861. 235 

* 

Sans doute les Truffes de Bourgogne et de Champagne n'ont pas la quality 
de celles du Perigord ; mais celles qui soiit bien mures exhalent cependant un 
parfum prcsque aussi agr^able. 

Cette exploitation occupe treiite personnes dans la seule commune de 
Richebourg, sur la route d'Arc h Chaumont-en-Bossigny; les autres com- 
munes du voisuiage n'offrent qu'un truflier par localile, 

Ce que je viens de dire est le r^sumfi d*observations faites en la compagnie 
des truffiers et sur leurs declarations, apres une enquete faite pendant plu- 
sieurs annees et confirmees par des proprietaires du pays. 

II eh resulte que les Truffes croissent a I'ombre des cepees et des arbres 
de toutes les essences et mejne sous les arbres-verts, et Ton Irouve celle note 
dans le Moniteur du 18 d^cembre 1860 sur les Truffes de TAIgerie : 

« L'AIgerie produit en certains endrolts d'abondantes Truffes noires, d'un 
a grain d^licatet d'un delicieux arome. On remarque que la Truffe qui, en 
« France, semble se plaire dans le voisinage du Ch6ne et du Charme, vient en 
» Afrique plus abondainment a I'ombre des Pins et des Cedres et quelquefois 
» loin des racines de toute espSce d'arbres. » 

A cette derniere observation j'ajoulerai que, days la Haute-Marne, la Truffe 

r 

rouge {Tuber rufum) vient non-seulement sur les bordures de forets, mais 
aussi dans les champs du voisinage, a une certaine distance des bois, autour 

d'arbres isoles. 

II demeure encore constate que les Truffes ne sont decouvertes que dans les 
taillis ag^s de sept 5 huit ans et qu'elles se reucontrent dispos6es en cercle ; 
que les iosectes qui les piquent eu font leur nourriture, mais qu'elles ne pro- 
viennent pas d'une excroissance sur des racines piqu^es par les insectes. Leur 
mode de reproduction naturelle n'est pas encore parfaitement connu. II est 
difficile a observer, mais on pent tirer de ce qui precede Tinduction que leur 
vegetation n'est pas diff6rente de celle des autres genres de Tub6rac^es. 



A la suite de cette communication, M- Gubler presenle les obser- 
vations suivantes : 

La communication de M, Passy a n^cessairement excite ia curiosite et I'lii- 
leret de la Societe ; pour ma part, j'y ai trouveun attrait tout particulier, parce 
que je viens de lecueillir des renseignemenls presque entitlement conformes 

sur la rdcolte des Truffes en Provence. 

Dans les environs de Grasse, que j'ai surtout parcourus, ces Champignons 
croissent en grand nombre dans la region montagneuse. Entre autres localit^s 
qui en sont abondamment pourvues, je citerai les communes d'Aups, de 
Saint-Cesaire et la montagne de Courmetie. Les Truffes sont d'une chair 
g^n^ralement noire. Je m'en procurerai unesSrie d'echantillons, puisque cela 
interesse la Society, mais, pour le moment, je ne suis pas en mesure d'en 



236 . SOCIETE BOTANIQIJE DE FRANCE. 

4 

deterniJiier rigoureusenient Tespfece ou les cspeces. C'est sous le Ch^ne a 
feuilles caduques que la TrufFe vient le plus com muniment. Je saurai vous 
dire plus tard quelle esl la variete qu'elle preRre, car il j en a uue. Au reste, 
elle se rencontre quelquefois en assez grande quantile sous les Cades [Jnni- 
perus Oxycedrus), ainsi que sous les Coudriers, mais cesont surtout les forets 
de ChAnes-blancs qui sont exploit^es. 

Ces forets, situ6es sur des pentes ou des plateaux calcaires en partie revetus 
d'une couche d'argile rouge ferrugineuse, ne comptent qu'un certain nombre 
d'orbres-truffiers parfaitement connus des hommes qui se livrent a la recherche 
des Jruffes. Telle est Tinfluence reconnue des arbres sur la propagation du 
Champignon, que les fermiers stipulent expressement dans leurs baux : qu'il 
ne sera pas abattu un seul de ces arbres-truffiers ni mSme une de leurs bran- 
ches principales. 

L*exploi(ationse fait, en elTet, de deux manieres ; 1° par des fermiers h 

bail comme je viens de le dire ; 2** par des chercheurs, ou chasseurs de Truffes, 
nomades, qui partagent la r^colte avec le proprietaire. Je ne parle pas de Tex- 
ploitation clandestine par les maraudeurs. qui n'est pas la moins active. 

Quant h la r^colte, elle s'effectue par deux procM^s. A-t-elle lieu dans des 
conditions licites, elle se fait d'ordinaire a I'aide de cochons efflanques et 
agiles, que j'appellerai, siTonveul, des pores de course, ou, avec M. ledoc- 
teur iMaure, des cochons-levriers. Ces animaux, tvbs habiles h d6couvrir le 
pr^cieux comestible, recoivent un gland en echange de chaque Trufie qu'ils 
amenent a la surface de la terre. 

Le procede suivant, beaucoup plus curieux et moins connu, semble avoir 
6te invent^ par les braconniers de I'industrie truffiere, qui seraient, dit-on, 
rest6s longtemps en possession exclusive de leur secret. Ces hommes, ne 

r 

pouvant mettre h profit Tinstinct merveilleux du cochon dont la presence les 
aurait trahis, ont mis un insecte de complicity dans leurs manoeuvres. C'est 
une mouche qui les avertit de la presence des Truffes. Lorsqu'ils Tapercoi- 
vent, its en suivent avec attention les mouvements, et, des qu'ils la voient, 
apres des circuits plus ou moins nombreux, revenir toujours a la menic place 
et finir par s*y poser, ils jugent que la doivent exister des Truffes, et leur 
attente n'est jamais trompee^ L'indice fourni par ces dipteres est tellement 
certain, que les propri6taires eux-m6mes se laissent guider par eux lorsqu'ils 
n*ont pour but de r^colter que la provision d'un jour, car, on le concoit, le 
moyen est pen expeditif. 

• ■ ■ 

Les mouches en question sont d*une couleur blonde ou fauve, d*une forme 
plus allongee et plus elegante que celle de la mouche domestique. J 'en possede 
deux individus qui pourronl etre soumis a un entomologiste pour en faire la 
determination sp^cifique. 

Si la Society le desire, je demanderai des details plus circonstancies sur la 
r^colte des Truffes h deux hommes distingu^s habitant les Alpes-Maritimes, 



-^ * 



-■'-^-^^" -i^ --*C V_-^l,-ii*;Vt^ 



( 









SEANCE DU 26 AYIUL 18(51. 237 

M. ledocteur Waure, deja nomm(5, et M. Morel, propridtairc de Courinctie, 

membrcs tous deux de nos anciennes asseniblees legislatives. Je n'ajoutc 

qu'uii mot : c'est que I'existence d'une truffiere peut, jusqu'a un certain point, 

se deviner d'apres I'aspect du sol, qui est aride, st6rile, depourvn d'herbe et 
fcndille. 



M. Passy dit que, dans le departeiTieiit do la Haute -Marne , on 
sail aussi qu'il y aunc espece de mouche qui pique les TrufTes, mais 
qu'il n'a pu se procurer cet insecte. 

Plusieurs membres font remarquer que les Truffes sont niainte- 
nant recherchees avec succes dans plusieurs localites des environs 
de Paris, pres d'Etampes, de Nemours, de Magny-en-Yexin, etc. 

M. Brongniart rappelle qu'il y a une quinzaine d'annees on exploi- 
tail les TrufTes au bois de Vincennes ; il ajoute qu'aux environs de 
Paris on a I'habitude de recolter ces Champignons hypoges trop tot, 
en septembre ou octobre, et qu'il faut attendre le mois de novembre 
pour avoir des Truffes savoureuses. 

M. Andry dit qu'il a vu des Truffes, recoltees avant leur maturile 
et alors presque depourvues d'odeur, murir sur I'appui d'une 
fenetrc et acquerir une saveur tres parfumee. 

M. Gubler fait a la Societe la communication suivante : 



OBSERVATIONS SUR LA FLORE DU DEPARTEMEI^T DES ALPES-MARITIMES, 

par M. Adolphe CiUBI^BR. 



^ 

Ma saiile, gravement compromise Tau dernier par une piqure anaton)i<|ue, 
tn*ayant conduit cet Iiivcr dans le midi de la France, oii j'ai du sojourner 
pendant les trois mois de Janvier, fevrier et mars (1861), j'ai mis a profit 
ces loisirs forc<5s pour 6tudier, autant que le permettait la saison, la flore de 
Cannes et des Alpes-3Iaritimes. Par bonheur, dans cette region privilegiee, 
la veg<5tation ne subit pas, comme dans nos froides contr^es, une suspen- 
sion complete, en sorte qu'il m*a 6te donne de recueillir un grand nombre 
de planles et beaucoup d'observalions phytologiques. 

J'aurai Thonneur de soumcttre a mes collegues un travail d*ensemble sur 

w n ■ 

h 

la flore des environs de Cannes, et specialement sur cette partie de la geogra- 
phie botanique qui prend le nom de phytostatique. Je monlrerai alors, par des 
preuves evidenles, je crois, les rapports constants qui exislent entre la nature 
chiraique du sol ct le tapis v6geial dont il se couvre, mais auparavant je desire 
presenter a la Society, sans m'assujeltir d'ailleurs a un ordre bien rigou- 
reux, des remarques sur divers points de detail Aujourd'bui j'apporte 



238 



SOCIETE BOTANIQIIE DE FRANCE. 



quclques plaiilcs absolument ou relativernent rares donl j'ai trouve des loca- 
lites nouvelles, et je vais faire passer sous les yeux de mes collegues une nom- 
breuseserie d'ccharitillons reproduisantles principales formes des deux especes 
d' Anemones propres a noire littoral mediterran^en. 

1^ Galium saccharafum AllionL — Cetto espece curieuse doit son nom 
specifique h Taspect de ses fruits blanchalres et herisses de tubercules a la 
maniere de certalnes dragees ; elle est consid6ree comme rare, memc dans la 
region mediterraneenne, puisque MM. Grenier et Goclron ne rindlqueiltavec 
certitude qu'a Frejus et a Toulon, d'apres MM. Perreymond et Robert : 
« Bien que cette espece, ajoutent les auteurs de la Flore de France, figure 
« dans les Flores de plusieurs departeinents, nous n'a\ons vu d'exemplaires 
» authentiques que des deux localiies cit(5es, » Or cetle planle est tres com- 
mune dans Tarrondissement de Grasse, oii elle forme parfois un gazon sur les 
champs argileux et dans les terrains prives de calcaire. A Tile Saint-Honorat, 
je Tai trouvee plus abondante encore que partout ailleurs. Au reste, 11 ne 
faudrait pas chercher ce Galium en fleur dans les mois de mai et juin, comme 
rindiquent les livres ; I'^poque de sa floraison est beaucoup plus pr^coce, du 
moins dans le pays que j'ai explore, car j'ai recueilli mes premiers echan- 
lillons des le 7 f^vrier, et ii 6tait charge de fruits murs au milieu du mois 
suivant. . • 

i 

2'' Geranium tuberosum L. — Bien qu'il soit plus r^pandu en France que 
le Galium saccharatum^ c'est encore une espece rare. A part quelques loca- 
lil6s aux environs de Toulon et de Marseille, on ne le retrouve plus qu'a Agde 
et dans le departement de la Vieiine. Je I'ai vu d'une extreme abondance, dans - 
les champs argilo^calcaires du terrain jurassique et dc la molasse, autour 
d'Antibes, a ce point qu'en plusieurs endroits il semblait etre I'objet d'une 
culture et parlageait avec la Tulipe' precoce le terrain conquis sur les 
cer6ales. II commencait a fleurir le 12 mars, et je Tai retrouve eii pleine flo- 
raison le 28 du meme mois. 

3° Sedum dasyphyllum L. (3. glanduliferum. — Cette variete est si bien 
consid6r6e comme parliculiere a la Corse, qu'elle a recu de M. Duby le nom de 
S. corsicuyn. Toutefois MM. Grenier et Godron 6mettent la pensee qu'oh la 
trouvera (^ peut-6tre sur le continent dans la region mediterraneenne. o En effet, 
non-seulement elle s'y trouve, mais elle y est commune sur les rochers et les 
murailles calcaires seulement. Comme le type de'l'espece, la variety glandu- 
lifere manque absolument dans les terrains primitifs ou siliceux. On peut dis- 
tinguer deux sous-vari6t6s au point de vue de la coloration : Tune d'un vert 
glauque, Tautre d'une nuance amethyste fort belle ; celle-cioffre, dans la strtic^ 
• lure de ses polls, une parlicularit6 curieuse. Le renflement glanduleux, vu k 
un faible grossissement, se montre forme par qualre grandes cellules en deux 
etages superposes avec Une ligne de separation cruciale. Les deux cellules 

■ip6rieures sont incolores, tandis que le contenu des deux inferieures, atte-^ 



I 



SEkmE DU 26 AYRIL 1861. 230 

naiit au pedicule, est Colore en rouge violet. Les memes differences s'obser^ 
vent d'ailleurs dans le tissu utriculaire des feuilles. 

4° Primula grand i flora Ldnn. — D'apres les auleurs, le genre Primula 
est fort ttial reprcsente dans la region mediterran^enne. Sans parler des 
hybrides, les Primula elatior et grandi/Iora y feraient completement defaut, 
et !e P. officinalis, si comniun partout, serait tellernent rare sur nos cotes 
meridionales, et particuliereinent vers Test, que la locality de Toulon, signal^e 
par iM. Robert, n'est indiqu^e qu'avec doute par MM. Grenier et Godron. 
Daiis la persuasion que cette absence de Primeveres etait aussi complete qu'on 
nous la montrait, je la consid^rais d'avance conime une facheuse compensa- 
tion aux ricbesses que le printemps fait eclore dans ces contrC^es favorisees du 
del Mais cette inf6riorite n'existe pas en realite, du mollis pour le departc-* 
mentdes Alpes-Maritimes. De tons coles, aux environs de Cannes, la Prime- 
Vftre a grandes fleurs ^tale ses corolles soufrees. Je Tai recueillie le long de 
plusieurs affluents de la Siagne, notamment dans la vallee de Gourdclour, dans 

celle de la Fray^re ainsi qu'aupr&s de Pegomas et d'Auribeau ; j'enposs^de ^ga- 
lement des echantillons provenant des rives du Louppres de Villeneuve (1). Cette 
derniere localite appartient aux terrains volcaniques ; les autres correspondent 
aux terrains de glieiss. Toutefois, ni dans les unes ni dans les autres, le car- 
j ' bonale de cbaux ne manque completement, soit parce que les cours d'eau ont 

traverse des terrains calcaires, ou bien parce que, cfiux-ci existent a liiie tr^s 
petite distance, les agents atmospheriques ont pu en apporter des detritus 
dans les valleesdes terrains primitifs. Quoi qu'il en soit, la terre dans laquelle 
croissaient mes echantillons, trait^e phl'Tacide chlorhydrique, laissait d^gager 
des buUes de gaz carbonique indiquant la presence des carbonates terreux. J'ai 
pburlantquelque raison de penser que \e Primula grandiflora n'airae point 
le calcaire piir, atiendu que je I'aivainement cherche dans la partie sup^rieure 
du cours de la Siagne, du cote de Mons et de Saint-C^saire, c'est-^-dire au 
milieu du terrain jurassique* Au contraire. je le retrouvai plus tflrd aux 
apprbches de Vienne (Isere), r^pandu a profusion sur les pentes berbeuses et 

bumides des coUiues de gres. 

5° Voici maintenant la collection des formes appartenant aux Anemone hor* 

tensis et coronaria de Linne. 

A voir le nombre et la diversite de ces formes^ on comprend qu'une cer- 
taine confusion regne encore dans leut^ description, et Ton ne s'etonne pas que 
rillustre anteur du Svsteme sexuel n'ait pas toujours su les rapporler a leur 



•i 

(1) L*Un de ces echantillons offre Tanomalle suivante : la hampe commune produit, 
d^s sabase, cintl p6doncules uniaores, de 12 a 15 centimetres de longueur, quisemblenl 
partir du collet de la racine; puis eUe s'eleve a une haUleur de pr6s d'un decimetre, et 
donne alors naissance a cinq autres p^doncules floraux disposes en ombelle simple el 
dont la longueur fest telle qufe les ileurs qu'ils supportenl alteigncnl a peu prcs la mime 
hauteur que celles a pedoucule$ radicaux. 



2/iO SOCIETE nOTANIQUE DE FRANCE. 

type primordial, puisque, au rapport de De Caiidolle, il aurait place VA. pa- 
wnma parnii les vari6les de VA. coronaria, Ces deux representaiils prlnci- 
paux du magnifique genre Anemone sont veritablcment proteiformes, non- 
seulementdansnosjardins, oii ces plantes ornementales sont frequemment 
cultiv^es, mais encore dans les lieux ou elles croissent naturellement. A la 
verity, ces deux conditions, si differentes pour la plupart des especes\6ge tales, 
sont, au contraire, fort analogues pour celles qui nous occupent ici. Le plus 
souvent, en effet, les Anemones, spontanees dans nos contrees*populeuses, 
sont neanmoins cu!tiv<5es par Thomme et malgre sa volonte. Elles viennent en 
abondance dans les terres les plus soign6es par Tart ; c'est sous les Oliviers, 
dans les champs prepares pour d*autres cultures, qu'elles etalent toute la splen- 
deur de leur vegetation, Dans les Alpes-Maritimes comma' dans le reste de la 
l^rovence, la (erre sous fes Oliviers est remuee a la houe tons les ans, fumee 
par Tengrais humain, c*est-a-dire par la substance la plus azotee et la plus 
cxcitante pour la vegetation. Toutes ces circonstances reunies : Texcellence 
jiaturelle du sol, la richessc de I'engrais, les preparations repetees de la terrc, 
tout cela concourt a produire une vegetation luxuriante caracterisee par Tele- 
yation de la taille, les formes plus robustes, la metamorphose petaloide de 
Tandrocee et du gynecee, et en meme temps par diverses modifications du type 
qui ne derivent pas aussi clairement que rob^sit^ de cette exuberance de sues 
nourriciers et des autres conditions d'une plus grande activite organique. En 
definitive, ces changeraents sont identiques avec ceux que determine une 
culture r6gulitre pratiquee dans le but d'obtenir des variet^s horticoles. 

Ces remarques prealables claient necessaires pour faire saisir Tobjet prin- 
cipal de mes recherches dans Tetude des deux especes d'An^mones propres au 
midi de la France. Au milieu deleurs varietes, si nombreuses et si disparates 
qu'elles semblent au premier abord coustituer autaut d'especes distinctes, j'ai 
youlu demeler les formes primitives, independantes de toute intervention 
meme involontaire de Tart, afui de les prendre comme types sp^cifiques, ^ 
Fexclusion de toute autre forme imputable a des circonstances artificielles. 
Apres mur exameii, je ii'hesitc pas a declarer que de toutes ces varietes il n'eii 
est qu'une seule pour chacuue des deux especes d'Anemones qui soil reelle- 
ment, je ne dis pas spontanee, elles le sont toutes dans le pays, mais sauvage, 
c'est-h-dire a la fois spontanee et non modifiee par I'intervention de rhomme. 

Cette distinction entre les formes recUement sauvages et d'autres siraple- 
racnt spontanees, d6ja faite, je crois, par De Candolle et reproduite par le 
savant auteur de la Flore d' Alsace, M. Kirsclileger, me parait importante Ji 
beaucoup d'egards el applicable a nombre d'especes bolaniques. Ainsi plu- 
sieurs plantes des Alpes-Maritimes, dans leur etat spontane, sont obeses et 
defornn^ies par I'effet des stimulants trop energiques de leur vegetation.- 

Les deux especes linn^ennes du genre Anemone dont j'aifait I'objet de mes 
recherches prescntent deux series paralleles de variations homologues, a travers 






SEANCE DU 26 AVRIL 1861. 2lil 

lesquelles il paraitrait difficile de demeler les types sp6cifiques respectifs si 
I'on ne poss6daitun caractere fondamental invariable qui permit deles recon- 
uaitre. Ce criteriuin c'est la forme de la feuille, qui est palm(5e dans VA. hov^ 
iensis, trois fois ail6e dans VA. coronana. En dehors de ce caractere, il n*cn 
est pas d'assez net ni d'assez constant pour servir de base assur^e 2i la diagnose ; 
mais celui-la seul suffit. ^ 

Eh bien ! de toutes les formes a feuilles palmatisequees, il n'en est qu'une 
qui se rencontre sur les rochers et dans les lieux incultes : c'est la plus petite 
et la plus grele, a laquelle s'applique parfaitement la description (ieVAnemo7ic 
stellata Lam. Elle est, en general, fort distincle des autres, non-seulement 
par sa taille, mais aussi par la forme et la couleur des parties de la fleur. Les 
fleurs ne sont jamais d'un rouge ecarlate comme dans les aulrcs variet^s; ellcs 
olfrcnt d'ailleurs des nuances assez diverses : tantot d'un gris clair on mfimc 
blanches, plus souvent lilas ou mauve, quelquefois d'un rouge violac6, sur- 
lout dans leur jennesse, II en est aussi a petales (1) discolores, d'un rouge 
vineux assez vifa la face sup6rieure, et d'un bleu prononceeh dessous. Malgr6 
ces caracteres, c'est a tort, selon moi, qu'on voudrait js^parer cette forme de 
cellos dont il me restc a parler, car j'ai rencontr^ tous les interm6diaires entrc 
dies et la variete 6rigee en espece sous la denomination (['Anemone pavonina 
I)C. Ces formes de transition, dont je presenle quelques specimens a la Sociele, 
sc font remarquer par une taille un peu plus elevee et plus robuste que celle 
de VA. stellata^ par des fleurs plus grandes, a petales plus larges et de cou- 
leurs eclatantes, tantot d'un rose vif, tantot d'un rouge carmin. On arrive 
ainsi d'une maniere graduelle a cette variete splendide, ^ grandes fleurs 6car- 
lates, connue h Nice et ailleurs sous le nom A' Anemone Regina^ correspon- 
dant, je crois, a V Anemone fulgens des auteurs et susceptible encore de 
quelques leg^res variations. Les petales, toujours etroits relativeraent a leur 
longueur, mais un peu elargis au sommet qui est obtus, peuvent etre rouges 
dans toute leur etendue; plus ordinairement ils sont marques S la base d'une 
tache jaune-paille, glac6e, qui, avec le rouge rutilant du reste du limbe 
'el la couleur sombre des etamines, forme un ensemble d'un effet admirable. 

A cette variete se raltachent des formes semi-doubles, S p6tales panaches, 
a fleurs proliferes. Cette derniere sous-varielc nous ofi*re une hampe portanl 
en has une collerette normale, puis, a la distance ordinaire, un verticille peia- 
loide traverse par I'axe qui se continue au-dessus et se termine enfin par uuc 
seconde coroUe protegeant unandrocee et un gynec^e rfiguli^rement confor- 
ines. C'est moins une variete qu'un accident t^ratologique. 

A cote se place une troisieme forme principale de V Anemone hortensis, h 
petales plus nombreux, plus etroits et plus aigus, mais d'ailleurs d'un rouge 



V 



(I) Je considere Tenveloppc coloree des An6mones comme une veritable coroUe el la 



collerette comme un callce. 

T. V^H. 



16 



242 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



retourneraieut a la longue an type priniilif. Toujours esl-il que 



'^clataut comme dans lasecondc. Je ue lui ai, pour aitisi dire, jamais \u des 
fleurs simples, eJles sont a peu pies loujom's obeses et souvent entitremerit 
doubles. Tous les elements des verticilles staminahx et pistillaires sont alors 
transformes en lames petaloides d'un rouge ecarlate, dillerant sculement les 
unes des autres en ce que les plus interieures sontquelqueFoismoinsavancees 
dans leur metamorphose, plus etroites, plus courtes et couvertes de polls 
appliques plus nonibreux rappelant les carpelles. l\ en est de couleur unie et 
d'aulres panachees de blanc sur un fond rouge. - 

- Malgr6 leurs differences, ces trois variei^s ne conslifuent qu'une seule el 
meme esp^ce : la premiere, qui s'<5Ioigne le plus des deux autres, s'y raltache 
pourtant par des chaiuons inlerm^diaires, et cequi prouve bien queTessence 
reslc identique malgr^ la diversity de la forme, c'est qu*on volt celle-ci se 
modifier toujours dans le meme sens sous Finfluence des memes conditions 
tjxl^rieures; en sorte que, suivant toule vraisemblance, en partant de 1*^4^^- 
mone stellala, il sCf^it possible d'obtenir artificiellement les autres formes, de 
meme qu'en resliluant ces dernieres dans les condiiions de I'dtat sauvoge, 
elles 

V Anemone stellata est relegu6 dans les terrains les plus maigres, tandis que 
les autres formes plus vigoureuses occupent sans partage les terres fortes et 
grassement fumees. Si telle est I'iiifluence du terrain, il s'ensuit que les 
formes intermediaires entre VA. stellata et VA. pamnina doivent avoir subi 
rinfluencc de conditions 6galement moyennes; c'est, en effet, ce que j'ai 
observe, car j'ai rencontre ces formes, non pas en grandes masses et dans le 
centre des grandes cultures, mais sur le bord des champs, au voisinage des 

4 hi 

lieux arides, peupl^s uniquement d'A. stellata, comme si des graines de 
celle plante, tombees dans un sol plus riche, avaient deja doiin^ une forme 
plus robuste qui, sous des influences de meme 6rdre, mais plus prolongees, 
aboutlrait a I'-i. pavanina. 

En defmitive, puisque YA. stellata est le type sauvageet origineldes autres 
formes r^unies par Linne sous le nom d'/l. hortensis^ je pense que I'espece 
reconslituee sur les memes bases devrait a I'avenir porter le nom qui lui a et6 
impose par Lamarck. tn 

Comme sa congenere, r.4. co7'onaria n'a qu'une seule forme h I'etat sau- 
vage, et cette forme se rapproche singuliereraent, en quelques circonstances, 
de la planle de Chypre d^crite par De Candolle {Sysf. regn. veg. I, 197) 
sous le nom d'A.pusilla, laquelle ne me parait gtre r^ellement qu'une rariet^ 
de r.4. coronaria. Kn tous cas, la forme sauvage que j'ai rencontree dans les 
environs de Cannes se distingue par sa laille plus exigug, sa fleur plus petite 
k petales plus etroits et s^pares par des intervalies assez considerables. Ses 
fleurs n'offrent pas d'aulres colorations que le violet ou le gris de lin. 

Une forme plus robuste, mais d'ailleui^ senablable, se retrouve dans lea 
terres riches et fumees ; ellc vit pele-mele avec une vari6te, au premier abord 



i 



SieAKfJE tiu 26 AVRIL 1861. ?/i3 

fori distinctc a cause de la couleur rouge de ses petales, niais d'ailleurs ideii- 
tlque, quant a la stature et aux autres caracleres. La Inrgeur de ses p^tales, 
I'iiitensite de leur couleur ponceau, leur aspect velout6 rappcllent la fleur du 
Coquelicot. Cctle vari6f6 croit en si grande abondance dans les cultures de la 
plaine qui s'etend du pied de la colline de Grassc jusqu^a Mouans, que les 
champs en sont litteralemqnt rouges ; elle 6louffe les plantes sem^es, malgrfi le 
som que prennent les paysans d'en exlirper les griffes lors de la preparation dc 
la terre et malgr^ le travail special de femmes et de jeuries fdles pay(5es h la 

- 

journ'je pour arracher cetle maiwaise herbe. C'est, pour VA. coronaria^ Tana- 

logue de la variete fuUjms. La forme suivante se rapproche, au contraire, de 

VA. pavonina. Elle a des fleurs de grandeur g^nfiralement mediocre, de cou- 

leurs varices et rarement d'une teinle uniforme. Les unes sont auiores avec 

nuances de jaune, les autres panacliees de rouge et de jaune clair ; les petales 

sont lanc6o!es, aigus au lieu d'etre obtus comme dans Tespece; les clamines 

et les pistils ont toujours subi une transformation p^taloide plus ou moins 

avancee, souvent complete. Cue quatrieme vai iet^, qui n'a pas son represen- 

tant dans Tespece precMente, est remarquable par la disposition r^guliere des 

zones colorecs de sa fleur qui est ordinairemcnt plus developpee que dans la 

variete precedcnte, mais moins grande que dans celles que j'ai decrites aupara- 

vant. Les p6tales, d^unblanc d'argent vers les cn^lois, dcviennent brusque'meut 

d'un rouge amarante tres vif qui s'affaiblit ensuitc vers I'extremite libre ou 

il se fond insensiblement avec du jaune tres lave. Le groupe des diamines et 

des pistils, d'un bleu violac6 sombre, constitue avec le reste nn ensemble qui 

leproduit assez exactement la cocarde tricolore franfaise. 

Par rapport a leur predilection pour les terres fortes et riches en humus, ces 
vari^ies doivent fitre plac^es dans I'ordre suivant ; d'abord cclle a fleur de Co- 
quelicot, ensuile la forme semblable a fleur violeite, puis viennent les varidl^s 
versicolores, et enfm la forme sauvage qui ne se rencontre que dans les terrains 

les plus niaigres. 
tes deux especes d'An^mones ont une floraison plus haiive dans lesAlpts- 

Maritime« qu'on ne le dit dans la Flore de France. Le 28 Janvier, j'ai cueilli 
une fleur d' J. hortemis var. fulgens; mais, des le 21, j'avais constat^ des 
echanlillons en fleur, appartenant aux deux especes, dans des lieux abril6s. 
Toutes les varia(5s gtaient en pleine floraison dds le milieu de fevrier, les 
^panouissemenls successifs conlinuaient le raois suivant, mais d^ja a la fin de 
mars les fleurs ^talent moins abondantes et la fructification commencait. 

ies A. stellala ei coromria rechcrchent ^galeineut TargiJe et prosperent 
d'autant mieux que cette substance enlre pour une plus forte proportion 
dans le terrain ; mais cette preference peut s'expliquer de deiix manidres, ou 
bien parce que le silicate d'alumine est indispensable a leur nutrition, ou bien 
parce que la glaise protege efficaceraeni Jeurs lubercules dans les ternps de 
s^cheresse. Peut-^tre mgme la raison physique et la raison chimique doivent- 



/ 



2Zl/l SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

m 

r 

dies elre invoqu^es toutes les deux. La nature du sol iie parait pourlaut pas 
runique circoustauce qui decide dela dispersion de chaque especed'An^nione, 
d'aulres conditions ont aussileur part dans le phenomSne. Par exemple, dans 
le bas de la plaine de Grasse, dont je parlais tout a Theure, sur des myriadcs 
d* Anemones rouges de I'espece coronaria^ on ne trouve pas un seul echan- 
lillon d'vl. pavo7iina, tandis que toutes les vari^t^s de VA. stellata devien- 
nent communes des qu'on s'61eve un peu sur ies pentes environnantes. 

Je lerminerai ces remarques par le tableau suivant, qui resume moii opi- 
nion sur la maniere dont on peut 6tablir les deux esp^ces d'An^mones avcc 
leurs vari^tes : 



var. a. primigenia [type sanvage). 

Anemone cohonaru L. . War. p. phoenicea. 

Syn. A. pnsilla DC. ] var. nr. obesa sew variegata. 

var. o. tricolor. 



Anemone stellata Lam. /'var. a. primigenia {A. stellata DC). 

Syn. A. hortensis L. < var. p. phoenicea, obesa {A. pavonina DC). 
A. pavonina DC (^var, -^. phoem'cea, Regina (A.fulgens DC). 



D'autres divisions pourront etre etablies, d'autres formes introduiles par 
ceux de nos savants coUegues qui s'occupent dela flore frangaise; ces distinc- 
tions, je le repete, je nc les donne que comme I'expression de mes recherches 

m 

personnelles el consequemnient sous toutes reserves. 



M. 



qui 



a e(e adressee parM. Marcilly fils, pour lui annoncer la decouverte, 
aux environs de Beauvais (Oise), d*une espece de Lycopodmm nou- 
velle pour la flore parisienne : 



Beauvais, 21 avril 1861. 

J'ai riionneur de vous prevenir que j'ai mis aujourd'hui a la poste une 
petite boite contenant quelques fragments d*une plante que je crois etre le 
Lycopodium Chamcecypanssus Al. Braun. Je les ai trouves le 13 de ce mois, 
mel^s a des brUyeres que je fais extraire eri ce moment dans le bois dc 
Belloy prfcs Beauvais, pour y ctablir une pepinierc de Pins silvestres. Malheu- 
reusement lesouvriers les avaient arraches, et je n'ai pu voir la plante pendante 
par racines, coinmc disent nos paysans; mais, comme la surface defrichee n*a 
pas plus de deux ares, et que j'ai trouve, parmi les bruyfires arrach^es, une 
({uinzaine dc fragments semblables a ceux que j*ai Thonneur de vous adresser, 
je ne doule pas que des recherches plus completes que celles que j'ai pu faire 
j)our le moment ne nie fassent retrouver la plante vivaule, 

Jepars ces jours-ci pour Ermcnonville, ou je dois passer environ six 
seinaines pour mon service, et, aussitot apres mon retour, W. Rodin (un des 



\ 

\ 



SEANCE DU 26 AYRIL 1861. 



2/i 



plus zeles bolanistes de Beauvais) et moi, nous visiterons tonles les laiules du 
bois de Belloy, et j'espere que le Lycopode eu question ne nous echappera pas, 

- ■ . - ■ » 

M. Gosson ajoute que la plante trouvee par M. Marcilly, et qu'il 
met sous les yeux de la Societe, est bieii le Lycopodinm Cltamce- 
cyparissiis^ qui n'avait encore ete observe en France que dans la 
chaine des Vosges, k Haguenau (Bas-Rhin) et dans le departemeni 
de la Correze. M. Gosson fait en outre remarquer quele L. Chamre- 
cyparissus doit etre considere comme une variete du I. compla- 
natum^ auquel il se raltache par des formes ihtermediaires assez 
nombreuses. . » 

M. A. Passy dit que le bois de Belloy repose sur les sables ferru- 
gineux neocomiens. , 



\ 



f 



/ 



y 



X 

V 



V 



1 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 



JUILLET 4861. 



,PHYSIOLOGIE VfiGETALE. 



Velier die EusfeUang: nnd den Bau det* Taepf^l (Sur It 
deoeloppemeiit et Vorganimtion des ponctuations a interstices lenticu-. 
laires)\ parM. Dippel {Bolanische Zeilung, n" il de I860, pp. 329-336, 
pi VIII et IX) . 



M. Dippel, professeur au lyc^e d'Idar (principaute de Birkenfeld], demontre 
dans ce m^moire que ces ponctuations particulieres des parois cellulaires appe- 
lees lu^pfel par les pliytotomistes allemands, naissent d'une plicature circu- 
laire de certaines parties de la membrane cellulaire. Dans la premiere partie 
de sa note, il parle des Etudes qu'il a failes a ce sujet sur les fibres ligneuses de 
plusleurs Coniferes, notammeat surcelles du Pin sylvestre, ainsi que de quel- 
ques autres espSces ligneuses, Tant que les cellules qui offrent ces ponctuations 
sent remplies d'un liquide, Techange de leur contenu s'opere a travers la paroi 
cellulaire qui ferme d'abord ces ponctuations, mais celle-ci disparait aussitot 
que les cellules commencent k ne contenir que de I'air ; de sorte que, dans ce 
dernier cas , il existe une communication immediate entre les cellules a tra- 
vers ces points qui offrent alors de veritables perforations; ce fait difffere 
de ce qui se passe dans les cellules ponctu6es ordinal res, dont les ponctua- 
tions restent toujours ferm^es par la membrane cellulaire primitive. Les 
recherches de M. Dippel confument entierement les observations publi^es 
ant^rieurement par M. Schacht dans son programme acad^mique intitule : 
De maculis in plantavum vasis cellulisgue lignosis obviis^ etc. Dans une 
seconde partie de sa note, M. Dippel demontre que des formations analogues i 

w 

ces ponctuations k interstices lenticulaires {Tuepfei), se trouvent dans les parois 
transversales des vaisseaux des Dicotyledones. Les plantes les plus favorables 
pour I'etude de ces ponctuations seraient, sdon lui, les Fraxinm excelsior^ 
Pyrufi torminalis et Acer monspessulanum. 

La note de M. Dippel est accompagn^e de deux planches lilbographiees 

contenant US figures destinees k^xpliquer les diverses phases de cette reraar- 
quable formation. 

Johannes Gr(£nland. 



/ 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 



2A7 



/ 






Ceber ruecksehfcitende Metamorphose iind Hem- 

+ ■ - 

muns'sbildun^ dcr BInmeu (Sur la metamorphose retrograde 
€t sur les arrets de deoeloppemenf dans la formation des fleiirs) ; par 
M Schultz-Schullzenstein. Flora, 1861, n° 5, pp. 65-78. 

L'auteur commence par exposer les differentes formes sous lesquelles la 
th^orie de la metamorphose des planles a ete presentee. II fail d'abord 
ressorlir la diHerence qui existe entre la metamorphose des animaux et celle 
qu'on a attribute mx plantes. Dau^ la metamorphose des animaux un seul 
individu se presente successivement sous des formes differentes; chez les 
phntes, ce sont les feuilles qui subissent, suivant Topinion assez gi^n^ralement 
admise, des metamorphoses, et deviennent ainsi des petales, des s^pales, des 
diamines, etc. 

L'auteur expose ensuite que la th^orie de la metamorphose qu'il croit 
devoir combattre, est principalement ba«6e sur la metamorphose retrograde, 
et qu'en demontrant que cette theoric repose seulcment sur des prejug^s 
g^neralement repandus, et qu'elle n est pas fondee dans la nature, il la ren- 
versera entiferenient. 

Selon M. Schultz-Schultzenstein, ceux des petales d'une fleur pleine qu'ou 
attribue a une metamorphose retrograde des etamincs, n'auraient, quant i leur 
origine, rien de commun avcc ccs dernicrs organes; car, dit-il, pour §tre 
reellement des<5tamines metamorphosees, ces organes auraient du lout d'abord 
se developper comme des etamines normales, et subir une metamorphose seu- 
lement apres ce deveioppement prealable. Mais comme il est prouve que les 

- - t 

petales des fleurs pleines n'ont ete, ci aucune epoque, des etamines normale- 
ment developpees, il n'y a pas ici melamorphose, et Ton ne doit voir dans 

I 

ces petales que des organes plus ou moins intermediaires, par leur structure, 
entre les etamines el les petales norinaux. II pense qu'on ne devrait point 
attribuer ces phenomiines a une metamorphose, mais que s'il y en existait 
r6ellement une, ils devraient plutot etre rapportes a la metamorphose retro- 
grade. Pour resuiher ce qu'il cherche S demontrer en detail, il s*exprime 
delamaniere suivanle : « II n'y a pas ici metamorphose d'antheres en petales, 
seulement ceux-ci se rapprochent successivement de la forme des etamines 
de bas en haut, ou de la peripherie vers le centre ; car les etamines sbnt 

r 

relativement plus jeuoes que les petales, tl comme elles ont pris naissanc^ 
plus tardy il est impossible que les petales^ etant plus dyes, puissent nattre 
des etamines qui sont plus jeunes* >> 

L'auteur invoq^iie aussi le nombre des pretendus petales metamorphoses dans 
les fleurs pleines, qui esi souvent considerablement augmente comparaiivcment 
att norhbre des etamines des types simples de ces fleurs, comme un appui puis- 
sant de sa theorie contre la metamorphose retrograde. Fn outre, une veritable 






248 



■ 

SOCIETE ROTANIQUE DE FRANCE. 



nii'lamorpliosc retrograde devrait commencer, seloii liii, par le centre de la 
fleur et s'avancer vers la periph^rie. Mais, comine on sail, c*est justemenl le 
cbntraire qui se presente dans la nature : (c La theorie de la metamorphose 
retrograde, dit-il, est done une erreur qui a son origine dans une conclusion 
fausse quona priseponr le resullat d'une observation reelle, •> La theorie 
de la metamorphose retrograde detruite de cette maniere, toute la theorie de 
la metamorphose tomberait, selon M. Schultz, en mepe temps. 

Les fleurs pleines n'6tant pas le r6sultat d'une metamorphose retrograde, 
Tauteur essaye de les expliquer autrement. La cause de leur formation consis- 
terait en ce que la nature, ne pouvant directement produire imm^diatement 
au-dcssus dn p6tale un organe entierement different, tel que r^tamine par 
ttemplc, creerait d'abord des formes inlermediaires. II considere done les 
fleurs pleines comme des formations causees par un arret de developpement 
(^ffemmnngsbUdungen) dans le sens de la theorie des anaphytoses. La termi- 
nologie toute particulii»re de cette theorie, employant constamnient comme 
ayant cours dans la science les mots anaphytoses, enanaphytoses, antholyse, 
phytbdomie, etc., rend assez obscures plusieurs des conclusions de Vauteiu' 
pour ceux qui ne sout pas verses dans ses publications anterieures. 

En somme, le memoire de M. Schultz-Schultzenstein, n'^tant fonde sur 
aucinie observation nouvelle, ne presente qu'une interpretation toute parti- 
culiere de ces formations que Ton comprend generalement sous le nom de 

s 

metamorphose. 

a. G. 



Has Cresehleehtslebeu der Pflauzcn uud die Partlieno- 
g;eneA»is [La vie sexuelle des plantes et la parthenogenese) ; par 



M. H. 



botaniqu 



de 



52 pages avec 2 planches gravees en taille-douce. Berlin, chez M. Decker, 
'I860. 



Le travail de M. Karsten debute par un expose de Thistorique des recher- 
ches faites sur la sexualile des plantes. A Toccasion des plantes cryptogames, 
Fauteur donne une description tres detaill6e de I'acte de la fecondation chezle 
Vauchena, surtout dans le but de refuter les assertions emises par M. Prings- 
lieim contre les opinions anterieurement manifestees par Tauleur dans d'autres 
pubHcations, Pour loutes les plantes cryptogames, excepte les Lichens et les 
Champignons, on a demontre d'une maniere incontestable I'existence d'une 
reproduction sexuelle; mais meme pour ces deux derniers groupes du regne 
vegetal, I'existence d'une veritable fecondalion devient plus que probable d'apres 
les observations de MM. Ehrenberg, Itzigsohn, Rabenhorst, Tulasne, et de 
Fauteur de ce memoire. Les differentes observations faites sur Facte de la 
fecondation chez les Cryptogames prouvent que, plus la structure des organes 



REVUE niBLIOGRAnilQUE. 



•2/|0 



vegetatifs de ces plantes est simple, plus le m6canisnie de la fecondation, c'ost- 
h-dire le mode de rapprochement des deux cellules liet6rog6nes qtii doiveni 
produire une nouvelle generation, presente de varietes. 
. Les opinions ^^mises par Spallanzani, Henschel, Schelver, Bernbardi et 
autres observateurs qui admettaient une fecondation sans rintervention du 
pollen contrairement k la th6oi ie de Linne, tout en reconnaissant que, dans 
Tetat normal, I'ovule serait influence et excite a la formation de Tembryon 
par le pollen, ces observations, dit Tauteur, paraissaient done, grace a des 
observations exactes, entiferement conirouvees. Mais, ajoute-t-il, la predilection 
pour les miracles et le zele de certaines personnes a flatter les tendances reli- 
gieuses dominantes ne permettaient pas de laisser inattaqu6s les resultats de 
tant d'observations concluantes. 

M. Karsten passe ensuite en revue les publications 6mises depuis iSUX 
(ann^e de la publication de la fameuse note sur le Ccelebogyne de M. Smith 
dans leis Transact, of the Linn. Soc, vol. XVIII) par les champions de la par- 
thfinog^n^se, et il en discute d'qne maniere tres precise la valeur scientifique. 

Les observations de M. Naudin, recueillies sur des plantes qui souvent sont 
polygames [Cannabis^ Mercurialis), ne lui paraissent point concluantes 
ni decisives, Celles de M. Radlkofer, faites sous Tinflueuce des travaux de 
M. Siebold sur le developpement des ceufs des Abeilles el des Papillons, ne hii 
semblentque trop inspirees par une opinion pr6concue. La presence mfime 
d'un grain de pollen sur le stigraate de la fleur du Ccelebogyne^ observe par 
le professeur de Munich, n*avait pas suffi pour mieux premunir M. Radlkofer 

r 

contre loute erreur. 

La meme annee (1856) M. Al. Braun fit faire des recherches sur le Ccele- 

I ^ " J 

bogyne par M. Deeke et les communiqua a I'Acad^mie des Sciences de Berlin. 
II soutint ^galement, malgr^ la decouverte, faile par M. Deeke, d'un tube pol- 
linique place au contact du sac embryonnaire, la theorie de la reproduction 
parth6nog6n6sique, qu'il chercha a appuyer par ses observations sur la rarel6 
relative des individus males du Chara crinita. > 

Les observations de M. Kegel et de M. Schenk auraient d6moiitr6 aussi, 
d'apres 31. Karsten, I'insuffisance des observations de M. Naudin sur les 
ovules des Cannabis et Mercurialis. M, Schenk. sur la foi de M. Al. Braun, 

4 

(j^ui disait avoir observe scrupuleusenient et pendant longteinps le Ccelebogyne 
dans son cabinet de travail, consentit a adniettre ce cas exceptionnel unique, 
mais M. Kegel, jugeant avec plus d'ind^pendance, n'a pas accord6 une 
croyance illimit^e i la theorie de M3I. Braun et Radlko/er. 

M. Kareten a, en effet, irouvd que les fleurs hermaphrodites ne sonl point 
fr'es rares dans le Ccelebogyne, et il dit que sur cinq fleurs environ, on 



persuade 



sejour k Kew n'avait pas ett? trop passager, aurait sans doute trouv^ des fleurs 
hermaphrodites. 



t 



250 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



, Apres cet expose tres net de Tdlat ou se trouvait, au moment de la publi- 
cation de M. Karsten, la question de la parthenogen^se, 1 auteur passe k la 
description detaill<5e du Cwlehogyne faite sur des fichantillons de cetle plante 
cultiv6s au jardin botanique de Berlin. 

Les fleurs hermaphrodites trouvees depuis le mois de mai jusqu'en aout sur 
ie Oelebogyne ilici folia appartenaient toutes a la monandrie. Quelquefois on 
peut observer encore une seconde etaraine, mais toujours avortee, Celle qui a 
atteint son entier developpement est de la longueur des s^pales de la fleur, son 
hiet est dpais et charnu, et son anthere ovale, r^niforme, d'une couleur orang^e. 

En donnant la description des parties qui constituent la fleur du Coelebo- 
gynSy Tauteur, qui a ^videmment eu sous les yeux les memes plantes que 
M. Al. Braun, declare trop vagues etparfois inexacts les termes descriptifs de 
celui-ci, Ainsi, par exemple, le calice ne serait point gamosepale, mais fran- 
chement poIys6pale, I'inflorescence ne constituerait point un epi, mais une 



cyme spiciforme, etc. 

M- Karsten consacre ensuitc un chapitre de son memoire au developpement 
et h la description du poiien du Coelebogyne^ en y ajoutant des considerations 
gen6ra!es sur la structure de cet organe. II parle, dans le chapitre suivant, de 
la formation de rembrjon, laqiielle n*offre rien de particulier. Le tube poUi- 
nique, arrive au sac embryonnaire, feconde une des deux vesicules embryon- 
naires qui s'y trouvent. Les observations de Tauteur ne lui out pas suffi pour 
decider nettementla queslion de savoir si la formation de Tendospcrme com- 
mence deja avant ou seulemeut apres I'acte de la f6condation. 

i ' ' - -■ 1 - 

Laderniere partie du memoire de M. Karsten traite d'un Lichen, le Ccenogo- 
nium Andinum Karsten, qu'ila trouvesur lesarbresdela Nouvelle-Grenade et 
du Venezuela, a une elevation de 5000 a 6000 pieds au-dessus du niveau de la 
mer. Apres avoir donne la diagnose du genre Ccenogonmm Ehrenb. et des deux 
espi^ccs, C. Linkii Ehrenb. , du Bresil, et I'espece dont il est question ici> 
I.'auleur entre dans une description detailiee de cette derniere. . ; 

II donne, a cetle occasion, une description minutieuse des apothecies. Ces 
organes se composent d'un disque de couleur rouge orange {hymerdun}) forme 
par des theques contenant huit spores fusiformes composees chacune de deux 
cellules, et des paraphyses qui sont un peu plus longues, et ont les extremites glo- 
buleuses. Les theques et les paraphyses sont supportees par des filaments arti- 
cules qui prennent naissance dans le tissu mere {matrix)^ lequel est compose de 
cellules cyliudriques,etroites et feutr^es. Enfin cette matrix est entoureede la 
couche corlicale qui pr^sente un tissu semblable, maisforme de cellules moins 



etroiles. 



K tr 



L'auJeur nous fait ensuite suivre le developpement de Tapothecie depuis sa 
premiere apparition. Cet organe se presente au debut comme une grande cel- 
lule centralelibre, envefoppee par un tissu cellulaire filamenteux. M. Karsten 
la compare k Tarchegone des autres plantes cryptogames. Quelques-unes des 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 



251- 



/ 



petites cellules qui entourent la cellule centrale se d6tachent ensuite, et I'on 
observe alors des perforations a la surface de la cellule centrale. En m6rae 
temps on voit naitre h la base de Tapoth^cie rudimentaire (rarchegone), d'autres 
petites cellules qui ne tardent pas J» s'appliquer ^troitement h Tarch^gone, 
comme chez les Coleoc/ic&le et Soprolegmio^ offrant ca et 1^ des rpnflements 
remplisd'un liquidegranuleux, niucilagineux. Ces renflcments se fixent sur 
les perforations de ia cellule centrale, et bientot apr^s on les voit vid6s, mais 
en mfiine temps aussi on apercoit un changement dans rinterieur de la cellule 
centrale ; il s'y d^veloppe d'abord quatre cellules ( Tochterzellen) , tandis que les 
cellules de Teuveloppe deviennent plus ^^paisses et moins iransparentes. Pcu 5 
pen Ton voit ainsi se transfoimer Tarchegone jusqu'au moment ou cet organe 
est devenu Tapoth^cie. 51, Karsten suit ce developpoment d'une manifere ir^s 
d6taill6e. Les cellules qui entourent la cellule centrale lui rappellent les sper- 
maties d^couvertes par M. Itzigsohn, mais il ditn 'avoir pu y observer aucun 
mouvement du a des antherozoides. Ilcoujpare ensuite le mode de ce d6veloppe- 
ment k Facte de fecondalion observe chez les autres Cryplogames. Les Cham^ 
pignons, si semblables aux Lichens par leur organisation, pr6sentent sans 
doute aussi, selon I'auteur, une f^tondation analogue. ' \ 

Apres avoh^ dit que bien des formations rang^es aujourd'hui parmi les 
Champignons ne sont pas des excroissances morbides animales et veg^iales, 
I'auteur arrive h cetle derniere conclusion que toutes les veritables plantes 
offrent, outre la reproduction vegetative, une reproduction sexuelle, et que la 
parth6nogenese n'existe point dans le regne vegetal. Le memoire de M. Kai's- 
ten est accompagne de deux belles planches gravies. 

J. 0, 



BOTANIQUE DESCRIPTIVE. ' 



Reports of empl<ftratlons and sarTcys^ to as^certain the 
most practicable and eeonomieal route for a 
road from the lliisslsstpi river to the Paciiie Ocean'; 



rail- 



*■'>! 



Vol. XII, Book II. 



lioate near the forty-seventh and 



forty-ninth paraliel««, explored by I. -I. Stevens, governor of 
"Washington territory, in 1853-55. — Botanical report, Washington, 1860, 
in-i" [Relations des explorations et voyages entrepris pour eludier le t ram- 
jet le plus facile et le moins co&teux pour une voie feri^ee allant dit 

fleuve du Mississipi a I'ocean Pacifique^ 12® vol., t II. — Trac6 enlr^ 
les 47* et 49* degr6s de latitude, explor6 par l\i Stevens, gouvenieur du 
territoire de Wasbington. — Relation botanique). 



salt 



p6d 



255 



SOCIETY BOTANIQUE DE FRANCE. 



w 

tions eutreprises dans un but politique ou industriel. C'est aiusi notairimeiit que 
les voyages dirig^s daris le sud-ouest de rAm6rique du Nord, pour r6tude 
d*une voie ferr6e qui doit roller le Mississipi a l*0c6an Pacifique, ont fourni 
matiere a des publications importantes pour les naturalistes. L*ouvrage que 
nous analysons ici contient la double relation botanique et zoologique de 
Texploration dirigee a travers les plaines de la Colombie et la chaine de 
montagnes dite chaine Cascade, sous les ordres du goi!h^erneur de Washington, 
M. Stevens ; le bolaniste de TexpMition 6tait M. le docteur J.-G. Cooper. 

La partic botanique de Touvrage renfernie trois Iravaux diffSrents : la rela- 
tion botanique deTexpedition, redigee par M. Cooper, le catalogue des plantes 
recoltees a Test des montagnes Rocheuses, parM. Asa Gray, et celui des plantes 
r6colt6es aux environs de AYashington, par M. Cooper. Dans la relation du 
voyage, qui offre ^59 pages d'etendue, M. Cooper examine d'abord la vegeta- 
tion des pics et des versants de la chaine Cascade^ de la grande plaine de la 
Colombie et de la region plac6e a Touest de la chaine , region que I'auteur 
dlvise en region des plaines el region des forets; dans cette derniere, M. Coo- 

^ 

per etudie s6par6ment les Coniferes, qui y constituent des hois entiers {Abies 
Douglassi^ A. grandis^ A. Menziesii, A. canadensis^ Thuya gigantea^ 
Taxm hrevifolia^ Pinus ponderosa^ Cupressus nutkalensis, etc.), puis les* 
arbres dicotyledones angiospermes et enfm les arbrisseaux; viennent ensuite 
des details sur les cUmats et sur I'hydrographie des pays dont la vegetation a 
^te etudiee prficedemment. 

Le catalogue des plantes r6coltees a Test des montagnes Rocheuses, dress6 
par M. Asa Gray, contient 323 espSces ^numer^es suivant I'ordre de De Can- 
doUe, des Renonculacees aux Fougeres. On y remarque un genre nouveau, 
YEndolepis^ dans la famille des Salsolac6es, et deux esp^ces nouvelles, les 
Kcliinospermum Fremontii Torn et Obione Suckkyana Torr. ; la diagnose 
de ces plantes est donn^e en anglais. Le nom de chaque esp&ce est suivi, dans 
le catalogue, de Tindioation des localit6s ou elle a ete rencontr^e. 
^ Le catalogue des plantes recoltees sur le territoire de Washington, du a 
M. le docteur Cooper, se compose de deux listes distinctes ^num^rant separe- 

raent les especes recoltees sur les versants opposes de la chaine Cascade ; la diffe- 
rence de la vegetation sur les deux pentes a motive retablissement de ces deux 
listes distinctes. Nous raentionnerons dans ces listes la description de quelques 
especes nouvelles ou inedites, qui sont les suivantes : Astragalus serotinus 
Coop., Malacothrix crepoides Coop., Phelipcea comosa Torr. et Gray; 
.Cymopt€7'us litt oralis Coop. 

La partie botanique de I'ouvrage se termine par un index et six planches 
gravees qui reprSsentent les plantes nouvelles ou interessantes decrites dans les 
deux catalogues. 

^EU6#.NE FOIIRNIKFl, 



REVUE DIBLIOGRAPIIIQUE. 253 



I 



m 

4Jatalog:iis liiclicaiitn qtios iu pfoi'lucia J!»oiiilrieiiiyi cC 

F 

c^irca iVoTuni-Coinani coUegit et in ordinem systemalicuin digossit 
Martiiius Anzi ; Novi-Comi, 1860, in-S** de xvi et 126 pages. 



Sous cc tilre, M. Anzi, professeur an seminaire de Come, vieut de fairc 
paraitie un catalogue m^thodiquc des Lichens de la Valteline et des contr6cs 
voisines (1). Dans un court aAant-propos, rauleurrappelled'abordles ouvrages 
publics avant lui sur la vegetation de cette partie de Tltalie septentrionalc, par 
Massara, ComoUi, Garovaglio. Il expose ensuite la division du pays qn*il a 
etudie, an point de vue de la geographic botanique. II y trouve six regions 
differentes, les regions de I'Olivier, du Hetre, du Sapin, du Phms 
Mughus^ qui monte jusqu*aux limites de la v^g^tation arborescente ; enfin 
la region desneiges et celle des glaciers. C'est enlre la region du P. Mughiis 
ct ceJlc des neiges que les Lichens sont le plus abondants. Vient ensuito 
un tableau donnant Faltilude des principales montagnes de la province do 
Sondrio, avec des indications sur leur constitution geologique, puis unc lisle 
des principaux ouvrages cites dans le Catalogue, qui renferme I'indication 
de 541 especes, dont hi sont nouvelles. Nous devons signaler aussi deux 
genres nouveaux, le Solorinella^\o\s\y\ du Pannaria, et Vflaplogropka, 
voisin des Opegi^apha. Les genres nouveaux sont acconipagnes de diagnoses 
latines, ainsi que les especes nouvelles. Dans cette enumeration, Tauteur a fait 
preuve de beaucoup de reserve dans Tadoption des genres crees par les auteui's 
modernes, et il a souvent opere plusieurs reunions siir la valeur desquelles les 
Cryptogamistcs auront a se prononcer. 

E. F. 



*» 



Hepatleolosisehc IVotizeu {jSotes sur les Uepatiques) ; par M. C.-M 

Gottsche {Bot Zeitwig, n** 1 de 1861, pp. 1-4). 



bans ces notes , I'auteur paiie d'abord du Symphyogyne flabellatu 
II moiitrc que la plante qui avail ete d6crite et figure sous ce nom par 



Labillardiere dans le voi. 



Hollandicb 



Hooker dans ses Muse. 



par rinsertion venlrale du fruit et par I'organisation de ses enveloppes, de la 

plante presentee sous le meme nom par M. Montague dans son Voyage au 

pole sud, I, p. 216. Le genre Symphyogyne avail 6te d^crit dans le cahier de 

, Janvier 1836 des Annales des sciences naturelles comme portant sa fructifi- 



d6po 



(1) Ager bormiensis et clavennensis. 



254 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



% 



pferiauthe. M. (ioltsche affirme qu'il en etait autvement des echantillons qui 
lui ont ^t6 envoyes d'Australie par M. F. Miiller, et il croit devoir etablir par 
cette raison pour la plantcde Labillardiere le nouveau genre Umbraculum qu'il 
caracterise de la mani^re suivante : 

Fruclificatio ventralis. Involucrum inonophyllum bilablatum denticnlatum, 
in dichotomia sub sinubus froadis. Perianthium cylindricum apice denticu- 
latum. Calyptra inclusa basi pistillis abortivis stipata. Capsula ovalis, valvulae 
discretae. — Antheridia in verrucis ad stipitem vel sub frondem ad nervum 
disposita. ~ Frondes erectae subronifornii-orbiculatae 3-5-partitae, laciniis 
semel bisvebifidis nervo perversis, stipite elongate, rhizomate repente ramoso- 
subtoraentoso. — Jusqu'a present on ne connaitiait qu'une seule espSce de ce 
genre. ■ • . , 

M. Gottsche parle ensuite de rinflorescence du Radula complanafa, Il 
nous appvend que les ranieaux de celle plante, qui porlent dans les aisscUes de 
leurs feuilles des organes males (anthcridies), sont constamment termines par 
une inflorescence femcUc enlouree par son perianthe. II propose la classification 
des diverses especes de ce genre d'apres la disposition de la fructification soit 
axillaire, soit terminale, etc. 

En terminant, M. Gottsche dit que les observations de M. Klinggraeff ont 
mis hors de dqute que le liiccia Klinggrceffii n'est qu'une forme rest6e 
inconnue jusqu'a present du Riccia fluitans. 



J. G. 



BOTANIQUE GEOGRAPHIQUE ET GEOLOGIQUE. 



I 



De l^influenee eliiniiqne des ferrainis star la diflipersion 
des plautes, par M. A. Le Jolis (Extrait des Proces-verhaux de la 



^S«K 



27** session du emigres scientifique de France a Cherbourg'^ septembre 
1860); tirage a part en brochure in-8'' de 38 pages. Cherbourg, chez 
MoucheL 



Ce travail a et6 entrepris par M. Le Jolis pour r^pondre a une des questions 
contenues dans le programme de la 27" session que le Congr^s scientifiqu« 
de France a tenue a Cherbourg au mois de septembre dernier, la grandc 
variety dc terrains representee dans le d6parlement de la iMancbe le rendait 
plus favorable que beaucoup d*autres a des observations locales relatives Jt la 



vegetation des differents sols, 
mandic eo general, MM. de 



reconnu, pour la basse Nor- 



Dubou 



Duraud-Duquesney et Tauteur lui-meine. On salt que rinfluence du sol sflr 
la nature des plantes qui le recouvrent pent s'exercer de trois manieres : ce 
peut etre une influence geologique, une influence physique ou une influence 



REVUfe BIBLIOGRAPniQUi;. 255 

chimique. Quanl a la premiere, on a reconnu depuis longtemps deja qifellc 
est coiTipl^tement nulle, et que la dispersion des plantes n'cst point en 
rapport avcc I'age, mais avec la nature du terrain. Seulement celle-ci exerce-t- 
elle son influence par les proprict^s physiques ou les pioprietds chimiques 
dn sol, ou par la reunion de ces deux agents, et, dans ce dernier cas, 
quel est celui dont Tinfluence est prcpond^ranie ? Autant dc questions tr^s 
controversies dans T^tat actuel de la science. M. Le .lolls, avant de faire con- 
naitre ses observations et soh opinion, commence par rapporter les differentes 
mani^res de voir emises par les principaux auteurs sur ce sujet, notammenl 
par MM. Alph. de Candolle, Thunnann, Contejean, Delbos, Oswald Heer et 
Schnizlein, partisans de Tinfluence physique du sol; par MM, Ch. I)es Mou- 
lins, Godron, Sendtner, H. Hoffmann, partisans de I'influence chimique; 
enfm par MM. Lecoq, Dionys Stur et Trautschold, qui croient a la combi- 
naison de ces deux influences auxquelles il faudrait, selon ces aufeurs, 
avoir (§gard en meme temps. L'auteur regrette que M. Alph. De Candolle ait 
accord^ une importance decisive dans la solution de la question a la presence de 
quelques plantes eparses dans des sols de toute nature ; il regdrde ces faits 
com me des exceptions apparentes, suscep(ibles d'etre justifices et expJiquees 
conformement a la theoHe dc Tinfluence chimique par un examen plus appro- 
fondi de la composition et des accidents du sol fait a Tendroit meme ou vdge- 
tent les plantes a station anormale, A Tappui de cette opinion, M. Le Jolis 
cite quelques localit^s ou la Digitale pourpree, plante speciale aux ter- 
rains argileux, croit sur le calcaire, mais dans des agglomerations de silex ; 
dans d'autres exemples, le terrain de craie a et6 reconvert par des alluvions 
argileuses qui donnent naissance a quelques plantes des bruy^res. Aux eavi- 
rons de Cherbourg, sur un sol essentiellement siliceui, se rencontre le Petro- 
selinum segelum, plante calcareophile, restreinte ^ un tres petit uoinbre d'indi- 
vidus confines entre les pierres de deux ou trois murs batis avec des talcschisles 
calcariferes. L'auteur cite ensuite quelques plantes des calcaires locallsees a 
Cherbourg dans les sables maritimes, ou elles croisseni en compagnie dd 
plantes ar^nicoles, parce qu'elles trouvent dans les debris de coquillcs marines 
rejetes sur le sol la chaux necessaire a leur v^getatiori. Pour mellre en lumlere 
I'importance de Taction chimique du sol sur les v^gf'taux, M. Le Jolis rappclle 
encore Tinfluence des divers amendements, la composition des cendres 
des divers veg^taux, la vegetation du Noyer, qu 'on active en repandaut 
au pied de I'arbre des detritus calcaires, et enfin la flore particuliere des 
terrains sal^s, qui se reproduit dans rint(5rieui' des terres, au voisinage des 
salines et en dehors de I'influence du cliiiiat maritime. En resume, il est con- 
vaincu que I'influence des terrains sur la dispersion des plantes, influence qu 'on 
ne peut revoquer en doute, est avaut tout une influence chimique, ct que 
I'influence physique, lorsqu'elle se manifeste, n'a qu'une action secondaire et 
pour ainsi dire consecutive : en effet, dit-il, on peut considerer I'etat physique 



256 • SOCIETE liOTANIQUE DE FRANCE. 

cl'unc roche comuie une consequence de sa composition chimiquc, tandis 
qu'ii est dc toute inipossibilitc dc dire que la nature cljimique d'un terrain 
resulte de ses conditions physiques. 



E. F 



NOUVELLES. 



II vieut de paraitre a Londres, dans la collection de petits nianuels 
designes sous le nom de « Indispensable Handy books^ » deux petits volumes 
in-12 qui ont trait a la botanique; ils sont intitules: I'un Marine botany 
(Botanique de la mer), et Tautrc British Ferns and Mosses (Fougeres et 
Mousses dc TAngleterre). Le premier, plus scientifique dans son plan que le 
second, renferme une Enumeration des Algues qui croissent dans la Grande- 
Bretagne, distribuees par families, et quelqucs details sur les Polypes, les 
Actinies et autres animaux marins. II est illustre de gravures cmprunt6es a la 
Phycologia britannica. Le deuxieme contient une description, destinee plutot 
anx gens du monde qu'aux savants, de quelques Mousses et Fougeies du menie 
pays; il est divise en douze chapitres correspondant chacun a un niois de 
Tannee, et les planles y sont classees suivant Tetude de leur developpement. 

M. Schott a r^cemment public un nouveau fascicule de son magnifiquc 
ouvrage intitul6 Icones Aroidearum. Les planches de ce dernier fascicule 
repr^sentent les Arum apectabile Schott, A. byzantiniim Clusius, A. nigrum 
Schott et A. concinnatum Schott. 



Le 36*= congres des medecins et naturalistes allemands doit avoir lieu cette 
anuEe k Spire ; M sera ouvert dans cette ville, le 17 septembre prochain, pour 
6tre clos le 24 du meme mois. Les directeurs de ce congres sont M. le doc- 
teur Jos. Heine, et M. le docteur Kilter, professeur au Lycee de Spire. Ils 
prient les savants qui seraient dans Tinteution de se rendre a cette reunion dc 
le leur faire savoir quinze jours a I'avance, afin de pouvoir falre preparer les 
logements uecessaires. 

E. h\ 



Paris, — Iiiiprimeric de L. Martinet, rue Mijjnon, *S. 



\ 



M 






4 



i 



SOCIETE BOTANIQUE 



. I 



DE FRANCE. 



SliANCE DU 10 MAI 1861. 



] .' 



PRESJDE^CE DE 31. AD. BRONGWIART. 



M. Eug. Fournier, vice-secretaire, donne lecture duproces-verbal 
( de la seance du 26 avril, dont la redaction est adoptee. 

+ 

M. Duchartre, secretaire, s'exprime en ces terraes : < . 

* 

La Sociele boianique vient de perdre im incnibre dislingue a plusieurs 
ogards : W. le comte Alfred de l.imminghe a succombe aux coups d'un 
assassin dans une rue de Rome. Quoique fort jeune encore, puisqa'il enlrait 
k peine dans sa vingt-troisiemo annee, M. A. de Linimingiie avail deja 

■t 

bien mfirite de la botanique. Ses Iravaux avaient f ort6 principalement sur la 
cryptogamie, et Ics rosultals en avaient etc consignes en partie dans sa F/ore 
inycologiqiie de Gentinnes{\). Mais cen'est pas seulenient parsesecrits qu'il 
s'etail efforce dc favoi iscrles progivs'de la science ; nne fortune considerable lui 
avait permis d'y conlribuer en forniant de ricbos collections et uue vaste biblio- 
theque boianique, qu'il ouvrait avec nne obligeance eclairee aux boianistes 
beiges, qui y tn uvaient de piecieux 6len)ents de travail. La basedcccs collec- 
tions lui avait 6te fonrnie parriierbier de notre regret(6 colleguc M. Graves, 
et de nonibreuscs acquisitions elaicnt venues s'ajouter succcssivement a cet 
important no\au, pour en faire, en un [ etil nombrc d'annecs, Tun dcs plus 
grands herbiers panicnliers de I'Euioi^e. J'ajouteiai que les v6g6taux cultlvfs 
etaient egalcment recberch^s par M. de Limmingbe, qui n'avait pas tarde a so 
placer a Tun des premiers rangs parml les laureals couronnos aux expositions' 

F 

d'horliculture dc Belgiqne. Aussi la mort de ce jeune liorame, vraiment dis- 
tingue, sera- t-elle (Egalcment deploree paries boianisfeset par les borliculteurs. 

i 

Lecture est donnee d'une letlie de M. Edouard Dufour, directeur 
de I'Ecole superieure profession nelle de Nantes, qui remercie la' 



(1) Voy.Ienulletin, t. VI, p. 218 

T. vrif. 



17 



258 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



Societe de Tavoir admisau nombre de ses membres. M. Dufour offre 
k ceux de nos confreres qui doivent se rendre a Nantes pour la 
prochaine session extraordinaire, de leur recolter d'avance les 
plantes vernales qu'ils ne pourraient plus troiiver eti etat aii mois 
d'aout. Des remerciments seront adresses a M. Dufour pour cette 



offre obligeante. 



Dons faits a la Societe: 



^° De la part de M. Clos : 

Nouvel apergu sur la theorie de V inflorescence. 

T De la part de M. Alfred Chabert : 

Esqutsse de la vegetation de la Savoie. 

%"" De la part de M. Aug. Mathieu : 

Flore forestiere, 2® Edition. 

■ 

4° DelapartdeM. G. Schweinfurth : 

r 

Ueher Bidens radiatus Thuill. 

5** De la part de M. I'abbe Lavigerie : 

Expose de I'etat actuel des chretiens du Liban. 

L 
r 

6* De la part de la Societe d'histoire naturelle de Colmar : 

Bulletin de cette Societe^ aiiiiee 1860. 

X r 

7*" En echange du Bulletin de la Societe : 

Botanische Zeitung, 1860 [k^ trimestre) et 1861 (1^"' trimestre). 
LinncBat Journal fuer die Bolanik^ t. XIV, livr. 6 et t. XXX, livr. 6 
Bulletin de la Societe imperiale zoologique d'Acclimatation^ mars 1861 
E Institute mai 1861, deux numeros. 



M. I'abbe Ghaboisseau donne lecture de la communication suivante, 
adress^e a la Societe : 



DES CAPSEILA BURSA PASTORIS Moench, C. RUBELLA Reuter, C. RUBESCENS V. Tersonnal, 

C. GRACILIS Grenier, par M. Tabbe S. de fjACROlX. 

■t 

(Saint-Romain-sur-Vienne, 9 mai 18G1.) 



Lorsque j'al rccu le numfird de juillet I860 dc Hotre Bulletin, j'ai remar- 
que la note de M. V. Persomiat sur son Capsella rubescens (1). Les caracteres 

(1) Voy. le Bulletin, t. VII, p. 511. 



A> 



,J 



> ' 



STANCE DU 10 MAI 1861. 259 

^u'il attribue a sa plante m'onl paru appartenir h celle que M. Rcuter a 
d^crite sous le nom de Capsolla rvbella, dans le Conipte rendu des iravaux 
de la Sociele Hallerienne de Geneve, page 18 de I'ann^e 185i. — 31. Tabb^ 
Chaboisseau, qui possede un echantillon type de Capsella rubescens, m'a 
depuis atlcste rideniite parfailc de cettc espcce avcc C. rubella. — Jc trans- 
cris ici la descripiion de celte derniere, afin de fixer I'attenlion sur un6 plantfe 
tres vulgaire en France, ou elle a 6te gehcralement confondue avec C, Bursa 
pnstoris i^loench. Jeles ai observ6es toutes deux ni6li5cs, depuis la Touraineet 
le Poitou jusqu'aux Pyrenees; j'ai lrouv6 C. ruhella partout ou je rae suis 
arretc, dans rnon voyage aux Eaux-Bonhes de la saison derniere. 

I M 

w 

•\ 

Capsella rubella Reuter {Soc. Haller. 185^, p. 18, et in Billot Annot. 
p. \2h). — C. sepalis glaberrimis oblongis, superne purpurascentibus, 
marginc angusto membranaceo cinctis; pctalis obovatis, obtusis, calycem 
vix superantibus, stamina aequantibus; staminibus pistilloque aequiiongis; 
aniheris parvls subrotundis ; siliculis obverse triangiilnii-cordatis, basi valde 
attcnualis, pedicellum sequantibiis vel eo paulo brevioribus, apicc truncate 
emarginatis, lobis rotnndalis, stylo brcvissimo apiculatis; foliis nitiduUs, 
inferioribus lyrato-pinnalilidis, parce hirsutis, superioribus glabratis inte- 
gris recurvato-deflexis, basi anguste et auriculato-sagitlatis. 

Doit-on adopter une espece qui repose sur des caractcres emprunt^s a une 
modification de taille dans lespetales et de forme dans la capsule, quand on 
sait que le type linneen dont on la detache varie jusqu'a I'absence entiere de 
p^tales, et qu'on en voit passer la silicule par toutes les dispositions qui existent 
entre la forme exactement triangulaire, profondement echancree, a laquelle 
M. Crepin donne le nomde bifida, el la forme trts allong^e, fort pen 6chancreo, 
qu'il appelle stenocai^pa? Je crois pouvoir repondre tres aflBrmalivement, parce 
que Capsella Bursa past or is Moench [Thlaspt Bursa pastor is Linn6), tel que 
le nord en fournissait des sujets d'etude au maitre de la science, et tel que le 
produisent toiijours la Norvege, le.cap Nord, le Greenland, TAmerique arc- 
lique, a constamment les petales a pen pres doubles do calice, sauf dans une 
modification monstrueuse ou ils se transforment en etamines, et porlent a dix 
le nombre de ces organes, tandis que C. rubella Reuler los a toujours a peu 
pres egaux aux sepalcs. Ensuite, quelle que soit la forme prise par le fruit de 
C. Bursa pastoris Moench, ses deux c6t6s sont en ligne droite, et sa diminu- 
tion se fait graduellement jusqu'a son insertion sur le pedicelle. C'est ce quV 
tres correctement dessin^ !M. Reicbenbach, au n" 4229 des Icones florc&germ. 
et helv, , vol. II, tab. xi ; tandis que los c6t(5s de la silicule de C rubella Reu- 
ter sont en courbe renlrante ; ce qui produit eel amincissement marqu6, cette 
longue attcimalion qui est signalfie. 

La correlation des caracteres estconsiante dans C\ rubella; etsil'on ajouie 



260 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

la teinte rougeatrc des parties de la plante exposees a la lumiore, il y a de 
quoi la fairc dislinguer tout de suite, au milieu des formes multiples de C. 
Bursa pastor ts. Pour peu que ratteiitiou soit excitee, toute hesitation devient 
impossible. Les p6lales sont-ils ^ peine visibles horsdu calice?Qu*on examine 
la capsule; ellc a des bords a courbe rentrante, et la couleur gen^rale de la 
plante est rougeatre. — Los fruits ont-ils les coles arques en dedans ? Qu'on 
recherche les pelalcs; ils sont brefs. '— Au contraire, a de longs petalcs cor- 
respondent des ovaires dont les cotes sont entierement droits, ou du moins 
lelsdans leur moitie sup^rieure. Je fais cette restriction par rapport 5 Cap- 
sella grdciliSy dont il me resle a parler. 

Lors:jue M. Grcnier, dans son Florida massiliensis advena^ p. 17, don- 
nait de Copsella gracilis une description qui a ete traduile a la page 10^9 
du tome IV de notre Bulletin, et lui refusait toute designation d'origine, il etait 
loin de soupconner combien cette plante est commune dans toules les regions 
ou j'ai vu croilrc ensemble C. Bursa pastoris et C. rubella, Au printemps 
dernier, je la rencontrai sur les bords de la Vieiinc, de Saint-Romain a ChS- 

lellcrault, puis anx alentours de Poitiers. L'abb6 Chiboisseau Tobservait, sur 
mes recomrnandalioiis. en plusieurs eudroits auprc's de Montmorillon. Frappe 
de sa glabrescence habituelle et de sa haute taille, je lacrus nouvelte et lacom- 
muniquai a mes correspondanls sous le nom de C. depauperata de Lacroix, 
en raison de la peiitessc et de la sterilite de ses silicules. — lM. Grenier, a qui 
je I'avais oITerte, eut 1 obligeance de mVnvoyer un rameau de Techantillon 
marseillais qui avait scrvi a la description de son espece, et me demanda si 
je n'y verraispas uneressemblance intime avcc ma plante. En effet, j'eu trouvai 
quelques picds plus vclus et plus rabougris. qui corrospondaient assez exacte- 
ment h la forme meridionale, et permetlaient de les rattacher Tunc ^ Tautrc en 
les confondaut dans une meme description qui devaitsubirde legeres modifica- 
lions detlt^'tail pour la Iiauteur, rindumentum, la longueur des peiales comparts 
aux sepalv^s. ("est la Ic.parli auquci nous nuussommes arretes d'un commun 
accord, et (jui send)Ie a M. Greuier, comme a moi, le plus conforme a la verite. 
Copsella gracilis, de meme que C. ruhdla, a ete trouve par moi depuis 

F n 

Sainl-Romain-sur-Vienne et les portions limitrophesdu departement dlndre- 
et-Loire, jusqu'aux Eaux-Bonnes et aux Eaux-Chaudes. Son aire de diffusion 
s'etend done au moins sur Touest et le midi de la France ; il y est meuie assez 
repanJu, quoi(iue moins vulgaire que les deux autres. 

On me demandera peut-Ctrc couuncnt se rcproduit une espi^ce qui parait 
conslamment sterile. — Des Ic premier nioment, je me le suis expliqu6 par 
rue fi'condalion reciproque dos deux especes ferliles, au milieu desquelles j'ai 
toujours vu cclle-ci sc developj^cr : el, dusse-je exciter le sourirc incredule ou 
railleur des detracleurs de Thybridite, je m'en liens encore a colic explication. 

J'ai recherche la cause de Tavortemeutdes 16 a 20 ovules bien conform<5s qui 
cxisleui dans chaquc fruit encore renferm^ dans le boulon, et qui s'alrophient 






SEANCE DU 10 MAI 1861. 261 

avec Je developpement de h silicule. Je crois devoir railribuer a la iHdviliiit 
des aiUhercs qui contienncut uu tout petit nonibre de grains de pollen 
flasques, plisses et vides de fovilla. fl ne serait pourtant pas impossible de 
Irouver quelque silicule qui contiat des graines nonnalement developpees 
par suite du pollen des cong6nbres, que des causes nalurelles on arlificielles 
auraient pu deposer sur le stigniate, dans des circonstances favorables a la 
fecondation. A I'aulomne dernier, quelques silicules me presenlaient des 
ovules mieux nourris que d'habitude : je me proposals de les recueillir avec 
soin, lorsqu'une grave indisposition m'a empech^ de snivre Tobservation 
commencde (1) (2). 

F P 

Voici comment 11 me semble que la description de Capselia gracilis donnce 
par M. Grenier pourrait etre modifiee, pour s'appliquer aussi bien a la plante 
de nos regions qu'5 celle du midi : 



Capsella GRACILIS Gren. emend. — Fleurs moyennes; sepales oblongs, veins 
ou glabres, rougeStres au sommet, ^troiiement niembraneux sur les bords; 

I 

pefales obovi5s-cuneiformcs, presque r<5lus, au moins d'un tiers plus longs 
que le calice ; etamines egales au calice et plus courtes que la corolle ; stig- 
mates grands par la longueur et Tepanouissement des papilles qui les reve- 
tent, plutot que par leur disque a pcu pres de meme dlametre que le style; 
silicules pelites et courtes, obcordiformes, formanl un triangle equilateral, 
k cotes en ligne droite dans leur moitie superieure, eta courbe legerement 
renlrante dans leur moitie inferieure, ce qui les rend d'apparencc convexe, 
brievement atteniiees a la base, trois fois courtes comme le p6dicelle infleclu 
vers le haut, emarginees au sommet, portant dans rechancrurc un stylo epais 
et long relativement a la silicule, et non depasse par les lobes de Tecbancrure ; 
ovules normaux dans le bouton, mais avortant tres souvent pardefimt de 



(i) Note de Vautem\ ajoutee au moment de Vimpression, — Je viens d'etre phis 
heureux ce printenips. J'ai irouve a Saint-Romaiu-sur-Vienne (Vienne) et a Antogny-le- 
Tillac (Indre-et-Loire), plusieurs pieds de Capsella gracilis avec des rameaux gamis de 
silicules entierement ou partiellement fecondees. La fecondation ne peut elrc atUibuec 
a rinfluence du pollen propre, puisque celui-ci demeure aussi improlifique sur les grappes 
fertiles que sur les infertiles. — Compares enlre eux, les ovules des trois especes oiTrent 
quelques differences de longueur et de lar.^eur qu'il estbonde remnrquer : le C. rubella 
les a de 1 millimetre de long, sur 55 cenlimillimclres de large: le C. Bursa pastoris, 
del miUimelre 5 centimillimetres de lonj?, sur 65 centimiUimctrcs de large; Ic C. 
gracilis, de 1 millimetre 20 centimillimetres de long, sur 60 centimillimetres de large, 

(2) Note de M. Vahhe Chaboisseau. — La presence d'un plus ou moins grand nonibre 
de fruits parfails et fertiles dans les hybridesest m fait incontestable, qu'il m'a etc donne 
d'observer deux ou trois fois d'une maniere certaine. Je titerai notamment les Rumex et 
les Polygonum, planles vivant en society, el trop negligees, comme s'en plaint encrgi- ^ 
quement notre savant confrere M- Alex. Braun. Les Rumex crispus, obtitsifolius [Friesii 
Godr.), conglomeratus, etc., forment de ces hybrides, ainsi que les Polygon am Hydro - 
piper, mite Schrank, Persicarla, etc. — Dans les nombreuses formes hybridcs dc Vcr- 
bascum que j'ai observees, je n'ai jamais vu que des capsules steriles, et un pollen -fiul 
ou imparfail. t 



I 




SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



fecondation; pollen fletri et sans fovilla. Feuilles inferieures communemenl 
lyrees-pinnalifides, les supcrieures lanc6oIces, sagittees, toutes plus ou 
moins convenes de poils simples et bifurques ; tiges greles, raineuscs, a 
trts longue inflorescence en grappe, plus ou inoins glabres et a poils etoi- 
les, hautes de 2-6 decimetres ; racine annuelle. — L'ouest et le midi de la 
France, ou il habile en compagnie de Capsella Bursa pastoris et de Cap- 

sella rubella. 

t 

Le C. gracilis semble emprunter des caracteres mixtes aux parents que je 
Ini suppose : il a la leinte rougeStre el la base de la silicnle de C, rubella; 

■ 

il a le haut de la silicule et la longueur des p6tales de C. Bursa pastoris^ 
dont il egale la taille dfiveloppee. 

D'ailleurs un tableau comparatif des trois especes permettra mieux d'en 
saisir les rapprochements et les differences. - 



C\psEttA Bursa pastoris. 



Capsella rubella 



Capsella gracilis. 



Vert, avec uue ligne etroite 
teintee de rose autour des 
sepales. 



Bouton. 

Rouge, avec unelarge ligne 

plus foncee autour des s6- 

pales. 

J 

Sepales. 



Rose, avec une ligne rouge 
autour des sepales. 



Ovales - lanc6ol6s - obtus ,] Ovales-lanceoles-subobtus, 
verts en dehors, blancs enirouges exterleuremeiit, laves 
dedans, entour^s d'une large de rose a rintfirieur, ainsi 
membrane erodeeausommet. que la membrane etroite et 

entiere qui les entoure. 



Ovales-oblongs-lanceoles , 
rosalres a Texterieur, laves 
de rose a riritt^rieur, ainsi 
que la membrane etroite qui 
les entoure. 



Pe tales. 



■ 

Entierement blancs, ovales- 



Legerement laves de rose, Legerement laves de rose, 
cun6iformes-retus , avec un ovales-cuneiformes-r6lus , a semblables du reste a ceux 
onglet allonge, ondule en onglet ondule en travers, de-;de C Bursa pastoris j peut- 
travers, doubles des sepales, passant d'un quart a peine le etre un pen moins saillants 
ayant la pnrtie saillante au calice, qui les lient redresses hors du calice. 
dehors du calice etalee a angle ] a la floraison , 
droit. 



I 



Etami 



mes. 



^. 



RenfermeesdanslacoroUe;! Les quatre plus grandesj RenfermeesdanslacoroUe; 
les quatre plusgrandesegales'sortant au-dessus du calice et les quatre plus graiides egalcs 
calice, clevant ranthere'deIacorolle,61evant Tanthere au calice, maiselevant a peine 
autour et au-dessus du stig-'autour et au-dessus du stig-ranthere a la hauteur dustig- 
tnate. mate. (mate, qui n'eu est jamais 

recouvert. 



^, 



Ovo'ides-quadrangulaires, 



Antheres. 

r 

Ovoides-apiculees par le 
prolongement du filet. 



Ovo'ides, mal conforuices. 



SEANCE DU 10 MAI 1861 



263 



CapseLla Bursa PASioras. 



CApsella rubella. 



Capsella gracilis. 



Spheroidal , lisse ; grand 
diamelre0«*«>,023, petit dia- 

metre 0»"^",020. 



£n triangle isocele, obcor- 
diforme, tres communement 
6chancree au sommet , ter- 
min^e en iigne droite sur les 
cdtes, generalement verte sur 

les deux faces. 



Pollen, 

Ovoide, lisse; grand dia- 
metre cu moyenne 0^""^,024, 

petit diametre en moyenne 



Sihcule . 

En triangle isocele, obcor- 

diforme, clegai:pijient et pro- 
fondement echancree au som- 
met, termince sur les c6tcs 
par una ligne courbe ren- 
trante, ce qui la rend lon- 
guement attenuee, rouge en 
dessus, verte en dessous. 



Ovo'ule, fletri, sans fovilla, 

de taille tres variable ; grand 

diametreO'"'",015"0"»">,022, 
petit *diametre 0"^™,OiO- 



En 



triangle 



equilateral , 

petite, pbcordiforme, a cchan- 
crure du sommet peu pro- 
fonde, k cotes termines vers 
le haut par une ligne droite, 
vers le bas par une ligne a 
courbe rentrante, rouge dans 
les parties exposees au soleil. 



Court , depasse par 
lobes de recliancrure. 



les 



Style . 

Tres court , grandementl Plus long que dans les deux 
depa886 par les lobes de'autres especes, saillant au- 



rechancrure. 



1 

I 



dessus des lobes de I'echan- 
crure. 



I 

Du diametre du style, 
papilles peu divergentes. 



Stigmate. 

Du diametre du style, 
papilles peu divergentes. 



a 



Du diametre du style, mais 
a papilles longues et trSs di- 
vergentes, ce qui le fait pa- 
raitre beaucoup plus large. 



Ovules. 



Oblongs-oblus , rugueux,] Semblablesaux precedents; 

9-12 dans chaque loge de la 
silicule ; longs de l™"»,larges 



sillonnes au milieu longitu- 
dinalement, jaunes avec un 
point orange en avant du hile, 
a funicule recouibe; 12-15 
dans cbaque loge ; longs de 
l""™,05,larges de 0"i"'65. 



de 0"^"',5o 



Dans chaque loge 8 a 10 
rudiments de graine. d'abord 
bien conformes, mais s*6tio- 
lant d'ordinaire par defaut de 
ft»condatiort; quand ils muris- 
sent, ils sont plus greles que 
ceux des deux autres especes, 
ayant 1^"",20 de long et 
0"*^,60 de large. 



que rien ne dissimule. 



Inflorescence, 

Legerement flexueuse, cnl Stride, en grappeallongee, 

grappeallongee,paraissant se seterminant en cone rentrant 
terminer en sommet hemi- 
sphen'que, parcequeles fleurs 
epanouies cachent les boulons 
a courts pedicelles, et que la 
divaricature des pi^dicelles 
fleuris rend insensible la dif- 
ference de niveau. 



Grele, tres allongee, ter- 
minee comme dans Capsella 
Bursa pastoris. 



Stales a angle droit, urje 
fois et demie a deux fois longs 
comme la silicule. 



Pedicelles. 

Etalos-redresses, une fois 
et demie longs comme la 
silicule. 



Etalcs-redressos , inflechis 
vers le haut, trois fois longs 
comme la silicule. 



' ■ J 



^ 



264 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE 



CAPSEia\ Bursa pastoris. Capsella rubella. Capsella gracilis 



Feuilles. 

■ 

*'-Les radicales depuis la] Semblables aux precodeii- Semblables aux precedent 
forme lanceolee-entiere jus- lies, mais d'un vert plus tes, d'un vert tendre. 



qu'a la forme pinnatifide; les 'sombre, 
caulinaires embrassanles-sa- 
gitlees, ondul6es, enlieres; 
toutes plus ou moins velues et j 
d'un vert tendre. 






Tiges. 



Rameuses, plus ou moins Pareilles aux precedentes,! Rameuses , greles , rou 
velues, redressecs, vertes, de mais rougeatres, de 1 a 4 [gealres, de 1 a 6 decimetres 

1 a 6 decimetres. decimetres. 



M. Brongniart dit : 

Qu'il aeu occasion de constater, par plusieurs observations, que la st^rilite 
des hybrides est due a rimperfection de leur pollen, dont les grains sont ordi- 

J J 

hairement plisses et imparfails. II cite un hybride de Passiflore {Passiflora 
cwruleo-racemosa) dont ii a obtenu la fructification par une fecondatiou 
artificielle, en prenant du pollen normal sur des especes legitimes. M. Bron- 

_ 

gniart ajoute qu'il a feconde des fruits de Nicotiana Tabacum par le pollen 
du N. (jlauca^ espece arborescente et qui parait fort 61oignee du N. Ta- 
bacum par ses caractcircs sp<5cifiques. L'iiybride qui en est result^ est 
toujours rest6 sterile. 



M. I'abbe Chaboisseau ajoute qu'il a etudie une douzaine d'hy- 
brides de Verhascum et qu'il a toujours vu les stigmates de ces 
piantes bien conformes, tandis que leur pollen lui a paru im- 
parfait. 

d 4 

h 

M. Brongniart fait S la Societe la communication suivante : 



JOINVILLE 



par Mil. Ad. BRONGNIART ct Arthur CiRlS 



Gaudicliaud a figur6 dans I'atlas botaniquc du Voyage de la Bonite (pi. 39- 
6()),souslesnoinsdcyoz«y///ea clegansGldQjoinvilleaascendens, deux piantes 
qu*il considerait comnic constituaiit un nouveau genre et menie comme le 
type d'une nouvclle famille; la premiere espece avail ele rccueillie par lui en 
fruit seulement, et la seconde, sans fleurs ni fruits, 6lait rapportee h ce genre 
d'apres ses caract^res de vegetation. Ces deux piantes, conscrvces parGaudi- 



( 



SEANCE DU 10 MAI 18(51. 205 

chaud pour la redaction du tcxle dc la partie descriptive de son atlas qui n'a 
jamais ete pnbliee, ne se sont pas retrouvees dans ses collections, et on nesait 
pas m6me dans quelle locality il les avait recneillies. 

Les figures ires dfitaillees qu'il a donn6es du Joinvillea eleganSy par suite 
de Tetat seutement en fruit de ses echaniillons, du defaut de description et de 
quelques erreurs d'analyse que nous aurons i signaler, laissaicnt dans le doute 
sur beaucoup des caracteres de cette plante et sur ses rapports ualurcls; aussi 
n'avait-elle pas ele comprise dans los recenseinents g^n^riques recents. Wal- 
pers seull'a citee, mais (^videmment sans avoir vu la figure publiee par Gaudi- 
chaud, car il place le geiue Joinvillea parmi les genres de Pandan6es figures 
mais non decrils {Annal. hotan. I, 755). 

, Les collections recues au Museum depuis quelques annces nous ont permis 
d'6tudier assez completement ce genre remarquable par sa structure et par 
sesaffinites. 

V 

L'berbier form6 au\ iles Sandwich par M. Remy renfermait des ccbanlil- 

4 

Ions en tres boa 6lat d'une plante que Tensemble de ses caract&res rappor- 
tait evidemment a ce genre. Les plantes de la Nouvelle-CalMonie, envoy^es 
par M. Pancher et par M. Vieillard au ministere de la marine et des colonies, 
comprenaient aussi une autre espece de ce meme genre, qui nous a paru iden- 
tlque avec le JoinvHlea elegans de Gaudicbaud. Nous ne doutons pas que celle 
des iles Sandwich ne soil le Joinvillea ascendens du meme botaniste, espfice 
dontil n'a vu que de jcuncs liges portant les premieres feuilles. 

CesMeux plantes ^tant en flour et en fruit, il nous a ('t6 facile de completer 
et dc rectifier quelques-uns des caracteres indiqu6s sur les figures de Gau- 
dichaud. 

La fleur montre que le perijmthe, ainsi que Gaudichaud I'avaitvu par suite 
1 de sa persistance a la base du fruit, est forme d'une rang^e externe de trois 

sepales et d'une rangee interne de trois p^tales, plus petits que les sepales dans 
le J. elegans, de meme longueur dans le J. ascendens, mais toujours sees, sca- 
rieux et rappelant ainsi la fleur d'un Jonc. II y a six ^tamines egales enlre elles, 
b filets assez courts, opposees aux divisions du p6rianthe, k antheresellipliques 
introrses : le pistil offre un ovaire a trois loges surmonte de trois stigmates 
allonges linealres, divergents, papilleux jusqu'a leur base sur leur face interne. 
Gaudichaud, n'ayant observe que des fruits dont les stigmates s'etaient d^- 
tach6s, a repr^seute comme des stigmates courts et sessiles les bases seules 

persistant sur ces fruits. 

Ces fruits rendaient difficile de bien appr^cier la structure de Tovaire; 
cependant une figure d'ovule imparfaitement d6veIopp6 et avorte, qu*on ne 
pent bien comprendre, par suite de Tabsence d'explication des figures, qu'a- 
pres avoir 6tudie la nature elle-meme, prouvc que Gaudichaud avait observe 
le caracterc important de ces ovules, qui consiste en ce qu'ils sont solitaires cl 
suspendus au summer de chaque loge, et qu'ils sont ortbotropes, leur micropylc 






266 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

L 

6tanta rextr6mit6 inferieure; double caraclero qui eloigne ces plantcs cles 
Joneses pour les rapprocher des Resliacees. 

La structure du fruit est naturellcment en rapport avec celle de Tovaire : 
le p6ricarpe est cliarnu et renferine deux ou trois graincs spheriques ou apla- 
ties surleurs faces internes, dont le testa solide et crustacc est marque de 
rides transversales trfes prononc^es, et montre, a son extremite sup^rieure, le 
hile et la chalaze, et vers rextreniit6 inferieure un disque lisse arrondi, qu'on 
peut separer du reste du tegument et qui forme un cmbryotege qui doit evi- 
demment se soulever lors de la germination. * 

L'interieur de la gralnc est presque entieremcnt occupe par un perisperme 
farineux, dont les cellules, remplies de ferule, se d(5sagregent facilement; a 
son extremite inferieure, et sous Tembryolege, on trouve un petit embryon 
en forme de lentillc tres aplatie et presque discoide, place en dehors du peri- 
sperme entre ce tissu et les teguments de la graine. La surface superieure de 
I embryon, appliqu^e contre le perisperme, est legerement convexe et parait 
tres homog^ne; la surface inferieure, appliquee contre I'embryotege, offre un 
mamelon saillant qui parait repr6senter la tigelle et la radicule, et dont le 
tissu plus fin semble aussi plus resistant que celuiqui occupe la circonference 
de rembryon. 

Cette structure singuliere parait absolumentsemblable a celle de I'embryon 
des Restiacees, des Xyridees, des 6riocaulonees, et concorde avec les carac- 
teres de I'ovule et de la graine pour rapprocher les Joinvillea de ces families. 

En tracant cette description de I'embryon de celte plante, nous devons 

■ b ■ 

faire observer qu'elle semble s'cloigner de la figure publiee par Gaudi- 
chaud. En effet, I'embryon figure dans la graine et scparement sur la planche 
deja citee, a bien unefornre lenticulaire, mais il est surmonte d'un appendice 
6panoui en eventail, ou plutot en cone renvcrse, et fonli6 de cellule*; rayon- 
nantes; nous n'avons jamais rien vu de semblable sur plusieurs embryons 
Studies avec le plus grand soin en place et hors^le la graine, et nous ne dou- 
tons pas que I'apparence representee par Gaudichaud ne soit due a des por- 
tions adherentes du perisperme dont les cellules disposees en series rayon- 
nanles ontpu tromper I'observateur, quoique jamais rien de semblable ne se 
soit presente a nous. 

Cette organisation, dans ses parties les plus essentielles, concorde, ainsi 
que nous I'avons deja fait remarquer, avec celle des Restiacees et des autres 
families r6unies par Martins et Endlicher dans la classe des Ennntioblastte, elle 
differe ccpendant de celle de chacune des families comprises dans cette classe 
par des caracteres assez importants. Ainsi les Restiacees et les Eriocaulonees 
ontdes fleurs diclines, et les premieres n'ont que deux ou trois etamines; 
leur port est entierement different; les Xyridees et les Commelynees ont le 
perianthe interne petaloide et les ovules nombreux dans chaque loge de Tovaire. 
Mais il existe un genre de plantes qu'une description imparfaite a fait placer 



STANCE DU 10 MAI 1861. 267 

alasuitcdes vraies Joncees, ctdont les caracleres sont tcllement conforines 
a ceux des Joinvillea, que de tres faiblcs differences sewlos les disiinguent 
g^neriquement : c'est le genre Flageltaria. — Rapporte par A. -L. de Jussieu h 
Ja famiile des Asparag^es, R. Brown lui a irouve plus d'affinit6 avec les Joncees 
et Fa place avec doute a la suite de celtc faniille ; Endliclier, tout en le main-- 
tenant, comme type d'un groupe particulier des Flagellariees, a la suite des 
Joncees, demande si ce genre n'a pas plus de rapport avec la classe des Enan- 
tioblastcB. Ses doutes a cet ^gard auraient disparu si la description des carac- 
teres du Flagellaria avait 6te confonrie Ji la nature, mais il a ajont^ aux 
descriptions anciennes de ce genre plnsieurs details omis par R. Brown, qui 
sont inexaclset empechaient de saisir ses rapports naturels; aiusi, en d6cri- 

■J 

vant Toyaire, Endlicber dit : ^^ Ovula in loculis solitaria, basHnria, sessilia, 
anatropa, » En decrivant le fruit, il eniploie, conime tons les auteurs prece- 
dents, Jc mot de driipa et il ajoute ; « Drupaphiionms, stigmatibus coronala, 
monospernia, epicarpio carnoso ab endocarpio osseo solubili ; » cnfin, en td 
qui concerne la graine, il dit : <* Semen subglobosum, testa membranacea te- 
nuis iimbilico basilari, chalaza terminali late orbiculari. » 

Ges caracteres etaient completement opposes h ceux des families vol- 
sines des Restiacees et s'accordaient avec ceux des Joncees, mais ils sont' 
entlerement conlraires a la nature. Dans le Flagellaria, comme dans le 
Joinvillea, les ovules sont suspendus an somniet de chacune des loges do 
I'ovaire et sont orthotropes, le fruit est une baie a pericarpe entiercment 
charnu, et le pretendu endocarpe osseux est le testa de la graine, ainsi que le 
prouve I'existence, vers sa base, d'un disque embryotege comme dans le Join- 
villea. L'ombilic ou bile est superieur et non pas basilaire, d'ou il resulte que 
Tembryon, qui est en elTet place pres de la base du fruit, n'est pas pros de 
i Tombilic, mais lui est diani^tralcment oppos6. 

Les caracteres de ces deux genres sont tellement semblables, que les seules 
differences qui puissent les distinguer sont, dans le Flagellaria, le fruit con- 
stammcnt monosperme a pericarpe tres mince adherent au testa de la graine 
qui est lisse;dans le Joinvillea, le fruit trisperme ou disperme, rarement 
monosperme, a pericarpe cbarnu assez ^pais, et le testa des grain es qui est 
rugueux transversalement. Enfin, dans les organes de la v(5g6tation, il y a une 
difference iniportante : dans le Flagellaria, les feuilles put des gaines entiSres 
non fendues et le limbe non pliss6 comme dans les CommeIyn6es; dans le 
Joinvillea, les gaines des feuilles sont fendues et enroul6es comme dans les 
Graminees, et le limbe est large et plisse longitudinalement. De cet ensemble 
de caracteres, il parait resulter que le groupe des Flagellariees, indique avec 
donte |)ar Endliclier, doit etre maintenu et considere comme une famiile qui 
comprendra les genres Flagellaria et Joinvillea. 

On peut caracl6riser ainsi cette petite famiile et les deux genres qu'elle 
comprend : 



/ 



268 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE 



y 



FLAGELLARIEiE. 

■ 

Floues liermaphroditi. — Sepala iria, libera. Petalaivh, libera, textura 
scariosa sepalis similia, breviora vel aequalia; stamina 6, hypogyna, libera, 
aiitheris introrsis. Ovarium triloculare, loculis uniovulatis; ovulis angulo 
superiori funiculo brevi suspeiisis,orthotropis, micropyleinferiori, tegumentis 
duplicibus; stigmata tria, ex apice ovarii divergentia, filiforuiia. a basi ad 
apiceiTi intus papillosa. — Fructus: bacca abortu mono-disperma, rarius tri- 
sperraa; 5^men testa Crustacea, hilo superiori, micropyleinferiori, perispermio 
candido amylaceo rcpletum. Embryo minimus, autitropus, lenticularis, peri- 
spermio non inclusus, tegumento seminis adpressus et disco tesiae operculi- 
formi (erabryotegio) tectus. 

Herbae arundinaceae vel scandentes, foliis longe vaginantibus, nervis liuibi 
parallelis. 

/ I. FLAGELLARIA Linn. 

Fructus abortu monospermus, pericarpio tenui submembranaceo, testae 
seminis crustaceae lasvi arete adhaerente. 

Plantae caule gracili pleno scandente. Foliorum vagina integra; linibus 
planus, apice cirrosus. 

II. JOINVILLEA Gaudich. 

\ 

Fructus abortu dispermus, rarius mono- vel trispermus, pericarpio carnoso, 
testae seminis crustaceae transverse rugosae non adhaerente. 

Plantae caule arundinaceo fistuloso. Foliorum vagina fissa convoluta, auri- 
culis duabus lateralibus liguliformibus superata; limbus secundum ncrvos 
longitudinales plicatus, acutus, non cirrosus. 

1, JOINVILLEA ELEGANS Gaud. 

J. foliis limbo late lanceolato acuminato plicato, panicula elTusa, ramulis 
flexuosis puberulis; sepalis lanceolatis acuminatis, pelala ovala acuta superan- 
tibus; bacca parva molli subtriloba 2-3-sperma, seminibus sphaericis (peris- 
permii farinacei granulis amylaceis compositis). 

Joinvillea elegans Gaud. Voy. de la Bonite, atlas, tab. 39-/i0, fig. 7-26. 



1855, p. 198, tab. 6 (1). 



/ 



(l)^ En communiquant a la Societe botanique ces observations sur le genre Joinvillea^ 
nous ignorions la publication du docteur Joseph Hooker dansle Journal of botany de 1855, 
que nous venons de citer; d'autres recherches nous Tont fait connaitre avant Timpres- 
sion de cette notice, et nous sommes heureux de nous rencontrer avec ce savant 
bolanisle quant aux relations inlioies de cette planle avec les Flagellaria; mais M. Hooker 
n'avaitpas connaissance du genre Joinvillea figure par Gaudichaud dans Tatlas du Voyage 



I 



h 



STANCE DU 10 MAI 1861. 2t^9 

Hal), in insula Pinorum prope Novam Caledoniam et in Nova Caledonia 
(Pancher, Vieillard), 



2. JOIKVILLEA GaUDICHAUDIANA. 

J. foliis limbo late lanceolate acute pllcato, panicula erecta, ramulis paten- 
libus sinuosis rigidis puberulis ; sepalis ovatis acumine filiformi, petalis 3&qui- 
longis elliptico-subrotundis obtusis niucronulatis ; bacca inolli 2-3-spern)a, 

seminibus angulosis interne applanatis (perisperaiii farinacei granulis amylaceis 

conipositis). 

Hal), in insulis Sandwicensibus, Hawaii, Oabu, Maui et lMolaka'i(Remy, herb, 
sandw. n** 156). 



3. Joinvillea ascem)ens Gaud. 

J. foliis limbo anguste lanceolato longe acujuinato plicato, panicula erecta 
foliis breviore, ramulis flexuoso-recurvis ; sepalis petalisque aequilongis ovatis 

■ J 

obtusiusculis, margine valdescariosis; bacca sphaerica, externe crustaceo-ver- 
nicosa, epicarpio fragili, seminibus tribus spbaericis (perispermii farinosigra- , 
nulls amylaceis si mplicibus angulosis cellulas dense replentibus). 

Joinofllea ascendens Gaud. Foy. de la /?on27^, alias , tab. 39-iOi fig. 1-6 

(folia tantum). 

Hab. in insulis Sandwicensibus, insula Kauai dicta (Ueniy, herb, sandw. 

n^l56A). 

M. Eug. Fournier, vice-secretaire, donne lecture de la communica- 
tion suivante, adressee a la Societe : 



de la Bohite^ et considerait la plante qu'il a decrile comme enlicremenl nouvellc ; de plus, 
dans le caraclere modifie du genre Flagellaria qu'il a publie, il indique, ainsi que les au- 
(eurs precedents, les ovules commc dresses et anatropes ; dans la description du fruit, il 
emploie il est vrai le mot de bacca au lieu de drupa, niais il donne le testa comme 
mince el membraneux et pandt par consequent allribuer a Tendocarpe renveloppe dure 
et cruslacee qui est le vrai testa. La figure qu'il donne de li plante de Tile des Pins est 
parfaitement conforme a celle de Gaudichaud et ne nous laisse aucun doutc surTidentil^ 
sp^cifique des deux plantes. Quant a la distinction ^eneriqne des Joiuvillea et des 
FlageUaria, quoique fondee sur des caracteres assez Icgers, ellc nous parail Ires nalurelle 
quand on prend en consideration les caracteres de v6getalion, la pluralite des especes de 
cesdenx genres, et Textreme ressemblance des Joiuvillea entre eux et des especes de 

Flagellaria entre elles. 

Quant au genre Susum de Blume, qui, d'apr^s M. Hooker, pourrait peut-elre rentrer 
dans le meme groupe, nous en avons examine des echantillons en fleurs en bon ^tal, 
envoyes par M. Blume lui-meme. et nous avons reconnu des differences assez importantes 
entre cette plante et les precedentes, parliculierement dans le mode d'inserlion et la 
structure dc Tovule. Les ovules, solitaires dans cliaqueloge, sent attaches lal^ralement a 
I'angle interne sur une sorte de tubcrcule placenlaire qui penetre dans Tovule; ils sonl 
semi- anatropes, le micropyle ctant en has. Ces differences n'cmpScheraienl peut-^lre 
pas de rapprocher ce genre des Flagellariees, si la nature du p^risperme et la structure 
de Tembryon, qui sonl inconnues, etaient favorables a ce rapprochement. 

{Xote ajoutee au moment de Vimpression.) 



•270 



S0C1^TI§ BOTANIQUE DE FRAKCE 






1 



NOTE SUP. QUELQUES UEGTIFICATIONS DE SYNONYMIE, par M. Aa^ostc CiRASi: 

(Turin, avril 18G1.) 



. I. — Deux opuscules d'Allioni, souvent cites par lui-meme dans le Flora 
pedemontana, se sont dcrobes a I'analyse de la plupart cles floristes, et, par 
un malheureux hasard, ils u'out fouini que d'inutiles synonymes h un pelit 
nombre de ces ecrivains syst^mallques qui, dans le choix des noms de leurs 
plantes, ne ticnnent aucun compte de la priorite. Habentsua fata libelli. 

Le premier des deux iravaux, intitule Synopsis methodica stirpium horti 
regii taurinensis, fut imprime dans le tome II des Miscellanea taurinen- 
sia, qui parut en I'annee 1763. Parmi Ics veg6taux rccens6sdans ce precieux 
catalogue, quelqnes-uns venaient de fixer pour la premiere fois I'attention du 
botanistc, tandis qu'un certain nombre d'especes deja reconnues, envcloppees 
dans de vicilies pbrases j^p^cifiqnes, attendaient roccasion de se debarrasser 
de lours langes, et de rentrer dans le domaine de la science sous le droit com- 
niun de la nomenclature binaire. Allioni aurait done pu nommer convenable- 
ment loules ces nouvelles especes, tuais il hesila devant la necessite d'introduirc 
tant de nouveaules dans son travail, et, renoncaul a ses droits d'auteur, il ne 
fit que citer au bas des pages du Synopsis la phrase synonymiquefourniepar 
les autcurs sur cbacunede ces plantes, el, adefaut de phrase, il esquissa lui- 
menie par un trait caracteristiquc le premier signalement de Tespfece. II y a 
quelque chose de louchant dans ce proced6, et la reserve ingenue de Tillustre 
^crivain doit nous paraitre d'autant plus honorable et precieuse, que la manie 
dont maint auteur est poursuivi d'atlacher son nom aux plantes nouvelles entre 

V 

de nos jours pour une si grande part dans la confection de prelendues especes. 

Au second ecrit, qui fut public en lllh, dans le tome V^ et dernier 
des Miscellanea^ Allioni donna le litre A' Auctarium ad synopsim methodicam 
stirpium horti i^egii taurinensis^ et c'est la qu'il nomma reguli6rement les 
v6g6taux auonymes du premier travail. Mais, conime la plupart de ces noms 
de Tannee illh furent ensuite rappeles dans le Flora pedemontana (1785) 
tandis que quelques-uns y furent remplaces par d'autres denominations, c*est 
h ce premier Auctarium que devront remonter ceux qui tiennent a respecter 
religieusement les droits de la veritable priority. 

On trouveradonc tout nature] que je vienne, avec leplus legitime empresse- 
ment, rappeler ces Etudes d'Allioni a I'attention des historiens de nos plantes; 
et, <quoique le service que je compte rendre a la memoirc de Tinsigne botanistc 
dont mon pays a tant de droits de se glorifier, soil d'une importance minime, 
je ne puis cacher que ce petit travail a cu pour moi un attrait tout particulfer : 
en effet, si, d'apres la charmante expression de M. Thiers (1), nous devons 

(1) Disbours de reception a rAcademie fran^aise. 



SEANCE DU 10 MAI 1861. • 271 

4 

aimer notre siede comme une palrie dans le temps; c'est surtout a ce qui tient 
a la gloirc de notre palrie dans Tespace que nous vouons irr6sislibleraent nos 
premieres et plus douces sympathies. 

II. ' — Voici d'abord une liste des vieillcs especcs d'Allioni qui soul g6n6- 
ralement recues dans nos Flores sous leurs premiers noms g6neriques. On les 
voit figurer partout comme procedant du Flora pedemontana ; mm^ fi^dxil 
6te nommees dans VAuctarium^ elles devront ddsormais prendre date de 
ranneel77i: 

1. Anemone Halleri All. Auct, ad syri, meth. st. h. r. taur. in Misc. 
tatir,y {\nU)y p. 92, ex cit. syn. Halleri {HisL st Helv. sub. n, \\l\li 
errore typographico 11 /i8). 

2. Iberis gaiTexiana All. 1. c. p. 73, ex plirasi diagnoslica. 

3. Silene nicceensis All. I. c, p. 88, ex phr. diagn. , loco natali et des- 
criptione. 

h. Ononis Columnw All. 1. c. p. 77, ex cit. syn. Columnae. 

5. Saxifraga biflora All. 1. c. p. 86, ex cit. syn. Halleri et descript. 
comparativa. 

,6. Lignsticum ferulaceum All. 1. c. p. 80, ex nofls descriplionis (excluso 
syn. Seguicri). — Quoique Ic synonyme de Seguier soil cite a faux, quel- 



pour 



plante qui fut ensuite longuement decrite dans le FL ped. II, 13. 

7. Galium cinereum All. 1. c. p. 57, ex phr. diagn., loco nat. et 

descript. 

8. Phyteuma Scheuchzeri All. I. c. p. 63, ex cit. syn. Halleri. 

9. Achillea Erba rotta (Herbarota) All. 1. c. p. 69, ex phr. diagn. 

10. A. ligastica All. I. c. p. 69, ex phr. diagn., loco nat. et descript. 

11. Carlina acanthifolia All. 1. w p. 67, ex phr. diagn., loco nat. et 
characteruiu aduinbratione. = C. ChardousseWll Prosp. (1779), p. 27. 

12. Hieracium glaucum All. I. c. p. 71, ex cit. syn. Halleri et descript. 

13. Crocus vei^us All. 1. c. p. 56, ex loco nat, Jacq. Anslr. V (1778J 
in append, p. Zi7, t. 36. = C\ sativus j3 vernus L Sp. 36. — La plante 
d'Allioni se trouve citee sans synonyme et sans description, mais Tasterisque 
conventionnellement plac6 par Tauteur a cote des plantes de VAuctarinm 
qui croissent en Piemont, et que Ton remarque h c6t6 du C\ vernus, nous 
indique avec assez de certitude Tespcce qu'il entend constiluer, et parait ainsi 
etablir cu sa faveur des droits suffisants de priorite sur la publication pr6citee 
de Jacquin. 

li. Polygonum alpinnm All. 1. c. p. 9/i, ox cit. syn. Halleri. 

Je crois devoir ajouter a cette serie d'especes une intercssanle Ombellifere 
qui futprovisoirementclassee, dans VAuctarium, sous le gcin-e Corinndrum, 
et dont le nom sp^cifKjue conserve le m6me droit ^ cette Equitable anticipation 

de date: 



272 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

CoriandrumaquilegifoliurnkW. Auct. etc. (177/j) p. 81,excit.syn. Lobelii. 
Phellandrium oquilefji folium All. in notis autographis ad Prospectum 
Villarsii, in bibliotheca regia taurinensis scientiarum Academiae religiose ser- 
valum, p. 2i. = Danaa aquilegifolia All, FL ped. II, Zh. = Physospermum 
aquilegi folium Koch Umb. \ZU. 

Quant au Myosotis nana, dont Schrader fit en 1820 son Eritrichium 
nanum, et que Ton attribue gfineialement a Villars, Prosp. (1779) p. 21, on 
le trouve, il est vrai, dans ce meme Auctanum d'Allioni (1774) p. 61, mais 
il doit remonter beaucoup plus haut, et tout au moins a Tannee 1759, dans 

i 

laquelie Liniie publia le tome IV des Amcenitates acadeinicw. C'est <i la 
page 429 de cevolume que Nils. -N. Amann, dans sa these intitul6e Flora 
alpina^ noinme notre Borragin^e du nom de Myosotis nana, en citant a 
Tappui, comme temoignage suffisant de controle, la planche du Mitseo de 
Boccone qui porte le n° 107, planche qui, par une faute de numeration, se 
trouve a la page 149, au verso de la planche 128. 

III. — Dans les rectifications suivantes, j'espere avoir ramen^ h leur 
veritable parrain d'excellentes esp^ces que certains floristes n*onl point fait 
remonler a notre Allioni, par suite d'unc meprise qu'on ne saurait trop seve- 
rement leur reprocher. Les deux petits ecrits du bolaniste italien passerent 
presqne inapercus, et Linn6 lui-meme, dansiine leltre du 31 mars 1772, 
se plaint a Allioni de n'en avoir aucune connaissance. « Apres Tavoir reiaerci6 
d'un envoi de livres, « Yous me parlez, lui dit-il, du Synopsis methodique 
des plantes du jardin royal de Turin ; je n'ai jamais entendu mentionner un 
tel ouyrage, veuillez nf en pr^ciser le litre. On ne rencontre jamais chez nous, 
ajoute-t-il, des livres de botanique venant d'ltalie, et si vous n'eussiez eu 
I'extreme obligeance^ de me les envoycr, il ne m'aurait jamais 6t6 accord6 
d'en jouir (1). » Parlant ensuite du second ouvrage, dont, par une faute 
d'orthographe qu'il nc fut pas le seul a commettrc, il ('6fonuc legerement le 
tilre, « Je vous reniercie pareillement, lui ecrit-il, de VAuctiiariu7n, que je 
desire trSs ardemment nuit et jour. Puisse-je le recevoir avant la nouvelle 
edition du tome II du Systeme, que je suis en train de preparer a la priere de 
Timpiimeur... (2). » 

Or, si les opuscules en question furent si pen repandus, et si, par cette 
circonslancc , Ic^ droits d'Allioni se trouvcrent parfois sacrifies, la faute 
premiere en est imputable aux difficultes sans nombre que nos aieux reu- 



t 



(1) Loqueris de synopsi mclhodica sUrplum H. B. T., de hhro a me numquartt 
axidiio; per^crihas mihi ixixdum. Libri botanici ex Italia numquam optid nos occurrunt^ 
et si ipse mihi eos gratiosissime non dedisses, numquam iis frui mihi conligisset, (Letire 
inedite conscrvee Oans la correspondance d'Allioni, a la biMiotheque de TAcadfimie 
royale des sciences de Turin.) 

(2) Grales reddo simiUter pro Auctuario, quod die nocleque avidissiine desidero. 
Uiinnm hoc obiwerem antequam ederem novam editionem lomi secundi Systematise quam 
nunc joro precibus fypographi (Ibid.). 



\ 



SEANCE DU 10 MAI 186 J . 



273 



conlraient malheureusement dans toutes les voies deleursComniunicalions, ct 
coiitre lesquelles satis dome leur impatience dut bien souvcnt s'insurger. 
Les principales esp&ces a restituer a Allioni sonl les snivantes : ^ 

m X 



Misc 



V'(177Zi), p. 7/i, ex cit. syn.' Halleri. Haenke in Jacq. Collect. II (1788), 



p, 56. 



Turritis ccerulea XW FL ped. I, 270. 



\ 



% Alyssum argenteum All. I. c. (177^) p. 73, ex cit. syn. Michelii apud 
Zannichellinm et disquisilione coinparat{?a. Vitman Summ. plant. IV (1790), 
p. hZ. = Liinaria argentca All. FL ped. I, 2^5. 

3. Bupleurum Gerardi All. I. c. {\llh) p. 81, ex cit. syn. Gcrardi. Jacq. 
Amtr.Wl (1775), p. 31, t. 256. — Celte rectification ne s'adresse qu*aux 
bolauistes qui n'aameitraient point la division proposee par ^1. Jordan [Pug. 
pi. nov. 1852) de Tancien Bupleurum Gerardi en B. australe^ destine a re- 
presenter, d'apres lui, la veritable espece de G6rard, exclusivement meri- 
dionale, et B. Jacqulnianum^ charge de designer la plante d*Allioni et de 
Jacquin. L'herbier d*Allioni ne contient plus que quelqoes feuilles de son 
espece, qui ne peuvent nous fournir la inoindre preuve dans la question ; quant 
aux principales localiles indiquees par lui, je suis bien certain de n*y avoir 
jamais rencontre que le B. dit Jacquiaianum. En supposant done que ces 
deux grands bolanistes se soient, vers la meme epoque, trompes tons les deux 
en cilant a faux pour la meme planle le meme synonymc de Gerard, on pent 

-L 

toujours regretler que M. Jordan, n'ayant point connu les titres speciaux 
d'Allioni, ait consacre a la m(5moire de Jac(iuin une espece que le bolanisle 
piemontais avait ete le premier a signaler. 

h. Hieracium stalicifoihim All. 1. c. (1774) p. 71, ex descript. = //. 
statice folium Vill. Prosp. (1779) p. 35. 

5. Plantago serpe?i(i>Ht xVll. 1. c. (1774) p. 60, ex cit. syn. Tournefortii. 
Vill. Prosp. (1779) p. 19. 

6. Jtumex orifoiius Ml. 1. c. (1774) p. 94, ex cit. syn. Halleri (non L. f. 
SuppL 212). — M. Grenier croit, d'apres Poiret, a Tidentit^ du Rumex aii-^ 
foliusL.i. (1781) avecle //. dbyssinicus Jacq. Ilort, vind. Ill (1776), p. 48, 
t. 93 ; c'est pourquoi, annulant le synonymc de Linne fils, il rappelle pour notre 
plante Tadjectif an/o/zw^ d'Allioni, qu'il date de I'annee 1785. M. Meisner 

partage point cette opinion, et, s6parant le R. abyssinicus Jacq. de Tespfice 
^ Linne iils, il est oblige d'adopter pour la plante d*Allioni un synonyme de 
Taunee 1S06, et deTappeler B. montanus Desf. Il n'est plus question aujour- 



■^ — — — -- 



d'hui de rajeunird'autantla vieille plante 



■fol 



sept ans plus ancien que celui de Linne fils. Suppose done que la planle de ce 
dernier fut vraiment distincte du B. abyssinicm de Jacqnin, c'est elle-m6me 
qui devrait subir la facheuse chance d'un nouveau bapteme, et ia question 
se Irouverait toujours fort simplement resoliie k Tavanlage du botanisle pie- 



montais. 



T. VIII. 



18 



57/i 



SOCl^lf BOTAnIQUE bE FRANCE. 



' A ces rectifications que Ton doit ^ la priorite de VAuclarium, je crois 
pouYoir ajouter quelques corrections tout aussi importantes qui s*appuienl 
sur les droits incofalestabl^s acquis par la publicatiofl dd Flora pede- 
ffiontana. 

r 

C'est ainsi que, pourle Vicia angustifolia, les auteurs airaent ^ citer Roth 
[Tent, fl, germ. 1, 1788, p. 310), landis que l*espece se trouve r6guliftrement 
6tablie dans Fouvrage d'Allioni (t 1, 1785, p. 325), oft Tauteur, choisissant 
tr^s a propos pour sa plants le nom jadis t\\^ parRivinus, cite a Tappui quatre 
excellents synonymes puis^s dans Haller et dans les Bauhin. 

On pourrait encore demander a quelques auteurs pourquoi le Fceniculurn 
vulgare de Gaertner (1789) leur semble preferable au F. officinale d'AlIiorii 

(1785). * 

Quant au Sonchus asper de Villars, dont nulle mention n*existe dans le 
Prospectus^ et poiir lequel on ne cite que le tome III de VHistoire des 
plantes du Dauphine^ on oublie sansdoute que ledit volume ne parut qu'en 
1789, et que des deux ^crivaiiis qui nomment de ce nom une partie de 

la plante synth^tique {Sonchus oleroceus] de Lihii6, c'est a Vauteur de la 
Flore de Pi6mont qu'on doit accorder la preference {Fl. ped, I, 1785, 
p. 222). ^ • 

Une petite inexactitude s'est encore glissee, au prejudice d'Allioni, datis 
qtlelques Flores modernes, ou le Carex foelida est represent^ comme nomm6 
dans le Prospectus de Villars. Nulle mention de ce Carex n*est faite dans 
rouvra^e crt question, et il n'y a certainementaUcane liaison d'enlever Ji sort 
auteur cette assez rare espece, nomm6e et decrite dans le Flora pedemontana 
(t. II, 1785, p. 265). 

IV. — Dans les especes qui suivent, et que je tiendrais surtout ^ feven- 
diquer a la gloire d'Allioni, la v^rit^ historique va souvent exiger un complet 
renversement des synonymes recus dans nos Flores les plus recentes. 

1. Tri folium saxatile All. Auct. etc, (1774) p. 77, ex cit, syu. C, Bau- 
hini, descript. et loco nat. = T, thymiflorum Vill. Prosp. (1779) p. 43. 

1 Saxifraga muiCdidH k\\. 1. c. (177/1) p. 8t, ex cit. syn. Halleri (nod 
Wult in Jacq. Misc. II, 1781, p. 123) ; FL ped. II, 70, excluso syn. Sco-^ 
poliano quod special ad 5'. iedoidem L. =* S. planifolia Lap. Air. (1818) 



p. 31. 



Cette rectification va fnalheUfeusement produire tin certain d^sordre 



parmi les synonymes. En effet le S. planifolia Lap. n^a plus auCune ral^ff 
d'etre conserve, etle S. muscoides Wulf. {S. ccBspitosa Scop, non L.; S. py-" 
renaica Vill. hon Scop.), que notisaurions voulu nommer 5. Wulfeni eti 
souvenir du celebre botanistc de Carinthic et en dfidommagement de la plante 
qu'il est force de ceder a la priorite d'Allioni, doit probablement, pour les 
bolanistes reductevrs, et faute d'un plus ancieu synonyme, prendre le litre 
de 5'. varians Sieb. Fl. austr. exs. n*^ 1?2 (apud DC. Prodr. IV, 25), litre 
qui d'ailleurs sierail a merveille a celle espece singulierement polymorphe. 



j 



-x 



I 

I 



y 



\ 



\ 



STANCE DU 10 MAI 186t* 



275 



3. Galium lucidum All. 1. c. {IIIU) p. 57, ex phr. diagn., ex syn. Enmri^ 



nic.y ex loco nat. et descript. 
p. 20. 



G. 



udcefi 



Prosp. (1779) 



L'Academie royale des sciences de Turin possede du Prospectus 
de Villars lin pr^cieux exemplalre qui provient de la bibliotheqiie du profes-i 
seur Balbis, el que j'ai deja eu roccasiort de citer dans cette note. Suf Ics 
marges du volume, qui dut servir aux etudes d'Allioni, cet auteur Iraf a, a 
c5t6 d'un grand nombre d'espeCes, tantot quelques petits traits dont le sens 
et la portee nous ecbappent, tantot un svnonyme en loules lettres. Or, par 
uiie distraction amusanie, oublieux sans doute du vrai nom de sa planle, a c6t6 



itdcefol 



an 



reprodnisit ensuite dans les /cones taurinenses (vol. XXVI, p. /i), prccieut 
recueii ou sont soigneusemeut figur6es les princlpales especes cultiv^es au 
jardin botanique, et que l^on conserve a la bibliotheque de runiversile de 



Tunn. 



C: 



^ 



,*k. Campanula alpestris M]. I c. (177/i) p. 63, ex cit. syn. Halleri. 
Allionii YiW. Prosp. (1779) p. 22. — Villars rapporte ponctuellement a son 
espece le synouyme emprunt6 a Touvrage d'Allionf , Stirpium pedemontanarum 
specimen prh num. (1155), synonyme fourni par Haller et appartenant sans 
uul doute a la precieuse plante qui fut, dix-neuf ans plus tard, le Campanula 
alpestris. ]Malgr6 Texactitude de cette citation, Allioui rangea deux fois le 
synonyme de Villars sous le C. cenisia L. , d'abord dans les notes manuscrites 
de Texemplaire du Prospectus^ et ensuite dans le Flora pedemontana, 1, 108. 
Je ne sais comment m'expliquer ceite erreur d'Allioni, vu surtout que les 
plantes en question sont tro]) dislinctes poiir qu'on puisse soupconner Villars 
de les avoir confondues, et que d'ailleurs le savant botaniste de Grenoble se 
trouvait parfaitement a portee de les connaitre de visit. 

5* Primula hirsutaMl 1. c. (177/i)p. 62, ex cit. syn. Halieri. = P. villosa 
Jacq. Austr. V (1778), in append* p. ^1, t. 27. = P^ viscosa Vill. Prosp. . 

(1779) p. 21. 
* 6. Primula viscosa All. Fl. ped. I (1785), p. 93. = P. hirsuta Vill. 



Dauph. 11(1787), p. 469. 



latifolia 



\ 



X 



\ 



Les deux Priraeveres que je viens de rappelef sont tout aussl incompl^te- 
ment definies par Villars que par Allioni. Quant au curieux chasse-crois6 
que ie droit severe de priority exige dans les synonymes des deux auteurs, 
11 kurait ete facilement epargne si Tun et I'autre, par une Sdge rdcipro- 
cite, eussent tenu un compte plus exact de leurs travaux ant^rieurement 
publics. 

On me J)erraettra de rappeler ici, en faveur d'Allioni, quelques pr^cieuses 
rectifications que nous devons a Tillustre professeur Moris. Le celebre auleur 
du Flora sardoa n'admet d*abord ni le genre Senehiera, 6tabli en 1799 par 
De Candolle, ni le Sedum rev6tu en 1806, par Poiret, du titre speciQque 
d'altissimum^ el il ramene consciencieusement le premier sous le genre 



/ 



^ / 



•276 



SOCI^TE BOJANIQUE DE FRANCE. 



(!oronopuSy et le second sous le Sedum mcceense, genre el espece pnblies en 
1785 dans le Flora pedeinonlamr, 

M, Moris signale ensnite nu\ erudits le regrettable fort qu'on fait essuyer 
iwigenve Bassix, soigneusement, je dirai meme affectueusement forme par 
Allioni.en. 1766, et sacrifie an genre etabli sous le meme nom par Linne en 
1771. Plus loin il leur rappelle que le m6me sort fnt reserve au genre 7bwr.T 
nesoliade Scopoli, etabli en 1777, auquel on pr^fera le genre Crozophorade 
Necker, qui date de Tannee 1790. 

Et, puisque le nom d'Allioni peut servir S reclaircissement d*iine derniere 
question de synonymie, nous apprenons enfni par M. Moris, d'apres un ren- 
seignement communique par M. le docteur Casaretlo, que ce frit precisement 
Allioni qui fournit a Linne Funique exemplaire de Statice cordaf a que Von 
conserve a Londres dans le plus precieux des herbiers hislqriques, ce qui 
tranche d'une maniere peremptoire une vieille question, en etablissant, d'apres 
les observations de M. Moris, I'incontestable identile du Statice cordata L. 
avec le /S. pid>escens DO. (voy. FL sard, ill, ^7). 

y. — J'ai taciie, a I'egard des espfeces qui precedent, de faire valoir mes 
preuves a I'avantage d!Allioni; niais I'equite requiert maintenant que inon 
illustre conciloyen, assez riche de son propre funds, rende a leurs veritables 
anteurs quelques especes qu'il ramassa, soit par megarde, soit parce qu'il 
put se croire autorise, par les usages moins fixes et moins d6fmis de son 
epoque, h raisonner comme Moliere, et a reprendre son bien ou il le 
retrouvaii. 

C'est ainsique VArabi$saxatilis All. Fl. ped. T (l78n), p. 268, devrait ceder. 
lepasa VA. nom Vill. Prosp, (1779) p. 39, dont le nom specifique, malgre sa 
naivete, vaudrait encore mieux qu'unefoule d'autres noms adoptes sans trop 
de scrupules, et aurait en outre Tavantage de rappeler une partie du vieux 
synonyme de J.-B. Bauhin. * I 

M 

Une socondc rectification va frapper la charmante espece de Viola counue 
sous le nom de nummularifolia^ quo quelques auteurs nomment par inad- 
veriance V. Nvmmularia All. Le premier qui livra au public le nom de cette 
plaute est, sans contredit,Villars, qui Tetablit dans son Prospectus {1119], 
p. 20, sur le synonyme de Boccone. II est vrai qu'a la suite de ce synonyme, 
rappel6 alors sous la forme dubitative, Villars s'empressa d'ajouier celui de 
Touvrage dejii cil6 d'Allioniy^^Stirpiwn pedemontanaram specimen primum 
(1755) ; mais, dans ce livre tres interessanl, les plantes ne sont malheureu- 
sement designees que par des phrases specifiques; c'esl pourquoi, malgr6 
la predilection que je ressens naturelleiuent pour la gloire d' Allioni, tout 
moycn m'echappe de ratlacher a son grand nom cette interessante espece de 
DOS Alpcs, 

Enlin, cesllG Digitalis grumliflora \\\. Anct. etc, (177/4) p. 61, que va 
frapper une troisietue application du pnncipe de priority. Le Digitalis qui est 



SEANCE DU 10 MA[ 186 J. 



277 






\ 



\ 



^n cause avail ele considere par Jacquin, dans sa Flore de Viennc (1762), 
oomine une variety a fleurs jaunes dii D. purpurea L. Celte opinion prevalut 
pendant une assez longue periode; mais, dans Tannine 1772, Jacquin luU 
nignie, le distinguant cominc espece, le decrivit, a la page 36 dn tome P'' de 
son Flora ausiriaca, sous le nom de I) ochrotevca, et Ty fit graver h la 
planche 57. Dans une iettre du 20 f6vrior 1773 (1), Jacquin signalait a^ 
Allioni la plante d'Autriche comme une espece nouveIlc;'uiais ceku-ci, sans 
concevoir le moiudre soupcon sur Tidentit^ d'une Dtgilale de Piemont avec la 
plante de Jacquin, donnait vers la mgtnc epoque, h celte meme espece, le 
litre de grandiflo7'a, 

Anterieurau titre choisi par Allioni, le ternie adopte par Jacquin se Irouve 
Iui-in6me devance par un troisienie synonyme, C'est au nom illustre de Jean- 
Andr6 Murray qu'il appartient de figurer a c6t6 de cctle belle Scrofulariacee, 

4 

a laquelle, des Tannee 1770 (a la page 62 du Prodromus designationis 
stirpium gottingensiutn), le c^Iebrc savant imposa le titre specifiq?f« A'am^ 
bigua. Appuye sor la priorile, Tadjeclif de Murray ne coniient en lui-meme 
rien qui puisse en motiver rexclusion; c'est une epithfete historlque qui 
retrace toute une epoque de Texistence scientifique du vegetal, pendant laquelle 
on douta de la validite de ses litres a la dignile d'espece, et qui, lout en 
resolvant la question en faveur de la plante, manage prudemment les doutes 
primitifs des auleurs qui s'cn etaient occupes. 

Je crois ne pas devoir oublier a ce sujet que quelques floristes, copianl une 
premiere faute d'un auteur celebre, ont cite pour le Digitalis ochroleuca de 
Jacquin, au lieu du Flora oMstriaca (1772), la planclic 57 du tome 1" de 
VBortus vindobonensis (1770). L'erreur n'aurait cu en ellc-m6me aucunc 
importance, si ixn^ telle cilalioa n'eut fait reculer de deux amices Torigine de 
Fespece ; et a ce compte-la, il y aurait eu une seconde question de priorile 
plus difficile a resoudre entre Jacquin et Murray. Heureusement la citation est 
fausse, et coniient meine rafTirmation d'ua fait contraire au ])lan de I'ouvrage 
de Jacquin. Le Digitalis ochroleuca est une espece qui abonde en Autriche, 
et les plantes d'Autriche fureiit rigoureusement exclut^s de V/Jortus vindobo- 
nensis, (^est Jacquin lui-meme qui Tannonce a Allioni, dans une leUre dii 
ISjuin 1772 ('2), en lui ecrivant que son Hortus.,. meras continet cxoticas 
ratione Austriw plantaSy austriacam nullam; el d'ailleurs, enouvrauta la 

plaiiche 57 le tome V^ dudit ouvrage, au1i6u du Digitalis d^Siri?, on y ren- 
contre Fel^gant Cavrpamda carpatica Jacq. ibid. p. 22. 
, VF. — La longueur de cet article, Taridit^ de lous cej^ details et le besoin 
de completer quel(|ues (5ludes comparatives sur un petit nonjbre d'e.speces cri- 
tiques nommees par Allioni, me font un devoir de clore aujourd'liui la serie 



(1) Correspondance inedite d' Allioni. 

(2) Ibid, 



278 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



de ces recheixlies. Mais, avant de prendre conge de aies confreres, je leur 
demanderai la permission de constatcr Topportunite d'une dernierc rectification , 
an m6rite de laquelle AUioni resta completenient etranger. . 

On se rappelle le desaccord des floristes touchant le nom a donner au Pri* 
mula veris y acaulis L. Sp, 1^3, reconnu comme espece distincte. Lamarck 
choisit en 1778 {Fl, fr, II, p, VaS) celui de P. grandiflora, luais Jacquin^ 
dans le courant de la mgme ann^e, pour conserver one trace plus manifeste de 
I'insigne \ari6l6 de Linn6, nomma la plante Primula acaulis (Misc. austr. I, 
1778, p. 158) (1). Quelques botanistes ires consciencieux et des plus erudits, 
lout en attribuant a Tadjectif adopte par Lamarck les droits d'une anleriorile . 

1 

qui aurait dfi ressortir d'une soigneuse enqucte sur les mois et peut-etrc mfime 
les jours de publication des deux ouvrages et de laquelle j'avoue bumblement 
qiie j'ignore les preuves, oni pafu regrctter que Tidee ne fut pas venue au floriste 
francais d'adopter le tilre pr6fer6 par Jacquin. Je respecle leur opinion, mais 
je ne saurais etre complelement dhin tel avis ; en effet, I'adjectif acaulis^ on 
I'a fait observer depuis longlemps, ne pent fournir Si une plante qu*un nom 
specifique des plus mallieureux : le nombre des vegetaux fl^tris de ces sortes 
de barbarismes n*est dejU que trop grand dans nos Flores, et, qnand un fieri- 
vain arrive a pouvoir i^galement ea soustraire une espfece quelconque, les 

amis du vrai, loin d'en avoir du souci, devraient feliciter du succ&s Theureux 
auteur de Tfipuration. 

Si le mot acaulis merite d'etre si nialvenu parmi nous,' Tadjeclif grandi- 
flora, quoique parfaitementortl\odoxe, ne fut pas des mieux choisis : heureu^ 
semcnt on aurait du, depuis longtemps, remplacer les deux epithetes contemr. 
poraines par des synonymes qui remontent beaucoup plus haul dans la 
chronologic de T espece. 

Un de ces synonymes nous est offert par Scopoli dans son Primula silveslris 
{FL cam, ed. 2, I, 1772, p. 132). Quoique cet auteur ne cite point Linn6, 
on ne saurait concevoir aucun doute sur Tauthenticitede sa plante : les syno- 
nymes et la dia;?nose en sont les garants irrficusables; et d'ailleurs, comment 
pourrait-on hesiter a reconnaitre une esp6ce que Scopoli a courtoisement 
chargee d'annoncer partout le r^veil de la nature, et dont il seplait a chanter 

4 

ce qui suit : « Quand cette fleurparait, la bergeronnette sautille dans les bois, 
le lezard sort a la lumiere, la tipule du degel oiivre ses danses, le theatre de 
Flore s'^panouil. » ? Je ne cacherai done point que j'en vins a nourrir pendant 
quelque temps et avec une certainc satisfaction Tcspoirde reserver h un bota- 
nlste iialien le droit de nommer une plante si repandue dans I4 flore d'i^urope ; 



(1) Le nom rJont on distingue la varietc a-t-il une valeu'r histoiique el doit-il &ivt 
conserve dans le cas ou Ton eleve la variete au rang d'espece? La question parait avoir 
ete resoluc negativement par Linne lui-mSme, qui, dans la seconde edition du Species^ 
nommc quelques nouvelles especes independamment du nom qu'elles portaient cqmme 
varicles dans la premiere edition de Touvrage. 



SEANCR pu JO ^41 186!, 



279 



r 



je rappellerai iiieme que, daus ce but, et pour completer incs preuves, j'cus la 
pensee de recourir a un dernier eclaircissement, auquei on attache en gcn(5ral, 
et sous cerlaines r^erves, une assez grandc importance, c'est-a-dire a la 
verification des especes authentiques dans Therbier de leur auteui\ J 'avals, h 
cet effet, rassemble, avec le Prunula silue&tris, un certain nombre de pontes 
a confronter dans Therbier de Scopoli, lorsqu'en parcourant le pr^cieux recueil 
de (a correspondence d'Alljoni, je tonjbsi par basard sur une letlre de Martin 
Vahl(30 avriI1785), danslaquelle le celebre Danojs rend a son illustre ami 
le gpfnpte le plus curieux de Taccueil c|u'il revolt des botanistes d'lialie. En 
parlant de Scopoli, alors professeur Ji Pavie, Vahl ecrit de bien s^vtres p(5riodes, 
dont je ne citerai que le trait qui concerne Therbier : Jamais^ dit-il, fai 
vu un collection si en desordre et si mauvaises echantillons^ tons presquc 
indet ermine on tres mal^ pas un de les nouvelles plant es de Flora carnio^ 
lica... Scopoli inourut en 1788, et n'eul certainement ni Tid^e nile temps 
de refalre ou de reorganiser son berbier. 

A dffaul de cette preuve surabondante, je comptais sur nies autres moyens 
pppr plaidcr la cause du Primula siloeslrisj et je Taurais infailliblement 
gagnec sans la brusque intervention d'un synonyme qui se trouvait avoir 
devanc6 de dix annees le nom impose par Scopoli. En effet, dans la premifere 
edUipn 4u Flora anglica de Hudson (1762), a la page 70, la variete acaulis 
du Primula veris de Linp6 est regulierement d6tach6e du type, et Icgalement 
^lev6e au rang d'ospece sous le nom de Primula vulgaris, Rien, dao? le 
livre de son auteur, ne manque a la solennelle installation de Tespfece parmi 
ses congeneres ; la phrase diagnostique, la citation des synonymes, le temoi- 
gnage des lieux que la plante emaille de son abondanie floraison, et jusqu'a 
ce joli nom dq Primerose dont les Anglais saluenl cette premiere fille de 
leur printemps, tout cbncourt a prouver de la inanifere 1^ plus complete 
raulbenticite d'une espece p^rfaltement defmie, Cependant, malgre Tensemble 
imposant des renseignements ofliciels dont Hudson eut soin d'entourer le 
berceau de sa charmante espece, j'ai du me demander plusieurs fois pourquoi' 
le? floristes u'avaient pas cru jusqu'ici devoir adopter un nom jouissant d'une 
jelle priority. On dirait que le basard a voulu jouer ici un mauvais tour aux 
botanistes, en donnant, si par v a licet componere magnis^ a un simple mal- 
eiitendu, k une legere inattention, Tapparence d'une sorte dc rivalite natio- 
nale. En effet, par un piquant rapprochement, on trouve que les floristes 
d'Allemagne, tout en citant le synonyme de VJtalien Scopoli (1772), prcRsrent 
le nom choisi par le Viemiois Jacquin (1778), tandis que ceux de France, 
qui citent V Anglais Hudson (1762), s'en tiennent au synonyme du Frangais 
Lamarck (1778), 

M. A. Gris, vice-secretaire, douiie lecture de la communication 
suivante, adressee a la Societe ; 






280 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



DES CARACTERES PISTILLAIRES DU GENRE fif/SCf/S, par M. D. €£<0!i». 



/ 



(Toulouse, 54 avril 1861.) 



^ 



Deux points, dans rorganisalion de ce pistil, ont principalemcnt fix6 mori 
attention : d'une part, la nature d*une membrane charnue appliquee sur 
rovaire ; de I'autre, le norabre des loges de cet organe. 

A. Parois du pistil. — D^s la fin du xvii^sifecle, Aubriet montrait de la 
nianiere la plus clciire que Tovaire des Ruscas est renferme dans une sorte 
degaineque snrmontc lestigmate (in Tournefort, Institiit. reiherh. tab. 15). 
Bulliard le figure a son lour dans VUerbier de la France [Hist, des pi. med. 
pL 243) et ajoute « que cet ovaire est renferme dans une espece de iiectaire 
membraneux et colore ». En 1 786, Lamarck donne an genre Rnscus uii ovaire 
superieur..., enfernie dans le godel [Encyclop. Botaniq. t. II, p. 526). Entin 
Linne, dans son Geno^a^ ^crit : Stigma obtusum per os nectarii proeminens, 
Apres lui, je ne trouvc que Gussone [Florce sicuL synops.), Acb! Richard 
(in Diet, class, d'hist. nat. t. VII, p. 26) (1) et Kuhth [Enumer. plant. 
t. V, p. 274) (2) qui aienl parl^ de ce corps; il est omis par la plupart des 
auteurs, et en particulier par A.-L. de Jussieu, Endlicher, De CandoUe, 
MM. Cosson et Germain de Saint-Pierre, Grenier et Godron, Le Maout et 
Spach; et cependant, s*il parait, a un examen superficiel, peu distinct de 
Tovaire, la plus simple preparation suflit a le devoiler. 

Mais que devient cettc gainc pendant la transition de I'ovaire a Tetat de 
p^ricarpe? Sc fl^trit elle depassee par Fovaire, ou, suivant cet organe dans son 
accroissement, se soude-t-el!e, s'idcnlifie-t-elle avec lui, pour constiluer la 
couche la plus ext^rieure du pericarpe? Cette question, laissee indecise par 
les auteurs, ne pent etre ^tudiee dans nos contr^es que sur le Buscus 
aculeatus, car le pistil du R. Hupoglossum n'y raurit jamais, ne depasse 
m^me pas son premier ^tat. Or, il suffit d'examiner, dans le Fragon epineux, 
des ovaires de la grosseur d'un grain de senev6 ou meme de celle d'un 
pois, pour reconnattre, entre leur base et les six divisions persistantes du 
p^rigone, une membrane dechiree, appliquee sur les parois du pistil et prove- 
nant bien ^vicicmment de la gainr. L'analogie scmble indiquer que cet urc6ole 
enveloppani I'ovaire represente dans les fleurs femelles randroc^e. Toutefois, 



• 4 



\4 



(1) « Dans les fleurs femelles, dil eel auleur, Furceole existe aussi, mals il est prive 
d*aiitheres. Lc pislil e?l place dans son interieur et le depasse un peu dans sa partie 
superieure. Get urceole a ete decrit par Tournefort comme une coroUe, et par Linne sous 
le nom de neclaire « {loc. cit.). 

(2) « Flores feminci : Tubus stamincus ovatus, carnosus, purpureo-violaceus, 

l»uncluialus, ovarium arete involvens : limbo eoiistriclo, albido-membranaceo, undulato- ' 

lobulalo » (/oc. cU.j 



- , f 






SEANCE DU 10 MAI 1861. 281 

je lie sache pas qi/on I'ait jamais vu surmont^ d'antheres ou de rudiments 
d'anlh^res, et s'il y a quelque hardiesse h le designer ^vec Kunth sous 1^ 
iiom de tubus starnineus {loo. cil.) ou avec M. Spach sous celui d'andro- 
phorc depounu d'anlheres, c*est aller, j'imagiue. beaucoup trop loin que 
d'accorder, avec W. Kirschleger, aux fleurs femelles des Ruscus : « trois 
filets coh^rents on lube depourvu d'anthcres et cnveloppant Tovaire », car 
rien nc justifie ce degre de precision. 

B. Structure interieure de Vovaire des Ruscus. — Le plus grand desaccord 
regneacet^garddanslesauleurs. Linn6, A.-L de JussieuetGa^rtneroineltent 
la structure interieure de Tovaire et se bornent a dire, le premier : ffacca 
globosa trilocnlaris [Genera), le second : Bacca ylobosa, loculis 1-spermis 
{Genera) y le troisieme : Bacca supera trilocnlaris [De Fmctibus, etc. t. I, 
p. 60), et lenr exemple est suivi par De Candolle (/^/ore frangaise, t. Ill, 
p: 179), par Gussone {Florce siculcc syn. t. II, p. 638), par Gaudin, un pen 
plus reserve pourtant, car il ecrit a propos de ce genre : Bacca subtrilocularis 
[Flora helvct. t. VI, p. 202), et plus r^cemment par Koch [Synops, flonc 
germ. p. 815), par MM. Boreau [Flore du centre^ 3** edit. t. 11^ p. 616); 
Wathieu [Flore de Belg. t. 1, p. 535), et J. Lloyd [Flore de Vouest^ p. h5b)i 
ces quatre derniers assigneht a ce genre une bate a trois loges dispermes, 
mais Koch empruntc ici ces caiactferes a Nees d'Escnbeck. Endlicher croit 
6tre plus precis en efaWissant une distinction entre la structure de I'ovaire et 
celle du fruit On lit dans son Genera, sous le n** 1188 : Ovarium triloculare; 
ovula in loculis gemina^ collateralia, amphitropa,.. Bacca globosa, abortu 
itnilocularisj submonosperma ; el, aux yeux de cet auteur, le Danae Medic, 
n'est qu'un sous-genre du Ruscus. Plus recemment MM. Le Maout [Lecons 
elem. de bot. V^ edit. p. 521), Guibourt [Hist. nal. des drogues, Zt*^ edit. 
L II, p. 172). Cosson et Germain de Saint-Pierre [Flore des envir.de Paris, 
1^« edit. p. 539), Spach [Veget. pkanerog. t. XII, p. 222), Grenier et 
Godron [Flore de France, t. Ill, p. 233), et Ducbarlre [Manuel genir. dei 
plantcs, t. IV, p. 726) donnent aussi a Tovaire du Ruscus (genre dont 
MM- Spach et Duchartre s^parent le Danae), trois loges bi-ovulees, caract^re 
egalement assigne par ce dernier savant au genre Danae. 

Au coniraire Kunth d6crit ainsi Tovaire du geni-e Ruscus (gioupe doiit il 
exclut les genres Danae ^l Sewele) : <' Ovarium... uniloculare, biovulatum...» 
[Enumer. plant, t. V, p. 273), et ce caractcre est reproduit par Ach. Richard 
[Elem. d'hisL nat. medic. /^'^ edit. t. II, p. 1^). D'apres Kunth, le Ruscus 
nculeatus L. et le R. IJypoglossum L. onl Tun et Taulre celte organisation 
pistillalre; seulement, dans la premiere de ces especes, les deux ovules sont 
collateraux, adnes k la parol correspondant au sillon de la lege, et dans la 
seconde, les ovules sont superposes. Cet auteur fait en outre remarquer que 
Nees d'Esenbeck a decrit Tovaire du R. aculeatus comme trilocnlalre, et que 
De Candolle assigne a cetle espece une baie 2*3-sperme [loc. cit. p. Ilk et 



f 



« 



282 



SOCipTE BQTANIQUE pE FRAf^CE. 



375) {i), Ajoutons que M. Lindley assigiie aux Liliacees (famille a laquellq . 
U rapporte le genre Huscus) un ovaire libre, Z-lociilaire^ pluri-oyule et uq 
fruit a trois loges {The veget. Kingd. p. 200). Rien n'esl plus faux que ce 
caractfere applique au genre Rascus. 

On le VQ^t, mi des points les plus importaiils de la structure de ces plantes^ 
si repandues pourlant dans nos campagnes et dans nos jardins d'agreraent, est 
encore a Tetatd'^nigme, et c'est probableuieot le motif qui a determine Taii- 
teur d'un de nos meiUeurs ouvrages descriptifs, M. Kirscjjleger, a omeltre 
entiereinent le caractere de la structure int^rieiire de Tovaire (voy. Flore 

' d' Alsace, t. II, p. 168). - 

JI est cependant bien facile de seconvaincre que Tovaire des ftuscus Hypo- 

glossum L. et oculealus L. est constamment uniloculaire, et qu'il est inexact 
de rapporter a un avortcment, comnj^ le fait Endlicher {loc. cit.)^ la Ipge 1 
unique de leur bale. En effer, gne coupe longitudinale de I'oyaire de la pre- 
miere espfece citee montre/avec une seule loge, deux ovules portes sur la 
parol, superposes, priBsque horizontaux, exactement anatropes, avec lie micrQ- 
pyle tourn6 vers le bas de la loge et un court funicule ; dans la seconde espece, 
la seule loge de Tovaire renferme tantot deux ovules basilaires, dresses, ana- 

tropes et a raphes contigus, tantot un seul ovule fixe a I'ua des points de jouQ- 
tion des parois avec la base de la cavite ovarienne. 

Tout autre est rorganisation du Danae racemosa Mcericb {Buscus race^^ 
mosus L.), Ici tons les ovaires m'ont presente irois loges bi-ovul6es, les ovules 
anatropes etant porl5s sur de courts funicules, et coUatcralement a Tangle 
interne des loges. Ce caractere, joint a celui des cladodes st6riles, suffit a 
?fllider retablissenient du genre Danae, 

Dans ces trois sortes de plantes,.le fruit reproduit souvent la structure de 
Vovaire, AlDW* avec une seule loge au p6ricarpe, on trouve chez le R. ffypo^ 

r 

glossum^ tantot une seule graine, tantot deux graines superpos^es (2), et che? 
le R. aculeatus une seule graine ou deux graines dress^es et se comprimant 
inutuellenient par leur face interne, Mais 1q fruit du Danae varie quant au 
nombre des loges et des graines, I.amarck assigne deux ou trois semeuces au 
frwit du Ruscus aculeatus {loc. €it.)\ je n*y en ai jamais trouve qu'une ou 
d^ux. C'est done a tojt aussi que Kunth dit, dans la description du genre 
Ruscus : Racca.., monosperma (loc, eit. p. 274)- '^ 

La plupart des ovajres du Ruscus aculeatus se fletrissant apres I'epanouis- 
sement de la fleur, pour tomber avec elle, je n'^i pu suivre le developpement 



1. 



, 1 



(1) A une Spoque anterieure, en 1842, Kunth, dans son important travail sur le 
gronpe natureldes Liliac6es, d6clarait n*avoir pu voirnilefe fleurs ni le fruit des Ruscus 
ftypoghssum et HypophyUum, et n'admettait qu'un seal carpelle a Tovaire du Ruscus 

aculeali^ : aufein 0mmges Karpidium bischrcenkt. (Voir le tome XXIX des Menioires 
de l*4caddmie des sciences de Berlin^ p. 46 et 47.) 

(2) Ce dont j'ai pu me convaincre par I'examen des fruits d'echantillons provenant de 
Saint-Georges pres Venise, et appartenaht a Therbier de M. Timbal-Lagrave. 



I 



...SEANCE DU 10 MAI 1861, . 283 

F 

de Tovule ^ son passage h Tdtat de graine. Les fruits (baies ou drupes) (1) ont 
le pericarpe peu distinct du testa, bien que Tablation du premier permelte de 
reconnaltre autour de I'albumen tme pellicnle jaunatre representaiu le tegu- 
ment. La graine est presque sph^rique. avec une grande impression circu- 
laire (chalaze) dans les fruits nionospermes, aplatie a sa face interne et h 
impreaiion semi-Iunaire dans les fruits h deux semences; dans ce dernier cas, 
les raphes sont cojUigus et interposes entre celles-ci, i, 'albumen, trbs d^veloppcv 
dur et corne, offre vers sa base uti petit corps cylindro-conique dans ses deux 
tiers sup6rieurs (cotyledon et gemipuic), un peu 6trangI6 au-dessus de sa 
base, qui n'est separ6e du bile que par une couche mince de p6risperme. 
Cet embryon, qui se d^lacbe par sa belle couleur blancbe, est intraire et 
axile, mesurant a peu prus en longueur la moitie du diamctre longitudinal de 
la graine. Je constate les mfimes caracleres dans un fruit monosperme de 
Jl, Bypoglossum, que jedoisJiTobligeancc de M, Timbal-Lagrave; seulemenl 
la graine s'y montre parfailement spberique, et Tcmbryon, qui pccupe ia 
meme position Sans Talbuaien que celui du R. aculeatus^ en differe par 

une moindre longueur, La formQ et Ja giosseur du fruit sont semblables; 

wais un de ces fruits disperme, au lieu d'etre globuleux, est ovoide-globu- 
leux etetrangl6 (sur le sec) dans son milieu au point de separation des deux 
graines; Iq structure de ce fruit est restde inconnue a la plupart des auteurs 
descriptifs, 

■ 

J*ai cru inutile de tracer ici la diagnose latine du genre Rascus, car celle 
qu*on doit a Kunth est assez detaillee et m'a paru fort exacte en ce qui con- 
cerneles caracteresdu pistil, ^ Texception de deux points; cetauteur ecrit i 

V Ovula duo, ad parietem Ipculi sulco respondeqtem immediate affixa et secun- 
dum totam longitudinem adnata, collateralia,... uno duplo majore... Bacca... 
raonosperma {loc. cic). » Or, s'il y a toujours deux ovules dans le^. ffypOr 
glQ^siim» U p'y en a souvent qu'un seul dans le R. aculeatus ; dans la premiere 
de ces esp^ces, les ovules sont superpose$ et fixe« en effet sur un point des 
parois; mais d^ns la deuxifeme, lis sont col!at6raux et dresses; dans Tune, its 
SQftttres souvent in^gaux, mais parfois aussl egaux (ce que prouvent certains 
fruits dispermes), dans Tautrc, presque aussi souvent egauxqulndgaux. Enfin, 
j'ai deja fait remarquer qqg ce fruit etait 1-2-sperme. Toutefois ces caractertji 
ne s'appliquent qu'aux deux espSces citees, car je n'ai pu 6tudier, faute de 
materiaux, ni le li. HypophijUum L. (dont le R. Hypoglossum L. n*esl 
peut-etre, d'apres Lamarck, qu'une variete), ni deux autres wpece^ douteuses 



\ 



(i) Le fruit des J{uscus me semble teiiir le milieu entre la drupe et la baie. Celui des 
flusows aculeaiu^ et Hypoglossum se rapproche beaucoup de la drupe (apocarpee), dont 
il differe cependant par Tabsence de noyau, bien que la durele de i'albumca compense 
en partie ce caractSre, — Celui di| Danae^ appartenant au groupe des syncarpes, differe 
a ce titre, et aussi par le manque de noyau, de la drape, et nc peut ^ere ^tre rapport* 

a ia b§ic qu'a la condition d'accordor a ce dernier terme une extension considerable. 



\ 



/ 



28A SOCIETE BUTANIQUE DE FHANCE. 

{species valde dubtw de Kunth), Ic IL volufjilis Thunb. et le /{. reticidatus 

Tliunb. 

Les details qui precedent permettentde rapporter a deux causes I'erreur, si 

souvent reproduite, louchant la structure interne dc Tovaire dans le genre 

Ruscus : 

1** A ce que les autewrs les plus accrMit6s et les premiers dans Tordre des 

dates (Linn6, A.-L. de Jussieu, Gaertner, Endlicher, etc.) Tout lous cominise; 

2* A ce qu'on s'est fr^qneminent born6 k Fanalyse du Danae \Ruscus 
racemosus L.), et que Ton a suppose la m6me structure ovarienne aux Buscus 
aculentus L. et Hypoglossum L. 

f Une autre question fort importanle, niais pour la solution de laquelle jc ne 
possede pas de documents suffisants, est celle de savoir si la cavite unique iles 
Ruscus aculeatus et Hypoglossum est circonscrite par une seule feuille car- 
pellaire (comme Ta ecrit Kunth) ou par trois carpelles. Le nombre toujours 
lixe et ia position constante des ovules me font pencher en faveurde Topinion 
emise par ce botaniste. 

Enfin tons les auteuVs que je puis consulter disent les Ruscus dioiques ; et, 

■ M 

en effet, isur les 6chantilIons des deux especes cultivees au Jardin-des-plantes 
de Toulouse, je n'ai jamais pu v(»ir que des fleurs femelles. Celles-ci tombenl 
constamnient sans donner de fruit chez le R, Hypoglossumh.^ laissent 
quelquefois Tovaire passer a I'^tat de fruit chez le II, aculeatus L. Y aurait-il, 
dans ce cas, parthenog6nese, car la grainc i^itnl^vmo, toujours un erabryon par- 
faitement conforme? Ou y a-t-il fecondation, soit a Taide d'un pollen porte de 
loin, soit ^ I'aide de quelques rares fleurs males melees aux fenjelles, soil 
cnfm par des antheres accidentellement developpees dans ces fleursf C'est ce 
cpie jene puis decider; mais je n*ai jamais pii voir ni ces antheres, hi ces 
fleurs males surdes pieds femelles. 

A quelle famille appartient le genre qui nous occupe? Si Ton ad^mct, avec 
31. K. Mueller, qiic les caracteres de I'ovaire et du fruit doivent determiner 
suriout la famille, on sera peu dispose, je pense, h suivre I'exemple dc 
M. Lindley et a comprendre le Ruscus dans les Liliacees. Si Ton vent coti- 
server a ce groupe nalurel un de ses caracteres les plus esseniiels (caractore 
que lui assigne le savant taxonomiste anglais lui-mcme). Texistence d'un 
ovaire trilocuiaire polysperme, les Ruscus^ par leur ovairc constamment 
uniloculaire, doivent elre exclus de la famille. 

Mfr 

Faut-il les rapporter aux Smilacinees ou aux Asparagin^es? 

La distinction de ces deux families, la premiere 6tablie par H. Brown 
{Prodr. p. 148), la deuxieme par Kunth (in Act, Acad. beroL 18^2, 
p. 26), etadmises Tune et Taulre par ce dernier savant [Enum. plant. I. V, 
p. 1 et Hi), m'a toujours paru peu naturelle, et le genre ^w^c^ws me semble 
plaider encore en faveur de cette opinion. En effet, convient-il, avec la plupart 
des auteurs, de dormer aux Asparaginees un stigmate simple ou trilobe^ une 



y 



\ 



I 



y 



\ 







SEANCE DU 10 MAI 18(51. 



285 




baie a fjralne noire, et aux Siuilacinees tin style ttiftde^ utw bate a yraine 
jamais noire? SJais le ^w56'W5, par sa graine blanchatre appartient aux Smila- 
cinees, et par son style simple, son sligmale entier {R. Uypoglossnm L.) ou . 
i peine lobe (/?. aculeatus L), auv Asparagin^es. Et d'ailleurs doit-il done 



suffire desormais, pour I'etablissement d*un caractere serieux et distinctif de 
famille, d'un pen plus ou d'un peu moins de profondeur dans les divisions dn 
style, alors surtout que rien dans le port ou dans les caracteres de vegetation 
ne justifie celle separation, alors que les. Myrsiphyllum et les Eustrephus^ 
assignos par Kunth aux Asparaginecs, out tanl de rapports de facics avec lefs 
limcm, Danae^ Semele, genres attribues par lui aux Smilacinees? Kunth 
Ini-mfime semble avoir reconnu tacitement le peu de valeur du caractere tire 
dans^ce cas du style ou des stigmates, car, en etablissant sa famille des Aspa- 
ragin^es, 11 se borne a dire qu'elle di (Fere des Smilacinees par son testa noir; 
crustace (de nature coriicale), des Asphod6lees par son fruit bacciforme (l)i 
Quant a la couleur de la graine, Bernbardi a montre depuis longlemps le peu 
de valeur de ce caractere dans les Liliacees, car, s'il etait prisen consideration , 
il forcerait a eloigner Tun de Fautre des genres tres voisins, et, ce qui es ' 
encore plus grave, a scinder des genres tres nalurels {Scilla, Anthericum\ 
LeiiCoium, in Annal, des sc. vat. 2^ ser. t. XVIII, p.^, 304). " .^j 

Cet autenr, apres avoir blame la reunion du genre Ruscus aux Smilac6es 
{Ibid. p. 303) conclut ainsi, p. 305 : « R. Brown a cru ppuvoir s6parer ses 
Smilacees des Asphodeiees par le test membraneux, ni noir, ni crustace; 
mais nous avons vu deja plus baut que ce caractere ne saurait etre conserve. 
On peui lout aussi peu consid6rer le fruit en baie comme uu caractere dis- 
tinctif pour retablissemcnt d'une famille, et cette opinion a 6te rejelee par 
R. Brown lui-meme et par d'autrcs botanistes. Les caractferes proposes par 
d'autres, pour separer les Smilac6es, peuvent d'autant plus etre passes sous 
silence que ceux memes qui les out etablis out 6mis des doutes sur leur valeur. » 

Si, en vue des considerations qui precedent, on reunit en une seule famille 
les Asparagin6es et les Smilacinees, oi)inion qui a recu I'assentiment de 
M. Alpb. DeCandolIe {Int?^od. a la hot. t. II, p. 213), de Desvaux [Traite de 
bot. p. 669), de \1. Le iMaout [Atlas de hot. p, 211), d'Ach. Ricbard [Elem) 
d'hist. hat. med. t. H, p. 132), de M. Spacb [lUant. phaner. L XII, p. 208), 
de MiM. Grenier et Godron {Flore de France, L IJI, p. 227), d'Adrlen de 
Jossieu (art. Taxonomik du Diet. univ. dliist. n<?^.), etc. , quelle place y 
occupera le Ruscus? Kuntb a etabli, dans sa famille des Smilacinees, sous le 
nom de Ruscece^ une qualiieme tribu comprenant les Ruscus de Linm^, 



(I) « Ich glaube diese Giuppe annehhien zu muesscn, gebe ihr aber die BedeuLung 
einer Familie, welchc zwisclien die Asplio leleen, in der von mir festgeslelUen, etwas 
engern Begrenzuiig, und die Brownschen Smilaceen zu slehea kommt, uiid sich von 
diesen durch die schwarze, rinderartige Testa, von jenen durch die Beerenfrucht leicht 
unkerscheiden l.*es?t. » {in .ibhandh der Akad. der Wissensch. zu Berlin, I8i2, p. 26.) 



-\ 



286 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



aujounVhui divis^s en trois genres : Jius^U^^ Damei Semele. II me semble 



mi 



he 



Quant 



phyllumy de VEudrephus et du Geitonoplesium, et d*en former un groupe 
particulier pr6c6dant immediaiement celtil des flusc^es, le genre Muscus 
devant a ranomalie de son ovahe de clore la famille? 
. On dira |)eut-6tre, en faveur 4^ '« disposition adoptee par Kunih, que les 
deux genres [Danae^ Semele) deracmbres du genre linneen Ruscus ont 
(iMnnie lui des cladodes (1). Mais les Myrsiphyllum (rapp6rtes par cet auteur 
aux Asparagin6es) n'ont pas moins de cladodes steriles que le Danae [Ruscm 
racemosHs L.); et blen que le Semele [liuscus androyynus L.) ait comhieles 
vniBJiuscus des cladodes fertiles, il jBst trop voisin^ d'apres Kunth {Eniim. 



t 



pou 



i 



Ainsi places, les Ruscm sfifVifalent de transltiori allx LapageH6es ou Phile- 
si^es dont Tovaire est aussi uniloculaire. 

Il conviendra aussi de modifier le caractfirc general de la famille des Aspa- 
ragin^es ou Smilacinees, et de ne plus lui accorder soit un ovaire ^ loculaire 
(Aiph. De Candolle, he. cit. p. 213), soit un ovaire a 3 oupliis rarementd 2-4 
loges (Grenieret Godron, loc. tit. p. 227), Soit un omire Z-loculaire [parfois 
2 ou h~loculaire) ^ ou par avortement i-loeulaire (Spacb, lac. cit. p. 209)^ 

mais bien un ovaire dont le nombre des loges varie de 1 a ii, independamment 
de toute trace d'avortement. 



:> 



Cosson dil aue M- Germain 



dans la nouvelle edition du Synopsis de la Flore des environs de 
Paris (1859), Tovaire des Rusciis comme uniloculaire, rectifiant 
ainsi Ferreur sur 
bolanistes. 



laquelle M. Clos vient d'appeler raltention des 



M. Duchartre donne lecture de Textrait suivant d'une lettre qui 
lui a 6te adressee par M. Del^vaud : - 



LBTTBE DE M. €. I^GLit%^AUD A M. DUCHARTnE. 



Rocheforl. * mai 1861. 



Monsieur, 



J'etais sur le point de vous envoyer, accompagn^es d'une courte note, 
diverses germinations anomales spontanees d'irable-Sycomore a cotyledons 






i 



] 



(1) C'esi-i-dire des rameaux foliiformes. J'ai clierche a monlrer, a l*e^emple de Kunth, 
^'il y avail lieu d'adoiellre le mot cladode en boianique (voir mon memoire intitule : 
Vladoiies et axc$ ailes in Mem. de VAcad. des sc. de Toulouse^ 5^ sit, t. V, p. 71-lOJ). 



SfiANfcE fill 10 MAI 1861. 



§87 




^ 

plus ou moins protondement pay^ages, et a leuilles primordiales mnltipliees, 
lorsque leur frequence infiiiie m'a fait peiiser qu'elles devaient avoir ^t6 signa- 
lees d6j5, etque j'ai 4t6 naturellement conduit a me rappeler votre tndmoire 
sur les embryons dits polycotyl^s. Or, au commencemeDt de ce travail, le 

w 

r exeiriple que voug citez est pfecisement fcelui du Sycoftiore, Je me 
borneraidonc a dire, relativemeut a la multiplication des feuilles primordiales, 
qii'elle s'eSt hionfree beaucoupplus rare que les partitions cotyledonalres; ces 
feuilles sont tant6t au nombre de trois, doni deuX soud^6S partiellement par 
feurs petioles, ou toutes libres, tantot nu nombre de qualre, a petioles sondes 
deuxi detiX. Chacon deS limbes ^tant pSrfalt, il y a bicn ic(, Scion les dc^fini- 

lions habituelles, multiplication etnon simple partition ou disjonctfon. D'ail- 
leurs, la soudure, ou mieux, si Ton veut, la separation incomplete des petioles, 

et la correspondance constante que j*ai observee, quant au nombre des parties, 
des feuilles primordiales muUipliees avec les cotyledons partages profonde- 
ment, 6tablissent uoe liaison manifesto entre les d^tl* ordffis de ph^nomfifles. 
lis se confondenl presque si Ton rapporte leur origine aux faisceaux vascuf&ires* 
Vous trouverez ci-inclus deux ^cbantillons, Tuil h trOis feuille§ primor^ 
diales avec trois cotyledons, I'autre a quatre feuilles primordiales et a quaire 

cotyledons. 

Je vous transmets, Monsieur, par la meme occasion, I'observation d'une 
anomalie dans la Tulipe-des jardins {Tulipa Gesneriana). J'avais remarqu6, 
Tannee derni^re, dans un endroit ou sont planl^es quatre oo cinq Tulipes 
qu'on a laissees en place, que Tune d'elles offrait cinq divisions k son 
perlantbe, avec cinq gtamines. iimt retourne cette annee au mem6 lieil, 
Tune des Tulipes m'a offert la mSme disposition. Je regrette de n'avoir pas 

^ 

marque le premier pied; mes souvenirs neanmoins (je dois I'avouer, bien que 

cette circonstance fasse perdre a Tobservation la majeure partie de son int6- 
ret) me portent a croire que ce n'^tait pas le :reme et qu'il occupait une autre 
place : aujourd'hui ses fleurs sont normales. 

Le diagramme semble raontrer dans les deux cas la disposition quincon- 
ciale ; dextrorse dans le premier, le quinconce est sinistrorse dans le sec&nd. 
Cette disposition est devenue telle, a la suite de Tavortement d'un petale ext6- 
rieur, correspondant a Tun des angles de Tovaire ou k Tun des carpelles, et 
del'^tamine dela rangee externe qui tui est oppos^e. Dans te deUx monH- 
truosit^s, les stigmates, ordinairemenl droits, sont cJontournesirreguliereraent. 

Ces exemples rappellent la transition, dejasignalee dans certaines planter, 
la Ficaire par exemple, de la symetrie ternaire au cycle quinconcial Comme 
tt s'agit lei d'une Monocotylddone, dont le type semble passer au type habituel 
des Dicolyledones, on seiait tente d'altribner au ph<5fl6ni6ne une Certaine 
importance, si la relation des parties, semblable a celle du quinconce, n'etait 
urie consequence forc^e de I'avortement d'une piece du p6rianthe. En effet, 
les deux segments internes, contlgus h celui de la rang6e exlerieure qui a avortd,* 



\ ^ 



288 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

se rapprocheiit et s'eiitrecroisent a leurs points d'insertion : or, selon que le 
croisement de Tune de ces divisions a lieu en dessus ou en dessous de Tautre, 

■ ^ 

le sensdu faux quinconce est different, nuis en r^alite il n'y a pas la de spi- 

i-r 

rale.. La consequence serait la meuie si Tavorteinent portait sur la rangee 
interieure. Lorsque, dans un verticille ternaire, deux pieces se dedoublent, 
la troisieme doit occuper un espace nioindre ; elle croise alors d'un c6t6 Tune 
des pieces voisines primitives, et la relation des parties est ainsi devenue, 
comme precedemment, la meme que dans le quinconce. D'apres cela, la tran- 
sition de la sym6trie ternaire a la syinetrie quinconcialc ne concerne que cette 
position relative des appendices et non leur ordre de superposition : ii n'y a 
fwis la v^ritablement passage de la disposition en cercle a celle en spirale. 

A la suite de cette lecture, MM. Brongniart, Chatin, Duchartre et 
de Schoenefeld rappellent qu'on voit tres frequemment chez les 
Tulipesles feuilles superieures passer, partiellemennt pu en totalite, 
a Tetat de petales; rinsertion de ces feuilles est alors tres oblique: 
La coloration petaloide des sepales se rencontre aussi assez souvent 
chez d'autres plantes, notamment chez les Ranunculus etles PcRonia. 

M. de Schoenefeld annonce que M. Du Parquet a decouvert, en 
septembre !l860, Y Erica Tetralix var. anandra (1) , dans les hois 



- 1 r 



tourheux de Gurcy, entreNangis el Donnemarie (Seine-et-Marne), oil 
cette plante croil avec le Drosera longifolia et d'aulres especes 
sphagnicoles qui deviennent de plus en plus rares dans la flore 
parisienne par suite du dessechement des etangs. 

M. Eug. Fournier, \ice-secrctaire , donne lecture de la note 
suivante, adressee h la Societe : 



i^ -^»^^-i - 



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i 



PHYSIOLOGIE VEGETALE AL*\ X?V. \V ET XVI* SlECl.ES, '*» 

par H. le baron DE MKI^ICOCa. I 

(Uaismes, 6 mai 1801,) 

Ues le XJV" sifecle et, sans doute, fort longtemps auparavant, les paysans 
du nord de la Fiance savaient que le chanvre est une plante dio'ique, et 

(1) Celle curieuse variele, ou plul5t cette monstruosite persistante, est caraeterisee,' 
conime on le sail, par un avortement complet des clamines et par un elat plus ou moins 
rudimentaire de la corolle. La seule localilo ou elle fut connue jusqu'ici etait un ma- 
recage tourbcux (a Sphagnum) siluedansla for^l de Montmorency (Seine-et-Oise), a peu 
de distance du Chatcau-de-la-Chas e. Elle y persiste depuis plus de deux siecles, car 
Cornuti en parle deja dans son Enchiridion (1 635), en la designant par ces mots : flosculis 
herbaceis. Je I'ai vainement cherchen dans les landes de Saint-Leger et dans plusieurs 
aulres localites des environs de Paris ou VErica Tetralix normal croit en abondance. Je 
ne sache pas non plus qu'on I'ait jamais Irouvec dans ri'aulres regions dela France ni' 
dans d'aulres contrees de TEurope. {i\o(€ de M, de Schoenefeld,) 



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I 

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I 



SEANCE DU 10 MAI 1861-* 



280' 



lorsquc notrc immorlcl Rabelais nous dit : <i Kn ceste hcrbe (1) y ha inasle,, 
» qui nc porte (lour nulctinc, mais abunde en semence, et fcinelle, qui foisonne 
» en petites fleurs blanchaslres, iiiutiles, et ne porte semence qui vaillc » (2), 

II ne faisait que repeter ce que les echevins de B^thune avaienl dil des les. 
xiv^ et XV '' siecles dans leurs ordonnances. 

r 

. Nous lisons, en effet, dans celie qui fut publi6e en 1358 ; <■ que nulz, ne' 
» nulle ne merche bouquet avec fun}clle; » et, dans une autre du si^cle. 
suivant : « que nuiz, ne Jiulle ne merche matlin aveuc fumelle (3), sur^ 

III s. » 



j^ 



<• 



De son cote, le frerc comptable de I'abbaye de Saint- Hcrtin incntionne, 
(1497) une corde de fine queiwe de fumclle, aix d. lalivre, pourwarloquier 
(lever) les toniieaux de vin, ' * . 

L 

Bien que Rabelais ait avance que le chanvre etait une herbe nouvellc, et 
que le celebre G. Naude nous declare {(x) que, du temps dc Charles VII, Ic 
linge fait de chanvre elait fort rare, ajoutant qu'il n'y avait que la reine qui en. 
eut deux chemises, les chartes, les comples eties inventaires-viennenl consta- 
ter que cette planle precieuse elait cultivee en France depuis un temps imme- 
morial. 

Ainsi, en 12i0, nous voyons figurcr panni les droits de Notre-Dame de 
, Paris (apud Bonnoil) tninutam decimam aynorum^ anserum et cano.bi (5), , 

Kn 12ii6, on incniionnele chanvre de Lombardic el de Bourgognc (6), 

Dans son exposition du chap, xxvi de la Cite de Dien de saint Augustin, 
Raoul de Presles, en parlant dc la resurrection gcncrale, dit : « et ceulx quy 
auront ediffie buschcs, foing, et estouppes ct chavnene. » 

Enfin, sur une cbarte de I'eglise de Saint Earthelemi dc Bethune (1371), 



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1.'. 



on lit : Vera bulla aposloliea fiL canopis, more rornane curie bullata. 

II est meme certain que Ton savait, des le xiv*" siecle, que le chanvre elait 
nuisible au poisson, puisqu'une ordonnance pabliee dansle Hainaut en 1395, 
condamuc a une amende de lx s, celui qui pesguetc de rispe, ou de cavme. 



/•' 



harnas pierdut. 



De son cote, Schmicft (7) nous apprend qu'au xw siecle les loilesdelin fai- 



(1) Son fameux pantag ruction. v • / v 

(2) Panlagruel, \i\\ ill, chap. max. Lc savant Mdeav de Rabelais, rilluslre bibliophile 
Jacob (M. Paul Lacroix) ajoule en note : « Rabelais reconnaissait les deux sexes chez les 
plaiites ; mais il iuit ici rupiiiion vulgaire en prenant pour le male la femelle qui porte \^ 
graine (p, 305, note 10, ^d. Charpenlier, J852). 

(3) Les paysans des environs de Vervins (Aisne) nomnicnl Ucqnc cl louc les Uges de 
chanvre qui portent des fleurs males el femelles. Nous savons que le ciianvre n*esl plus 
cUliivc aujourd*hui onpres de Betlmnc. 

(4) .Vauf/cea/uj, p. 70. . 

(5) Cart dc N.-D. dc Paris, ed. Gnerard, I. I, p. 455. 

(0) Champollion-Figeac, Melang., I. 11, p. 57-02, lexle des docnmenls. 
(7) Gcschichtc der Teuhchen, I. Ill, p. 1 1 0-1 1 1 . 



T. Mli. 



\9 



i 



290 



SOCIETfi BOTANIQUE DE FRANCE. 



saient deja Tobjet d*un commerce important en Allemagne, et que la culture 
du clianvre dans le siecle suivant dut encore augmenter. 

Ainsi la culture de deux plantes modifia si completement les usages des 
nations, ique le savant Arbuthnot (1) a pu faire observer avec raison qu'Au- 
gusle ne possedait pas de chemise, tandis que le cilebre Adam Smith nous dit : 
a line chemise de toile n'est pas, h parler strictement, ime chose n^cessaire 
» a la vie. Quoique les Grecs et les Romainsn'en portassent point, ils ne lais- 
» soient pas de vivre, je suppose, avec plus d'aisance. Mais, a present, dans 
» la plus grande partie de TEurope, un honnete journalier seroit honteux de 
» paroitre en public sans une chemise de toile, faute de laquelle on ne man- 
» queroit pas de le regarder comme tombe dans cette pauvret6 ignominieuse, 

» que Ton presume toujours etre Teffet de la plus mauvaise conduiie (2). » 

Un moraliste du xv* siecle va nous dire « que les Bedouins jamais ne 
» vont armez aria bataille, mais seulement en leurs chemises ^ ^yans leurs testes 
» entortilli^es de ceuvrechies de femmes. lis balaillent assez hardiement de 
» lances et d*esp6es, et combien que bientost ylz soient lournez en fuite, 
» toutes fois ylz r^putent les Sarrasins et aulres gens, usans de trait ou de 
» dars, pour paoureux et cremeteux, disans qu'ilz n'osent approchier main a 

Ylz portent en leurs testes chapeaux rouges, et habitans en leurs 
» tentes ylz sont vestus de peaux de brebis et de chievrcs (3). » 

A 

Un autre moraliste de cette epoque nous dit : « Les secondes causez peuent 
• defTaillir, mais non la premiere : si comme souvenl desfauU semence de 
» pfere et de mere d'engenrer ung enfant parfait, et les plantes entees ne 
» relievent pas lout jours [4). » Et plus loin : ^ Regardes yci comment nature 
» est plus parfaicte ouvriere que ne solt art, car elle fait de semence non 
» vivante choze vivanlc par generation, es arbres, bestes, poissons, oiseaulz et 
» hommes; es arbres et grains par semence ; es plantes et auUres vivans pa?' 
h semence de masle et de fumelle enssamble (5). » 

A Ten croire « une plante de poiricr entee en T pommier, font i seul arbre 
» de II natures diverses » (6) ; tandis qu'un auteur du xvr siecle nous 
declare que « la diversity des fruits d'un arbre, 06 il y a diverses graffes, fait 
» grande beaullel (7). » 



» main. 



(1) Table des anciens coins^ etc., p. 153. 

(2) De la richesse des nations, L 11, liv. v, chap. 2, p. 394, ed. de J 788- Deux 6pi- 
grammes, Tune de CatuUe, Tautre de Martial, nous porteraiept a croire que les serviettes 
ne furent aussi introduites que fort tard chez les Remains, car eUes nous font connaitre 
que chaque convive apportait son linge, le maitre de maison fournissant seulement les 

nappes, 

(3) La forleresse de la foy, ms. n*> 234 de la Bibl. de Valenciennes, fol. 387, r° 
et \\ 

(4) Traile de I'amow divin^ ms. 291, ibid., fol. lv, r'*. 

(5) Ibid., fol. iin"xix,v^ 



(6) Ibid., fol. cxiu, r'\ 

(7) Fol,ll5,r°etv"/ 



t 



SEANCE DU 10 MAI J 8(51 . 291 

'' De son cole, Tauteiir de la Fortcresse de la joy nous dii: t< Lcs ringncs 
rt el arbres sont circoncis, affin qu'ilz fruclifient inieulx et se on ne 
!■ d(5coppoit les clioses qui en eulx sonl superflus, ylz nc frucliferolent 
» point (1), ') f 

i^^Enipruntons eiitorc au nis. n'* 291 cettc clirieuse Iraduclion des v. 37 el 
suiv. du ch. XXX de la Genese ; . 

. « Jacob mist au cancl et bacquet, plain do yauc, ou buvoient les Inebis, on 
« mois de leur conception, verges verdes de pouplier ct d'amandos cscor- 
» cliees par ladies, pour varier et laire apparoir es bacquci/ les couleurs de 
» blancq et de vert', et, h cesfe cause, leS brebis conccvoient agheaulx de 



n diverses couleurs [2). » 



A'y 



» mucbii^ en I'arbie devant ce quMl fourisse (3).. » 

Si rnaintenanf nous consullons deux nioralisles du fTf® siecle, le premier 
nous declarera que « les boulons, quand unc froiduYe vient, ne sont point 
i sylos corompus que scroient les (leurs (^) ; » tandjs que le second nous fera 
efbserver qiie « ks caslaignes, adssi longuement qu'elles demeurent en Tes- 
n corse, le novel se nourrist; mais, apres que Fescorse est keule, le noyel se 
» pourryl (5). » 



M. T. Pucl fait a la Societe la communication suivanle : 



I, 



* 



REVUE CP.ITIQUE DE LA FLORE DU DEPARTEMEM DU LOT, par U. T. PUEIi (suite). 



MsymbHum pol;^eermium L. Sp. ed. 1, p. 658 (1753), et ed. 2, p* 918 

(1763) ; Puel ! Cal. du Lot, n^ 956, p. 152 (l8Zi8). 

Moni-Viguier a Figeac. — Bords dcs cbemins. — Terrain calcaire (trias). 

Alt. 225 ni. — Tiges jeunes et feuilles 30 mai; fl. 25 juin; fn 12 aout 
1859. — Recolt6 par M. L. Puel. 

j^^fette espece est si bien caracteris6e que sa syuonymic n'a jamais donne 
lieu a aucune confusion : eile est reside dans le genre Sisymhriuui^ ou la 
plac^e Linn6, iBalgr6 les efforts tenti^s en 1822 par Wallroth I^Sched. crit. 
p. 377), pour fiiire adopter le genre Chamwplivm qui renfermait, outre le 
S. polyceratium^ deux autres especes, les S. officinale Scop. {Erysimum 



t 



' (1) Ms. cit.,foL 133, v*>. 

(2) Fol. Wxxi, r. 1^ 

(3j Fol. 139, r°. 

(4) Ms. n° 220, fol. 136, v^. — De nos jours, rillustre Herder a dit : « Tant que la 
jeune planle n*a point produit de fleurs, elle peut resisler au fioid de I'liiver; uiais celle 
qui est precoce a fleurir est la plus precoce a mourir. » {Id^es sur la phUo$ophiede VhiS' 
toire de lliumanile\ trad. Ed. Quinet, t. I, liv. n, chap. 2, p. 71 .) 

^ (5) Ms. n« 222, fol. 166, v^ , ' 

I 



; 



2P2 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE 



officinale L.) ci S, supinum L. [lirnya sirpina Koch). Je irmirai done a 
in'(icaiper que de la distribution geographiqnc du S. polyce^^atiuni. Son 
centre de vegelation parait etre la region mediierran^enne, car il s'etend pour 
ainsi dire sans interruption dans I'Europe meridlonale, depuisia Grece et les 
lies de TArchipel jusqu'rn Espagne el en Portugal : on Ic retrouve egalement 
en Grimee et en Algerie. En France, il est commun dans la region des Oli- 
viers, deNice a Perpignan, c'est-a-diredans les limites de la floredu Rhone, 
cl on le rotrouve aussi dans plusieurs departemenlsdu sud-ouest. Conime ces 
dernieres localit^s sont les moins connues, puisqueM. Alph. De Candolle dit, 
dans son belouvrage surla geographic botanique (t. II, p. 651 et 699), que 
le S. polyceratium manque dans la France occidentale^ je vais donner ici 
toutes les indications qu'il m'a 6l6 |)ossible de recueillir sur la distribution de 
cette espece dans Ic bassiii de la Gironde. 

FLOuii DE LA GlBONDE. — Tarn : Boissezou, arr. de Caslres {Doumen- 
jou). 7'arn-et-Gar. : Montauban {Gaterau); Moissac! Lacireze-Fossat m b. 
Puel) ; Montaigu! {Bonysson in h, Puel) ; Cayhix ! {7\ Fuel herb.). Lot : 
Cahors! {Du Molin, etc. in Puel Cat.)\ Saint-Gery! [E, de Valon'mK 
Puel); environs de Figcac, au Mont-Viguior !, a Clairou ! (7*. Puel herb.), 
a Mandens ! (Z. Puel in h. T. Puel). Lot-et^Gar. : Agen ! Fumel ! {Chau- 

L 

bard\n\\. Puel) ; ,Condat, Monsempron [Saint- Amans Y\. ag.). GIrosde : 
Genissac, Castillon, Blaye {fMterrade). Bordogne • Mau/ac, Varennes pres 
Lanquais, Lalinde, Limenil, Bergerac [Des Moulins) ; Mauzen? {Meilhez in 
DesM. Cat.) ; P6rigueux {D'Abzac in DesM. Ca^);Saint-Apre pres Riberac 
{Durieu in Des M. Cat,); Saint-Germain-de-Salembre (G. de Dives in 
DeslM. Cat.). 
La station la plus septentrionale du S. polyceratium est Riberac, situ6 

I 

un pen au dela du IxG'* degre de latitude, ce qui porte Pecart en latitude a 
13 degres au lieu de 11, 'lombre adopte par M. Lecoq {Et. geogr. bat, Eur. 
I. V, p. Ih). Il suit de la que le carre d*expansion doit etre elev6 de /j73 a 
559, recarton longitude restant le meme. 

jc partage completement Pavis de MM. Alph. De Candollj et Lecoq, qui 
considi rent, avec plusieurs auteurs anglais, la presence du S. polyceratium 
en Angleterre c-ninie resultant de quelque naturalisation accidentelle. 

Dans le departement du Lot, aux environs de Figeac, le S, polyceratium 
se irouve prcsque en contact avec les terrains siliceux qui forment Fextreme 
limitc dela flore d'Auvergne. Ainsi, dans les ruelles du Mont-Viguier/ qui 
est un des faubourgs de la ville, la plante croit sur les derni&res assises du 
terrain calcaire appartenant au irias, dont quelques couches minces recou- 
vrcnt a peine le gres inferieur qui apparlient egalement au trias et qui se 
relie non loin de Ih aux pcrphyres et au terrain granitique. A Clairou, dans 
la vallee du Lot, elle se trouve \ pen pres dans des conditions analogues, et h 
clle est as^ocice ^ d'autres esp6ces Egalement d'origine mediterran6enne et 







iz?; 



J 

K 






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I 



SEANCE DU 2/i MAI 1861. 



293 



qui, coniinc elle, vieiineut pour ainsi dire faire leur derniere tentative de 
vegetation sur les roches calcaires les plus avancees vers les laoiilagnes gra- 



nitiques : de ce nombre sonl le Cynoglossum piclwn et le Clienopodium 
Botrys, 

w y 

. ' {La suite a la prochaine seance,) 



SEANCE DU ill MAI 1861 



PRKSIDENCE DK 31. AD. BROiN'GMART 



w 

' M. de Schoenefeld, secretaire, donne lecture du proces-verbal de 
la seance du 10 mai, dont la redaction est adoptee, 

M. le president %nnonce une nouvelle presentation, et fait con- 
naitre a la Societe la perte regrettable qu'elle vient de faire dans la 
personne de M. le professeur Henslow, decede en Angleterrc, le 
16 de ce mois. 



Doits fait s a la Societe: 



i° De la part de M. (Ersted, de Copenluigue : 

Videnskabeliye Meddelelser fra den naturhistoviske Forening i Kjo- 
^ Jjenhavn^ 1860. 

Viburni generis adumbratio. 

2* En echange du Bulletin de la Societe : 

Pharmaceutical jour no I and transactionSy mai 1861. 

Atti deir L It. Istituto veneto^ t. VI, n** /i. 

Journal de la Societe imperiale et centrale d* Horticulture, avril 1861. 

Bulletin de la Societe imperiale zoologique d'Acclimatation, avril 1861. 

L' Institute mai 1861,' deux numeros. 



M. J. Gay fait hommage a la Societe, de la part de M. (Ersted, 
du volume de 1860 des Actes de la Societe academiquc de Copen- 



hague, ainsi que d'l 
extrait de ce volume • 



(E 



Viburnum^ 



29a 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



M. Duchai'lre, secretaire, donne lecture de la coirimuuication 
suivaiite, adressee a la Societe : 



KEMAUQUES SUR LA GERMINATION DU COGOTlElt ET SUR LA CLANDESTINE, 

par H. ». CLO^. 



(Toulouse, 7 mai 1801.) 



I 

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■ 



L Germination dn Cocotier. 



r 

Les Annales des sciences naturellcs 



reprosente la germination d'un Palmier du 



publiaient en 1859 [h^ scrie, t. XI) une A'o^^ de M- Porte, sur quelques 
produits [ournis par Ics fruits de quelques especes de Palmiers:o\\ y lit, 
p. 37/i : " Un autre produit, egalement fourni parle Coco, s'obtient en faisant 
combiner par la germination le peris; erme mur avec Teau qu'il contient. Ce 
produit sc prfisenle alors sous la forme d*une masse ronde, spongieuse, Irhs 
huilouse et tres agrcable au gout. On I'appelle pomme-de~Coco. » La meme 
assertion est reproduite dans une analyse du travail de M. Porte, qui a paru 
dans ce Bulletin, L \l, p. 837. , 

Or deux opinions diiierentes avaient ete eraises ryiterieurenient sur la 
nature cte h pomme-de-CocOy et par des botanistes qui avaient ete, comme 
lil. Porte, p meme d'observer le mode de d^veloppement de ce corps. 

En 1841, Gaudichaud, dans ses lieclierches sur Eorgano(jr:q}hie^ la phy- 
siologie, etc., des vrgetauXj 
Bresil (le Coco verde) el celle du Cocos nucifera, et voit dans le corps globu- 
leux renfcrm6 dans le p6risperme le timbe cotyledonaire tumcfie {loc, cit. 
lab. III). 

En 1848, Poiteau figure aussi, dans son Cours d' horticulture (t. I, p. 340), 
la pomme-de-Coco a Tinterieur du pericarpe, et considerc la pomme comme 
la radicule de Tembryon : « Dans la germination, dit-il, cette radicule se 
gonfle, dcvient charnue et creuse comme une bourse, prend le volume et la 
forme d'un oeuf de poule... ». Et plus bas : « La radicule prend une forme 
inusilee et ne remplit pas les f.>uclions atlribuees aux racticules; » 

I 

Tandis que Gaudichaud voit dans la graine un cotyledon enorrae, Poiteau 
ajoute : « Selon moi,... I'embryon du Cocoiier n'a p:(S de cotyledon. » Enfin 
M. Porte tient cette masse ron le pour une combinaison du perisperme avec 
I'eau. Ou sera done la verite ? Les figures dounees par Gaudichaud et par Poi- 
teau ne permeltent pas de douter que la pamme n'apparticnne a I'embryon. 
Ma!s qnelle partie de la jeune plante represente-t-elle ? . 

Des 1850, je demontraisque le corps ovoiJe, sans distinction de parties et 

r 

constituani a lui scul Tembryon du Lccylhis (1), represente un organe iriter- 



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(l) Voir dans les Essais sar la vegetation do Du l^ctil-TUouars, la figure tiuU 
donne de cet embryen, 3* essai, p. 32. 



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SEANCE DU 24 MAI 1861. 295 

mediaiie a la tige et a la racine, le collet tel que jele concois (voy. Ann. dcs 
m. not. 2^ serie, t. XIII). Les observations recenles de M. Planchon surles 
GuUiferes Clusiees nous ont appris que les planlos de ce groupe ont un embryon 
analogue (voyez ce Bulletin, t. VIII, p. 20 et 27). J enoncais encore, dans le 
travail cite, que les tubercules de germination des Orchis 6taient formes' 
par le collet, et lout derni&rernent M. Prillieux in'a paru confiriner cettc 
determination, en monlrant que cet embryon est reellement une masse indi- 
vise (voyez ce Bulletin, t. VIII, p. 20); seulepient IM. Planchon donpe le nom 
de <iy^*//t' a une part:e appelec par d'autres rGc?i'ai/e (1), partie qui differe 
autaat de la tige que de la racine, el qui merite a coup sur d'etre distinguee 
de Tune et de Tautre G*est ce qu*a bien reconnu M. Th. Irmisch, pour qui 

F 

cet organe dc la plante est Vaxe hypocotyle; mais cette d^nominalian n'est 
pas valable, appliquee aux embryons depourvus de cotyledons de quetques 
Phan^rogames. 

N*est-ii pas Strange que, partant de theories Ires analogues, et ou la feuille 
est le point de depart de tons les phenomenes de vegetation, Du Petit- 
Ihotiafs et Gaudichaiid aient consid;^r6, le premier, le corps globuleut qui, 
dans le Lecythis, constitue toute la partie de I*enibryon, conime forme par 
la souduie de deUx cotyledons, et Gaudichaud, le torps globuleux de I'em- 
bfj^dn du Cocotier comme un cotyledon unique? 

IL La Clandestine parasite sur le Grithrhum. — Dans son beau menioire 
sur la Glandestine {Clandestina recti flora Lam. ), imprim6 dans le Recueil des 
savants etrangers, t. X, M. Duchartre declare que les sucoirs de cette plante 
s*attachent le plus communement aux racings du Peuplier-d'Ilalie, mais sou- 
vent aussi a celles du Saule, de I'Aune et du Gharme. EUe n'est pas rare aux 
environs de Toulouse; et, tous les ans a Tepoque de sa floraison, j'en fais 
porter quelques touffes dans TEcole de botanique, ou elle ne tarde pas h se 
fl^trir sans laisser de traces. Je fus agr^ablementsurpris, Tan passe, de la voir 
se d^velopper sppntanemenl dans une des plates-bdnd^S dc* cette icole, sur 
les rhizomes et les racines du Crithrnum maritimum^ et en \m lieu fort eloigne 
de celui que lui asslgne la classification du jardin. Voulant profiler de cette 
occasion pour tScher de fixer la Clandestine a la place qu*elle devrait 
occuper, j'y fis transporter a la fois une moiti6 de cesdeux planles fixees Tune 
k Tau'Te ; mais la reprise n'a eu lieu que pour le Crithfnum; et, cetle ann^e 
eucore, la Glandestine s'est monlr^e enflcur dansT^cole, le 20 avril dernier, Ik 
ou elle avail paru pour la premiere fois en 1860. Neanmoins je ne desespere 
pas encore de la voir se d6veloj>per un jour au pied meme de son etiquette, 
car le journal allemand Linncea annoncaiten 1857 que le Lathrcm Squamaria 



(I) Par L.-C. Richard, designaiitainsi la grosse masse embryonnaire du Ruppia (Analyse 

du fruilj p. 64) ; par Endlicher, ecrivaiit a propos du Caryocar : Emhryonis... radlcula 
maxima {Gen, plant. n° 5642). 



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SOCIETE BOTANIQUE DE FUANCE 



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L. , ayani et6 transporte au jardin de Marburg avec ses supports, y avait 
Tleuri rannee suivante, puis avait eiitierement disp.uu pour s*y inontrer de 
iiouveau et dans le nieme lieu apres un iutervalle de dix ans (voy, Linnwa, 

U XXIX, p. 727}. 

Faudra-t-il d6sormaiS, conSiderant le fait susenonc6 de parasilisine de la 

Clandestine sur Ic Crithmum comme accidentel et exceptionnel, coniinuer a 
dire, avecplusieurs autcurs modernes, qu'ellc croit en parasite sur Ics racines 
des arbres (1)? II y a lieu, je crois, avant d'y r^pondrc, de se livrer a de nou- 

velles investigations a cet 6gard et de rechercher si d'autres plantes vivaces nc 
lui servenl pas aussi de support. . 

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M. Brongniart dit que la note de M. CIos sur la germination du 
Cocotier lui parait donncr lieu fi quelques observations. II pense 
que la partie de Tembryon renfermee dans la graine au moment de 
la germination ne pent etre autre chose que le cotyledon qui, en 
raison du vide qui se produit dans^le perispcrme, s*est notablement 
accru. M. Brongniart rappelle que M. Porte, dans son mcmoire, 
n'a pas fait mention du cotyledon, et n'a parle que du cliangement 
qui s'opere dans la noix-de-Coco sous Tinfluence de la germination, 
r :M. Moquin-Tandon rappelle qu'il y a un moment oil le liquide 
de la noix-de-Coco est tres abondant et laiteux. 

w 

'M. Gosson ajonte que, dans cerlaines Graminees, leperisperme est 
i Tetat pateux^ mcme a la nialurite de la caryopse, par exemple 
chez les Trisetiim. 



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M. J. Gay dit qu'il a vu aussi des Graminees dont le perisperme 
^tait a Tetat pateux. 

. M. Brongniart fait remarquer que cet etat pateux provient peut- 
elre d'un melange d'huile et de fecule. 

w 

, -M. Al. Jamain dit que RL le docteur Petit, medecin de Tasile des 
alienes de Nantes, a plante, plusieurs annees de suite, la Clandestine 



dans 



Petit a vu la 



Clandestine apparaitre de nouveau cette annee sur des racines de 
P'eupliers, a un endroit de son jardin ou cette Orobanchee n'avait 
pas ete plan tee. 

M. Brongniart ajoute qu'au Jardin-des-plantes de Paris, on a 
planfe, il y a quelques annees, des piods de Clandestine qu'on avait 






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(I) C'est ainsi que s'cxpriment MM. Rrongriiart, €h. Lemaire, Jacques et Herincq, 
Renter, ilu Pouzolz, etc.; lei bolauisle la dit parasite sur les racines du PeupUer (Saint- 
Amans), le! autre sur cellos du Saule et du Peuplicr (Lecoq). ^ 



SEANCE DU '24 MAI 18(51. 



297 



recus sans support bien vivanl. On les a entoures seulement de 
boutures de Saules, et des lors on a vu la plante fleiirir au moins deux 
annees de suite a cet endroit. ^ ^ 

\ 

M. Cosson met sous les yeux de la Societe une forme remarquable 
de Y Equisetum palustre^ recueillie dans la vallee de Saint-Marc 
pres Jouy-en-Josas (Seine-et-Oise). L'epi de cet echantillon est 
apicule-mucrone comme celui dcrE, hiemale, Neanmoins M. Cosson 
ne considere cette plante que comme unb simple forme de VE. pa- 
lustre^ dont du reste elie prcsente tous les autres caracteres. 

M. J. Gay donne lecture de Textrait suivant d'une lettre qu'il a 
rcfue de M. Durieu de Maisonneuve, et qui est relative a la note 
de M. fim. Le Dien, recemment publiee dans le Bulletin (1). 



LETTRE DE M. DURIECJ DE MAI^iOiVi^EUVE; A M. J. GAY. 



Bordeaux, 3 mai ISGi. 



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D'abord la Jlousse que M. Payer recherchait a la cascade du Mont- 

Dore etait tresprobablemcnt V Amphoridiurn Mougeol i i Schimp. , espcceassez 

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commune sur les rochers rhoulllesdes montagncs, mais excessivement rare en 
fructification. Or, il y a quelques ann6es, M, le comtc de Lambertye rencon- 
trait cette Mousse abondamment fruclifiee a la cascade du Mont-DDte, et il 
en faisait ample provision. Plus tard, il ea inoada les herbiers de tous les 
bryophiles, et il la faisait largement distribuer dans les Exsiccata de M. Fr. 
Schultz. Dcpuis la decouverte de M. de Lambertye, VAmphorid. Mou- 
geotii continue a fruclifier chaque ann^e au mcme lieu, et c*est toujours 

r 

la que les touristes amateurs ne mancjuent pas d'en faire provision (2). 

' Le fait dont M. Le Dien cntrctenait la Soriete dans la stance du 8 fevrier, 

deux capsules de Mousse portees par le menie pedicelle, est certaniemeut fori 



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(1) Yoyez plus haul, p. 73. 

(2) Note de M. J. Gay ajoutee au moment de Vimpression (septembre 1861). — En 
rabsence de M. Durieu de Maisonneuve, je puis annoncer que notre honorable confrere 
a^ lui-m^me et depuis la lecture de cette lettre, confirme le fait de Texistence de VA mpho- 
ridiujn Moiigeotii kuciUeve au Mont-Dore, ou je me trouvais alors avec lui et M. Motelay 
(de Bordeaux). Le 22 aoiit de cette ann6e, nous devions faire ensemble Texcursion du 
lac de Guery, pour chercher et observer dans les eaux de ce lac respece nouvelle 
dlsoctcs que nous savions y trouver, et que M. Durieu do Maisonneuve a nomm6e echi- 
nospora. Notre guide ne devait etre disponible qu*a dix heures du matin, et M. Durieu 
de Maisonneuve voulut profiler des premieres heures de la journ6e pour prendre une 
connaissance personnelle des lieux ou la Mousse exceptionnellement fructifere avail ete 
signalee. Apres une ascension des plus penibles, par un ravin presque k pic et encombr6 
de pierrcs mouvantes, il arriva au pied de la grande cascade du Mont-Dore, celle de 
toutes les cascades de cette charmante vallee qui est la phis voisine du village des Bains, 
et qui abandoniie !e rocher a 1322 mfitrcs d'altitudc absolue, 278 metres au-dessus du 



i 



298 



SOCIETE BOTANmUE DE FRANCE. 



curiebx; ilest du moins excessivelneiit rare, et je crois bien que cest la pre- 
miere fois qu'il est public ; je pensals meme Glre le seul a en posseder un 
exemple. Peut-etre y aurat-il quelque int^ret h cequeje le joigne a ceux 
qu'a fait connattre M- Le Dien,- d'autant plus qu'il s*e^ produit sur une 
Mousse qui appartient a un groupe d'une structure toute particuliere, au 
genre Sphagnum. 

C'est sur le Sphagnum contortiim Schnltz [Sphagnum subsecundum var.* 
contorium Schimp.)^ donn6 sousle n^ ol de la 1" centurle des Exsiccata de 
Cfybtdgatnes publics par M. Reichenbacb pere, il y zi tine trentained'anriees, 



que j'ai rencontre ce fait singulier de deux capsules porlees par le meme 
pedicelle. M. Schimper a montre que le preteiulu pfidicelle de la capsule du 
Sphagnum n'est que le prolongement du rameau perichetial, et que le veri- 
table pedicelle, tres court, li peu pres discoide, plonge dans la vaginule qui le 
cache en eritier. Or, sur mon cchanlillori, les deux ca|)stile§, bieti cDfifoi'nieeiS 
et parfaitement semblables, sortent dela meme vaginule et sont, par conse- 
quent, poHees par le mehie pedicelle ; noiivelle et irrefragable preuve, s'il en 
elait besoin, de Tassertion de M. Schimper sur le pseudopode des Sphagnum. 
Mon fait est done de tout point conforme a ceux de M. Le Dien. II semble 
qu'il n'y ait pas de cause plus simple et plus naturelle a lui assigner que celle 
4e deux cellules gerrainatives disiinctes, form^es dans Ic meme archegone. La 
^ose ne serait pas plus extraordinaire que la presence de deux embryons 
dans le meme sac embryonnaire. 



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M. Brongniart annonce qu'il a regu de M. Schimper une lettre 
sur le meme sujet, et qu'il se propose de la communiquer a \SL 
Societe dans la prochaine seance. 



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de Begonia-Mine 



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village. Se glissant alors, non sans peril, eatre la nappe d'eau et la paroi surbaiss^e du 
recher, il eut la satisfaction de trouver cette paroi humide et ombragee entierement 
tapissee de YAmphondium^ dans un 6lat de fructification qui ne laissait rien a desirer. 
Plus tard dans la m^me journee, nous le rencontramos encore dans le meme etat 
couvrant la surface humide d'un rocher en surplomb, a une demi-Iieue au nord-est du 
village, sur la route de Clermont, qui est aussi celle du lac de Gnery que nous allions 
explorer. Quelques jours apres, le 3 seplembre, je crois avoir encore reconnu la m^me 
Mousse, dans le mdme etat, dans le ravin humide et escarpe qui termine la gorge 
dite de VEnfer, a une lieue au sud du village des Kains, mais ici mal prote^'ee insufli- 
samment arrpsee, et brulee par le soleil, dans des conditions telles qu'il ne mV pas ele 
possible d'en conserver des echantillons. Tout semble done annoncer que le climat de la 
vallee du Mont-Dore est particulierement favorable au coinplet developpcment de cette 
Mousse, puisque, sterile presque partout ailleurs, elle se couvre la de nombreuses fructi- 
fications dans lous les lieux ou on I'a renconlree jusqu'ici. 



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SEANCE DU 1h MAI I8t)l. 



299 



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Ceite feuille, dil ^J* Duchartre, est confonnee en un coniet dont le bord, 
coup6 obJiqnementj est parfailemeiU conlinUj sans le nioindre indice d'un 
sinus qui put indiquer le point ou s'est faite la soudqre des deux bords infe- 
jieurs. Elle offre celte particularite que ses deux moili^s sont parfaiteuient 
synietriques, bien que la feuille normale dc i'cspece a laquelle elle appartient 
ait ses deux cotes separespar la cote m6diaue tres dissemblables, Tun 6tant 
beaucoup plus grand que Tautre. Eh oiitre, sa nervation pftrait etre assez 
rerrtarquable : quatre nervures partem du souimet du petiole ou de Tinsertion 
du limbe : Tune, la plus forte, est la cote mediane qui se rend ad somihel dit 
limbe; deu\ autres laterales, symetriques entre elles, naissent toqt contre la 
base de la cote ; ces trois nervures appartiennent a ce qu'on peut regarder 
comme la portion anti5rieure du limbe. Ea quatrieme et derniere rifervure 
occupe une situation singuliere : elle forme, en effet, comme le prolongement 
posteriebr de la cote m6diane, ou, si Ton vedt, elle est la cote mediane de la 

h I 

moiti6 post^rieure de ce cornet foliaire. Les trois nervutes anterieures 6tant tres 

* 

lapprochees a leur naissance sur le sommet du p6tiole, la quatrieme ou la pos- 
terieure est notablement ecartefe, a sa base, de c^lles-ci. Apr^s une longueur 
d'enviror. 0'",006, elle se bifurque en deux moilies symetriques, qui se sub- 
diVisent a leur tour symetriquemeiit. Des lors il eXhie la cette circofistance 
digne d'etre signalee que la ligne le longde laquelle il esl permis d'admettre 
que s'est operee la soudure qui a transform^ ce limbe en capuchon ou cornet^ 
est parcourue par une nervure qu'il semble difficile de retrouver dans le 
limbe de la feuille normale. On peut, il est vrai, supposer, et telle serait assez 
ma mani^re de voir, que cette nervure d'abord unique r^sulte de la con- 
fluence des deux nervures les plus voisines des deus bord§ sondes. 

Cette monstruosite m'a ete communiquee par M. Boochet, membre de la 
Socielc et Tun des secretaires de la Soci6te imperiale et centrale d'JlqrUcplt«res 

r 

M. de Schoenefeld presente a la Societe divers echantillons de 
Primula qui lui ont ete adresses par M. Eloy deTicq, et donne 
lecture de la lettre suivante, qui accompagnait cet envoi : 



J. 



LETTRE DE M. KliOY DE VICQ A M. DE SCHCENEFELD. 

Abbeville, 7 mai 1861. 

L'altention dc la Sociele botaiiique a deja ele appelee plusieurs fois sur Ic 
Prhmdu variabilis Goupil, et nous avons pris un int^ret lout particulier, 
M. de Bruteleite et moi, aux communicalions qui ont ete faites dans les 
seances des 27 avril, llmai 1860 et Jl Janvier 1861. La rencontre des Pri^ 
viula grandiflora, elalior et officinalis rcunis dans une nienie localile, nous a 
permis de faire quelques observations qui ne sont peut-etre pas sans imporfanpe. 

J'avais disiingoe, des I'annec 1854, deux Primeveics differentes ^uxquelles 



300 



J50C1ETE IJOTANIQUE DE FRANCE. 



pouvait s*applifiuer ie nom de variabilis. Nous les avons retrouvees Tan der- 
nier dans les memos conditions; mais, avant de vousles signaler, nous voulions 
attendre encore une fois I'epoque de leur floraison p^^ur nous assurer de 
Texaclitude de nos observations, et joindre a I'appui des specimens de nos 
divers Primula. Ceux que je vous envoie ont tous ele recueillis, Ie 20 avril, 
dans Ie bois de Lamotte, commune de Gambron pres Abbeville. 



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hy brides parfaitement distincts, que nous avons ratlaches au P. variabilis 



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^fficinali-yrandifl 



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lenrs hampes a fleurs dressees, longuement pedicell6es, accompagnees assez 
souvent de fleurs solitaires, et h leurs coroUes d'une grandeur et d'une couleur 
interm^diaires entre celles des deux especes qui les ont produils. 

Le /'. of ficinaligrandi flora tienl a Vofficinalis parson calice enfle, d'un 
verl bianchatre meme sur les angles, a divisions ovales non acumin^es, et par sa 
corolle un peu concave d'un jaune vif. 

Le P. elaliori-grandiflora tieut a Velatior par son calice etroit, applique 
sur le tube de la corolle, vert sur les angles, a divisions lanceoleesacuminees, 
el par sa corolle a limbe plan d'un jaune pSle. 

Telles sont les observations que nous avons pu faire sur ces bybrides : en 
venant confirmer une opinion que vous avez vous-meme enoncee avec quelquc 
doute dans la stance du 27 avril 1860, elles auront probablement quelquc 
int^ret pour vous et peut-6tre quelque utility pour la solution de la question 
du Primula variabilis. 



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M. Cosson considere les plantes envoyees par M. Eloy de Vicq 
plutot comme de simples formes du Primula grandiflora que 
comme des hybrides. 

M. T. Fuel fait a la Societe la communication suivante ; 



REVUE CRITIQUE DE LA FLORE XSM DEPAHTEMENT DU LOT. par II. T. PUEEi (suilef. 

S. Dentaria pinnata Lamarck EncycL Dot. Diet, t. 11, p. 268, part. 1 
(1786), el Poiret Suppl. III. genr. t III, p. 115, lab. 562, fig. 1 (1823) ; 

> Pucl! Cat. duLot, p. 154, obs. (18W). 
Rive gauche du C6I6, dans Ie bois de Parry, commune de Lunan, canton et 



J ' 



SEANCE DU 24 MAI 18G1. 



301' 



arroiulisscmeiii de Figeac. 



Lieux ombrages, — Terrain slliccux (granite). 



Alt. 210 m. — Fl. 19-2a avril 1859. — Recolte par M. L. Puel. 
. Le /), pinnala, confondu par Linn6 avec le Z>. digitatx, sous le nom de. 
p. penlaphyllos, avait 6te cependant distingue par quelques autcurs plus 
anciens, nolammeilt par Garidcl, qui a tres bien figure les deux plantes : au 
reste, la synouymie de Lamarck, telle qu'elle a 6t6 fixee dans rEncycIopfidie, : 
est aujourd'liui generalement admise, et la suppression du nom Unneen se 
trouve parfaitement justifi^e par rextrfime variability du nombre des folioles^ 
dans Tune et Pautre espece. . ' 

Le D. piTDuila est renferme dans d'etroites limites geographiques : selon 
M. Lecoq [Ft. geog?\ bot. Eur. t. V, p. 68), il ne d6passe pas a Test et au 
sud ritalie, au nord rAllemaghe, a I'ouest les Asturies ; ce qui ne donne que 
160 ponr le carr6 d'expansion de la plante. Cette aire comprend k pen pr^s 
toutes les localiles francaises de notre plante, qui se divisent en cinq groupes 
correspondant aux cinq regions de montagnes : toutefois les Vosges et la Lor- 
raine se trouvent bien au dela du 68*" degre de latitude, que W. Lecoq a adopt6 
pour limite septentrionalej en vue des localites allemandes du /). pinmrta. Il* 
serait plus exact de prendre pour cette limite le 50^ degre, qui correspond a 
peupresa rextremit6 de vegetation de la plante en France, et le carr6 d'ex- 
pansion s'eleverait ainsi de 160 a 200. 

La partie granitiquedu deparlcment du Lot, dans laqueile a ete recolle le 
D. pinnata qui fait Tobjet de cette notice, appartenant a la flored'Auvergne, 

je ne m'occuperai pas des autres regions. 

' Cette plante est tellement abondante dans toutes les dependances de la 
chaine d'Auvergne que MM. Lecoq et Lamotte, dans leur Catalogue du plateau 
central, n'ont pas cru devoir indiquer de localites speciales pour le iMont- 
Dore, les Monts Domes, le Canlal, le Forez et la Lozere; c'est seulement pour 
le dopartemcnt de la Creuse, ou Tespece est plus rare, qu'ils entrent dans 
(luelques details, sur les indications de M. Pailloux. Le rayon que j*ai adopte 
pour la flore d'Auvergne 6lant beaucoup plus etcndu quecelui de MM. Lecoq 
et Lamotte. j'aurais ii citer un grand nombre de localites dont ils n'ont point 
fait mention : toutefois, comine mon intention n'est pas de faire ici une enu- 
meration complete ^ eel egard, je me conlcnterai d'indiquer quelques stations 
particulieres, situees hors du centre de la cliaine et constituant. pour ainsi 
dire, des exlremites de vegciation dc la plante, au point de vue special de la 

flore d'Auvergne. 

Flore d'Auvjcrgne. — SAOm-ET- Loire: Boisdes Rcnaudiots pres Aulun, 

de Canada pres Auxy, de Pauvret pres Curgy {Canon ex Boreau). Cote^ 

uOn: Dijon I [Fleurol in h. Mus. p.), sur le Mont-Afrique {Durande); 

Marsannay, Gevrcy, Flavignerot {Loret/ et Duret). Koxv^ ; Saint-More ! 

{Sagot in h. Mus. p. et in h. Puel) ; Bois-d'Arcy {Saul ex Boreau). Cheh : 

Rociiers des bords de TArnon, 5 Sidiailles {Saul ex Borcau\ Allier : Bords 



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30-2 



SOCIETE BOTAINIQUE DE FRANCE. 



\ 



clu Lichon, pres de Bussel {Boreau), CnEisE: Vallon du roisseau de Beauze cl 
rive gauche de la Crcuse, pres d'Aubusson ; bois de Sainle-Magdelaine [Pail- 
loux\ CoRhEZE: Forfit deCousange {Ldmy ex Boreau litt.). Lot: Figeac! (L 
Fuel). Tars: Plau-de-la-Jace, Soreze, Lacaunc, bois de Y'd^del {Doimierijoii). 
^ Je ferai remarquer que toutes les Iocalit6s precedcntes, a Texception d'une 
seule'peut-6tre, sont feitufies sur le terrain siliceux ou volcanique, et il en est 
de mfime de celles du centre de la cbaine, ainsique le fait remarquer M. Lecoq 

(/oc. cit. p. 67). ' 

La locality qui semble faire exception a celte regie est celle de Saint- 
More (Yonne). M. Sagot, qui I'a slgnal^e, affirme que le terrain dans 
lequel il a r6colt6 sa plante est calcaire et non siliceux : il y aurait peut-etre 
Uey d'examiner si a Saint-More il n'existe pas, au-dessusdu sous-sol calcaire, 
wi deces depots de diluvium siliceux qu'oii rencontre si communenient dans 
certaines regions, a la surface du terrain jurassique, Quoi qu'il en soit, et en 
admettant Texception que je signale, il n'en est pas moins certain que le 
D. ptnnata depasse rarement le terrain granitique ou volcanique au pourtour 
dfe la chaine centrale. 

Cette regie, applicable a la flore d'Auvergne dans les limites que je viens 
d'indiquer, cesse de i'etre aux autres chaines, et en pariiculier a celle du Jura, 
ou la plante vegete parfaitement sur le sol calcaire. 

La localite sp6ciale dans laquelle croit le D. pimata aux environfi de Figeac 
ept remarquable en ce qu'elle constitue uue des limites les plus basses 
d*altitude auxquellesparvienne cette espfece, dans la chaine centrale. Cequ'il 
y a de certain, du moins, c'est que, sur le versant occidental des montagnes 



dess^S 



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Dans mon catalogue des plantes du Lot, j'avais signale le A pinnata 



cotnme 



se livre depuis plusieurs aimees, dans diverses parties du departement et 
specialement dans Tarrondissement de Figeac, out enrichi uotrellorule d'une 
foule de plantes qui n'avaient pas6t6 observees avanl lui, et la decouverte qu'il 
a faite en 1856, du D. pmnatctj est sans contredit une des plus interessantes. 

{La &uile a la prochaine stance *) 



M. Chatin fait k la Societe la comraunicsition suivante : 



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EXCUnSIOft BOTANIQUE DIRIGEE EN SAVOIE ET EN SUISSE, par 

TROlSlfeME PARTIE (Ij. 




Ad. CUATIW, 



• Le 8 aofli, a cinq hemes du matin, ou sc pr^cipite dans les chars qui, pour 
nous reposev d'anciennes fatigues et nienager des forces qu'on aura bientot a 



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I 



(1) Voyez plus hatit, p. 127 et 210 



n 



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SEANCE DU 2A MAI 1861. 



303 



iniliser, vont nous condnire a Saint-Pierre (trajet de sept heure^) ou ipeme 

a la cantine de Proz (trajet de sept heures trois quarts). Notons toutefois 

(pour nos nevevx) que ceu\ qui se seronl fait conduire jusqu^h la cantine 

auroiit perdu I'excellente herborisation des rocliers et prairies pli^ces sur la 

route, ainsi qu'entre cette dernifere et le torrent. 

• Chemin faisant, nous voyons, et quelques-uhs cueillent : 

"*De la Croix h Bovernier (on dit aussi Bovarnier^ Bouvarnier)^ sur un# 

roche calcaire subschisteuse : 



f 



Artemisia Absirfthium L, 
Euphorbia Gerardiana Jacq. 

Melica ncbrodensis Parlal., distingu^ par le savant profcsseur de Florence du 

M. cilinta L* , et que plusieurs de nous, qui chaque annee le cueillent a 

.^Mantes, avaient yu en 1858 dans les rochers de Salnt-Pierre-de-Char- 

treuse. 
ffippophae rhamnoides L., cet ami des torrents des Alpes et des plages 

oceaniques. • 



\ 



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De Bovernier a Sambranchier ou Saint-Branehier'(alL 753 metres), village 
pres duquel la grande Dranse se grossil de la Dranse du val de Bagne i 

Bpilobium Fleischer I Hochst. 
E. spicalum Lam. 



6p 



officinalis L. , que nous cueillons chaq 



C*est en amont de Sambranchier que s^arrete, dans la valine de la Dranse, 
meme a la meilleure exposition, la culture de la Vigne, culture que nous 
avons vue, dans la vallee de I'Arve, limitee a Passy et Chede, aussi a une 
altitude de 700 a 750 metres (les cultures d^passent I'^glise de Passy, situ6e 
a 692 metres). Une seule locality des Alpes, Bellantre-eh-Tarantaise, offre 
peut-etre la Vigne a u» etage plus elev6 de 50 metres i peu prfes, Ailleurs la 
limite est generalement de 500-600 metres. . 

Le Melica et VA, Abunthium croissent sur la colline oO se voient les resles 



empereur 



at(^ne 



2579 metres. 

Le Saxifaga aizoides L. forme de jolis gazons entre la route et le torrent, 
que nouspassons pour la quatrieme fois aOrcieres, ou la grande Dranse se 
forme par la reunion dela Dranse de Ferrex a celle du Saint-Bernard. 

MalgrcTaltitude (879 metres) d'Orcieres, nous remarquons que les trois 
quarts des feiumes ont encore le goitre. 

''*'Tn sortant d'Orcieres, ayant en face de nous le Miont-Velan, pyramide 
de neige haute de 3356 ujetres, vrai sommet du grand Saiut-Bernard, un 



^ 



\ 



\ 



^ 



304 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



1 

peu plus a gauche le grand Combier ([\Z05 metres), et en raonlanl a Liddes 
p^f une roule fort roide, nous cueillons contre les rochers le Dianthvs sil- 
veHlrisyivM..t et, dans une prairie oft il abonde, le Colchicum alpinum DG.^ 
i ' AprSs Liddes (alt. 1337 metres), on les plus presses par la faim (et les 
mieux inspires) d^jcunent, on trouve, en suivant un petit sentier qui tourne, 
^ la sortie du village, un monlicule faisant face au debouche du val Ferret, 
le Selaginella helvetica Spr. , et plus haut, apres avoir rejoint la route, le 
Dianthus silvestris AVulf. , le Phyteinna homisph(Ericinn L. et quelques pieds 
de Campanula thyrsoides L. (belle plante commune au Lautaret, ce jardin 
botauifiue du Dauphin^), des champs dc RumexalpinuSyle Geranhimpyre' 
naicwn, V Hippopliae dout un hois est suspendu a plus de 300 metres sur les 



flancs de la njontagne dont la Dransc baigne les pieds. Sur la rive gauche du 
torrent, des forets de Z«r/:c et de Bots-noir {Abies exceha) couvrenl les 

F t 

pentes inferieures de la'cbaine qui s^pare la vallec d'Eutremont ou de la 
Dranse de celle du val Ferret suisse ; plus haut, on apercoit la zone du liho- 
dodendron, que surmonte celle des gazons, depassee seulement pa? Tarete ou 
zone des neiges. 



"^ 



Ap 



un repos d'nne heure a Saint-Pierre-Mont-Joux (alt. 1639 metres, 



DC), ou nous sommes arrives vfer^ rtidi, nous continuous notre ascension 
vers le Saint-Bernard. Sur les rochers et les pelouses qui bordent la route, 
se presentenl successivemenl : 



\ 



Trifolium badium Schreb. 
Sempervivum arachnoid cum I 
Dianthus Carthusianorum I.. 
Gaya simplex Gaud. 
Erigeron alpinus L. 



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Wulf. 



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Veratrum album L. ' ' 

Campanula barbata L. 

Anemone alpina L., en fr.uit. _ 

Meum athomanticuni Jacq. , elemedt des flores alpines de tons les terrains, 

rare cdpendant dans le Jura. 
Lilium Martagon I.., ce beau Lis aux fleurs panach<?cs et renversees qui a 
pris place dans nos parterres avec la premiere des especes suivanles : 

Gentiana acaulis L. * 

G. carhpesli'is L. ' 

G. nivalis L. . 

Aspidium aculeatum Dcell, dc Monlmorency, de Marly, etc. 
Seiinum Carvifolia L. 

Pedicularis ascendens Gaud., cspece en fructification au Brizon, ici couverte 
de ses lleurs d'un blanc jaunalre. 



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SEANCE DU 2 A MAI 1861. 



305 



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Ribes alpinwn L, 
Leucanthemum maximum DC. 
Selaginella spinulosa A, Br. ^ 

Toutes ces plaiites croissent centre la innntagne, sur la gauche de la route. 
Entre celle-ci et la Dranse du Saint-Bernard, est une prairie fertile et acci- 
denlee dans laquelle nous trouvons : 

I X 

Sedum Rhodiola DC. , espece du Grand-Som (Bovinant) et de la Grave. 
Meum athamanticum Jacq. , tres abondant, qui forme presque Ic fond du 

pre dans ses endroils les nioins liunndes. 
Tri folium olpinum L. 

Pedicularis verticillota L. 

Botrychiwn Lunaria Sw. (haul de 20-30 centimetres), dontla flore parisienne 

1 



s'est enrichie I'an passe d'une bonne locality a Chantilly. 



^. 



Campanula 7'homboidalis L. 



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iicifol 



f 



Gentiana bavarica L. et G. verna L. 

Ranunculus aconif if alius L. 

Allium Sclicenoprasiim L. , encore plus commun ici qu'au Lautaret. 

+ 

Bartsia alpina L. 

Alchemilla vulgaris h. 

Imperaloria Ostriidiium L. 

Cai'ex Davalliana Sm. 

Crepis aurea (^ass, , en splendides specimens. 

- ■ I 

Trollius curopa^us L. • encore flcun. 

Alnus viridis DC^, limite de la v^^getalion reellement arborescente (raltilude 

est ici de 1850 njetres). ^ 

Nigritella angusti folia J{\c\\., ties abondant; chacun fait un bouquet de 

ses fleurs, a odeur suave, ainsi que de cclles de I'espece suivante. 

Orchis ulobosa L. 

T^uzula lutea L. 

Anemone al pina L. (encore quelques fleurs). 

Bypochceris maculataU, planteassez commune h Mantes el h Fonlaincbleau. 

■ 

Colchicmn alpinum D(.'. 

Adenostytes albifrons Rcbb. 

Mvlgedium alpinum Less,, de Irei; grande faille, sur Us bords du torrent el 

dans des bouquets d' Alnus viridis. 

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Revenus sur la route, nous cueillons aux bords de celle-ci : 
Achillea moschata Jacq., espece que nous avons solenuellcmenl anncxee ^ la 



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flore de France dans la journec d'iierborisalion au Br6vei>t. 



T. VI If. 



20 



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30iJ 



SOCIETE DOTANIQIJE DE FRANCE. 



^ 



dans unc mare au plan dc Proz. 



Ljjcopodiiwi Sf'la(jo L 

Jancus (dpinus VilL 

Glyccria puitamXx, F5r. var. ccerulea, 

Scirpvs coinpressus L* 

Corex Good(nioiviiG;\\. 

C. frigida All. 

Pinguicala vulgtrrisL., espece assez commune dans les plaincs du nord de 

la France, mais qui, dausla region des Vosges, ne quitle guere la montagne 
'- que pour Ic voisinage de la 5e//e-Fon/ame, des prairies de Herbsheim, on 

je I'ai cncillic en C()ini)agnie de mon excellent confrere W. Nickles (de 

Benfeld). 

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L 

Au dela de la cantinede Proz (alt. 1696 metres), aujourd'hui assez bonne 
auberge, nous trouvons : 



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en tres petits buissons non encore fleuris 



*■ 



(yAlnus viridis ne monte pas jusqu'ici). 
Phyteuma hemisphcBricum L. ■ .v 

Petasites niveus Baumg. 

Silene exscapa All. 

Car ex frigida All. , bords du torrent. 

Poa sudetica Haenke {P. trinervata DC. et Festuca compressa DC). 

En franchissant, par un sentier escarp^, le sauvage defile de Marengo 
(alt. 1970 metres), nous voyons : 

Pedicularis rostrata L. 

Achillea mosckata Jacq., cttte nou\e\\e annexee qui est decidement ici une 

espece commune. • 

Viola biflora L. 
Oxyria digyna Campd. 

Le sentier passe k cflte de deux liuttes de pierre, dont Tune est un chalet 
de refuge, Tautre une ancienne morgue, maintenant un charnier; peu apr^s 
on franchit la Dranse sur le pont de Nudri (alt 2270 metres), et, en longeant 
toujours la parol ouest de la montagne, on passe pres d*une crolx de fer, 
plantee en memoire du bon religieux frere Cart qui p^rit en cet endroit le 

r 

20 novembre 1845, enfoui avec quatre domestiques par une avalanche pr6ci- 
pitee deParete qui separe le terrible aiont-Mort (alt. 2856 metres) du Mont- 
Yelan (alt. 3356 metres). Get excellent, instruit et estimable religieux, qui 
trouva la mort en sauvantde pauvres voyageurs, me fit, a mon premier voyage 
au Saint-Bernard en aoOt 1843, un accueil qui me rend chere sa memoire. 
Pfous cueillons encore, taut en aval qu'en amoni de la croix, pres d'amas 

cle neige : 



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STANCE DU 'Ih MAI 18t)l. 307 

r 

Salix lierbacea L. 

Hieraclum Jacquini Vill. 

Alchemilla pentapkyllea L. 

Achillea atrata L. , espece etrangere a la flore de France, 

Veronica aphy I la L. 

Gnaphalium supimim L. | 

Cardamine resedifolia L. 

Meum Mutellina Vill. 

r 

Cirsium spinosisstmum Scop, 
Androsace villosa L. 
Gregoria Vitaliana Duby. 
Ranunculus glacialis L. » S peine flenrl 
Soldanella alpina L. , id. 
Primula viscosa Vill., id. 

Alsine Chtrleri Fenzl, qui forme le gazon le plus commun sur les rochers 

de cette haute region. 
Saxifraga androsacea L. 
Gagea Liottardi Schult 



\ 



A six heures et demie, les trainards, c'est-Ji-dire les plus infatigables col- 
lecteurs, font leur entree an celebre hospice du grand Saint- Bernard, ou les 
religieux ont fait preparer un diner que Tappctit assaisonne. 

Quoique heureuseuient rednits au noinbre de ceni Irente, par la separa- 
tion d'un assez grand nonibre des notres, qlii sont all^s, les uns de Chamounix 
par le col du Bonhomine, tourner le Mont-Blanc en visitant les All(5es- 
Blanches el le val Ferret, les autres de Martigny, dans TOberland, par le 
Grimsel, ou par la Gemmi (dernier passage que je franchirai moi-meme le 
11 aout avec ceux des notres qui peuvent ajouter quelques jours au pro- 
gramme commun, suivant lequel la rentreedoit s^effectuer par le Bouverel, 
Lausanne et Neuchatel), notre installation ne se fit pas sans quelques difficult^s. 

Quelques personnes, habitnellemenc ^trangeres ^ nos expeditions botani- 

ques et plus preoccupies du diner et du lit que de Thcrborisation meme, 
avaient pris Tavance et s*etaicnt empar(5es de vive force des meilleures cham- 
bres, malgre la volonte du prieur et du gandolier d'attendre pour la repar- 
tition le capitainede la troupe, qui cut commence par assurer un bon gUeaux 
ancieus. Uno chambre, tenue en reserve pour des voyageurs qui,parbonheur, 
coucherenta la cite d'Aoste, me fut donnee a dix heuresj elle contenait deux 
lits, dans Tun desquelsjepus enfin installer le savant et infatigable M. Maldan, 
professeur a FFcoie de medecine de Reims. 

La plupart couchaient deux «» deux dans des dortoirs glaces dontlescroi- 
s^es auraient paru manquer sans le sifilement du vent passant h travers les 
jointures, pendant la nuit, qui parut bicn longue, la pensee se reportait natu- 



308 



A 



r 



SOCIETE DOTANIQUE DE FRANCE. 



rdleineiU a la Grandc-Chartrcuse, ou, I'an dernier, a pareille epoque, nous 

passions dc si bonnes nuits. 

A quelque chose mauvais lit est bon. On fut nialinal. Des cinq heures et 
demic, plusieurs de nous, impatients de buliner, s'avenlurerent sur les 
rocliers qui enlourent Thospicc ; luals ils furent bien vite ramenes par une 
cuisante (mglee qui les priva dc I'usage de leurs mains. A ce moment le ther- 
mometre marquait 3 degres au-dessous de z6ro. 

En attendant que le soleil s'elevat assez pour rechauffer Tair ext^rieur, 
nous allames a la messe et visitames le medailler, romain ainsi que la biblio- 
tiieque. 

L'eglise, gen^^ralement riche^ est ornee d'un beau tombeau, de marbre 
blanc, de Desaix, tombe si glorieusement a Marengo, par J.-G. iMoitte, de 
rinstitut, et d'un tableau, par Rev, de saint Bernard de Menthon, fondateur 
de rhospice. 

Tout en visitant la maison, nous apprenions a en connaitre le personnel 
qui appartient a I'ordre des chanoines de Saint-Augustin. Ke superieur general 
l^abite, sur le versant italien, le doux climai d'Aoste, ou est placee la maison 
principalo de Tordre. 

Au Saint-Bernard, sont ordinairement qualre peres et huit frercs, qu*on 
renouvolle tons les Irois ans, quand la niort, qui habile ce col an climat 
meurlrier, ne procede pas elle-meme a un renouvellemenl plus rapide. Le 
directeur de Tbospice a le litre de prieur ; c'est aujourd'hui M. Gaillard, 
homme de in^rite, dit-on, et d'un grand d^vouement. L'econome a le litre de 
gandolier; il se nonime Lovey ou Lovet. 

A huil heures, on put se risquer a sorlir; le thermometre marquail aa 
soleil 4- 2 degres. Plusieurs cepcndant furent retenus pros d'une heure encore 
au salon, ou brillait un grand feu et qu'^gayaient les sons tires d'un piano, 
d^ailicurs passable, par les mains habiles du docteur Topinard et du jeune 
Blache. 

Sur les rochcrs places entre Thospice et Ic versant piemonlais, nous cueil- 
limes : 



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Gnapholinm supinum L. 

Saxifraga oppositi folia L. 
Carduiis spinosissimus Vill. 
Azalea procwnhens L. 
Gagea Liottardi Schult. 

Saxifraga bryoides L. , tres peu developpe. 
S, aspera L. 

S. miiscoides Wulf. 
S. stellaris L. 

Jiammculus monlanus Willd. 



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SEANCE DU 54 MAI 1861. 



.•^69 



R. aconitifotius L. ■' .. 

li, pyrenceus L , dont nos jeiines gens vculcnt absolumeiit faire un R, rjra-^ 

M 

mineus a fleurs blanches. ' ;> 

Anerrftne vernalis L. , en fructincalion. " i 

Pedicularis rosea VfulL ' 



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1 



Gaya simplex Gaud. 

Gentiana nivalis L. . 

Geum montanum L. , ici encore en flcur. 

Cardamine resedi folia L. 

Luzula latea DC. 

Veronica betlidioides L. 

Gymnadeaia viridis Ricli. 

Erigeron uniflorus L. 

Poa a^sm Sm. , forme vivipare. 

Agrostis rupestris All. 

' Sibbaidin procumbens L. 
Sedum atratum L. 
Car ex nigra All. 
F/o/a calcarata L. 
Euphrasia alpina DC. var. /w<6'a. 

? 

En escaladant I'arete placee a droilc du col, nous Irouvons : ^ 

Aronicum scorpioides DC, a peine fleuri. 
Anemone vernalis L. , encore en (leur. 

r ■ 

Senecio incanus L. , assez coramun pres du lac de la Grave-en-Oisans. 
Saxifraga androsacea L, (6'. pyrenaica Scop.). 

Potentilla nivea L, dont la seule localile connue en France est au Lautaret, 
pres de la cabane. , ^ 

Juncus triglumis L. 
Eriophorum Scheuchzen UoppQ, noii fleuri, clans une marc h rcxlr6mile 

du lac. 



Une peiite incursion dans les pSlurages pi(^*monlais, ou nous descen- 
dons par la voie romaine, ajoute a notre butin le Pedicularis pennina Gaud. , 
belle esp^ce 6lrangerc aux Alpes de France. Mais c'est en vain que nous cher- 
chom le Pediculaiis recutita L. et le P. tncarnata H^ii^ qui c( pen lant 
croissent en ces lieux, suivant les indications que nous fournit un ministre de 
la cite d'Aoste. 

A une heure nous quittions Thospice du grand Salnl-Bcrnard. A trois 
heures nous arrivions, par une raarche rapide, h Saint-Pierre, on les chars 
alleles d'avauce, nous emporterent rapidement, trop rapidement meme, h 
Wartigny. L'un de ces chars, en effet, conduit par un Valaisan imberbe, fut 



/ 



■i. 



ZiO 



SOGIETE BOTAMQUE DE FRANCE. 



jete et brise dans uii champ place a (pielques metres de la route, eiUre Liddes 
et Orcieres, sans autre dommago, d'ailleurs, par un hasard providentiel, 
qu'une commotion g(5nerale et quelques legeres contusions recues par Tun des 
plus zeles et des plus savants botanistes de IV xp^dilion (\I. Paul de Bretagne), 
que deux jours de repos a iMartiguy remirent liiut a fait. Un second char, dans 
lequel je me trouvais avec liix autres persqnnes, lance au galop entre Saint-<- 
Plerre et Liddes, ne manqua le precipice que de quelques h'gnes, ce qui nous 
fournit Toccasion d'admirer le sang-froid el la dignite britannique de Tun de 
nos bons compagnous, M. Ross (d'tdimbourg), qui, plac^ au premier banc et 
voyant les mulcts se dinger sur le prf^cipicc au moment meme ou le conduc- 
teur venait de sauter a terre pour enrayer les roues, se garda bieu de tirer 
les guides pour retablir I'attclage dansle bon chemin. Mais Tun des botanistes 
du second banc, apercevant presque irop tard le danger, se jeta en avant el 
fit tourner court a droite mtdes et char. Un aiinable compatriote de M. Ross, 
M. le docteur Walker, ayanl demand^ a celui-ci s'il n*avait pas apercu le 
danger ; « Oh ! oui, r6pondit-il, je voyais bien. » — Pourquoi alorsj^ajoula le 
docteur Walker, n'avez-vous pas tire les mtiles du cot6 de la montagne? 
« C'etait Taffaire de Thomme (du conducteur) ! « — On comprend qu'une 
ligne de soldats anglais soit une solide muraille. 

La morale de ceci* pour les botanistes qui vont au Saiul-Bernard, c*est de 
n'accepter pour conducteur de char qu'un homme au poignet solide, ou, ce 
qui est encore mieux, de faire k pied la descente de Saint-Pierre a Orcieres. 

{La suite prochainement.) 



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ERRATUM. ' — Page 118 de ce volume, au lieu de: une jolie Composee labiatiflore, 
Perezia (Clarionea) pedicularifolia {Loasa chiquilensis Meyer, Senecio socialis Wedd.), 
formant de grosses toutfes arrondies. 

Lisez : une jolie Composee labiatiflore, Perezia {Clarionea) pedicularifolia, le Loasa 

chiquitensis Meyer, et le Senecio socialis Wedd. formanl de grosses touffes arrondies. 



jf ^ 



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*^ 



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REVUE lUBLlOGRAPHlOUE. 



AOUT 1861 



PHYSIOLOGIE VfiGETALE. 



Dc liabiataruni org;ani^ vcg^etatlvH roinnicutarlunt 
aiiatoinico-mor|i1ioloi;ieuni ; par M. Alfred KirchofT; brochure 
in-8" de 31 pages. Erfiirth, Keyser, 1861. 



\ ^ 



L'auteur de ce travail nous apprend d'abord, dans une courtc introduction, 
que s'il s'est propose d etndier la morphologie des Labiees, c'est en partie pour 
elucider la quesiion controvers^e de I'origine des faisceauv fibro-vasculaires, 
et pour decider s'ils montent de la ligc dans les fcuilles. ou descendent de 
celles-ci dans Taxe qui les porte. Il rappdle ensuile les travaux publics sur les 
Labiees par Schreber, Mirbel, M. Bentham et >I. Irinisch; il ne parait pa« 
connaitrc les observations faites par Steinheil sur I'anatomie de ccs pl^ntqs. II 
examine dans autant de paragraphes differents la structure offerte par la tlge, 
le rhizome, la racine, les feuilles et Tinflorescence des I.abiees. D'apres scs 



ngl 



qu 



sans 



division pr^alable dans I'int^rieur de ce petiole. Il en r^sulto qualre faisceaux 

■ 



chacun 



comme 



quels s*anastomosent a chaque noeud avec les faisceaux angulaires; TintricaT 
tion de ce reseau est soigneusement d^crite par Tauteur, qui nous donne 
ensuile des details sur la structure anatomique de la moelle et du tissu corti- 
cal des Labiees, Le rhizome de cesplantes pr^sente des entrc-noeuds d'autant 
plus allonges qu'ils se rapprochent plus de la lige; par sa structure, il rap- 
pelle celle de la tige, k cette difference pres que les faisceaux angulaires s'y 
reunissent de bonne heure, et que le parenchyme y forme promptement des 
anneaux ligneux concentriques, dont le nombre augmente d'annee en ann^e. 



La 



laisscs 



meduUaires, et d'une 6corce separee en deux zones par une ligue brunaire. 
Ou ne rencontre que tres rarcment de Tamidon dans ces racines, taudis qu on 



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■^^i^T '_^ l^^ ' 



312 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



en trouvc dans la moelle dc la tige. En etudiant les feuilles, M. Kirchoff decrit 
successivemeiit leur nervation et la structure de leur epi'lermc, dont les cel- 
lules, onduJ^es ou droites sur leurs bords a la page sup^ricure, sont, au con- 
traire, profondenient sinuees et enchassees les unes dans les autres sur )a page 
inferieure de la feuille. La page sup^rieure est depoarvue dc stomates dans 
les Lamhon.ei les Stachys, tr6s rarement dans les autres genres. Les glandes 
sont g^neralement composees d'un renflenient lerminal forme de quatre cel- 
lules et d'un pedicelle tres court ou nul, mais pr&entent quelques varl<5tes 
selon les genres auxquels elles appariiennent. L'inflorescence a 6te, suivant 
M. Kirchoff, maldecrite par tons les auteurs; pour s'en rendre un compte 
exact, il faut Tetudier dans les especes a Heurs pedoncul(5es. EUe consiste 
.en deux fascicules lateraux, se repliant, comme on sail, a chaque noeud, 
et foiines par la bifurcation d'un axe Ji rameaux opposes et triflores a leurs 

r 

extremites, ou se bifurquant encore chacun avant de porter les fleurs. L'en- 
semble forme done une cyme dicholome, dont souvent Tun des rameaux late- 



raux reste indivis et uniflore. Les variet6s que pr6sentent dans leur inflores- 
cence les diverses especes de Labiees tiennent au plus ou moins grand 
d6veloppement de cette cyme axillaire. 

D' Eugene Fournier. 



:i , 



Sor Ic JButHn»*d€M aqw^MHca^ DC. ; par M. Caspary. (Extrait des 

*' Actes de la Societe royale phydco-economique de K(Enigsberg, l^** ann^e, 
1" livraison) ; tirage a part en brochure in-i" de 25 pages, avec deux 



*»: 



planches gravees^ Koenigsberg, chez Graefe et Unzer. 



^^ - 



^ 



Fi- 



La d6couverte d'une nouvelle localitB de cette petite Crassulac6e a engage 
rauteur Ji la soumetlre a des recherches monographiques dont il livre aux 
savanls les r^sultats. Son m^moire se divise en plusieurs parties dont la pre- 
miere expose des observations morphologiques. M. Caspary a suivi le develop- 
pement du Bulliarda \ partir de sa germination. Apres en avoir d6crit en 
detail les premieres phases, il nous apprend que les tiges de cette plante, plus 
ou moins ranieuses suivant les localites ou ellc croit, sont form^es par des 
axes en apparence continus; mais qu*un examen minutieux montre ces axes 
composes d'entre-noeuds de di|ferents ordres, terminus chacun par une fleur. 
On salt que la terminologie de certains savants allemands d^signe cette forme 
de vegetation, ir6s repanduc d*ailleurs dans le regae v6g6tal, par le ihot Sym- 
podium. M. Caspary nous donueensuite la description des fleurs: elles se com- 
posent d'un calice a quatre parties, puis, en alternance avec celles-ci, il y a 
quatre petales Hbres, ensuite qualre ^taminesfertiles portant des antheres bilo- 

+ 

culaires a dehiscence introrse et alternant avec les petales , plus int6rieurement 
quatre etamines rudimentaires depourvues d*anth6res (staminodes) et super- 
posSes aux petales, et enfin au centre quatre carpelles libres superposes aux 




-t 

T 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 



313 



stamiiiodes. L'auteur entre ensuite dans la comparaison morphologique des 
diverses Crassiilacees. 

La partie du mSmoire de M. Caspai-y, qui trailc de Tanatomie du Bidliarda 
el qui debute par une description de l*oviiIc anatropc ct a deux teguments, 
nous donne ei)suite des details sur la structure de la graine mure, deremhryon, 
des Vacines primaires ct adventives de la lige, des feuilles et des organes qui 
W)niposent la fleur. 

Dans la panic physiologique de son ouvrage, Tauleur parle d'abord de Tap- 
parilion successive des organes qui constituent la plante, ensuite il indique les 
conditions qui en favorisent ou en entravent le developpement. 

M. Caspary croit devoir encore laisser indecise la question de savoir si la 
f§condation des fleurs du BuUiarda pent avoir lieu sous I'cau, fait que les 
observations de M. de Leonhard, faites en Boheme en 1858, sembleraient 
prouver. 

La partie suivante du m^moire nous offrc des recherches, faites avec le soin 
habituel de Tauleur, sur Thistoire du BuUiarda aquatico^ ct ajoule & cela une 
exposition trCs d6taillee de la distribution g^ographique de la plante, d'ou il 
r6sulte qu'clle se trouve entre 49** (Boheme m^ridionale) et 80** (Leity- 
burge) de latitude bor6ale, entre 13** de longitude occidentalc (Irlandc), et 
180° de longitude orient^le (Sib6rie orientale). Elle habite done la zone 
froide et lemper^e de I'Europe orientale et de TAsie, se trouvant le plus fre- 
quenunent dans le voisinage de la mer Baltique en Suede et dans les provinces 
baltiques de la Russie, ct bien plus rarement, ca et Ih en Allemagne. 

Quelques considerations sur la place qu'occupe celte plante dans la s6rie 
des v6g6taux et une comparaison de Tespfice en question avec le BuUiarda 
VaiUantii terminentce memoire, qui est accompagne de 67 figares lithogra- 
phizes, dues Ma main habile de M. C. F. Schmidt. 

Johannes Grcenland. 



Ija faiuille des Vrtic6es {Revue de botanique) ; par M. A. Guillard 

{Presse scieniifique de$ deux Mondes, t. Ill, pp. 305-324; 1861). 

r 

Notre honorable confrere M. le docteur Ach. Guillard a donne derniere- 



Weddell 



fiq 



velles faites sur la structure de cette famille, et que nous devons faire con- 
naitre a nos lecteurs. Apr6s avoir debute par quelques considerations g^n^rales 



thode 



foliates (courants s6veux descendant des feuilles), qui sont au nombre de 
trois, embrassant un arc de 100 et quelques degrfis, et remarquables par le 
petit nombre de trachees qui s*y forment; puis celle des /wfiw/e5 corltcauz 
(fibres du liber), dont la section mesure jusqu'i 12 ou 15 centiemes dc milli- 



* ■ 



31/1 



SOCIETE BOTANIQLE DE FRANCE. 



mfitre, et nous moutre une cavite en graridc parlie comblee par des couches de 
depot ; ces organes echappent complelement a I'action coloranle de tout r6actif 
chimique. Les tubules rayonnants (fibres ligneuses) soiU rcmarquablcs chez 
les Urtic^es par la finesse de leurs parois, la regularity de leur grosseur et de 
leur forme prismatique-quadrangulaire. , 

Suivant M. Guillard, la fecule est peu aboadante dans chaqne plante de-cctte 
famille; les cristaux, concretes en letcs anguleuses, garnissenl en abondance 
le manchon s^vcux, et y forment des series qui depassent souvent le champ 
du microscope. L'auteur 6tudie ensuite lo!)guenient rinflorescence des Urti- 
cees en suivant la nomenclature qu'il a cr6ee et dont nos lecteurs ont eu 
connaissance par le Bulletin il y a quatre ans (1). Cctte inflorescence est 

pour lui-meme une cyme polydiopse repetee en progression indefinie sur 
rameaux axil hires de tout rang. II 6numfere avec soin les modifications de 
cette cyme que prescntent les divcrses especes d'Urticees, et conclut en disant 
qu'aucune famille ne montre aussi vivement combien la nomenclature rou- 
tiniere de I'inflorescence est en arriere de Tobservation. * 

E. F. 



_ tJ 



tiqucft SUE* les plaiitcis; par M. John S. Livingston {Ann. sc. nat., 
4*" s^rie, t, XIIl, pp. 295-305 ; extrait des Transactions of the botanical 
Society, vol VI, part. 3, p. 380). 




'auteur de ce travail rappelle d'abord les expediences faites sur le memc 
sujetparMM. Christison et Turner, et expose ensuite le mode opcratoire qu'il a 
sqivi dans des experiences faites avec Tacide sulfureux, Tacide chlorhydrique, 
le chlore, Thydrogene sulfure, I'ammoniaque, le protoxyde d'azote, I'oxyde de 
carbone et le gaz de la houille. Dans ces experiences, le gaz sulfureux, mis en 
contact direct, dans des cloches hermetiquement ferm^es, avec des plantes 
entiferes, flelrit et fana les feuilles de ces plantes d'autant plus rapidement que 
la proportion employee en fut plus considerable. L*action de Tacide chlorhy: 
drique fut analogue, mais plus pernicieuse et plus rapide. Le chlore occasionna 
des effets de meme nature, quoique moins violenls, Les plantes expos6es a 
rhydrogene sulfure se couvrirent de gouttelettes d'eau pendant les experiences, 
resllTent vertes, mais perdirenl leurs feuilles quand on les retira. L*ammo- 
niaque ne produisit que des effets insensiblcs. Les individus soumis au pro- 
toxyde d'azote ne parurent pas souffrir, mais moururent rapidement apres 
rexp^rience. II en fut de m6me avec I'oxyde de carbone, Le gaz de la houille 
flt secher et jaunir les feuilles, maisne les tua pas. De toutes ces observations, 
auteur conclut que les gaz peuvent 6tre classes, d'apres leur action sur les 



•m 



(1) Yoycz le BuUeUn, t. IV, pp. 116 et 334. 



^ 



REVUE lilDLIOGRArillQUE. 



315 



L 



plaiites, eu gaz caustiqucs et en gaz narcotiqucs, les premiers alterant rapidc- 
nient les feuilles par contact, mais pouvant permettre de sauvcr I'individu, si 
on le sonstrait h temps a ratmosphere meurtriere (acirtc cblorhydrique) ; les 
seconds attaquant la vie de la plante, sans parailre alteier la structure ou 
la couleur de ses organes (protoxydc d'azote). 



B. F. 



l^tades MUF la iitigratlon clii phospliorc datts lew w^^ 

S^Stau^; par M. B. Corenwinder {Ann. sc. mt. U*" s6ric, t. XIV, 
pp. 39-5]). 



La Bctterave, le Pols, la Feve et bcaucoup d'autres v§g6taiix contiennont, 

dans leur jeunesse, une grande proportion d'acide phospliorique ; lorsqne ces 

J 

plantes ont muri leurs graines, leurs racincs et leur tige ne sont plus fornixes, 
quant aux niatieres solides, que de silice, de chaux ct dc quclques scls 
mindraux, les phosphates 6tant tous concentres dans les graines. C'est lob- 
servaiion de ces fails qui a engage M, Corenwinder h suivre les migrations du 
phosphoje dans les plantes. II r^sulte de ses recherches actuellesque le phos- 
phore est intimement lie a Tazote dans la vie organique, et que les excretions 
rejetees a Texterieur par les plantes sont depourvues de phosphore, tandis que 
ce corps existe dans les Fucus et autrcs plantes marmes, dans les granules 
poUiniques du Lis blanc ct les spores du Lycopodium clavatum. 

E. F. 



Memoire^ur le d^vcloppement du fruit dcn^ llorecf^; par 

M. H. Baillon. {Exlvdiildu Jlccucil d'obseroationsbotamgues, cahierde mars 
et avril 1861 ) ; tirage a part en biochure in-8'' de 20 pages, avec une planche 
grav6e. Paris, Victor Masson et fils, 1861. 

f 

Ce m6moire a ete lu a TAcademie dos sciences dans sa seance du 7 Jan- 
vier 1861, Dans ce travail, Tauleur s'est propose d'etudier revolution des 
fleurs dans les genres Morns, Droussonnetia et Dorstenia, II commence par 
6numerer les diverses opinions 6mises par les auteurs les plus eslim^s sur la 
nature du fruit des Morns, el rappelle qu'Ang. de Saint-Hilaire ct M. Spach 
sont les seuls qui aient consider^ les nucules gelatineux que pr6sentent les 
fruits de ce genre comme form6s, au moins en partie, par le pericarpe. 
Mais tons les auteurs en out regarde rinflorescence comme simple et 
indefmie. II r^suUc au contraire des observations de M. Baillon que les fleurs 
de premiere g(}neration qui paraissent sur I'axe floral du Morus deviennenl le 
centre d'autant dc petites cymes ou glomerulcs dont les fleurs laterales s'ele- 
vent plus tard au meme niveau que la fleur cenlralc. L*auteur insiste ensuite 
sur la prfeence de fleurs hermaphrodites dans les Morus, surtout dans le 



1 



# 



"s. 



316 



SOGIETE BOTAiNlQUE DE FRANCE. 



Morus nigra, et au moins dans ie jeune age. Quant a Tovairc, ilest biloculaire, 
rune des deux loges avortantpresque constamment. Enfin il n'y a dans le fruit 
aucune soudure ni des sepales cnlie eux, ni des s^pales avec le pericarpe; ce 
fruit est une simple drupe, produite par les modifications survenues dans le 
pericarpe apreslaf^condation.-^ Le Bronssonnetia se rapproche beaucoup des 
il/orw5 par son mode d'inflorescence et par la constitution de son fruit, avec 
cette difference que la couche pulpeuse de ce fruit est plus mince sur les bords 
qui se rompent vers la maturity, et donnent issue, vers le somniet, a un 
noyau qui n*est aussi qu'une portion du pericarpe et renfermc une ou deux 
graines. A I'egard du Dorstenia, M. Baillon confirme les observations faites 
par iM. Tr6cul sur le developpement centrifuge de Tinflorescence de ce genre, 
devcloppement qui est aussi celui de I'inflorescence des Ficvs. 

E. F. 



■I 



1 



4 



tVotc sar la compo^sitiou du cdne Ae% Conifcres^; par 

M. Ph. Parlatore {Comptes rendus, t. Ill, pp. 164-169). 



On sait que, dans une pr^cedente note adressee a TAcademie des sciences, 

w 

^1. Parlatore s'6tait efTorc^ de d^montrer que V^caille des Coniferes est souvent 
le resultat de deux organes differents, c'est-a dire de la bractee et de Torgane 
^cailleux, qui ne sont distincls que dans un petit nombre de genres. Aujourd'hui 
M. Parlatore traite de la nature decet organe ecailleux, qui represente pour lui, 
avec la fleur ou les fleurs femelles, «n rameau florifere axillaire plus ou moins 
raccourci, avec des bract^oles^largieset plus ou moins soudces entre elles et avec 
la bractee ou le pistil. Pour M, Parlatore, Tecaille principale que les botanistes 
regardent en general, depuis Robert Brown, comme un carpelle ouvert, est la 
bractee d'un rameau lateral avort^; ce rameau possede lui-meme une ou deux 
bract^es qui se soudent exterieurement avec celle-la, et portent des fleurs a leur 
aisselle ; de plus, elles entourent cette fleur et lui forment souvent deux enve- 
loppes particulieres, perforees pour le passage du style, et que la plupart des 
auteurs prennent pour les teguments de Tovule. M. Parlatore ne regarde 
point Tovule des Conifferes comme nu, mais comme enferm^ dans un pistil ct 
muni d'un style et de deux stigmates plus ou moins courts. 

E. F. 






A 



\ 



I 



On tlie genetic cycle in or^nic nature {Des phases de la re- 
production chez les etres organises) ; par M. le docteur George Ogilvie. 

T.* OnJ^nri/* •.--.1 f_ _ f ii 1 /ii» 1 _. _- 



^dimbou 



Londres, 1861. 



Compose dans des vues 6minemment philc 
analvsons ici int^resse au meme litre botanistes 



% 



REYUE BIBLIOGRAPIIIQUE. 



S17 



ceux qui eLudient les diflerentes formes que presentenl successivement, h 
diverses p6riodes de leur existence, ccrtaines especes vegetales ou animales, 
Aussi nous ne pouvons ici entreprendre de rcndre compte de Tensemble de 
ce livre, et nous devons, laissant dans Ton'ibre la partie zoologique, meltre en 
luniiere seulement les principales idees 6mises par Tanteur sur la reproduction 
des veg<5taux ; notre laclie sera encore assez lourde. 

La partie bolanique de Touvrage de IM. Ogilvie pent etre resuinee en trois 
articles relatifs : le premier h unc introduction, le deuxieme a un cxpos6 des 
faits acquis h la science sur la reproduction des plantes, et le troisieme a une 

L 

synthase generale ou I'auteur compare et classe tous ces faits. 
' DansTintroduction, M. Ogilvie traite de Torigine des etres organises. II y 
etudie la theorie de la generation spontanee, dont il se montre I'adversaire, 
rappelle les objections adressees aux experiences de iM. Pouchet parM. Milne 
Edwards, et s'appuie sur les observations de M. Pasteur pour attribuer la pro- 
duction des animalcules microscopiques h des germes transporters, commele 
pollen, par les agents atmospheriques. M. Ogilvie expose ensuile les deux 
principaux modes de reproduction employes par la nature : c'est-a-dire la re- 
production par bourgeons, ou asexuelle (gemmation, monog^nese), etla repro- 
duction par generation, ou sexuelle (digenese) : deux modes qui souvent se 

F 

rencontrent simultan^ment chcz les vegetaux, niais qui, chez certains etres 

m 

inf6rieui"s, sont atternativement mis en oeuvre pour propagerl'espece, d'ou le 
terme de generation alternante. Ces deux modes donnent lieu a des 6tats 
differents du meme vegetal, etats dont la dur6e et les relations varient consi- 
derablement suivant les etres qu'on examine. Pour rendre plus facile le paral- 

+ 

lele qu'il se proposait de tracer entre les vegetaux au point de vue de leur 
reproduction, M. Ogilvie concoit et d^crit trois periodes qui, selon lui, se 
rencontrent dans la vie de tous ces etres, et qu'il d6signe sous les noms de 
periodes protomorphique, orthomorphique et gamomorphique. La premiere 
correspond a Tetat initial que Tespece affecte imm^diatemeut apres la fecon- 
dation ; la deuxieme a Tetat de vegetation ordinaire et normal sous lequel elle 
est generalement connue; la troisieme est la p^riode ou se prepare ' direc- 

I 

tement et s'effectue enfin la fScondation, but supreme de tous ces efforts de la 
nature. 

En exposant les faits acquis ^ la science sur la reproduction des plantes, 
M, Ogilvie etudie successivement les Protophytes, les Algues et les Characees, 
les Champignons et les Lichens, les Hepatiques el les Mousses, les Fougereset 
les Equis^tac^es, les Lycopodiacees et les Rhizocarpees, les Gyranospermes, et 
enfin les Phanerogames angiospermes. Pour faire comprendre la theorie de 
M. Ogilvie, il nous est n^cessaire de le suivre dans I'apercu qu'il donne sur la 

F 

reproduction de chacune de ces classes. 



^ 



plus 






T 



i 

T 



318 



SOClfiTjfi; BOTANIQUE DE FRANCE. 



ainsi) se mullipliciu par geninialioii ou formation de cellules nouvelles, et par 
conjugaison {Zj/gnema et genies Voisins, beauconp de Desmidiees, quelquc's 
Palmellees et Diatom^es). Dans ce mode, les parois de deux ceHules placees en 
regard se fendent et livrent passage a leurs endochroines qui se fusionnent en 
une spore unique, sans qu'qn pulsse distinguer la sexuality des deiix cellules 
generatrices. D'apres M. Ogilvic, il y a quelques raisons de penser que la con- 
jugaisofi est un mode de reproduction tres general parmi les v^g^taux infe- 
rieurs. La piupart de ceux qui le pr^sentent offrent d'ailleurs aussi des zoospores 
qui constituent pour eux une reproduction asexuelle, ainsi qu'on le voit dans 
un tableau special dress6 a cet efTct par Tauteur. 

' Les Algues, 6tudi(5es en general, pr6sentent encore des zoospores et des 
organes sexuels. Les organes males, antherozoides ou phytozoaires, sont, h une 
ou deux exceptions pres, ovoides et munis de deux oils seulement h une de 

4 

leurs extr<5mites, moins largos et plus uniformes dans leur mouvement que les 
2dosporcs auxqfiels ils ressemblent d'ailleurs. Les organes femelles se compo-' 
sent de petites masses globuleuses de proloplasma, occupant Tinterieur de 
cellules sp(5ciales nommees sporanges. Dans YOEdogonium (Confervoidees), 
des microgonidies, sortes de zoospores, developpent, en germant au voisinage 
des sporanges, un prolhallium qui porte des aniheridies destinies k f^conder 
ces derniers. La spore produite se convertit, ainsi que dans les genres Bulbo'^ 
chwte et Coleochceie, en une capsule contenant des zoospores qui donncront 
naissance a des frondes ; il y a done la un exeniple de generation alternante. 
Les Floridees nous pr6sentent des tetraspores, consider^s comme des gemmes, 
des anth6ridies, dont les anth^rozoides sont depourvus de cils, et des concep- 
tacles renfermaut des spores que 1\L Pringsheim y a vues germer avant Tarri- 
vee des antherozoides, et produire un prothallium porteur d'organes femelles 
destines a la f6condation. Ici encore nous retrouvons la generation alternante. 
Les Fucoidees n'en offrent pas de traces ; quelqucs-unes d'entre elles sont 
munies de zoospores. Les Characees, qui out dans leur axe vegetatif la struc- 
ture des vraies Algues, portent deux sortes d'organes reproducteurs : d^ 
globules creux (antheridies) au centre desquels s'atlachent, sur une sorte de 
Cbhimelle interieure, des filaments ariicules qui portent un antherozoide a cha- 
cune de leurs articulations ; et des sporanges composes d'une cellule centrale, 
revetue d'une couche de cinq cellules allongees en spirales, et terminee par 
une autre cellule qui est le siege de la germination ; la f6condation n'a pas et6 
directement observee dans ce groupe. 

Les Champignons offrent souvent a Tobservateur, sur un mycelium appar- 
tenant k la meme esp^ce, des organes de fructification fort divers, qu'on a 
regardes comme constiiuant auiant d'especes disiinctes. En considerant plu- 
sieurs de ces formes comme des gemmes chargees de la reproduction sexuelle, 
on est porie a croire, malgre de nombreuses lacunes dans la science, que 

rexistence d'oi^anes sexuels est gen6rale dans les Champignons ; ils y sont 



■•■^ 



1- 



REVUE BIBLIOGHAPIIIQUE. 



319 



rcproscnt^s par dcs spennaties ou corpuscules en forme de batonncts, ct des 

spores lilies on ronfermees dans des thSques. Plusieiirs des esp^ccs a spores 
nues nc sont que Ics 6tats protomorphigues de Champignons qui doivent 
porter plus tard des spennaties et des th^qucs; les spores nues des livedo 
donnent naissance ant yEcidittm, qui sont munis d*organes sexucls. Dans la 
germination des Champignons, certaines spores donnent naissance !t un myc6- 
hum, landis que d'autres produisentdc pclils corpuscules regardescomoaedcs 
organcs males. Il y a encore ici de nombroux cas de generation alternante. 

M. Ogilvie en decrit comnie exemple Ic developpement de Tergot [Claoiceps 
purpurea Tul.) dont la sphac61ie, primitivementdevelopp6esurlc grain, n'est 

* A 

que le premier etat, etdont les spores, transport6es sur d'autres Grammces, 
rcproduiront la sphacelie. 

Les Lichens poss^dent des ihequcs sporiferes, dcs processus fdiformcs 
ou claviformes (paraphyses) qui ne sont que des ihdques avortecs, des sper- 
mogonies consistant dans de petitcs cavites du thalle indiqu(5es extericurement 
par des pores, et conlenanl des spcrmaties analogues h cellesdes Champignons. 

On y trouvc encore des pycnidies, qui ressembleiit en apparcnce aux sper- 
mogonies, mais contiennont des corpuscules ovales ou pyriformes, creux 
(stylospores) , susceptiblesde germer; quant aux soredta^ ce sont de pelits 
amas cellulaires, places entre la couche ni^duUaire et la couclie corticale du 
thalle, et representant des bourgeons. II n*y a pas de g6n6ration alternante 

dans les Lichens. 

Les Ilepaliques et les Mousses presentent des anth6ridies et des archegoues 

r 

{pistilUdia). L'antheridie est ici un petit processus claviforme dont rextr6mit6 
elargie renfernle dans de petites cellules aulant d'anth^rozoides, L'arch6gone 
est une sorte d*ovaire renfermant une v6sicule cenlrale dans laquelle se d6vc- 
loppent, apres la p6nctralion des antherozoides, uu certain nombre de cap- 
sules sporiferes, dont une seule arrive g^neralement a maturite, entouree par 
des 6cailles dont Tensemble forme le perichcvtium. Lors de la germination, les 
spores donnent naissance, dans les H^patiques de la section frondosce^ h une 
expansion lobee ; dans les autres H^patiques et les Mousses, ci des filaments 
qui constituent le protonema, et sur lesquelsil s'616ve fi et la un axe feuilI6 
qui porte des auth^ridies et des arch^gones. 

Les Fougferes et les ^quisetac^es pro<luisent ce qu'on nonnflC dcs spores 
dans ces plantcs, c'est-a-dire de vrais bourgeons mobiles qui, sous Tinfluence 
de i*humidit6, d^veloppcnt un proihalh'um porieur d'antheridies et d'arche- 

^ L , 

gones dont la f^condation cree dc nouvelles frondes ou de nouveaux axes. Ce 
sont la les plus beaux types de generation alternante qu*on rencontre dans le 
regne vegetal. ** 

■ 

La reproduccion des Lycopodiacees et des Rhizocar])^es parait, ft certains 
6gards, intcrmediaire entre celle des autres Cryptogames et celle des Phanero- 
games. Parmi les Lycopodiacees, Taoteur n'etudie que deux genres, le Sela* 



320 



SOCIETY BOTANIQUE DE FRANCE. . 



(jinella et VIsoetes, qui ont des anth^ridies (microspores) contenant des 
cellules munies chacune d'un antherozoide, et des spoianges (macrospores) 
dans riut^rieur desquels se developpe une couche de prothalliuni ; ce pro- 
thallium contient des arch<5gones dans Tune desquelles la vesicule centrale se 
convertit en embryon, apresledeveloppement prealable d'un suspenseur; puis 

cet embryon emerge de la spore en produisant un axe feuill6 et des radicules. 
Dans les Rhizocarpees et les Marsileacees, les deux sortes d'organes, micro- 
spores et macrospores, sont reunis dans un meme receptacle nomm6 sporo- 
carpe. On trouve dans le macrospore un micropyle destin6 a la penetration des 
antherozoides el a la sortie du nouvel axe. 
A regard des Phanerogames, dont la reproduction est bien connue de tons les 



botanistes 



En etudiant 



Vovule des Coniferes, qu'il regarde sans discussion comme un ovule nu, 
M. Ogilvie insiste sur le role que joue a rinterieur de cet ovule le « corps albu- 
mineux •>, qui represente pour lui le prothallium de la spore des Rhizocarpees, 
et contient deux ou trois sacs embryonnaires que Tautcur compare aux arch6- 
gones d6veloppes dans ce prothallium; dans ces sacs embryonnaires sont plu- 
sieurs vesicules oCi se d6veloppent d'abord autant d'embryons, mais il n'en 
subsiste qu'un seul dans chacun des sacs. Ce d6veloppement est tres long, car 
le tube pollinique s'arrete pendant toute une saison dans son progres i travers 
les teguments ovulaires. La formation du suspenseur dans les Coniferes, est 
ant^rieure a celle de I'embryon ; elle lui est generalement posterieure dans les 
aulres Phanerogames, sur la reproduction desquelles nous croyons inutile de 
suivre Tauteur dans aucun detail ^ 

En general, dans ce vaste expose, M. Ogilvie ne parle point d*apres sespro- 
pres recherches, mais d'apres celles des savants les plus autorises, dont il cite 
h tout insfant les opinions. 

■ 

Nous devons maintenant r^sumer, a I'aide de Texposition precMente, la 

theorie dounee par Tauteur des trois periodes vitales que travcrsent necessaire- 

raent les vegetaux. Pour lui, la periode protomorphique qui commence apres 

la fecondation, est representee dans les Phanerogames par la formation du 

suspenseur de I'embryon, suspenseur qui s'allonge et se divise chez les Gym- 

nospermes, et se montre aussi, non-seulement dans les Rhizocarpees et les 

Lycopodiac^es, mais encore dans les Fougercs, ou il est le premier fesultatde 

la fecondation. Dans les Hepatiques et les Mousses, la periode protomorphique 

correspond au developpement de la theque et des spores, lequel suit immedia- 

tement la fecondation de Parchegone ; dans les Cryptogames inferieures, la 

meme periode embrassele developpement endogene qui se fait dans les spores 

aprfes leur impregnation ; dans les A^cidium , elle est conslituee par 

r Uredo^ etc. L'auteur comprend encore dans cette premiere epoque de la vie 

vegetale la formation de Pembryon des Phanerogames, des filaments du proto^ 

nema dans les Mousses. La periode orthomorpbique correspond au developpe- 






. T 



t 












v_ , 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 321 

ment complct dcs oi ganes dc vegetation, axes et ramifications I'eiiillees des 

r 

Phanerogames^ froudes diverses dcs Cryptogames, mycelium des Champi- 
gnons, etc.; elle s'etend jusqu'au developpement des divers organ cs qui pro- 
tegent ia fecondatioii. La periode gamoinorphique coniprend la formation du 
pollen et des ovules, du « corps albumineux » des Conif^res, du prothallium 
des Illii^ocarpees, Lycopodiacees, Fougevcs et l5]quisetaccos, dc I'apothecie 
des Lichens, derhym^nium et autres organes dc fructification des Champi- 
gnons; de I'androspore des (Edogonium et autres Algues. Enfin elle embrasse 
les diverses sortes de fecondation qui out <^te rapport^es plus haut. 

II ne nous reste plus, pour terminer cette analyse deja trop longue, qu'a 

r 

mentionner un chapitre ou M. Ogilvie etudie les rapports intimesqui existent 
entre les ovules et les bourgeons, puis les ph^nomenes de la parthenogenese, 
ainsi qu'un autre ou il met le lecteur en garde contre certains cas d'erreur 
ou la nature parait seulement produire des generations alternautes; comme 
dans le Lis bulbifere. 

L'ouvrage de 3L Ogilvie se terminc pardix-huit tableaux qui 6tablissentles 
paralleles dont nous avons plus haut fait connaitre la substance, et six planches 

I 

gravees qui rcpresentent les fails les plus saillants de la reproduction des 
plantes et des animaux inferieurs. ^ 



E. F. 



BOTANIQUE DESCRIPTIVE. 



Catalojg^iie de.« plantes obi^crvees clai»» le (errltoire de 
lBog;liar (Algerie) ; par M. O. Debeaux (Extrait des Acles, dela Soctete 
Linneenne de Bordeaux, t. XXIII, U^ livr.) Tirage a part en brochure in-8° 
de 121 pages. Bordeaux, chez Lafargue, 1861. 

a 

Le livre de M. Debeaux, que vient de publier la Societfi Linneenne dc 
Bordeaux, contient le rfisultat des herborisations faites par Tauteur dans le ter- 
ritoire de Boghar pendant deux ann(5es de sejour dans ce poste u.ilitaire. Le 
territolre de Boghar, fort interessant par sa constitution physique et sa posi- 
tion topograpbique, forme une grandc surface an milieu d'un pays monla- 
gneux et boise, dont les points culminants atteignent jusqu'a 1300 metres, et 
dout les vallees sont couvertes d'immenses paturages, et parcomiies par 
des cours d'eaux nombreux et tres accidentes. La composition min^ralogique 
du sol, dont les formations appartiennent aux terrains tertiaires moyens, est 
tres variee et ofTre tantot des calcaires, tantot des marnes, lantot dcs gres 

f ■ 

f quartzeux ; il faut noter encore ia presence de chlorure do sodium et dc scls 

magnesiens qui, pendant les chaleurs de I'^te, s'effleurissent a la surface du 
sol. Enfm la temperature, tres variable en biver, s'elfeve, dans les mois les 
plus chauds, jusqu'a 46 degres centigrades. Dc tcls Elements indiquent une 



> 



T, \in. 



21 



82-2 



SbCIETE BOTAMQUE DE FRANCE. 



florc Ires riche ; aussi le noinbrc des especos incationnees par M. Debeaux 
moiUe-t-il a 729. Panni elles, deux soul menlionnees pour la premiere fois 
sur Ic sol algerien : ce sont Ics Linosyris vulgaris DC.^et Gagea arvensis Roeni. 
etSchtdtes; deux autres iudiquees pour la premiere fois aux environs do 
Boghar: c'est le Cerasdum echinulatum Coss. et DR., et un hybride nou- 
veau, le Centaurea calcUnqm-fmcata JJeb. L'auteur a indiqiie, pour chaque 
espece, la synonymie locale ou propre a la region mediterraneemie, Tindica- 
tion des ouvrages ou elle a 6te d^crite et ligurce pour la premiere fois, les 
collections d'exsiccala oii elle a ete publiee pour la premiere fois de prc^ve- 
nance algerienne, les stations qu'elle occupe, Tepoque moyenne de sa florai- 
5on et son degre de rarete. II a douue aussi, aulant qu'il a pu se les procurer, 
les denominations appliquees i)ar les indigenes aux plantes vulgaircs ou les 
plus usuelles. ' 

Le catalogue sc termine par un apercu general de la vegetation et de la geo- 
graphic botaniquedu territoire de Boghar, et par deux tableaux de geographic 
botauique. Dans la vegetaiion de Boghar, M. Debeaux reconnait trois zones : 

une zone inferieine, comprise enlre 600 et 800 metres d'altitude, el dans 
laquelle on remarqiie les Lonchophora capiotnontana Ti1{.^ Cord ylocar pus 
yymricottts DiiiiL, Psychine stylosa Desf. , Hohenackeria polyodon Coss. et 
DR., Barkhausia amplexicaulis Coss. et DR., Stalice ThouiniYw,^ Suceda 
maritima Dumort., Suceda frulicosa Forsk., Anabasis crassa 3Ioq. , Wan- 
genheimia Lima M(Knch, Fesfuca incrassala Salzm., etc. : 

■ 

moyenne, Ctendue de 800 a 1000 metres d'altitude, ou Ton rencontre encore 
i'Olivier, et ou dominent le Ch6nc a Kermes {Quercus cocci fera L.), I'Alfa 
des Arabes {Lygeum Sparlum L.), et le Drin {Stipa harbata Desf.) ; enfin 
une zone sup^rieure, qui contient toutes les cretes rocheuses et bois<5cs 6le- 
v^es depuis 1000 jusqu'a 1300 metres, et qui est caract^risee par la presence 
des Pistacia Terebinthus L. , Quercus Suber L. , Pinus ha lepe^isis Mill. ^ 
Thuya oriiculata Desf., Juniperus Oxycedrvs L. et J. pkocnicea L. Somme 
toute, la vegetation de Boghar, malgre son altitude, se rapproche beaucoup, 
comme on le voit, de la flore meditcrraneenne. Quant aux tableaux de geogra- 
phic botanique qui terminent ce petit ouvrage, le premier est destine a indi- 
. qucr combien de plantes se rencontrent a la fois dans les environs de Boghar et 
en Europe ou dans la region rnfiditerraneennc en general, dans la region m(5di- 
terran(jcnne occidentale, eh Espagne et en Orient, en Esp^gne et en Portugal, 
en Italic, Sicilc, Sardaigne, Corse el Grece, dans la region meditcrraneenne 
orientale, en Asie Mineure, ou enfin dans les deserts del'^gypte, de TArabie et 
de la Palestine ; une colonnc particuliere mentionne les especes sp^ciales k 
I'Algerie, a la regence de Tunis et an Maroc. Le second tableau donne les 
rapports qui existent enlre la vegetation de Boghar et celles dc^ difF6rcntes 
regions de rAlg6rie. 
A Toccasion de ^ette publication, nous feliciterons sinceremeiit la Socicte 



une zone 



5 



$ ' 



REVUE DIBLlOGRAPiUQUE. 



^23 



Linnecwno tie Bordeaux de ce que ses moyeiis el son reglemenl hii permeltent 
de publier d'un seul jel et sans interruption, dans ^cs' ActeSj des tra\aux de la 
longueur et de I'iinporiance de celui dont nous venous de rendre compte. II 
est a d^sirer que Texcniple donue par M. Debeaux soil suivi par ceux de hos 
confreres qui, domicilies pour un temps plus ou moins long en Alg6rie, ont 
tous les mat6riaux et loute la facilite necessaires pour dresser un catalogue des 
regions qu'ils habltent. 

E. F. 






On the liotaiiy of lleu^tiiela, Ilo^jvaiiicclefis, etc.^ iift liVCS- 
tern Africa [Sur la vegetation du royaurne de Dengnela^ etc.^ dans 
rAfrique occidentale) ; par 31. ledocteur Fred. "W'ehvitsch {Journal of the 
proceedinys of the Ltnnean Society ^ cahier de mai 1861, pp. 182-187). 

h 

Nous n'aurlons probablement pas sigiiale specialenient ce petit travail, 
extrait d'une iettrc adrcsscc par I'auteur a Sir AViiliam Hooker, et contenant 
des details sur la vegetation d'un territoire i)Iace sur la cote occidentale de 
TAfrique tropicale, si nous n'y avions irouvfi la description extremenienl 
curieuse d'un arbre nouveau decoiivert par AI. AVelwitsch sur un plateau de 
1(10 metres d'elevation, an voisinage du cap Negro. Get arbre, qui doit peut- 
elre, suivant Tauteur, constituer le type d'lnie nouvelle famille, presenu; un 
troncepais, de 3 a 4 pleds de diauictre, el de 1 pied de banteur, trouqu6 a 
son somniet en forme de table rugucuse, et portant a sa base deux feuilles 
tmiques opposces, epaisses-indurees, lineaires et fendnes longitudinalement 
dans leur longueur en plusieurs lames inegales. Des bords du disque terminal 
parteut des pedoncules portant h I'extremite de leurs divisions des cliatons 

m 

munis de fleurs hermaphrodites; les etamines y sont au nombre de six, les 
antheres triluculaires, le stigmate analogue a ceiui de cerlaines Prot^acees. A la 
niaturite, ce cbaton se transforme en un cone qui rappelle celui du Sapin, La 
graiue est entouree defibrilles nombreuses comme dans les Casuarin^es. Enfiu 
le tronc laisse suinter une reslne comparable a celle des Coniferes. Comme 
cet arbre eslappel6 IS'iitmbo paries indigenes, I'auteur lui donnclenom g6ii6- 
rique de Turnboa. 

Nous ne ponvons insister davantage sur le catalogue des auires planter 
recueillies par M, Welwitsch pendant son voyage, dont aucune n*est men- 
lionn^e par lui comme nouvelle. 

B. F. 



1 

L.ettre sur rintrodoetion du Vauillier a File de la 
neuuioii; par M. Perrottet. Brochure de 6 pages; Pondichei^, 1860. 

Cette lettre, adressee a M. le directeur du Moniteur officiel des etablisse^ 
mentsjiancaisdom llnde, est ecrite par M. Penottet ix)ur revendiquer Tin- 






32/i 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



\- 



troduclioii du Vanillier a la Reunion, introduction que Ini avait contestee 
dernierement M. David de Floris (de la Reunion), dans les Annates de C agri- 
culture des colonies et des 7'efjions (ropicales {V^ ann6e, l*"^ semestre, p. 20). 
Nous n'aurions peut-6tre pas cite ici le travail de notre honorable confrere, s'il 
ne renfermait nn document fort important sur une nouvelle espece de VanlUe, 
que >1. Perrottet a d^couverte k Manille, en face de la Gueva de San-3Iatteo. 
Gette espece a les tiges inoins grosses que le Vanilla aromaiica, les feuilles 
moins grandes, moins charnues, d'un vert moins fonc^, le fruit plus long, plus 
grele ci comme slrie, beaucoup plus aroinatique. Ellc a ete introduite par 
•\I. Perrottet a Tile de la Reuniou an moyen de boutin-es, ainsi qne le Vanilla 
'aromatica de Gayenno. ' ' 

R. F. 



Pr&ueur$»orcs ad Floram Iiiclicaiii, Cruciferce: par MM. J.-D. 

Hooker et T. Thompson [Journal of the proceedings of the Linnean Society^ 
cahier de mars 1861, pp. 128-156; cahierde mai, pp. 157-181). 



Le travail fjuc MM. J. Daltou Hooker et Thompson viennent de publier dans 
les Actes de la Societe Liuneenne de Londres, est un nonvel extrait de Tou- 
vrage qu'ils preparent sur la Flore de I'lnde, relatif a la famille des Cruciferes. 
II presenteun interet particulierparce que Tordre suivi par les auteurs dans la 
distribution des genres de cette famille, identique avec telui que MM. Bentham 
et J.-D. Hooker ont adopts dans leur Genera plnntarum encore inedit, differe 
de la classllication usitee pour les Gruciferes depuis les travaux de De Gandolle. 
Les auteurs anglais ont rclegu<5 an second rang les caracteres fournis par Tem- 
bryon, et employe comme caracteres de premiei ordreceux du fruit, qui servent 
k diviser la famille des Gruciferes en irois sections : la premiere comprenant 
les genres a fruits siliqneux ou siliculeux, dehiscents, dont les valves sont pa- 
rallelosa lacloison (Arabidees, Alyssin^es, Sisymbri^es, Gamelinces, Brassicees); 
la dcuxieme embrassaut les senres a fruits de memo nature dont les valves 



^ 



» * 



sont contraires a la cloison (Lepidinees, Thlaspidees) ; la iroisieme enfui les 
genres a fruits indehiscents (Patidees, Buuiadees, Gakiliuees, Raphanees). De 
toutcs ces tribus, une seule nous parait nouvelle, celle des Patidees; elle est 
Mestiuee par les auteurs a renfermer tous les genres munis de fruits indehiscents 
et uuiloculaires {Clypeola, Isatis^ Neslia). D'ailleurs il y a des exceptions, 

L 

reconnucs par les auteurs eux-memes, offertes par quelques genres aux 
caracteres des tribus dans lesquelles ils sont places; ainsi le Leptalewn, dont 
le fruit est indehiscent, est cependant laisse dans la premiere section, oil il 
fait partie de la tribu des Gam^linees avec le genre Brayo. Le Meniocus est 
reuni 5 VAlyssum, VErophila an Draba. Le Goldbachia et le Chorispora 
font partie de la tribu des Raphan6ejs. Telles sont les principales modifications 
_que nous avons era devoir sicnaler. 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. '325 

Les genres decrils par IVIM. J.-D. Hooker et Thompson sont au nombre 
de M ; les descriptions on sont redig^es en latin. Nous ne tirouvons dans ce 
travail qu'nne seule espece cit6e comme nouvelle : c'est le Brassica trilo* 
cuUiris. 



E. F. 



liielftciies jiicauclliiavlw, sive Prodromu« lilehenog^ra* 
pliiie jvcandinaviw; par M. AY. Nylander. 1 vol. in-S" de 312 pages, 
' ayec une planche gravee. Helsingfors, 1861. 

r 

' Peu susceptible d'analyse par sa nature meine, le livre que nous annonfons 
ici, ecrit tout entier en latin, renfermc une description faitc dans uu ordre 
inethodique et suivant la classification que M. Nylander a d6ja suivie dans ses 
precedents ouvrages, de 65 genres r^partis dans 19 tribus, et d'un grand nombre 
d'especes. Un appendice renfermc quelques additions. L'ouvrage est precede 
d'une preface on Tauteur donne quelques details sur Thistoire des Lichens, . 
Icur classification, leur distribution geographique et la nomenclature qu'il 
emploie; cette preface se termine par la lisle des principaux auleurs qui ont 
ecrit sur les Lichens, des collections qui on ont ete publiees, et par un tableau 
synoptiquo des families et des tribus ^tablies dans cette classe de veg^taut. 

E. F 



liiclienes arefoi Guropte Crroenlauditequc hactenus eo- 
S:iiiti ; par i>L le docteur Th.-M. Fries (extrait des Actes de la Society 
royale des scif^nces d'Upsalj .^® s6rie, t. Ill); tirage a part en 1 vol. in-i" 

de 298 pages. Upsal, 1860, - 

II y a qu Iques mois, notre Revue euregistrait avec un vif int6r6t les debuts 
dans la science de rheritior d'un nom illustrc, i\L Casimir De Gandolle. C'est 
e meme senliment que nous eprouvons aujourd'hui en faisant connaitre a nos 
lecleursles travaux de >1. le docteur Theodore Fries, qui marche dejSi sur Iqs 
traces do son pt're, Tillustre botanisle suedois. 

Le livre qui nous occupe ici, d*unc dale deja un peu ancienne, mais r^cem- 
inent offert a la Sociele botanique par son auteur, est une Flore des Lichens 
qui croisseat dans I'Europe boreale, c'est-a-dire dans le Nordland et le Fin- 
mark en Norv^ge, dans la Laponie suedoise, la Laponie finnoise et la Laponie 
russe, le pays des Samoiedes, le Spilzberg, Tlslande et le Groenland. L'ou- 
vrage se compose d'une introduction, d'un expose de la vegetation des con- 
tr6es etudiees dans la Flore, de la Flore elle-meme et de deux tables des 
itiatiferes, drcssees par genres et par especes. Dans Tintroduction, Tauteur 
expose le plan qu'il a suivi, et les materiaux dans lesquels il a puis6. Le court 
expose ou il signale quelques paiticularites de la vegetation hyperboreenns 
jious moniro une division en quatre regions: region des prairies alpines 



' Ji 



i ■ 



^Cl 



o26 



SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



region des Bouleaux, region des Pins et region maritime } I'auteur etudie sue 

F 

cessivement la flore de chacune d'elies. L'ouvrage lui-raenie comprend un ires 
grand nombre de descriptions annotees et d'observations Interessantessnr les- 
quelles il nous est impossible d'insister. L'auteur n'a adopte une bonne partie 
des genres g^n^ralement adrais qu'en eamodifiant les caracteres; nonobstant, 
il en a cr66 cinq nouveaux, dontnous croyons devoir donner ici les caracteres, 
et qui sont les suivants : 

Diinerospora : Thallus crustaceus, verrucoso seu papillato-areolatus, uni- 
formis seu arabitu obsolete effiguratus ; apothecia lecanorina, primitus clausa, 
excipulo thallode simpliciter marginaia ; lamina sporigera hypolhocio simplici 
strato medullari imposito euata; sporae plus minus oblongae, dyblastae, inco- 
loratae, Lecanorae affinis, {Parmelia aipospila'SYdiilh.) 

Helocarpon : Thallus crustaceus, uniformis; apothecia stipitata, intus 

solida, atra, disco primitus urceolato demumque convexo, margine proprio 

carbonaceo, demuni revoluto; lamina sporigera cartilagineo-carbonacea, hypo- 

' , Ihecio simplici nigricanti imposita ; sporae simplices, hyalinae. Lecideae affnie. 

Omnino novum. 

Rhexophiale : Thallus crustaceus uniformis; apothecia lecideina, plus 
minus patellaria, primitus aperta, adnata, excipulo proprio cupulari, crasso, 
aterrimo, carbonaceo marginata; sporae elongato-fusiformes, tetrablastae, inco- 
loratae. Bihmbiae affine. Omnino novum. 

^^.P/aco^ra^j/^a : Thallus crustaceus, verrucosus seu areolatus; apothecia 
Ih-ellaeformia, primitus clausa, adnata, subsimplicia, excipulo proprio crasso 
carbonaceo cincta ; sporae simplices, clUpsoideae, octonse, hyalinae. Opegraphae 
apposita. Omnino nova, * 

Arctomia: Thallus crustaceus, intus confuse ceilulosus; apothecia immar- 

e vermiculares, pleioblastae. incoloratae. Omnino nova, 



spur 



1 familiam 
especes n 



dans Touvrage de M. Fries; 



pour 



pubhcation prochaine un travail d'ensemble sur la classification des Hchens, 



justific 
Society 



Get ouvrage est d6ja 



Bulletin. 



h 



E. F. 



BOTANIQUE APPLIQUfiE. 



II I 



Kl^tifeeutiK de botanique m^dicale; par M. AIoquin-Tandon. 

' Un volume in-8° de 5^3 pages, avec 128 figures intercalees dans le texte. 
Paris, chez J.-B. Bailli^re et fils, 1861. 



I n 



^ 



-.hi 



i 



Le livre que M. Moquin^Tandon vieut de publier sous ce litre est un resume 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 



327 



(le ce que la botanique medicale pr^sente de plus positif, destin6 principale- 
ment aux etudiauls en medecine et eu pliarmacie, mais qui pourrait bien 
d^passer le but que son auteur s'cst propose, en s'adressant par le fait h un 
public beaucoup plus etendu. Oblige, a notre grand regret, par le r^glemeiit 
impose a cette Ilevue, d'eviter ici toute appr(5ciation du livrfe, et ne pouvant 
en suivre Tauteur dans cbacune des questions de detail qu'il ^tudie tour a 
tour, nous sornnies reduit a faire seulement connattre le plan qu'il a employ^. 
Ce plan dilTore de celui qui a 6te g6n6ralement adopte dans des ouvrages ana- 
logues; i'auteur n'expose pas dans nn ordre botanique I'histoire des v6g6taux 
dont il s'occupe successivcment. Son ouvrage est divis6 en trois parties : la 
premiere traite des generalites ; la deuxieme, des vegetaux ou produits vege- 
taux employes en medecine ; la troisieme, des vegetaux ou produits vegetaux 

nuisibles h Thomme, 

La premiere partie coniprend trois livres : le premier contient en quelques 

pages un resum6 !res concis des notions elementaires d'organographie ; le 
deuxieme traile de la classification des vegetaux, et le troisieme de leurs pro- 
prietes m^dicinales. En 6tudiant la classification des v6g6taux, M. Moquin- 
Tandon distingue les systenies, dont il expose comme cxemples le systeme 
sexuel de Linne et la classification dichotomique de Lamarck, et la m6thode 
naturelle; dans Thistoire de la mcthode, il distingue cinq epoques, qu'il 
nomme epoques d'invention, de tatonnement, de comparaison, de subordina- 
tion et de perfeclionnement, et dont les principaux repr(5sentants sont, pour 
chacune, Magnol, Linn^, Adanson, les Jussieu et De Candolle. M. Moquin- 
Tandon rappelle que Laurent Heister (de Francfort) avait reconnu, des 1730, 
le principe de la subordination des caracteres, vingt ans avant que Bernard de 
Jussieu arrangeat le jardin de Trianon d'apres une classification naturelle. En 
Irailant des propriet^s m^dicinalcs des \eg6taux, I'auteur fait ressortir I'ana- 



logic qui existe entre leurs caracteres et leurs vertus, et la n^cessite ou Ton est, 
|)our apprecier ces derni^res, de tenir conipte de la region, de I'exposition, 
de la station, de I'^poquc dans laquelle les plantes ont et6 recueillies, de la 
culture qu'elles avaient recue, de leur age et des preparations qu'elles ont 
subies. Ce livre se tennine par Texposfi des proprietes medicinales des princi- 
pales families vegetales disposees suivant Tordre nalurel. 

La deuxi&me partie, la plus longue de I'ouvrage, rcnferme deux livres qui 
traitent : le premier des vegetaux, le second des produits vegetaux employes 
en medecine. Dans le premier de ces livres, Tauteur 6numere d'abord les 
vegetaux employes en entier, puis les racines, les tnbercules, les bulbes, les 
rhizomes, les tiges, les sommites, les 6corces, les bois, les bourgeons, les 
feuillcs, les boutons, les flcurs, les fruits et les graines utiles a I'art de gu6rir. 
Le second livre traite successivcment du ligneux, des fecules, des mannes, 
des sucres, des gommes, des gommes-resines, des r6sines, des t^rebenthines, 
des bamnes, des essences, du camphre, des huiles, du beurre vegetal, de la 



328 



SOCIETE iJOTAINlyUE DE FRANCE. 



V 



cire, du caoutchouc, des cachous, de la reglisse, de ropiuin, du lactucariuin, 
de Taloes, des vins, de Talcool et des viiiaigres, 

I Dans la troisierae partie, I'auteur s'occupe successivement, et dans autaul 
de livres particuliers, des v^getaux veiieneux ou toxicophytes, parasites cxt6' 
rieurs ou Epiphytes, et parasites int6rieurs ou entophyles. 

Les figures de cet ouvrage, qui repr&entent Ic port ou quelques parties dc 
beaucoup des vegetaux qui y sont decrits, out ete dessiuees sous les yeux dc 
Tauteur par MM. Riocreux et Lackerbauer, et gravees par MM. Leblanc et 
Dufrenoy. 



t 



E. F. 



NOUVELLES. 



Le iJotanische Zeitung, dans son num6ro du 5 juillet, annonce la morl 
de M. Georges-Guillaume-Francois Wenderolh, professeur de botanique, 
directeur du jardin botanique et doyen de Tuniversite de Marbourg. M. Wen-; 
deroth etait ne a Marbourg le 16 Janvier 177^. Ild^buta dans sa carriere commc 
pharmacien et {Hudia plus tard la medecine. GuidS par Mcench, il se livra prin- 
cipalement ^ I'etude de la botanique, et en 1803 il commenca a professer 



comme 



Quand 



primee, il succeda a son mailre Mcench, et il commenca sa longue carriere de 
professeur et de directeur du jardin de Marbourg par la creation du jardiri 
botanique actuel. En 1859, il cessa de professer la botanique, mais jusqu'aux 
derniers jours de sa \ie il continua avec uu zele infaligable ^ diriger le jardin 
de Marbourg. M. de Schlechtendal lui dedia, en 1858, un genre de Papilio- 
nacees du Mexique. 

M. P. de Tchihalchef, membre de TAcademie des sciences de Berlin, 



de 



botaniq 



e France dans sa session extraordinaire 



r 

g^ographie et de navigation). 




Collection deplantes dvendre. 

Dans le but de faciliter 1 etude des Hepatiques et des Mousses qui 
croissent dans le rayon de la Flore parisienne, MM, Roze et Bescherelle'ont 
enlrepris de les publier en exsiccata sous le titre de Muscinccs des environs 
de Paris. Cette publication aura lieu par fascicules de 25 plantes, dans le 
format in-18; le prix de chaque fascicule est fixe a 5 francs; le premier vient 
de paraitre. ~ S'adresser a M. Roze, rue Cassette 23, ou a M. Bescherelle, 
avenue du Maine, 32, a Paris. 

i. G., E. F. 



Paris. — Uttprimerie de L. Martinet, fuo Mij^noHi !£, 



^. 



'^'i 



SOCIETE BOTANIQUE 



DE FRANCE. 



SfiANCE DU U JUIN 1861. 



r 



pr£sidence dk m. ad. brongniart. 



M. de Schoenefcld, secretaire, donne lecture du proces-verbal 
de la seance du 2li mai, dont la redaction est adoptee. 

Par suite de la presentation faite dans la derniere seance, M. le 
President proclame I'adraission de : 

M. Pasteur (Louis), directeur des etudes scientifiques a TEcole 

norraale superieure, rue d'Ulm, 45, a Paris. 

M. le President annonce en outre une nouvelle presentation. 



Dons fails a la Societe : 



V Par M. Moquin-Tandon : 

Elements de Botaniqiie medicate. 

2° Par M. Montagne : 

Huitieme centurie de plantes cellulaires rwuvelles. 

_ ^ 

3'' De la part de M. H. Lecoq : 

La vie des fleurs. 

h"" De la part de M. Kirschleger ; 

Guide du Botaniste (faisant suite a la Flore d' Alsace, I. Ill, 2^partie) 

5° De la part de M. 0. Debeaux : 

Catalogue des plantes observees dans le territoire de Bogkar. 

G*' De la part de M. le cornte de Lambertye : 

r 

Culture fot'cee par le thermosiphon des fruits et h-rjumes de primeur 



T. viil. 



22 



330 , SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE.^ 

7° De la part de M. C. Gide : 

Atlas du Cosmos^ livr. 1 et 2, 



-m 



8" De la part de M. Aug. Le Jolis : 



/ 



V 



De rinfluence chimique des terrains sur la vie des plant es. 

w 

O** De la part de M. N. Doumet ; . . 

Supplement an souvenir d'une herborisation au Mont-Viso. 

10" De la part de M. le docteur Th.-M. Fries : 

Lichenes arctoi Europw GrcBulandiceque hactmus cogniti. 

\ t 

Genera Lichenum ewopwa recognita. 

11° De la part d6 la Soci(5te royale physico-economique de 
Koenigsberg : 

Memoires de cette Societe^ 1^^ annee, livr. 1 et 2. 

Die Metamorphose des Caryohorus Gonagra^ von H.-L. Elditt. 

42** En echange du Bulletin de la Societe : 

Pharmaceutical Journal and transactions, juin 1861. 
L' Institute raai et juin 1861, trois numSros. 

M. Moquln-Tandon fait hommage a la Societe du nouvel ouvrage 
qu'il vient de publier sous le titre d^^Mments de Botaniqite 
medicale. 

M. J. Gay fait hommage a la Societe, de la part de M. le docteur 
Th.-M. Fries, de deux ouvrages publics par ce botaniste et intitules: 
Lichenes arctoi Europce G roenl audi ce que ^ et Genei^a Lichenum 
europoia recognita. ' 



M. le President propose 
ochain Touverturc de la s 



% 



cette annee a Nantes. — Cette proposition e§t adoptee. 

M. J. Gay fait connaitre a la Societe les principaux resultats d'une 
excursion que M. Durieu de Maisonncuve vient de faire, avec 
quelques botanistes de Bordeaux, dans la petite chaine calcaire 
connue sous le nom de Montagne d'Alaric (Aude), 

Le Thalictrum tuberosum L., dit M. Gay, cette espcce espagnolc si re- 
tiiftrquable par ses raciues grumcuses, avait et6 indiqu^ par De Candolle, en 
1815, « sur les pelouses seches dps basset; Corbicres, % deu\ beures environ 
» an sud dg Carcassonne » {FL fr. suppl p. 6SS), mais n'y avait 6te revu 
par pcrsonne depuis cette epoque, non plus que sur aucun autre point dn 



'^ 



i7^ 



V 

■* 






I 



V 



* 



SEANCE DU 14 JUIN 1861. 331 

IcrritQire francais. M. Durieu de Maisonneuvc \ient de retronver celte plantc 
int6rcssaute, en pleine floraison, le 27 mai dernier, dans la region signalee 
par De CandoIIe. La locality, jusqu'ici tres restreinte, peutelre d6sign6e ainsi 
qa'il suit : Wontagne d'Alaric, pr6s de Gapendu (Aude), au pied nord dc la 
cfiaine en fer a cheval dite h^Malej^eyre, sur la rive droite d« ruisseau de 
Bazalat ou de Rougeat affluent de I'Aude, a environ 15 kilom. au S. ijh E, 
ile Carcassonne, sur un sol grgilo-calcaire trfts pierreux. Le Thalktrum tube- 
romm se trouve W^ en petite quantity, avec \Irh graminea (le mCmc qui vient 
en Autriclie et aussi h Bayonne ot il a recu le nom d7, bojonensis Darracq), 
le Geum silvaticum Pourr. ,etd'autresplantesdela region mediterran^nne. 
M. Durieu de Maisonneuve a aussi rencontrfi dans son excursion une nou- 
velle localitc du Clypeola gracilis Planchon. 



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A roccasion de cette communication, M. T. Puel annonce que 

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M . Leon Soubeiran vient de Irouver, dans le d^partement du Lot, 
un Clypeola qui est peut-Stre le meme que cclui (jueM. Planchon a 
decrit sous le nom de CL gracilis. 

M. Fuel donne ensuite lecture de la note suivante : 



REVUE CRITIQUE DE LA FLORE DU DI^PARTEMENT DU LOT, par M. T, PUEL (suite). 



4. £.ychnij» Corbnaria Lauiarck EucycL Dot, diet. t. Ill, p, 643, part. 2 
(1792); Puel! Cot. du Lot, n^ 629, p. 106 (1847); Lecoq et Lamotte! 
Cat. duplat. centr. p. 98 (1847). — Agrostemma Coronaria L, Sp. ed. 
1, p. Zi36 (1753), el ed. 2, p. G25 (1762); Delpoii Stnt. du Lot, li" 307 

(1831). 

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Lacurie et Balaille, prb Figeac. — Lieux arides. —Terrain sillceux (por- 
phyres et irias). — Alt 215 m. — Ros. rad. 2 d^c. 1858; fl. 25 juin ; 
fr. 17 juillet 1859. — llecolte par M. L. Puel. 

Cette plarile, g^n^ralement cultivee dans les jardinsdepuisplusicurs siccles, 
n^ffre rien d'incertain dans sa synonymic ; mais il est int6rcssant d*en re- 
cherclier la trace dans les premiers auteurs de botanique, alin d'eclairer la 
question de sa veritable patrle et dc determiner, s'il est possible, quelles sont 
les localit^s ou elle s'est naturalisce. 

Cesalpin et Dodoens, qui designent notre plantc sous son nom actuel de 
Lychnis Coronaria, assurent que c'est le Xu^^U crc^avw^uartxy? de Dioscoride. 
Matlioll, dansses commeutaires, nous apprend que les anciens se servaientdes 
feuilles de cette plantc pour falre^des ranches de lampe, conune ou se servait 
dcs feuilles dc certaines especes du genre Verbascum; et il ajoule que Ics 
jeunes fiiles Iressalent des couronnes avec ses belles flcurs rouges. Le mot 
I^JX'A; est en effct une simple modification du mot h'y^jo; qui signifie lampe, el 



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33*2 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

a-£Cf?avw/jiaT(xvj cst derive de crtVavo;, couronne : Lychnis Coronaria est done 
la traduction litterale du nom de Dioscoride. 

Cetle espece croit spontanement en Grece et dans pinsieurs autres regions 
de rOrieut. Elle n'est pas indiquee dans la Flore du Peloponese, par 
M. Chaubard; maisW. de Heldreich, I'habile explorateur de la vegetation de 
la Grece acluelle, a retrouve la plante de Dioscoride a Tetat spontane sur le 
Mont-Barthiali en i\Iac6doine! {FL grcec, exsicc). Aucher-£loy l*a rapportee 
du Mont-OIympe de Bithynie ! (n° 661), et Victor Jacquemont de Cache- 
myr! (h. xMus.. p.); M. Thuret Pa deposeedans Therbierde M. Cosson, des 
environs de Constantinople!, et M. Boue, le savant geologue, qui n'oublie 
jamais la botanique dans sesnombreuses explorations, I'a recoltee en Bulgarie ! 
(h, Mus. p.). . 

Pluspres de nous, le Lychnis Coronaria croit en Hongrie, en Servie, et 
.dans quelques parties de TAIlemagne, ainsique dans Ic Valais; maisc'estsur- 
tout en Italie qu'il est aboadant. Cette deruiere contrcc, la scule qui soit 
indiquee par Linn^, doit etre consideree comme la localite classique. Allioni 
signale la planle dans plusieurs vallees du Piemont, et presque tous les auteurs 
italiens plus rccents en ont fait mention ; les nombreuses cilalions qu'on trouve 
reunies dans Touvrage de Bertoloni semblent demontrer que lltalie est en 
effet sa veritable patrie. 

Dans le sud-ouest de la France, le Lychnis Coronaria est tres abondant, 
et sc rencontre au moins dans huit departements, avec tons les caracteres ap- 
parentsd'une veritable spontaneite. 

Aux environs de Figeac, il serait fort difficile, sinon impossible, d'en soup- 
fonner la naturalisation, s'il ne s'agissait pas d'une plante commune dans les 
jardins et facile a propager. .. 

Quant ^ moi, je Tai observ^e pour la premiere fois, il y a plus de trentc 
ans, dans les localites ou on la rencontre aujourd'hui ; et je puis affirmer que 
depuis cette epoque son aire de vegetation n'a varie ni en plus ni en moins, 
comme cela a lieu le plus souveut pour les plantes naturalisees. Elle croit sur 
un terrain siliceux form^ de debris deporphyre et de gres du Irias, et sepa- 
rement sur chacune de ces formalions : le terrain calcairc n'est separe du 
porphyre que par un faible ruisseau, et les monticules de gres sont presque 
toujoors couronnes de calcaire egalement triasique, mais jamais je n*ai vu la 
plante s^ecarter des limites du terrain siliceux. J'ai observe le meme fait sur 
les bords du Lot, vers les limites du departement de I'Aveyron. 

Je suis loin d'affirmer du reste que la plante soit speciale au terrain sili- 
ceux. Je dis seulement qu'il en est ainsi aux environs de Figeac, et je ferai 
remarquer a cet egard, comme un rapprochement curieux, quej'ai recu de 
M. A vice de la Villcjan, noire confrere, attache \ I'armee d'occupation des 
Flats romains, un echantillon recolte aux environs du lac de Viterbe, sur un 
terrain d'originc igtiec, comme ceux du departement du Lot. 



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SEANCE DU 14 JUIN 1861. 333 

En resume, au poini de vue de la distribution g^ographi(|ue du Lychnis 
Coronaria,* ]e pense qu'il y a liou de faire des recherches nouvelles etplus 
precises que celles qui ont ete faites jusqu'a ce jour, afui de distinguer les 
localit^s on la planle parait spontanee de celles ou elle a pu etre nattiralis^e. 
' Voici le tableau des departements du sud-ouest de la France, dans lesquels 
on a observe jusqu'Jt ce jour le Zyc^n/^ Coronaria. Je ferai remarquer qu'ils 
appartiennent tous h la region des plaines ou des basses valines des monta- 
gnes : j'ai du grouper toutes ces localites en les rapportant au bassin de la 
Gironde, quoique plusieurs d'entre elles semblent appartcnirb la region sous- 
alpine! II y a Ji une question de geographic botanique digne d'^tudes, et qui 
s« representera fr6quetmnent a Toccasion de quelques valines <5levees des 
Pyrenees et des montagnes de rAuvergne. Je rappellerai ici, seulement pour 
memoirc, deux localites francaises signalees en dehors du sud-ouest, parceque 
je manque absolument de renseignements pour decider si la plante y est 
spontanee ou accidentellement naturalis^e. Je veux parler d'Embrun (Hautes- 
Alpes), ou la planfe a ele trouvee par M. Delavaux (Mutcl FL DaupL), et 
des ruinesdu chateau de Grot-Monial (Saone-et-Loire), ou elle a et6 d6cou- 
verte par ftJ. Grognot (Boreau FL da centre). 

Flore de la Gironde. — Haute-Garonne : Luchon (Aunier in b. »L p,; 

Delaunay in h. Puel); Boutv, Saumede, sur la montagne de Cazaril {de 
Franqueville in h. M. p.). Tarn : Roquecourbe, bords de TAgout pr&s 
Castres {Doumenjou). Tarn-et-Garonne : Lagu^pie [Martielj Lagreze- 
Fossat); Bessous pr&s iMontauban! {Chaubard herb). Aveyron : Penchot- 
sur-Lot pres Decazeville! {Fuel herb.). Lot : Bataille, Lacurie, Hau- 
teval, etc., pres Figeac! {Puel herb.). Corr^ze : Rochers de Notre-Dame d 
Serviferes, enlre Argentat et Bcaulieu! {De la Place in h. Puel). Dordogne : 
Montpont, Biron (G. de Dives in Des M. Cat.); Saint-Gyprien {Vabbe Neyra 
in Des M. Cat.). Gironde : Bois de Figeac, entre Libourne et Saint-^femilion 
{Laterrade). 

{La suite prochainement,) 

r 

M. Ghatin fait a la Societe la communication suivante : 



^' 



EXCURSION BOTANIQUE DIRIGEE EN SAVOIE ET EN SUISSE, par If. All. ClIATIi^. 

QUATRlfeME ET DERNIERE P ARTIE (1). 



Le 10 aout avait 6t6 fix^ comme le terme des excursions officielles, les 
Ctudiants ayant a rentrer pour les examens de fin d'annee. Aussi, aprfes une 
visite matinale a la belle cascade de Pissevache et a la gorge du Trient, sublime 
horreur qu'on peut aujourd'hui visiter sur une passerelle accroch^e au rocher 



(1) Voyez plus haul, p. 127, 210 et 302 



33/i 



SOClfiTE BOTANIQUE DE FRANCE* 



SUV rabime oumugit le torrent, chacun de nous, ayant cueilli €[uelques plantes 
coinme souvenir {Biscutella Imvigata^ Hieracium amplexicdule^ etc.), 
fit ses dispositions de d^parti 

L'^cole de Reims (representee par une douzaine de I'elite de ses etadianis 
et par qiiatrd de ses professeurs) pfit la route de Slliisbourg par Lausantie, 
Yverdun et Bale; quelques-uns des Parisicns rentrerent par Lyon ou par 
Macon; le grosde I'expedition se dirigea directement sur Paris par Neuchatel 
et la hoiiVelle ligne de Pontarlifer (1). 

Gependant i'itin^raire par BtHBj cu franchissant la Gemmi ou abondent 
cftielques plantes rares aillenrn, eil visitant le "Weisenstein de Soleure, 
poiht le pltis 61eve (alt, 1309 ttietres) de la region nord-dilest de la chatne 
jurassique, ue rctardait que bien peu le retour a Paris ; je rfesolus, avec trente 
des botanistes les plus endurcis a la fatigue ou les nioins presses, de le suivre. 

Alleges de tons les bagagcs que nous envoyames h Berne, nous primes 
le chemin de fer jusqu'a Sion, des chars de Sion au pont de Suesten (alt, 
580 Inetres, et, d6 ce dernier boiiig, nous gravimes, eh herborisant, la mon- 
tagne jusqu'aux bains de Leuck ou de Loueche (alt. Iil20 metres), places, 
commc on sait, au pied de la Gemmi (alt. 2280 metres). 

Entre Sion et Sierre, nous cUeillimes, mflbs alluvions all fnilieU d^squelles 

_ \ 

est tracee la route, plusieurs cspeces iiiteressantes, ubtamsneiit : 

Gentiana ciliata L., assez commim depuis Marligny, dans les endroits lier- 

beux et bois^s de la vallee. 

Eruca saliva Lam, , 6gar^ pres de Paris siif les coteaux crfitac^s de la Roche- 
Guyoh. 

Xeranthemum inapertum Willd., cspece de la ftore meridionale, tres abon- 
danie lei ou elle s'est avanc^e, avec l^Andropogon IschTmurn L, au pied 
des chauds Vignobles de Sierre ou Siders, renommes par leurs Vins mus- 
cats el de malvoisie. 

Entre Sierre, point on Inhabitant du Valais, brusquement devenu alleraand, 
cesse de parler le francais, et le pont de Suesten, nous traversons la foret de 
Finges(Pfyu) dont les Pins (Pinus silvestrisL.) annoncent la presence des 
terrains schisteux. V Arbutus Uva ursi L. couvre de ses pousses trainantes et 
au luisdnt feuillage toutle sol cte la fork (:a et la, oh voit, en approchant dil 
pont, quelqucs pieds A' Inula Helenium L. et de Laserpitium lati folium L. 

Notre marche vers le bourg de Loueche eut lieu par une pluie battante qui 
nous fit trouVer le temps (trois heures par Tancienne route qui est d'un tiers la 
plus courte) bien long> et nous d(5tourna d'herboriser. Nous remarquames tou- 
tefois sur la montagne, tour a tour calcaire et schisteuse avec mines d'ardoise : 



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(I) Toutes les lignes de chemins de fer, tant fran^aises que suisses, avaient concede 
une rMuction de moitie sur le prix des places; 



SEANCE DU 111 JUIN 1861. 335 

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Famana vulgaris Spach J au-dessus du bourg; cetle plante, ordiaairemcnt 
saxophile, croit ici snr le calcaire, ci cole du Teucrium montanum La ^i 
du Gentians lutea L. 

Adenostyles albifrons Rchb.* pres du beau pont sur la Dala, entreles deux 
rochers d'Inden. 

A. alpina Bluff ct Fing. [A. glabra DC). 

Alchemilla vulgaris h* 

Calamintha alpina Lam, ; 

Mcehringia muscosa L* 

Stachys alpina L» , vis-k^vis des fameuses echelles d'Albiuen. 

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Phyteuma orbiculare L. 

Aconilum lycoctonum L. . ' 

A six heures et demiedu soir, nous arriviohs aut bains deLoueche (Leiick- 
Bad, alt 1420 metres), trempes jusqu'aux oS et desesp6rant de pouvoii* le 
lendemain franchir, utilenient du aioins, la Gemmii 

Mais la Providence qui, au milieu d'une saison exceptionnellement pluvieuse, 
nous avait accorde de beaux jours pour visiter le Brizon, Ic Brevent, la Mer de 
glace etle Saint-Bernard, veillait encore sur nous. Le 11, le solell se mofitra 
radieux sur les escarpements de la Gemmi. Nous nous batclmes de revetir nos 
habits de la veille, seclies durant la nuitaux ctuves nalurelles ctiaufTecs par Teau 
des sources (la source Saint-Laurent, la plus considerable de toutes, est h 
+ 40 degrcs) , ct, apres unc rapide visite a retablissement des bains, ou dans de 
grandes piscines les baigneurs passent en commuu une partie de la ]ourn<?e, 
lisant, dejeunant et causant, nous primes la route de la Gemmi. II etait six 
heures du matin. Unjeune botaniste am(5ricain, M. Ravenel, qui parcourait 
les Alpes suisses, se joignit a Texp^dition, dont faisaient partie .MJL Walker et 
Ross, aujourd'hui membres de la Societe bolanique de France, et que j'cus 
leplaisirde compter jusqu'a la derniere heure parmi les plus hifatigahles et 
les mellleurs de mes compagnons. 

En sonant du village des Bains et dans les debris tombes des flancsde la 
Gemmi, nous trouvames, avec la plOpat*t Acs cspeces liientionnees a la fin de 
la journee d'hier : 

Brunei la grandiflora Mcench, cSpece des plus allachees au sol calcaire* 
Hieracium amplexicaule L. 
Phyteuma orbiculare L. 
Beltiftiastrum Michel ii Cass. 



ennes 



bois 



il abonde), a Marines et a Fontainebleau (du quarlicr Reine-AmeJie a la 

Fontaine-D^siree). 

^obularia cordi folia L, , en fleur et en fruit. 



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336 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

Apresune heurede raarche, nous etions au pied de la parol verticale du 
rocher, contre laquelle on s'eleve par des escaliers et un petit sentier en zigzag 
suspendu sur Tabime et qu'on met a pen pres une heure et demie a gravir. 
Ce sentier-escalier, Ic plus reniarquable peut-elre de la Suisse, fut bati de 
1736 h \1UI par les gouvernements de Berne et du Valais, A la descente, il 
donne souvent le vertige. Chaque jour il est travers6 en chaise a porteur par 
despersonnes (des malades surtout) auxquelles les yeux sont band^s, et que 
leurs guides essayent d'6gayer en chantanl ou cornant le fanieux ranz des 
vaches. L'ordonnance (en Suisse et en Savoie tout est regl6 en vue des voya- 
geurs, principal article de commerce dans les contrees montagneuses) est 
curieuse : <i II y aura quatre porteurs pour une personne ordinaire^ six pour 
» une personne d*un poids au-dessiis du commun^ huit pour une personne 
» d\in poids extraordinaire. » Les guides racontent qu'en 1836 ils descendi- 
rent un parliculier du poids de trois quintaux. 

Escalier montant, nous cueillimes, sans autre distraction que celle donnee 
par deux chaises a porteur sortant de Leuck, et dont une a six porteurs : 

Asplenium viride Huds,, qui nous rappelle le Brizon et le Br^vent, 
Dryas octopetala L. 

Hieracium staticifolium VilL 
H. amplexicaule L. 
Senecio Doronicum L. 

Linum alpinunu 
Alchemilla alpina L. 

Encore Bellidiastrum Michelii et Gypsophila repem. 
Hieracium villomm L. 
H, Jacquini Vill 

^ 

H. piliferum Hoppe (/7. Schraderi Koch), 
Eriyeron alpinus L. 
Hutchinsia alpina L. 

4 

Avec ces derni^res plantes, nous quittons le rocher a pic pour nous Clever 

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sur un plan, encore roide, qui conduit au col, mais ou Ton pent s'aventurer 
sans suivre le sentier : I^ nous trouvons : ' . 

Achillea atrata L., d§jk vu au Saint-Bernard. 

Oxytropis campestris DC, espece commune sur le glacier de la Grave (dit 
glacier de THomme). 

Aconitum Napellus L., seulerueni en petits boutons, 
Androsace villosa L. 
Salix herbacea L. 
S. reticulata L. 

Galium helveticum Weig., qui remplace dans les Alpes le G. ccespitosum des 
Pvr6n6es. 



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SEANCE DU 111 JUIN 1861. 337 

Aronicum scorpioidcs DC. 
Selaginella spinulosa A. Br. . 

Cerastium lali folium L. , commun au col tlu Galibier. ' • 

Pedicularis verticillata L 
Aster alpinm L. 

lianunculm glacial is L., que je signalc d'apr^s mes souvenirs, ne le tronvant 
pas not6 sur mon carnet. 

ErigeronalpinusL. 

Androsace lactea L. et encore ^4. villosa L. 



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ticulosa L. 



Nous venions de rencontrer de grands amas deneige; un couranl d'air 
glacial, soufllanl du nord, annonce que nous arrivons au col de la Genimi 
(altitude 2270 metres), oii croissent en grand nombre les especes suivantes : 

r 

Dryas octopetala L. , ci peine fleuri. 

Ranunculus olpestris L. ; avec le Dryas il forme le fond de la vegetation. 

Ranunculus parnnssifolius L. , rarissime espece qui croit en aval du Villard- 

d'Arene sur la rive gauche de la Romanche, commune ici. 
R. pyrenceus L. (not6 d'apres mes souvenirs). 
R. montanus Willd. 

Alsine Cherleri Fenzl, qui gazonne les rochers jusque sous les glaces. 

Gentiana bavarica L. 

G. verna L. 

G. verna (3 brachyphylla VilL 

G. nivalis L. 

- * 

Valeriana montana L. 

Ei surtout Rhododendron hirsutum L. (qui remplace compl6temenl au col 

le Rhododendron ferrugineum L., espfece que nous trouverons plus loin, 

en descendant vers Kandersteg). 



Chacun cucille en abondance cette plante qui, signalee avecdoute sur trois 
points de la France, en Dauphin^ (Val-Gaudemar), aux Pyr^n6es et sur le 
Jura, avait 6t6 pour beatlconp dans notre d6sir de visiter la Gemmi. Ses fleurs, 
d'un rouge plus d§licat, plus rose que celui de la Rose-des-Alpes commune, 
nous serablent (le sentiment de la satisfaction aidant peut-etre un pen) 6tre 
infiniment plus jolies. 

F 

Entre le col el le lac de Daube, situfi k environ 100 metres plus basque le 
premier, soit a 2170 metres, et qu'alimententle glacier deLaemmereu k I'ouest, 
les ficooleraents du Rinderhorn k Test, nous trouvons, avec plusieurs des 
especes precitees, surtout avec Ic Rhododendron hirsutum qui, longlemps 
encore, nous accompagncra : 



1 



338 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

Thlaspi rotundifolium Gaud. 

Galium helveticum Weig-, comniuii ici comme au Galibier, 

Selaginella helvetica Spreng< 

5. spinulosa A. Br. 

Saxifraga oppositt folia L. ^ Kochii, aux belles fleurs roses. 

Eutre le lac et l*auberge de Schwarenbach, croissent : 

Erica carneah.^ ici a peine cd floraison, c'est-a-clire avec ses jeunes fleurs 
de couleur verte qui la firent distinguer par LinnS comhie especc, sous Ic 
' noQl di Erica herbacea. ■ - . 

Glohularia nudicaulis L. 
Tofieldia cahjculata "Wahlenb. 
Arctosiaphylos alpina Spreng, 
Hieracium Jacquini Vili. 
Oxytropis montana DC. 
Scabiosa lucida Vill. 
Kernera saxatilis Rchb.^ en floraison. 
Salix retma L., gazonne le sol de ccs bautes regions. 

L'auberge de Scbwarenbach, ou nous nous arrclons pour dejeuner, est a 
unc altitude de 2030 metres, Ce qui fist 3 peit pros la hautfiiir du col du 
Vergy ou du Mont-Cenis. Seule habilalion sur la haute montagne par laquelle 
on va de Berne aux bains de Loueche, elle est trlslement fahieuse par TassaS- 
sinat que commirent deux Italiens sur la fille de Thole eh 1807. Plus h Test, 
les glaciers qui separent le haut Valais du pays de Berne ont 6te temoins, vers 
la Grimsel, il y a peu d'annees, d'un autre drahle qui nous louche de plus 
pres. Deux jeunes etudiants, que j'avais vus souvent h nies excursions bota- 
niques, les freres Leonard, arriere-petits-fils de Houel, le foridateur de Tan- 
cien college de pharmacie, disparurenl apres une nuit passee Ji I'auberge de 
la montagne. lis avaient et6 Voles et assassln^s par leur bote qui, devenu 
incendiaire, expia enfm tons ses mefaits (1). 

Nous continuons notre route, ayanl adroite la haute cime blanche de TAlt- 
Els, haute de 371 /i metres (seulement 28 metres de molns que la Bluemlisalp, 
450 metres de moins que la Jungfrau, situ^es plus a Test de la chaine), et 
nous trouvons : 

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Saxifraga oppositifolia (3 Kochii, en fructification avancee. 
Trollius europwus'L. 
Daphne Mezereum L. 

(1) Get honnete homme, trouvant que la presse, le vol ct Tassassinat des voyageurs 
elaient des moyens Irop lents pour arriver a la fortune, imagina d'assurer, ponr une 
soname considerable, son mobilier, puis de cacher ce mobilier sous de la paUle, des 
feuilles, etc., et de faire bruler la maison pendant qu*tl irait a un marche dans la vaHee^ 



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SEANCE DU U JUm 1861. 339 

1 

Hclinnthemum viilgarc^ (3 grandiflorum vel alpiniim. 
11. canum Dun., qui nous rappelle les coteaux calcaircs qui bofdciit la Scinfi 
de Mantes a SaiiU-Adrien. 

+ 

Petasiles niveus Baumg, * ^ . . 

Eriophorum Scheuchzeri Hoppe. ' 

Polamogeton riifescens Schrad. (P. alpinus B?i\h.]j dans unc pelileniare a 

droite de la route, 
JUncus trifidus L. 

Primula Auricula L. , at inteyri folia \ (3 lobata. 
Lycopodium annotinufn 1. 
Juniperus alpina Clus. 
Pedicularis verticillata L. 

Erica carnea L. , ici bien fleuri ou meme en fructification. 
Bartsia alpina L. , tres abondant. 
Ajuga alpina Vill. 

Geranium siivaticum L, 

Anemone alpina L. 
Globularia nudicaulis L. 

Veronica alpina L, et F. aphgllaL. 

Rubus saxatilis L. 

EncovQ Iihodod€nd?'on hirsufum h. y seul, c'est-a-dire non accompagne paf 
^A. ferrugineum. 

Et en descendant par un bois frais A' Abies excelsa et de /^mw5 silvestris 
5 vegetation plantureuse (d'une altitude sup^rieure cle 1700 metres environ) : 

Geum rivale L., commun a Gisors, dans le pare meme de notre savant col- 
legue M. A. Passy. 

Veralrum album L. 

Homogyne alpina Cass. 

Valeriana tripteris L. 

Asplenium viride Huds. 

Amelanchier vulgaris Moench, tres commun sur les rochers d'Orival-sous- 
Elbeuf. 

Aspidium Lonchilis Svi. , en magnifiques speciraeni?. 
Gyninadenia conopsea 11. Br. 
Atragene alpina L. 
Aconitum lycoctonum L. 



Lilium Martayon I 



'folium 



queTespece qui precede et les Irois qui suivcnt Imm^diatenienL 



Centaur ea montana L. 



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3A0 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

Aquilegia vulgaris L. ■ 

Astrantia major L. 

BeUidiastrum Michelii Cass. , fleurs pass^es. 

Astrantia minor L. 

Rhododendron ferrugineum L. , qui vieiit se meler ici ai 
le reinplacer completemenl un peu plus bas. 



Nous nous engageons, par un rapide seniier en zigzag, dans une gorge qui 
s*ouvre surla vallee de la Kandef. Ici disparait le Rh. hirsutum, notre com- 
pagnon depuis les hauls escarpements du cote sud de la Gemmi, et s'offrent 
^ nous : 

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Crepis aurea Cdiss. *- . ' 

ffieracium aurantiacum L, quelques beaux exemplaires. 

Thesium alpinnm L. * 

Gymnadenia odoratissima Rich. 

Selagtnella spinulosa A. Braun. assez abondant dans unc claireforet de La7'ix 

europcBa DC . 
Aconitum Napellus L., ici en pleine floraison. 

Pirola minor L. 
Soyeria paludosa Godn 

Dentaria digitata Lara., reuni ici, comme h la Grande-Chartreuse, au 
D. pinnata L. 






Au d^bouche, dans la vallee de la Kander, Therborisation cesse. II estquatre 
heures, et iifautque nous marchions encore pendant trois heures et demie 
pour arriver a Frutfgen, ou nous devons passer ia nuit. Mais la route est 
belle ettrac^e au milieu del'un desplus niagnifiques paysages du jays ber- 
nois. Les plus fatigues feront une halte Ji Kandersteg (altitude 1200 metres), 
et a huit heures du soir, nous serons tous reunis a Frutigen (altitude 710 
metres). Si la journfie a 6t6 rude, elle a 6te bonne, et deuiain sera presque un 
jour de repos (1). 



(1) Ce compte rendu ne donnerait pas tous ses enseignements sije iie consignais ici 

une aventure qui n'a iid que burlesque, mais qui pouvait prendre une toumure s6rieuse. 

11 avail ete convenu, entre quelques-uns des etudiants qui s*etaient arr^tes a Kandersteg 

et quelques autres faisant partie deTavant-garde, que lorsque les premiers arriveraient 

i Frutigen, ils sonneraient du cor de monlagne, pour annoncer a ceux-cileur presence; 

ce qui eut lieu. En entendant leurs camarades, les premiers arrives repondirent aussi 

avec le cor du haul du balcon de Thdlel. Le plaisir de se revoir, et surtout d'etre arriv6 

au terme de T^tape, excitait les bruyants musiciens, quand on vit deboucher sur la 

place, syndic en ISte, une foule d'habitants a I'air inquiet, et dont plusieurs portaient 

des seaux et des cruches remplis d'eau. C'est que le tocsin est sonne a Frutigen avec 

des comes de bergers (doat beaucoup avaient fait provision a Chamounix), et qu'on 

avail cru a Tincendie de I'hdtel! Le syndic, d'abord furieux, finit par rire avec tout le 
monde. 



SEANCE DU 111 JUIN 1861. 341 

La journ6e du 12 fut consacr6e au repos, du inoins au repos relalif. A cinq 
heures du matin nous parlimes en voiture pour Tliun (altitude 565 metres), 
d'ou le bateau k vapeur nous transporta a Neuhaus. De Neuhaus, voiture 
pour InterJaken et Lauterbrunnen; visite au Staubach, dont les eaux, preci- 
pitees d'une hauteur de 310 metres, tombent a Tetatde complete pulv^risa- 
tion ; excursion de quelques-uns (qui ne se rendront h Berne que dans lanuit 
ou demain matin) a la Scheideck, pour mieux voir la Jungfrau ; retour a 
Thun (1) et chemin de fer pour Berne, ou nous trouvons nos bagages s6pa- 
r^s de nous depuis Martigny. La soiree fut consacree a nos collections. 



/ 



La premiere matinee du 13 fut encore donnee a nos plantes et a visiter 
Berne, en commencant par le Jardin botanique, les n)us^es, les fontaines 
grotesques, bon specimen de ce genre en Suisse, la tour de I*horloge, le 
Muenster gothique et la plate-forme ou terrasse, d'oii Ton a une belle vue de 
roberland, et finissant paries ours, qui depuis peu d'annees habilent leur 
nouveau palais au bout du pout de TAar. A dix heures, nous parlimes pour 
Solcure. 

A une heure du soir, nous arrivions a la gare de Soleure, d'ou nous par- 
times imm^diatement pour faire une excursion au Weisenstein. 

Berne (61evee, a la plate-forme, do 36 metres sur le lit de I'Aar) est a une 
altitude de 538 metres, Soleure (au niveau de TAar) k il8 metres, le Roethi, 
sommet du Weisenstein, dernier des hauts massifs jurassiques, h 1320 mfetres. 
C'(5tait done une ascension de 700 metres que nous avions a faire en herbo- 
risant, sans compter le retour. 

Laissant la close d'JUnsingen, ou, au lieu dit NavallCy croit VIberis saxa- 
tills L. (espece que nous avait recommandee M. le professeur Ruetimayer 
comme etant aussi rare en Suisse qu'en France), nous traversames la pitto- 
resque gorge de TErmitage, ouverle par M. le baron du Breuil, emigre 
francais, oii nous vimes : ' 

Prenanthes purpurea L., prfes de la source miraculeuse de Sainte-ArsSne. 
Dentaria pinnata L. , prfes dela chapelle et uu peu plus haut. 
Geranium silvaticum L., du c6t6 de la cellule de Termite. 

Melica nebrodensis Parlat. . exposition sud. au sortir de la coree. 



(I) Notre bonne etoile nous fit rencontrer, sur le bateau du lac de Thun, M. le pro- 



(alt. 1650) 



Sax 



difolinmj etc., dont il nous offrit de beaux echantillons. II avait au?si visile le Stockhorn 
(alt. 2l98),oucroitle PelrocallispyrenaicaBv.^ et rapporle T.-lc/ii^/ea ?iana dela Grimsel. 
A Thun mSme, nous trouvames, dans un tas de laiches qui avaient servi a prot^ger du 
fruit cnvoy6 aumarche, le Carex Buxbaumii Wahlenb., que nous avions recolte en 1858 
dans les prairies du Rhin, pres de Benfeld. Une autre planle inleressanle et presque otran- 
gere a la France, le Trienialis europcea L., rapportce iles environs par un touriste, ornait 
le salon de Thdlel dc la Couronue. 



'i 



3A2 



SOClfiT^ BOTANIQUE DE FRANCE. 



Apres avoir depasse une ferine, nous montons par un bois de Pins couvrant 
un contre-fort dc la montegne, et ou croissent : 

m 

r 
F 

Sorbus Aria Crantz. 

Merulius Cantharellus Pars. , Champignon connu k Paris sous le nom de 

Qirole et dont nous finies amjle provision pourle gouper. 
Phalangium ramosum Lam. 

r 

Tout en escaladant la raonlague, d'abord par un sentier en lacet trace sur 
sa face ra(5ridionale, ensuite par un long escalier en bois fort semblable a une 
echelle de raeunier, nous cueillimes : 

Thesium alpinwn L. 
Teucrium montanum L. 
Cotoneaster vulgaris Ljndl. 
Amelanchier vulaaris M(Bnch, 
Carduus def!o7'atusL, 

Digitalis lulea L. 

Coronilla Emerus L.j en fructificalion. 
Erinus alpinusL.^ en fructification. 
Draba aizoides L,, en fructification. 
Asplenium Halleri DC. 
Cystopteris fragilis Bernh, 
Rubus saxatilis L. 
Hieracium amplexicaide L. 



staticifolium 



r^ 



Arabis Turrita J,., en fructification, 

Jfmperatoria Ostruthium L. 
Laserpitium lad folium L. 

Bellidiaslrum Michelii Cdo^s.^ en fructification. 
Kernera saxatilis Rchb. , en fructification. 
Heracleum aloinum L. 



Et plus haul, dans les lieux decouverts et les bauts palurages qui s'elendent 
entre Tauberge {{)\\\(^Spircea Aruncus^ rapporte par les baigneurs et buveurs 
de petit lait, orne le salon) et le sommet du Rcethi : 

Crepis aurea Cass, 

Tri folium montanum L. 

Orchis ustulata L, • 

Epipactis atro-rubcns Hofi'm. 

G g)i*nadenia conopsea^. Jii\ 

G. viridis Rich., la petite forme alpine* 



i , 



STANCE DU lA JUIN 1851. 3AS 



Nigritella angustifolia Rich. • 

Spiranthes ccstivalisVxich; 

Gentiana lutea L. 

6r. cruciata L. 

G. acaulis L. 

G. oernaL. 

G. bavarica L. 

(7. nivalis L. 
G. campestris L. 

Leontodon hastilis L., petite forme alpine. 



'^.'^ 



y 



Au sommet des escarpements nord, dans lesquelsle temps no nous penn« 
pas de descendre, nous trouvons : 



\ 



Galium silvaticum L. , forme alpestre se rapprochant un peu du 6r. helve- 

ticum, 
Alnus viridis L. 
Senecio Fuchsii Gmel. 
Adenostyles albifrons Rchb. 
Biscutella Icevigata L. 
Valeriana montana L. , remplace dans les Vosgos par Ic V. Iripleris L. 

Cystopteris montana Link. 

Hieracium villosum L. Cette espece, repandue sur les hauls sommcts du 
Jura, depuis le Reculct jusqu'au point ou nous sommes, parait avoir ici sa 
limite nord-est; peut-etre en raison de rabaissenieut de la chainQ vers 
TArgovie, ou aucua sommet n'atteint a 900 metres. 



C'est en vain, d'aiileurs, que nous cherchons VH. glabratum Hoppc, si- 
gnale tout particuliferement a noire attention. Au fond d'escarpements, nous 
apercevons, sans pouvoir y descendre, le Mulgedium alpinum Less, et le 
Campanula lati folia L. Le lihododendron ferriiyineum, qui croit sur quel- 
ques hauts sommets du Jura meridional, fait ici complctement d6faut; il en 
est de mcme de V Arnica montana L. , espece d'aiileurs prcsque etrangere 
aux formations jurassique^. 

Nous cueilloqs encore I 

Erigeron alpinus L. 
Campanula pusiUa Haenke. 

Aspleniura Halleri DC, quelques touffes dans les fissures du rochen 
Daphne alpina L. 

En descendant dans la direction du nord-est, on pourrait trouver, d'aprSs 
les reqseigneiuents recueillis, le Gentiana q^clepiadea L. , l)c|}^ fspece que 
nous n'avons pas encore apercuo elqu^aulrefois j*al vue repandue avec abon- 




Uli 



SOGIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 



dance dansiles liautes et fraiches prairies des environs de Sainl-Gall ; mais 

w ■ 

d6ja il est six heures ! 

Revenant surlacrete du Roethi, nous conteinplons un instant, par un beau 
soleil couchant, Tadniirable panorama des cretes blanches dc VOberland, qui 
se deroulent en face de nous, depuis I'hnmble Righi, situe a gauche, jus- 
qu'a la Bluemlisalp (la blanche fleur des Alpes) et a TAlt-Els a droite. Au 
milieu se d^gagent le Finster-Aarhorn (alt. Zi362 metres) et la Juugfrau 
(alt. 4180 metres), sommets les plus 61ev(^s des Alpes apres le Mont-Blanc 
(/iSiO metres) et le Mont-Rose (4636 metres) (1). A I'arriiMe-plan on dis- 
tingue, plus a gauche, le Mont-Rose, a droite et plus au fond, la croupe 
iraposante du Mont-Blanc que precede la crete nord des Aiguilles-Rouges et 
mfimedu Brevent, qui nous rappelle Tune de nos plus belles excursions. A nos 
pieds sont I'Aar, les lacs de Bienne, de Morat et de Neuchatel; a Textreme 
gauche, les montagnes du Tirol; derriere nous la piltoresque vallee de Muens- 
ter et les divers Stages du Jura et des Vosges. 

Miiis il faut uous arracher a ce panorama, Tun des plus beaux et Ic plus 
etendu de la Suisse. La nuit pourrait nous surprendre dans la montagne, el 
une carte, fort bonne d*ailleurs, est noire seul guide. Speculant (2) sur Soleure 
par la premiere gorge a droite au-dcssous du Roethi, nous cueillons en 
courant : 

w 

Lonicera alpigena L., en fructification. 

/,. Xylosteum L. 

Ilibes alpinum L. ' 

Rumex arifolius All. 

H, obtusifolius L. , grande forme qui a 6te prise pour le //. alpimis, etranger 

r ' 

au Jura. 



r.1 



_ t 



t, I 

Peu apres avoir depasse des chalets, uous rejoignons le sentier que com- 
plete un escalier de hois accol6 aux flancs du rocher, et, ci huit heures, nous 
rentrons a Soleure. La grande excursion botanique pour 1860 est lerminee. 

Commcnc^e sur un rameau du Jura, sonde au-dessusde Geneve a la chainc 
du Mont Blanc, c'est aussi sur le Jura, avant que celui-ci se soit abaiss6 
pour se perdre dans les coUines des pays de Bale et d'Argovie, qu'auront el6 
cueillies les dernieres plantes. Entre la premiere et la derniere journee d'her- 
borisation on s'est avance a Tinierieur des grandes Alpes. Ici la vegetation, 
aifarck^e, n'a pas donne dans le voisinage des glaciers lout ce qu'on pouvait 



■J , 
1 



(1) Un peu plus eleve que la Jungfrau, le Velan a 4200 metres; le Pelvoux, en 
Dauphine, suit de pres (4176 metres suivant M. Lory). 

(2) Depuis les excursions bolaniques aux Vosges et en Dauphine en 1858, les 
bolanisles parisiens disent, avec Topffer {Voyages en zigzag)^ qu'ils speculent quand its 
descendent les montagnes droit devant eux, sans s'occuper des sentiers abrupts ou 
des sentiers en zigzag qu'ils coupent. 



I 



^T 



SEANCE DU 14 JUIN 1861. 345 

esp^rer; li, au contraire, par les niGmes causes, la recolte a et6 assez fruc- 
tueuse, inalgi^repoque avancee de TaniK^e. Dans son ensemble, ce voyage 
botanique, heureuscmcnt cffcclu?, ajoute notablement a nos herbiers etlals- 
sera dans nos esprils de bons souvenirs (I). 

Demain nous rentrerons h Paris par Bale, ou iVIM. Walker et Ross, nos bons 
compagnons jusqu'a la derniere heure (maintenant nos collogues a la Soci6t6 
botanique de France), nous quilteront pour se rendre a ;^dimbourg par le 
llhin et la IloUande. 



4 ^ 



LTSTE DES MOUSSES R^COLTEES DANS L'EXGURSION BOTANIQUE DIRIGEE PAR M. CHATIN, 
DU 2 AU 10 AOUT 4800. DE BONNEVILLE A L'HOSPICE DU GRAND SAINT-BERNARD, 

* I 

PAR LA VALLEE DE L'ARVE, LE COL DE BALME, LE COL DE LA FORCLAZ ET LA 
VALL^:E DE LA DRANCE» par If. llrnest ROKK (2). 



We 



* < 



Forclaz. 



JMont-Brizon (pres Bonneville); col de la 



Cynodontium pohjcarpmn Schirap, var. strnmiferum. — Monl-Brizon; pont 
Pelissier (route dc Servoz a Chamounix) ; col de Balme. 

Dicranella squarrosa Scliinip. var. vmjorl — Route de Saint-Pierre au grand 
Saint-Bernard, dans les petits ruisseaux qui se jettcnt dans la Drancc 

(sterile). 

D. subulata Schimp. — Priampraz (!Mont-Br6vent) ; bospice du grand Saint- 



Bernard. 



falcalum Hedw. — Hospice du grand Saint-Bernard (meic au 



Polytrichum scxangvlare), 
D. fuscescens Turn. — Col de Balme. 
Didymodon rubellus Br. et Sch. — Bains Saint- Gervais. 
Distichium capillaceum Br. et Sell. — Montanvert. 
Ceratodon purpureus Brid. — Le Chapean. 
Desmatodon latifolius Br. et Scb. — Col de Bahne. 



(1) Une premiere tristesse est venue cependant nous atteindre. M. Defrance, qui 
nous avail quitles a Berne pour explorer les bords du lac des Sept-Cantons, est mort a 
Paris quclqucs mois apres son retour. Deja ua pen souffrant a Berne, il y avail regu les 
soins de nos amis les doctenrs Gontier et Legendre. Geologue consomme et botaniste 
inslruit, M. Defiance s'occupait en particulier, avee ardeur et succes, de I'elude des 
fossiles et de celle des Mousses. Dessinateur au Dep6t des carles de la guerre, il y a 
marque son passage par la dccouvcrte d'un proc^de ingenieux de gravure (appliqu6 a la 
reproduction du des&in), que S. Exc. le marechal Vaillant signala a rattention de TAcademie 
ties sciences dans la seance du 29 novembre 1858. Modesle et doux, M. Defrance 
6lait toujours pr^t a servir ceux qui faisaient appel a son cocur, a sa science de nalu- 
ralisle, ou a son talent dans le dessin. Sa fin prematuree (il est mort a trenle ans!) nous 
cause a tous une profonde douleur. 

(2) Cetlc liste a 6te presentee a la Society par M. Roze dans la stiance du 22 mars 1861 . 
Voyez plus haul, p. Ifii. 



T. vTir. 



23 



\ 



) 



346 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

■Barbula tortnosa Web. et JHohr. — Moiit-Brizon; Mont-Saxgiincx; cpl de 

*■ la Forclaz (bien fructifie). 

Cinclidotus fohtinaloides P. de Beauv. -^ Route* de Cluses a Sallanches. 

Grimmia apocarpa Hedw. — Chamounix, t 

G. puluinata Smith. — Cluses. 

t?. Schultzii Wils. • — Route de Sallanches a Servoz. 

G. trichophylla Grev. — Route de Cluses a Sallanches. 

G. ovata "Web. et Mohr. — Wontauvert; Mont-Brevent. 

G. commutata Hueb. — Pont Pelissier; le Ghapeau. 

G. alpestris Schleich.? — Col de Balme, 

Rhacomitrium aciculare Brid. — Pont P61issien 

flh^ sudeticiim Br. et Sch. — i^lont-Brevent. 

Bh. heterostichum Brid. var. gracilescens. — Route de Sallanches ^ 

Servoz. 
Jih, miavcarpum Brid. — Mont-Brizoih 

Rh. canescens Brid. ~ Mont-Saxonnex; col de Balme (bien fruct.). 
ffedwigia ciliata Hedw. — Pont Pelissier (fruct. ). 
Ulota Hutchinsice Schimp. — Mont-Brizon; pont Pelissier, 
U. crispa Brid. — Col de la Forclaz. * 

■ 

Ortholrichum anomalum Hedw. — Monlee de la grolte de Balme, 

0. speciosum Nees. — Mont-Brevent. 

p. rupestre Brid. — Boute de Sallanches a Servoz. 

0. leiocarpmn Br. et Sch. — Cluses. 

J'etraphis pellucida Hedw. — Mont-Brizon (fruct. ). 

Encalypla ciliata Hedw. — Bains Saint-Gervais; le Chapeauj route de 

Saint-Pierre au grand Saint-Bernard. 
Weber a poly morpha Schimp. — Mont-Saxonnex. 
W. elongata Schwaegr. — Montftuveil ; urand JJaint-Bernard ; col dc la 



Forclaz. 



^ 

W. nutans Hedw. — Route de Sallanches & Servoz. 

W. cucullataSdxm^A — Grand Saint-Bernard. 

W. cruda Schimp. — - Bains Saint-Gervais; col de la Forclaz. 

W. cruda var. minor. — Grand Saint-Bernard. 

b 

Bryum bimum Schreb. — Pont Pelissier. 

B. bimum \Skr. cuspidatum. — Grand Saint-Bernard. 

B. pal I escens Schleich. — Bains Saint-Gervais; col de la Forclaz. 

J9. erythrocarpum Schwaegr. — Chau}Ounix. 

B. capillare L. div. var.? — Route (fe Sallanches ^ Servoz; col de Balme; 

Mont-Br6vent; Mont-Brizon; route du Chapeau a Argentieres; grotle de 
BalniCo 

B. pseudolriquetrum Schwaegr. — Mont-Brizon; pont Pdissier; grand Saint- 
Bernard. 



SEAI^CB PU 1^ JUIN 1861, 



Zh7 



'foil 



Argentieres; caniine de 



Bryum turbinatum Schwaegr var. lai 

Proz (sterile). 
Mnium punctatum Hedw. — Mont-Brizon. 

Meesia uligtnosa (1) Hedw. — Pont Pelissier; grand SaiiU-Bernard. 
J^artramia ithyphjlla Brid. — Mont-Brizon; bains Saint-Gervais. 



. / 



7' 



Mont-Brizon; col de Balme. 



B. Halleriana Hedw.— Mont-Brizon; pont Pelissier; Br^vent; col de Balme; 
grand Saint-Bernard, 



(Eder 



Mont-Saxoonex. 



n 



La Flechere ; le Mauvais pas prcs de la Jller de 



glace; route du grand Saint- Bernard, ou il 6tait commun et bien 



fructifi^. 



Pon 



Mont-Brizon ; route du grand Saints 



Bernard. 



P. alpinum R(fihl. — . Mont-Br6vent; Montanvert; col de Balme. 
Polytrichum sexangulare Hoppe. — Abondant, en gazons serres, pr6s de 
riiospice du grand Saint-Bernard (I'urne, encore jeune, etait recouverte de 



sa coiffe). 



P. SI 



Col de Balme. 
Priampraz (Mont-Brevent). 



Neckera crispa Hedw. — Mont-Brizon et Mont-Saxonnex (peu fruct,). 
Thuidium tamariscinum JJr. et Sch. — Mont-Sa^oiinex (frucU), 



fruct.). 



filifi 



Pont Pelissier; col de la Torclaz [bien 



Climacium dendroides "NVeb. et Mohr. — Mont-Saxonnex (sterile). 
Orthothecium intricatum Br. et Sch. - Colde Balme (fruct.). 
Brachythecium populeum Br. et Scb, — Route de Sallanches a Servoz, sur 

les rochers. 
Plagiothecium denticulatum Br. et Scb. var. densum. — Col dc Balme. 
Hypnum uncinatum Hedw. — Pont P6lissier; col de Balme; grand Saint- 

Bernard. 
H. commutatum Hedw. — 31ont-Brizon; grand Saint-Bernard (bien fruct. ]. 



*> 



7 



Bonneville (2). 
Mont-Brizon; de Sallanciies a Servoz (frucj,). 



fj, molluscum Hedw. 

Hylocomium splendem Scbimp. — Mont-Saxonnex (fruci.). 

H. trigt(etrum Schimp. — Pont Pelissier (sterile). 



-" (4) Qu'U nie suit permis d'associer au nom de cette Mousse celui d'un compagnon 
assidu de mes herborisatlons bryologiques/a qui je dois^ du reste, la rfcoUe de plusieurs 
antres especes egalement curieuses, de M. Aug. Defrance, enlev6 jeune encore a la 
science el a ses amis par une mort aussi rapfde que pr6matur6e ! 

(2) Seat point de I'excursion ou j'aie retrouv^ cette esp^ce, que je n'at revue nulle 

part au dela. 



3i!i8 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

Andr'ecea petrophila Ehib. var. pygmcea. — Sur Ics rochers exposals au midi 
de Priampraz (>Iont-Br6vent). 






4 

Cette lisle de Mousses, classee d'apres le recent ouvrage de M» Schimper, 
Synopsis Muscorwn europteorum, est composee de presque toutes celles que 
j*ai pu r^colter pendant celte excursion, a Texception de quelques Grimmia 
et Bryum qu'il a 6tc impossible de determiner avec certitude, soit a cause 
de leur sterilite, soit par suite de Tetat trop incomplet ou trop avanc6 des 
6chanlilIons. Quoi qu'il en soit, elle pourra toujours donner un apercu de 
Ja Vegetation bryologique de ces regions alpines, ou Ton retrouve encore 
un certain nonibre des xMousses communes dans nos coiitrees, jusqu'a ce 
qu*en gravissant les cretos glacees, on ne decouvre plus que des esp^ces 
caracteristiques, telles que les Dicranum falcatum et Polytrichum sexan- 
gulare, dont les fonctions de vegetation et de reproduction paraissent ne 
pouvoir s'elTectuer que sous Tinfluence immediate de la fonte des neiges 
perpeluelles. 



M. Eug. Fournier met sous les yeux de la Societe un echantillon 
de Raniincidus chcerophyllos dont le gynecee est bifide a sa bas6, 
et un pied de Myosurus minimus dont quelques receptacles sent 
aussi bifides a leur somraet. 

I 

■ 

M. T. Fuel dit qu'il possede en herbier des echantillons de Myo- 
surus dans lesquels les receptacles anomaux sont bifurques des 
leur base. 

i 

M. Le Sourd-Dussiples fait a la Societe la communication sui- 
vante : ' 



/ 



NOTE SUR UN CAS DE METAMORPHOSE ASCENDANTE. TRANSFORMATION DES ETAMINES 
EN FEUILLES CARPELLAIRES . par IIH. E. 1.E SOURD-I»tJS!SiIPIiE!i et 

Ceorg;e8 BfiRCEROlV. 

M ■ 

I. — L'elude des anomalies, loin de contrarierles lois generales, semble 
leur donner, le plus souvent, une eclatanle confirmation. La theorie des m^ta- 
niorpboses, indiqu^e par Linne, mais qui restera comme un des plus beaux 
fleurous scientifiques du poete-bolaniste Goethe, nous permettra de d^montrer 
Texactitude de notre proposition. 

Les metamorphoses ascendantes sont, dans certains cas, un fait normal 
plutot qu*un accident teratologique. La transition observee, dans les fleurs 
des Nympheac6es, d'un cote, entre les s6pales et les pelales, de Tautre, entre 
les petales el les etainines, indique le point de depart commun de ces di verses 
parties. 



SEANCE DU \ll JUIN 1801. 



3/i9 



III. 



A cole des Nymphwa, nous allons placer aujourcVhui lui oxcinple de I'ana- 
logie qui exislc entre les etamincs et Ics feuilles carpellaires. 

IL — L'observalion que nous soumctlons h la Societe u'est pas un fait 
detach^ et sans liaison. Depuis longteujps d^ja noire attention s'est fixee sur 
les monstruosiles V(?gctales. Celle communication est done, dans notrc esprit, 
le debut de recherches dans lesquolles nous nous elTorcorons, a I'aide des ano- 
malies anatomiques, de confirmer la rSgle par rexception (1). 

La transformation des diamines en feuilles carpellaires est un fait 
qui a d6ja et6 plusieurs fois signale dans un certain nombre de families. Du 
Petit-Thouars, Poiteau, Turpin, De Candolle, M. J. Gay, out, tour a tour, 
etudie cette metamorphose dans les Semper^vivumy le Malus apeiala^ lesSau- 
les et les Rumex. 

Les Pavots, les Erica ^ les Stachys^ etc. , ont aussi ete Tobjet de semblables 
observations. Wais il nous semble inutile d'insister davanlage sur cet historic 
que : on le trouvera tres complel dans l*excellente Teratologie vegetale de 

r 

M. le professeur Moquin-Tandon. 

C'est a une observation du meme genre que nous devons une th^orie fort 
ing^nieuse de revolution staminale. Un Senipei^vivurn tectorum et un Papa- 
ver orientale servirent en effet de texte k M. Hugo de Mohl. II eut le tort, 
loutefois, d'etre trop absolu, de rejeter completement la proposition de 
Turpin. 

Ce botaniste pensait que, dans la metamorphose ascendante, les filets 

se transformaient en ovaires et que les aniheres crispees simulaient les stig- 

mates. M. de Mohl combattit cette opinion etsoutint que, dans Tanomaliequi 

nous occupe, le connectif et les loges de Tanthere faisaient tons les frais de la 
transformation carpellaire. 

N'y avait-il pas Ik one exagfiration regrettable ? 

L'examen auquel nous avons soumis un Papaver orientale^ recueilli k la 
Alalmaison, en plein champ, et assez loin de toute habitation, nous confirme, 

■t 

au contraire, dans la pens6e que la feuille carpellaire anpmale pent fort bien 
se dfivelopper aux depens du filet staminal. , 

IV. — Les etamines les plus exterieures de notre Papaver sonl normale* 
ment developpees. A mesure que Ton se rapproche des carpelles, on observe 



que le filet staminal augmente de volume. r 

Cette hypertrophie ne porte d'abord que sur le point ou Tanthere se fixe 
sur le filet. Mais bientot ce point n'est plus limits ; peu h peu le filet se de- 
veloppe dans toute son etendue. 



(i) Des Iravaux completement Strangers a la botaniquc, commandes par les dernicrs 
Jours d'une annee scolaire, nous contraignent dc laisser cette communication a Tetat de 
note. — Nous profilerons de la premiere etude teratologique du mSme ordre pour 

completer cette 6bauche et publier les dessins que nous avons places sous les yeux de la 
Spcike. (Note ojoutee pendant rimpression,) 



\ 



350 



SOCIETE BOTANIQUE DE FI'.ANCE. 



Ell memc temps, Ic filet s'aplatit, se creiise ; les ftflthSres et le coiinectif 

persistent encore. 

Si Ton soumet ces diamines h I'exameii nilcroscopique, on Voit que le 

faisccau fibro-vasculaire qui doit scrvirde placenta, s'epanouit et rayonneen 
tons sens dans le parenchynie de retamine elargie. 

Ainsi traiisiormee,' I'6lamiiie est encore surmofltce de deux Shlher^S nof- 
males. Elle rappclle par sa structure une feuille carpellaire repliee le long de 
sa nervure ni6diane et tournanl du cote du stigmate sa face supericure. 
Celle-ci, creusee comme nouS Vdftons de le ^c, est sillonnfie paf les vats- 
seaux du filet, sur lesquels prennent insertion des ovules munis de leur 
feftveloppe (primine), ^e leur nucelle et du sac embfyonnaife, eft lin hlot, 
des ovules iiormalement constitues. 
' Paisons un pas de plus, et nous retrouverons, au milieu de la (leur, des eta- 



^ ^ 



mines tr'ahSform^es, ttlais alofS SanS IraCB d'anlher6. NdUs Sommes ^ti voisi- 
nage du pistil; la partie supericure cfe la Teuille carpellaire se fronce, S'elargit 
et simule un appendice stigmalique. Lc filet, coasid6rabl(itticnt clargi el crifiuse, 
estnemp^i d'ovules. 

Cependant cette feuille carpellaire ii'cst quMmparfaiteuient repliee, 



T 



sft tords lateraux se maiutiennent ecart^s. 

Mais, que nous venions a les souder cnlre eux, sur un mcme verlicflle, et 

nous aurons ?m ovaire uniloculaire^ a placenlation parietale multiple* 



t 



Tel est Tovaire nofnial des Papav^racces. 



4 

^lusieurs Membres rappellent qu^on cultive, dans le jarclin d'exp^^ 
riences de la raaison Viimoiin, imc variete de Papaver somniferiim 
dont plusieurs des etamines internes sont IransFormces en autanl de 
pistils compo&es d'un ovaiie pedicelle. 

/ M. Duchartre fait remarquer que, dans cette monstruositc, le 
iilet stahiinal he prend aucune part a la transformation, ce qui 
la distingue de celle qui vient ^d'etre d^crite par M. Lc Sourd- 
Dussiples. , ^ ^ 



^ M. A. Gris dit qu'il a observe el public il y a quelqucs annees des 
anomalies analogues, offertes encore par une Papaveracee, le 
M achy a cor data. Dans ce cas, les antberes etaient transformees a 
divers degres en carpelles qui portaient des ovules, maislcs filets 
n'avaicnt subi aucune modification. 

M. Ad. Brongniart rappelle que, dans \e Semper viviim tectoinim^ 
on observe presqnc toujours une rangee d'etamines metamorphosees 
en pistils. 

M. le President donne ensuite lecture de la notice suivante qu'ii 



SEANCE DU 14 JUIN 1861. 



351. 



a rescue de M. Schimper et dont il a deji parle dan$ la dcrniefo 



seance. 



OBSERVATIONS SUR QUELQUES CAS DE TERATOLOGIE BRYOLOGIQUE, 



M 



(Strasbourg, mai 48G1.) 



y 



Jeviens de lire, dans le Bulletin de la Societe botanique de France, la 
coiftTnunicatioii de M. Le Dien (1), au sujet d'une syftcarpie dans le Tricho- 

stomum rigidulum. 

Ce phenomene teratologique n'est pas Ires rare dans les Mousses, quoique 
beaucoup moins frequent que dans les veg6laux cotyledones. II est Teffet de 
la soudure de deuf germes appartenant a deux archegones dilTerents et qui 
Se §6nt rencontres dans le receptacle, c'est-S-dire dans Tiiit^rieur du sominet 
de la tige que les cellules germinatives perforent pour s*y fixer et continuer 
ensuite i'evolution du fruit dans le sei4s oppose (voy. mon Synopsis Muscomm 
europc&orum ; introd. p. xix, cap. iv, § 1). 

^ 

Cette rencontre de deux germes se fait lantot h I'extremite inferieure, e( 
alofs 11 en r^sulte une coalescence parlielle ou totale des pedicelles, suivaftt le 
noinbre de cellules qui ont ete niises en contact et se sont soudees ensemble 
(voy la pr II, ci-jointe, fig. 1) ; tantOt a rextretfiit6 sup^rieure {fig. 2), pour: 
prodnire la reunion des deux capsules, reunion qui pourra se faire soil lat(5< 
ralement, soil verticalement» 

Dans le Cas d'une soudure basilaire, nous voyons les deux pedicelles rdunis 
seulement par leur base (ce qui arrive assez souvent quand deux germes sont 
tellement tappfDrb^s dans le receptacle qD'ils ne prbduisciil qu'uhe Viginule), 
OlJltt-dessus de la partie basilaire, pour redevenir libres vers le haut {fig. t\), 
ou cnfin dans route lear longueur {fig. 6, 7). Cette derniere coalescence 
s'^tendra jusqu'au col capsulaire et meine au dela {fig. 3, 5, 9), quand la 
reunion embryonale aura compris encore la partie inferieure du tissu destine 

k forfiiCr la capsule. Uans ces di(Ti5renis cas, les deux capsules arrivent tou- 
jouns k leur developpetiient normal, quand menie il y a fusion complete cntre 
les pedicelles, et elles seront plac6es tantot Tuneacotd de Tautre {fig. 5, 7, 9), 
tautot Vune au-dessus de I'autre, et ccla mOme quelquefois a une assez graudc 
distance {fig. 3, 6, 8). II est a remarquer ccpendant que, dans le cas d'une. 
superposition, la capsule inferieure est presque toujours plus grande et plus 
parfaite que la capsule superieure. 

* Quand la reunion *'op6re par le sommet des embryons el que la partie 
basilaire reslejibre, il pent en resulter deux sortes de syncarpie: une pleuro- 
syncarpie terminale, ou une acrosyncarpie renvers^e, c'est-a-dire une conju-. 



(1) Yoyez plus haut, p. 73 






352 SOCIETE BOTANIQLE DE FRANCE. 

gation invei*se cffectuee a la suite de la soudure des soininels geri)u»alifs dans 
le sens diametralement oppose a leur marched evolution, Dans les deux cas, il 
arrive toujours que Tun des deux germes Temporte sur lautre par unc vege- 
tation plus rapide ou plus Yigourcuse, de sorte que le plus faible se trouve 
bientdt arrach6 au lieu -de sa naissance et cnlraine vers le haul par son frcrc 
juineau plus fort et dont desormais il dependra lout a fail pour son rt^gime 
alimentaire, qui doit nalurellemenl devenir insuffisant parce que la nouirilure 
n'arrive plus que par un scul canal. Cellc insuffisance de substances alimen- 
taires amene ravortement partiel ou complet des parlies qui n'etaient pas 
encore fornixes au moment ou Tembryon souleve a 6le arrache au receptacle. 
J'ai eu occasion d'observer un fort bel exemple du premier de ces deux 
ph^nomenes t^ratologiques, savoir une pleurosyncarpie terminale avec absor- 
ption presque complete de Tun des fruits, sur un pied vivant de Buxbautnia, 
indusiata^ que j'ai cueilli avec une cenlaine d'autres pieds de la meme 
Mousse, pendant une excursion faile dans les montagnes du Val-de-Travers en 
Suisse, au mois d'octobre 1859. Comme, a ceile 6poque de Tannee, les fruits 
des Buxbaumia sont encore peu developpes, j'emportai mes plantes avec leur 
substratum pour les culliver dans ma petite serre bryologique. Ceile culture 
r^ussit parfaitement, etj'eus le plaisir de suivre jour par jour, et jusqu*au 
moment de la parfaite maturity des capsules, non-seulement la marche evolu* 
live des fruits normaleraent constitues, mais aussi ceile d'une monstruosite 
que je n'avais pas encore renconiree jusqu'aloi-s et qui m'interessait au plus 
haul point Les deux capsules offrent une fusion presque complete, et il ne 
teste du fruit absorb^ que le rudiment du pedicelle arrache au receptacle 
apres avoir alteiut a peine la moitie de sa longueur normale, une legSre trace 
du col et du fond de la capsule [fig. 10). Au moment ou je cueillis ce fruit, 
!a capsule commencait a peine li se former et Tappendice P se dirigeait encore 
wrs la lerre ; il ne s*est relev6, pour former Tespece d'eperon redress^ qu'on 
voit a la fig. 10, qu'a la suite du gonflement et d'une legere courbure de la 
capsule dans lesens oppose au point d'atfaclie de ce pedicelle rudimentaire, 
dont la surface verruqueuse et la couleur pourpre font facilement reconnaitre 
la vraie nature. 

L'acrosyncarpie renvers^e a et6 observ^e deux fois : une fois sur un pied 
A'Homalothecium sericeum {Leskea sericea Hedw.), envoye d'Alger en 1832, 
par mon cousin M. Wilhelm Schimper; et une autre fois sur un echantillon 
de Camplothecium liUescem {Bypnum lutescens Huds.), trouv5 presdc Deux- 
Fonts par feu mon ami Bruch. Cette monstruosite est inconnue, et j'ose 
meme dire impossible, dans les vegetaux cotyl^dones, dont la fructification a 
une origine et une signification si differenles de celles de la fructification des 
Cryplogames en general et des Mousses en particulier. Pour produire cetle 
conjugation renvei"s6e, les deux embryons descendus de Tarch^gone dans le 
rtcepiacle se sont rencontres a leurs sorameis respeclifs, c'est-a-dirc aux ce!- 



1 



SEANCE DU lA JUIN 1804. 353 

lules lerminales deslinecs a former les operculcs capsulaires. Ces deux organes 
se sont par consequent fondus ensemble par leur sommet et dans le sens 
diametralement oppose a la marclie de leur formation ; cette fusion a produit 
un cylindre etrangle a Tendroit oii les bees des deux opercules se r^unissent 
{fig* 11 » PP'» et fiij. 12). Comme dans Ic cas pr6cedent, rembryon le plus 
faible a ^te arrach^ du receplacle par Tembryon le plus fort, au moment ou 
une partie du pedicelle de la capsule qu'il devait porter 6lait forraee et ou les 
cellules primordiales de la capsule elle-meme exislaient deja. En effcl, le bee 
pointu de la /i^. 11 est reconvert des petites vcrrucs propres au pedicelle 
capsulaire du Camptothechnn lutescens^ et la base du cone convexe dans 
lequel se continue ce pedicelle rudimcntaire se trouve garnie d'un peristome 
r^gulieremeut forme, en meme temps que son axe est occupc par un faisceau 
cellulaire dans lequel on reconnait aisSment une columelle {fig. 11, \k). II 
est done Evident que ce corps operculiforme rostell6, qui surmonte I'opercule 
de la capsule regulierement d^veloppee, n'est autre chose qu'une capsule rudi- 

r 

mentaire, dont seulement Topercule et le peristome, qui du reste se forment 
toujours avant la capsule, sont arrives ii leur Evolution complete, landis que 
tout le reste n*a atteint qu'un d^veloppement imparfait. 



/ 



% 



Explication des figures (PL II de ce volume). 



Fig. 1 et 2. Figures theoriques pour monlrer de quelle maniere les gerraes des aiche- 

gones peuvent se renconlrer dans rinterieur du receplacle pour se souder 
ensemble et donner lieu aux diverses formes de syncarpie dont il est 
question dans cette notice. 

Fig. 3. Syncarpie s'etendant depuis la base du pedicelle jusqu'au dela du col capsulaire, 

observee sur VAnomodon allenuatus. 

Fig. 4. Conjugation partielle de deux p^dicelles, observee surle Climacium den^ 

droides. 

Fig. 8. Syncarpie analogue h celle dela fig. 3, trouvee par M. Bruch sur un ^cbantillon 

de Bryum ccespiticium . 

Fig. 6. Meme monstruosit6, renconlree sur le Brachythecium plumosum. 

Fig. 7. Podosyncarpie complete d'un Mnium serralum* 

Fig. 8. Podosyncarpie du Splachnum vasculosum, L'un des deux pedicelles soudes a 

continue son accroissement aprcs que I'autre avail fini le sien, ce qui' 
prouve que, malgre la coalescence, Tind^pendance de la vegetation de 
chacun des deux fruits n'avail pas ete annulee. 

m 

Fig. 9. Podosyncarpie complete de la m^me espece. Get echantillon m'a ete donne en 

1840 par M. De Candolle pSre. 

Fig. 10. Acrosyncarpie de Buxbaumia indusiala^ dccrlte en detail dans la notice. 

Fig. II. Acrosyncarpie renversee, observee sur le Camplothecium lulescens. 

Fig. 12. Resultat de la fusion des deux opercules de la syncarpie representee fig. 11; 

c*est la portion isol6e PP' de cette meme monstruosite. 

Fig. 13. Capsule^ rudinientaire P'A de cette syncarpie, avec son peristome retire de 

Popercule; on y distingue micux les verrues du pedicelle P, 

Fig, ii La meme, ouverte, montrant la columelle c. ^ ' '^ 



35A SOGIETE "BOTANIQUE DE FRANCE. 

M. Bernard Verlot fait a la Societe la communication suivante : 



\ 



NOTE SUR QUELQUES ARBRES REMARQUABLES PLANTES DANS LE DEPARTEMENT . • 

DU LOIRET, par M. Bernard V£lll^OT. 

1\ est pou de contr^es en France qui offrent autant de richesses veg6taleS 
arborescentes que TOrl^anais : cela tient sans doute a son climat temper^ et K 
la perseverance de quetques hommes emineiits qui out prot^g6 la science horli- 
cole dans cette partie de notre territoire. 

Parmi les nombreuses propri^tes remarquables de ce pays, on peut ckeren 
premiere ligne le pare de Chateauneuf : c'est IJi que je me rendis le 19 du moiS 
dernier^ accompagne de MM. Alph. Lavallee et Tli. Delacour. 

Chateauneuf est silue a environ 10 kilometres d'Orleans. Le chateau, 
construit par Je marquis L. Phelippeaux de la Vrilliere, vers le milieu du 
xvir siecle, et longtemps habits par ses descendants, fut vendu lors de la 
revolution; il appartient actuellement a M***® Eulalie Lebrun. 

Le pare a une contenance de 25 hectares. Des anclenaes plantations, il nQ 
restc qu'une allee de Tilleuls. Les plantations actuelles out ete faites en 18^1, 
par M. d'Heron, que M*"^ Lebrun savait passionn^ pour ta culture des arbres. 

^ 

Pcrmeltez-moi, Messieurs, d'appeler votre attention sur les veg^taux rares et 
curieux de cette propri^te prmciere* 

Au milieu d'une pelouse, non loin du chateau, existent un Quercns fas- 
tigiafa, un Q, Ilex, uft Fraxinus excelsior pendula, et un Abies cmiaderfsis 
cTune grosseur remarquable. Tout a cotS d'eux s*eleve ^ environ i"S50 
un Cunning harrda sinensis, Ce bel arbre, ag6 de vingt-huil h trente ans, 
mm a pirn avoii* souffert de Thiver dernier J n^tnmoins nous avonS 
remarqu6 plusieurs fruits asseZ volttrnineux , et M. Andr6 Varenne , le 
jardinier en chef de ce domalne, nous a dit que cette Conifere fructifiait 
dejk depuis une dizaine d'anuees. Pres de ce Cunninghamia^ et a Teniree 
d'une petite vallee qui conduit k un vallon humide, nous avons Vu une variety 
naine fort curieuse de V Abies excetsa. Dans les massifs de terre de briiyferc 
qui bordent la m6me all^e, plusieurs Anona glabra de h metrSS, de§ Laufus 
Sassafras d'une taille rare, el des Magnolia Soulangeana mesurant 0**,55 
d6 circonf6rence, produisent un elfet ravissaot; mais, dans ces mfimes 
massifs, ce sont des Mai^. actminma qui ont excite surietft Tiotre admira- 
tion. Pfusieurs d'entre eux atteignent en effei 18 a 20 metres de hauteur, 
et leur tronc porte 1°',&0 k l"%/i5 de circonference. Non loin de ces massifs 
se trouvenl dissemines des Juglansnigi^a de 1"\82 de tour, puis des Ulmus 

cfispa, Ginkgo biloba^ Madura auranliaca^ etc., d*une taille peu ordi- 
naire. 

En traversant un pont de bois, jete sur un fosse de 2 a 3 metres de large, et 
i gauche, ftl. Varenne nous fit remarquer un tilyptostrobus heterophyllus 



I 



J ■ 

1 



( 



SEANCE DU 14 JUIN 1861. 355 

donflS haUteUf pbuvait attelndre eftvii'ftfl 25 metres et donl le tronc nous 
a offert une circonference de 1°^,08. 

En continuant le chemin et loujoursdans la m6me valine, traVersfie de dls-r 
lance eii distance pat de petits ruisseaut, on admire plusieurs Peupliers-de- 
la-Caroline, ages seulement de trente-sept a quarante ans, et dont la hauteur 
peut varier entre 25 et 30 nietfeS; leors trOAcs portent S'^^S ka'^^lS de 
tour. La aussi se trouvent des Peupliers-suisses et A(i^ Liriodendron Tulipi- 
/erad'une taille gigantesque. 

En face de ces beaux iirbres, StfT un coteau arros6 de toutes parts par des 
infiltrations souterraines et dont la nature du ls6\ peut etre comparee k du 
sable fin de riviere auquelon attfait hpporlfi deS delrilOS Veg^taux (desfeuilleS 
par exemple), existe une foret de lihodod endron plantes »ur deux talus qui 
§b trouvent s6par6s par un petit sentier. La longueur de celte for^t de Rosagei 
est d'environ 1000 metres, et sa largeur de 6 Ji 8 metres. Ces arbustes, dont 
qiielques-uns d^une grossetir exceptlonnelle, font un effet ravissant au moment 
de leur floraison. lis sobt proteges contre les rayods du soleil par des Magndlfti 

grand i flora, Taxodium distickum^ Liriodendron Tulipifera el autres especes 

»ni6ficaines d«S terrains tourbeux et ai^ngieux* Parmi ces Rosag^S, se trduts 
diss6niinee une nomfyteuse collection d'arbustes de terre de bruvere, teli 
qtiefe* Halesia ^¥aptera, Kalmta, fUa^ Prinos^ Aiatea^ Andromedd, etc. 
l)n pen aYantrendroitoii commencent Ics Rhododendron^ on remarque un 
Afalia spinosa doht la hauteur est d'environ 10 k 12 metres, et dontle tronc 
mesure, suf presque toute sa longueur, 0"S40 de tour. La tige de cet arbre, 
CTitierement deiX)urvue de feuiUes jusque aupres de son limnmet, produit lin 

effet des pins ^ngulief^. 

Non loin de la et a la base meme du coteau des Rosages, sur les bords d'un 
rstsseau, nous avons admiffqtielquC!^ beaut exemplaifes deS Nyssa montana 

ct aquatica. LtfUr hauteur est d'environ 15 Ji 18 metres, et leurs troncsnous 
dnt oTTert 0*^,50 \ 1"*,15 de tirconfereiice. Nous ivons recolte des echautillons 
flcuris de Ni]Ua montanh. 

Dans une prairie humide, presque en face de ces TupSlos, s'elevent avec 

• majesty des Salix alba d*envifon 35 metres de hauteur, sur 2"\15 h 2"\2ff 

de circonfercnce, Dans leur voisinage, on remarque une collection de Fraxinus 

meles a des Alnus d'une taille gigantesque ainsi qu*^ des Chines an#ricains^: 

notamment les Q. ritbra^ alba^ macrocarpa. 

Sur an coteau expose au midi, qui tonge la belle avende de TUIeuls dont j« 
viens de parler, existent des especes plus rheridionalcs et en echantillons tort 
remarquabres : tels sont les Quercm Suher^ Pinm Strobus, Pinus maritima 
(forma umbraculiformis). Arbutus Uncdo, etc., etc. En quitlant le colfeau et 
en traversant une vaste plaine qui nous ramenait au chateau, f»ou5 «vons 
admire u« Populus grandidentatay greffe k environ 1 metre du sol, et dont I4, 
tronc mesurc 15 a 18 metres sur 0'",85 de tour. 



356 



SOCIETE BOTAINIQUE DE FRANCE. 



\ 



Enfin, aulour du chateau, sur dcuv ou trois terrasses exposees au midi, se 
irouvent encore d'autres especcs meridionales, felles que les Phillyy^ea laii-^ 
folia et angustifolia^ Quercus Fordhii fastigiata, etc. 

Nous savions que Torangerie de Chateauneuf jouissait d'une grande 
renouiraee; aussi ne pumes-nous quitter ce vasle domaine sans la visiter : 
nous V viines des Grangers d*une force rare et surtout d'une sant^ parfaile. 

Ici, Messieurs, ne s'arreiait pas cependant Titin^raire que nous nous dtious 
trace. Sans doute nous venions de voir en quelques heures une des plus 
riches et des plus belles collections d'arbres exoiiques qu'il soil possible de 
rencontrer en France; mais il nous restait a completer notre tourn^e den- 
drologique par une visite aux terres de Duhamel. 

Les propriet6s de Vrigny, de Denainvilliers et du Monceau out et6 plan tees 
par Duhamel il y a environ cent vingt ans. G'est la que Tillustre botaniste a 

r^uni tous les arbres qui ont servi k ses importants travaux. 

A Vrigny, la premiere des propri6t6s que nous avons visitoes le lendemain 
de notre excursion a Chateauneuf, le sol est silico-argileux et profond. Des 

h 

Chenes plus que deux fois s^culaires attestent assez leur presence sur le do- 
maine de Vrigny avant que le pere de Tarboriculture francaise eut plantq 
cntre eux des fipiceas et des iMelezes qui font aujourd'hui notre admiration 
et qui alteignent ou depassent la hauteur des plus beaux Ghgnes. Les M6l6zes 
surtout, aux troncs droits et effiles, offrent un aspect des plus imposants : leur 
tronc mesurc 1"\75 de tour et leur hauteur est d'environ 25 Ji 30 metres. 
Nous avons mesure plusieurs Chfines europ^ens qui portaient 1"\75 de dia- 
metre. Le pare possfede aussi une belle collection de Chenes am^ricains qui 
fnictifient depuis fort longtemps, et dont les glands se perdent au prejudice 
de la silviculture. 

Mais la merveille de Vrigny et de la France entiere, c'est le fameux Cedre- 
du-Liban qui fut plants, dit-on, vers 17Zi3. Get arbre colossal mesure 
5"\10 de circonference a 1 metre du sol, et sa hauteur atteint 25 h 
30 metres. Ce qui augmente la magnificence de ce geant est moins sa grosseur. 
que sa forme : ses branches, au lieu de partir et de s'elendre horizontalement 
h leur origine, se reunissent, suivent Taxe principal et ne s'en ^cartenl pour 
ainsi dire qu'a leur sommet, de maniere que leur ensemble forme un faisceau 
h peu pr^s pyramidal d'un effet grandiose. 

Le Cfedre du Museum, plante en 1735, ne porte que 3"\/i5 de tour k 
1 metre du sol et 3"\80 a rez de terre. Celui de Vrigny aurait done 1",30 
de plus. Mais il est difficile d'etablir une comparaison certaine entre ces deux 
arbres, car on sc rappeffe que celui du Jardin-des-plantes a et6 enterr^ lors 
de la formation du labyrinthe, 

N'oublions pas de mentionner en passant la presence, dans les plates-bandes 
du potager de Vrigny, d'une plante vivace, perdue aujourd'hui dans les jar- 
dins, le Morina persica. . 




SEANCE DU Ik JUIN 1861. 



357 



AvantdequilterVrigny, il faut desceudre au village; la, surle milieu dcla 
place, se trouVe un Orme qui n*esl pas d*une grande elevation, mais donl le 
tronc est extraordinairement fort : a 1 metre du sol, il porte 5"%05 de 
circonKrence et 6'",75 a rez de terre. 

Denainvillieis, que nous avons visits ensuite, est situ6 li environ H kilo- 
metres de Vrigny. Id, le sol est argileux et corapacte, mais le sous-sol est 
tres permeable. Ce domaine, longtemps habil6 par le frere de Duhahiel, a et6 
egalement planto en essences diverscs. On y relrouve ci pen pres les memes 



la 



es-peces qu a Vrigny, 

. Une avenue d'Ormes bordant le pare est digne de remarque :- 
circonference dcs exemplaires qui la composent varic entre 3", 60 et 

Dans le pare, nous avons remarque un Cedre qui a cte plants a pen prfes a 
la meme epoque que celui de Vrigny, mais dont le tronc ne mesure que 
3"%75 de circonference, c'est-a-dirc h peu prcs la grosseur de celui du 
Museum. 

Les autres arbres de ce domaine, digues d*etrc cil^s, sont : 

Un Sorbiis torminalis I"*,i8 de tour sur 16 a 18 de haul. 



Un Sophora japonica 2™, 60 

Un Gleditsclda triacanthos. ... 2 metres 

Un Acer* monspessulanuiiu ... I'", 58 

Un Celiis auslralis, ....... i"',20 



30 
25 
15 



Un Juniperus virgimana ($), . 
Un Gymnocladus canadensis. . 



1",35 

1",05 



20 
8 a 10 

25 
16 



Un Uimus americana 1"*,36 

Des Ailantus glandulosa. . . , . 2'",15 

Plusieurs Fagus cuprea 1"*,05 

Enfin un Planera crenata qui se divisc a la base en trois rameaux assez 
rapproch^s, poriant 3^,70 de lour. 

Dans uu bosquet, au milieu d*une pelouse, on volt un pied fort remarqua- 
ble de Celasfrus scai^dens, dont les tiges s'enroulenl autour des arbres envi- 
ronnants. 

Le polager renferme trois pieds de I^ijssa qui etaient trop peu avanc^s 
pour qu'il nous fut possible de les determiner. Au reste, ces arbres parais- 
saient souffranls. Quoiqu'ilen soil, les troncsdeces trois Tupelos mesuralent 
Fun 0"*,86, Tautre 0™,72 et le troisieme 0"^,43 de circonference. Tout prfes 
d'eux on observe un Li^ge portant 1",26 de tour, ainsi que plusieurs Carya 
qu'il serait int^ressant d'examiner a Tautomne. 

Jci on Yoit encore, dans les plates-bandes, deux pieds de Morina persica^ 
dont nous avons parle il y a un instant. Enfin on nous avait egalement 
sjgnale un Laurus Sassafras extraordinairement fort, nlais cet arbre est mort 
il y a cinq on six ans. 



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L- r 



f^. 



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7 

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358 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE. 

' En quittaiit Denainvilliers, nous sommes aMs au Monceau, dont Duhamel 
6tait seigneur. Le Monceau n'^lait jadis qu'une ferrae qui possedaii un mQU- 
lin sur la petite riviere d'Essonne, Duhamel enleva le inoulin, et le jardin du 
jneunier fut consacr^ a la creation d'une ecole d'arbres des terrains mar^ca- 
geux. Ici, en effet, le sol est tourbeux et spongfeux. Void la liste des arbres 
d*une taille vralment imposante que nous avons admirfe : 

Des Liquidamhar imberbe • • » I'^^^G de tour. 

De» PI at anus orient alts ..,.., 2"", 10 

occidentalis 3"", 10 



Des Peupliers-Grisaille. . . , 3"',55 a 3°\80 

Des Thuia orientalis. . , • . • S'^^SO 

occidentalis. . . . ^ . 1™,85 

Des Taxodium distichum, ,...•,.,♦ S'", 25 a 3^,60 

Des Fagus purpurea. \^$S5 

Utt Betula papyracea, . , . . . . .....••. 0"",85 

Dn Negundo fraxini folium 1",50 

Sur une terrasse aitenante a la maison ou logeait Duhamel, un Jujubier 
fort beau nous avail 6i6 signal^, mais cet arbre, int^ressant a plus d'un litre, 
mourul il y a quelques annees. . , . . . 

Telle est» Messieurs, la lisle bien sommaire des v*g6taux que nous avons 
admires dans cetle tourn^e dendrologique. Je ra'esiimerai heureux si ces 
quelques details ont pu vous int^resser. ... 

Avant de terminer, permeltez-moi de vous faire part de Timpression 
pfinible que nous a jlaissee T^tat des propri6t6s dont je viens de parler, et 
principalement du Monceau. Tous les beaux arbres dont j'ai eu I'hon- 
neur de vous enlreienir se irouvent la au milieu d'un fourr6 icllement 
inextricable que c'est avec difficult^ qu'on pent les observer de pres; les itiurs 
tombent en ruiue, les all6es sont cnvahies par les broussailles, le toit ou Du- 
hamel a ecrit ses immortels ouvrages est effondr6, et les arbres abandonn^s, 
mal assujellls, tombent sur le sol ; la hache nieme ne menage rieo dans celle 
enceinlea laquelle se rattachent pourlant de pr^cieux souvenirs. Nous avons vu 
avec regret irois Cypres-chauves, couches sur le sol, attendant que les ouvriers 
finssent les d^blier. La France, qui nomme de§ commissions pour assurer 
!« conservation des monuments hlsioriques, ne pourrait-elle sauver, pendant 
qu*il en est temp encore, une des merveilles comma une des gloires de noire 
rilvicolture? 



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M. Brongniart dit que le d^veloppement qu'ont pris, dans Tespace 
'aune quarantaine d'annees, plusieurs des arbres cites par M. Verlot 

lui parait fort extraordinaire. . 

M. Chatin fait a la Societo la communication suivante : 



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STANCE DU' lA JUIN 1861. 



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sun LES PLANTES DES VIEUX CHATEAUX, par M. Ad. CHATIIV. 



M. Lepage, savant pliarinacien de Gisors, 5 qui la botaiiique et la chimie 
sont Tune el Tautre familifires, rappelle, Hans iin in^moire adresse a TAcadfi- 

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mie iinp^'riale de m^decine sous ce litre : Des jAantes du vieux chateau et 
des environs de GisorSj que les especes suivantes : DUmthus Caryophtjllns^ 
ffyssopus officinalis, Sibjbum Martanum, Fceniculum officinale^ Corydalis 
lutea^ jEgopodium Podagraria^ Ruta graveolens et Berberis vulgarig, 
croissent snr les ruines ou dans le voisinage imm^diat de la vieille forteresse, 
dont la fondation, due h Guillauine le-Roux, reinonte a 1097. 
' M. Lepage